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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par THIERRY DIDIER
MELCHISÉDEC - PART VI  FIN. Par THIERRY DIDIER
Pas d'Ordo sans Justice et pas de Justice sans Amour et Miséricorde.

L

a titulature, au 31ème degré du REAA, d’Inspecteur Inquisiteur est particulièrement cohérente avec la posture de Melchisédech, de par son étymologie latine inspector, équivalent du grec épiskopos, « celui qui veille » sorte de vigilance douce mais supérieure. Le terme de veiller apporte une connotation transcendante, holistique, qui juge, c’est-à-dire qui évalue la trajectoire d’un frère à l’aune des moyens qui lui sont fournis et qui lui seront fournis plus tard. Le Roi de Justice instille l’idée d’une maitrise, par Melchisédech, du mode de fonctionnement de l’existence : en effet, Il s’agira alors d’ajouter une dimension à celle de l’initié-acteur, sous forme d’un regard holistique qui verra l’initié non seulement acteur de sa propre évolution, mais également spectateur de cette dernière : on parlera alors de jugement.

Cette double prérogative , objectivée donc par la notion de jugement  doit être entendue ici dans son sens hébraïque de Tsedakah, c’est-à-dire d’une justice miséricordieuse, qui à la fois embrasse le justiciable dans une forme d’empathie existentielle et en même temps , lui est transcendante par la volonté de créer les règles d’un ordonnancement plus général, partagé entre le  pôle immanent, charnel , matériel et individuel de son objet : ce sera l’équité ; et par son pôle transcendant, métempirique et collectif ce sera la justice .Sa très brève saillie dans le narratif de l’Ancien Testament viendra renforcer le mystère, comme si son temps différait du temps classique, linéaire, inspirant l’idée d’une veille. Cette notion de veille ne peut s’appliquer qu’à des entités qui transcendent le milieu dans lequel ils évoluent.

Il faut donc qu’ils possèdent une nature, des aptitudes et un statut qui les distinguent des personnages noyés dans le déroulé linéaire de la Bible. Cette distinction s’affirme chez Melchisédech par son absence d’ascendance signalée. Cette caractéristique ne signifie évidemment pas qu’il n’a pas de racines, mais simplement que celles-ci sont invisibles au vulgus. Au cours de son périple, Abraham reçut de Dieu l'ordre de quitter Harran pour le pays de Canaan, qu'il parcourut du nord au sud. Il construisit chaque fois un autel en l'honneur du Seigneur c’est-à-dire qu’il installa, qu’il prépara l’avènement du monothéisme. Cette transformation ontologique ne put se faire spontanément : il convint d’apporter un « précurseur », comme en chimie, en l’occurrence Abram, puis de transformer celui-ci en puissance active, en l’occurrence Abraham, père de la multitude, et, à cet égard, patriarche affirmé d’une future longue lignée qui n’aura alors plus besoin d’un « tiers exclus », exclus car transcendant, tel que Melchisédech.

Le terme de très haut (latin trans, au-delà, par-dessus n’est pas ici à proprement parler un superlatif, car il se manifeste dans une autre sphère que celle du spatiotemporel : cela nous renvoie à la sephirah Kether, la « couronne », qui coiffe, c’est-à-dire qui dirige sans se compromettre, les autres Séphiroth, et à l’Ein Sof, sorte de « Nec Plus Ultra » kabbalistique. Suite au partage du pain et du vin, Genèse 14, 20 « Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et Abram lui donna la dîme de tout. »  Ou Hébreux 7,2 : « Abraham donna la dîme de tout, à Melchisédech, qui est d'abord roi de justice, d'après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix ». Cette dîme est la dixième partie de l’offrande faite à un roi ou à un prêtre. Pourquoi un 10ème et pas plus ou pas moins ? Tout simplement parce que cette fraction numérique requiert l’usage des nombres 1 et 10. Le « 10 » est en arithmosophie l’expression de la trace de l’esprit créateur dans la matière : il peut fort bien s’appliquer à Abram, futur patriarche, et à ce titre germe du monde hébreux, dont l’existence même sera régie par ce nombre. 

