Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Temple dans la Cité- Temple du Forum - Temple d'Auguste et Livie à Vienne France 20-10 av JC
ARCHITECTURE SACRÉE
Dans la suite de la réflexion de Thierry Didier, il est question entre autres de la gradation du sacré. On s'imprègne de sacré au contact des lieux sacrés. Au fur et à mesure de notre marche initiatique, on passe de l'exotérique à l'ésotérique, un pied dans chaque monde on parle de séparation et non de coupure pour un maçon...
Bonne lecture.
Jean-François Guerry.
Balustrade
L’espace sacré, même confessionnel, est toujours modelé par cette progressivité gradative : j’en veux pour preuve les églises catholiques, à l’entrée desquelles nous trouvons souvent des représentations monumentales, adaptées à la foi et à la raison des adeptes les moins subtils, pour aller, en progressant vers le chœur, à des formes plus ciselées, plus subtiles, plus fines, évoquant chez les plus éveillés d’autres valeurs, plus fouillées, plus travaillées. Cette gradation se rencontre aussi dans les églises byzantines avec les iconostases, sorte de limites physiques liturgiques entre le monde divin où opère le clergé célébrant, et le monde des simples fidèles, à qui l’on donne à voir sur l’avers de l’iconostase avec force couleurs et dorures les grandes fêtes chrétiennes, les prophètes, les patriarches, donc tous les intercesseurs et intervenants nourrissant la foi du peuple. Maçonniquement, la balustrade, symbole fort du 4ème degré, évoque cette séparation ontologique entre le monde tangible et le monde ésotérique, entre le Saint et le Saint des Saints, et d’une manière générale, entre les 2 mondes que génère immanquablement la recherche initiatique, et qu’il convient de réunir. Cette dualité est partout et tout le temps présente devant nos yeux : il convient simplement de s’y inviter, pendant le temps sacré, en tant que tiers inclus, afin de générer une pensée devenue pour le coup ternaire. C’est pour cette raison que les maçons sont qualifiés de la sympathique épithète de « frères 3 points ».
Tabernacle
L’espace sacré maçonnique n’est donc pas « coupé » du monde profane, ce qui en réduirait la portée symbolique et la conditionnerait uniquement à son contenu. De plus, cet espace n’est pas borné de façon formelle, mais plutôt « délimité » par des directions, des perspectives, nommées Nadir, Zénith, Orient, Occident, Midi, Septentrion, qui se vivent et s’établissent, c’est leur principe, à partir d’un foyer central qui est le point de vue, dans les 2 sens du terme, de l’initié. Un perspectif était à la Renaissance, un miroir : cette signification permettait d’appuyer la vision relative de l’observateur, en en faisant une force et non un défaut, apte ainsi à entériner cette porosité avec l’espace profane, porosité qui s’accommodera mieux du sentiment de séparation, moins radical que celui de clivage ou de coupure. Cette « relativité » de la vision de l’initié corrobore l’idée que l’espace sacré maçonnique est séparé, et non coupé du milieu profane. C’est pourquoi la notion de perspective correspond à un stade très avancé de l’art initiatique : elle est validée au 24e degré du REAA, Prince du Tabernacle, où 3 perspectives seront entendues comme les 3 volets dont la représentation particulière ne dépendra que de la capacité du moment du récipiendaire (il est indiqué au candidat que ce qu’il cherche a toujours été visible : D- « Comment êtes-vous devenu éclairé ? » R- « En étudiant le Livre de la Loi, perpétuellement ouvert aux yeux de l’Univers »). Le terme de perspective procède ici de la vision qu’a l’individu, de la chose vue, subjectivité de l’intellect de l’initié en en faisant malgré tout un incontournable de la pensée initiatique.
Thierry Didier.
LIVRE DE Thierry Didier
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L'homme à besoin de sacré, il est de bon augure de développer le sacré. Les lieux sacrés, sacralisés sont propices à l'élan spirituel et son essor...
Bonne lecture.
Jean-François Guerry.
SUITE de la Part II du 09/09/2024
Le nom augure provient du latin augere, qui signifie augmenter, c’est-à-dire qu’il amplifie une forme de vérité, sans toutefois la trahir ou l’abimer. Cette amplification passera chez le franc- maçon par la sacralisation d’un moment, d’un lieu ou d ’un acteur, facilitant du même coup sa prise en charge spirituelle. La spiritualité est en effet un élan et un appui qui visent, par leur amplitude, à sublimer le substrat qui en est l’objet. Certains moines et nonnes pratiquent également une forme de sacré, que je qualifierais d’alternatif, en produisant à l’intérieur de leur enceinte de vie et hors des temps de prière des éléments « usinés », alimentaires ou décoratifs, qui est une façon, bien sûr, d’être rétribués, mais également de créer des ponts avec le monde profane. Leur production, essentiellement manuelle, est symbolique, entendue dans son sens d’élaborée différemment, de constituée par des personnes qui ne voient pas le monde comme le voit un profane ou un païen : l’objet reste fondamentalement le même, mais ce qu’il porte en termes de message, voire d’aura rejaillira ensuite sur l’individu profane, qui est souvent demandeur d’un tel appel. Le sacré échappe donc au commun : ça n’est pas faire preuve d’hubris que de déclarer cela, et ça peut expliquer des regains soudains d’intérêt vis-à-vis d’éléments pourtant présents dans notre vie quotidienne, qu’on dérobe soudainement à notre regard et à notre intellect , créant alors un manque qu’on ne sait pas comment combler : je prendrai l’exemple de l’incendie de Notre Dame de Paris qui, en nous enlevant transitoirement un emblème spirituel de notre civilisation, provoqua un violent escamotage du réel, un vide matériel difficile à verbaliser, même pour le profane.
Plus globalement, cette carence à formaliser cet évènement généra une sensibilisation extraordinaire autour de la destruction, et partant, de la réfection de Notre Dame de Paris. Cette sensibilisation ne correspond pas, pour l’essentiel, à un sentiment confessionnel, mais va au contraire se substituer à ce dernier chez des esprits en mal de spiritualité : sauver la cathédrale de Paris va s’assimiler chez le commun à se sauver soi-même : de quoi, il ne le sait pas vraiment, mais ce sentiment diffus de noyade existentielle lui suffira pour s’émouvoir, et participer, par le don, ou même par une simple émotion, à restaurer sa légitimité de vivant…L’étymologie même de profane, qui signifie « devant le Temple » met en avant une forme de « promiscuité distinctive », d’approche différentielle dans laquelle le monde séculier n’est pas, et c’est heureux, l’antithèse du monde régulier, mais une forme de pendant nécessaire à la coexistence de ces 2 champs de l’existence. Ainsi, nous maçons avons coutume d’utiliser cette célèbre phrase à 2 temps : « Il faut laisser nos métaux à la porte du Temple…Pour ensuite les reprendre à l’issue de la tenue ». Ce qu’on appelle en franc-maçonnerie les métaux sont les failles et les travers affectant tout être humain, ontologiquement entaché du Péché originel. Ce qu’on appelle la tenue étant, elle, la formalisation du lieu sacré éphémère que le franc-maçon constitue symboliquement. La coloration exotérique classique nous porte à considérer ces métaux inhérents à l’humain sur le plan moral, comme une forme de concupiscence, de passions tristes, ce qui, effectivement en facilitent la visualisation mentale. Le caractère peccamineux des métaux, tels l’avarice, l’orgueil ou l’oisiveté sont bien identifiés chez l’humain d’après la Chute adamique.
