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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par YANN
LE BLOG DE YANN LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE
À LA RECHERCHE DE LA LUMIÈRE DE LA VÉRITÉ

Le beurre et l'argent du beurre 

Réflexions sur l'éthique et le mécanisme de la social-démocratie 

 

Il est angoissant de regarder un électorat qui, aux principaux carrefours, ordonne à l'État : "Tourne à gauche", ou "Tourne à droite", selon les cas, et de constater qu'il ne se passe pas grand-chose, la seule façon pour un gouvernement élu d'exécuter ces ordres sans perdre aussitôt son mandat étant de ne tourner ni à droite ni à gauche, mais de louvoyer, de zigzaguer et de faire crisser ses pneus sans trop s'écarter du milieu de la route. À tel point qu'ici et là certains ont crié à la trahison en voyant l'incapacité du gouvernement qu'ils avaient choisi à aller dans la direction prévue, échec qui ne manquait pas de stimuler notre croyance en la déloyauté systématique de politiciens toujours prêts à promettre une chose et à en faire une autre. 

Cet état de choses a donné lieu à quantité d'explications, certaines moins banales que d'autres : "le chômage chronique" engendré par la "révolution technologique" (encore heureux si l'on nous épargne les sornettes de la "troisième révolution industrielle" ou de la "société post-industrielle") ; la "crise" déclenchée par les "chocs pétroliers" ; le "monétarisme" imposé à l'industrie et au commerce pour "combattre l'inflation" ; les luttes, les crimes et les conflits raciaux provoqués par le désespoir des "défavorisés". De telles formules "pop", forgées par la télévision, sont destinées à nous persuader que les trente dernières années ont, par malchance et par l'effet d'erreurs politiques antérieures, créé une situation calamiteuse et en quelque sorte sans précédent, où un gouvernement a déjà bien du mal à ne pas sombrer et par conséquent quelques excuses à dériver. Mais n'est-ce pas expliquer la maladie, l'impuissance collective par une litanie de symptômes (crise, grève, chômage, choc pétrolier, désespoir, crimes, inflation, conflits) ? On nous dit que les mutations technologiques, l'incapacité des travailleurs non qualifiés à trouver un emploi et le désespoir qui en résulte, le poids excessif des impôts et l'action incessante des groupes de pression, ont entraîné des bouleversements culturels et institutionnels qui ont fait perdre aux gouvernements la capacité de tenir leur cap, de sorte qu'ils n'ont pratiquement plus d'autre solution que de s'accrocher à ce qui est, en fait, la social-démocratie, même quand ils lui donnent un autre nom.  

Ne peut-on affirmer cependant avec une égale vraisemblance que la réalité est exactement inverse, à savoir que, si les gouvernements ne s'étaient pas embourbés dans la social-démocratie, ces rigidités, ces déséquilibres et ces tensions s'avéreraient moins impossibles à maîtriser ?  

Il vaut peut-être mieux commencer par le commencement et remonter aux "causes premières" de la totale immobilisation des démocraties modernes, en nous efforçant de voir ce que sont devenus les principes qui, selon nous, doivent régler les rapports réciproques entre le peuple et son gouvernement. Quelle est l'origine du droit ? Comment les droits apparaissent-ils ? Comment reconnaîtra-t-on le bien et le mal, le juste et l'injuste, en cas de conflits de droits, d'obligations et d'intérêts ?  

En l'absence d'une source certaine et transcendante - et étant donné le peu de distinction que font les positivistes entre la justice et la loi - la théorie politique moderne finit par recourir à ce qu'on pourrait appeler l'éthique en circuit fermé. On élabore une théorie des relations sociales conformes à la justice à partir de notions morales communément admises, comme "la loyauté", "l'équité", "la protection que les forts doivent aux faibles", "suum cuique ". "le bien-être social", "à chacun selon ses mérites" (comme disaient, au 19ème siècle, les "socialistes utopiques"), "ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit", "la production a pour objet de satisfaire les besoins" - et autres formules de ce genre - tout cela sans ordre particulier et sans trop se soucier des contradictions. Ces notions servent de base à la théorie morale, à peu près de la même manière que la façon dont on emploie et associe les mots sert de base à la linguistique. Une fois érigée sur ces bases, cette théorie de la cohérence minimale nécessaire est confrontée à ses propres sources, c'est-à-dire aux intuitions et aux jugements moraux communément admis. Elle est mise à l'épreuve par ces intuitions en même temps qu'elle les met à l'épreuve, dans un processus circulaire de tâtonnement et de va-et-vient en circuit fermé, à l'intérieur duquel la théorie et sa source réagissent l'une sur l'autre en se modifiant réciproquement. 

Pour que le raisonnement suive son cours, il n'est pas nécessaire d'avancer la vieille thèse absurde qui pose que les choix des hommes s'expliquent entièrement par leurs intérêts et que leurs conditions d'existence déterminent leurs idées. Il suffit de ne pas croire que les idées et les valeurs morales qui guident les jugements pratiques de chacun pourraient survivre longtemps si elles heurtaient de front ses intérêts, et de soupçonner que ses intuitions morales sont hiérarchisées de façon à lui donner un sentiment de confort mental et d'harmonie avec ses conditions de vie. En période normale, la règle majoritaire impose pratiquement le programme "mou" à tout gouvernement qui ne désire pas perdre les élections suivantes. La suprématie de ce programme équivaut de fait à la dictature de l'électeur moyen, de l'homme parfaitement quelconque, du centre flottant.  

Naturellement, les programmes qui promettent le beurre et l'argent du beurre ne sont pas une invention moderne. Ils sont la conséquence mécanique de toute politique fondée sur le consentement, surtout à partir du moment où tous les participants ont en gros une influence égale sur le résultat (situation dont la forme extrême est le suffrage universel pur et simple, sans conditions censitaires ou de formation). C'est dire qu'en un sens de tels programmes sont aussi anciens que la politique elle-même, qui a toujours impliqué un certain degré de consentement. Pour un aspirant au pouvoir, il a toujours été risqué (ce qui ne veut pas toujours dire malavisé) de donner de lui une image dure, sans compromis.  

Mais quelle importance tout cela a-t-il ? Qui s'en soucie, en dehors de quelques puristes, gribouilleurs universitaires et nostalgiques d'un passé moins "synthétique" que le présent ? Pourquoi ne pas laisser la société gagner sur les deux tableaux si cela peut contenter tout le monde ? Pourquoi ne pas donner aux gens ce qu'ils veulent, y compris les compromis novateurs de la social-démocratie ? 

