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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Emmanuel Kant

Emmanuel Kant

Le devoir est la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi.

                        Emmanuel Kant- Fondements de la métaphysique des mœurs.

 

III- Décidemment : Il est plus facile de faire son devoir que de le connaître ! Ou pas. Si l’on réfléchit un peu et que l’on s’astreint à être toujours de bonne volonté. C’est donc l’intention d’agir avec bonne volonté qui permet d’accomplir son Devoir sans le connaître. Pourquoi ? Parce-que je n’agis pas seulement mon inclination naturelle, je ne suis résolument pas un animal. J’ai décidé de ma libre volonté en Apprenti, Compagnon, Maître Maçon etc… de respecter les lois de mon pays, d’aider et d’aimer mes Frères (j’entends par là bien sûr les humains) dans l’honneur et pour sacraliser cette volonté, j’ai prêté serment à chaque de degré, à chaque étape, de mon itinéraire initiatique. Ces nombreux serments me rappellent mes devoirs, mon Devoir.

         Il se peut que la nature m’ait fait naturellement bon, nous connaissons tous de tels êtres qui spontanément inspirent de l’empathie, ils sont tout sourire ! Ils ne font pas d’efforts, ils sont ainsi. Ils ont de l’inclination vers le bien, en ont-ils conscience ? Ils ont de l’inclination au bien, mais pas du respect. Plus précisément parce que c’est un effet, le résultat de leur inclination, mais en aucun cas le résultat de leur volonté. Ils n’ont pas travaillé ils ont été dotés naturellement de cette capacité à faire le bien. Pourquoi aurais-je du respect pour leur inclination et même pour mon inclination si je suis un de ces êtres, doté de cette inclination au bien ? Pourtant, je peux les approuver et même les aimer, parce qu’ils sont aimables. Dois-je pour autant les respecter, alors qu’ils n’ont eu aucune action volontaire pour être ainsi ? Ne dois-je pas plutôt réserver mon respect à ceux, qui ne sont pas naturellement inclinés au bien, mais qui de leur libre et forte volonté travaillent à devenir meilleur, plus aimable.

     

    En réalité, il est plus juste et équitable de respecter plus ceux qui ont la volonté de faire le bien et non ceux qui font le bien par inclination. Ceux qui font le bien du fait de leur volonté, le font par principe en conscience, ils dominent leur inclination (ou leurs inclinations). On peut en conclure que ceux-là maitrisent leurs passions, ils sont dignes de respect. Parce qu’ils accomplissent leur Devoir, de respecter la loi, du fait de leur volonté. Ils obéissent à la loi sans tenir compte de leurs inclinations et même au préjudice de celles-ci. La loi morale devient l’objet de mon respect, cette loi que nous nous imposons à nous-mêmes en vérifiant toujours que notre conduite morale, puisse toujours être en accord avec la loi universelle d’Amour. Ainsi, faire son Devoir n’est pas une chimère, mais un effet de notre bonne volonté au service de la raison pure et pratique, qui permet le lien entre les hommes et la vie en société et il permet de mettre le fléau de la balance entre droits et devoirs dans une position verticale propre à l’homme qui veut construire sa vie avec les deux colonnes que sont la Loi de Moïse et l’Amour de Jésus. Deux prophètes à suivre pour un monde meilleur, deux prophètes porteurs d’universalité donc d’humanité.

 

 

À SUIVRE.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

LA COLONNE DE LUMIÈRE
   MON DROIT ! MES DROITS ! MON DEVOIR ? MES DEVOIRS ?

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Publié le par Jean-François Guerry
COMMUNIQUÉ RÉSEAUX SOCIAUX
Pourquoi depuis la création du Blog je n'utilise pas les réseaux sociaux. Parce que je ne cherche pas à faire du nombre. Je ne recherche pas une collection d'amis virtuels, je crois encore aux vrais amis.
Je ne critique pas non plus les réseaux sociaux systématiquement comme beaucoup jusqu'aux plus hauts sommets de notre état. Et qui simultanément communiquent spontanément, à propos de tout et de rien sur X par exemple. Ou est la cohérence ? Pour s'élever et être entendu, il faut un minimum de réelle verticalité, d'exemplarité, et de constance.
Je m'excuse auprès des lecteurs qui utilisent les réseaux sociaux et je respecte leur choix. 
Belle journée à tous avec vos vrais amis.

Jean-François Guerry

COMMUNIQUÉ RÉSEAUX SOCIAUX

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Publié le par Jean-François Guerry
Emmanuel Kant

Emmanuel Kant

II - Est-ce que la bienfaisance est un devoir ? Soyons alors, des Chevaliers de la Bienfaisance. Vous avez constaté comme moi que certaines âmes sont portées naturellement à la bienfaisance, elles le sont non pas part vanité, par orgueil, ou par intérêt. Elles pratiquent la bienfaisance sans ostentation. C’est le cœur battant la chamade que ces belles âmes donnent le meilleur d’eux-mêmes, elles ne donnent pas le plus souvent des métaux, mais elles donnent une partie d’elles-mêmes. Elles rendent service dit-on couramment ce sont des Sœurs, des Frères, qui donnent des sourires à ceux que personne ne regarde. On dit quelles sourient aux anges. Pourtant est-ce que cette bienfaisance est un devoir ? Ne sommes-nous pas bienfaisant par inclination, par l’écoute de nos sentiments ? Qui peut détourner le regard en voyant ceux qui souffrent et être qualifié d’humain ? La bienfaisance nous apparaît donc ici comme naturelle.