Mais une autre lecture est possible, celle, ésotérique, de considérer que quiconque aborde un endroit sacré se voit peu ou prou transformé, ne serait-ce que parce que le milieu dans lequel il va pénétrer est par essence différent du milieu profane extérieur et qu’il devra, c’est une question de survie, s’adapter aux schémas particuliers en vigueur dans ledit « espace sacré ». Pour « exister » dans cet espace exigeant, il devra abandonner, au moins momentanément, ses « métaux » symboliques, c’est-à-dire certaines charges pénitentielles, certains fardeaux moraux, certaines lourdeurs métaphysiques portées par nos angoisses existentielles, visant par exemple la prise en compte de la mort, de l ’infini ou de l’intemporel. Un peu comme le Grand Prêtre de la religion hébraïque devait se laver à l’eau lustrale de la Mer d’Airain afin de pouvoir pénétrer dans le Saint des Saints du Temple de Salomon, l’initié devra se départir un temps de ce joug qu’est l’assignation aux limites de sa corporéité, morale, mentale et physique. C’est à cette condition qu’il sera en capacité à symboliser les objets du commun, c’est-à-dire les reformuler à sa main, en transcender la substance. Par exemple symboliser sur les 2 luminaires présents dans la loge, le Soleil et la Lune, amènera à une pensée nuancée, holistique, où la spécificité de chaque élément apportera une touche personnelle, chaque signification nouvelle apportant plus que la somme des symboles pris séparément. La structuration du sacré ne se formalise donc pas uniquement par rapport à l’extérieur, car l’espace sacré possède son équilibre propre, ce qui, nous l’avons déjà dit, ne préjuge pas, bien au contraire, des « luttes intestines » qui régissent justement cet équilibre ; ces luttes sont le résultat naturel de la confrontation ordinaire des idées et des circonstances. Même l’exercice de la symbolique va générer nécessairement des « parias » sémantiques et organisationnels, témoins d’une indispensable sélection des objets et des idées, sacrifiés sur l’autel du degré auquel on se situe. Cette part d’ombre, cette « Parole Perdue » est structurante, nous en reparlerons dans un prochain chapitre, portant sur l’harmonie cachée des choses. Néanmoins, rien avec le REAA n’est perdu ou définitivement écarté, et des éléments symboliques qui ne trouveraient pas leur place dans un degré déterminé se verraient naturellement « replacés » à un autre degré. Cette mise en place rituelle fut effectuée par les créateurs du REAA, qui ont fait en sorte que ledit rite constitue un continuum cohérent, mais aussi apte à inclure toutes digressions, pour peu qu’elles demeurent progressives et initiatiques (assassinat au 3ème degré, irruption violente au 6ème degré, désobéissance au 9ème degré, par exemple, mais aussi au 30ème degré, où est réévoquée la caverne d’Abiram). De ce constat découlera une indispensable gradation permettant de conserver toutes les idées, valeurs et principes en les plaçant à l’endroit qui leur sied le mieux. Un exemple : certains outils, supplétifs de la main de l’apprenti et du compagnon, aux 2 premiers degrés, deviendront une arme par destination au 3ème degré, puis un instrument de mesure au 12ème degré. Les grades et les degrés ne sont donc pas là pour fabriquer une hiérarchie stérile, mais pour poser à leur juste place des éléments déterminés. C’est pourquoi il existe des degrés maçonniques, qui permettent d’étager, d’échelonner les sens nouveaux sur différents grades, et donc de les protéger d’une éventuelle servitude que leur soumettrait une hiérarchie mal comprise. Je rappelle que hiérarchie signifie « gouvernance du sacré », et qu’à cet égard, son rôle est de mettre à la place qui lui est assignée chaque évènement symbolique, sans préjuger d’une quelconque prédominance ou prépondérance de tel élément par rapport à tel autre.
Thierry Didier.
LE DERNIER LIVRE DE Thierry Didier. Éditions Symbolon disponible dans toutes les librairies.
CONFÉRENCE CHATEAU ST ANTOINE MARSEILLE
Samedi 5 octobre 2024 Château Saint-Antoine
Marseille
10 heures - 17 heures
XIIes Rencontres
Académie Maçonnique Provence
De l'Orient à
l'Occident...
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,
Nous vous souhaitons une excellente rentrée et espérons vous revoir très prochainement...
Nous poursuivons la présentation des XIIes Rencontres de l'Académie Maçonnique Provence qui se dérouleront le samedi 5 octobre 2024 au Château Saint-Antoine à Marseille.
Les trois conférenciers traiteront de sujets en relation avec notre thématique annuelle, à savoir :
De l'Orient à l'Occident..
C'est un honneur pour nous d'accueillir Abdennour Bidar, de tradition soufie,il est spécialiste de l'islam et des évolutions de la vie spirituelle dans le monde contemporain.
Abdennour BIDAR
Philisophe, essayiste
Les cinq piliers de l'islam
et leur sens initiatique
Au cœur de l’islam, comme des autres religions, il existe une voie d’éveil, un chemin conduisant à une conscience toujours plus subtile du secret de l’existence. Abdennour Bidar nous présente cette voie de libération du regard à travers les cinq piliers fondamentaux de l’islam : le témoignage de foi, la prière, l’aumône, le jeûne et le pèlerinage. Pour chacun de ces piliers, il nous invite à découvrir, à méditer et à vivre sa signification symbolique et initiatique.
Abdennour Bidar, est un philosophe et essayiste français, ancien élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégé de philosophie et docteur en philosophie
Figure intellectuelle de l'islam libéral, il fut membre de l'observatoire de la laïcité et est toujours membre du comité consultatif national d’éthique ainsi que du Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République du ministère chargé de l’Éducation nationale. Haut fonctionnaire, il est administrateur de l’État, dans une fonction d’inspecteur général de l’éducation nationale.
Ses ouvrages Un islam pour notre temps (2004), Self Islam, Histoire d'un islam personnel (2006), L'islam sans soumission (2008), Lettre ouverte au monde musulman (2015), L'islam spirituel de Mohammed Iqbal (2017), Les cinq piliers de l'islam et leur sens initiatique (2023) font de lui une des figures de l'islam libéral.
À l'issue des 3 conférences, vous pourrez rencontrer les conférenciers autour d'un verre et faire dédicacer leurs livres proposés par le Comptoir du livre, qui présentera une large sélection d'ouvrages sur la thématique du jour.
La participation aux frais pour la journée et de 25€ pour les non-abonnés et les frais de restauration comprenant le café d'accueil, le repas (entrée, plat, fromage, dessert, boissons, café) ainsi que le pot de départ sont de 25€.