Tout à fait entre nous - pour ne pas être entendus des marxistes et des partisans d'une ingénierie sociale pragmatiste et se vantant de l'être qui se réjouiraient de notre embarras - avouons qu'il n'y a pas de raison pour que la formule "donner satisfaction aux citoyens" ait toujours un sens intelligible. Le plus souvent, elle n'en a aucun. Si Pierre est pour la chèvre et Paul pour le chou, pour qui sont Pierre et Paul ? Et ceux qui proposent allégrement de  "laisser la majorité en décider" (comme si la supériorité morale de la démocratie allait en quelque sorte de soi) se précipitent tête baissée dans l'abîme conceptuel qui sépare le choix de la majorité et la "somme" des préférences individuelles.  

Non seulement on ne passe pas naturellement des préférences des individus à une préférence collective (comme dit Keynes) mais une seule et même personne peut avoir des préférences anarchiques, incohérentes et contradictoires. En tant que père de famille, le citoyen préférera que l'État dépense davantage pour les écoles et pour les services de santé. En tant que contribuable, il souhaitera payer moins d'impôts. En tant que producteur, il sera favorable à l'augmentation des subventions et au remplacement de la concurrence "sauvage" par une sage réglementation. En tant que consommateur, il donnera la priorité à la baisse des prix et au ralentissement de l'inflation. Dites-lui qu'il déraisonne, qu'il ne peut au même moment vouloir une chose et son contraire. Faites-lui la leçon en lui rappelant que la diversité des rôles qu'il joue dans la société ne doit pas lui masquer la nécessité de réaliser des arbitrages entre les buts qu'il poursuit dans chacun de ces rôles. L'être doué de raison qu'il est accueillera avec un haussement d'épaules ces naïves et pédantes leçons. Il sait parfaitement ce qu'il doit faire. Il continuera tranquillement à réclamer toujours plus d'une chose sans accepter d'en avoir moins d'une autre, et refusera d'entendre parler d'arbitrage. À juste titre, d'ailleurs. Car un système politique qui a pour mission d'être sensible à ses exigences peut fort bien, avec un peu de chance, lui donner un peu plus de ce qu'il demande, en rognant imperceptiblement la part de tous les autres qui ne s'en apercevront même pas. En un mot, il fait une bonne affaire en resquillant aux dépens du public anonyme.  

Mais ce qui est de sa part un comportement intelligent et rationnel l'est aussi de la part de tous ceux qui sont placés comme lui par rapport à la communauté. Celui qui n'entre pas dans le jeu, parce qu'il est trop bien élevé, trop lent ou trop scrupuleux pour remplir ses poches aux dépens du Trésor public, découvrira qu'au bout du compte, d'une manière ou d'une autre, c'est lui qui paye pour les resquilleurs. Par un réflexe d'auto-défense, il sera enclin à devenir lui-même resquilleur, en regagnant d'un côté ce qu'il perd de l'autre. Une fois que tout le monde est devenu resquilleur aux dépens de tout le monde, c'est-à-dire une fois que l'État est amené à opérer en permanence une redistribution générale et réciproque, le système est au point, il a atteint son épanouissement logique. Par une conséquence certainement involontaire de la solidarité sociale, il aura appris à beaucoup de gens tout à fait convenables à se comporter en parasites s'ils ne veulent pas être les poires.  

Ce qui fait problème dans la social-démocratie "molle", du type "le beurre et l'argent du beurre", ce n'est pas qu'elle constitue une supercherie involontaire qui revient à faire cadeau à chacun de ce qui appartient aux autres, c'est qu'elle marche mal sans pouvoir se débarrasser de ses éléments incompatibles entre eux qui l'empêchent de marcher mieux. Pour rendre mutuellement compatibles les éléments qui composent le système, il faudrait en abandonner l'essentiel.  

On peut concevoir qu'une nation formée de citoyens dociles, disciplinés, relativement peu exigeants en même temps que durs à la peine, puisse se tirer d'affaire tant bien que mal avec un tel système, même si celui-ci devient chaque jour plus compliqué, plus inefficace et plus coûteux. L'Allemagne de l'Ouest qui, aussi bien sous les chrétiens-démocrates que sous les sociaux-démocrates, reste attachée à la recette de "l'économie sociale de marché", constitue un cas privilégié bien que sa réussite devienne moins concluante, elle a probablement encore un assez bel avenir. Les Suédois, apparemment mieux faits qu'aucun autre peuple pour la social-démocratie, vivent sous ce régime depuis deux générations et, malgré des effets pervers propres à faire dresser les cheveux sur la tête des sociologues conservateurs, des prophètes et des poètes, l'effondrement n'est pas en vue. Partout ailleurs, en revanche, dans les pays dont les citoyens sont moins dociles et moins disposés à accepter les conséquences de leurs choix, la social-démocratie classique conduit rapidement à une impasse.  

La rhétorique change, les bonnes intentions sont remplacées par d'autres qui ne le sont pas moins. L'État se montre un peu moins généreux pour accorder d'une main aux citoyens ce qu'ils demandent, parce qu'il a de plus en plus de mal à le leur reprendre de l'autre. A l'occasion, il lui arrive même de fulminer contre des resquilleurs trop manifestes (les "mères sociales", le syndicat des contrôleurs du trafic aérien, quelques gros fraudeurs du fisc …). On ne touche pas pour autant à la plupart des avantages acquis, parce que leur maintien conditionne le renouvellement continu du consensus politique. La seule différence est que les citoyens ont de plus en plus de mal à extorquer de nouveaux avantages, et par conséquent qu'il devient également plus difficile de déplacer le centre de gravité politique. 

 Aucune "nouvelle donne", avec de nouveaux groupes de gagnants et de perdants qui correspondraient à l'évolution de la conjoncture, n'est désormais possible. Cela tend à maintenir et même à bloquer complètement un modèle de redistribution à la fois complexe et très au point. Quant aux électeurs, fatigués, frustrés, se doutant vaguement qu'on les a trompés (même s'ils l'ont cherché, c'est le cas ou jamais de le dire), ils peuvent bien renvoyer une équipe usée et la remplacer par une nouvelle, mais naturellement pas plus une équipe que l'autre ne peut donner aux citoyens ce qu'ils demandent et en même temps lutter victorieusement contre les incitations perverses au parasitisme réciproque, à la stagnation et à la sclérose qui caractérisent le mécanisme de la social-démocratie. 

