Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Gravure du Champ Fleury. Large est la voie de la facilité, étroite est celle de la vertu, comme la porte basse.
DE LA MATIÈRE À L’ESPRIT- V.
Exister, c’est vivre, c’est dire oui à la vie, c’est avancer, c’est agir, accepter, adhérer. Pourtant faut-il tout accepter ? Ne rien refuser, ne rien se refuser, ne jamais s’indigner, craindre de succomber à la nostalgie. La rupture, la transgression peuvent êtres des moteurs pour une vie différente, oser un autre regard. Pour se construire, s’affirmer, il faut se placer entre les deux colonnes de l’entrée du Temple B et J et entrer par la voie difficile de la porte basse, au lieu de prendre les chemins fleuris de la facilité. Être capable de tout remettre sur l’ouvrage en permanence de tout remettre en question nos croyances, nos certitudes, nos formules, nos adhésions, nos appartenances, même nos cultures. Elles caractérisent notre individualité, nourrissent notre individualisme. L’essentiel est ce qui reste lorsque l’on a tout oublié, et ce qui reste c’est notre personne. Paul Ricoeur pensait l’homme en mêmeté et en ispséité, Levinas en altérité, aucun des deux en individu individualiste ne me semble-t-il, Levinas regarde le visage de l’autre y cherchant sa Totalité et son infinité, ne négligeant pas son extériorité.
Rompre, faire rupture avec moi-même, c’est aller vers soi-même et les autres, vers le monde. Aujourd’hui c’est un travail immense alors que tout s’organise en dehors de soi, pour flatter notre moi. Hier un économiste fin observateur du monde actuel affirmait notre problème c’est que nous n’allons pas assez vite ! Faut-il se mettre à courir et après quoi ? En effet, tout semble s’organiser en dehors de nous à grande vitesse : les machines, les masses, les pouvoirs, la bureaucratie et ce à l’échelle de l’humanité. À défaut de s’arrêter pour penser par soi-même, un instant, un moment, une heure, une heure seulement suppliait le poète Jacques Brel, pour être heureux et c… à la fois. Nous allons nous catégoriser en multitude d’individualités et nous serons soit : des héros romantiques désespérés en quête d’amour perdu ou impossible, soit des anarchistes intellectuels, soit des prophètes du malheur apocalyptique, ou pire encore des indifférents à tout et tous, partisans du tout pour moi rien pour les autres. Certains choisiront la voie délirante de l’absolu social, ou d’autres du libéralisme complaisant. Toutes ces forces destructrices nous mettent en état permanent d’alerte de peur, et finissent par nous faire préférer par exemple la sécurité au sacrifice de la liberté, la protection étatique monétisée au lieu de l’égalité et la fraternité humaine comme devoir comme don comme morale personnelle. Pourquoi tous ces assauts trouvent ils écho sur nous ? Parce que soumis la dictature de la matérialité, nous renonçons trop facilement à la transcendance de la spiritualité ‘ici et maintenant’. Parce que nous déléguons notre part de spiritualité à quelques clercs sensés vivre spirituellement à notre place, pour nous.
Le Franc-maçon l’a compris, lui qui dans sa loge est invité régulièrement à se placer entre les colonnes pour lutter en force. Il sait que l’amour est lutte ; la vie est lutte, contre la mort ; la vie spirituelle est lutte, contre l’inertie matérielle et le sommeil vital. La personne prend conscience d’elle-même non pas dans une extase, mais dans une lutte de force [1] Il ne s’agit pas bien sûr de la force brutale qui est puissance contre les autres. Mais de la force humaine intérieure, une force efficace spirituelle qui est pensée et action. Il ne peut y avoir de société d’ordre, de droit, de justice, d’équité sans force ; de cette Équité qui est Amour et spiritualise la force. L’harmonie, la paix de l’âme se trouve entre les deux colonnes qui représentent la Loi de Moïse et l’Amour de Jésus. La force spirituelle n’est pas un rêve puéril ou une utopie, elle n’est pas non plus violence matérialiste. Elle réalisatrice d’un être épris de justice et d’Amour.
Passer de la matière à l’esprit, ou de l’avoir à l’être, ou mettre plus d’esprit dans la matière. Toutes ces métamorphoses ontologiques sont consubstantielles à la Voie Maçonnique pour peu que l’on ait la volonté de la pratique quotidienne d’Exercices Spirituels tels que les pratiquaient les philosophes de l’antiquité. Qui ne se contentaient pas d’être des professeurs de philosophie, mais faisaient de leur philosophie un art de vivre, un art royal en étant les artisans de leur personne, faisant surgir à coup de maillet et de ciseaux le meilleur d’eux-mêmes enfouit dans leur âme agissant en animistes de l’esprit. Les exercices spirituels de ces philosophes sont comparables aux travaux maçonniques. Mais ne nous égarons pas leur premier souci du travail sur soi, (identique au travail du Franc-maçon) n’est pas un individualisme qui centre tout sur l’individu matière. Parce que l’individu est aussi une personne, c’est-à-dire matière et esprit. Sa partie personnelle spirituelle se sert en plus du maillet et du ciseau, de l’équerre morale et du compas de l’ouverture de l’esprit. C’est le compas de l’esprit qui permet à la personne de se décentrer pour s’ouvrir aux autres et au monde. Ce mouvement vers les autres caractérise la Voie Maçonnique, dès l’enfance du Maçon quand il est apprenti il pratique l’ouverture du cœur comme en témoigne sa première chaîne d’union où il reconnaîtra pour frères même ses ennemis d’hier. L’apprenti est comparable à un enfant d’un an, même s’il a déjà trois ans, il sort de sa vie végétative, il s’ouvre à la Lumière qu’il a reçu. Il tend les mains vers autrui, il regarde autrui. C’est au-delà de ses trois ans que son regard est plus éclairé par sa réflexion, il voit cependant l’autre comme un objet devant lui, une image. Ce n’est que par son parcours dans le monde entre les deux sphères qu’il peut envisager l’infini, l’universel et transformer son regard vers l’autre qui lui apparaît comme sujet et non objet. Il prend conscience que les autres sont ses compagnons, ceux avec qui il boit le vin de la Connaissance et partage le pain qui lui donne force et vigueur. Ce sont les autres qui lui donne conscience de l’universel, du commun, du partage. Il existe alors par autrui et pour autrui. Il fait l’expérience de la personne spirituelle qui est en lui, cette seconde personne qui est lui ce jumeau delumière disait dont parlaient les manichéens. Le tu, et en lui le nous, précède dès lors le Je ou moins l’accompagne, c’est la Voie qui nous est tracée, à nous, à moi de la prendre. C’est Voie est celle de l’altérité, de la fraternité dont l’horizon à atteindre est l’universel. Notre être matériel qui s’enferme dans ses pensées, s’enferme dans son moi. La personne, l’initié, cherche la clé qui ouvre la porte de l’être, il trouvera d’abord la clé d’ivoire organique, puis la clé d’Or du bâtisseur, et enfin la Clé spirituelle, celle qui fait de lui un chevalier du Soleil, un homme de lumière. Il ne peut plus dès lors s’égarer dans les labyrinthes de l’erreur, être sous la dictature de ses passions. L’alter qui est en lui a vaincu l’alienus, il est un être véritable, un homme vrai en toutes circonstances et être c’est aimer. La Franc-maçonnerie est spécifique dans le sens ou l’initiation individuelle quelle propose est réalisable que grâce au collectif, on ne possède que ce que l’on a reçu et que ce que l’on donne. L’ascèse maçonnique conduit progressivement à la dépossession de la matière, au délestage des scories, des écorces, des encombrants, comme le pèlerin sur le Camino qui au fur et a mesure allège le poids de son sac, pour ne garder que l’essentiel. On doit être libéré de la matière, pour être libre spirituellement et pouvoir espérer aider un peu les autres à se libérer par eux-mêmes. Plus l’esprit pénètre la matière, plus la pratique de la fraternité devient possible.