Puis en Gen.18,32-33 « Abraham dit : Que le Seigneur ne s'irrite point, et je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s'y trouvera-t-il dix justes. Et l'Eternel dit : Je ne la détruirai point, à cause de ces dix justes. L'Eternel s'en alla lorsqu'il eut achevé de parler à Abraham. Et Abraham retourna dans sa demeure ».

La justice est l’aménagement de la loi sous forme d’épreuves, qui en sont les occurrences : « justice-épreuve-loi » constitue un tryptique immanent dont l’objet choisi sera Abraham. Ce tryptique correspondra à l’intégration progressive en Abraham le matériel, de l’esprit incisif porté par Melchisédech. Cette approche évolutive sera rendue nécessaire par le caractère fragile et grossier du matériel, par rapport au spirituel, plus subtil, plus fin. L’acte de fécondation de Saraï par Abram (Isaac) sera l’objectivation et la conséquence matérielle du pouvoir incisif de Melchisédech sur Abram. Abraham subira aussi victorieusement dix épreuves ; la dernière et la plus dramatique sera l’ordre qu'il reçoit de Dieu de se rendre sur le mont Moriah et de sacrifier son fils Isaac. Plus tard les 10 lois du décalogue remis à Moïse par Yahvé concluront cette approche structurée du divin inscrit dans la matière, décliné en 10 principes gravés sur les 2 Tables de la Loi, cette dernière exprimant l’influence de Dieu sur l’ordonnancement de la matière.

THIERRY DIDIER.

FIN. 

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LES LIVRES DE THIERRY DIDIER -ÉDITIONS COMPLICITÉS COLLECTION SYMBOLON
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LA FM le chemin vers la Lumière

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Publié le par THIERRY DIDIER
MELCHISÉDEC - PART V Un seul Temple, mais plusieurs synagogues.... Melchisédech sans père , sans mère. Par THIERRY DIDIER

C

e doublement d’un nom théophore qualifierait en alchimie ce qu’on appelle la distillation, fraction purifiée de l’élément de départ. Elle explique également le superlatif de « Très haut » qualifiant l’égide sous lequel opère Melchisédech, qui en fait en quelque sorte la parèdre d’Abram. De plus, L’étymologie du mot (melek, « roi », et sedeq, « justice ») invite à le traduire : « Mon roi est justice ». Roi de Justice indique en fait une maitrise assurée de la Tsedakah, gravée sur le 1er montant septentrional de l’Échelle Mystérieuse, qui est objectivée par la notion de jugement, et qui doit être entendue ici dans son sens hébraïque, c’est-à-dire celui d’une justice miséricordieuse, qui à la fois embrasse le justiciable dans une forme d’empathie existentielle et en même temps, lui est transcendante par la volonté de créer les règles d’un ordonnancement plus général. C’est en fait plus la prémisse qui est à considérer ici que la nature de l’acte lui-même, qui prendra vraiment sa signification dans l’univers viscéral et incarné du Nouveau Testament.

Cet acte paraît dans l’Ancien Testament presque décalé ; en tout cas, c’est plus la prégnance de Melchisédech sur Abram qui est à considérer ici, comme s’il voulait l’alléger de ce fardeau ontologique que constitue d’être LE patriarche. Ces « rectifications » constellent le texte biblique, parfois trop enclin à une forme d’orthodoxie préjudiciable à l’épanouissement d’une pensée spirituelle. Je citerai l’exemple discret de « Ruth la moabite », convertie ensuite au judaïsme, aïeul de l’emblématique David, établissant par-là une filiation pas exclusivement hébreuse de ce roi. Tout comme Lilah, la sœur d’Esdras épousera un babylonien, en désaccord avec les thèses extrêmement restrictives de son frère Esdras « scribe versé dans la loi de Dieu », qui tenta de restaurer, de retour d’Exil les phares d’un judaïsme par trop orthodoxe (« un seul dieu dans un seul temple dans une seule ville »), et l’interdiction drastique imposée aux juifs de se marier à des non juifs. Tout ceci pour dire que Melchisédech, en caractérisant Abram, lui ôtera quelque peu cette « domination ontologique » qui aurait pu le conduire à une vision trop radicale, trop exclusive de sa descendance. Nous savons bien, en effet, que « plus l’on sait, moins l’on sait » et que le Bien réclame toujours l’abandon de certaines prérogatives, abandon douloureux pour l’égo, mais profitable aux descendants. « Tuer le père » reviendra ici à rendre Abram fertile en Abraham, sa descendance le rendant nécessairement plus tolérant, plus souple. L'épître aux Hébreux, au chapitre 7, a donné une grande importance à Melchisédech, « qui est sans père, sans mère, sans généalogie, dont les jours n'ont pas de commencement et dont la vie n'a pas de fin ». Ces forces peuvent être objectivées sous un vocable général qui sera celui du jugement, entendu non dans son sens moral, qui tendrait à qualifier les attitudes, mais dans un sens holistique permettant de déterminer la prise en main par lui-même de l’initié.