Libre pensée sur l'actualité : "Vivre avec ses ennemis comme s'ils devaient un jour être nos amis, et vivre avec nos amis comme s'ils pouvaient devenir nos ennemis, n'est ni selon la nature de la haine, ni selon les règles de l'amitié ; ce n'est point une maxime morale, mais politique." La Bruyère 

Yann.
LE BLOG DE YANN LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE

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Publié le par Jean-François Guerry
Une remarquable allocution du Grand Maître de la Grande Loge de France : Jean-Raphaël Notton vue le site 450 FM
QUATREVINGT TREIZE : EXTRAITS - ET ALLOCUTION DU GRAND MAÎTRE DE LA GLDF
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Image INRAP

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CHARNIERS DE LA GUERRE DE VENDÉE
Charniers découverts par l'INRAP (Institut National de recherches archéologiques préventives.
Charniers découverts par l'INRAP (Institut National de recherches archéologiques préventives.
Charniers découverts par l'INRAP (Institut National de recherches archéologiques préventives.

Charniers découverts par l'INRAP (Institut National de recherches archéologiques préventives.

À CEUX QUI PROMETTENT AUX HOMMES LE BRUIT LA FUREUR, LA RÉVOLUTION, LA VIOLENCE ET LA HAINE DES AUTRES.

" L'état de guerre suspend la morale; il dépouille les institutions et les obligations éternelles de leur éternité et, dès lors, annule, dans le provisoire, les inconditionnels impératifs. Il projette d'avance son ombre sur les actes des hommes. La guerre ne se range pas pas seulement- comme la plus grande- parmi les épreuves dont vit la morale. Elle la rend dérisoire.

Emmanuel Levinas - Totalité et infini Essai sur l'extériorité.

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Publié le par Jean-François Guerry
QUATREVINGT TREIZE - EXTRAITS
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COMMUNIQUÉ ENTRETIEN SUR 450 FM avec le nouveau Grand Maître de la Grande Loge de France.

 

En cherchant sur le site de 450 FM la totalité, de l'entretien. Le 20 août. 

QUATREVINGT TREIZE - EXTRAITS
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Publié le par Jean-François Guerry
STATIQUE OU INITIATIQUE
Photo de mbacloud sur Unsplash

STATIQUE OU INITIATIQUE

 

Le véritable initié n’est pas statique, l’initiation est commencement et mouvement, pensée et action, theoria et praxis. Elle se distingue de la religion, en ce quelle est voie vers la transcendance et non acceptation de dogmes, elle va au-delà de la simple acceptation d’un mystère céleste, elle part à sa découverte en ayant conscience que le chemin prime sur le but accepté comme inatteignable, elle n’est pas déterminisme teinté de divin. Ce serait nier toute possibilité pour l’homme de progression, de perfectionnement le cantonnant dans une révélation passive, empêchant toute découverte de lui-même, du monde, des autres. Ce qui ne veut pas dire que les religions ne sont pas porteuses de vertus, dont l’initié sera amené à tirer profit. La méthode initiatique maçonnique est exercice spirituel c’est-à-dire theoria et praxis, formation et application. L’initiation est responsabilité morale vis-à-vis de nous-mêmes, des autres, du monde.

Le fait que l’homme possède en lui une parcelle de divin, ne veut pas dire qu’il est parfait et qu’il ne doit pas tendre vers la perfection. La parcelle de divin, ne reste qu’une parcelle, ou un grain en phase de germination pourvu qu’il soit mis en terre et amender.

Il ne suffit pas en effet d’être touché par une forme de grâce divine pour s’accomplir, il faut maturer, faire mûrir le grain. L’image de l’homme ne peut être infundibuliforme, ou alors celle d’un entonnoir positionné le bas en haut. La graine, l’eau divine, la parcelle de lumière doivent prendre de l’expansion, pour se rapprocher de la Grande Lumière incompréhensible, inconnaissable, inatteignable. L’initiation quand elle franchit certains degrés, certaines portes, permet parfois une forme d’illumination le plus souvent éphémère, extatique ce que l’on traduit par égrégore, harmonie, ou simplement joie dans nos cœurs. Le maçon sans cesse avance grâce à cette maxime : Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer…

Le maçon vit dans l’espérance de voir un jour, peut être un peu de Lumière sortir des ténèbres, cela donne du sens et un sens à sa vie, il sent bien que peu à peu l’esprit prend le pas sur la matière, pourvu qu’il soit un membre actif, fidèle et persévérant dans l’amour du bien, du juste et du beau.

 

                                            Jean-François Guerry.

C'est la rentrée pour vos décors ....
STATIQUE OU INITIATIQUE
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Aller vers la Lumière

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Publié le par Thierry Didier
NIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART V-  et FIN Thierry Didier
NIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART V-  et FIN Thierry Didier
NIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART V-  et FIN Thierry Didier

Il s’agit là d’un autre niveau d’analyse, plus catégoriel, et d’une certaine façon holistique, dans laquelle les fermions constituent la détermination d’une certaine « granularité » fondamentale de la réalité, d’une forme de matérialité. En effet, ces particules quantiques subissent comme les autres une forme d’incertitude sur leur position, mais bénéficient de ce qu’on appelle le principe d’exclusion, grâce auquel chaque électron ne peut pas occuper la place d’un autre, sans quoi ladite matière s’effondrerait sur elle-même. Pour filer la métaphore, le principe d’exclusion peut être expliqué par le jeu des chaises musicales : 6 chaises, 7 candidats, puis 5 chaises et 6 candidats, etc…. Á chaque tour, un candidat sera exclu afin que la « trame » de chaises, c’est-à-dire l’aspect solide de la matière demeure prépondérant sur le balai « labile » des candidats.  