Pourtant le bienfaisant par inclination peut éprouver une certaine jouissance à être bienfaisant, en faisant œuvre de bienfaisance, il s’enorgueillit alors de son œuvre. Il succombe sous le coup de son ambition. Vous me direz que je suis bien dur et peu reconnaissant vis-à-vis de ces bienfaitrices ou bienfaiteurs. Certes nous devons louer, honorer et même encourager ces belles âmes. Mais elles ne font la bienfaisance que par inclination sentimentale et non par Devoir. Leurs gestes et leurs actions ne peuvent êtres considérés comme des maximes morales universelles parce ce qu’ils font, ils le font par inclination de leur nature et non par Devoir. Imaginons à contrario une femme ou un homme qui de nature sont froids et sévères et portés par les mêmes sentiments envers autrui. Nous dirions assez facilement qu’ils ne sont pas honorables parce qu’ils ne sont pas naturellement bienfaisants et aimables. Pourtant ces femmes et ses hommes par la force impérative de leur volonté peuvent pratiquer la bienfaisance : parce que c’est leur Devoir et qu’ils le pratique sans le connaître. Ceux-là ont en eux, une force bien supérieure à ceux qui sont bienfaisants par inclination de leur nature. Qui n’a pas rencontré et jugé quelqu’un de froid, de sévère, d’endurant et dit de lui qu’il ne devait pas être facile et bienfaisant envers ses semblables. Et cette même personne, qui plus tard en la fréquentant plus, en la connaissant mieux, nous nous sommes aperçus de sa volonté catégorique à faire le bien autour de lui, nous nous étions attachés aux apparences.

Il ne faut pas voir que le tempérament, il faut regarder la valeur morale. « À coup sûr ! Et c’est ici précisément qu’apparaît la valeur du caractère, valeur morale et incomparablement plus haute, qui vient de ce qu’il fait le bien, non par inclination, mais par devoir. » [1]

Kant fait aussi référence à la Bible et au passage des Béatitudes de l’évangile de Matthieu qui relate les paroles du prophète Jésus incitant à aimer même ses ennemis. En effet il est facile d’aimer ses proches, Emmanuel Levinas ne disait pas non plus autre chose quand il incitait à aimer ceux qui nous éloignés, les barbares étrangers, car il est plus facile d’aimer ses proches. Aimer son prochain c’est bien, mais c’est un amour par inclination, un amour qui ne se commande pas, qui ne demande pas l’effort impératif de sa volonté. Mais aimer, faire le bien par Devoir, même alors que l’on peut avoir une aversion naturelle, c’est alors un amour volontaire, lié au principe du Devoir cela devient une valeur morale, une philosophie morale universelle. C’est le principe du vouloir aimer qui ennoblit l’homme, fait de lui un humain différent des animaux.   

 

À SUIVRE.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

[1] Emmanuel Kant- Fondements de la Métaphysique des mœurs. Page 28,29,30. SHS Éditions 2024.

MON DROIT ! MES DROITS ! MON DEVOIR ? MES DEVOIRS ? Part II
ÊTRE ÉCLAIRÉ PAR LA LUMIÈRE DU DEVOIR.
MON DROIT ! MES DROITS ! MON DEVOIR ? MES DEVOIRS ? Part II

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Publié le par Jean-François Guerry
Emmanuel Kant -Sciences Humaines

Emmanuel Kant -Sciences Humaines

MON DROIT ! MES DROITS ! MON DEVOIR ? MES DEVOIRS ?

 

 

J

e l’avoue, j’éprouve en ce moment une certaine fatigue devant l’état de notre monde, je refuse pourtant de succomber au « C’était mieux avant ! ». Étant d’origine modeste, ma mère était couturière pas cher Dior ou Cardin elle travaillait « à façon, à la pièce » chez elle dans logement exigu ou dans ma prime jeunesse, ma chambre était aussi la salle à manger de la famille. La famille était simple pendant un temps, cette famille se fut ma mère et moi, ma mère mariée à 19 ans avec mon père décédé à 20 ans, elle ne se plaignait pas, elle travaillait, elle ne demandait rien à personne, d’ailleurs on ne lui demandait pas son avis, je suis né 1947 et les femmes ont obtenu le droit de vote le 21 avril 1944 ! Mes grands-parents maternels furent toujours présents, ils disaient c’est simplement notre Devoir. « C’était mieux avant ? »

Presque 50 ans plus tard, « je me suis glorifié, symboliquement » de faire mon Devoir, j’avais été reçu sous le laurier et l’olivier ayant été reconnu comme tel…

            J’ai découvert le bonheur de faire son Devoir. J’ai pris conscience que j’étais un lointain enfant des Lumières, de la Lumière. Le génie parlait en moi, parlait à mon être intérieur, c’était mon Maître Secret. Dès lors en pleine conscience, j’ai sacralisé cet impératif catégorique de l’autonomie de ma volonté, cet impératif qui me disait avant de demander aux autres, fais ton Devoir et demande à toi-même, à ta raison, soit autonome, fais ton Devoir moral, apprend à renoncer aux inclinations de tes sentiments, soit dans le désir plus que dans le plaisir, met toute ta volonté à faire ton Devoir. Met en avant ta dignité personnelle en tant que fin en soi, non pour toi, mais pour les autres et le monde.

