Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Paris automne 1777, le tout Paris considère l’aventure du jeune Marquis La Fayette avec intérêt et sympathie, les exploits des insurgés du Nouveau Monde sont dans les conversations des endroits où l’on parle : salons littéraires, le Café Procope, les Loges Maçonniques. La famille royale s’efforce d’entretenir de bonnes relations avec les anglais. Mais à contrario il souffle un vent de liberté sur la France.
Aux États-Unis La Fayette doit s’expliquer devant le Congrès, certains de ses compatriotes se comportent mal pétris d’ambitions et d’intérêts. Il affirme avoir traversé l’océan au péril de sa vie et payé lui-même son expédition, en désobéissant à son roi, pour défendre la grande cause de la liberté. Le 1er août un diner avec George Washington qui lui sourit dès le premier regard consacre la confiance des américains. Washington Franc-maçon épris de justice et de liberté sera un ami indéfectible de La Fayette. Ce même Washington sera inspiré par le livre de Thomas Paine : Le sens commun. La bataille de Yorktown en Virginie se déroule du 28 septembre au 19 octobre 1781 elle signera la victoire des insurgés. À Yorktown : Rochambeau, de Grasse, Washington, La Fayette, Lameth et des canadiens français furent frères d’armes. La défaite de l’Angleterre signe la victoire de la Liberté.
La victoire de Yorktown
En mars 1984 Ronald Reagan rappelait à la Maison Blanche la Fayette a dit : L’humanité a gagné sa bataille, la liberté a maintenant un pays. Reagan poursuivait : Nous avons une profonde admiration et une profonde gratitude pour nos alliés français, pour l’aide militaire, financière, diplomatique qu’ils nous ont apportée et qui contribua à mettre un terme à la guerre. Nous sommes reconnaissants non seulement à Rochambeau et La Fayette mais aussi aux milliers de soldats français qui marchèrent de Newport à Yorktown et à la splendide flotte commandée par l’Amiral de Grasse. Le fils de l’Amiral de Grasse : Alexandre, François, Auguste est reconnu par les Francs-maçons comme l’importateur du Rite Écossais Ancien et Accepté, il fût Souverain Grand Commandeur du Rite.
L’amour de la liberté et la solidarité entre le peuple américain et le peuple français ne se démentira pas quelques années plus tard allait naître sur les idées du nouveau la révolution française à laquelle naturellement la Fayette allait prendre part et sa part.
Jean-François Guerry.
À SUIVRE…
LA FAYETTE PHARE DE LA LIBERTÉ
ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)
POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :
1775 Metz, le jeune Marquis millionnaire est en garnison à Metz, les soldats de Louis XV s’ennuient le sexagénaire combattant Victor François de Broglie est passé du héros des combats au service secret du « Cabinet noir du Roi ». Il trompe l’ennui de ses troupes en lançant une chasse sauvage aux prostituées dans les rues de Metz, le jeune La Fayette qui n’a jamais eu de propension pour les amours vénales, mais sa compassion pour les femmes publiques traduit son caractère, il prend parti pour ses femmes traquées, comme pour les proscrits et les marginaux.
Dans le Nouveau Monde un conflit entre le gouvernement royal et ceux que l’on appelle les insurgents ou les Bostoniens passionne le jeune capitaine qui écrit alors : « Du premier moment où j’ai entendu prononcer le nom de l’Amérique, je l’ai aimé. Dès l’instant où j’au su qu’elle combattait pour la liberté, j’ai brûlé du désir de verser mon sang pour elle ; les jours où je pourrais la servir seront comptés par moi, dans tous les temps et dans tous les lieux, parmi les plus heureux de ma vie. » Les voies de sa vie étaient tracées.
L'Hermione
À la fin de l’année 1775 alors qu’il se rend pour un séjour à Paris, alors qu’il s’informe toujours des événements du Nouveau Monde, il cultive son esprit se passionne d’histoire, de géographie, de philosophie. Ségur son oncle par alliance et le Duc d’Ayen seront ses parrains maçonniques. La Fayette recevra la Lumière à la Loge La Candeur à Paris. Il a alors 18 ans, il sera fidèle à son engagement et son serment jusqu’à sa mort, il avait été ébloui par l’esprit de liberté, de tolérance ainsi que le niveau de la culture qui régnait dans les Loges parisiennes.