Jean-François Guerry.
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Éléments de réflexion non élitistes sur le welfare en économie de marché
"Les économistes sont au volant de notre société alors qu'ils devraient être sur la banquette arrière"
John M. Keynes
Cocorico ! Philippe Aghion devient notre 5ème Prix Nobel d'économie. Depuis Jean Tirole, couronné à Stockholm en 2014 et Esther Duflo en 2019, la France espérait une nouvelle récompense. Deux profils étaient en lice : Philippe Aghion et Thomas Piketty. Le Prix Nobel a préféré la croissance à l'impôt. Dans les cercles économiques, la récompense n'a pas surpris.
Economiste de profession et humaniste par vocation, j'ai toujours de la compassion pour les députés et les ministres qui peinent sur les subtilités des arcanes de la science économique lors de l'élaboration du Budget national. J'ai toujours considéré que plus un sujet est complexe plus il faut faire simple. Par exemple, pour comprendre les grands principes de l'économie de marché, il faut remanier quelque peu l'histoire de la Genèse.
Supposons que Ève dispose d'une pomme. On ne sait trop comment elle se l'est procurée. On sait seulement qu'elle estime l'utilité pour elle de cette pomme à 2 euros (on suppose que le Paradis a adhéré à l'euroland ...). Cela signifie que Ève est prête à céder sa pomme pour au moins deux euros. Au-dessous de ce prix, elle la garde. La pomme est considérée comme imputrescible - nous sommes encore dans le Paradis terrestre !
Adam a envie de cette pomme. Il est prêt à consacrer 4 euros à son achat. Autrement dit, l'utilité de cette pomme vaut pour lui au plus 4 euros. Au-delà de ce prix, il n'est pas disposé à l'achat. Dans ces conditions, le transfert de la pomme d'Ève à Adam améliore le bien-être -welfare pour les initiés- de la société formée par le couple Adam et Ève. Lumineux Isn't it !
Intéressons-nous au mode de transfert. Trois situations sont possibles :
§1 Eve perd la pomme, Adam la trouve par hasard. La perte de bien-être d'Eve est bien de 2 euros. Mais comme le gain d'Adam est de 4 euros, le résultat du transfert fait gagner deux euros au couple, c'est une amélioration. Mais il faut supposer que Ève ne reconnaisse pas sa pomme dans celle que détient Adam et ne cherche pas à la récupérer, de gré ou de force - ce qui occasionnerait des coûts.
§2 D'autorité la pomme est transférée d'Ève à Adam. On peut imaginer que Dieu, qui ne quitte pas des yeux le couple, ordonne ce transfert. Car, lisant dans les reins et les cœurs, il voit bien que la pomme est mieux valorisée dans les mains d'Adam que dans celles d'Eve et que par conséquent ce transfert améliore leur situation en tant que couple. À noter que seul Dieu peut être assuré d'un tel résultat. Car lui seul est capable de connaître les utilités respectives de la pomme pour Adam et Eve. Toute autre autorité extérieure au couple ne serait pas dans cette situation, et risquerait donc d'opérer un transfert qui n'aurait pas de résultat positif.
§3 Adam achète la pomme à Ève. À quel prix, cela ne peut être décidé a priori. Tout va dépendre du pouvoir de négociation et de l'astuce des deux partenaires à l'échange. Si Eve devine que Adam est prêt à mettre 4 euros sur la table pour obtenir la pomme, alors elle va refuser de la lui vendre tant que ce prix ne sera pas atteint. De même, si Adam sait qu'Ève est prête à lâcher prise pour 2 euros, alors il va manœuvrer de sorte à ne pas payer une somme supérieure. Toute personne habituée au marchandage dans les bazars sait bien à quel point la psychologie de l'acheteur et du vendeur joue un rôle important dans la fixation du prix qui permet de conclure l'affaire. Il faut bien voir que ce qui est en question, c'est le partage du surcroît de bien-être entre les deux partenaires. Si Ève parvient à vendre à Adam la pomme pour 4 euros - le prix maximum qu'est prêt à mettre son partenaire -, son gain de bien-être est de 2 euros : les 4 euros qu'elle reçoit d'Adam moins les 2 euros qu'elle perd en lâchant la pomme. C'est elle qui capte la totalité du surcroît de bien-être apporté par l'échange. Dans ce cas limite, la situation d'Adam ne s'améliore pas. Inversement, si la pomme est vendue 2 euros, la totalité du surcroît sera captée par Adam, la situation d'Eve restant constante. Le même surcroît de 2 euros serait partagé moitié-moitié si le prix s'établissait à 3 euros. Pour Eve, son bien-être s'améliore de 1 euro puisqu'elle vend 3 euros une pomme qu'elle valorisait 2 euros. Et Adam gagne lui aussi 1 euro, puisqu'il obtient pour 3 euros une pomme qu'il valorise 4 euros. Dans tous les cas de figure, quel que soit le prix auquel se fait l'échange, le transfert améliore la situation d'au moins un des partenaires, la situation de l'autre restant identique. Les deux cas limites étant exceptionnels, on peut considérer que le prix va probablement s'établir entre 2 et 4 euros, chacun des partenaires gagnant à l'échange.
À noter que, dans tous les cas, on parvient à modifier la situation du bien-être du couple avec la même pomme, simplement en changeant la pomme de place.
Et Dieu dans tout cela ? S'il a favorisé l'échange au §2, c'est qu'il avait peut-être une idée derrière l'auréole. Ce bien-être, cet excédent de bonheur ne méritait-il pas d'être taxé ? Ce fut l'avènement de la TVA., taxe dont les méfaits sont largement décrits dans le Livre de l'Exode.
YANN
LES LUMIÈRES DU PASSÉ POUR VIVRE AU PRÉSENT ET ÉCLAIRER L'AVENIR
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LA FRANC-MAÇONNERIE NE VOTE PAS, NE SOUTIENT PAS ET NE DONNE PAS D’AVIS
Un message aux non-maçons
Depuis quelque temps, j’observe avec une certaine préoccupation la manière dont la franc-maçonnerie est présentée au public, et cela me dérange profondément.
En parcourant divers propos ou publications, j’ai souvent l’impression qu’une volonté persiste à enfermer la Franc-Maçonnerie dans une image ou une catégorie qui ne correspond en rien à sa véritable nature.
« La Franc-Maçonnerie soutient le candidat X »,
« La Franc-Maçonnerie revient en force avec des liens au gouvernement »,
« Un leader Maçon agite la campagne électorale » …
On dirait des extraits d’un scénario de fiction, où une entité monolithique et presque surnaturelle tirerait les ficelles du pouvoir. Mais la réalité, mes chers amis, en est très éloignée.
