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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François GUERRY
REMETTRE LA FRATERNITÉ À SA PLACE

REMETTRE LA FRATERNITÉ À SA PLACE.

 

Dans un moment où nos politiques regardent dans tous les sens, face aux récents événements et semblent être comme des canards sans tête. Dans l’attente d’un homme providentiel, sortant d’une boîte magique des solutions toutes faites et toutes prêtes, pour amener rapidement la paix sociale. J’ai la naïveté de croire que ce qui manque dans notre société c’est de la fraternité, et non un homme providentiel seul, et déconnecter des autres. Le philosophe écossais David Hume, écrivait : « Même si tous les pouvoirs étaient donnés à un seul homme, même si tous les désirs étaient comblés, cet homme resterait misérable s’il était sans communion, sans partage. Un seul absolument seul ne peut pas être heureux. » (David Hume)

Il nous faut peut-être changer notre devise républicaine et mettre la Fraternité en tête avant la Liberté et l’Égalité. Car ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas de la Liberté, nous pouvons nous déplacer comme nous le souhaitons, la liberté d’expression est respectée dans tous les médias etc… L’égalité entre les citoyens s’est considérablement améliorée grâce aux multiples et généreuses aides sociales qui nous sont enviées par beaucoup de pays et même par de nombreuses démocraties. Qu’est-ce qui nous manque si ce n’est pas de la Fraternité, je dis Fraternité et non Solidarité qui est satisfaite par les aides sociales. Dans la Solidarité l’on donne et l’on attend en retour, le don est symétrique. Pour la Fraternité l’on donne sans réciproque, le don est asymétrique. Et puis la Fraternité est un devoir, une responsabilité comme le disait Dostoïevski qui a inspiré Levinas : « Chacun de nous est coupable devant tous pour tous et pour tout, et moi plus que les autres. » Levinas dans sa métaphysique de l’éthique souligne notre responsabilité vis-à-vis d’autrui, reprenant les paroles de la Genèse : « Nous sommes les gardiens de nos frères. »

Nous ne pouvons avoir cette attitude trop souvent de mise chez nos hommes politiques du dénie de responsabilité. Souvenons-nous de la dramatique affaire du sang contaminé où tous les acteurs ont été déclarés comme responsables mais pas coupables par la justice.

Levinas fait intervenir la justice dans sa pensée par le passage de la charité à la justice. La Franc-maçonnerie associe toujours à la justice la charité, l’amour fraternel, indispensable à la justesse de la justice.

Levinas va plus loin, il pense « que la légitimité d’un État ne repose pas sur un acte de Liberté mais sur le respect de la Fraternité et de l’Égalité, de la justice et de la paix. » (E. Levinas Autrement qu’être.) Il rajoute : « un état qui rend impossible cette Fraternité perd toute légitimité. » (E. Levinas Totalité et Infini) et pour parfaire cette réflexion, il conclut : « L’amour doit toujours surveiller la justice. » (E. Levinas Entre-nous).

La Franc-maçonnerie, ne s’est donc pas trompée, quand elle affirme que son fondement repose sur la Fraternité. Pourquoi ce fondement ne serait-il pas aussi celui de notre république, pour ramener la paix sociale ? Avant que nous tombions sous prétexte de sécurité dans un extrémisme totalitaire dont nous connaissons les ravages pour notre Liberté.

                                            Jean-François Guerry.

REMETTRE LA FRATERNITÉ À SA PLACE

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Publié le par Hervé Marttin

Cet article est reposté depuis Le Blog des Spiritualités.

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Publié le
 
 
 

Chers Sœurs et Frères

 

Vous trouverez ci-joint le programme des entretiens d’été 2023 organisés par le Collège Maçonnique et tout spécialement Alain-Noël Dubart et Marie-Thérèse Besson et dont le thème général est :

Et si nous parlions d'amour ?

Il est nécessaire de vous inscrire, une seule fois, pour la totalité du cycle. Il est possible de s’inscrire à tout moment au cours de l’été.

 

Pour vous inscrire cliquez Ici puis renseignez les informations demandées.

Le n° de loge et le grade ne sont pas obligatoires vous pouvez mettre des XXXX…..
Si vous souhaitez inscrire un(e) profane, vous mettez des « XXXX » dans les cases concernant des éléments maçonniques.

Vous recevrez un mail de confirmation d’inscription en retour avec un lien qui ne sera pas actif.

Chaque semaine, par mesure de sécurité vous recevrez un nouveau lien de connexion pour l’entretien du jeudi suivant.

 

Découvrez en cliquant ici l'ensemble du programme des Entretiens d'été 2023 du 29 juin  au 7 septembre sur le thème :
 
Et si nous parlions d'amour ?



 
Nous vous souhaitions un très bel été et vous embrassons bien fraternellement.

Alain Boccard
Président
 

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Publié le par Jean-François GUERRY
Image Lyon Man

Image Lyon Man

OÙ SONT LES PARENTS ?

 

Tradition, transmission deux mots chers aux Francs-maçons. Après le cri lancé par André Gide : Famille je vous hais ! Il y a un peu plus d’un siècle, force est de constater que les familles de son époque sont loin de celles d’aujourd’hui qui sont : décomposées, recomposées, redécomposées, explosées. Quand André Gide invitait ses lecteurs à se libérer de la famille, il fallait fuir la famille. Un siècle après on appelle au secours la famille. On est passé à famille je vous aime ! Comme un cri espoir.

Luc Ferry fait le constat que : « La famille est le seul lien social qui se soit enrichi. » Il poursuit : « La sphère privée doit devenir… la grande affaire publique de demain », comme une prémonition ! Dans l’esprit de Luc Ferry, il semble que cela ne soit pas bien sûr la famille à l’ancienne, celle honnie du Travail, famille, patrie du maréchal nous voilà ! Mais, il s’agit de la famille moderne caractérisée selon lui par trois ruptures vis-à-vis de la famille à l’ancienne.

  1. Le passage du mariage de raison au mariage d’amour.
  2. L’évolution de l’amour parental, au XVIIIème siècle l’enfant n’avait pas la même valeur qu’aujourd’hui. La mortalité infantile était grande, il était courant d’abandonner un enfant ou des enfants les familles étaient nombreuses et trop d’enfants n’étaient pas désirés. Aujourd’hui la mortalité infantile a considérablement diminué, les familles moins nombreuses et les enfants plus choyés.
  3. La naissance de la sphère d’intimité, chacun à sa chambre, son lieu d’intimité. On associe plus facilement le Nous et le Soi, chacun peut avoir son propre territoire.

Cependant Luc Ferry constate que sous le coup du mondialisme l’individualisme s’est développé dans la famille contemporaine, qu’elle se distend, parfois jusqu’à la déchirure sous les coups de l’égoïsme et de l’individualisme, jusqu’au manque de respect des anciens. Le Moi prend peu à peu le pas sur le Nous. C’est la naissance des enfants rois et tyrans qui deviennent hors de contrôle, c’est de notre faute, ils n’ont plus de repères car nous avons renoncés à dire franchement Non ou Oui, nous sommes dans médiété molle, dans le en même temps. Conséquence l’enfant n’a plus de repères. C’est un phénomène qui atteint toute la société, et pourtant c’est encore la famille et seulement la famille qui permet à la société de se tenir debout.

Suite aux émeutes violentes récentes, perpétrées par des enfants déconnectés du réel, sans repères, Alain Bauer professeur de criminologie, enseignant, ancien Grand Maître du G O D F, écrivain, essayiste, et qui a été consulté par tous les responsables politiques depuis plusieurs années. Dans une interview récente, il fait le constat réaliste mais alarmant, que les récentes émeutes vont se reproduire. Que l’état n’a plus le contrôle et est incapable de résoudre le problème, il est trop tard. La seule issue, selon lui il faut aider les familles et plus particulièrement les mères de famille, qui en ont besoin. Pour l’état réagit dans l’instant minimal, et la société peut prendre deux orientations : soit nous allons vers « un ordre criminel » selon ses propres mots, c’est-à-dire le règne des bandes, des gangs comme à Haïti. Ou soit « un ordre autoritaire puissant » dirigé par les extrêmes. Dans un cas comme dans l’autre la principale victime sera la liberté et la démocratie.

D’après lui, on ne manque ni de lois, ni d’effectifs de police, ni de volonté de la justice. Les deux seuls problèmes, ce sont : le manque de courage pour appliquer les lois qui sont pourtant votées et le deuxième problème, c’est : la lenteur de la justice. Il faut se mettre en capacité de faire respecter les lois existantes et de rendre la justice et l’application des sanctions rapidement comme cela existe dans certains pays du nord de l’Europe. Ou alors, il faudra non plus 40 000 policiers mais 80 000 pour les prochaines émeutes, et des milliers de places de prison en plus, est-ce raisonnable et possible ?

La préconisation d’Alain Bauer, c’est de faire descendre les mères dans la rue en même temps que les maires. Les mères sont les seules capables de sauvés encore les plus jeunes de leurs enfants, il faut absolument les aider. Il rajoute que les représentants de l’état seraient bien inspirés en mettant de la rareté et de la distance dans leurs paroles, leurs expressions.

Je ne puis m’empêcher de penser que son parcours initiatique au sein de la Franc-maçonnerie, lui a sans doute inspiré ces paroles de sagesse, en prise avec le réel. Les Francs-maçons apprennent la valeur du silence, qui permet de Savoir, Connaître et Agir fermement en toute humilité. Ils savent aussi, que quand il n’y a plus d’espoir, il reste encore l’espérance. Aujourd’hui les mères sont notre espérance.

 

                                                     Jean-François Guerry.   

Familles ! je vous hais !
 foyers clos ; portes
refermées ; possessions
 jalouses du bonheur.
Gide, Les Nourritures terrestres.

 

Nous ne pouvons pas nier que c’est au sein de la famille et par elle que nous devenons des individus. La famille (avec l’école aujourd’hui) est de ce point de vue une institution éducative incontournable

En savoir plus : https://www.cafephilosophia.fr/sujets/familles-je-vous-hais/

HUMEUR : L'ESPÉRANCE DES MÈRES

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Publié le par Jean-François Guerry
RECENSION : CAHIER DE L'ALLIANCE N°15- La Franc-maçonnerie de Tradition une fraternité pour notre temps Part I

RECENSION : CAHIER DE L’ALLIANCE N°15- LA FRANC-MAÇONNERIE DE TRADITION- UNE FRATERNITÉ POUR NOTRE TEMPS. Part I.