THIERRY DIDIER.

À SUIVRE... 

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Publié le par THIERRY DIDIER
MELCHISÉDEC - PART IV Celui qui ne cesse de vivre... Par THIERRY DIDIER

E

lles représentent une « trinité vétérotestamentaire », et sont donc une forme de prémisses, porteuses et donc annonciatrices de l’arrivée de Jésus. Jésus-Christ représente cette « finalité complète », homogène, conclusive, produite et incarnée à partir de cette triade initiale et transcendante de Hénoch, Élie et Melchisédech. Melchisédech préfigure l’eucharistie. Elie préfigure l’advenue de miracles (7 en l’occurrence, et 2x7 pour son successeur Élisée), et Hénoch préfigure la descente sur terre, c’est-à-dire l’incarnation. Dans ce mode de l’Ancien Testament, où c’est la transcendance divine qui prédomine, ces 3 personnages illustrent à leur façon la future descente incarnée de Dieu en Jésus- Christ. Le caractère miséricordieux, embrassant, empathique dirions-nous aujourd’hui, du Nouveau Testament autorisera alors une « concrétion » des qualités transcendantes des 3 acteurs en une forme incarnée plénipotentiaire, Jésus-Christ.

Sur le plan purement initiatique, ils opèrent comme des intercesseurs, à l’image de ces 2 anges qui rencontrèrent Elie. Ainsi nous pourrions voir dans ces 3 personnages une forme de psychopompes, dont le substrat ne serait pas, comme pour Hermès, des âmes, mais des « corridors de spiritualité » discrets mais pas secrets, accessibles au plus évolués. La Bible est un reflet de la vie. Et donc l’occurrence de Melchisédech, arrivé de « nulle part », existe aussi en biologie, où l’on appelle cela un « phénomène de convergence ». Un exemple : les céphalopodes, relativement éloignés dans l’échelle évolutive de l’humain, possèdent néanmoins des caractéristiques physiologiques et structurelles qui devancent celles d’espèces plus évoluées, et qui recoupent celles de l’humain : je citerai la structure de l’œil, comparable, par ses milieux internes constitutifs et la présence d’une cornée, mais aussi un cerveau particulièrement développé.