         J’ai compris, que l’importance de la BONNE VOLONTÉ, de la volonté bonne. J’avais été reconnu comme un homme de bonne volonté par mes Frères, qu’elle responsabilité ! Le Devoir devint alors un impératif catégorique, une charge à laquelle je ne pourrais plus renoncée sans être parjure, j’avais promis d’aider mes Frères, mes Sœurs, autrui : « J’étais mieux, maintenant » sans nostalgie. « La bonne volonté paraît constituer la condition indispensable même de ce qui nous rend dignes et heureux. » [1] Vous l’avez compris c’est Kant qui va m’accompagner tout au long de cette réflexion sur Mon Devoir, sur Mes Devoirs…

« Être bienfaisant, quand on le peut, est un devoir (…) sans aucun motif de vanité ou d’intérêt (…) jouir du contentement d’autrui (…) une telle action, si conforme au devoir, si aimable qu’elle soit, n’a pas cependant de valeur morale véritable, quelle va de pair avec d’autres inclinations, avec l’ambition par exemple (…) ces actions doivent êtres faites, non par inclination, mais par Devoir. »[2]

 

À SUIVRE.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

 

[1] Emmanuel Kant – Fondements de la métaphysique des mœurs. Page 20. Éditions le portail des sciences humaines et sociales. SHS -Éditions 2024.

[2] Ibid 1 – Page 28.

MON DROIT ! MES DROITS ! MON DEVOIR ? MES DEVOIRS ?
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Publié le par Jean-François Guerry
sculpture de l'homme autodidacte constructeur de lui-même

sculpture de l'homme autodidacte constructeur de lui-même

PARADOXES OU PAS ?

 

Être semblable ou différent, être le même en étant autre ? Avoir le même regard, ou regarder dans la même direction ? Convertir son regard sur soi, sur le monde, sur les autres ? Révélation, ou dévoilement ? Vous n’avez pas deux heures pour répondre, mais toute votre vie et cela ne suffira sans doute pas.

        

Cela peut nous faire faire de grand pas en humanité, nous faire humain, plus humain. Le meilleur moyen d’atténuer ou d’éviter les oppositions, c’est de voir qu’elles sont le plus souvent dérisoires, en regard de ce qui nous rapproche quand nous acceptons de nous regarder en face dans un miroir.

        

La méthode pour être plus humain, ne consiste pas en des pratiques magiques, ou des offrandes et même des sacrifices. Mais dans le travail pour atteindre le plus possible toujours avec humilité une maîtrise spirituelle, intellectuelle, mais aussi une éthique affective c’est-à-dire un sommet de justice qui éclaire le cœur et l’âme. C’est le chemin vers l’harmonie, la libération de nos plaisirs possessifs, pour les remplacer par des désirs de partage, d’entraide, de don, de fraternité. C’est le seul moyen de bâtir des relations apaisées avec nous-même, avec la nature et les autres. C’est ce que l’on peut appeler la construction d’un universalisme spirituel, d’un empire spirituel. Cet empire le lieu du tissage d’un tartan multicolore ou des fibres différentes se mêlent pour faire un vêtement d’amour à porter en toutes circonstances, un vêtement qui permet de se couvrir pendant les orages de la vie, un prêt à porter en toutes circonstances.

 

Ne chercher pas ce vêtement de l’Amour fraternel dans une boutique quelconque, sur une plate-forme quelconque, vous l’avez déjà au fond de votre cœur, il brille d’un éclat éternel. C’est une pierre bien plus précieuse que n’importe quel diamant. De cette pierre de lumière de l’Amour fraternel, quand elle sculptée, avec constance, persévérance. Quand la poussière tombe du ciseau et du maillet alors émerge l’être humain.

 

                                    Jean-François Guerry.

CONFÉRENCE À RENNES
PARADOXES OU PAS ?
PARADOXES OU PAS ?
PARADOXES OU PAS ?
PARADOXES OU PAS ?

vec cet ouvrage, Christophe RICHARD nous offre une comparaison, claire et précise, entre initiations tantriques et initiations maçonniques.

Après avoir rappelé ce qu’est un rite initiatique et quels en sont les composants majeurs, l’auteur nous plonge au cœur des rites tantriques d’initiation qu’il met en parallèle avec ceux de la franc-maçonnerie.

C’est donc à un véritable voyage auquel nous convie ce spécialiste du bouddhisme, un voyage d’autant plus exceptionnel que c’est la première fois que les cérémonies d’initiation des deux voies concernées sont rapprochées.

PARADOXES OU PAS ?

Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie de Jean-François GUERRY

Les hommes cherchent à découvrir leur être intérieur. Ils recherchent la connaissance par un 

retour à l'essence de leur soi. Construire leur temple intérieur pour pouvoir participer à la 

construction du monde qui les entoure, trouver leur juste place. 