 

Dans ce numéro spécial, comme d’habitude la qualité est au rendez-vous. Je confirme ce que je disais il y a maintenant quelques années (Voir page 4 du Cahier de l’Alliance) : « Cette revue mérite de figurer en bonne place dans les bibliothèques des sœurs et des frères, mais aussi dans celles de tous ceux qui sont des chercheurs de lumière. » Grâce à l’engagement, la persévérance de l’équipe éditoriale et des nombreux contributeurs de qualité, cette revue est devenue une des revues éponymes de la Franc-maçonnerie de Tradition.

Ce numéro spécial consacré à la Franc-maçonnerie de Tradition, s’ouvre sur une réflexion de Fred Picavet Grand Maître de l’Alliance Maçonnique Française par son Avant-propos au titre sous la forme interrogative : Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas ? En effet de l’affirmation de André Malraux, l’on est passé de la certitude de Malraux au doute, les événements de ces jours-ci renforcent ce doute ! À force de parler des hommes en termes d’objets et de chiffres, si l’on ne peut nier notre condition d’étants, on ne peut ignorer que nous sommes avant tout des êtres. À force d’encourager l’avoir au profit de l’être, à force de ne parler que des valeurs en terme monétaire, on a oublié les Valeurs morales et les Vertus qui font l’homme véritable et libre. Ainsi le mouvement de l’équerre et du compas semble s’être inversé, tout en s’éloignant du Volume de la Loi Sacrée. Dans notre société occidentale, où les dirigeants du monde sont plus à l’écoute des représentants de la finance, de l’industrie, de l’énergie que de leurs citoyens, peu à peu l’esprit laisse place à la matière. L’utopie de la Franc-maçonnerie qui veut faire croître l’esprit dans la matière est mise à mal, est-elle hors sol ? Peut-elle encore donner un sens et du sens à notre vie ? Personnellement, je pense que nous avons notre part de responsabilité dans cet état des lieux.

Nous avons trop recouvert du voile du secret, puis pudiquement de l’alibi de la discrétion, nos travaux leur sens et leur possible potentiel d’amélioration pour l’homme et la société. Nous avons trop souvent courbé la tête, comme si nous étions atteints d’une maladie contagieuse honteuse. Combien d’entre-nous osent dire j’en suis et j’en suis fier ? La lumière de notre foi maçonnique serait-elle si faible que nous n’osions en parler ? J’ai souvent aussi entendu : on ne donne pas de la confiture aux cochons. Bien sûr tout le monde n’est pas disposé ou prêt à recevoir la lumière de l’initiation, mais je prends le pari que ceux qui peuvent y prétendre et qui sont sincères sont bien plus nombreux que nous voulons le croire. Et qui serais-je pour juger ma sœur ou mon frère ? Entre un prosélytisme débridé et le recrutement obscène par voie d’annonces comme vu récemment sur certains sites, et l’approche fraternelle de ceux qui nous sont proches il y a un grand écart. Je considère qu’il est de notre devoir à la fois de ne pas faire la course en tête aux effectifs, j’ai plus de respect pour le coureur qui monte jusqu’aux cols avec persévérance et méthode, que pour le sprinter que ne vise que la ligne d’arrivée. Notre devoir de fraternité est de tendre la main à tous ceux qui frappent à la porte du temple, d’examiner leur motivation et leur sincérité et d’en faire de nouveaux frères qui assureront la transmission de notre Tradition. Serions-nous assez ingrats pour ne pas donner ce que nous avons reçu pour le partager.

Fred Picavet avec la réserve qui se doit eu égard à ses responsabilités, déplore un certain plafonnement du nombre de Frères qui atteint toutes les obédiences maçonniques, qui peinent à maintenir le nombre de leurs frères. Les obédiences ont sans doute une responsabilité en voulant pendant un temps faire du nombre au détriment du travail en loge. Ce qui aboutit à du recrutement de frères qui renient trop souvent leurs multiples serments, en étant trop souvent absents en loge pour des prétextes fallacieux. L’initiation est un engagement sur le long terme, ce n’est pas une occupation, un loisir que l’on pratique quand on n’a rien d’autre à faire. C’est librement et de sa propre volonté que l’on demande à être initié. Ne pas être assidu en loge, c’est un manquement à la fraternité vis-à-vis de ses sœurs ou ses frères, c’est aussi un manque de dignité par rapport à soi-même. Bien sûr, loin de moi l’idée d’accabler ceux qui souffrent dans leur corps ou subissent des drames dans leur vie. Mais trop souvent l’on « s’excuse », en Franc-maçonnerie l’on rédige par écrit « une demande d’excuse », qui peut être prise en compte ou pas selon le motif.

Autre problème Fred Picavet regrette la confusion dans les travaux de loge entre savoirs et Connaissance. À mon avis si les savoirs sont nécessaires pour le combat contre l’ignorance, pour la libération de l’esprit de l’homme donc sa liberté tout court. Ils ne sont que les pierres de bases de la construction, le haut de l’édifice est bien au-dessus. En montant sur les épaules des grands initiés l’on voit mieux l’horizon et le but de sa vie. Les pensées et les mots justes viennent plus aisément, notre esprit s’ouvre sur la sublime intelligence du cœur, voie de la vraie Connaissance. La Franc-maçonnerie, n’est ni un concours d’éloquence, ni un cénacle d’intellectuels où l’on apprend pour seulement apprendre et savoir. Un lieu ou des pseudos s’affrontent dans des joutes aussi théoriques ou le cœur est absent. Ce qui illumine les loges et rapprochent les sœurs et les frères, c’est la transmission de la Tradition avec la pureté du Rite qui véhicule les vertus les plus pures les plus universelles. Une loge se conforte et vit des émotions, des sentiments des engagements, des actions des sœurs et des frères qui la compose. Quand l’intime, le cœur de chacun s’ouvre le partage de la Tradition se réalise et se métamorphose dans cet athanor mystérieux. Chacune, chacun devient humblement un rayon de la lumière de la Tradition. Les sœurs et les frères se nourrissent ensemble dans le partage des vertus communes issues de la Tradition. Dans une société de l’aridité, de la sécheresse matérielle, de l’ambition, de la compétition, la Tradition reste un phare qui donne illumine le chemin de l’espérance. Alors longtemps encore, comme depuis plus de 300 ans, la beauté de la voie initiatique spirituelle de la Franc-maçonnerie et le ciment de la fraternité fera couler des larmes d’amour dans le cœur des sœurs et des frères.

Dans un paysage assombrit par les nuages, Fred Picavet voit un soleil qui se lève au point du jour, c’est l’engagement de plus en plus important des femmes nos sœurs qui entrent dans les loges et travaillent à la transmission de cette Tradition spirituelle et humaniste. Il écrit avec Louis Aragon : « La femme est l’avenir de l’homme ». J’abonde dans ce constat, il suffit de lire d’autres Cahiers maçonniques, je pense aux Cahiers Bathilde Vérité qui regroupent les Travaux de la Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge Féminine de France.

Pour clore ce premier article sur la recension du 15ème Cahier de l’Alliance. Je voudrais simplement exprimer ma gratitude fraternelle aux frères qui travaillent à l’élaboration et la rédaction des Cahiers de l’Alliance. Ils sont des porteurs d’étoiles qui éclairent le chemin de la Connaissance pour tous les chercheurs de lumière. Ils sont des fontaines de jouvence où l’on s’abreuve, je l’avoue humblement pour ma part, je reçois à chaque fois largement mon salaire. C’est toujours avec impatience que j’attends le messager aux semelles de vent qui déposera dans ma boîte à lettre le dernier Cahier de l’Alliance c’est devenu pour moi une tradition. J’ai donc ce bonheur et je vous encourage donc à profiter aussi de ce bonheur.

                                            Jean-François Guerry.

juin 2023

La Franc-maçonnerie de Tradition

une fraternité pour notre temps

Pour leur 5ème anniversaire, les « Cahiers de L’Alliance » proposent un numéro spécial consacré à la Franc-maçonnerie initiatique de Tradition, son évolution et son avenir.

Ce numéro accueille, en ouverture, une importante contribution de Roger Dachez ; il questionne le futur et met en perspective le cas français avec l’évolution des Franc-maçonneries partout dans le

monde. Cela le conduit à réfléchir aux notions de régularité, de mixité, de relations inter- obédientielles... et à s’interroger : « Ce que les francs-maçons transmettent depuis plus de trois siècles, se trouvera-t-il encore des hommes – et des femmes – pour le désirer demain ? »

Au fil d’un sommaire particulièrement dense, seront abordés le sens de l’initiation et de la fraternité au XXI° siècle, l’écosophie dans les grands enjeux de notre temps, le langage poétique au cœur de l’expérience spirituelle...

Nous vivons aujourd’hui une période de rupture civilisationnelle, dans la modernité tardive qui a coupé l’homme de la Tradition et retranché toute vie intérieure. Dernière voie initiatique pour l’Occident, la Maçonnerie a la responsabilité de la transmettre dans tout son éclat. L’ordre maçonnique en est garant, dans un idéal et une pratique de fraternité authentique réaffirmés.

Un numéro de référence à découvrir !

Au sommaire

Fred PICAVET - Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ?
Roger DACHEZ – L’avenir de la Franc-maçonnerie en France
François-Xavier TASSEL - La Franc-maçonnerie comme renaissance
Francis BARDOT – La Franc-maçonnerie initiatique de Tradition : discerner l’éternel

au sein du changement
Gaston-Paul EFFA - Le langage poétique à la source de la spiritualité
Jacques di COSTANZO - Intégration de la démarche initiatique dans le XXIe siècle Gérard BOSSU, Christian HUGLO, Alain JUILLET - L’écosophie au cœur de la Franc-

maçonnerie traditionnelle
Gaël de KERRET - De l’écologie à l’écosophie
Jean DUMONTEIL - Une fraternité maçonnique pour notre temps

« Cahiers de L’Alliance » n°15, La Franc-maçonnerie de Tradition, Ed Numérilivre, Paris, juin 2023, 140 pages, 20 €. – abonnement un an, 3 numéros, 48 €.