La Franc-Maçonnerie ne vote pas, ne soutient pas et ne prend pas position.
Il faut le dire clairement, en lettres capitales si nécessaire : la franc-maçonnerie ne vote pas, ne soutient pas et ne donne pas d’opinion politique officielle.
La franc-maçonnerie est une institution de caractère initiatique et philosophique, réunissant des individus libres et de bonnes mœurs, unis par des idéaux de fraternité, d’amélioration morale et de quête de la vérité.
Et le mot-clé ici est individus.
Chaque membre de la Franc-Maçonnerie est avant tout une personne, avec ses propres convictions, ses propres opinions politiques, ses choix religieux et ses préférences dans tous les aspects de la vie.
Dire que la Franc-Maçonnerie a une position unifiée sur un sujet – qu’il soit politique, social ou économique – est aussi absurde que d’affirmer que tous les membres d’un club de lecture supportent la même équipe de football ou que tous les adhérents d’une salle de sport votent pour le même parti. Cela n’a pas de sens, n’est-ce pas ?
Dans les Loges : pas de politique partisane.
Au sein des Loges, le débat sur la politique partisane ou sur tout sujet susceptible de créer la discorde est explicitement découragé.
Notre objectif est l’amélioration individuelle, la réflexion sur les principes éthiques et moraux, la pratique de la charité et la construction d’une société meilleure – oui – mais par l’exemple et l’influence personnelle de chacun.
Nous n’avons pas de « Pape » de la Franc-Maçonnerie, pas de leader suprême mondial dictant les règles ou les positions de tous les francs-maçons. La franc-maçonnerie est décentralisée, composée de Grandes Loges indépendantes dans chaque pays ou juridiction, chacune jouissant de sa propre autonomie.
L’idée d’un commandement central qui enverrait des directives sur qui soutenir ou quoi penser est une pure fiction.
Les maçons agissent en leur nom propre.
Lorsqu’un Franc-Maçon se distingue en politique, dans la vie publique ou dans tout autre domaine, c’est grâce à ses propres mérites, ses convictions et son travail personnel.
S’il est Franc-Maçon, cela fait partie de son identité, tout comme il peut être musicien, médecin ou père de famille.
Ce n’est pas la Franc-Maçonnerie, en tant qu’institution, qui agit à travers lui. C’est un citoyen qui exerce ses droits et ses devoirs selon sa conscience et ses principes.
Ce que la Franc-Maçonnerie est vraiment
La Franc-Maçonnerie n’est ni un parti politique déguisé, ni un lobby d’intérêts occultes.
C’est un espace de rencontre pour des hommes en quête de connaissance de soi et de pratique de la vertu, qui, une fois sortis des temples, agissent dans le monde selon leur propre conscience.
Ainsi, la prochaine fois que vous lirez un titre de presse présentant la Franc-Maçonnerie comme un esprit unique et homogène, prenez un instant pour réfléchir à ce que je viens d’exposer.
Derrière le voile du mystère, il n’y a que des hommes libres et indépendants, chacun avec sa voix et son vote, mais unis sur la voie de l’amélioration personnelle.
Et cette distinction est essentielle pour comprendre la véritable nature de notre Ordre.
Fabio Serrano, M. M. – R. L. Mestre Affonso Domingues nº 5 (GLLP / GLRP)
Source : Blog A Partir Pedra
AINSI ON Y VOIT PLUS CLAIR
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On ne définit que des objets extérieurs à l’homme, et que l’on peut placer sous le regard. Or la personne n’est pas un objet.
Emmanuel Mounier. Le personnalisme Page 9 Éditions PUF Collection Quadrige.
Pour dire simplement l’homme n’est pas un objet, il est un sujet fait de matière et d’esprit. Je ne peux considérer mon voisin de palier comme un objet, je vois son corps, son enveloppe extérieure singulière à mes yeux. Ce corps je le constate à ses humeurs, ses faiblesses, je le vois à sa troisième jambe qui l’aide à marcher. Il a ses faiblesses et ses forces physiques. Il est un commerçant avec sa psychologie ses attitudes, il n’est pas pour autant qu’un commerçant, il ne s’appelle pas commerçant il a un patronyme Paul Durand, mais il n’est pas un Paul Durand, mais Paul Durand.[1] Les milliers de photographies que mon cerveau prend de lui dans ses moments de vie, ne peuvent en faire un objet. Il est définitivement irréductiblement un sujet en mouvement permanent, une personne. Je ne puis en faire un énième dans une série, il est unique et mystérieux. Il est un autre parmi les uns et les autres, il est unique, différent, source d’enrichissement disait Saint-Exupéry à sa manière. C’est là que se situe l’amour des hommes, l’amour des hommes les uns pour les autres. Les dictatures sont créatrices de milliers de petits soldats identiques, les dictateurs aiment les défilés, les pas identiques, les uniformes de l’uniformité. Ils ont horreur de la liberté des univers personnels. Ils ont horreur des hommes libres et responsables, ils préfèrent la matière malléable à l’esprit frondeur. Nous ne sommes des chaises, des tables, des objets que nous connaissons du dehors. Nous ne sommes pas non plus un objet extraordinaire, le plus beau ou le plus merveilleux des objets, pas plus le Roi Lion des animaux, ou le cèdre majestueux. Nous sommes pourtant une réalité vue du dehors, mais une réalité en permanente construction intérieure, un chantier en cours, un édifice en permanente construction, nous pourrions porter une pancarte : Chantier en cours de construction, visite possible sur rendez-vous. Dans ce chantier personnel, dont nous sommes les architectes nous modifions sans cesse les plans, ces plans suivent nos états de conscience, nous nous initions, nous nous humanisons, horizontalement puis verticalement avec humilité, nous créons l’humanité, l’entretenons, la rénovons. Comment ? Grâce à nos ressources personnelles indéfinies et inépuisables que rien ne peut asservir. L’homme enfermé au plus profond des cachots perçoit toujours la Lumière intérieure qui brille en lui. C’est le sens de l’oracle de la pythie de Delphes : Le Connais-toi toi-même…, le V I T R I O L retrouvé dans le Cabinet de Réflexion derrière la faible lumière du flambeau, c’est le sens de la demande de la Lumière, de l’injonction que vos regards se tournent vers la Lumière. [2]
Nous pourrions être tentés par l’égoïsme, l’égocentrisme, le narcissisme dans sa forme négative qu’est la vanité. Fuir le monde et se retrancher dans une caverne en solitaire. Nous pourrions fuir les systèmes, la systémisation. Comment dès lors mettre de l’Ordre dans nos pensées ? Ce serait un refus des concepts, de la logique, des schémas d’unification, qui sont autant de repères pour éviter fixer, communiquer, transmettre une pensée qui sans eux ne serait qu’intuition opaque et solitaire de faible intérêt pour nous et sans intérêt pour les autres. S’initier n’est pas une attitude, mais l’affirmation d’un désir de mouvement incluant pensée et action, matière et esprit. Le tout se réalisant totale liberté de conscience et de créativité, ainsi la place est laissée à l’imprévu qui disloque toute volonté de systématisation définitive. La Franc-maçonnerie respecte la pensée d’autrui et sa libre expression.[3]Ces quelques mots apparaissent comme légitimes malheureusement ils sont dans notre société trop souvent bafoués, pour le Franc-maçon ils ne sont que l’expression de son quotidien et son simple devoir.