Comment y parvenir ? La philosophie antique était theoria et praxis, elle était un art de vivre. 

La Franc-maçonnerie est aussi un art parfois qualifié de royal, un art qui impose de Savoir, 

Comprendre et Agir. L'observation de la pratique maçonnique démontre que les travaux 

maçonniques sont de véritables Exercices Spirituels. 

On peut vivre sans la philosophie, comme l'on peut vivre sans la Franc-maçonnerie, mais moins 

bien. 

PARADOXES OU PAS ?

Description

On parlait peu de la Fraternité, l’actualité a fait revenir sur le devant de la scène politique et médiatique cette belle oubliée de notre devise républicaine. Paul Eluard a chanté la Liberté, accessible grâce l’égalité. Il est temps de mettre au premier rang de notre devise cette Fraternité qui seule peut faire tenir debout les hommes ensemble au-delà de leurs différences, de la densité de leurs différences en faire des humains.


Cette Fraternité qui n’est pas corporatiste, mais universelle. Cette Fraternité qui est une épreuve, qui éprouve les hommes dans leur désir de faire le bien, le bon et le vrai pour atteindre le beau de l’harmonie. La Franc-maçonnerie née il y a plus de trois siècles à pour fondement la Fraternité. Elle ambitionne d’améliorer le monde en améliorant ses membres. Elle veut faire entrer l’esprit dans la matière, la lumière de l’esprit qui illumine l’individu le rend plus fraternel. La spiritualité maçonnique est sans adjectif elle est fraternelle au-delà des dogmes, elle reconnait tous les hommes libres.

LA LUMIÈRE DE LA FRATERNITÉ
PARADOXES OU PAS ?

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Publié le par YANN
BLOG DE YANN - DÉMOCRATIE

Serions-nous dans un vaudeville à la Feydeau ? Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, la scène politique française s’apparente à L’Hôtel du Libre-Échange : les noms d’oiseaux fusent, les mensonges font florès. On gesticule dans tous les sens et on crie à la trahison. Les projecteurs s’affolent : chacun veut être sous les feux de la rampe. Les poings se lèvent, c’est à celui ou celle qui fera le plus de dégâts et le plus de bruit. Du grand-guignol ! 

Il faut être économe de son mépris tant sont nombreux les nécessiteux (Chateaubriand) 

Allez, allez, en prison ! En prison pour médiocrité." (Montherlant – La reine morte) 

Oui, mais le choix d'un homme juge moins cet homme que ceux qui l'ont choisi. Ce sont les responsables du choix qui se découvrent et donnent sur eux-mêmes une vue plongeante. 

Oui, mais le suffrage universel procède d'une logique individualiste. Il retient les individus comme unités de compte en les plaçant sur un pied de stricte égalité. Aussi le suffrage universel donne-t-il plus de poids à la masse des citoyens passifs qu'à l'élite des citoyens actifs, à la majorité silencieuse qu'à la minorité agissante.  Allons plus loin : ce qu'il y a de manipulatoire dans la notion d'opinion publique ne se trouve-t-il pas tout entier dans la notion de volonté générale ? Si l'on ne veut pas traiter le problème au niveau des principes, l'histoire de l'extension du suffrage universel apporte une réponse fort éclairante. À force de considérer l'adoption du suffrage universel comme une étape fondamentale dans le processus de démocratisation, on en vient à oublier le rôle qu'elle a pu jouer, au même titre que l'alphabétisation ou la conscription, dans le contrôle de la population par le pouvoir central. Contrôle conscient et volontaire et pas seulement implicite : c'est pour noyer la "poignée d'agitateurs" républicains dans la masse rurale conservatrice que Napoléon Ill a rétabli le suffrage universel ; c'est dans le même esprit que Disraeli et Bismarck ont, à peu près simultanément, étendu considérablement le suffrage en Grande-Bretagne et en Prusse en misant délibérément sur les vertus conservatrices des classes laborieuses. De même, ce n'est certes pas un hasard si la gauche républicaine a tout fait pour freiner l'accession des femmes au suffrage sous la 3ème République alors que le général de Gaulle, évidemment conscient du soutien qu'il pouvait en retirer, devait l'accorder en 1944. Dans tous ces cas, la "volonté générale" recherchée par le pouvoir n'est certainement pas moins le fruit d'une manipulation. 

La logique individualiste des procédures électorales conduit à considérer les électeurs (ou les "opinants") comme des citoyens abstraits et non comme des hommes situés. Car l'élection ne distingue pas entre les hommes suivant les différents milieux sociaux dans lesquels ils sont insérés. La règle "one man, one vote" s'y applique dans toute sa rigueur : les voix se comptent, elles ne se pèsent pas.  