A commander sur www.eosphoros.fr ou www.numerilivre.fr
Au rythme de 3 numéros par an, les « Cahiers de L’Alliance » sont édités par la Loge nationale de

recherche de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.
Directeur de la rédaction : Jean DUMONTEIL - Rédacteur en chef : Jean-Claude TRIBOUT

ABONNEMENTS trois numéros par an pour 48 € frais de port compris.

 

GL-AMF CAHIERS DE L'ALLIANCE - 8 rue Gesnouin - 92110 CLICHY.
ou sur 

 

www.numerilivre.fr

 

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RECENSION : CAHIER DE L'ALLIANCE N°15- La Franc-maçonnerie de Tradition une fraternité pour notre temps Part I
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Publié le par Jean-François Guerry
La vérité sortant du puits avec son martinet pour châtier le monde. de Jean-Louis Gérôme.

La vérité sortant du puits avec son martinet pour châtier le monde. de Jean-Louis Gérôme.

LA QUESTION DE LA VÉRITÉ

La recherche de la vérité est la recherche des causes premières. Quand vérité et beauté se superposent elles deviennent des obstacles au mensonge. C'est pourquoi la parole poétique nous émeut toujours, elle est porteuse de vérité.

 

Parmi les philosophes modernes Martin Heidegger dans Être et Temps, repense la question de la vérité, de l’essence de la vérité. Cette vérité qui a été questionnée depuis la Grèce archaïque par les présocratiques. Elle est donc un concept traditionnel, permanent dans l’espace et le temps. Un concept à la fois polymorphe et unique dans son essence. Un rapport entre l’idée et la chose qui conduit à un jugement. Le concept s’est cependant transformé et métamorphosé au fil du temps. Heidegger a recherché le sens originaire de la vérité – l’Alètheia, déesse grecque de la vérité équivalent de la déesse romaine Veritas. C’est Parménide qui dans son poème la nature opposa le domaine d’Alètheia la vérité à l’opinion la doxa. Il y a donc quelque chose de Sacré et de divin dans l’origine de la vérité. Heidegger y voit autre chose qu’un concept de relation, mais plutôt un surgissement en soi, je dirais dans notre conscience. C’est la vérité sortant du puits, Nec Mergitur. Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité en votre âme et conscience ?

La vérité si l’on considère qu’elle est une, c’est-à-dire universelle, infinie, nous étants finis comment pourrions-nous la connaître ? Alors que l’infini l’absolu est inaccessible à notre raison d’étants finis. On s’arrange alors ? Ou mieux l’on entreprend la quête de la vérité, en étant conscient que l’on ne pourra jamais l’atteindre, au mieux la concevoir, c’est pourquoi l’on ne profane pas le nom de Vérité pour les choses humaines. Mais notre désir de savoir, connaître et agir nous met sur le chemin de la Vérité. Ayant dépassé le désespoir, nous sommes dans l’espérance de la connaître un jour fut-ce à la porte de l’orient éternel. Alors l’on fait humblement les premiers pas, après être passé par la porte basse. On épèle les premiers mots, l’on pénètre à l’intérieur de nous-mêmes, pour déceler la part infime de lumière et de nous vérité qui nous habite. Mieux éclairer nous poursuivons notre quête de l’inaccessible étoile, insatiables Don Quichottes, l’épée de justice en main, en soldat de l’universel avec la rose de l’amour posée au centre de notre cœur. Puisque nous avons été glorifiés par le laurier et l’olivier et que notre regard s’est tourné vers les hautes sphères de la connaissance et de la spiritualité. Nous avons la chance de travailler et de persévérer à la recherche de la Vérité, grâce à l’art royal autre nom de la Franc-maçonnerie, une institution qui ne met aucun obstacle à la recherche de la Vérité. Je cite encore Martin Heidegger à propos de l’art : « Dans l’œuvre d’art, la vérité de l’étant s’est mise en œuvre. L’art est la mise en œuvre de la vérité. » Les artistes, les poètes sont sensibles à la vérité, ils ont plus que d’autres la propension à se détacher de la matérialité ou la capacité de mettre de l’esprit dans la matière. C’est bien connu le poète a dit la vérité… Doit-il être condamné ou respecté, pour sa dignité ?

Si j’ai choisi aujourd’hui de centrer ma réflexion sur Martin Heidegger à propos de la vérité. C’est parce que ce philosophe, parfois controversé pour ses prises de positions politiques souvent mal comprises. C’est parce qu’il met particulièrement en relief la différence en l’Être et l’étant. L’Être apparaissant comme lumineux, comme une source spirituelle, fondamentale et infinie. Une source innommable, un principe créateur infini sans nom et qui a tous les noms à la fois. Il est ce qui au-delà de la raison illumine le chemin de la vérité qui nous donne la liberté. Si cela reste énigmatique, insondable pour le profane, pour l’initié qui élève sans cesse sa conscience, qui chemine vers la vérité à la recherche du sens de sa vie, il peut espérer sinon connaître la vérité tout du moins la concevoir même si ce n’est qu’une parcelle. C’est ce sentiment de plénitude qui permet parfois, ne serait-ce qu’un instant de se regarder en face dans le miroir, sans pourtant avoir la vanité de croire que l’on est certain d’avoir atteint la lumière de la vérité, cette grande Lumière ne commence qu’à paraître. Martin Heidegger dit aussi : « Seuls les commencements sont beaux ». Ils permettent au chercheur de passer progressivement des ténèbres à la Lumière.

                                    Jean-François Guerry.

 

Citation en introduction des articles du numéro 208 de Points de Vue Initiatiques – La Revue de la Grande Loge de France.

« L’essence cachée de l’univers n’a pas de force qui puisse résister à l’amour de la vérité. » Hegel- Encyclopédie des sciences philosophiques. 1817.

LA REVUE DE LA FRANC-MAÇONNERIE PAR LA GLDF
 

 

La revue Points de Vue Initiatiques

Points de Vue Initiatiques (PVI) est la revue trimestrielle de la Grande Loge de France. Chaque numéro (de 120 pages environ, format 18 x 24 cm) est rédigé par des auteurs francs-maçons, à l’exception de quelques invités. Notre magazine a pour but de vous accompagner dans votre démarche d’initiation à la franc-maçonnerie de tradition, vous aider dans votre réflexion et vous éclairer dans vos travaux. 

Le premier numéro de la revue Points de Vue Initiatiques a été publié en 1965. C’était alors la première édition par la GLDF qui s’adressait aussi bien aux francs-maçons qu’aux profanes. Mais l’histoire des revues publiées par notre obédience est encore plus ancienne, avec les Cahiers de la Grande Loge de France ou encore les bulletins intérieurs d’avant-guerre.

 

Les sujets d’études et de discussions

Aujourd’hui, la revue trimestrielle de la GLDF rassemble les meilleurs textes contemporains sur l’initiation, le symbolisme, la philosophie et l’histoire de la franc-maçonnerie.

Nos auteurs et frères maçons emploient un langage clair et à la portée de tous pour faire de PVI un véritable outil de travail, au centre des débats et des recherches des francs-maçons et des non-initiés souhaitant s’élever spirituellement, moralement et intellectuellement.

Les auteurs n’abordent pas uniquement les enjeux de la pratique maçonnique française et ne se concentrent pas sur l’initiation en Grande Loge de France.

Au contraire, Points de Vue Initiatiques permet de s’intéresser à la spiritualité, au développement et à la philosophie en abordant des sujets variés, comme l’histoire de la franc-maçonnerie à travers le monde, les civilisations anciennes, parfois même les philosophies orientales.

Les réflexions de la franc-maçonnerie en revue

Chaque exemplaire de notre revue s’organise autour d’un grand sujet, cela peut être : 

  • Des thématiques chères à la pratique de la franc-maçonnerie : l’initiation, le perfectionnement, les rapports entre franc-maçonnerie et les religions.
  • D’importants sujets de sociétés : les nouvelles formes de spiritualités, la transmission aux générations suivantes…

Tous les numéros de Points de Vue Initiatiques débutent par un message du Grand Maître de la Grande Loge de France. Vous aurez ensuite l’occasion de découvrir de nombreux articles inédits autour de la thématique principale, abordée chaque trimestre.

Enfin, vous pourrez retrouver des rubriques récurrentes comme les Entretiens : des propos d’experts issus de secteurs variés, recueillis par nos frères des différentes loges maçonniques. Mais aussi des Portraits d’Initiés ou encore des rubriques comme l’Arrêt sur Image, l’Air du Temps, le Champ du Poète…

 

Acheter ou s’abonner à Points de Vue Initiatiques

LA VÉRITÉ EN POÈME -

En vérité…

Aimé CÉSAIRE
Recueil : "Ferrements"

la pierre qui s’émiette en mottes
le désert qui se blute en blé
le jour qui s’épelle en oiseaux
le forçat l’esclave le paria
la stature épanouie harmonique
la nuit fécondée la fin de la faim

du crachat sur la face
et cette histoire parmi laquelle je marche mieux que
durant le jour

la nuit en feu la nuit déliée le songe forcé
le feu qui de l’eau nous redonne
l’horizon outrageux bien sûr
un enfant entrouvrira la porte…

LE SILENCE OU LA VÉRITÉ
LA QUESTION DE LA VÉRITÉ, LA VÉRITÉ EN QUESTIONS

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Publié le par Jean-François Guerry
FICTION OU PAS ?
Photo de fsai sur Unsplash

FICTION OU PAS ?

 

Une légende raconte qu’il existait autrefois un pays de cocagne, une sorte de paradis sur terre où la nature abondante comblait ses habitants qui insouciants faisaient toujours la fête, de joyeux paresseux. Est-ce une fable ? C’était selon un fou chantant, un doux pays, avec une mer qui dansait le long des golfes clairs. Mais tout n’était pas rose dans ce monde de Ken et Barbie ! Les habitants travaillaient minimum 40 h par semaine, ils ne prenaient leur retraite qu’à l’âge de 65 ans, logique ils vivaient moins longtemps. Les jeunes reconnaissants envers la nation effectuaient 10 mois de service militaire. Ils respectaient leurs parents et leurs grands-parents, ainsi que leurs enseignants, ils avaient peur des gendarmes etc… Mais devant les injustices, ces contraintes intolérables, des voix s’élèvent, des barricades s’érigent et bientôt les pavés volent. La société changeait, il fut « interdit d’interdire », le progrès était en marche dorénavant « No Limit ». L’éducation se transforma annonçant l’heure ou bientôt les élèves apprendraient à leurs professeurs, avec le soutien de nombreux parents.