1776 – 1777 Le destin de La Fayette va s’accélérer, le 3 décembre 1776 Benjamin Franklin venant d’Amérique débarque au Port de Saint-Goustan à Auray, il se rend à Paris pour rencontrer le Roi, chercher des subsides et signer un traité d’alliance, ce voyage aboutira à l’indépendance des États-Unis. Il ira aussi en visite dans la Loge de Neuf Sœurs que fréquentait La Fayette. Franklin instruit de la personnalité du jeune La Fayette et de son enthousiasme pour les insurgents par Deane, donnera à la Fayette une Chaleureuse et Fraternelle lettre de recommandation à l’intention du président du congrès. Le destin du jeune Marquis est en train de s’accomplir, il s’empresse d’acheter un navire et de l’affréter pour un départ vers le Nouveau Monde, nous sommes en mars 1777 ce navire il l’appellera La Victoire !
La Fayette avait pris la mer contrevenant aux ordres du Roi et sans l’assentiment de son épouse, mai juin 1777 la traversée fut longue et pénible, il avait pris tous les risques son navire n’avait que deux canons et les hommes quelques fusils. Il écrit à son épouse qu’il veut faire adhérer à son engagement, il se veut Américain : « J’espère qu’en ma faveur vous deviendrez bonne Américaine ; c’est un sentiment fait pour les cœurs vertueux. Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité. Elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté. » On mesure ici la vision de La Fayette sur ce que le Nouveau Monde allait devenir pendant de nombreuses années un phare de la Liberté éclairant le monde grâce à l’action de ses fondateurs. On mesure aussi que d’autres hommes peuvent éteindre rapidement cette Lumière de la Liberté symbolisée par la statue de Frédéric Bartholdi un autre Frère. Il est venu le temps d’appeler au secours La Fayette et les enfants de la veuve.
Le 15 juin 1777 la vigie du navire La Victoire[1]après avoir quelques oiseaux inconnus poussait un cri : terre ! La Fayette et ses hommes accostaient à South Inlet en Caroline du Sud. Ils furent accueillis par des embarcations remplis d’esclaves noirs, un premier contact insolite sur la terre de la Liberté. Gonzague Saint Bris dans sa biographie de La Fayette, écrit, que quelques années plus tard Châteaubriand lors de son premier contact avec le nouveau monde fis la même expérience qu’il relata dans ses Mémoires. Il s’exclamera comme aurait pu le faire La Fayette : « Ce fut une esclave qui me reçut sur la terre de la Liberté »
Jean-François Guerry.
À SUIVRE…
[1] Le navire La Victoire – il n’existe aucune représentation de ce premier navire de La Fayette. (LaVictoireest unnavire de commercefrançais. C'est sur ce navire queLa FayetteetJohann de Kalbeffectuent leur premier voyage en Amérique en1777, avant celui sur l'Hermione, en1780[2],[3].Elle est coulée au large deCharleston, le14 août 1777par la flotte anglaise[2]. Source WIKIPÉDIA)
ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)
POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :
Statue de La Fayette - Campus du La Fayette College à Easton Pennsylvanie
AU SECOURS LA FAYETTE
Cette réflexion m’est venue à la lecture d’un article de Natacha Polony dans l’hebdo Marianne du 17 au 23 juillet dont le titre est : Une fête nationale implique qu’il existe une Nation. Rassurez-vous il ne s’agit pas politique quoique ? Il est question de la fête nationale du 14 juillet qui est sensée faire Nation, réunir ce qui est épars. C’est là qu’interviens le lointain et trop souvent oublié notre Frère La Fayette. Le 14 juillet 1790, écrit le rapport du Sénat préparant l’adoption de la proposition de loi Raspail. Est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par des efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire.[1] Depuis nous célébrons cette fête la Fédération qui a eu lieu le 14 juillet 1790 au Champ de Mars à Paris.