Lorsqu'ils sont convoqués à une élection, les électeurs ne sont jamais maîtres du choix de la question qui leur est posée ni de la formulation de cette question. L'enjeu est dessiné par des forces qui leur échappent, les options qui leur sont proposées tiennent plus ou moins de la carte forcée. Ils ne peuvent choisir généralement qu'entre des candidats imposés représentant des partis également imposés. Combien auraient préféré d'autres personnalités, d'autres partis ? Nous ne le savons pas. Somme toute, la situation de l'électeur est tout à fait comparable à celle de la personne interrogée dans un sondage et qui regrette que les questions qu'on lui pose soient à ce point fermées. Sommés de choisir entre un petit nombre de réponses préfabriquées, les électeurs qui se comptent sur une réponse le font généralement pour des motivations très diverses : tel électeur vote rouge pour ce que le parti rouge lui propose, tel autre par hostilité au parti blanc, tel autre par pure protestation sinon par dérision, etc. 

Compte tenu des contraintes que le jeu des candidatures et la hiérarchisation des problèmes durant la campagne imposent en fait aux électeurs, cette façon de raisonner est passablement vicieuse. Elle revient à faire de la politique d'étiquette sans chercher à savoir ce que cette étiquette recouvre. ou, si l'on préfère une autre image, à inférer les goûts culinaires des consommateurs de ce qu'ils mangent dans un restaurant où le menu est fixe. 

Notre propos n'est certes pas d'abaisser le suffrage universel dont on connaît tous les défauts mais qui reste sans doute la moins mauvaise des procédures. Encore faut-il contribuer à son approfondissement. 

Il n'existe pas d'essence de la démocratie. La démocratie providentielle se donne pour légitimité d'assurer l'égalité réelle des individus-citoyens. Elle privilégie tout ce qui est "réel", l'économique, l'historique et l'ethnique, aux dépens de la transcendance civique ; les libertés réelles tendent à prendre le pas sur les libertés formelles. Entraînée par sa dynamique interne et son ambition prométhéenne - assurer l'égalité de tous -, elle privilégie toujours plus la recherche du bien-être des individus et la reconnaissance de leurs droits historiques.  

La modernité politique a été soumise à deux grandes critiques. Les uns dénonçaient les contradictions entre la liberté et l'égalité proclamées des sujets politiques, ou égalité formelle, et les inégalités de leurs conditions économiques, ou inégalités réelles ; les autres, le caractère formel des droits politiques accordés à tous les citoyens et les inégalités réelles de la reconnaissance publique de leurs identités historiques et religieuses. Ces critiques révèlent sinon des contradictions, du moins des tensions propres à la société des citoyens que les plus lucides des révolutionnaires perçurent dès 1789. La démocratie providentielle répond à ces critiques en donnant une prééminence toujours accrue à l'égalité réelle.  

Qu'il s'agisse des droits politiques ou des droits au bien-être matériel et moral, l'utopie démocratique entretient des aspirations qui ne peuvent être pleinement satisfaites. Le corps politique doit être juridiquement défini, les conditions économiques et sociales seront toujours insuffisantes puisque les besoins des hommes se renouvellent, aucune reconnaissance publique de droits dits culturels ne satisfera pleinement l'aspiration des hommes à être reconnus selon ce qu'ils jugent être leur juste valeur. L'impatience devant les limites inévitables apportées aux droits subjectifs des individus, qu'ils soient politiques, économiques ou culturels, les aspirations légitimes à un bien-être qui par nature reste toujours inférieur aux espoirs, alimentent les revendications et les insatisfactions. Même si c'est par les conflits, la politique unit les hommes, que l'activité économique et la recherche de la protection mettent en concurrence. Le maintien inévitable des inégalités des conditions sociales et l'impossibilité de la reconnaissance de toutes les identités collectives à l'intérieur d'une même société suscitent l'indignation quand toute forme de transcendance collective s'est affaiblie.  

Le poids accru du "réel" dans la démocratie providentielle a pour effet d'épuiser les deux types de transcendance collective, religieuse et politique. L'idée de transcendance - par le religieux ou par le politique – est peu familière à l'homo démocraticus qui vit dans la positivité quotidienne de la vie économique et providentielle et dans l'immédiateté de l' hic et nunc. Les conditions décentes d'existence assurées par l'État-providence ne donnent pas par elles-mêmes un sens à l'existence des individus. Dès lors, les relations au sacré, qui ne s'expriment plus dans des formes sociales reconnues, risquent toujours de s'exprimer de manière incontrôlée ou tragique.  

La seule tolérance suffira-t-elle pour unir les individus démocratiques ? On peut se demander si une société peut maintenir le lien entre les hommes lorsque ces derniers ne partagent pas les mêmes valeurs et n'expriment pas leur conception du monde à travers les mêmes symboles. Les sociétés humaines doivent maintenir une certaine cohésion qui, dans les démocraties, s'est jusqu'à présent exprimée dans et par le patriotisme. Comment une société qui n'organise pas les formes de relations des individus avec le sacré, qui ne donne plus de réponse à l'angoisse métaphysique de l'homme ni de sens au malheur individuel et collectif, peut-elle continuer à "faire société", en d'autres termes, à assurer le lien social, à maintenir le sens des valeurs communes et à garder, éventuellement, la volonté de les défendre ? Ne risque-t-elle pas de déboucher sur la dépolitisation ? 