Ces phénomènes de « convergence », qui semblent « traverser » l’évolution n’existent en fait que lorsqu’on utilise le prisme parcellaire d’une relation de cause à effet.  Si nous possédions en fait tous les paramètres, la convergence disparaîtrait, car tout s’assemblerait dans un ensemble devenu pour le coup complètement transparent. En fait, toutes les « anicroches » ontologiques sont le résultat d’une compréhension fragmentée des choses : je citerai aussi ici l’incompatibilité doctrinaire des physiques quantique et relativiste, qui se substitueront sans doute un jour en un seul postulat lorsqu’on aura réussi à dépasser ce clivage. La particularité de Melchisédech, Hénoch et Élie est qu’ils contreviennent, chacun à leur façon, à cette constante à laquelle obéissent tous les autres personnages de la Bible, à savoir naître et mourir. Peut-être Adam, comme les patriarches antédiluviens se situent-ils en position intermédiaire entre naissance et mort, du fait de leur longévité importante : reculer l’âge de la mort constituera alors une forme de relativisme face à celle-ci. Non seulement les personnages de la Bible naissent, vivent et meurent, mais ils sont de plus profondément intriqués dans la trame existentielle de la Bible de par leur lignage, qu’il soit ascendant ou descendant. Ce lignage les enracine dans le texte, les rendant prédominants longtemps avant et après leur vie matérielle : le meilleur exemple est celui du lignage Adam-Seth-Noé-Sem-Abraham-Isaac-Jacob-Juda-Caleb-David-Salomon-Jésus-christ. Cet axe, dont les maillons sont très connus, mais pas forcément leurs articulations, est très important, car si l’on réfléchit la Bible à partir de cette colonne vertébrale, cette dernière n’apparaît plus comme une compilation hétéroclite de textes linéaires, mais comme une arborescence, centrée sur l’axe adamique précité, dont partent à tout moment des branches latérales ayant leur vie propre. Pour bien comprendre, il ne faut pas voir l’arborescence de façon linéaire, mais concentrique :

 

MELCHISÉDEC - PART IV Celui qui ne cesse de vivre... Par THIERRY DIDIER
MELCHISÉDEC - PART IV Celui qui ne cesse de vivre... Par THIERRY DIDIER

Toute la finesse de cette prémisse supposée de l’eucharistie établit en fait le caractère relatif du temps qui passe, et qui voudrait que cette scène soit l’expression antérieure de la transsubstantiation. En fait, si l’on conçoit la Bible non comme un ouvrage dont les textes sont soumis à la flèche du temps, mais comme une arborescence à partir de l’axe adamique, on peut voir ces 2 « transsubstantiations », comme placées sur une même circonférence, mais dans un secteur différent de ladite circonférence. Pour que le jugement à ce degré apparaisse holistique et universel, il se devra d’embrasser ses 2 versants incontournables que sont le sacrificiel (Ancien Testament) et le miséricordieux (Nouveau Testament), qui en sont les bras armés. Tout portera alors à cette dualité constitutionnelle, celle du pain et celle du vin. L’arborescence suprême prendra géométriquement la forme d’une circonférence où les lignes brisées de chaque destinée finiront par se réunir en une rotondité d’autant plus homogène que le nombre de descendants sera important. L’épure géométrique de l’ensemble se résumera alors, si l’on fait fi des intermédiaires, en un point central, expression de l’axe adamique et christique, et une circonférence qualifiant l’ensemble des descendances. Dit autrement, l’arborescence suprême apparaitre géométriquement comme un cercle pointé.  Ce sera tout l’objet de l’instruction du 5ème degré, du REAA, Maître Parfait, dont la situation le place entre « la volonté de Dieu et l’action donnée au premier corps mouvant ». Cette nouvelle distribution de la vie en 2 pôles, qu’on retrouve dans d’autres expressions symboliques du grade, telle, « La pureté de nos mœurs (principiel) et la rectitude de l’intention (matériel) » vont permettre de replacer l’initié au sein d’un concert plus idéel. L’instruction du 12e degré du REAA, Grand Maître Architecte reprendra ce principe : ne nous dira-t-elle pas que « le centre du cercle représente l’esprit humain là où la circonférence représente le champ des connaissances humaines » ?

Cette organisation concentrique transformera alors notre perception des faits et gestes qui ne se succèdent pas forcément dans le temps, mais qui peuvent devenir concomitants, « synchronistiques », pour utiliser un néologisme jungien. Cette vision plus souple que celle d’une simple linéarité spatio-temporelle a 2 conséquences majeures : 1) d’introduire des personnages, comme Elie ou Hénoch, qui ne « cessent pas de vivre », ou Melchisédech, qui n’ont ni ascendance, ni descendance, et dont l’acte majeur sera une apparente prémisse du partage du pain et du vin du Nouveau Testament. Le nom de Melchisédech apparaît dans Gen.14, 18 : « Melchisédech roi de Salem apporta du pain et du vin ; il était prêtre de El Elyon, ces deux éléments, El et Elyon réunis pour désigner le dieu suprême. En hébreu, ce prénom אֵלִיָּהו (ēliyahū) signifie « Mon Dieu est YHWH ».