À titre personnel le Champ de Mars évoque pour moi un autre événement, et une émotion qui est restée dans ma mémoire : le 25 septembre 1962, alors âgé de 15 ans, j’étais sur place un des bénévoles pour la cérémonie de lancement du film Le Jour le plus long de Darryl Zanuck qui rassemblait de nombreux acteurs célèbres américains et européens. Nous étions cependant loin des 100 000 fédérés des Provinces françaises et des 400 000 à 600 000 parisiens réunis le 14 juillet 1790, non pas pour une cérémonie du septième art, mais pour faire Nation. Le rapport du Sénat parle de grands hommes qui ont permis cette fête de la Fédération dont le rôle était d’apaiser les excès de la Révolution Française et de faire corps dans l’intérêt de tous. Le premier de ces grands hommes qui ont permis ce rassemblement est sans aucun doute La Fayette.
En 2006 pour célébrer les 250 ans de la naissance de La Fayette. L’écrivain, historien, journaliste Gonzague Saint Bris, écrivait sa biographie du Marquis auvergnat.[2] On peut lire en quatrième de couverture :
Le 6 septembre 1757, Gilbert Motier, marquis de La Fayette, naît au Château de Chavaniac, dans les montagnes d’Auvergne. Orphelin et millionnaire à quatorze ans, marié à seize ans à la femme de sa vie, major général dans l’armée des États-Unis à dix-neuf ans, tel est le destin du Héros des Deux Mondes à vingt ans.
Tour à tour défenseurs des Indiens et des Noirs en Amérique, des protestants et des juifs en France, pionniers des droits de l’homme, prophète du suffrage universel, partisan de l’ouverture, avocat des Irlandais, des Polonais, des Italiens qui sont à la recherche de l’idée d’une nation. La Fayette anticipe tous les combats de la Liberté. Il traversa trois révolutions, quatre royaumes, deux républiques et un empire, et symbolisera une idée de la France engagée hors de ses frontières.
Ce fut donc un marquis libertaire, ami des pauvres et des riches pourvu qu’ils soient vertueux. Homme des Lumières, il fût de surcroit Franc-maçon. Il rejoint l’Orient éternel en 1834, en ayant Vénérable Maître, Grand Maître Honoraire du Conseil des Grands Chevaliers Élus Kadosch du Parfait Silence de la Vallée de Lyon en 1831, la même année il fut nommé 33ème degré aux États-Unis. En 1833 Le Grand Orient le nommera représentant du rite écossais de l’hémisphère occidental.
Le serment de La Fayette à la Fête de la Fédération
Ce « Héros des Deux Mondes » qualifié ainsi pour son engagement pour la Liberté est plus reconnu et célébré aux États-Unis que dans son pays. Dans le Nouveau Monde on dénombre plus de rues, de places, de villes, de villages, que chez nous. Il collabora avec Jefferson à la fin des années 1780 à la rédaction d’un projet de Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Sa propension à vouloir réunir fut sans doute à l’origine de sa renommée et aussi pour certains de sa détestation, il fut toujours au service de Louis XVI, lequel participa au financement des insurgés de la révolution américaine. Ami de Washington, il rencontra Benjamin Franklin et d’autres Frères américains fréquentant la Loge parisienne des Neuf Sœurs et venus en France chercher des subsides pour leur combat en Amérique. La Fayette fidèle au roi, à la Nation, à l’Assemblée Nationale, ayant la confiance du roi, il voulait réunir la monarchie et le bonnet phrygien pour faire Nation.
Organisateur de la Fête de la Fédération en qualité de Commandant de la Garde Nationale il fut le premier à prêter serment devant le peuple au Champ de Mars il dit : Nous jurons de rester à jamais fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi de maintenir de tout notre pouvoir la constitution décrétée par l’Assemblée Nationale et a acceptée par le Roi… de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la Fraternité.
Hier, comme aujourd’hui seule la Fraternité peut faire Nation, seule la Fraternité peut relier l’Égalité, la Liberté et donner du sens à notre fête Nationale du 14 juillet.
Jean-François Guerry.
À SUIVRE….
[1] Natacha Polony Hebdo Marianne du 17 au 23 juillet.
[2] Gonzague Saint Bris – La Fayette Folio Gallimard.
"Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits..." Ainsi commence le 1er article de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1789.