L'effritement des pratiques de la république représentative ne signifie ni la fin de la démocratie ni la fin de l'histoire. Mais on peut se demander si la démocratie providentielle est susceptible de donner les moyens de régler les conflits entre les hommes au nom de la justice sociale d'une manière qui ne trahisse pas trop les valeurs dont se réclament les sociétés modernes et si elle est capable d'entretenir une véritable volonté politique. Pourra-t-elle satisfaire l'aspiration légitime à l'égalité qui caractérise l'homo democraticus sans renoncer à la liberté politique et sans perdre la volonté de la défendre ? 

Yann

BLOG DE YANN - DÉMOCRATIE

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Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Le Blog des Spiritualités.

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Publié le par Jean-François Guerry
TAXER LES RICHES ? UNE AUTRE VOIE ?

DE NOS CERTITUDES ?

 

Nous sommes parfois enfermés dans nos certitudes, ainsi persuadés que le Capitalisme est facteur de richesses au pluriel et même de Richesse au singulier. Ce modèle économique comme d’autres, mérite d’être critiqué, comme le communisme radical. Dans un temps où la Force se transforme en puissance dominante. Nous pouvons donc nous poser quelques questions :

1°) Est-ce que le capitalisme ne sacrifie pas la personne au profit de l’individu et de l’individualisme ?

2°) Est-ce que le capitalisme permet de créer des communautés humaines ?

3°) Est-ce qu’un système basé sur le désir, la soif du gain n’empêche-t-il pas la vie des sociétés humaines ?

4°) Est-ce qu’un système qui permet le gain d’argent sans travail est -il moral ? J’ai entendu quelque part qu’il fallait rendre gloire au travail.

5°) Est-ce qu’un système basé sur l’envie et non sur les besoins, ne rend pas l’homme au service de l’économie, flattant son désir de briller et son désir de célébrité ?

6°) Est-ce qu’un système de liberté sans contrôle n’est pas au service des forts contre les faibles ?

7°) L’argent qui pénètre la vie privée intime, l’argent auquel rien ne résiste. Signe notre appauvrissement moral et nous désapprend de l’autre.

8°) Le capitalisme ne favorise- t-il pas l’entre soi. Ne réserve -t-il pas le bon travail à une classe sociale et le travail plus dur à une autre classe ?

9°) La division du travail, sépare aussi les hommes, créé le prolétariat humain, dépersonnalise l’homme.

10°) Le capitalisme fait du travail une marchandise, le travail n’est pourtant pas une chose, mais une œuvre humaine.

11°) Le souci du profit n’expulse -t-il pas toutes les valeurs humaines ?

12°) Le système de l’argent roi, de la puissance du Dollar ne favorise -t-il pas des pogroms sociaux : les riches vivent avec les riches, ils ont leurs quartiers, leurs écoles avec leurs maîtres ?

 

Pourtant l’alternative n’est pas l’hérésie travailliste stalinienne !

Est-ce que la solution du futur ne serait pas une entreprise où le travailleur serait en même temps partie prenante au capital de celle-ci ? Un système coopératif, les agriculteurs ont montré l’exemple, les Scops fonctionnent bien, et dans la plupart des « star up » les travailleurs sont aussi actionnaires. Cela éviterait peut-être la haine du riche en donnant une vision d’avenir et une responsabilité partagée ?

Pour rappel : Le franc-maçon est l’ami du pauvre et du riche pourvu qu’ils soient vertueux.

                                    Jean-François Guerry.

TAXER LES RICHES ? UNE AUTRE VOIE ?

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Publié le par Jean-François Guerry
COURTE RÉFLEXION SUR LE TRANSPERSONNEL.

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L

e concept de « Transpersonnel » peut-il être un horizon d’attente ou d’action pour notre temps et notre avenir ? À ma sortie d’un séminaire d’étude sur le Personnalisme d’Emmanuel Mounier. Je veux vous faire part de l’idée émise par Jacques Le Goff professeur émérite des Universités de Quimper et Brest, écrivain, éditorialiste, conférencier, sociologue, adepte de la philosophie morale d’Emmanuel Mounier : le Personnalisme.

Emmanuel Mounier Créateur de la Revue Esprit

Il rappelle la rencontre brève mais intense de Mounier avec Georges Gurvitch sociologue russe, qui ce n’est pas un hasard revient s’imposer dans notre actualité. Ce concept de « Transpersonnel » que Gurvitch tient en partie de Gottlieb Fichte un des fondateurs de l’idéalisme allemand. Cette filiation étant posée, Emmanuel Mounier le chrétien inspiré sans doute par le mystère de la Trinité ; s’associe aussi à la pensée et la lutte de Pierre-Joseph Proudhon précurseur de l’anarchisme dans sa lutte contre le communisme qui écrase l’individu dans la masse et au capitalisme et sa doctrine du profit pour le profit.

         Cette thématique donc de la trinité : de la partie et du tout, permet la recherche d’un équilibre, de la ligne de crête entre l’individu et le collectif. Je dirais de la mosaïque des individus, capables de se retrouver dans un ensemble cohérent qui tient par l’addition des « Je » pour passer au « Nous ». L’acte, l’agir fondamental n’est pas de se séparer, mais d’être capable de communier ensemble. Il est factuel, ontologique que personne et communauté sont indissociable, Mounier ne cessait en fait d’affirmer sa préférence pour le « tu » et le « nous » au « Je » combattant l’individualisme pour passer au personnalisme. Il ira jusqu’à dire qu’il préférait que l’on parle de personnalisation de l’individu, plutôt que de personnalisme dénonçant ainsi les « ismes » de toutes sortes.