THIERRY DIDIER.

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MELCHISÉDEC - PART IV Celui qui ne cesse de vivre... Par THIERRY DIDIER

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Publié le par THIERRY DIDIER
MELCHISÉDEC - Part III- La transcendance Par THIERRY DIDIER.

I

l y a plusieurs façons d’établir une transcendance par rapport à un récit : c’est ou bien « détourner » des principes liés au tangible, à savoir, naissance, mort ou généalogie inconnue quant à la nature de l’entité elle-même ; ou bien que cette entité exerce une action dont le périmètre l’éloigne d’une forme de rationalité. Á cet égard, d’autres personnages de la Bible seront susceptibles d’exercer une action qui ira à l’encontre de la flèche du temps, par exemple le combat avec un être putatif pour Jacob : (Gn 32, 27) :"laisse-moi aller, car déjà l’aurore se lève."[Jacob] répondit : "Je ne te laisserai pas sans que tu m’aies béni. » La scène se passe « en pleine nuit », dans un temps relatif sans point de référence claire. Je citerai aussi l’exemple parlant de Josué 10,12-13 : « Alors Josué parla à l'Eternel, le jour où l'Eternel livra les Amoréens aux enfants d'Israël, et il dit en présence d’Israël : Soleil, arrête-toi sur Gabaon, Et toi, lune, sur la vallée d'Ajalon ! Et le soleil s'arrêta, et la lune suspendit sa course, jusqu'à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis ».

Dans cet énoncé, ce sera non la nature même de Josué qui sera transcendante, mais son action sur un temps brièvement suspendu. Dans ce cas, c’est l’arrêt, ou la négativation du spatiotemporel qui manifestera une approche du divin. Ces exemples parsèment le récit ordinaire d’incursions pour le moins transcendantes, car échappant au déroulé narratif linéaire ordinaire. Autre exemple, celui du temps sacré défini par Eliade, comme « anhistorique », tentant d’expliquer, par la négativation d’une valeur, ce qui est échappe à l’entendement humain. Ce sera aussi tout le propos de la théologie négative, qui repose sur une forme particulière de Dieu et de ses créatures, en insistant plus sur ce que Dieu n'est pas que sur ce que Dieu est. La transcendance conçue en termes de théologie négative marquera l'histoire de la philosophie juive. Ce sera également le cas des miracles produits par Jésus-Christ, que l’on peut percevoir comme une disruption entre une cause déterminée, et un effet apparemment décalé de ladite cause : un temps ou un espace se met à manquer, témoignant d’une ellipse au sein de la manifestation. Dans le mécanisme du miracle, un événement survient et est perçu dans son caractère substantiel, la Lettre, mais dont l’essence, à savoir la prononciation et donc la manifestation, échappe à l'entendement dudit témoin. C’est ce que nous invite discrètement à considérer le rituel du 13ème degré du REAA : Q.- : « Connaissez-vous la prononciation du Grand Nom ? », R.- : « C'est un nom sacré, j'en connais les lettres, mais j'en ignore la prononciation ». Le 3ème larron, Melchisédech,  viendra se greffer sur cette dynamique particulière, où il est considéré soit comme sans ascendance et descendance déclarées, ce qui est la position du Canon ; soit, si l’on en croît certains écrits apocryphes, comme un neveu de Noé : Melchisédech obéit là à cette « stratégie de l’écart » , chère à la psychologue Anne Bourgain, qui nous dit « L’écart est ce pas de côté que propose la pensée quand elle ne se soumet pas à la facilité, au prêt-à-penser, et qu’elle prend le temps de faire les détours nécessaires ».