Plus de deux siècles plus tard, les droits universels de l'homme semblent avoir été remplacés par une charte non écrite mais consciencieusement appliquée par nos contemporains que nous pourrions appeler : Charte du bonheur humain, dont le 1er article énoncerait :
"Les hommes ne peuvent être entravés dans leurs quêtes de bonheurs. Dans l'intérêt commun, personne ne peut retirer à l'autre son droit de consommer et de jouir des bienfaits de ce monde..."
Dans ce mirage aux libertés qui anime la planète, le moteur de l'humanité semble se résumer à une quête effrénée du bonheur.
Et pour atteindre le bonheur, nous l'imaginons comme lié à l'obtention de plus en plus de libertés.
Notre bonheur reviendrait à avoir des libertés...
Ce constat concerne en premier lieu, nous, les nantis des sociétés dites évoluées, où quelques individus accèdent à ce "trop pour eux-mêmes", combattant la frustration engendrée par une sur-offre non assouvie.
La frustration est devenue notre enfer...
Notre monde ressemble à un hypermarché où les rayons proposent à notre convoitise des milliers de tentations auxquelles notre lente évolution depuis la préhistoire nous invite à succomber pour la survie même de notre espèce.
Ainsi, il est possible que notre état d'éloignement à la véritable Liberté soit à l'origine de notre éloignement de la sagesse et la spiritualité, conséquences d'une recherche exacerbée de toujours plus de libertés et de bonheurs...
Dans cette quête, nous avons perdu de vue notre véritable liberté, dont l'origine n'est certainement pas située là où nous la plaçons.
Qu'avons-nous oublié ?
Qu'avons-nous fait de notre bonheur individuel et collectif ?
N'avons-nous pas succombé aux mirages de la liberté en redéfinissant le socle même de notre humanité ?
Le mot "liberté" désigne couramment l'absence d'entraves à nos actions matérielles.
Pourtant, ces libertés ne sont que des mirages, il ne s'agit en fait que d'un champ plus ou moins étendu de possibles.
Notre liberté se situerait-elle uniquement dans la longueur de la corde qui nous retient ?
Nous désignons également comme liberté la possibilité de penser selon nos désirs : la libre pensée.
Pour autant, on ne peut nier que nos pensées sont dépendantes de nos apprentissages, de nos expériences, le tout consistant en un formatage de nos cerveaux.
Ainsi, nos pensées sont créées à partir d'un substrat imposé que nous ne choisissons pas nous-mêmes, issu soit de l'extérieur, soit de nos apprentissages précédents.
Les dernières études scientifiques au sujet de notre conscience concluent que nos pensées apparaissent dans nos méandres cérébraux totalement indépendamment de notre volonté !
Nos pensées existeraient en avance de phase par rapport à notre prise de conscience de nos propres pensées !
Pour preuve, des imageries médicales de notre activité cérébrale ont établi qu'une idée est déjà présente dans notre cerveau avant même d'avoir l'impression de décider cette pensée...
Dans les faits, nous ne serions donc même pas libres de penser...
C'est un mirage avec lequel nous nous accordons, un libre arbitre "virtuel" tant il se distancie de la pseudo-réalité que nous nous sommes construite...
Ainsi, nous confondrions "avoir conscience de quelque chose" avec "liberté de penser à cette chose".
Par exemple, les mots que j'écris à cet instant me seraient soufflés par mon cerveau et non pas par une action de ma volonté.
Même si j'ai l'impression d'en être l'auteur, je n'en serais que l'acteur.
Vertigineux, n'est-ce pas ?
Lorsque l'on tente de prendre conscience de ce fonctionnement de nos pensées, nous avons un réflexe de rejet bien naturel.
Où serait l'humain, dans ce cas ?
Tous les fondements qui sous-tendent notre compréhension du monde et son apparence seraient à remettre en question ?
Quelle pensée hérétique et farfelue...
Ce qui se dresse devant nous, et que notre bon sens terrien rejette avec fermeté, est à l'image d'une révolution copernicienne : un passage de l'égocentrisme à une vision élargie !
Abandonner notre chère liberté pour en chercher une autre !