L'abonnement annuel est inchangé (35€) et te donnera accès gratuitement (hors repas) à cette dernière rencontre de l'année 2024 ainsi qu'aux manifestations organisées par les Académies de Paris, Lyon, Lille, Toulouse et Dijon.
À l’issue des conférences, nous vous enverrons les textes des conférenciers de même que l'enregistrement intégral des conférences et des échanges qui suivront.
Christophe Richard : Initiations tantriques, initiations maçonniques David Taillades : Aperçus sur les origines médiévales de la Franc-maçonnerie Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ? Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie. Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?
PS: Les ouvrages coédités par les Éditions Ubik et l'Académie Maçonnique Provence
Ce livre propose une comparaison, très personnelle, entre initiations tantriques et initiations maçonniques. Précisons d’emblée qu’il n’est pas question ici des tantrismes non-dualistes de l’Inde et du Cachemire mais du tantrisme bouddhiste tibétain qui a absorbé avec plus ou moins de bonheur toutes les traditions qu’il a rencontrées.
L’intérêt principal de ce livre est de mettre en évidence comment le dialogue entre deux cultures traditionnelles, l’une orientale, l’autre occidentale, peut se nouer dans l’expérience d’un pratiquant. Chaque cas est unique certes mais ce n’est pas un hasard si de nombreux Francs-maçons vont chercher dans le bouddhisme, souvent tibétain, une pratique qu’il juge nécessaire à leur démarche.
Christophe Richard, après avoir réfléchi aux rapports entre nature et culture, interroge : Qu’est-ce qu’un rite initiatique ? Quels sont les principaux composants d’une initiation ? Qu’est-ce qu’une initiation tantrique ? Qu’est-ce qu’une initiation monastique ? Il dégage de ces questionnements une structure plus ou moins marquée dans les trois situations, maçonnique, bouddhiste tibétaine, monastique : mythe fondateur, rupture, modifications physiques ou vestimentaires, purification par les éléments, voyages réels ou symboliques, épreuves réelles ou symboliques, mort rituelle suivie d’une renaissance, serment. Repères intellectuels et historiques viennent ponctuer et soutenir le propos.
Au passage il traite des débats sur la nature de la Franc-maçonnerie : société initiatique ou pas ? tout en rappelant que certains historiens comme Charles Porset s’opposent à l’idée d’une Franc-maçonnerie initiatique, il met en évidence plusieurs points qui démontrent la dimension initiatique de l’Ordre maçonnique.
Dans un monde qui semble fasciné par son autodestruction, il en appelle au sursaut des institutions initiatiques pour rappeler l’être humain à la recherche de sa véritable nature.
« Un projet initiatique authentique, dit-il, a charge de provoquer un total bouleversement de notre façon d’appréhender l’existence. Il s’agit de passer des ténèbres à la lumière, pour le proférer à la façon des Francs-maçons, ou de reconnaître la claire lumière, pour le dire en termes bouddhiques.
Inutile d’appuyer sur le fait que semblable itinéraire ne peut être accompli qu’à la première personne. Le Franc-maçon est, certes, soutenu par les sœurs et/ou les frères de sa loge, tandis que le pratiquant du bouddhisme tantrique est guidé par son ami de bien, il n’en demeure pas moins que c’est à l’initié, et à lui seul, de cheminer vers la lumière. »
C'est un rameau fertile que Joseph. les bénédictions de ton père, surpassant en puissance celles de mes ancêtres, au-dessus-même des collines éternelles, s'accompliront sur la tête de Joseph. ! » L'appel à la transcendance « La religion chrétienne appelle l'Esprit Saint le Désiré des Collines éternelles. Ce désir d'infini au coeur de chaque être humain, je l'ai donc nommé désir des collines éternelles. Parce qu'il inspire à l'esprit humain un mouvement d'ouverture perpétuel qui, par-delà toute croyance arrêtée, se retrouve dans l'aspiration chrétienne à quitter la Chair pour l'Esprit, ou dans l'aspiration juive à remonter vers la Fontaine de Sagesse. Ainsi chaque être humain me semble être appelé à contribuer au long cheminement de l'humanité émergeant de son animalité. En développant en lui-même une vision spirituelle qui dépasse la vision matérielle consacrée au confort, au pouvoir, à l'image et peut-être même à une certaine forme de bonheur. Mais il s'agira d'une longue quête pour qu'en lui le spirituel se distingue du matériel, une quête qui exigera de lui l'élargissement de son champ de conscience intérieur pour se libérer de ses passions, et l'élargissement de son champ de conscience extérieur au-delà de l'apparente matérialité. »
IL ÉTAIT UNE FOIS UN MYTHE, HIRAM.
Les lumières du passé éclairent les ténèbres du labyrinthe de l’avenir. À chacun son guide, pour passer des ténèbres à la Lumière. Nous ne sommes pas égaux dans la vie, le poète chante la différence entre les trottoirs de Manille, et les beaux quartiers des villes lumières. Mais à la porte de l’Orient éternel, au moment de la pesée de l’âme, l’importance des métaux compte peu.
Chacun doit construire sa vie, se construire en même temps. Il est des moments d’échecs, ils sont sans doute faits pour prendre la mesure de notre capacité à revivre plus radieux que jamais, il est des moments de gloire, c’est là que l’on prend le pouls de notre capacité à rester humble.
Pour structurer son parcours de vie, son existence, s’accomplir c’est-à-dire être pleinement soi, il nous faut les scintillements d’un phare, qui indique le cap quand advient la nuit.
Les francs-maçons ont choisi pour l’accomplissement de leur vie, une méthode le symbolisme de la construction. La figure du sage, la figure du sage, emblématique et tutélaire de ce symbolisme est le Maître Architecte Hiram. Un Maître inspiré, transcendé par un principe innommable, ineffable plus grand que lui. Le mythe, la légende d’Hiram et de sa mort est au cœur de l’initiation maçonnique, Hiram est Osiris.
Hiram est peu présent dans les textes vétérotestamentaires qui constituent entre autres le substrat de la Franc-Maçonnerie spéculative. Cet homme venu d’ailleurs, de surcroit fils d’une veuve, orphelin de père allait avoir un destin fabuleux, c’est le lot des héros. Hiram est le soleil, la lumière, le feu de la forge de Tubalcaïn. L’abondance des mots pour décrire Hiram, n’est pas nécessaire, la contemplation de ses vertus, de son exemplarité suffit pour servir de guide, de clé pour ouvrir la porte du cœur des femmes, des hommes en général et des sœurs et des frères en particulier, de tous ceux qui sont capables de regarder avec l’œil de leur cœur.
Solange Sudarskis, signe un ouvrage sur le mythe d’Hiram. Il ne pourrait être qu’un ouvrage de plus, il apparaît cependant comme un manuel, une encyclopédie hiramique. Il répond brièvement aux questions, pour laisser plus grande, plus ouverte la ou les possibilités d’interprétation personnelle au lecteur, qui s’approprie le mythe, et les valeurs qu’il transporte pour en faire sa ligne de vie personnelle à son rythme, avec l’intensité qu’il choisit.