Ce principe permet une alternative à la non-localisation, créant la représentation mentale d’un solide, illustrant la répartition ontologique de ces éléments, qu’on peut symboliser, s’agissant de l’Arbre séphirotique, par l’image « arrêtée » des séphiroth, où chacune subit l’influence des autres, mais sans possibilité de s’y substituer. L’autre grande catégorie sera celle des bosons, particules ne bénéficiant pas du principe d’exclusion précédemment cité, et donc se constituant en « flux », en faisceau transmetteur de forces. Il est assez contre-intuitif d’imaginer ces « grains d’énergie » comme des forces, mais cela est rendu effectif par les collisions rendues possibles (car non exclues) entre lesdits bosons, ces derniers libérant à ce moment une partie de leur énergie en forces propagatrices, à l’image d’un liquide, dont les molécules « glissent » les unes sur les autres. Nous y verrons aussi les 22 sentiers de l’Arbre Séphirotique, de même substance que les 10 séphiroth, mais possiblement fluctuantes.  En fait, plus que d’un gradient ou d’une échelle il s’agira, avec l’Arbre Séphirotique, d’une matrice, telle celles mises en avant par la pensée chinoise, où l’on puise çà et là des « causes » diverses, qui donneront alors des effets proprement « imprévisibles », car non linéaires. L’Arbre Séphirotique est en fait une image captée, et même « capturée » de ces quantifications appelées séphiroth, qui sont, selon l’explication commune, des « versants possibles » de la manifestation divine. Arithmosophiquement, il s’agit là d’une redondance, car le nombre « 10 » signifie l’unité réalisée, et donc les aspects divins qui en découlent, ce qui valide la situation des séphiroth.

Il en est de même pour les 22 sentiers, le nombre « 22 » symbolisant le nombre de lettres de l’alphabet hébraïque, mais aussi phénicien, éthiopien, hiératique égyptien, c’est-à-dire l’occurrence de lire, et donc de lier, en associant l’antagonisme des forces cosmiques (le « 20 »), à l’antagonisme des tendances individuelles (le « 2 »). Dit en termes moins fumeux, il s’agit de « rassembler tout ce qui est susceptible d’être épars ». Ces sentiers assurent non seulement leur liaison, mais également la possibilité de nuancer une valeur primitivement « entière » : c’est pourquoi chaque Séphirah est « nommée », ce qui permet de la qualifier, sur divers plans, moraux, philosophique, initiatique, épistémologique, mais aussi de la quantifier, c’est-à-dire d’en faire une « substance momentanément finie ».

Dans le domaine ésotérique, rien n’est négligeable, ni indépendant de ce qui l’entoure. Á cet égard, le milieu dans lequel « baignent » les séphiroth, qui leur permet donc d’exister et de se situer, connait son équivalent en physique quantique par le champ dit « de Higgs », qu’on peut définir comme une sorte de « viscosité de fond », qui va conférer aux particules quantiques, définies au départ comme une fonction d’ondes, une certaine masse (sauf chez le photon qui n’a pas de masse). Cette masse sera objectivée au niveau des séphiroth par une figure que certains qualifient trop vite de sphère ou de « boule ». Il s’agit plutôt ici de configurer ces limites selon des traits curvilignes fermés, en lien rotond avec le Divin.

On pourrait aussi comparer cet arbre à un tableau de loge, qui sera, au-delà des significations et des relations symboliques multiples qui s’établissent entre ces composants, un lieu d’équilibre entre lesdites entités, et d’autre part avec le « bain métaphysique » duquel elles émergent et dans lequel elles évoluent. Le tableau de loge est, dirions-nous aujourd’hui, un écosystème qui se suffit à lui-même, mais qui est constitué à la fois de symboles émergents, propres au grade : ce sont les images illustrant ledit tableau, et d’un « fonds diffus », d’un tissu nourricier invisible, d’un environnement ineffable constitué de tout ce qui n’est pas visuellement présent et qui constitue l’arrière-plan dudit tableau. Cet ineffable constitue aussi, nous l’avons déjà signalé, l’Ein Sof des kabbalistes, assimilable au vide quantique. Mais l’Arbre Séphirotique n’est pas seulement une interface, ou un juste milieu entre monde divin et monde tangible : il se suffit à lui-même, apparaissant comme un appareil auto-géré, auto-régi, le protégeant en fait de toute velléité excessive du dévot ou de l’impie.

Pour cela, sa fonction suprême, celle de la Connaissance, se devra d’être objectivée au sein même de son appareil. Da’ath, la 11ème Séphirah, dite « invisible », nichée dans le cœur battant de l’arbre kabbalistique des Séphiroth signifie en effet « Connaissance » : ce statut fait qu’elle n’est pas qualifiable en tant que telle, puisqu’elle est, déjà par elle-même, la qualification suprême, et la garantie à elle seule de toute la légitimité d’exister de l’Arbre Séphirotique. Da’ath est une forme de mise en abyme de cette Connaissance qui imprègne chaque Séphirah dans ses liaisons avec les autres Séphiroth. Nous pourrions dire que Da’ath est un « passeur » providentiel, dans son étymologie subsidiaire, c’est-à-dire qu’elle pourvoie au lien entre 2 mondes. Par sa transcendance discrète, Da’ath renvoie les autres séphiroth à leur qualité d’avatar, elle permet d’ajouter à la compréhension du divin par l’articulation entre ces Séphiroth, une finitude qui fait qu’elle se suffit à elle-même.

Si cette séphiroth est « cachée », c’est d’abord parce qu’elle apparait en filigrane du plan d’expression de l’Arbre, qu’elle est un pont invisible entre ce que j’ai appelé plus tôt, s’agissant de la physique quantique, le « Champ de Higgs », fonds diffus et nourricier, profond, et les autres séphiroth, plus ostensibles et de ce fait plus limitées dans leur valeur significative. Da’ath n’est donc pas proprement dissimulée, elle opère simplement sur un plan intermédiaire, entre les autres séphiroth et l’Ein Sof. L’élusivité de Da’ath connait un équivalent en physique quantique, le boson de Higgs, très furtif, d’ailleurs découvert en dernier parmi les particules quantiques, et qui, comme elle, possède des caractéristiques qui le distingue des autres quanta, cedifférentiel constitutif permettant d’agir derechef sur ces derniers.

Le boson de Higgs pourrait, à l’instar de Da’ath, être dit « invisible ou caché », car ce qui caractérise les autres quanta est chez lui absent : sa présence donne de la « viscosité » aux autres quanta, c’est-à-dire une masse à ce qui n’était qu’une fonction d’ondes ; conséquence : la théorie ne lui prévoit pas de masse, puisqu’il ne peut pas être à la fois, à l’instar de Da’ath, une référence et un « référé ».   De plus, le boson de Higgs n’a pas cette signature qu’on appelle le spin, qui est une sorte de « rotation intrinsèque » caractéristique des quanta, il interagit uniquement avec lui-même, et son existence est trop brève (de l'ordre de 10 puissance moins 22 secondes) pour qu'on le détecte directement.