Jacques Le Goff - Parle de Fraternité

         La recherche d’une philosophie du « nous » ne doit pas pour autant être fusionnelle, nous devons pouvoir conserver notre part d’intime, et rechercher cependant l’unité. En Franc-maçonnerie nous pourrions dire construire un ou des centres d’union fraternel, des lieux de transactions ou les uns et les autres, peuvent se comprendre, s’écouter, communier autour de valeurs et de vertus qu’ils considèrent comme essentielles. Cela n’est possible que dans une dynamique du don et de la générosité, de l’arrachement parfois douloureux à son moi pour aller vers autrui. C’est arrachement étant libérateur de l’esprit, élévateur de la conscience et de l’âme. C’est une relation à autrui, de visage à visage pour se rapprocher du vocabulaire de Levinas le philosophe de l’altérité. La communauté est donc à penser avec le « Il » et le « Nous », l’impersonnalisme devient alors un élan indispensable, nécessaire à la communauté de la pensée. La personne en tant que masque médiateur (suivant sa définition grecque et latine) est aussi indispensable entre l’individu et la communauté.

         La question du jour, est comment penser le masque médiateur personne dans une société individualiste ?   

         Jacques Le Goff propose deux métaphores : celle du peloton des cyclistes qui est capable d’être un centre de concurrence entre l’individu et les autres tout en restant dans un collectif uni. Ou encore l’orchestre où l’on trouve des artistes avec leurs différences et un tout un ensemble harmonieux. Je rajouterais la loge maçonnique, où chacun à sa place, son rôle et où l’harmonie règne en Force, Sagesse et Beauté. La Personne est libre, libérée et donne sa Force au collectif. C’est le lieu où l’on libère le potentiel de chacun, où ce potentiel peut s’exprimer et donne un élan et un essor au collectif. Le « Transpersonnel » est donc cet entre-deux subtil où l’Un est le Tout, et où le Tout est Un.

         Jacques Le Goff s’interrogeait comment mettre en place ce « Transpersonnel », cette voie médiane comment la construire avec des pierres solides ? Ce ne peut être qu’avec des pierres vivantes, capables de transmettre des secrets intimes par nature, comme l’Amour de soi et l’Amour des autres pratiqués en même temps. C’est la vertu la plus haute, vers laquelle il faut tendre, celui qui est capable de cette tension verra la joie envahir son cœur. Un des outils de cette pratique est le respect de soi-même, et des autres et le respect de la communauté universelle des personnes. Aujourd’hui le principe du Colibri me semble non pas dépassé et inutile mais trop dérisoire. Le temps presse, une communauté consciente ne doit pas transiger avec ce que l’on appelle l’incivilité, les incivilités entre nous et les institutions ont atteints la limite de la tolérance et sont passées dans la complaisance même si elle n’est pas déclarée, elle est constatée par tous. Ce n’est pas l’IA, ou les techniques qui nous permettra de transformer les individus en Personnes, les hommes en Humains. C’est notre pensée libre, et notre responsabilité du plus lointain de l’humanité. Ce ne sont que quelques pistes de réflexion, il reste le principal l’action. Emmanuel Mounier avait choisi une maxime pour le moins hétérodoxe : « L’événement sera notre Maître intérieur ». C’est-dire qu’il était en marge de l’intellectualisme abstrait, ou la pensée de l’homme objet, et dans l’action, le mouvement qui voulait changer, sa vie, la vie donner du sens et le sens le meilleur possible pour changer le monde. N’est-ce pas un peu ce vers quoi nous tendons dans nos loges maçonniques ?

 

                                    Jean-François Guerry.

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"Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles… Un monde gagné pour la Technique est perdu pour la Liberté" 

 Georges Bernanos -  La France contre les robots 

 

 

 

La translation trop rapide d'un climat à un autre produira sur les voies respiratoires un effet mortel,en même temps queles brusques changements de nourriture, le passage du beurre comme condiment à l'huile feront naître desétats dyspeptiques et dysentériques qui exigeront un prompt rapatriement. Le mouvement de trépidation suscitera des maladies nerveuses, telles que la danse de Saint-Guy, des affections hystériques et des syndromes épileptiformes, tandis que la fugace succession des images entraînera des inflammations de la rétine. La poussière et la fumée occasionneront des bronchites et des adhérences de la plèvre. Enfin l'anxiété des périls constamment courus tiendra les voyageurs dans une perpétuelle alerte et sera le prodrome d'affections cérébrales. Pour une femme enceinte, tout voyage en chemin de fer entraînera infailliblement une fausse couche avec toutes ses conséquences." 