Personne ne contesta, car les enfants devenaient de plus en plus intelligents et donc ayant besoin de moins en moins d’éducation. Ils y avaient deux catégories les H P I (Haut potentiel intellectuel), et ceux victimes du TDAH (Trouble du déficit de l’attention). Donc, des parents béats devant l’intelligence de leur progéniture, qui pouvaient revendiquer de plus en plus de droits et de moins en moins de devoirs. Les autres parents accusant la société de ne pas prendre en compte leurs enfants victimes du TDAH.

Un professeur humaniste Jacques Le Goff constata que l’enfant était considéré à l’étroit : « Dans sa proche société, à l’école et partout en fait. » les enfants bridés comme dans une « camisole sociale ». Une référence à un vieux sage rêveur un promeneur solitaire. Qui opposa les valeurs et les vertus de l’homme libre, juste à une société par nature mauvaise et pervertie. Il fallait donc laisser les jeunes entièrement libres, pour qu’ils deviennent ce qu’ils sont réellement, « No Limit ». Ils devaient s’autoéduquer, transgresser sans savoirs et sans connaissances devenait la règle. Interdiction de punir au risque de traumatiser, il fallait toujours encourager les désirs sans limites.

Certaines voix isolées s’élevèrent, comme celle du pédopsychiatre Bernard Golse professeur d’université et praticien hospitalier il a osé dire : « La question des limites est centrale dans le développement de l’enfant. L’absence de toute interdiction est une impasse. Il faut un mélange équilibré d’écoute et de règles. » Étranges paroles dans la bouche d’un homme d’expérience de 73 ans, un vénérable qui participa sans doute à la révolution de mai 68. Selon lui, il faudrait donc renoncer au slogan « Il est interdit d’interdire ». Dire non, ne serait pas une injure à la liberté et au développement de l’enfant. Mais plutôt une contribution, une aide à l’enfant pour qu’il devienne ce qu’il est.

La tentation est grande de faire basculer brusquement le plateau de la balance dans l’autre sens et de chanter :

« Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau c’est la faute à Rousseau. Je ne suis pas notaire, c’est la faute à Voltaire. Je suis petit oiseau, c’est la faute à Rousseau. »

C’est donc toujours la faute aux autres, nous cherchons des boucs émissaires, c’est de notre faute de n’avoir pas su dire non, c’est de notre responsabilité. Si personne ne veut contraindre pour faire comprendre, alors l’homme redevient un barbare incapable de vivre en société, il redevient un simple animal ; pas l’animal social d’Aristote (4 Siècle av- JC), pensée reprise par Thomas d’Aquin et Montesquieu dans ses Lettres Persanes. Hannah Arendt est venue corriger et préciser cette pensée d’Aristote, elle indique que le terme social n’existant pas à l’époque d’Aristote, il convient selon elle de le remplacer par Politique. Ce qui en tout état de chose n’enlève rien au sens de la parole d’Aristote. L’homme politique ou social est celui qui est capable de vivre en harmonie dans la cité avec les autres, une condition impérative pour le bonheur, la justice, l’art, le droit et tout ce qui fait le vivre ensemble. D’où l’impératif des limites, des bornes pour que la société ne soit pas le chaos.

Les enfants doivent comprendre qu’ils ne sont pas tout et c’est de notre responsabilité de leur dire, pour qu’ils deviennent responsables de leurs actes, et n’accusent pas systématiquement les autres de leurs propres turpitudes. C’est les aider à savoir se gouverner eux-mêmes, avant de prétendre gouverner les autres et le monde. Comme le dit justement Jacques Le Goff (Professeur émérite des universités et humaniste) : « La fixation des limites ne relève pas de mon seul libre arbitre. Et c’est bien ainsi, car on ne grandit que contre ce qui résiste. »

Une société se construit, s’élève par l’éducation, la formation et l’expérience des limites. C’est de la responsabilité des parents, puis de l’éducation, et de la politique qui organise la société pour que l’ordre soit toujours préféré au chaos. Que l’harmonie règne, et que la joie soit dans les cœurs, est-ce cela le pays de cocagne, qu’il est notre responsabilité de construire ?

 

                                            Jean-François Guerry.

 

Une des sources : Bernard Golse, Jacques Le Goff- Point de vue- L’éducation, expérience des limites. Journal Ouest-France du Jeudi 29 juin 2023. Page 1.

Le numéro 208 de Points de Vue Initiatiques est paru.

Le thème de ce numéro est la vérité, un mythe ? J'ai remarqué une recension sur le PAROLES DE FRANCS-MAÇONS - Mémoires Maçonniques et Libertaires de Charles-Bernard Jameux.

L'auteur: Poète, historien de la Franc-maçonnerie, particulièrement attaché à l'art de la mémoire. Nous donne un livre en accord avec l'initiation maçonnique qui n'est pas un intellectualisme, ou une compilation de savoirs. Mais avant tout une expérience vécue dans les profondeurs de son intimité et révélée par la méthode spécifique de la Franc-maçonnerie une initiation personnelle dans un cadre collectif.

Ce livre est à la fois témoignage et transmission de ce vécu, qui peut être un encouragement pour tous les chercheurs de lumière a frapper à la porte d'un temple maçonnique. Un encouragement pour vivre sa vie autrement. Ce livre révèle aussi une lettre émouvante adressée à son fils sous forme d'un poème où le cisèlement des mots perce l'écorce pour atteindre le coeur. Ce livre dans son ensemble est un compas de l'esprit largement ouvert sur le monde.

Jean-François Guerry.
FICTION OU PAS ?

Quatrième de couverture :

Paroles de franc-maçon

Mémoires maçonniques et libertaires

Un père de famille et un franc-maçon partagent ce désir de transmission de la mémoire. Et quand l'un et l'autre ne sont qu'un, ces « Paroles de franc-maçon » nous racontent des expériences riches et intimes d'où jaillissent des fulgurances comme ce sentiment d'appartenance à cette âme universelle faite de « force, de sagesse et de beauté ». Pour parodier les Trois Mousquetaires, nous sommes Un et Tous.

Le parcours de Charles B. Jameux nous conduit à un rendez-vous avec nous-mêmes pour mieux nous ouvrir, donner et recevoir des autres qui ne sont, à bien y réfléchir, que des « autres nous-mêmes » . Car notre vie a un sens, celui que nous lui donnons si l'on sait prendre le temps de la réflexion, de l'échange, de l'éveil et de la bienveillance. Surtout, comme le propose l'auteur au fil de son aventure maçonnique de 45 ans, il entend partager sur le sens de sa vie avec les francs-maçons mais aussi avec des publics profanes.

Au fil des pages, un fil infini, ténu mais indestructible se tisse. Celui d'une franc-maçonnerie qui, comme la famille, est une construction qui sublime la réflexion et lui donne en quelque sorte ses lettres de noblesse spirituelles et cardiaques. Une franc-maçonnerie d'une voie et des voix de liberté où le vent des convictions familiales et libertaires souffle fort !

Avec ces « Paroles de franc-maçon » de Charles B. Jameux, il n'y a plus de paroles perdues. Mais des paroles qui nous invitent à nous trouver et pour certains d'entre-nous à nous retrouver.

Patrick Lelong

Charles-Bernard Jameux.
Charles-Bernard Jameux.
Charles-Bernard Jameux.
Charles-Bernard Jameux.

Charles-Bernard Jameux.

LA REVUE DE LA FRANC-MAÇONNERIE PAR LA GLDF
 

 

La revue Points de Vue Initiatiques

Points de Vue Initiatiques (PVI) est la revue trimestrielle de la Grande Loge de France. Chaque numéro (de 120 pages environ, format 18 x 24 cm) est rédigé par des auteurs francs-maçons, à l’exception de quelques invités. Notre magazine a pour but de vous accompagner dans votre démarche d’initiation à la franc-maçonnerie de tradition, vous aider dans votre réflexion et vous éclairer dans vos travaux. 

Le premier numéro de la revue Points de Vue Initiatiques a été publié en 1965. C’était alors la première édition par la GLDF qui s’adressait aussi bien aux francs-maçons qu’aux profanes. Mais l’histoire des revues publiées par notre obédience est encore plus ancienne, avec les Cahiers de la Grande Loge de France ou encore les bulletins intérieurs d’avant-guerre.

 

Les sujets d’études et de discussions

Aujourd’hui, la revue trimestrielle de la GLDF rassemble les meilleurs textes contemporains sur l’initiation, le symbolisme, la philosophie et l’histoire de la franc-maçonnerie.

Nos auteurs et frères maçons emploient un langage clair et à la portée de tous pour faire de PVI un véritable outil de travail, au centre des débats et des recherches des francs-maçons et des non-initiés souhaitant s’élever spirituellement, moralement et intellectuellement.

Les auteurs n’abordent pas uniquement les enjeux de la pratique maçonnique française et ne se concentrent pas sur l’initiation en Grande Loge de France.

Au contraire, Points de Vue Initiatiques permet de s’intéresser à la spiritualité, au développement et à la philosophie en abordant des sujets variés, comme l’histoire de la franc-maçonnerie à travers le monde, les civilisations anciennes, parfois même les philosophies orientales.

Les réflexions de la franc-maçonnerie en revue

Chaque exemplaire de notre revue s’organise autour d’un grand sujet, cela peut être : 

  • Des thématiques chères à la pratique de la franc-maçonnerie : l’initiation, le perfectionnement, les rapports entre franc-maçonnerie et les religions.
  • D’importants sujets de sociétés : les nouvelles formes de spiritualités, la transmission aux générations suivantes…

Tous les numéros de Points de Vue Initiatiques débutent par un message du Grand Maître de la Grande Loge de France. Vous aurez ensuite l’occasion de découvrir de nombreux articles inédits autour de la thématique principale, abordée chaque trimestre.

Enfin, vous pourrez retrouver des rubriques récurrentes comme les Entretiens : des propos d’experts issus de secteurs variés, recueillis par nos frères des différentes loges maçonniques. Mais aussi des Portraits d’Initiés ou encore des rubriques comme l’Arrêt sur Image, l’Air du Temps, le Champ du Poète…

 

Acheter ou s’abonner à Points de Vue Initiatiques

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Publié le
Un numéro spécial avec un article de Roger Dachez comme d'habitude après lecture je vous ferais une recension. Ce numéro est déjà disponible à la vente.