Bref, ce qu’il faut retenir de Da’ath et du Boson de Higgs, c’est qu’ils échappent quelque part à la « ligne éditoriale » de leurs domaines respectifs, tout en y appartenant quand même : cette asymétrie est fondamentale, car elle permet de créer un point d’ancrage, extérieur par définition, apte à « densifier », à autonomiser peu ou prou ce système. L’Arbre Séphirotique, comme l’univers quantique, peuvent donc être qualifiés, excusez le caractère « désincarné » de cette approche, de « conurbations » de concepts définis sur le papier par des valeurs mathématiques, morales ou métaphysiques qu’il conviendra, pour l’initié, de « dépasser » en faisant usage d’un syncrétisme dont la portée dépendra du caractère, de la culture, de la conscience et de l’intelligence dudit initié. Si la réflexion est cohérente, rien ne sera jamais faux.

Simplement la réflexion se situera à des niveaux variables, elle demeurera plastique, et c’est ce formalisme de la plasticité qui permettra d’avancer dans « les voies de la Connaissance ». L’Arbre Séphirotique tout comme le modèle quantique ne sont donc pas à proprement parler, didactiques, d‘abord parce que leur fonction n’est pas celle-là , mais celle d’établir des ponts entre 2 autres milieux ; ensuite , et c’est une conséquence de la précédente, parce qu’ils offrent d’emblée toute leur structure à l’impétrant, afin que celui-ci puisse prendre la mesure de ce qui lui est soumis, et c’est là le « piège » : tout est exposé, mais rien n’est véritablement visible, chaque Séphirah, chaque quantum possédant une spécificité qui existe par la valeur qui lui est attribuée, mais aussi par sa position relative dans le schéma prescrit.

Cette aptitude est séduisante car elle décrit des phénomènes subtils, attractifs, quelquefois contre-intuitifs qui ne doivent pourtant pas « masquer » le caractère nécessairement subjectif de leur étude. Le modèle quantique, par exemple, ne se marie pas au modèle relativiste, et donc pas à ce modèle prégnant chez le franc-maçon, celui de la mesure.

Alors que le simple fait de tenter de mesurer un effet quantique se heurte à ce qu’on appelle la « décohérence », dans laquelle toute intrusion, ne serait-ce que visuelle, si infime soit-elle, provoque ce qu’on nomme un « effondrement quantique », où les lois régissant ce monde infiniment cessent immédiatement d’exister et basculent suivant les lois de la physique classique, relativiste. Ce terme de « décohérence » est péjoratif, car nous aurions tout aussi bien pu définir le passage du quantique à la physique classique comme une « recohérence relativiste » il porte en fait, par ce qualificatif, toute l’impuissance de la communauté scientifique à observer et maintenir en l’état cet effet.

L’effondrement quantique n’est pas un acte de révélation et d’émanation, mais, au contraire, un acte de restriction, d’où son épithète péjorative. On peut ainsi le rapprocher de la Chute adamique, depuis l’Eden, monde indifférencié vanté par la religion, où tout est potentialité, vers le monde discursif tel que nous le connaissons qui est, d’après la Bible, endroit de douleur et siège du Mal, en tant que pendant à l’inévitable Bien.  Ce retrait existe aussi dans La Kabbale, sous le nom de Tsimtsoum. Cet acte de « retrait ontologique » qualifie au mieux le passage de l’Ein Sof à sa manifestation en séphiroth.  Le retrait d’un milieu par rapport à un autre a cet avantage de ne laisser à aucun moment un « espace » neutre entre les 2 : ce qui est laissé est instantanément occupé par le milieu récepteur, en l’occurrence ici celui de l’Arbre Séphirotique, du monde tangible, et de l’espace-temps qui se crée.

 

Le Soleil-principe ne peut être, à l’origine, que principiel, puisqu’il se trouve en amont des anges, et non le simple luminaire placé au-dessus de l’Orateur, en loge symbolique. Il n’est perceptible, à l’instar des 3 modulations de l’Ein Sof, qu’au travers de 3 substrats successifs, aptes à moduler sa vigueur. Le 1er filtre sera celui du cercle pointé, le 2ème un triangle apposé sur le disque principiel : ce triangle va donner au Soleil-principe de l’étendue nuançant par essence une perception trop violente qui affecterait notre esprit. Le Soleil-principe ici ne signifierait rien s’il n’était lu par le prisme de ce triangle, qui lui confère la capacité à être un tant soit peu agissant, le triangle donnant au Soleil-principe un principe de dimension et de quantité à même d’en faciliter l’approche.

Enfin, les 3 S « postés » aux 3 sommets du triangle (Sagesse, Saint et Science) complètent ledit triangle, le renforcent, car il s’agit là de vertus proprement humaines.

La sentence LUX EX TENEBRIS, disposée entre Principe et matière, libère paradoxalement l’intelligence humaine, en tombant, par la Chute Adamique ou l’effondrement quantique, dans le manifesté. De façon presque naturelle, les Keroubim ou Chérubins, à la fois protecteurs et intercesseurs vont trouver leur place immédiatement à l’extérieur de cette sentence, pour border et rendre intelligible la liaison entre Principe et Nature. Ensuite le monde tangible va pouvoir se décliner en de nombreux archétypes tels que les 4 éléments alchimiques, les 3 états du feu, symbolisés par des bougies ; le Temple de Salomon flanqué des 2 colonnes ; l’Agneau ; le Caducée ; les 3 états de l’Être et la symbolique des nombres. Le caractère didactique, car fragmenté, compartimenté, des tableaux de loge précédents ne demande plus ici à être apprécié selon un ordre sérié, mais dans une mouvance qui n’en est une que pour les non-initiés…

Thierry Didier.

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NIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART V-  et FIN Thierry Didier
NIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART V-  et FIN Thierry Didier

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Publié le par Jean-François Guerry
L’IMPORTANT C’EST DE PARTICIPER.

L’IMPORTANT C’EST DE PARTICIPER.