 

Difficile de ne pas citer l'ancêtre du "principe de précaution" émis par les savants de l'Académie de Médecine deLyon en septembre 1835 lorsqu'ils furent amenés à se prononcer sur l'épineux sujet de l'époque "les dangers des voyages en chemin de fer". Tout y est, le caractère solennel qui sied à de doctes savants de la Faculté, levocabulaire suffisamment commun pour effrayer le citoyen moyen et cependant émaillé de termes ésotériques pour assurer la crédibilité scientifique. Nul doute que tout un chacun n'empruntait pas le chemin de fer sans une inquiétude proche de l'angoisse. 

 

Jugement dérisoire, aveuglement intellectuel, fruit d'une querelle d'Anciens et de Modernes, mais à la réflexion ladistance est-elle si grande entre ces propos et les déclarations de nos experts et spécialistes pontifiant sur l'utilité ou l'inutilité des masques pour juguler la pandémie du Covid19 ? On sait ce qu'il en fût … 

 

En fait de quoi s'agit-il 

 

D'un problème d'information ? De bonne ou de mauvaise foi ? On pressent que la solution n'est pas immédiate, quela réponse est complexe car elle touche au fondamental de l'homme, à ce qui taraude son esprit. À force de se prendre pour des dieux, les hommes ont eux-mêmes fini par y croire et ils acceptent mal le désordre de leur environnement … 

 

Ajoutons à cela que l'information doit circuler rapidement, que le temps est compté, que notre société nous pré mâche les informations à coups de "six minutes" ou de "flash éclair". Tous les ingrédients sont réunis pour que le jugement soit faussé, que prévalent les intérêts financiers, économiques, politiques là où place devrait être faite à tolérance, objectivité, analyse, temps de réflexion … 

 

Science et conscience, science et ignorance, sacré et profane… Les binômes se mettent en ligne, s'interpellent et se complètent. Peut-on traiter de la science, ici de l'intelligence artificielle avec la même désinvolture que du cours desvaleurs boursières qui prennent un malin plaisir, à coter le contraire des prévisions des "traders", hercules aux piedsbien fragiles ? 

 

Le philosophe l'a dit : "il n'est pas de science sans conscience" mais il n'est pas plus de science dans l'ignoranceet la science épouse fréquemment les limites du sacré dans l'imaginaire de l'homme. 

 

Il en va de l'intelligence artificielle comme de l'honnêteté, jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour que le monde soithonnête, pour certains jusqu'àla limite de se faire prendre, pour beaucoup par nécessité d'organisation sociale, pour d'autres par conviction, par idéal religieux, par humanisme ? Quel prix sommes-nous prêts à payer ; préférons-nous tricher en acceptant pour soi ce que nous refusons aux autres ou faisons-nous la part des choses?  

 

Mais comment trancher entre le trop et le nécessaire ? 

 

Peut-être ou aussi en redevenant citoyen. Le citoyen a le droit au savoir et également le devoir du savoir. Si le "nul n'est censé ignorer la Loi" sombre dans le ridicule quand on sait que les lois se comptent par milliers, on pourrait concevoir l'obligation à s'informer avant de se prononcer, obligation qui en génère une autre, celle de donner une information impartiale, suffisante, objective et accessible. "Nul ne sera censé ignorer ce que nul n'est censé cacher", voilà les nouvelles règles d'accès à la connaissance pour le citoyen du 21ème siècle. 

 

Il n'en demeure pas moins que la tentation est forte de demander à la science les réponses qui font défaut. Dans un monde où la technique ne connaît pas de limites, pourquoi ne pas charger la science de gérer l'impossible ? Tout est ici une question de mesure et d'éthique mais comment doser la mesure, sur quels critères faire reposer l'éthique ? Je jette l'éponge au philosophe pour nous donner d'un mot : l'éthique une réponse à tant de questions inhérentes à l'inquiétude de l'homme devant son destin. 

 

En définitive, l'intelligence artificielle renvoie à une éthique de responsabilité. L'homme se doit d'être attentif aux effets négatifs éventuellement engendrés par son action sur le vivant. Il lui faut éviter ces effets, le cas échéant, en évitant l'action elle-même. Les effets négatifs peuvent être voulus, la responsabilité est alors active. Mais ils peuvent être non intentionnels ; la responsabilité, pour être passive, n'en est pas moins effective. 

 

Nous parlions auparavant de liberté humaine et l'impression tend maintenant à s'imposer que les questions abordées ne seraient qu'affaires de spécialistes … bref, des scientifiques. Si subsiste la liberté, seule semble coordonnée celle du scientifique, la liberté de celui qui sait. L'IA se réduirait ainsi au débat entre des scientifiques promouvant des innovations et d'autres scientifiques qui en suspecteraient les retombées néfastes ; les uns et les autres armés de leurs compétences et de leurs libertés de conscience respectives. La liberté n'a pas disparu, mais elle estaccaparée par le spécialiste, l'expert. Et d'une certaine manière, en écho a nos toutes premières phrases, c'est encore le pouvoir qui fonde le devoir, et plus encore, le droit. Cette tendance est dangereuse ; elle porte un nom connu : la technocratie. Cette tendance est à dépasser. 

 

Quel discours sera porteur, quelle action prévaudra ? Pour répondre, il faut afficher des valeurs, " voilà justement ce qui fait que votre fille est muette " répondrait Sganarelle (Molière, Le médecin malgré lui, acte II, scène VI) 

YANN

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