Nous sommes tellement certains que nos pensées sont libres que nous ne pouvons imaginer, et encore moins admettre, autre chose !
Pourtant, ne pas disposer de la liberté de nos pensées n'est pas incompatible avec notre humanité, car nous disposons d'une autre liberté, peut-être la seule : celle de porter notre attention sur nos pensées !
Notre regard intérieur, cet œil du cœur, qui crée la seule liberté ici-bas par la vision qu'il engendre.
C'est peut-être là que se situe l'enjeu de ce monde, qui a momentanément abandonné sa véritable conscience au profit d'une course virtuelle aux libertés.
Plus de 60 000 pensées sont produites par notre cerveau chaque jour.
Elles ne sont pas le produit de notre libre arbitre, mais de la seule activité autonome de nos cellules grises...
Notre seule liberté est de porter notre attention, c'est-à-dire de focaliser notre conscience sur les pensées que nous souhaitons regarder avec notre œil intérieur.
Cet exercice de regard intérieur est plus complexe qu'il n'y paraît : maîtriser notre conscience ne revient pas à maîtriser nos pensées, car cela est proprement impossible, mais consiste à focaliser notre regard conscient sur nos pensées.
Pour illustrer cette tentative d'explication, je vous propose l'image d'une projection de cinéma :
Durant la séance de projection, on peut soit se laisser aller à regarder le film, soit on peut commencer à choisir ce que nous regardons dans les images, en portant par exemple son attention de manière consciente à un détail dans l'image.
De cette manière, le film dévoile tout autre chose : une infinité de détails, de structures dont la prise de conscience modifie la première vision.
En s'exerçant à cette pratique, on s'aperçoit vite, avec l'exploration du vaste domaine de nos pensées, que notre cerveau est davantage un compagnon que le moteur de notre conscience.
Selon le formatage de notre cerveau, selon les expériences auxquelles il a été exposé, notre cerveau peut devenir soit notre meilleur, soit notre pire compagnon...
Nous vivons dans un rêve. Celui qui nous laisse croire que nous sommes acteurs et même auteurs alors que nous ne sommes que les spectateurs de ce monde aux libertés virtuelles.
Si l'homme ne possédait qu'une dimension matérielle, il n'aurait aucune liberté, simple pantin animé par les entrelacs de causes et de conséquences orchestrés par les lois du monde exprimé.
Mais l'homme éveillé témoigne, par l'expérience intime, d'une seconde nature, spirituelle, immatérielle, qui lui permet d'accéder à une toute autre liberté dont la nature se cache dans le plus profond de notre être.
L'homme spirituel est celui né de l'interaction de ses deux dimensions, permettant de transformer sa liberté spirituelle en action dans le monde physique.
Ne nous laissons pas succomber aux leurres des libertés, dans une posture inactive, confortablement assis devant nos écrans cérébraux.
Le chemin est long pour changer nos regards sur nos propres pensées, pour ne plus confondre bonheur et liberté, pour que Joie et Amour deviennent nos objectifs afin de poursuivre au-dehors l'œuvre commencée dans notre Temple intérieur.
Au-delà de notre liberté à reconquérir se situe l'action et le devoir.
Effectivement, toute liberté ne peut se réaliser sans la contrepartie du devoir.
Ce dernier point nécessiterait à lui seul un vaste commentaire...
Je me contenterai de souligner l'importance de la responsabilité qui incombe aux cherchants dont le regard se tourne vers leurs tréfonds et qui tentent, en inversant, de trouver la Lumière.
Car la quête de la Liberté est avant tout un devoir et un sacrifice qui passe symboliquement par la mort du vieil homme aux libertés factices, enfermé dans ses faux-semblants, pour qu’apparaisse le nouvel homme libre.
Notre devoir est de créer des ponts pour qu'en hommes libres nous traversions les abîmes que trouve l’Être en chemin vers la Lumière.
Pythagore le premier des philosophes, avait compris le génie du ternaire, avec sa Tétractys, ce triangle cosmologique avec ses nombres. La franc-maçonnerie qui tend à réunir ce qui est épars, qui veut mettre fin à la dualité pour faire l’unité, propose un itinéraire initiatique ou le ternaire prend place à chaque degré.