Comment autrement pourrions-nous espérer mettre un peu d’esprit dans la matière ?
e qui est remarquable, est ce qui mérite d’être remarqué. Vendredi j’ai avec quelques frères, trop peu nombreux à mon goût, participé et non assisté aux obsèques de Monique la belle-mère de Jean-Jacques, la mère de Muriel. Nous étions réunis croyants ou non dans l’église bondée de ce village du Morbihan. Monique à 88 ans a rejoint son époux, elle avait exprimé le souhait de le rejoindre le même jour où lui était parti pour le même voyage quelques temps avant, à un jour près elle y parvenue sans doute la volonté de ne pas être séparée de lui trop longtemps, la volonté de vouloir encore communier avec lui.
Je ne connaissais pas du moins physiquement Monique, par contre je connais sa fille Muriel et son mari Jean-Jacques, tous les deux la vie ne les a pas épargnés, ils portent chacun leur croix en silence avec une remarquable dignité. Ce qui est de nos jours remarquable, ils sont loin des jérémiades de beaucoup d’entre-nous.
Suivant le désir de Monique, sa vie n’a pas été relatée comme c’est l’usage au cours de la plupart des célébrations religieuses. Je ne connais donc pas les détails de sa vie, mais l’abondance des hommes et des femmes ce jour-là dans cette église de village en a fait un Temple de la Vérité pour son dernier hommage cela suffit à démontrer que sa vie a été remarquable donc remarquée.La présence de sa famille : de ses trois enfants, de ses seize petits-enfants, de ses onze arrière-petits-enfants, plus un disparu toujours présent dans les cœurs, enfin ses sœurs, ses beaux-frères, belles-sœurs, neveux et nièces… Rendent aussi remarquable sa vie nous n’avions pas besoin de mots !
Monique ne voulait pas mettre en avant sa vie, par ce geste d’humilité remarquable elle me fit sur l’instant penser à la devise des Templiers : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tu da gloriam. (Non pour nous, Seigneur non pour nous, mais pour la gloire de ton nom.) Et bien je vous le dis, Monique a laissé bien plus que quelques mots ! Elle nous a laissé sa fille Muriel et son mari Jean-Jacques que certains d’entre-nous ont la chance et le privilège de connaître. Même si je n’ai pas eu le bonheur de te connaître Monique, je te remercie pour tes actes remarquables qui dépassent toutes les paroles et tous les mots.
Jean-François Guerry.
Il existe des gens que l'on ne connaît pas et qui pourtant éclairent nos vies.
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Dans la brume automnale qui masque le fond du parc, me parvient, ce matin, le son de la corne de chasse d'une battue ; mon braque, sensible à la proximité de la meute du piqueux, manifestait sa nervosité. J'aime ces traditions que stigmatisent les rurbains fraîchement implantés dans mon village.
La paysannerie fond et ce qu'il en reste, se transforme en producteurs de blé ou de viande, en utilisateurs de machines. Les paysans que décrivait Balzac, représentaient-ils un type humain supérieur à celui de nos agriculteurs, capables de calculer le budget de l'entreprise et de s'adapter au marché ? Les employés, les cadres d'aujourd'hui, sont-ils victimes du progrès ? Réaction, le progrès qui réduit le nombre des cols bleus et augmente celui des cols blancs, qui multiplie le nombre des salariés-bourgeois, ceux qui manient des chiffres et des signes, et réduit le nombre des salariés-ouvriers, ceux qui se collettent avec la matière ? Ces hommes ordinaires, de quel droit les mépriser ? Qui a le droit de les mépriser ? Face à ces sortes de questions, je me sens paralysé. Médiocrité du plus grand nombre, bien entendu, disent les uns. L'humanité sera sauvée par le petit nombre, dit l'autre : je préfère la sagesse du paysan aux demi-cultivés qui attrapent au passage des bribes d'idées, les mots favoris des journalistes, discutent de l'avenir du monde. Il exista toujours, dans les civilisations, une aristocratie de la pensée, sinon d'établissement, et aujourd'hui, ce sont les savants qui constituent, avec les grands artistes, l'aristocratie de l'aristocratie. Mais ces aristocrates n'offrent pas un modèle d'être homme que les autres tenteraient d'imiter. Quant à ceux qu'entoure la clameur de la popularité et qui passent pour les privilégiés par excellence, depuis les chanteurs, les acteurs de cinéma ou les écrivains jusqu'aux chefs d'entreprise ou aux ministres, ils permettent à des millions de fans de vivre en pensée des existences prestigieuses, ils n'ont presque rien en commun et ils n'enseignent pas la même leçon.
Nuit d'automne
Ce qui me gêne le plus dans cette description à la Tocqueville, c'est que je m'interroge sur les deux affirmations posées comme évidentes. En quel sens les hommes de nos sociétés se ressemblent-ils plus les uns aux autres aujourd'hui qu'hier ? Ignorent-ils davantage leurs semblables, leurs voisins, leur patrie que nos ancêtres ? L'instruction universelle a refoulé les dialectes. Les habitudes des villes se répandent dans les campagnes et les citadins achètent les vieux meubles que les villageois remplacent par du Ikéa. Cette sorte d'homogénéité de langage, entretenue par la diffusion des mêmes mots, des quelques idées à la mode, dissimule des existences tout autres. Les villageois étaient-ils plus différents les uns des autres que ne le sont les employés d'un bureau ? Les habitués de la cour de Louis XIV tels que Saint-Simon nous les transmet, valaient-ils mieux que les courtisans du Président de la République ou du P.D.G. ?
Dans les fermes de mon village, où la fée électricité n'est apparue qu'en 1947, les lueurs de la ville ne polluent pas le ciel nocturne. Je ne sors guère le soir aux étoiles, entouré de chauve-souris, sans être saisi par l'énigme muette de la destinée. Mais ce que je ressens surtout c'est un besoin de paix, une sorte d'appel vers je ne sais quelle hauteur d'où je pourrais juger à la fois de la terre et du ciel, des hommes et de moi-même et percevoir le sens de ma vie. C'est pourquoi je me tourne vers le vieil enseignement des sages quand ils prétendent que l'humanité doit vivre selon ses rites.
Il n'est pas interdit de réfléchir avec Tocqueville et Voltaire. C'est ce que Yann l'impertinent pertinent nous propose. Ne sommes nous pas à l'origine des strates administratives que nous déplorons, de ce retour des baronnies version bureaucratie ?
L'émiettement des décisions favorise t'il au final l'action et une vision d'ensemble un cap porteur d'avenir pour tous ?
À force de vouloir en même temps plaire à tous le monde ne risquons nous pas de plaire à personne?
Nous avons un bel exemple de centralisation et de décentralisation accrocher vous aux panneaux!
Il faut rouler à 80km c'est bon pour la sécurité routière, c'est bon pour la planète, c'est bon pour l'économie d'énergie.
Ceux qui habitent en ville et travaillent pas trop loin sont ravis, ils disposent en plus des transports en commun, circulez il n'y a rien à voir.