 

Jean-François Guerry.
Première de couverture

Première de couverture

VIENT DE PARAITRE-

juin 2023

La Franc-maçonnerie de Tradition

une fraternité pour notre temps

Pour leur 5ème anniversaire, les « Cahiers de L’Alliance » proposent un numéro spécial consacré à la Franc-maçonnerie initiatique de Tradition, son évolution et son avenir.

Ce numéro accueille, en ouverture, une importante contribution de Roger Dachez ; il questionne le futur et met en perspective le cas français avec l’évolution des Franc-maçonneries partout dans le

monde. Cela le conduit à réfléchir aux notions de régularité, de mixité, de relations inter- obédientielles... et à s’interroger : « Ce que les francs-maçons transmettent depuis plus de trois siècles, se trouvera-t-il encore des hommes – et des femmes – pour le désirer demain ? »

Au fil d’un sommaire particulièrement dense, seront abordés le sens de l’initiation et de la fraternité au XXI° siècle, l’écosophie dans les grands enjeux de notre temps, le langage poétique au cœur de l’expérience spirituelle...

Nous vivons aujourd’hui une période de rupture civilisationnelle, dans la modernité tardive qui a coupé l’homme de la Tradition et retranché toute vie intérieure. Dernière voie initiatique pour l’Occident, la Maçonnerie a la responsabilité de la transmettre dans tout son éclat. L’ordre maçonnique en est garant, dans un idéal et une pratique de fraternité authentique réaffirmés.

Un numéro de référence à découvrir !

Au sommaire

Fred PICAVET - Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ?
Roger DACHEZ – L’avenir de la Franc-maçonnerie en France
François-Xavier TASSEL - La Franc-maçonnerie comme renaissance
Francis BARDOT – La Franc-maçonnerie initiatique de Tradition : discerner l’éternel

au sein du changement
Gaston-Paul EFFA - Le langage poétique à la source de la spiritualité
Jacques di COSTANZO - Intégration de la démarche initiatique dans le XXIe siècle Gérard BOSSU, Christian HUGLO, Alain JUILLET - L’écosophie au cœur de la Franc-

maçonnerie traditionnelle
Gaël de KERRET - De l’écologie à l’écosophie
Jean DUMONTEIL - Une fraternité maçonnique pour notre temps

« Cahiers de L’Alliance » n°15, La Franc-maçonnerie de Tradition, Ed Numérilivre, Paris, juin 2023, 140 pages, 20 €. – abonnement un an, 3 numéros, 48 €.

A commander sur www.eosphoros.fr ou www.numerilivre.fr
Au rythme de 3 numéros par an, les « Cahiers de L’Alliance » sont édités par la Loge nationale de

recherche de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.
Directeur de la rédaction : Jean DUMONTEIL - Rédacteur en chef : Jean-Claude TRIBOUT

Par abonnement : GL-AMF – Cahiers de l’Alliance 8 rue Gesnouin 92110 – Clichy. Soit 3 numéros au prix de 48€ port compris.

Les anciens numéros : www.numerilivre.fr

Ou encore : chez EOSPHOROS : www.eosphoros.fr

UN NUMÉRO SPÉCIAL DES CAHIERS DE L'ALLIANCE

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Publié le par Jean-François Guerry
Angel Fajardo -

Angel Fajardo -

RECENSION : LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ- Angel Fajardo y Sorribes – Part III-

 

Angel Fajardo se propose avec son expérience de la pratique et la profondeur de sa réflexion sur le Rite Écossais Ancien et Accepté d’ouvrir les portes du Sacré et de la Spiritualité, afin d’offrir à chacun la possibilité dans le respect de ses convictions, une voie d’élévation de l’esprit afin de se construire et de construire un monde meilleur. De faire un pas, puis un autre vers la recherche de la Vérité. Une quête existentielle qui leur permettra de découvrir leur être intérieur et la force de transmettre leur expérience, l’auteur veut à la fois témoigner et faire son devoir.

C’est un travail d’historien, d’encyclopédiste, mais surtout d’acteur, où l’on sent l’émotion loin de la sécheresse intellectuelle, un travail d’homme qui encourage au travail. Il affirme, ne pas se fixer de limites à la recherche de la Vérité, un travail qui rend l’homme digne. Il marche ainsi dans les pas de Pic de la Mirandole le Phénix de la Renaissance qu’il cite avec justesse dans son travail. Il nous rappelle le beau discours de ce jeune homme qui embrassa tant de connaissances pour en restituer les meilleures valeurs dans son célèbre Discours sur la dignité de l’homme repris par l’auteur : « Mais vous n’avez pas de limites. Vous identifiez vos propres limites conformément à votre libre arbitre. Vous vous placerez dans le centre de l’univers, d’où il vous sera plus facile de maîtriser votre environnement. Je ne vous ai pas fait mortel ou immortel, ni de la terre ou du ciel, de telle sorte que vous pouvez vous transformer vous-mêmes en ce que vous voulez. » La force de cette pensée à la fois humaniste et spirituelle, irrigue le Rite Écossais Ancien Accepté et lui donne la capacité s’il est pratiqué avec persévérance de métamorphoser l’homme et de l’élever vers plus haut que lui-même. Cette ascension spirituelle prend force dans des racines ancestrales et universelles et ne peut se réaliser que grâce à des hommes qui par la pratique du Rite, leurs recherches incessantes et en montant sur les épaules de leurs Frères qui portent en eux les savoirs transmis de génération en génération dans l’espace et le temps. C’est pourquoi, il faut des porteurs d’étoiles, de lumière comme Angel Fajardo.

À chacun, à son rythme en toute liberté, de sa libre volonté, de regarder le fil à plomb, de faire le voyage de la périphérie au centre, de gravir les barreaux de l’échelle mystique. Car ces hommes, ont rivés au cœur leur foi maçonnique, après s’être élevés eux-mêmes avoir convertis leur regard, ils iront seuls en silence avec humilité vers les autres leurs frères les hommes dont ils ont compris qu’ils sont irrémédiablement, irrévocablement les gardiens.

Angel Fajardo, trace les lignes de force du Rite, cette marche qui conduit de la matière à l’esprit, comme un souffle qui pénètre la matière. L’auteur voit dans cette quête de sagesse, la nécessité de se rapprocher du principe créateur, ce Grand Architecte de l’Univers. La pratique du Rite met l’espérance dans le cœur des mystes, des candidats aux mystères, ainsi ils deviendront ce qu’ils sont réellement. Le Rite est à la fois fécondant et formateur. À cet instant, je pense à Socrate, image de la sagesse antique, dont est-ce un hasard ? La mère était Phénarète c’est-à-dire sage-femme et le père Sophronisque c’est-à-dire tailleur de pierre. Si l’on considère, que le Rite peut être, un guide spirituel il féconde l’être intérieur et permet sa formation.

J’ai aussi été intéressé par la référence de Angel Fajardo à Cicéron, celui que Stefan Zweig qualifiait de premier avocat de l’humanisme qui a écrit sur la nature des dieux. Cicéron qui qualifie ainsi Dieu : « (…) qui est en quelque sorte l’architecte d’un si grand ouvrage et veille à son entretien. » Créateur ex-nihilo ou pas, le débat n’est pas clos, grandeur et humilité, ce Grand Architecte qui permet souvent au monde et à l’homme se tenir debout, avec son rôle de rénovateur constant.

Angel Fajardo précise à l’usage des profanes, des jeunes maçons et même à ceux qui pensent savoir sans vraiment connaître un résumé de l’histoire du Rite et de ses événements fondateurs, qui ont permis son développement universel et sa pérennité. Il évoque les grades de perfection, qui permettent l’approfondissement des savoirs et de la Connaissance, ceux qui en sont les pierres ouvrières ont un devoir impérieux de transmission, avec amour et humilité.

L’auteur poursuit ensuite ses recherches sur les sources du sacré, d’abord dans la mythologie de la Mésopotamie, puis sur les bords du  Nil dans l’Égypte ancienne, en suivant les pharaons en partant du pied gauche. Il nous entraine ensuite Bible en main vers la tradition de l’ésotérisme de la Kabbale hébraïque. Son écriture est simple naturelle, il conçoit bien, donc il énonce clairement malgré parfois la complexité, ne cédant jamais à la vulgarisation. Il suscite, il suggère, à nous d’aller plus loin, plus haut, avec humilité, suivant notre désir.

Angel Fajardo, nous rappelle que plus nous nous élevons vers les hautes sphères de la Connaissance spirituelle grâce aux degrés du rite, plus nous pouvons concevoir l’idée de l’infini et de l’absolu, sans jamais l’atteindre totalement. Angel Fajardo, convoque René Descartes, sur le sujet de la Connaissance et de la Vérité : « Dieu doit être considéré comme une montagne qu’on ne peut pas saisir pour la prendre dans ses bras. » (R. Descartes – Méditations Métaphysiques 1641-)

Angel Fajardo poursuit sa quête des Racines du Rite avec la Bible et les mystères égyptiens, constatant que beaucoup de penseurs grecs de l’antiquité qui ont influencés la pensée occidentale ont séjournés sur les bords du Nil, il suggère que nos racines ont plongé dans le limon du Nil, à l’instar de l’alchimie présente aussi dans le Rite. Ce livre est humus fertile, qui révèle des Secrets qui mènent au Sacré en levant des voiles qui permettent l’accès à la Spiritualité en toute humilité vertu humaine bien pratiquée par l’auteur.

Je recommande la lecture de cet essai à tous les chercheurs de la Vérité, les analyses de l’auteur éclairent d’une lumière nouvelle, originale et originaire sur le Rite Maçonnique universel et donc vivant. Ce livre pour les initiés sera un moment de partage, et un enrichissement supplémentaire donc un perfectionnement de la Connaissance. J’ai pris beaucoup de joie à sa lecture

 

                                            Jean-François Guerry.    

À LIRE : Angel Fajardo y Sorribes- LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ACCEPTÉ.

 

Éditions CoolLibri.com  www.coollibri.com 241 pages Illustrations.

Prix : 28 €.

RECENSION : LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ- Angel Fajardo y Sorribes – Part III-
RECENSION : LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ- Angel Fajardo y Sorribes – Part III-

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Publié le par Jean-François Guerry
Blaise Pascal

Blaise Pascal

400 ANS ET TOUJOURS VIVANT !

 

Préambule :

Mon propos n’est pas de faire l’apologie de la religion catholique, ni même du prosélytisme en creux pour cette religion. Mais, il m’a paru intéressant de voir si les Pensées de Pascal pouvaient avoir encore du relief dans notre société. Après mes quelques lignes j’ai joint la lettre apostolique du Pape François Grandeur et misère de l’homme, parce qu’elle reprend un certain nombre de fragments des Pensées de Pascal.