Peut-on envisager l’allumage des feux d’une loge à deux ? La création d’un creuset initiatique impose le ternaire symbole d’unité.
L’objectif de perfectionnement de l’homme passe par la réalisation de son unité, de son harmonie : Corps, Âme, Esprit. Le secret du nombre 3 est le nombre 1. La mystérieuse harmonie se réalise dans le cœur de l’homme, le maçon a juré de garder ce secret par serment devant le triangle formé par le Grand Architecte, ses Frères et lui-même.
Les figures géométriques symboliques entrelacées présentent sur les tableaux, cartouches et les bijoux maçonniques qui se dévoilent tout au long de la spirale ascendante initiatique, témoignent du passage indispensable du ternaire vers l’unité. L’élévation spirituelle du Maître Maçon n’est possible qu’avec la force de trois de ses Frères. Cette élévation célèbre la mort de la dualité des ténèbres au profit de l’unité radieuse de la Lumière. La célébration même de la mort de l’architecte nécessite la présence de deux Rois et d’un Intime qui portent son cœur au sommet du mausolée avec l’épée de justice.
Le 9 la triple répétition du 3 est le signe de la venue du 10 qui est un. Dans les loges de Saint-Jean, on apprend, que tout est un, et que un est le tout. Et nous travaillons pour : Que Tous soient Un. [1]
L’homme sage et juste s’efforce du mieux qu’il a hauteur de ses capacités d’homme de réduire l’épaisseur du trait dans toutes les choses qu’il construit, afin de les rendre acceptables passables c’est-à-dire suffisamment élaborées avec ce qui doit le guider : la justice qui démontre son amour des autres. C’est un exercice difficile, c’est une voie étroite, exigeante, mais nécessaire à l’harmonie du monde, des sociétés, des hommes.
L’esprit de justice et d’amour doit être placé au sommet de l’obélisque, qui rayonne alors et harmonise matérialité et spiritualité. Quand cet obélisque est vu de tous, il montre les voies qui doivent êtres tracés, les voies de la perfection que nous savons inatteignables, mais qui sont celles qui inspirent, ces voies sont jalonnées par la constance, la persévérance, dans le bien, le juste et le beau.
Il restera toujours une marge d’erreur dans l’action, cela ne doit pas empêcher de poursuivre le chemin, que celui qui ne se trompe jamais lance la première pierre.
Plutôt que de caricaturer l’épaisseur du trait, le delta d’incertitude, il faut reconnaître la lumière sur le chemin. Tout Maître d’œuvre acquiert sa compétence dans la durée de son travail, quand il maîtrise la matière et les contraintes qui lui sont liées. Quand il s’agit de gouverner, il faut un cap, une vision, pour arriver à un port qui n’est qu’une escale sur l’itinéraire. Une escale pour reprendre force et vigueur et poursuivre la voie tracée, on ne peut infléchir cette voie en permanence, le capitaine doit tenir en cas de tempête et même sous les petites brises inattendues. En Franc-maçonnerie la matière que nous travaillons c’est l’homme, une matière vivante, parcelle de l’humanité. Construire un homme complet ou s’harmonise en lui matérialité et spiritualité est un travail et un devoir. Cela impose de réunir les contraires, les dissensions qui sont en nous. Réunir ce qui est épars ! Nous ne pouvons que souhaitez à nos dirigeants à la Force et le Courage pour établir, dans un monde sans cesse en mouvement, il faut être des balises fermes, des repères justes, abandonner l’arrogance et s’enrichir de ses erreurs en les reconnaissants et sans ambition personnelle dire la vérité pour servir le réel. Gloire au travail !
Jean-François Guerry.
COMMUNIQUÉ
Samedi 25 octobre 2025 Château Saint-Antoine
Marseille
10 heures - 17 heures
XIVes Rencontres
Académie Maçonnique Provence
De l'Orient à l'Occident,
poursuivons encore
notre chemin...
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,
Les Maîtres Maçons voyagent de l'Orient à l'Occident, et de l'Occident à l'Orient dans un cheminement incessant.