Tant pis pour les autres ! Le désir de simplifier et le refus de voir la complexité du monde mène à une incompréhension. Ah zut !
Marche arrière, valse des panneaux ! Retour à plus d'autonomie de bon sens, le sacro saint bon sens radical !
Ce sera donc 80 ou peut être 90 selon débrouillez vous. Peut être que nous aurions pu consulter avant ? On ne va quand même pas faire comme les Suisses et pourquoi pas ? Dans une récente votation ils ont refusés la 5ème semaine de congés payés dans l'intérêt de leur économie, ils sont bizarres les Suisses avec tous leurs cantons ? Preuve que rien n'est simple.
Jean-François Guerry
Décentralisation dans une nation plurielle, la tapisserie de Pénélope.
"Un jour vient où les hommes pensent autrement que la veille. Pourquoi n'ont ils pas pensé la veille comme aujourd'hui ? C'est là un obscur et impénétrable mystère.
Sigmund Freud.
Rébellion des "gilets jaunes", colère des maires… la fracture territoriale qui affaiblit la France, nation plurielle, nous renvoie une fois de plus au débat sur la décentralisation. Ce débat n'est pas neuf : depuis des siècles, chaque génération le redécouvre avec passion et l'impression d'une originalité inédite pour aboutir ensuite aux mêmes impasses, à la même immobilité.
La France s'est faite par la centralisation dont l'œuvre est un long processus engagé par la monarchie dès le Moyen-Âge. Mais la nostalgie d'un âge d'or qui aurait précédé la dictature du centre n'en subsiste pas moins : il y aurait un droit naturel des collectivités territoriales à être elles-mêmes, que l'hydre de la centralisation aurait peu à peu totalement annihilé par son venin uniformisant, par sa bureaucratie paralysante.
"Marche de va-et-vient de nos révolutions… Au début invariablement une poussée vers la décentralisation … à la fin une extension vers la centralisation… En commençant, on suit la logique de ses principes, en finissant, celle de ses habitudes, de ses passions, du pouvoir. En somme, le dernier mot reste toujours à la centralisation qui, à vrai dire, se fortifie en profondeur alors même qu'on la diminue en apparence". Lumineux jugement de Tocqueville (L'Ancien régime et la Révolution, fragments et notes inédites, NRF, Gallimard, p. 343) sur les rééditions de la convulsion mentale, inutile et vaine, qui agite périodiquement l'opinion en France ainsi qu'en témoigne le petit florilège qui suit.
La Révolution vote des lois de décentralisation dès les 14 et 22 décembre 1789. L'Assemblée constituante, par volonté d'unifier l'anarchie administrative et afin de lutter contre la puissance des seigneurs, décide un découpage départemental qui démantèle les provinces et favorise l'émiettement communal. Elle refuse le projet de Sieyès et Condorcet sur les grandes municipalités. Nos débats sur l'intercommunalité trouvent déjà là leurs prémices.
Mais, malgré la légende, les Girondins n'ont pas été des décentralisateurs. Ils ont seulement voulu que leur gouvernement et l'Assemblée nationale soient protégés par une force publique issue des 83 départements parce que les Montagnards tiraient leur puissance des pressions exercées par la commune insurrectionnelle de Paris. Les Montagnards ont répliqué en les accusant d'être "fédéralistes", ce que les Girondins n'étaient pas, mais c'est la première diabolisation du concept, et elle permet de les envoyer à la guillotine avec le coup d'État du 2 juin 1793 qui déclenche en province un massacre d'élus locaux. Même l'abbé Grégoire réclame à cette occasion l'anéantissement des patois, afin que nul ne puisse échapper à la propagande de Paris. Cette peur que la province ne ressuscite l'Ancien Régime se termine par la dictature absolue et générale de Robespierre.
En 1969, le général de Gaulle propose un important projet de décentralisation qui prévoit d'inscrire la région dans la Constitution. "Ce que l'adoption du projet apportera, en notre époque qui est essentiellement économique et sociale, c'est donc, à l'échelon de la région, une emprise plus directe des Français sur les affaires qui touchent leur existence… (Allocution du 11 mars 1969). Pour lui, la décentralisation est à l'administration ce que la participation est à l'entreprise. On ne l'a pas suivi : le référendum du 27 avril 1969 refuse la réforme proposée par 52,41 % de non. Mais est-ce à cause de ce projet, ou parce qu'à 80 ans il donnait le sentiment d'avoir fait son temps ?
La dernière réforme territoriale sous le quinquennat Hollande relève encore de la décentralisation jacobine. Telles qu'elles ont été fabriquées, les 13 nouvelles grandes régions ne correspondent ni à une création historique, ni à une réalité géographique, ni même parfois à une exigence économique. On s'est cru obligé de fabriquer (c'est bien le mot qui convient) des régions abstraites, théoriques, technocratiques.
La décentralisation n'est si difficile que parce qu'elle s'en prend au cœur d'un système séculaire qui touche plus la réalité quotidienne du pouvoir que la vie immédiate des Français. Le centralisme avait vocation à permettre à la France d'être plus forte : elle est aujourd'hui plus fragile. En France, depuis toujours, tous les moyens de transports convergent vers Paris, au détriment de la province et aussi de la banlieue. Paris s'enrhume, la France entière est malade. Il suffit de paralyser Paris par quelques manifestations pour infléchir la politique de la France. Certes, la proximité géographique des différentes fonctions de la nation a permis bien des synergies. Mais aujourd'hui le risque est celui de la thrombose déjà annoncée par la circulation automobile, l'habitat inadapté, la durée des transports, les difficultés de l'intégration et, d'une manière générale, le mal de vivre que provoque la surpopulation d'espaces restreints. Pourtant, grâce aux technologies nouvelles, les distances peuvent se relativiser et les entreprises savent travailler dans un espace mondialisé.
Le principal obstacle est bien entendu la culture politique séculaire de ce pays. Le centralisme est une sorte de maladie de vieillesse des anciennes nations. Le pouvoir central a toujours profité de l'émiettement des collectivités territoriales et a su organiser l'administration entre fonction publique d'État et fonction publique territoriale à l'avantage de la première et de manière à ne pas permettre réellement le passage de l'une à l'autre. Les administrations centrales ont toujours eu beau jeu d'expliquer que les personnels des collectivités locales étaient loin d'avoir leur niveau de compétence.
La réforme de l'État, toujours réclamée et toujours repoussée, n'a de sens qu'avec la décentralisation. Mais une décentralisation engagée dans le désordre et la précipitation pour des raisons essentiellement idéologiques, ne risquerait-elle pas de devenir un handicap supplémentaire pour l'administration du pays et cela d'autant plus que, pour des raisons purement politiciennes, le pouvoir lui-même se sentira souvent obligé d'empêcher de fonctionner les mécanismes créés par lui ? Si une telle politique de la décentralisation devait se confirmer, la tentation serait en tout cas forte dans quelques années pour les citoyens d'en appeler au pouvoir central afin qu'il mette de l'ordre dans leurs affaires quotidiennes. Ainsi retrouverions-nous, lorsque la décentralisation aurait produit tous ses "effets pervers", les vertus de la centralisation si crûment mises en valeur par Voltaire :" Puisqu'il faut servir, je pense que mieux vaut le faire sous un lion... beaucoup plus fort que moi que sous deux cents rats de mon espèce" (Cité par Tocqueville. L'Ancien régime et la Révolution, Idées, Gallimard, p. 264)
Yann.