On trouve dans ce livre ouvert : l’explication des mots de la cérémonie d’élévation au sublime grade de Maître, une interprétation du mythe de la mort, une recherche de la Parole perdue, l’histoire légendaire du héros, une description des temples. Solange Sudarskis termine par une ouverture sur les semblables d’Hiram, un épilogue en forme de prologue à la recherche de notre semblable, Hiram est-il notre jumeau, notre ange ? Celui qui nous montre le chemin pour se rapprocher de nos semblables les chercheurs de vérité, pour se rapprocher d’eux par la pratique des vertus, et la plus grande d’entre elles la charité qui est l’amour fraternel. Hiram est mon semblable, mon frère, mon Maître.
Comme vous le voyez le mythe d’Hiram tel que proposé par Solange Sudarskis, répond à quelques questions, mais son plus grand mérite est de nous faire lever la tête et suscité bien plus de questions que les réponses qu’il apporte. C’est un rituel d’ouverture pour la pratique de nos travaux personnels, sur nous-mêmes. Il nous montre le chemin qui mène de la périphérie au centre du cercle entre l’équerre et le compas.
Jean-François Guerry.
Extraits du Livre :
« Au troisième degré, le psychodrame des cérémonies et des rituels offre le cadre et tous les processus nécessaires au développement psychique et à l’harmonisation entre les ténèbres et la lumière du franc-maçon. »
Les jeux de Rôle.
« Le jeu de rôle permet de créer un nouveau père, accessible émotionnellement, auquel il est possible de s’identifier. »
À SUIVRE : La recension va se poursuivre les travaux ne sont qu’ouverts.
À LIRE : « Il était une fois un mythe, Hiram. Par Solange Sudarskis.
183 pages 15 €- ISBN : 978-2-91-965640-0
Éditions : L’Académie Maçonnique de Provence et UBIK éditions.
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Le Temple Franklin Roosevelt Grande Loge de France.
Le Temple Franklin Roosevelt est l'un des deux plus grands Temples de la Grande Loge de France qui en compte une quinzaine dans ses locaux parisiens de la rue Puteaux.
Il a été inauguréle 9 décembre 1948par le Grand Maître George Charidat qui succédait à la Grande Maîtrise àMichel Dumesnil de Gramontqui obtint du Général de Gaulle, en décembre 1943, l'abrogation de toutes les mesures antimaçonniques du gouvernement de Vichy.
La cérémonie eut lieu en présence deMadame Éléonore Roosevelt(Franklin Delano Roosevelt, initié le 10 octobre 1911 à la Loge " Holland n°83 0 New York, 32e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté en 1929, fut un maçon assidu et actif ; il répondit avec bienveillance, en 1938, aux adresses des obédiences européennes devant les menaces de guerre).
Avant la fin de la guerre, dès décembre 1944, la Grande Loge de France mit, rue Puteaux, un local à disposition des militaires maçons américains. Cet endroit, qui leur servait de lieu de rencontre et d'échange fut appelé" masonic center ". À leur départ en 1947, ils décidèrent de participer, en signe de remerciement, aux frais d'aménagement d'un nouveau temple dans les locaux de la rue Puteaux :le Temple Franklin Roosevelt.
Temple de Rochefort - A l'occasion des Journées du Patrimoine, venez découvrir la beauté du patrimoine maçonnique de la Grande Loge de France !
Chers tous, la suite de l'article de Thierry Didier sur le Sacré, il tombe à propos au moment de la rentrée maçonnique, au moment où nous allons passer dans le sas des parvis du Temple entre le profane et le sacré, reprendre avec Force et vigueur les exercices spirituels que sont les travaux maçonniques, travaux de formation spirituelle et d'application lors de notre retour dans le monde..... Bonne lecture
Jean-François Guerry.
Temple du Grand Orient de France à Angers
La suite après : de notre fonctionnement....
Sacré provient de l'adjectif latin sacer « ce qui ne peut être touché sans être souillé, ou sans souiller », et du verbe sancire « délimiter, prescrire » : ces 2 acceptions se complètent, faisant du sacré la fin et le moyen d’une approche particulière de l’existence. La notion du sacré s'enfonce dans les profondeurs du passé humain, où prennent naissance la magie, les mythes et les religions, c’est-à-dire tout viatique mettant en scène les impensés de la pensée rationnelle, leur part d’ombre. Mais le sacré en maçonnerie ne se limite pas à ce côté intangible qui semble le caractériser sur le plan religieux. Car l’espace sacré défini par le maçon n’est pas « coupé » du monde profane, il en est simplement séparé, distinct. Dans ce cas de figure, les limites de cet espace ont plus à voir schématiquement avec une membrane qu’avec un mur ou un fossé. Je m’explique. Le mur et le fossé sont, pour le premier une érection, et pour le second une excavation qui isolent du milieu génératif. Leur substance, dans l’imaginaire collectif, est faite de minéralité, de cette minéralité capable de s’opposer frontalement à la marche de cette entité organique, fragile et vulnérable qu’est l’être humain. A contrario, et à l’instar de la clé d’ivoire du 4ème degré, la membrane est vivante, elle délimite toute entité biologique, n’interdisant pas, au contraire, d’incessants échanges bilatéraux. Car la membrane appartient aux 2 milieux qu’elle prétend délimiter, elle en est même la combinaison. Ces échanges exprimeront toute la finesse et l’ambiguïté du travail maçonnique, qui s’opère « à côté » et non contre la vie ordinaire telle qu’on la conçoit. Séparer, ou se séparer deviendra ainsi évaluer en soi ce qui s’écarte, cet écart n’étant pas un écartèlement, auquel cas ne serait-il vécu que comme une dissociation.
L'octogone entre le Carré et le Cercle
La séparation appellera donc à la prise de conscience de ce qui se disjoint en nous lorsque nous évoluons. Ce temps de séparation durera tant qu’il y aura à intégrer et à admettre des sentiments divers provenant de cette différenciation.L’exemple qui me semble le plus parlant pour illustrer l’espace sacré maçonnique est celui de l’augure, sorte de prophète antique qui délimitait à l’aide d’un bâton recourbé, appelé bâton augural ou lituus, une zone du ciel, dénommée Templum. Le Templum désignait donc un secteur tracé arbitrairement dans la voûte céleste, destiné par perspective visuelle à délimiter un espace courbe et non fermé, cette partie devenant alors, d’une certaine façon, sacrée. On peut retravailler cette notion de divination à l’aune maçonnique, en y voyant une façon originale et décalée de prendre en compte et d’interpréter les évènements de la Nature. Des phénomènes naturels, tel le vol des oiseaux, guidaient l’augure pour interpréter la manifestation. Ainsi, transposée à la symbolique, on peut voir cette association du dynamique, le vol des oiseaux, au statique des phénomènes, comme une application possible de la symbolique, qui éclaire la vie en lui communiquant un mouvement permanent qui en facilite la glose. Cet égrènement, facilité par le mouvement appliqué à des valeurs foncièrement statiques contribuera à « dilater », la pensée, la rendant plus malléable, plus ductile, plus méditative et finalement plus apte à intégrer en son sein de nouvelles significations. Un exemple maçonnique pour appuyer cet égrènement rhétorique : « je regarde la pierre brute…Je suis la pierre brute » : cet éclairage dynamique témoigne d’une translation de posture et de pensée où mouvement et affichage agissent de concert.