Nous poursuivons ce chemin à l'occasion des XIVes Rencontres de l'Académie Maçonnique Provence qui se dérouleront le samedi 25 octobre 2025 au Château Saint-Antoine à Marseille, pour la suite des conférences sur la thématique
De l'Orient à l'Occident,
poursuivons encore notre chemin...
Nous accueillerons, trois conférenciers afin de leur donner plus de temps d'expression et d'échanges avec les participants.
Je vous rappelle que la nouvelle formule avec trois conférenciers nous permet d'avoir également un temps de rencontres directes lors des dédicaces des auteurs qui ont lieu dans la salle humide avec boissons et "petit goûter de départ ".
Le programme de la journée est donc le suivant :
- 9h00: Accueil des participants ;
- 10h00 : Mot d'accueil et de présentation de la journée ;
- 10h15 : Conférence de Thierry Zarcone
- 11h30 : Conférence de Yves Bomati
- 13h00 : Agapes fraternelles
- 14h30 : Conférence de Bertrand Bergely
- 15h45 : Conclusions et Chaîne d'Union ;
- 16h00 : Rencontre et dédicaces avec les auteurs et pot de départ.
À l'occasion de ces XIVes Rencontres, nous aurons l'honneur d'accueillir
Bertrand VERGELY Philosophe, essayiste
Voyage en haute connaissance
Yves BOMATI GLDF Universitaire, historien des religions
L'Iran du zoroastrisme et de l'ismaélisme nizârite d'Alamût dans la construction
de la Franc-maçonnerie occidentale
Thierry ZARCONE GLNF Historien, Directeur de recherches au CRNS
Vénérable Maître de la Loge de recherche
Villard de Honnecourt
La quête orientale et mythique de la Rose-Croix, échanges avec le soufisme, le rôle d'Abdelkader
et la chevalerie spirituelle orientale
Les titres des conférences sont encore provisoires, mais les conférenciers sont confirmés !
La journée est gratuite pour les abonnés 2025 de l'Académie Maçonnique Provence et des autres Académies régionales (Lille, Paris, Lyon, Dijon et Toulouse)
La participation aux frais pour la journée et de 25€ pour les non-abonnés auxquels s'ajoutent, le cas échéant, les frais de restauration (25€) comprenant le café d'accueil, le repas (entrée, plat, fromage, dessert, boissons, café) ainsi que le pot de départ.
À l’issue des conférences, nous vous enverrons les textes des conférenciers de même que l'enregistrement intégral des conférences et des échanges qui suivront.
Toujours disponibles : Christophe Richard : Initiations, tantriques, initiations bouddhiques David Taillades : Aperçus sur les origines médiévales de la Franc-maçonnerie Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ? Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie. Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?
Les hommes font la chasse aux trésors, les yeux grands ouverts et pourtant bien souvent, ils ne voient rien. Ils s’asservissent à l’apparence des choses. Ils se précipitent, dans les plaisirs matériels éphémères, ils oublient le Trésor qui sommeille dans leur cœur. Matthieu dans les Béatitudes à propos du Vrai trésor dit : Car ou est ton trésor, là sera aussi ton cœur. [1]
En scrutant son être intérieur, jusque dans ses plus grandes profondeurs, là où l’on voit l’homme nouveau, transformé spirituellement on approche la Lumière de la Vérité et de la Justice. Avec l’homme nouveau, commence le monde nouveau c’est ce que nous enseigne la méthode maçonnique, la pratique de la conversion spirituelle, pour la cosmologie d’un nouveau monde. Parvenu à la transformation de l’avoir en être, puis à un état supérieur de l’être, l’essor spirituel provoqué par la maçonnerie de tradition, qui fait des hommes libres et de bonne mœurs. L’homme qui pénètre son être intérieur se libère de tous les jougs et les dogmes, pour les remplacer par le bonheur de la charité, de l’Amour Agapé.
La rénovation au Vitriol, impose une plongée dans notre cratère intérieur.
Le cratère d'Empédocle
Plonge-toi, si tu peux, dans ce cratère d’Hermès, et sache dans quel but tu as été créé, et en croyant que tu monteras jusqu’à lui, lui qui a envoyé le cratère sur Terre. [2]
Un nouveau numéro gratuit en ligne de L'Initiation Traditionnelle est paru.