Qui reste un personnage hors du commun.

                                    ----------------------------------

Le 19 juin 1623 Blaise Pascal naissait à Clermont aujourd’hui Clermont-Ferrand. Wikipédia le qualifie de polymathe, ce qui caractérise une personne aux connaissances variées et approfondies, plus particulièrement dans les arts et les sciences. L’approfondissement pour Pascal s’est traduit par plusieurs inventions. Il peut être classé dans la rubrique des génies précoces avec par exemple Pic de la Mirandole. S’il a consacré la première partie de sa vie principalement aux arts et aux sciences. J’ai noté un traité de géométrie prospective, qui pouvait laisser présager son intérêt pour plus grand que lui. En relisant quelques passages de ses Pensées, j’ai vite compris qu’il y avait encore beaucoup de choses à apprendre de sa vie et de son œuvre. Ainsi à 31 ans sa vie bascule, se transforme il vit une expérience mystique qualifiée de nuit de feu. Il se transforme devient un ascète persuadé que le chrétien est fait pour souffrir. Il souffrait d’ailleurs de lésions stomacales et cérébrales qui entraineront sa mort le 19 août 1662 à 39 ans. Après cette conversion sous l’influence de sa sœur il participe au mouvement des jansénistes qui se réfèrent à la doctrine sur la grâce de Saint-Augustin conçue comme la négation de la liberté humaine, on ne peut obtenir le salut que par la grâce divine. Les jansénistes, sont des rigoristes qui s’opposent au roi et à Rome et aux jésuites. Le haut lieu du jansénisme fût l’abbaye de Port-Royal où Jacqueline Pascal la sœur de Blaise Pascal était religieuse. Le mouvement janséniste va s’étioler et disparaître avec Vatican I.

Dans son édito de l’hebdo Marianne au titre de Pascal toujours devant… Jacques Juliard qui s’est défini un temps comme Catho-Proudhonien (mère catholique et père anticlérical), s’étonne de la distorsion entre les feuillets des Provinciales et les Pensées de Pascal, qui auraient pu être écrites par deux hommes différents. Les Pensées qui ne furent éditées qu’après la mort de Pascal sont encore sujettes à exégèse et réflexions. Si Pascal semble rabaisser la nature humaine, c’est pour mieux la relever et l’élever quand elle s’abîme dans la personne du Christ. Preuve que Pascal croit en l’homme et son potentiel de perfectionnement, qu’il n'en s’en remet pas exclusivement à la grâce divine. En quelque sorte il voit un chemin des ténèbres vers la Lumière, en suivant l’exemplarité du prophète Jésus le plus humble de tous ; dont l’ambition a été de venir au secours de l’humanité et ce jusqu’au sacrifice de sa vie. Cela démontre que Pascal n’était pas dogmatique.

D’ailleurs, aujourd’hui l’on observe d’une manière générale que le dogmatisme religieux, bien sûr si l’on exclut les intégrismes, à tendance au fil du temps à se réduire, il quitte peu à peu la sphère religieuse. Il s’empare du « marché », ils se dissimule derrière le pragmatisme, une pensée unique au service exclusif de l’économie et de la finance. Nous sommes dans une forme de rationalisme extrême tout à un prix dans notre société, une chose s’en prix ne vaut rien. L’on a renoncé au développement de l’intuition et de l’imagination, tout doit être fini et rationnel. Ou est passé l’intelligence du cœur de Pascal ? Ou est passé l’idée de l’infini et de l’absolu qui dépasse la raison ? Il n’en reste rien puisque tous les problèmes sont forcément résolus soit par un Power Point ou un tableau Excel. La croissance même de notre conscience est soumise à la compétition avec l’intelligence artificielle.

Revenons à Pascal, Jacques Julliard nous invite à la lecture de la lettre apostolique du Pape François à propos des 400 ans de Pascal, qu’il qualifie de remarquable. En effet elle exprime une ouverture spirituelle rare. Elle interroge dans le sillage des Pensées sur la place de l’homme dans la nature ; elle souligne une ouverture à l’humain et aux autres. Pascal homme de foi parle aux autres en dehors de toute doctrine. Dans le paragraphe Foi, amour, et liberté, le Pape en toute humilité écrit : « Nous devons comme chrétiens, nous tenir éloignés de la tentation de brandir notre foi comme une certitude incontestable qui s’imposerait à tous. » ou encore : « Parfois nous voyons mal, et par conséquent nous choisissons mal. »

J’ai retenu encore : « la réalité est supérieure à l’idée », car Pascal nous apprend à nous tenir éloigné des « diverses manières d’occulter la réalité. » depuis les « purismes angéliques, jusqu’aux intellectualismes sans sagesse. » Rien n’est plus dangereux qu’une pensée désincarnée.

L’on peut croire au ciel ou ne pas croire mais force est de constater que le chemin vers où nous dirige les Pensées de Pascal est chemin praticable pas tous, du moins tous ceux qui ressentent la force de l’infini et de l’absolu. Il y a de l’obscurité et il y a de la Lumière à chacun de choisir. La Foi et la Raison ne sont pas incompatibles, mais le plus souvent complémentaires. La phrase qui termine la lettre apostolique du Pape François sur Pascal est une invitation à mettre de la joie dans tous les cœurs, cela ma rappelle quelque chose...

                                            Jean-François Guerry.

LA LETTRE APOSTOLIQUE SUR BLAISE PASCAL


 

LETTRE APOSTOLIQUE
SUBLIMITAS ET MISERIA HOMINIS
DU PAPE FRANÇOIS
POUR LE QUATRIÈME CENTENAIRE DE LA NAISSANCE 
DE BLAISE PASCAL 

Grandeur et misère de l’homme forment le paradoxe qui se trouve au cœur de la réflexion et du message de Blaise Pascal, né il y a quatre siècles, le 19 juin 1623, à Clermont, dans le centre de la France. Dès l'enfance et tout au long de sa vie, il a cherché la vérité. Avec la raison, il en a tracé les signes, notamment dans les domaines des mathématiques, de la géométrie, de la physique et de la philosophie. Très tôt, il a fait des découvertes extraordinaires, au point d'atteindre une renommée considérable. Mais il ne s'est pas arrêté là. Dans un siècle de grands progrès en de nombreux domaines scientifiques, accompagnés d'un esprit de scepticisme philosophique et religieux croissant, Blaise Pascal s'est montré un infatigable chercheur de vérité qui, en tant que tel, reste toujours “inquiet”, attiré par de nouveaux et futurs horizons.

Cette raison, si pointue et en même temps si ouverte en lui, n'a jamais fait taire la question ancienne et toujours nouvelle qui résonne dans l'âme humaine : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, le fils de l'homme pour que tu prennes soin de lui ? » ( Ps 8, 5). Cette question est gravée dans le cœur de tout être humain, de tout temps et en tout lieu, de toute civilisation et de toute langue, de toute religion. « Qu'est-ce que l’homme dans la nature ? - se demande Pascal -. Un néant à l’égard de l'infini, un tout à l’égard du néant ». [1] Et en même temps, la question est là, dans ce psaume, au cœur de cette histoire d'amour entre Dieu et son peuple, histoire accomplie dans la chair du "Fils de l'homme" Jésus-Christ, que le Père a livré jusqu'à l'abandon pour le couronner de gloire et d'honneur au-dessus de toute créature (v. 6). À cette interrogation, formulée dans un langage si différent du langage mathématique et géométrique, Pascal ne s'est jamais fermé.

À l’origine, je crois pouvoir reconnaître chez lui une attitude de fond que j'appellerais une "ouverture étonnée à la réalité". Ouverture aux autres dimensions du savoir et de l'existence, ouverture aux autres, ouverture à la société. Par exemple, il est à l'origine, à Paris en 1661, du premier réseau de transports publics de l'histoire, les "carrosses à cinq sols". Si je mentionne cela au début de cette lettre, c'est pour insister sur le fait que ni sa conversion au Christ, surtout à partir de la "Nuit de feu" du 23 novembre 1654, ni son extraordinaire effort intellectuel pour défendre la foi chrétienne n'ont fait de lui un être isolé de son temps. Il était attentif aux problèmes les plus aigus de l'époque, ainsi qu'aux besoins matériels de toutes les composantes de la société dans laquelle il vivait.

Cette ouverture à la réalité a fait qu'il ne s'est pas fermé aux autres, même durant sa dernière maladie. C'est de cette époque, alors qu'il avait trente-neuf ans, que l’on rapporte ces paroles qui expriment l'étape finale de son parcours évangélique : « Si les médecins disent vrai, et que Dieu permette que je relève de cette maladie, je suis résolu de n’avoir d’autre occupation ni d’autre emploi tout le reste de mes jours que le service des pauvres ». [2] Il est touchant de constater que, dans les derniers jours de sa vie, un penseur aussi brillant que Blaise Pascal ne voyait pas d'autre urgence que de mettre son énergie au service de la miséricorde : « L'unique objet de l'Écriture est la charité ». [3]

Je me réjouis donc que la providence, en ce quatrième centenaire de sa naissance, me donne l'occasion de lui rendre hommage et de souligner ce qui, dans sa pensée et dans sa vie, me paraît propre à stimuler les chrétiens de notre temps et tous les hommes et femmes de bonne volonté dans la recherche du vrai bonheur : « Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. Ils tendent tous à ce but ». [4] Quatre siècles après sa naissance, Pascal reste pour nous le compagnon de route qui accompagne notre recherche du vrai bonheur et, selon le don de la foi, notre reconnaissance humble et joyeuse du Seigneur mort et ressuscité.