Thierry Didier.
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Le Phare de la Teignouse Baie de Quiberon
Trombe près de la Teignouse dimanche 8 septembre 2024 vers 16h 30 Photos personnelles
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Thierry Didier scientifique, écrivain, Franc-maçon, contributeur du Blog, ayant atteint le Nec plus Ultra de l'initiation au Rite Écossais Ancien et Accepté nous propose son deuxième livre aux Éditions Symbolon Collection la Passion Écossaise:
" De l'homme profane au Chevalier Kadosch"
Un parcours initiatique à travers chaque degré du Rite.
Aujourd'hui il nous offre une contribution en rapport avec son livre. Compte-tenu de la densité de celle-ci elle vous sera proposée en plusieurs parties
Jean-François Guerry.
RUPTURE DU MONDE PROFANE IDÉAL MAÇONNIQUE
Du Sacré
Sur un plan purement anthropologique, l’homme contemporain, qui est le résultat d’un long lignage, est paradoxalement fragile : nous sommes en effet les descendants d’individus qui ont su écouter leur peur, leur stress et leur intelligence afin d’éviter et de contrecarrer maladies, famines, guerres et autres cataclysmes. Même si le monde actuel paraît plus doux, ce souvenir génique va nous obliger, si nous voulons nous spiritualiser, à offrir des endroits dans lesquels nous semblons préservés, ne serait-ce que d’une crainte diffuse, ou parfois d’un risque réel – je pense aux régimes totalitaires. Définir alors un espace-temps codifié, délimité, cantonné limitera de fait les avatars de toute perte, blessure, fût-elle narcissique ou entropique. L’espace sacré y sera, si l’on paraphrase Nietzsche, une “corde tendue sur l’abîme”. Des conditions seront nécessaires, car le lieu d’exercice de cette pratique ne peut se faire que dans un milieu protégé, séparé du commun, possédant ses propres règles de fonctionnement : ce lieu sera, pour le franc-maçon, l’espace sacré de la loge ou du Temple. De même que les balances de très haute précision se doivent d’être préservées de l’extérieur par des parois hermétiques, protégeant des fluctuations de lumière, de température et de pression, l’espace sacré maçonnique nécessitera 2 « parements » symboliques. D’abord une codification absolue de ses mécanismes intérieurs : on parlera de rite et de rituels, à même de structurer tout évènement, et ensuite une « instruction maçonnique », aliment métaphysique destiné à nourrir dans cet espace particulier le franc-maçon, afin d’y pérenniser sa pensée et son action.
Jardins du George Washington Masonic National Mémorial
L’espace maçonnique est cependant plus subtil qu’un simple vase clos, car ses limites, contrairement audit vase, ne sont pas précisément marquées et définissent plus des directions que des jalons précis, nous en reparlerons plus avant, et d’un espace-temps caractérisé plus par sa négation que par sa vision intuitive habituelle. Je citerai à cet égard Mircea Eliade qui parle, pour l’espace sacré, d’un temps dit « anhistorique ». L’homme se vit dans un monde foncièrement binaire. Ainsi chaque acte de la vie est-il scandé, pulsé, à la façon des battements du cœur, faits de travail et de repos, des mouvements pulmonaires, faits d’expir et d’inspir,de la morale, faite de bien et de malou même de la pensée, mimétisée par les « zéros » et les « uns » du langage informatique classique. Il s’ensuivra que tout sera fondamentalement dual, y compris les moyens artificiels par lesquels accommoder notre entendement à l’incommensurabilité du temps et de l’espace. 2 leviers existentiels et métaphysiques s’offriront ainsi à nous pour que l’on arrive à supporter l’infini et l’intemporel sans devenir fou. Ces leviers seront l’eschatologie et le sacré. L’eschatologie est une forme de discours qui lie l’individu à ce que l’on nomme en grec l’eschatos, c’est-à-dire le dernier, que ce dernier soit un homme, on parlera alors de prochain, ou bien une date, une époque ou un lieu, et l’on parlera alors de fin des temps. Énoncer le prochain ou la fin des temps, c’est fabriquer une échéance ultime qui va s’ajouter à l’échéance minime que constitue le moment où l’on en parle. Quoi de mieux, dans ce cas, qu’un mécanisme qui inclut en son sein l’Alpha et l’Oméga, la naissance et la fin d’une idée, d’un être ou d’un monde, faisant de nous des maçons à qui « rien n’est inconnu ».Cette petite phrase, puissanteet sibylline, extraite d’un rituel maçonnique, ne signifie pas que nous savons tout, mais nous aide paradoxalement à accepter l’idée d’être cantonné à des limites qui nous sont toutes personnelles. Cet artifice suffit à nous faire prendre conscience que la perception de l’Univers passe sur le plan macrocosmique par le prisme de l’eschatologie : sans celui-ci, il est impossible d’avoir une vision supportable de son immensité. En incluant d’emblée toutes les modalités imaginables, le discours au dernier permettra de ne rien s’interdire, de ne se priver d’aucune des composantes bénéfiques ou maléfiques à retirer d’une confrontation avec nos semblables. Le mode de pensée qui découlera de cette relation deviendra médiateur, puisqu’il sera disposé entre début et fin : il aura une fonction régulatrice, pondératrice qui siéra à cet être rationnel qu’est l’initié maçon. Si l’on pousse le raisonnement, cette approche incitera, par transposition, à nous confronter aux confins de nous-mêmes. C’est pourquoi l’homme a inventé, à côté de l’eschatologie, l’espace sacré, morceau cantonné qui permet de ressentir ou d’imaginer un tant soit peu cet embryon d’éternité, en le circonscrivant le plus précocement et le plus confinant possible. Le sacré sera une façon de créer au sein du monde tangible, qui est celui où nous vivons objectivement, un espace-temps particulier, distinct du monde profane. La sacralisation sera donc une méthode, une procédure, un biais qui favorisera pour le coup notre retrait de ce monde végétatif qui est celui de notre fonctionnement ordinaire.
Thierry Didier - À SUIVRE....
De l'homme profane au chevalier Kadosch ou Comment intriquer nature et individu
Après avoir abordé dans son ouvrage précédent comment mêler réflexion et initiatique à travers l’étude de thèmes généraux, de personnages et de concepts variés, l’auteur a été tout naturellement amené à s’interroger sur les relations qui existent entre chaque degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, et de voir combien ce « patchwork » apparent constituait en fait un continuum d’idées, de symboles et de principes constructeurs. L’auteur a donc décidé de décrypter les rouages sémantiques, les articulations symboliques et les engrenages philosophiques qui permettent de comprendre ces notions fondamentales en franc-maçonnerie que sont la gradualité et la progressivité de l’enseignement et l’apport essentiel de ce que l’on nomme l’ésotérisme. Ce dernier terme n’a rien de nébuleux, au contraire, il permet d’affiner, de prolonger et d’améliorer le message initiatique, qui veut que l’Homme puisse et doive puiser dans la Nature un supplément d’âme et de Raison. Cette Nature n’est pas seulement celle portée par les règnes minéral, végétal et animal telle que le pressentaient les alchimistes d’antan et les philosophes des Lumières. Elle est plus sûrement le domaine de ce qui échappe à l’homme au moment où celui-ci se livre au moindre exercice mental, voire physique, qu’il formalise la plus infime pensée, le sentiment le plus ténu. Car il y a 2 façons d'aborder l'initiatique, la première est de considérer le corpus de chaque degré, ce qui fait donc leur spécificité, en traitant tout leur contenu propre, que l'on appelle l'instruction du grade : le risque encouru est d'établir une sorte de compilation, soit, nécessaire à une première appréhension, mais qui a maintes fois déjà été décrite dans la littérature.