Voilà une affaire cousue de fil blanc. Dame Pénélope dont le prénom vient du grec :πηνέλοψ / oie, n’est certes pas une oie blanche, ni son époux un perdreau de l’année. La dame a de grands besoins pour être à la hauteur du standing de son époux, dernier prétendant au trône de Troie. Mais comment s’occuper quand tous vos emplois fictifs vous laissent un temps libre considérable alors que votre coquin, Prince des risettes, court les mers à la poursuite des sirènes du pouvoir ?
Il faudrait être cyclope pour parvenir à surveiller du bon œil la dame. Elle fait tapisserie, montre des airs de minaudière quand, de ses doigts crochus, elle se sert dans la poche de tout ce qui l’approche. La dame se rêve un grand destin ; elle le prépare en se brodant un voile cousu de fil d’or. C’est ainsi qu’elle s'imagine, parée de ce magnifique tissu, tenant son croisé, guerrier de la vraie foi, par le bras et montant les marches du palais d'Ithaque.
Hélas, c’est bien connu : à Ithaque on manque de tact. Pour acheter ses fils d’or, la belle tapissière a besoin de beaucoup d’argent. Le travail lui fait en outre si peur qu’il convient de l’en dispenser : il ne faudrait pas abîmer ses nobles mains ni la fatiguer outre mesure. Elle se doit corps et âme à son coquin. Son époux, partisan d’une journée de travail sans limite, ignore certainement que sa princesse est souffreteuse et que pour elle, il conviendrait de limiter ladite journée à moins d’une heure par jour.
Ne pouvant ainsi partager le travail, Ulysse préfère multiplier les sources de revenus pour que sa belle Pénélope œuvre à sa création sans se salir les mains. C’est donc de l’argent propre qu'il lui remet pour ses menus travaux d’aiguilles. Il monte de toutes pièces des emplois taillés à sa mesure. Le tailleur et la tapissière : il y aurait matière à fable si ce n’était qu’un conte de fées. Mais la dame se fait sorcière et son parangon joue les donneurs de leçons, de celles qui ne s’appliquent jamais à soi-même.
Homère a renoncé à évoquer cet épisode de l’Odyssée présidentielle. Il est vrai que les épisodes précédents étaient si invraisemblables, que notre poète a préféré ne pas les glisser dans son œuvre. Imaginez des galères venues de Libye chargées d’un trésor de guerre pour financer la bataille sous la direction d’un Pygmalion qui se demandait ce qu’il faisait là. Il est préférable d’inventer une Circé capable de transformer les hommes d’équipage en pourceaux que de narrer les exploits de gorets se prenant pour des chefs de guerre.
Il avait bien songé également à évoquer un certain Héraclès arrivant sur les côtes à bord d’un pédalo, en promettant à tous de tondre la Toison d’Or. Mais comme il n’en fit rien, bien au contraire et, qu’avec ses comparses, il continua de se servir au lieu de servir la cause des nations opprimées, Homère cessa d'ajouter foi aux belles paroles de ces guerriers à la petite moralité. Mais Pénélope, quant à elle, crut au mythe de la Toison d’Or et c’est ce qui la mit en action.
L’affaire cependant n’ira pas très loin. Dans ce royaume des princes corrompus et des aventures véreuses, elle ne risque rien. Qui donc irait lui chercher des noises alors que, peu ou prou, ils font tous la même chose ? Faire et affaires, c’est toujours de l’ouvrage et, tant qu’on parle de soi, on ne parle pas des autres. Ulysse l' a bien compris qui va tirer profit de ce bel éclairage.
L'épopée peut continuer. Tant que le peuple n’aura pas dissimulé à l’intérieur du cheval de Troie un Ajax incorruptible, capable enfin de laver plus blanc et de récupérer ce qui ressemble de plus en plus aux écuries d’Augias, nous ne serons pas au bout de nos peines et de notre désespoir. Ce joyeux bazar n’est donc pas près de s’arrêter et le prochain épisode sentira aussi mauvais que les précédents.
Pénélope a besoin de 7 500 euros par mois pour ses travaux d’aiguilles ; son cher époux, quant à lui, veut abaisser le SMIC, réduire le droits des travailleurs, les remboursements médicaux, augmenter la durée du travail et autres joyeusetés. Tout cela n’est que très logique en somme. Ces deux-là vivent dans un monde imaginaire et ignorent tout de la réalité. Il serait même question que nos joyeux drilles mettent en place, à titre expérimental, le revenu universel, cher à l’un des prétendants, uniquement réservé à leurs femmes, concubines, maîtresse, nièces, cousines et oies.
À moins que nous ne donnions un grand coup de pied dans la fourmilière, un autre, tout aussi vérolé, prendra la place. Homère, nous t'en prions, reviens et écris pour nous une belle épopée citoyenne, loin de ces maudits prévaricateurs !
Mythologiquement leur. SOURCE CLUB MEDIAPART
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force de faire de l’esprit, est-ce que je perds l’esprit, ou plutôt, est-ce que je me forme l’esprit, un certain esprit ou un état d’esprit ? Comme certains ouvriers qui construisent leur cathédrale intérieure, « Leur Citadelle intérieure » comme l’a écrit Pierre Hadot à propos de Marc Aurèle. L’empereur philosophe, guerrier, mais aussi grand exterminateur de Chrétiens dans les arènes ! Sa part d’ombre, aurait-il eu à certains moments l’esprit ombrageux ? À propos des Pensées de Marc Aurèle, Ernest Renan parlait pourtant de sagesse inépuisable, « d’Évangile éternel ». Voilà un homme qui après avoir fait la guerre toute la sainte journée, le soir seul méditait et écrivait ses pensées, rédigeait son journal intime en quelque sorte. Vous n’aurez pas besoin d’être grand esprit pour lire et comprendre ses Pensées, pas non plus besoin d’un dictionnaire pour le comprendre. Cet empereur a une forme de modestie dans l’écriture, mais ne vous y trompez pas ! Pierre Hadot écrit : Pour y retrouver accès (Aux œuvres des philosophes antiques et en particulier à celle de Marc Aurèle) il nous faudra pratiquer une sorte d’exercice spirituel, d’ascèse intellectuelle, afin de nous libérer d’un certain nombre de préjugés et de redécouvrir ce qui pour nous est presque une autre manière de penser.[1]Un autre état d’esprit en quelque sorte, pratiquer une sorte de Conversion de notre regard sur nous-mêmes et le monde. Je dirais de s’initier ! Un autre auteur contemporain Pierre Coïc disait à propos de : La vie maçonnique elle est une ascèse, c’est-à-dire qu’elle entraine à produire un effort visant à la perfection spirituelle par une discipline constante de vie.[2] Qu’est-ce qui rapproche donc le Maçon écossais de ce lointain empereur épris de philosophie, mais surtout de vie en accord avec sa philosophie, c’est déjà une bonne piste. Aujourd’hui peu d’hommes vivent comme ils disent qu’il faudrait vivre ! Ils parlent comme des livres, mais se sont souvent des livres fermés sur la vraie vie. Le Maçon travaille dans sa Loge à livre ouvert. On ne conçoit pas un Maçon qui parlerait de Maçonnerie à longueur de temps, même brillamment et qui ne viendrait jamais en Loge pratiquer ce qu’il dit et qui plus est dans le monde. Ce serait simplement un « théoricien de la Franc-maçonnerie », ou un professeur de Franc-maçonnerie, comme le sont les professeurs de philosophie, très savants en théorie et nuls en pratique, ce qui vous l’avouerez avec moi n’est pas très encourageant et convaincant pour leurs élèves. J’ai rencontré dans ma vie maçonnique quelques seconds surveillants qui donnaient à leurs frères apprentis des cours de maçonnerie, incapables de les écouter en « séance d’instruction ». Ce sont souvent les mêmes qui se proposent de changer le contenu des rituels, afin de les moderniser ou plutôt de les adapter à leur pensée. Épictète qui fût un référent pour Marc Aurèle disait : le philosophe authentique n’est pas celui qui disserte sur les théories et commente les auteurs.