 

 

L’important dans la vie ce n’est point le triomphe, mais le combat, ce n’est pas d’avoir vaincu, mais de s’être battu. 1[1]

 

 

En matière initiatique en effet l’important c’est de participer. De participer cela « va de soi » à sa transformation, à son changement d’état d’âme qui est un véritable vécu de l’être. Une expérience, un exercice spirituel majeur, qui commence par un exercice physique. La participation de l’initié est incontournable, puisque l’initiation est une communication directe avec le sacré de notre vivant hic et nunc.

L’initié n’a pas besoin d’un intermédiaire pour entrer en correspondance avec le divin. En ce sens qu’il n’assiste pas à un rite mais qu’il y participe. Les officiants, les initiants et le rite ne sont que des bâtons de pèlerin ou des échelles, des béquilles pour l’aider, le mettre sur le chemin, mais lui seul avance pas à pas, mot à mot.

Dans un monde intérieur chaotique, l’initié remet de l’ordre en lui en recherchant l’essence de ce qu’il est. Il prolonge cette expérience « en tire profit », pour essayer de remettre de l’ordre dans le monde. C’est le sens de la réception de la Lumière qui va mettre de l’ordre dans le chaos. La succession initiatique de « lux ex tenebris et Ordo ab Chao ». Chacun, à sa place, à son office participe au rayonnement et à l’Ordre. Le rite apparaît comme une réitération de la Genèse, c’est-à-dire la mise en ordre du chaos initial. Celui qui assiste, sans vivre et participer n’a pas sa place parmi les initiés.

La responsabilité de l’homme initié est de participer, par ses vertus, son art, son œuvre personnelle, au plan cosmique à la cohérence harmonieuse universelle. Cette transformation, initiation est celle de l’alchimie, elle est aussi un choc unique mais réitéré plusieurs fois afin de se renforcer sans cesse, elle agit comme la force d’un mantra. Ainsi nous reconstruisons à chaque réunion des initiés l’espace sacré de la Loge, la préparation à la communication, au partage en initiés et à l’Alliance avec le principe et la nature qui se confondent. Cette mutation, cette transformation est lente et progressive, elle se distingue de la foi et des confessions religieuses qui imposent le tout ou rien. Il ne s’agit donc pas de vaincre à tout prix, ce serait vanité, mais de participer, d’avancer, d’apporter sa part. Je n’emploierais pas cette valise fourre-tout éculée, vulgarisée : « apporter sa pierre à l’édifice ! ». L’orare doit s’accompagner du laborare. Il faut d’abord retrouver dans sa caverne la pierre magique, fabuleuse bien dissimulée. Les chercheurs de l’Or spirituel, ne sont pas ceux de l’or matériel. Proclamer de manière ostentatoire apporter sa pierre à l’édifice, c’est nier l’humilité consubstantielle aux grands initiés. C’est la différence en le plus grand des sophistes Protagoras vendant son savoir de cité de cité et Socrate le fils d’une sage-femme et d’un sculpteur qui proclamait dans les rues d’Athènes : je sais que je ne sais rien. Socrate était à la recherche de la Connaissance et non des savoirs. Cependant on ne peut pas et à quel titre jeter la pierre à Protagoras qui est mort près de 20 ans avant Socrate. Et après tout, il n’est pas incompatible d’être et de savoir, le savoir participe à la recherche de la Connaissance qui est Amour. L’important c’est de participer…

 

                                            Jean-François Guerry.

 

[1] Pierre de Coubertin. L’historien, auteur, membre du Comité Pierre de Coubertin, Jean Dury nous rapporte cette phrase prononcée par Pierre de Coubertin le 24/07/1908 lors d’un dîner offert par le gouvernement Britannique. Phrase transformée et vulgarisée par : « L’important c’est de participer ».

L’IMPORTANT C’EST DE PARTICIPER.

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Publié le par Thierry Didier
UNIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART IV- Thierry Didier
UNIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART IV- Thierry Didier
UNIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART IV- Thierry Didier

 

Cette « coloration » et cette « saveur » seront transposées dans l’Arbre Séphirotique en valeurs qualifiant les émanations divines, que matérialise chaque séphirah, valeurs morales, métaphysiques, voire situationnelles, mais obéissant aussi à un « prosaïsme confessionnel » dont seul le judaïsme est capable : couronne, beauté, force, miséricorde, Connaissance, intelligence, gloire, etc… Il ne faut surtout pas voir cette quantification des séphiroth comme une façon de les apprivoiser, de les réduire à une simple fonction mécaniste, car quantifier n’est pas rendre « plus prosaïque », c’est même plutôt le contraire, car cette « finitude transitoire » du concept, et c’est là un euphémisme, se prêtera parfaitement à sa collusion avec l’idée d’un syncrétisme mouvant, d’une transformation perpétuelle et d’une amplification sporadique permise par l’induction créatrice des 22 sentiers reliant les 10 séphiroth. La force de l’Arbre séphirotique sera qu’il est tellement archétypal qu’on ne pourra se résoudre, à son égard à une seule interprétation possible : on pourra y voir aussi bien un « boulier métaphysique », un gradient, une arborescence, un corridor ou un organe spéculaire, c’est-à-dire un portrait où se mirent nos attitudes et notre intellect, nous permettant, excusez cette redondance, de « spéculer », c’est-à-dire de compléter sans cesse l’approche relativiste du monde qui nous entoure. La vision la plus adéquate, mais en même temps la plus abstraite consisterait peut être à voir dans l’Arbre Séphirotique un « champ des possibles », pouvant exister sous 2 états très ponctuels, celui des séphiroth, qui symboliseraient une confluence « localisée et temporaire » et celui des 22 sentiers, qui ne sont autres autre que ce même champ, mais envisagé de façon potentielle, diffuse, non localisée.

Métaphoriquement, cet arbre serait assimilable au sang, seul tissu conjonctif liquide de l’organisme, fait d’« éléments figurés », les globules, plaquettes et consorts, et de plasma, sorte de fluide nutritif fait d’eau et de minéraux, échangeant sans cesse par les lois de l’osmose avec ces éléments « solides » précités. Alors bien sûr, un globule reste toujours un globule, et les transformations du plasma ne changent qu’à la marge la forme et la constitution des éléments qui y baignent. Alors que la physique quantique opère à la limite de la métaphysique.  Ce qui veut tout simplement dire qu’une découverte dans ces domaines-limites se partagera nécessairement entre le « dit » objectif, versé au dossier du prosaïque et un « non-dit » transitoire, versé au dossier « métaphysique ».