Les articulations que l’auteur définit dans ce livre prennent naissance en partie dans un contenu particulier, situé à mi-chemin entre la simple déclamation descriptive de signes, mots et attouchements, et leurs projections en termes de caps, propres à chaque grade. C’est pourquoi, lorsqu’il entrera dans le narratif particulier d’un degré, il privilégiera des éléments, soit, constitutifs du grade, mais en cherchant aussi à retrouver en leur sein ces mêmes articulations déjà mises en évidence entre les grades.
LIVRES DE Thierry Didier Éditions Symbolon disponibles dans tous les librairies.
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Yahvé dit à Moïse : « J’ai vu ce peuple : c’est un peuple à la nuque raide.[1] (qeseh `õrep)
M
on Frère, veuillez conduire notre Frère entre les Colonnes. C’est dans cette position à l’ordre, entre les colonnes que le Frère sera examiné. Sa parole pourra être délivrée quand il aura obtenu la faveur de quitter l’ordre sa nuque ne sera plus raide.
Le Frère représente alors la Colonne centrale la Colonne vertébrale qui repose sur le Sacrum l’os sacré, qui va de Kether la Couronne à Malkuth le Royaume. Il est entouré par les deux autres Colonnes : la rigueur, la Force à gauche et la Miséricorde qui s’établit à droite, son regard tourné vers l’Orient. Les deux colonnes qui l’entourent évoquent le déploiement de la dualité née de l’unité qui se retrouve ainsi en lui dès qu’il n’a plus la nuque raide. C’est-à-dire quand son cœur communique avec son esprit, qu’il est en rapport avec le Divin, capable d’aller tout du moins vers le Divin en dépassant sa condition humaine. Il a retrouvé sa forme androgyne originelle. Sa partie réceptive féminine fécondante symbolisée par les fleurs de Lotus disposées aux sommets des colonnes et la verticalité créatrice de la colonne Force, dynamisme fécondant. Les deux pôles opposés et complémentaires sont en lui et fertilisent son chemin. Sa partie supérieure, avec Kether la Couronne, sur les deux côtés Binah l’intelligence et Hochmah la Sagesse forment le triangle de sa transcendance, sa part de divinité. Plus bas un autre triangle inversé dont la pointe est le cœur et les côtés sont rigueur et miséricorde qui constituent ensemble l’être spirituel qui est Sagesse, Force, Beauté, Justice et Amour un magnifique pentacle. Quand la nuque est raide les deux triangles ne communiquent pas, l’être reste dans la dualité de ses émotions soumis à ses passions. L’homme sans tête est un animal. Il est incapable de se spiritualiser et de se rapprocher de l’unité Corps, Âme, Esprit. Quand Moïse sort d’Égypte avec son peuple[2] Dieu est en tête, l’humanité est en route vers sa spiritualisation. À l’inverse quand redescend vers son peuple avec les Tables de la Loi, le peuple s’est soumis aux idoles humaines en construisant un veau d’or il a succombé à la matière, il est un peuple à la nuque raide. Le prologue de Jean, nous rappelle aussi que certains n’ont pas reçus le verbe ils avaient aussi la nuque raide. Il faut donc ne pas oublier de placer les jeunes initiés entre les colonnes.
Jean-François Guerry.
[1] Exode 32- 9 Le veau d’or. Yahvé avertit Moïse. Bible de Jérusalem.
[2] Psaume 68-8. La glorieuse épopée d’Israël. Ô Dieu , quand tu sortis à la face de ton peuple, quand tu foulas le désert, la terre trembla, les cieux même fondirent en face de Dieu, …
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La Revue l'initiation traditionnelle N°2 de 2024 est disponible gratuitement en ligne. Je vous soumet une réflexion sur le thème de la Parole Perdue. Une belle recension à lire dans la Revue sur le Château Étoilée Franc-Maçonnerie et Surréalisme. Bonne lecture.
Jean-François Guerry.
Accéder à la Revue : La Revue L'Initiation Traditionnelle.
https://www.Initiation.eu
LA PAROLE PERDUE
par Christine Tournier
La Parole perdue, c’est la perte de la compréhension du Verbe divin,
du Logos, de l’Absolu, de l’Intelligence en elle-même : la Sagesse divine de
Philon, le Pneuma des Stoïques. C’est l’existence prenant le pas sur
l’Essence, c’est la séparation et la dualité, c’est l’errance de l’ignorance,
c’est le chaos intérieur, alors que tout l’Univers – et ce depuis « les
origines » - n’est qu’harmonie et musique des sphères.
« Dieu » - quel que soit le nom qu’on lui donne – est de toute
éternité, mais c’est sa Parole qui se manifeste et qui le manifeste. En elle,
tout ce qui est est. La totalité des mondes créés et incréés est contenue
dans un point invisible catalysant en lui l’énergie originelle absolue,
fondamentale, et ce de toute éternité.
La Parole perdue c’est le Verbum Demissum, représenté par Hiram
assassiné. Le travail alchimique au sein de notre propre athanor va nous
permettre de réintégrer – comme dirait Martinès de Pasqually – l’Etre
total, unique, innommable. D’ailleurs, HAI RAM signifie en hébreu « LA VIE
D’EN HAUT » : je ne crois pas au hasard, jamais ! Et la clé d’ivoire ne
symboliserait-elle pas le principe universel qui, du point, va vers l’infini,
sans qu’il s’agisse pour autant de la boîte de Pandore ?
C’est le mythe d’Adam et Eve qui, en voulant s’approprier la Sagesse
symbolisée par le Serpent, s’en départissent : elle demeure cependant
lovée dans les deux mètres de notre double hélice d’ADN, dans les deux
serpents s’entrelaçant tel le caducée d’Hermès/Mercure, dont le titre de
« messager » n’est évidemment pas anodin.
Cette Parole se dissimule dans les mythes, les rites, les symboles, les
événements synchrones, les compréhensions soudaines. Et nommer les
choses, c’est les faire exister, car le Verbe, le Souffle est créateur ; dans
l’Exode, il est dit : « Par la Parole de Yahvé, les cieux furent créés, et, par
Tous les mantras, incantations et psalmodies, chants répétitifs, etc.,
sont, en mettant l’impétrant dans un état modifié de conscience, une
tentative d’accéder directement à la Connaissance, c’est-à-dire à la
compréhension totale de l’Univers. Nous qui sommes dans l’immanence
cherchons à approcher la transcendance du divin. Nous qui sommes dans
le profane cherchons à accéder au sacré.