Un amoureux du Christ qui parle à chacun

Si Blaise Pascal peut toucher tout le monde, c’est notamment parce qu’il a parlé de la condition humaine de façon admirable. Il serait toutefois trompeur de ne voir en lui qu’un spécialiste des mœurs humaines, aussi génial fût-il. Le monument que forment ses Pensées, dont certaines formules isolées sont restées célèbres, ne peut se comprendre réellement si l’on ignore que Jésus-Christ et l’Écriture Sainte en constituent à la fois le centre et la clé. Car si Pascal a entrepris de parler de l’homme et de Dieu, c’est parce qu’il était arrivé à la certitude que « non seulement nous ne connaissons Dieu que par Jésus‑Christ, mais nous ne nous connaissons nous-mêmes que par Jésus‑Christ. Nous ne connaissons la vie, la mort que par Jésus‑Christ. Hors de Jésus‑Christ, nous ne savons ce que c’est ni que notre vie ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous‑mêmes. Ainsi sans l’Écriture, qui n’a que Jésus‑Christ pour objet, nous ne connaissons rien et ne voyons qu’obscurité ». [5] Pour qu’elle soit entendue par tous, sans être regardée comme une pure affirmation doctrinale inaccessible à ceux qui ne partagent pas la foi de l’Église, ni comme une dévaluation des compétences légitimes de l’intelligence naturelle, une affirmation aussi extrême mérite d’être éclairée.

Foi, amour et liberté

Nous devons, comme chrétiens, nous tenir éloignés de la tentation de brandir notre foi comme une certitude incontestable qui s’imposerait à tous. Pascal avait certes le souci de faire connaître à tous les hommes que « Dieu et le vrai sont inséparables ». [6]Mais il savait que l’acte du croyant est possible par la grâce de Dieu, reçue dans un cœur libre. Lui qui par la foi avait fait la rencontre personnelle du « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants », [7] avait reconnu en Jésus-Christ « le Chemin, la Vérité et la Vie » ( Jn 14, 6). C’est pourquoi je propose à tous ceux qui veulent continuer de rechercher la vérité – tâche qui en cette vie n’a pas de fin –, de se mettre à l’écoute de Blaise Pascal, un homme à l’intelligence prodigieuse qui a voulu rappeler qu’en dehors des visées de l’amour il n’y a pas de vérité qui vaille : « On se fait une idole de la vérité même, car la vérité hors de la charité n’est pas Dieu, et est son image et une idole qu’il ne faut point aimer ni adorer ». [8]

Pascal nous prémunit ainsi contre les fausses doctrines, les superstitions ou le libertinage qui tiennent tant d’entre nous éloignés de la paix et de la joie durables de Celui qui veut que nous choisissions « la vie et le bonheur », et non « la mort et le malheur » ( Dt 30, 15.19). Mais le drame de notre vie est que parfois nous voyons mal, et que par conséquent nous choisissons mal. En réalité, nous ne pouvons goûter au bonheur de l’Évangile « que si l’Esprit Saint nous envahit avec toute sa puissance et nous libère de la faiblesse de l’égoïsme, du confort, de l’orgueil ». [9] En outre, « sans la sagesse du discernement, nous pouvons devenir facilement des marionnettes à la merci des tendances du moment ». [10] C’est pourquoi l’intelligence et la foi vive de Blaise Pascal, qui a voulu montrer que la religion chrétienne est « vénérable parce qu’elle a bien connu l’homme » et « aimable parce qu’elle promet le vrai bien », [11] peuvent nous aider à progresser à travers les obscurités et les disgrâces de ce monde.

Un esprit scientifique exceptionnel

Lorsque sa mère meurt en 1626, Blaise Pascal est âgé de trois ans. Etienne, son père, juriste réputé, est également renommé pour ses dispositions scientifiques remarquables, en particulier dans les mathématiques et la géométrie. Décidé à faire seul l’éducation de ses trois enfants Jacqueline, Blaise et Gilberte, il s’installe à Paris en 1632. Très tôt, Blaise montre une intelligence exceptionnelle, et une grande exigence dans la recherche du vrai, ainsi que le rapporte sa sœur Gilberte : « Dès son enfance, il ne pouvait se rendre qu’à ce qui lui paraissait vrai évidemment ; de sorte que, quand on ne lui donnait pas de bonnes raisons, il en cherchait lui-même ». [12] Un jour, le père surprit son fils dans des recherches de géométrie et s’aperçut bientôt que, sans savoir que ces théorèmes existaient dans des livres sous d’autres noms, Blaise, âgé de douze ans, avait démontré entièrement seul, en dessinant des figures sur le sol, les trente-deux premières propositions d’Euclide. [13] Gilberte se souvient alors que leur père fut « épouvanté de la grandeur et de la puissance de ce génie ». [14]

Dans les années qui suivront, Blaise Pascal fera fructifier son immense talent en y consacrant sa force de travail. Dès l’âge de dix-sept ans, il fréquente les plus grands savants de son temps. Assez vite, se succèdent les découvertes et les publications. En 1642, âgé de dix-neuf ans, il invente une machine d’arithmétique, ancêtre de nos calculatrices. Blaise Pascal a cela d’extrêmement stimulant pour nous qu’il nous rappelle la grandeur de la raison humaine, et nous invite à nous en servir pour déchiffrer le monde qui nous entoure. L’ esprit de géométrie, qui est cette aptitude à bien comprendre le fonctionnement des choses dans leur détail, lui sera utile toute sa vie, ainsi que le relève l’éminent théologien Hans Urs von Balthasar : « Grâce à la précision de la géométrie et des sciences de la nature, il est capable d’atteindre à celle, toute différente, qui existe par exemple dans le domaine de l’existence et de la vie chrétienne ». [15] Cette pratique confiante de la raison naturelle qui le rend solidaire de tous ses frères humains en quête de vérité lui permettra de reconnaître les limites de l’intelligence elle-même et, en même temps, de s’ouvrir aux raisons surnaturelles de la Révélation, selon une logique du paradoxe qui fait la marque philosophique et le charme littéraire de ses Pensées : « L’Église a eu autant de peine à montrer que Jésus-Christ était homme, contre ceux qui le niaient, qu’à montrer qu’il était Dieu ; et les apparences étaient aussi grandes ». [16]

Les philosophes

Plusieurs des écrits de Pascal relèvent pour une large part du discours philosophique. En particulier ses Pensées, cet ensemble de fragments publiés à titre posthume qui sont les notes ou les brouillons d’un philosophe animé d’un projet théologique, dont les chercheurs s’attachent à reconstituer, non sans variations, la cohérence et l’ordre originaires. L’amour éperdu pour le Christ et le service des pauvres que j’ai mentionnés au début ne furent pas tant la marque d’une rupture dans l’esprit de ce disciple audacieux, que celle d’un approfondissement vers la radicalité évangélique, d’une progression vers la vérité vivante du Seigneur, avec le secours de la grâce. Lui qui avait la certitude surnaturelle de la foi, et qui la voyait si conforme à la raison, quoique la dépassant infiniment, a voulu pousser le plus loin possible la discussion avec ceux qui ne partageaient pas sa foi, car à « ceux qui ne l’ont pas, nous ne pouvons la donner que par raisonnement en attendant que Dieu la leur donne par sentiment de cœur ». [17] Évangélisation toute de respect et de patience que notre génération aura intérêt à imiter.

Il faut donc, pour bien comprendre le discours de Pascal sur le christianisme, être attentif à sa philosophie. Il admirait la sagesse des anciens philosophes grecs, capables de simplicité et de tranquillité dans leur art de bien vivre, comme membres d’une polis : « On ne s’imagine Platon et Aristote qu’avec de grandes robes de pédants. C’étaient des gens honnêtes et comme les autres, riants avec leurs amis. Et quand ils se sont divertis à faire leurs lois et leurs politiques, ils l’ont fait en se jouant. C’était la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie ; la plus philosophe était de vivre simplement et tranquillement ». [18] Malgré leur grandeur et leur utilité, Pascal discerne pourtant les limites de ces philosophies : le stoïcisme mène à l’orgueil, [19] le scepticisme au désespoir. [20] La raison humaine est sans aucun doute une merveille de la création, qui distingue l’homme d’entre toutes les créatures, car « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant ». [21]On comprend alors que les limites des philosophes seront tout simplement les limites de la raison créée. Car Démocrite avait beau affirmer : « Je vais parler de tout », [22] la raison ne peut, à elle seule, résoudre les questions les plus hautes et les plus urgentes. Quel est en effet, à l’époque de Pascal comme aussi de nos jours, le sujet qui nous importe le plus ? C’est celui du sens intégral de notre destinée, de notre vie, et de notre espérance, tendue vers d’un bonheur qu’il n’est pas interdit de concevoir comme éternel, mais que seul Dieu est autorisé à donner : « Rien n’est si important à l’homme que son état ; rien ne lui est si redoutable que l’éternité ». [23]

En méditant les Pensées de Pascal on retrouve, en quelque manière, ce principe fondamental : « La réalité est supérieure à l’idée », car il nous apprend à nous tenir éloigné des « diverses manières d’occulter la réalité », depuis les « purismes angéliques » jusqu’aux « intellectualismes sans sagesse ». [24] Rien n’est plus dangereux qu’une pensée désincarnée : « Qui veut faire l’ange, fait la bête ». [25]Et les idéologies mortifères dont nous continuons de souffrir dans les domaines économiques, sociaux, anthropologiques ou moraux tiennent ceux qui les suivent dans des bulles de croyance où l’idée s’est substituée au réel.

La condition humaine

La philosophie de Pascal, toute en paradoxes, procède d’un regard aussi humble que lucide, qui cherche à atteindre « la réalité éclairée par le raisonnement ». [26] Il part du constat que l’homme est comme un étranger à lui-même, grand et misérable. Grand par sa raison, par sa capacité à dompter ses passions, grand même « en ce qu’il se connaît misérable ». [27] Notamment, il aspire à autre chose qu’à assouvir ses instincts ou à leur résister, « car ce qui est nature aux animaux nous l’appelons misère en l’homme ». [28] Il existe une disproportion insupportable entre d’un côté notre volonté infinie d’être heureux et de connaître la vérité, et de l’autre côté notre raison limitée et notre faiblesse physique, qui aboutit à la mort. Car la force de Pascal est aussi dans son réalisme implacable : « Il ne faut pas avoir l’âme fort élevée pour comprendre qu’il n’y a point ici de satisfaction véritable et solide, que tous nos plaisirs ne sont que vanité, que nos maux sont infinis, et qu’enfin la mort, qui nous menace à chaque instant, doit infailliblement nous mettre, dans peu d’années, dans l’horrible nécessité d’être éternellement ou anéantis ou malheureux. Il n’y a rien de plus réel que cela, ni de plus terrible. Faisons tant que nous voudrons les braves : voilà la fin qui attend la plus belle vie du monde ». [29]Dans cette condition tragique, bien sûr, l’homme ne peut pas rester en lui-même, car sa misère et l’incertitude de sa destinée lui sont insupportables. Il lui faut donc se distraire, ce que Pascal reconnaît volontiers : « De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement ». [30] Car si l’homme ne se divertit de sa condition – et nous savons tous fort bien nous divertir par le travail, les loisirs ou les relations familiales ou amicales, mais aussi hélas par les vices auxquels portent certaines passions – son humanité éprouve « son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. [Et il sort] du fond de son âme l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir ». [31] Et pourtant le divertissement n’apaise ni ne comble notre grand désir de vie et de bonheur. Cela, tous, nous le savons bien.