La métaphysique est alors ce qui nourrira les espoirs de découvertes les plus controversés. Rien d’anormal là-dedans, la métaphysique sera toujours ce domaine à l’ambivalence nécessaire : on a coutume, et c’est un contre-sens, à voir le radical méta- comme une temporalité : la métaphysique serait après la physique, au-delà de celle-ci, mais cet au-delà n’a pas de valeur temporelle, il est travaillé par l’homme qui sait se montrer « dépassé » sans se perdre…Et cette boussole s’appelle la métaphysique. Dans cet esprit, la vision que requiert l’Arbre Séphirotique se devra d’être avant tout globale, sur un mode méditatif, où l’attention passera de pôle en pôle sans jamais s’« attacher » à une valeur particulière.

On retrouve là l’esprit général de la franc-maçonnerie, qui est d’émanciper les personnes qu’elle contribue à construire, dans un objectif de souveraineté intellectuelle et d’autonomie fonctionnelle. Les exemples proposés peuvent être vus comme des illustrations un peu naïves, voire simplistes ; il n’en demeure pas moins, et c’est là leur force, que tout est lié dans ce bas monde, fut-il microcosmique ou macrocosmique. La limite entre physique et métaphysique est de toute façon toujours mise à rude épreuve : si vous lisez des ouvrages de scientifiques portés sur l’aspect fondamental de leur recherche, il y a toujours un moment où ils décrochent dans leur analyse prosaïque, et où leur seule échappatoire est de digresser pour faire diversion, ou simplement pour marquer leurs limites. 

C’est tout l’intérêt de ces disciplines médianes, que sont la physique quantique et l’étude séphirotique Cette approche sera néanmoins conditionnée au fait que nous ayons préalablement étudié chaque séphirah dans son essence propre. Nonobstant une vertu précise alléguée à chaque séphirah, leur essence pure n’existe pas, en fait, de façon définitive, étant, du point de vue quantique, plus le condensat de diverses valeurs que d’une valeur unique. Cette relativité est une force, comme elle l’est en franc-maçonnerie, car elle n’impose aucun dogme définitif. Il existe en effet une grandeur qualitative pour chaque émanation divine séphirotique, témoignant de son usage dans un entre-soi à la fois séculier et régulier. Mais en même temps, ses relations inaliénables avec les autres séphiroth tendent à relativiser la « tessiture » de la valeur morale qui est attribuée à chacune. 

Ainsi, par exemple, la 5ème séphirah, nommée Gevurah, « force » ou « rigueur », interagit-elle avec la miséricorde (Chesed), la gloire (Hod) et l’intelligence (Binah) ; elle sera donc, à un instant T, un peu de toutes celles-là, en quantité variable. Nous appellerons, en physique quantique, cette capacité à épouser différentes valeurs la superposition quantique, où chaque quanta existe simultanément sous des différentes valeurs, ce qui multiplie à l’infini le nombre de localisations possibles. Á sa façon l’Arbre Séphirotique est également une superposition de 10, voire 11 séphiroth, dans la mesure où ces canaux que sont les sentiers, sont effectifs. Autre corrélation intuitive, validée par l’expérimentation scientifique : la physique quantique a classifié les particules quantiques en 2 grandes catégories, les fermions et les bosons.

Thierry Didier.

À SUIVRE...
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UNIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART IV- Thierry Didier
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Publié le par Jean-François Guerry
La guerre civile abolit, efface toute morale, le fils est prêt à tuer son père et le père à tuer son fils. Le moindre "délit d'opinion" se lave avec le sang de ceux qui hier encore était des frères...

Jean-François Guerry.

QUATREVINGT TREIZE : La guerre civile est une chose effroyable !
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LE PHARE DE LA TEIGNOUSE ÉCLAIRE LA BAIE DE QUIBERON QUI FÛT LE LIEU D'UNE BATAILLE SANGLANTE ENTRE LES BLEUS ET LES BLANCS

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Publié le par Thierry Didier
UNIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART III- Thierry Didier
UNIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART III- Thierry Didier
UNIVERS QUANTIQUE ET MONDE SEPHIROTIQUE - PART III- Thierry Didier

Définir par exemple 2 univers ramènerait ceux-ci à une vision binaire, non ineffable, car détenue par l’homme en général ; en définir 4 n’apporterait rien de plus, puisque le processus d’identification symbolique s’arrête au nombre 3, et serait reproduit rel quel à la simple adjonction d’une unité supplémentaire. Même au niveau de l’Ein Sof Aur, nous restons dans une dimension archétypique, que l’on retrouve parfaitement illustrée dans le tableau du 28ème degré, où le soleil-principe, qui est plus que le simple luminaire, ensemence, irrigue toute une suite articulée et hiérarchique de symboles à même de reproduire ce délicat passage du principe à la matière. Cette approche particulière permet donc de proposer une alternative au phénomène intuitif de continuum, que l’on rencontre communément : la gravité, le sable, l’eau, la pensée, l’intelligence, le temps et l’univers semblent formés d’un tissu « conjonctif », s’écoulant sans obstacles, une sorte de « fluide métaphysique » continu.

C’est une forme d’adaptation de la chair à des principes mécanistes dont on a du mal à se départir, et qu’on ne peut alors concevoir, faute de mieux, que sous forme d’un flux. La notion de continuum semble alors intuitivement plus avancée que celle de « grain » (quanta, en latin) car elle nous emmène intuitivement vers l’image d’une affluence, d’une dynamique ou d’un essor qui évoque intuitivement l’esprit, l’intelligence ou la pensée. En fait, la notion de continuum symbolise un biais d’attrition, une carence de perception de l’individu à se servir d’un concept, n‘y voyant que son aspect corrélé, voire même, comme dans les fonctions d’ondes vibrant dans le vide quantique, que la corrélation elle-même. Ceci corrobore la théorie de la Relativité générale d’Einstein, qui décrit l’Espace-temps comme continu et lisse alors que la théorie quantique le décrit comme étant « discret (constitué d’unités discrètes) et agité », donc non-localisé.