Court de Gibelin affirmait, au 18ème siècle, qu’ « il existe un ORDRE
éternel et immuable qui unit le Ciel et la Terre, le corps et l’âme… ». Nous
dirions aujourd’hui que tout a un sens, que tout fait sens, mais que pour
l’appréhender, cela ne peut se faire que si l’on retrouve la Parole dite
perdue, par des abandons et des morts successifs.
La Parole est peut-être derrière le trône de Salomon, au-delà du voile
qui nous la cache, dans le Saint des Saints qui l’abrite symboliquement et
que l’on entrevoit au grade de Maître parfait. Elle est toujours présente
mais inaudible, invisible, à moins qu’on se mette en route pour la
retrouver, se la réapproprier, et connaître l’univers et les dieux. Elle est
présente dans le silence ; elle est présente dans le celé ; elle est présente
même dans la résonnance, la vibration des lettres et des sons de tous les
alphabets qui n’en sont que le support appauvri. Une des Lois du Kybalion
est bien que « Tout est vibration ».
Nous sommes prisonniers de nos sens limités et nous tendons à
retrouver le chemin du retour aux origines, à l’Origine, au Primordial
éternel et infini : quel paradoxe ! Un et multiple, c’est pareil. Le temps
n’existe pas : seule la durée scande notre vie terrestre, sinon nous
deviendrions fous.
Orphée ne tente-t-il pas, à sa façon, de retrouver la Parole dans sa
quête maladroite aux Enfers pour qu’Eurydice revive ? Elle, la Parole de ce
divin poète ?
Quelle est cette Parole originelle que souligne le mythe de la Tour de
Babel ? Toutes les langues du monde en seraient issues comme tous les
hommes du monde sont issus du même homo sapiens africain. N’est-ce
pas le symbole de l’orgueil de la séparativité qui nous fait nous prendre
chacun pour un dieu ? de l’insistance sur des différences illusoires et
seulement épiphénoménales ?
COMMUNIQUÉ: Les Conférences de Jean-Claude Sitbon.
Jean-Claude Sitbon.
7 CONFÉRENCES MACONNIQUES
DE JEAN-CLAUDE SITBON
au 2ème SEMESTRE 2024
Communiqué
01.09.24
Jean-Claude Sitbon poursuit ses conférences maçonniques. Au 2ème semestre de l’année 2024, sept conférences en Loge sont prévues à Marseille et Aix en Provence, et aussi dans le Haut-Rhin à Mulhouse et en Alsace à Strasbourg, à Brignoles dans le Var.
Ces conférences sont données à l’invitation des Loges qui organisent, pour cette occasion, des Tenues régulières ou exceptionnelles.
02 septembre 2024 – MARSEILLE (13) « Les Officiers de la Loge – Les spécificités du RER »
21 septembre 2024 – AIX EN PROVENCE (13) « Le paysage maçonnique français »
30 septembre 2024 – MARSEILLE (13) « La mort initiatique »
31 octobre – MARSEILLE (13) « La batterie de chacun des trois premiers grades du RER et leur nombre »
14 novembre 2024 – MULHOUSE (68) « Bienveillance et Bienfaisance »
11 décembre 2024 – STRASBOURG(67) « Le vrai désir ou le désir du Vrai »
ooo
Des conférences pour l’année 2025
sont en cours de programmation.
Les lieux et thèmes des conférences données depuis 2015 sont consultables ici.
IL EST RAPPELE QUE JEAN-CLAUDE SITBON
DONNE SES CONFERENCES MACONNIQUES A TITRE GRACIEUX.
Pour toutes demandes ou informations, vous pouvez envoyer un courriel à :
jcl.s@free.fr
Pour contact : jcl.s@free.fr
Jean-Claude Sitbon est aussi auteur, spécialiste reconnu du Rite Écossais Rectifié.
Samedi 5 octobre 2024 Château Saint-Antoine
Marseille
10 heures - 17 heures
XIIes Rencontres
Académie Maçonnique Provence
De l'Orient à
l'Occident...
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,
Nous vous souhaitons une excellente rentrée et espérons vous revoir très prochainement...
Nous poursuivons la présentation des XIIes Rencontres de l'Académie Maçonnique Provence qui se dérouleront le samedi 5 octobre 2024 au Château Saint-Antoine à Marseille.
Les trois conférenciers traiteront de sujets en relation avec notre thématique annuelle, à savoir :
De l'Orient à l'Occident..
Nous aurons le plaisir de retrouver une conférencière qui a laissé les meilleurs souvenirs à tous les participants
Florence QUENTIN
Égyptologue, écrivain, journaliste
Égypte, "Mère du monde" :
Notre héritage égyptien
Oum el Dounia, « La Mère du monde » : c’est ainsi que les Egyptiens qualifient leur pays, conscients que cette maternité a largement dépassé les frontières de la Vallée du Nil et que, comme l’écrivait Champollion, l’Europe doit le principe de toutes ses connaissances à cette ancienne civilisation.
De quelle manière l’Egypte pharaonique a-t-elle influencé les courants de pensée qui, sur son sol, lui ont succèdé ?
En quoi sommes nous les héritiers de cette société évoluée, tant dans la religion que dans le domaine de la philosophie, des sociétés initiatiques, de l’art ou des idées ?
A travers 5000 ans d’histoire illustrée, l’égyptologue Florence Quentinévoquera ce legs exceptionnel et rendra hommage à cette Egypte qui nous fascine et déclenche tant de passion en Occident, en dépit de la distance géographique et temporelle.
Diplômée d’histoire et d’égyptologie (Universités Paul Valéry-Montpellier III et Paris IV- Sorbonne), Florence Quentin a enseigné l’histoire des religions et a contribué à plusieurs dictionnaires. Elle est aussi l’auteure de dix ouvrages sur l’Égypte ancienne.
Dernière parution « L’Égypte ancienne, vérités et légendes », Perrin, 2022.
L'abonnement annuel est inchangé (35€) et te donnera accès gratuitement (hors repas) à cette dernière rencontre de l'année 2024 ainsi qu'aux manifestations organisées par les Académies de Paris, Lyon, Lille, Toulouse et Dijon.
La participation aux frais pour la journée et de 25€ pour les non-abonnés et les frais de restauration comprenant le café d'accueil, le repas (entrée, plat, fromage, dessert, boissons, café) ainsi que le pot de départ sont de 25€.
À l’issue des conférences, nous vous enverrons les textes des conférenciers de même que l'enregistrement intégral des conférences et des échanges qui suivront.
Christophe Richard : Initiations tantriques, initiations maçonniques David Taillades : Aperçus sur les origines médiévales de la Franc-maçonnerie Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ? Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie. Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?