Marc Aurèle en toute simplicité a écrit : Mange comme un homme, bois comme un homme, habille-toi, marie-toi, aie des enfants, mène une vie de citoyen…Montre-nous cela, pour que nous sachions si tu as appris véritablement quelque chose des philosophes. [3] Cela me parait procéder d’un bon état d’esprit et donne matière à réflexion.
Jean-François Guerry.
[1] Pierre Hadot- La Citadelle intérieure. Introduction aux Pensées de Marc Aurèle- Page 8. Éditions Fayard 1992-1997.
[2] Pierre Coïc Parcourir Le Rite Écossais ancien et Accepté du 4ème au 30ème degré. Éditions Maia. www.editions-maia.com
[3] Marc Aurèle Pensées pour moi-même Livre III, 21,5
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ar la transition n’a pas d’existence avérée au-delà de ces bornes. La pensée est donc faite essentiellement de seuils, qui, ne pouvant se regarder eux -mêmes, constituent le plus épais des mystères ontologiques. L’homme est binaire, mais cette dualité est mouvante, irriguée par d’incessants courants qui vont la consolider en la nourrissant de continuels va- et- vient d’un tenant jusqu’à l’autre : c’est ce qu’on appelle la pensée ternaire. Au-delà de leur contenu propre, ces tenants définissent par défaut l’inévitable seuil qui les connecte entre eux. Ces seuils n’existent que par la fragilité de l’homme à se projeter dans un endroit, puis dans un autre : le seuil sera donc l’expression physique d’un réarrangement permanent de notre constitution physique et mentale.
Face à un espace liminaire, notre pensée risque d’être mise en danger, réduite à une simple dynamique perçue, faute de mieux, comme un « vide habité », vétuste, usé, d’une fréquentation consommée, portant les traces visibles d’une occupation passée. L’archétype visuel d’un seuil est un long couloir défraichi, ou une grande pièce vide, une agora dépeuplée, contrainte dans ses dimensions, souvent distribuée en espaces réduits et cloisonnés, dont le sol moquetté ou parqueté est vieilli, délavé , usé par une foule oubliée, les murs jaunis par la chaleur et la moiteur, évoquant un lieu où le passage d’humains fut intense, et qui ne conserve de ce passé qu’une forme d’atmosphère fantasmagorique renforcée par un éclairage jaune, vacillant et blafard.
L’exemple le plus parlant , artistiquement parlant, pour moi, est celui de l’agencement intérieur des couloirs de l’hôtel du film « Shining », à la fois vétustes , humides, vieillis , labyrinthiques ,offrant un vide dérangeant, un silence épais , des couleurs « passées », des plinthes et des boiseries fatiguées , portant l’empreinte organique de la sueur et de la souillure du tissu plaqué au mur et où, la nature ayant horreur du vide, toute irrationnalité est facilement offerte au témoin, tel un couple de fantômes.
Finalement le liminaire, c’est-à-dire le seuil s’oppose à la manifestation avérée, c’est à dire au phénoménal, et donc à l’appréciation personnelle d’une réalité objective. Là où le phénomène est une confluence, un rendez-vous entre un sujet et un objet, le liminaire sera une divergence, un moratoire existentiel. Ce liminaire apparait angoissant parce qu’il est un peu l’arrière-plan de la réalité, son antichambre : il nous montre notre vide à quantifier la nature autrement que par la dualité. C’est l’entrechoquement de cette dualité qui crée le phénomène, et qui suggère donc, par sa discontinuité, un effet de seuil.
Le souci , pour le profane, est que l’idée de passage se réfère à 2 tenants, dont l’un est connu, le passé, mais dont l’autre demeure inaccessible, le futur : le présent se dilate alors sous cet effet délétère, et vient projeter le passé sur un futur supposé. Cette compensation est loin d’être parfaite pour notre esprit puisqu’elle se contente de biais grossiers : elle se verra alors « guidée » et objectivée par des sentiments confus, des passions tristes, telles, la peur, la solitude ou la nostalgie. Tout comme la mélancolie, l’appréciation moderne de la nostalgie en minore la puissance, comme s’il s’agissait là d’un doux malaise. En fait la nostalgie est une algie, c’est-à-dire une souffrance, une douleur. La nostalgie sera l’occasion morbide d’occuper un espace-temps qui, pourtant, échappe au myste, puisqu’il n’est ni dans une phase de prémices, qu’il connut, et pas encore dans celle du résultat, par essence inconnue.
Or, la Cérémonie d’initiation au 1er degré est une suite de moments construits, ostensibles, statués, séparés par des moments de transition, dont le candidat va endosser la présence, en se voyant dénommé successivement impétrant, néophyte, récipiendaire, etc… On pourrait, si l’on se voulait forcer le trait, voir dans la cérémonie d’initiation une somme de seuils délimités, scandés par des textes, accentués par des postures et rythmés par des déambulations, épousant au mieux lesdits seuils afin de les rendre plus efficients et plus présents que jamais. Car un seuil n’est jamais aussi effectif que lorsqu’il est bordé, c’est-à-dire maitrisé par la raison et le prosaïsme, furent-ils symboliques.
Cette notion de seuil est un révélateur puissant de notre incapacité à conscientiser entièrement le réel, et à voir les impasses dans lesquelles s’engouffre ce qui peut nuire à notre équilibre vital. Je parle de réalité perturbante, car nous savons bien, ne serait-ce qu’inconsciemment, que nous ne vivons et ne ressentons qu’une faible part d’une réalité plus générale, plus universelle. Le texte du rituel permet de nous raccrocher provisoirement à une forme maitrisée de la vie. Mais dès qu’il faut avancer, une maitrise s’efface avant d’en retrouver une nouvelle, toute aussi partielle et transitoire. Entre les 2, ce sont les affres du néant, et nous n’avons rien trouvé de mieux que le seuil pour habiter un tant soit peu ce vide sidéral. Le seuil est en fait un curieux mélange de vide et de matière, d’où ce sentiment, je le répète, de mélancolie et de nostalgie fréquemment associé à cet évènement, et assimilable à une « philosophie de l’abrasion, de l’usure et de la corrosion ». Le rituel du 1er degré, en nommant les seuils, les actualise en permanence, les vidant de leur poison en les référant à la réalité bien tangible du fait et de l’action : le postulant, par exemple, qui succède au profane, chasse le vide en le remplissant d’intentions : le myste « postule », c’est-à-dire qu’il détermine une volonté positive dans laquelle la ligne de fuite trahit une occupation par le mouvement.