J'ai apprécié un article remarquable de Christine Tournier. sur l'Arbre des Sephiroth. Tous ceux qui souhaitent connaître un peu, voir un peu mieux les piliers et le branches de cet arbre liront avec intérêt cet article.
JF GUERRY
En ligne:
Revue L'Initiation.
https://www.Initiation.eu
CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR UNE LECTURE FACILE.
ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)
POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :
LA TABLE D'ÉMERAUDE -Mosaïque Cathédrale de Sienne représentant Hermès Mercure Trismégiste
RECENSION - THIERRY DIDIER : LA TABLE D’ÉMERAUDE UNE APPROCHE MAÇONNIQUE PART III
L’éclairage maçonnique de Thierry Didier sur la Table d’Émeraude va au-delà de l’introspection proposé au profane avant son initiation aux mystères de la Franc-maçonnerie. La lumière de sa réflexion irradie tous les degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté, son ouvrage intéressera donc le maçon ayant récemment reçu la Lumière autant que celui ayant parcouru le chemin de sa recherche dans les plus hauts degrés, jusqu’au NEC PLUS ULTRA. Il donnera au lecteur des clés sans pour autant ouvrir les portes, à chacun de s’approprier le Rite et ses enseignements tout au long de son ascèse initiatique. Thierry Didier écrit : L’Opus fut cet ensemble d’opérations alchimiques qui visait à transformer un substrat, fut-il philosophique, métaphysique ou matériel, en une forme évoluée, appelée l’Or des philosophes. Cet or sera alors le soubassement symbolique, le fondement ontologique et le but suprême de tout initié visant à s’améliorer. Et ça n’est pas par hasard si l’instruction du 26ème degré du REAA, Prince de Mercy, distingue 3 ors, astral, élémentaire et vulgaire. On retrouve l’Or métal dans le mythe, sous la forme d’un trône, pour Hermès, d’un triangle pour Guibulum au 13ème degré du REAA, ou d’une clé d’or, au 7ème degré du REAA, chez le Prévôt et Juge. Cette clé d’or tranche avec celle, faite d’ivoire, du 4ème degré…[1]
Cette citation assez longue met en relief la méthode employée par l’auteur pour guider les pas du lecteur à travers les degrés initiatiques, en employant l’analogie qui est l’unique clé de la nature.
La méthode est à la fois ouverture et encouragement à la progression initiatique, l’initié découvre que les forces sont en lui s’il veut se donner la peine de les activer. L’auteur écrit : Symboliquement, le franc-maçon porte des fonctions qui varient en fonction de son évolution : Maître, Prince, Élu, Chevalier. Il ne s’agit absolument pas d’instaurer une hiérarchie artificielle, qui serait alors bâtie sur une vision profane de ces fonctions ; elles correspondent en fait à des états, des occurrences non seulement différentes, mais qu’on endossera plusieurs fois au cours de la progression de degré en degré.[2]
Je rajouterai que les profanes et certains maçons regardent ces hiérarchies, comme des hiérarchies d’honneur teintées de vanité, alors qu’il s’agit en fait de hiérarchies spirituelles durement acquises par le travail, la persévérance et l’ascèse. Le chapeau du Maître, les sautoirs décorés de symboles, recouvrent le travail des vertus pratiquées dans l’intime et je l’ai observé dans la majorité des cas avec humilité et fraternité.
Thierry Didier écrit avec justesse : il s’agira ici de prendre conscience de notre individualité, et d’installer progressivement le principe d’une entité transcendante. La Table d’Émeraude comme le Rite est « gigogne », tout étant énumératif. [3]
Vous avez un mince aperçu de ce ouvrage dont la densité augmente au fur et à mesure de la lecture et suivant le degré auquel vous avez été reçu, cet ouvrage à portée de main et d’esprit suscitera de nombreuses réflexions personnelles qui enrichiront votre quête de spiritualité, en rapprochant ce qui est en bas de ce qui est en haut.
Jean-François Guerry.
À LIRE : Thierry Didier. La Table d’Émeraude- Une approche maçonnique. Éditions Symbolon. www.symbolon.fr Prix 18 € - 123 Pages.