C’est alors que Pascal pose sa grande hypothèse : « Qu’est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide et qu’il essaye inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant des choses absentes les secours qu’il n’obtient pas des présentes, mais qui en sont toutes incapables parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire que par Dieu même ». [32] Si l’homme est comme « un roi dépossédé », [33] qui ne tend qu’à retrouver sa grandeur perdue, et qui pourtant s’en voit incapable, qu’est-il donc ? « Quelle chimère est‑ce donc que l’homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige, juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers ! Qui démêlera cet embrouillement ? ». [34]Pascal, en philosophe, voit bien qu’à « mesure qu’on a de lumière, on découvre plus de grandeur et plus de bassesse dans l’homme », [35] mais que ces opposées sont inconciliables. Parce que la raison humaine ne peut pas les accorder, ni résoudre l’énigme.

C’est pourquoi Pascal relève que s’il y a un Dieu et que l’homme a reçu une révélation divine – ainsi que nombre de religions en font état –, et que cette révélation est véritable, là doit se trouver la réponse que l’homme attend pour résoudre les contradictions qui le torturent : « Les grandeurs et les misères de l’homme sont tellement visibles qu’il faut nécessairement que la véritable religion nous enseigne et qu’il y a quelque grand principe de grandeur en l’homme et qu’il y a un grand principe de misère. Il faut encore qu’elle nous rende raison de ces étonnantes contrariétés ». [36] Or, ayant étudié les grandes religions, Pascal conclut qu’« aucune forme de pensée, aucune pratique ascétique et mystique ne peut offrir de voie de rédemption », si ce n’est par « le critère supérieur de vérité qu’est l’illumination de la grâce ». [37] « C’est en vain, ô hommes - écrit Pascal en imaginant ce que le vrai Dieu pourrait nous dire - que vous cherchez dans vous‑mêmes le remède à vos misères. Toutes vos lumières ne peuvent arriver qu’à connaître que ce n’est point dans vous‑mêmes que vous trouverez ni la vérité ni le bien. Les philosophes vous l’ont promis et ils n’ont pu le faire. Ils ne savent ni quel est votre véritable bien, ni quel est [votre véritable état] ». [38]

Arrivé à ce point, Pascal, qui a scruté avec la force rare de son intelligence la condition humaine, et l’Écriture Sainte, et encore la tradition de l’Église, entend se proposer avec la simplicité de l’esprit d’enfance en humble témoin de l’Évangile. Il est ce chrétien qui veut parler de Jésus-Christ à ceux qui décrètent un peu vite qu’il n’y a pas de raison solide de croire aux vérités du christianisme. Pascal, au contraire, sait d’expérience que ce qui est dans la Révélation non seulement ne s’oppose pas aux requêtes de la raison, mais apporte la réponse inouïe à laquelle nulle philosophie n’aurait pu arriver par elle-même.

Pascal, la controverse et la charité

Avant de conclure, il me faut évoquer les rapports de Pascal avec le Jansénisme. L’une de ses sœurs, Jacqueline, était entrée en religion à Port-Royal, dans une congrégation dont la théologie était très influencée par Cornelius Jansen, dit Jansénius, lequel avait composé un traité, l’ Augustinus, paru en 1640. Après sa « nuit de feu », Pascal était venu faire une retraite à l’abbaye de Port-Royal, en janvier 1655. Or, dans les mois qui suivirent, une controverse importante et déjà ancienne opposant les Jésuites aux “jansénistes” qui étaient attachés à l’ Augustinus, se réveilla à la Sorbonne, l’université de Paris. La querelle portait principalement sur la question de la grâce de Dieu, et sur les rapports de la grâce et de la nature humaine, en particulier son libre-arbitre. Pascal, quoiqu’il n’appartînt pas à la congrégation de Port-Royal, et qu’il ne fût pas un homme de parti – « Je suis seul […], je ne suis point de Port-Royal », [70] écrira-t-il – fut chargé par les Jansénistes de les défendre, notamment parce que son art rhétorique était puissant. Il le fit en 1656 et 1657, en publiant une série de dix-huit lettres, dites Provinciales.

Si plusieurs propositions dites “jansénistes” étaient effectivement contraires à la foi, [71] ce que Pascal reconnaissait, il contestait qu’elles fussent présentes dans l’ Augustinus, et suivies par les gens de Port-Royal. Certaines de ses propres affirmations, néanmoins, ayant trait par exemple à la prédestination, tirées de la théologie du dernier saint Augustin, dont les formules avaient été affûtées par Jansénius, ne sonnent pas juste. Il faut toutefois comprendre que, comme saint Augustin avait voulu combattre au V e siècle les Pélagiens, lesquels affirmaient que l’homme peut, par ses propres forces et sans la grâce de Dieu, faire le bien et être sauvé, Pascal crut sincèrement s’attaquer alors au pélagianisme ou au semi-pélagianisme qu’il croyait identifier dans les doctrines suivies par les Jésuites molinistes, du nom du théologien Luis de Molina, mort en 1600 mais à l’influence encore vivace au milieu du XVII e siècle. Faisons-lui crédit de la franchise et de la sincérité de ses intentions.

Cette lettre n’est certes pas le lieu pour rouvrir la question. Toutefois, ce qu’il y a de juste mise en garde dans les positions de Pascal vaut encore pour notre temps : le néo-pélagianisme, [72] qui voudrait que tout dépende « de l’effort humain canalisé par des normes et des structures ecclésiales », [73] se reconnaît à ce qu’il « nous enivre de la présomption d’un salut gagné par nos propres efforts ». [74] Et il faut maintenant affirmer que l’ultime position de Pascal quant à la grâce, et au fait en particulier que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité » ( 1 Tm 2, 4), s’énonçait en termes parfaitement catholiques à la fin de sa vie. [75]

Comme je le disais au début, Blaise Pascal, à la fin de sa vie, brève mais d’une richesse et d’une fécondité extraordinaires, avait mis l’amour de ses frères à la toute première place. Il se sentait et se savait membre d’un seul corps, car « Dieu ayant fait le ciel et la terre qui ne sentent point le bonheur de leur être, il a voulu faire des êtres qui le connussent et qui composassent un corps de membres pensants ». [76] Pascal, à sa place de fidèle laïc, a goûté à la joie de l’Évangile, dont l’Esprit veut féconder et guérir « toutes les dimensions de l’homme » et réunir « tous les hommes à la table du Royaume ». [77] Alors qu’il compose sa magnifique Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies en 1659, Pascal est un homme pacifié qui ne se situe plus dans la controverse, ni même dans l’apologétique. Très malade et sur le point de mourir, il demanda à communier, mais cela ne se fit pas immédiatement. Il demanda donc à sa sœur : « Ne pouvant pas communier dans le chef [Jésus-Christ], je voudrais bien communier dans les membres ». [78] Et il « avait un grand désir de mourir en la compagnie des pauvres ». [79] « Il meurt dans la simplicité d’un enfant », [80] dit-on de lui peu de temps avant son dernier souffle le 19 août 1662. Après avoir reçu les Sacrements, ses dernières paroles furent : « Que Dieu ne m’abandonne jamais ». [81]

Puissent son œuvre de lumière et les exemples de sa vie si profondément baptisée en Jésus-Christ, nous aider à parcourir jusqu’au bout le chemin de la vérité, de la conversion et de la charité. Car la vie d’un homme est si courte : « Éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre ». [82]

Rome, Saint-Jean-de-Latran, le 19 juin 2023

FRANÇOIS

 

 

_________________________________________________________

[1] Pascal, Pensées, numérotation Lafuma, n. 199.

[2] G. Périer, Vie de M. Pascal, in Œuvres complètes, par M. Le Guern, I, Paris, 1998, p. 91.

[3] Pascal, Pensées, Laf., n. 270.

[4] Ibid., n. 148.

[5] Ibid., n. 417.

[6] Pascal, Entretien avec M. de Sacy, in Œuvres complètes, par M. Le Guern, II, Paris, 2000, p. 90.

[7] Pascal, Pensées ( Mémorial), Laf., n. 913.

[8] Pascal, Pensées ( Le Mystère de Jésus), Laf., n. 926.

[9] Exhort. ap. Gaudete et exsultate, n. 65.

[10] Ibid., n. 167.

[11] Pascal, Pensées, Laf., n. 12.

[12] G. Périer, op. cit., p. 64.

[13] Cf. ibid., p. 65.

[14] Ibid.

[15] « Pascal », in La Gloire et la Croix, Styles, II., Paris, 1972, p. 78. 

[16] Pascal, Pensées, Laf., n. 307.

[17] Ibid., n. 110.

[18] Ibid., n. 533.

[19] Cf. Pascal, Entretien avec M. de Sacyop. cit., p. 98.

[20] Cf. Pascal, Pensées, Laf., n. 208.

[21] Ibid., n. 200.

[22] Ibid., n. 199.

[23] Ibid., n. 427.

[24] Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 231.

[25] Pascal, Pensées, Laf., n. 678.

[26] Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 232.

[27] Pascal, Pensées, Laf., n. 114.

[28] Ibid., n. 117.

[29] Ibid., n. 427.

[30] Ibid., n. 136.

[31] Ibid., n. 622.

[32] Ibid., n. 148.

[33] Ibid., n. 116.

[34] Ibid., n. 131.

[35] Ibid., n. 613.

[36] Ibid., n. 149.

[37] H.U. von Balthasar, op. cit., p. 82.

[38] Pascal, Pensées, Laf., n. 149.

[39] Pascal, Pensées ( Mémorial), Laf., n. 913.

[40] Catéchèse, 3 juin 2020.

[41] Pascal, Pensées Mémorial), Laf., n. 913.

[42] Ibid.

[43]

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