Ce à quoi va répondre le rituel, car c’est cela son rôle, en intentant une action « ad personam » vis-à-vis de ce turbulent postulant, celle des épreuves. En effet, comme signifié dans le rituel, dès la prise en charge par l’Expert du profane, celui -ci lui demande nommément et individuellement hors l’espace sacré s’il est toujours d’accord pour devenir postulant en lui bandant les yeux. Le vouvoiement et l’interpellation du VM et de l’expert sous le vocable de monsieur « un tel », seront de rigueur durant tous les seuils vécus par le candidat. Tant que le postulant n’a pas pénétré physiquement dans la loge, il n’est pas, symboliquement, pleinement identifié. D’où la frappe en profane, signalé par le couvreur puis le second surveillant, puis l’identification du profane Monsieur « un tel », qui conduit à lui établir son statut de postulant.
C’est l’état d’esprit du postulant qui le distingue de celui de candidat : le postulant est volontaire, il est dans une phase active, là où le candidat se présente comme « offert » à ses initiateurs. Il est passé, dans son esprit, de quelqu’un de soumis à la décision de ses pairs, à quelqu’un de demandeur, apte à effectuer des démarches afin de réclamer, de solliciter son admission selon un statut qui pour le moment, lui échappe. C’est le sens étymologique de postulare, « demander, souhaiter ». Nous sommes ici dans le domaine initiatique, et l’on peut difficilement concevoir le candidat postulant comme pouvant émettre a priori une revendication : il s’agit plus ici de considérer le changement de posture d’un homme dont les prétentions vont l’amener à se confronter à de futures épreuves, à l’aune de ses prétentions et de sa volonté farouche, par la rudesse du battement de la porte de la loge à laquelle il frappe violemment, par à la porte basse, par l’acutesse de la pointe de l’épée.
La cérémonie se « règle », si je puis dire, sur les spécificités du postulant : s’il émet une posture demandeuse, plus agressive, la cérémonie de l’initiation lui répondra en regard, par des épreuves d’une intensité comparable, suivant le principe des équilibres complémentaires. En fait, cette dynamique se reproduira plusieurs fois au cours de la cérémonie d’initiation : chaque fois que le VM prendra la parole afin d’acter une épreuve, de prononcer un texte ou un serment, de qualifier d’un statut nouveau le candidat, nous nous trouverons dans un espace liminaire, dont l’objectif premier, pour le rituel, sera de ne pas laisser le candidat se complaire dans cet univers transitoire ou de s’y trouver perdu. Se complaire car il ne faut pas négliger la propension que peut avoir un candidat à demeurer l’« éternel petit dernier », bien protégé derrière son statut de « victime supposée » : la franc-maçonnerie n’est pas une pouponnière, et le nouveau frère se devra, même sur la colonne du nord, d’assumer dès les 1ers instants une volonté d’autonomie mâtinée de respect. Le postulant rentré est soumis une nouvelle fois au questionnement, cette fois du VM, sur sa volonté à se présenter aux portes de la loge : à cette injonction au statut de postulant va succéder celui de récipiendaire. La « postulation » ( usité vers 1200), devient une demande, une supplication, une sollicitation qui nous ouvre au troisième temps défini au début, celui de la réincorporation, validée par le statut de récipiendaire, provenant de sa qualité à être reçu dans l’institution désignée. Ce mot dérive du latin (17ème siècle) recipiendus « qui doit être reçu ». Cette réception avalise le myste en lui conférant un statut qui est celui de la légitimité acquise. Là où le postulant était, lui, dans un mouvement de réclamation, le récipiendaire est lui dans un mouvement de reconnaissance. C’est cet entérinement qui le rendra apte et solide face à la solennité des principes fondamentaux du REAA, face aux perturbantes épreuves de la Coupe d’amertume, de la violence physique des 3 voyages élémentaires, et de la bouleversante prestation de serment.
Le récipiendaire est beaucoup plus mobile que le postulant : c’est son statut qui lui confère cette motilité. En tant que récepteur, la « surface » du récipiendaire, symbolique comme physique, s’est considérablement accrue : en effet, la durée et la déambulation importante de ce qui sera vécu par le récipiendaire sera conditionnée par lui-même, apte qu’il est maintenant à développer une aptitude, une capacité, une force tranquille lui permettant de recevoir sans chocs, sans heurts excessifs les vifs et âpres assauts des éléments alchimiques. La formule du serment par le VM déterminera le seuil entre l’encore récipiendaire, et le futur néophyte. Ce mot est issu par voie orale du latin classique sacramentum, symbolisant une forme de caution en cas d’irrégularité. Mais serment porte aussi, et c’est très important, le principe d’une action personnelle et volontaire, accentuant la singularité du myste, avec une visée, sinon religieuse, au moins initiatique par opposition au latin jusjurandum désignant un serment collectif.
Le candidat assermenté devient donc un néophyte, ce qui correspond, au 17ème siècle, au latin d’église neophytus « nouveau converti », dérivé de « nouvelle pousse » (phuein : « faire croitre », ou phuton, « ce qui pousse »). Nous sommes donc passés progressivement du verbe postuler, et son caractère centrifuge à celui de recevoir, et son caractère centripète. En somme, en ayant vécu successivement les 2 grands mouvements de la vie, ceux-ci vont se conjuguer en cette sorte de Rebis alchimique qu’est le néophyte, destiné à croitre et évoluer. Le néophyte possèdera alors, à son échelle, toutes les prérogatives lui permettant de « voir » symboliquement les frères par le retrait du bandeau : il voit le corps du parjuré, les épées, qui à la fois protégeront, mais pourront aussi le trucider s’il trahit.
Le terrain va reprendre ses droits : les ennemis possibles de la vie ordinaire sont fortement évoqués, le pardon nécessaire, la reconnaissance du prochain, par l’intégration dans la Chaine d’Union, et au bout du compte l’acceptation de soi-même (miroir) vont constituer les préalables nécessaires à jurer serment et être créé, constitué et reçu apprenti Franc maçon par le VM. Le myste devient un frère apprenti maçon, apte à recevoir l’instruction du 1er degré. Même si le rituel écrit le qualifie toujours de néophyte, l’entretien oral entre les officiers et le nouvel apprenti le qualifie maintenant de frère. La réincorporation prend alors la forme d’une légitimation : la destruction des enquêtes et du Testament Philosophique seront là pour prouver notre confiance à notre nouveau frère ; l’incorporation à la chaine d’union, l’accolade fraternelle, la transmission des mots de semestre, l’instruction du grade viendront également appuyer cette reconnaissance.
Thierry Didier.
FIN
Première partie de la réflexion de Thierry Didier parue le Jeudi 2 octobre sur le Blog, partie deux le Lundi 6 octobre, partie trois hier mardi.
Il est possible de recevoir l'intégralité de cette réflexion sur simple demande à l'adresse mail du Blog
courrierlafmaucoeur@gmail.com
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