L’ondulation, l’écoulement, la stillation plaisent à l’intellect, qui y voit une forme de spiritualisation de la pensée et de la matière. Cette vision n’est pas fausse, mais partielle : elle deviendra plus aboutie lorsqu’on y associera ce que les physiciens appelèrent donc les quanta, constituants ultimes des protons, électrons et neutrons, qui sont des condensats d’énergie discontinus et indivisibles, des sortes de « paquets » (on parle d’ailleurs de « paquets d’onde ») résistant, à très petite échelle à cette « fluidité ontologique » supposée. Pour faire un autre lien entre quanta et séphiroth, les physiciens parleront ainsi, à propos de ces particules singulières, de « couleur » et de « saveur » particulières, qualifiant de façon ambiguë lesdites particules, et trahissant quelque part la difficulté à caractériser dans le monde commun cette physique si particulière.

Thierry Didier.

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Publié le par Jean-François Guerry
Adam et Eve - Salvador Dali

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RÉFLEXION : L’ANDROGYNE

 

 

Adam et Eve, Adam et Lilith, Janus, les deux Jean, la dualité, le bien et le mal, l’initiation écossaise à la recherche de son soi, du principe d’unité.

Chercher la réponse, les réponses aux questions existentielles avec l’aide des mythes, des légendes, de leurs héros extraordinaires.

Par exemple Dionysos ne craint ni les dieux ni les hommes, parce qu’il est fils de Dieu et d’une mortelle : soit de Zeus et de Sémélé déesse terre ou selon les mystères orphiques, de Zeus et de Déméter ou de Perséphone. Il est le produit de l’alliance entre le ciel et la terre, entre le macrocosme et le microcosme qualifié de « feu divin », il est aussi le dieu du vin symbole de la connaissance. Il ne craint donc ni les dieux, ni les hommes, ce rebelle incarne l’hubris la démesure. Il serait apparenté à une famille de bancals ou de boiteux en grec nyos = boiteux.

Ce dieu nous est sympathique, car nous sommes nous-mêmes des boiteux redressés par l’initiation. Il suffit de voir nos premiers pas en loge et notre redressement après nos trois voyages. De fils de la terre, nous cherchons à devenir fils du ciel ? On plutôt fils de la terre et du ciel, une manière de concilier foi et raison. Savoir garder la mesure : rien de trop c’est l’injonction de l’oracle. Si nous devons être des architectes de notre avenir comme Dédale, nous devons nous garder de brûler nos ailes trop près du feu ardent du soleil comme Icare. ; Ou encore nous protéger de l’ardeur de ce feu comme Moïse en s’initiant progressivement en prenant soin de retirer nos sandales, de protéger notre visage avec notre main. Il nous faut éviter toute ostentation, même si petit Dionysos nous sommes sorti de la cuisse de Zeus ou Sémélé nous avait placé pour parfaire notre croissance, notre perfectionnement. Nous n’en restons pas moins grâce à notre initiation comme Dionysos deux fois né.

Dionysos

À sa naissance Dionysos dieu cornu à la tête couronnée de serpents, ce bâtard fut découpé en morceaux par les Titans sur ordre de la « femme légitime » de Zeus Héra, de son sang paraît-il jaillir les grenades, est-ce ces grenades placées sur les chapiteaux des colonnes du temple. (B et J). L’histoire de Dionysos ne s’arrête pas là, sa grand-mère Rhéa rassembla les morceaux de son corps (voir la correspondance avec le Mythe d’Osiris). Dionysos fut ensuite déguisé en fille par Hermès, puis en chevreau confié à des nymphes. Adulte il découvrit la fabrication du vin, retrouvé par Héra, elle le rendit fou. Il partit pour un long voyage, il chemina si bien, dans différentes contrées qu’il fut confondu dans certaines d’entre elles avec Noé.

On peut retenir qu’il fut à la fois masculin et féminin, maléfique et divin, en clair un héros ambigu. L’androgyne n’est t- il pas la figure aboutie, majeure de l’altérité ? Le travestissement rituel présent dans plusieurs initiations, n’a-t-il pas pour objectif la découverte du véritable soi ?

Janus - Vatican

Dans nos rituels maçonniques, il y a souvent une dualité des rôles, confère le 3ème degré et le 30èmedegré. On peut penser aussi à la notion d’ange gardien, ou notre double, de notre « daïmon ». Le vin prisé par Dionysos est à la foi divin et diabolique en excès. On peut faire ici encore le rapprochement avec le patriarche Noé. Faut-il descendre aux enfers et se confronter à son double maléfique pour s’initier et remonter de la caverne à la recherche de la Lumière ? Il est constant d’observé que si le grain n’est pas mis profondément dans la terre il meurt, se dessèche. Il faut ouvrir et fermer les portes. Celui qui n’a pas connu l’initiation terrestre dans la caverne, peut-il prétendre à l’élévation céleste ? Paul Diel le psychanalyste qui distingue le bien et le mal, écrit aussi : il est cependant clair que la frénésie dionysiaque est exclusivement accessible à des hommes d’envergure, dont l’aspiration originellement élevée se trouve déviée de son but évolutif [1]

Moïse et le buisson ardent

Le parcours initiatique nous enseigne, que nous pouvons être autre en restant le même pourtant. Que notre désir de perfectionnement est à la fois infini et limité par notre condition de mortel. Dit autrement les arbres sont bien en terre et n’atteignent jamais le ciel. Quelques grands initiés paraît-il ont eu le privilège de contempler le principe, l’un, Dieu comme Moïse. Pourtant Franc-maçon nous avons retenu de ce héros bègue, ne sachant pas lire à peine qu’épeler, nous avons retenu nos premiers pas hésitants sur le pavé mosaïque, ni nu, ni vêtu, un pied nu pour ne pas profaner l’espace sacré. Plus tard, pour certains, ce signe pour se protéger de la Grande Lumière de cette flamme éternelle qui brûle dans le buisson ardent, sensée nous protéger du mal ? Il est sûr et certain que pour atteindre une forme d’unité harmonieuse, il nous faut associer les deux oracles de Delphes : le connais-toi… et rien de trop…

 

                                            Jean-François Guerry.

 

[1] Paul Diel, la Symbolique dans la mythologie grecque : étude psychanalytique. Éditions Payot 1952. Citation reprise dans Mythes et concepts de Jean-Bernard Levy. Éditions Selena.

RÉFLEXION : L'ANDROGYNE ?

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