PS: Les ouvrages coédités par les Éditions Ubik et l'Académie Maçonnique Provence
L'ignorance aux yeux bandés chassée du château de Fontainebleau
LE COMBAT CONTRE L'IGNORANCE
I
l commence par la recherche de la connaissance de ce que nous sommes : notre identité. Cette question de l’identité est universelle, mais qu’est-ce que notre identité ? La définition de ce que sommes par rapport à l’autre, à nous-même ? La mondialisation, l’essor des communications et leur vitesse, notre instinct grégaire le constat que l’homme est un animal social et le besoin de sociabilité qui s’en suit, plaident pour le vivre ensemble dans une fraternité universelle multicolore. À contrario, la société plus consumériste flatte notre individualité avec la profusion des vendeurs de « bien-être » personnel, comme des refuges, des cénacles, des jardins secrets du seul profit personnel nous éloignant des valeurs de partage et de Fraternité.
La Franc-maçonnerie ordre initiatique dont le fondement est la fraternité, mène un combat contre l’ignorance des autres par la connaissance de soi. Se connaître se reconnaître pour mieux connaître les autres. C’est un combat contre l’injustice et tous les fanatismes et despotismes qui clivent et séparent. Revenir au fondamental à ce que nous sommes, sans céder à la nostalgie de l’éternel retour, comme Ulysse pourtant tant vanter : « heureux qui comme Ulysse à fait un beau voyage…Et puis est retourné plein d’usage et de raison… » Ce désir d’éternel retour, cette nostalgie qui était pour les grecs Nostos retour, mais aussi Algossouffrance est-elle consubstantielle à notre recherche d’une vie nouvelle semblable à l’ancienne vie ? Faut-il refuser tout changement, tout désir devenir autre ? Ce serait refuser toute initiation. Comment peut-on être le même et autre pourtant ? Il est commun d’entendre dans la bouche de ses proches quelques temps après avoir été initié : tu n’es plus le même, tu as changé.
La philosophie de Paul Ricoeur nous aident à comprendre cet état de fait, en particulier avec son ouvrage : Soi-même comme un autre.[1] J’y vois, une identité dynamique en construction permanente, une initiation à notre identité. Ricoeur définit le concept du soi comme une médiation entre « identité mêmeté -Idem » et « identité comme soi -Ipse l’ipséité ». L’identité s’est construite par une sédimentation ininterrompue de soi, cette modalité humaine ontologique, répond à la question que suis-je ? L’ipséité répond à la question qui suis-je ? Nous sommes comme Ulysse, nous ne pouvons pas ignorer nos voyages, mais aussi notre pays natal, notre fondement. Certains rituels maçonniques, nous le rappelle relatant le Psaume 137 (136) – Chant de l’exilé.[2] Nous sommes à la fois mêmeté et ipséité, la mêmeté est notre pierre de base et l’ipséité nos pierres de construction, l’ensemble est notre édifice. Plotin disait autrement on se sculpte soi-même, Sénèque écrivant à son ami Lucilius : Je sens, Lucilius, non seulement que je m’amende, mais que je me transforme. Je n’ose garantir ni espérer que je n’ai plus rien à changer en moi. Qui suis-je…[3]Milan Kundera à propos de l’exil et du retour dans son roman L’ignorance, a décrit le déchirement des exilés confrontés au choix soit du retour dans leur pays natal, soit l’adoption définitive de leur pays d’accueil.
Le Franc-maçon qui combat l’ignorance se pose la question : Qui suis-je ? Une question déjà présente à l’esprit du profane dans le cabinet de réflexion confronté à l’image du crâne décharné qui remet en cause sa vanité : memento mori souviens-toi que vas mourir. Le Frère Goethe y oppose son memento vivere n’oublie pas de vivre. L’ignorance de notre identité ne provient-elle pas de notre mêmeté incomplète et illusoire et de notre ipséité en permanence mouvante en construction, comme une espérance puisque nous avons toujours à nous perfectionner. La nostalgie du « c’était mieux hier » est donc dérisoire, c’est par la pensée et l’action ici et maintenant que l’on construit le présent et l’avenir, c’est la manière de combattre l’ignorance. L’identité reconnue comme le fil qui nous relie aux autres et l’ipséité comme le tissage permanent de ce fil symbolise notre devoir de fraternité.
Jean-François Guerry.
[1] Paul Ricoeur- Soi-même comme un autre. Éditions le Seuil 1990.
[2] Psaume 137 (136) Chant de l’exilé – Au bord du fleuve de Babylone nous étions assis et nous pleurions…Si je t’oublie Jérusalem que ma droite se dessèche ! Que ma langue s’attache à mon palais…
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :
Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.
Provided to YouTube by Universal Music Group Heureux qui comme Ulysse (Version Longue) · Georges Brassens L'album de sa vie - 50 titres ℗ 1970 Mercury Music Group Released on: 2021-10-08 Compose...
out ce qui se passe en Amérique se réalise en Europe avec un décalage, la lumière ne semble plus se lever à l’est, l’Orient s’obscurcit par la montée des dictatures et des despotismes. L’impérialisme américain tant décrié porte encore nos rêves malgré ses soubresauts, ses accidents. Barack Obama alors candidat à l’investiture de son parti lucide et pragmatique a écrit à propos de cette déclaration en sous-titre : « C’est sans doute ce passage de mon discours à la convention démocrate en 2004 qui a le plus marqué les mémoires. Il était censé traduire une aspiration plutôt que de rendre compte d’une réalité, mais c’était une aspiration en laquelle je croyais, et une réalité à laquelle je voulais atteindre. L’idée selon laquelle notre humanité commune importait plus que nos différences était chevillée à mon ADN. C’était aussi, à mes yeux, l’expression d’une certaine vision pragmatique de la politique : dans une démocratie, les grands changements ne pouvaient advenir qu’avec l’appui d’une majorité, et en Amérique cela voulait dire bâtir des coalitions au-delà des frontières ethniques et raciales. » On m’objectera avec raison, mais aussi facilité, l’Amérique n’est pas l’Europe ni la France. Mais nous quelle grande vision à l’Europe ou la France avons-nous en dehors de projets économiques trop modestes. Comment rallier les peuples si ce n’est par un sursaut de fraternité ? Pourquoi Barack Obama se présentait-il à l’époque au poste suprême de Président des États-Unis d’Amérique ? Il le déclarait pour libérer la politique des contraintes, des ressentiments de droite et de gauche. Il prenait la parole disant par conscience personnelle. Donc, sans calculs sordides à visée réduite au court terme, ou comme un canard sans-tête tournant dans un marigot. Il ne voulait pas contenter tout le monde au risque de ne contenter personne, mais faire que les gens fassent leur devoir.
LE DEVOIR
Il écrit c’était l’une des raisons pour lesquelles je me présentais. Pour nous libérer de ce genre de contraintes. Pour imaginer ce qui était possible. Je ne voulais pas être ce solliciteur, toujours en marge du pouvoir et en quête de faveurs distribuées par les bonnes âmes de gauche, ni un professionnel de la contestation brandissant en permanence sa colère et son bon droit en attendant que l’Amérique blanche expie ses fautes. Ces deux stratégies, fondamentalement, étaient l’expression d’un désespoir. [2]
Puisque l’Amérique nous inspire est-ce que nous pouvons dire : Yes we can ? [3]