L’écart, c’est donc la marque de ce qui ne se laisse pas réduire, de ce qui demeure intraduisible et qui est donc dangereux pour le médiocre, c’est-à-dire étymologiquement celui qui reste « au milieu du passage ». Ce « danger » supposé sera la force de l’énergie que mettra en œuvre, nous le verrons plus tard, Melchisédech, afin d’objectiver la transformation d’Abram, « le père-potentialité » en Abraham, « le père de la multitude ». Cette ascendance noachite de Melchisédech le légitimera à la fois comme un personnage « décalé » par rapport à la lignée sémitique, mais aussi ancien par rapport à Abraham. Car Abraham est intimement lié, nous le verrons, à Melchisédech, et vice versa. Melchisédech va, d’une certaine façon, libérer Abram du poids écrasant de sa posture, celle d’être finalement le patriarche premier du peuple hébreu, devenant alors Abraham, le « père des Nations », fécondant Saraï en Sarah en lui donnant Isaac. La patriarchie, c’est-à-dire la gouvernance par le père précèdera ainsi dans la chronologie biblique la hiérarchie, ou gouvernance du sacré qui, elle ne peut s’appliquer que sur le peuple proprement dit, c’est-à-dire, bibliquement parlant, à partir de la « Table des nations ». Ce virage de la hiérarchie est confirmé par l’apparition de prêtres et de Grands Prêtres, qui succèderont aux rois d’Israël et de Juda, défaits respectivement par les assyriens et les babyloniens.

Même si c’est Dieu l’artisan de la transformation d’Abram en Abraham, Melchisédech peut être considéré comme en étant ici le bras armé du divin, sans qui Abram ne serait pas devenu le patriarche premier du peuple hébreu. Tout premier qu’il soit, Abram aura en effet besoin de ce « catalyseur », tel qu’apparaîtra le personnage de Melchisédech. Abram se devra d’obtenir une victoire significative sur ses adversaires avant d’être reconnu par Melchisédech. Melchisédech objectivera ensuite cette transformation par une transsubstantiation qui précédera celle de l’eucharistie du Nouveau Testament par Jésus.  Je le redis, la force d’Abram est sa posture initiale de patriarche premier, potentialité écrasante susceptible d’étouffer dans l’œuf ses prérogatives de différenciation. Cette différenciation passera d’abord par l’entérinement d’une victoire martiale sur ses ennemis, puis par la reconnaissance d’une entité à la mesure de son statut, j’ai nommé Melchisédech. Ce schéma général de mise en avant d’un acteur rappelle le 15ème degré du REAA, où Zorobabel, la « semence de Babel » sera assimilable à Abram, « semence d’Abraham », comme lui un temps victorieux, sur le Starbuzanaï, de ses ennemis du moment. Ces changements de noms sont tout sauf anodins car, en nommant, la Bible crée, c’est-à-dire qu’elle « stoppe » temporairement, à la façon dont un barrage retient l’eau pour en faire un usage concret. La Bible observe le flux de la vie, ontologiquement vertical, dynamique et quelque part insaisissable, pour l’interrompre en en agrégeant toutes les forces en un point donné qui constituera, temporairement, une confluence matérialisée par le Nom. Cet agrégat, ce condensat, c’est-à-dire ce héros possèdera alors dans sa chair même à la fois tout le passé signifiant de son ascendance, mais aussi toute la spécificité née de ce qu’il sera en mesure d’exprimer dans l’espace-temps figé de sa création. En fait, les 3 entités concernées représentent, selon moi, des « portions » de l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ.

THIERRY DIDIER.

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MELCHISÉDEC - Part III- La transcendance Par THIERRY DIDIER.

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Publié le par Thierry Didier
MELCHISÉDECH- Part II Prenez et mangez...

N

ommer des personnages dans un espace-temps qui sera conforme à celui du lecteur permettra de les créer, au sens premier du terme.  Cette création constituera la formalisation, l’agrégation à un instant T d’un flux généalogique universel, celui de la descendance, en un personnage qui sera le carrefour entre un lignage vertical, fécondant, et sa matérialisation brutale dans un espace-temps contraint, qui sera celui du héros. Le point d’orgue de ce modèle constructif sera Noé, dernier des patriarches antédiluviens, dont le nom signifie « consolation », c’est-à-dire étymologiquement « faire avec le sol ». Le sol décrit ici sera celui de la collusion entre le fil de la chute adamique et sa résonance en Noé. Ce sol entérinera une forme d’« atterrissage » de ladite chute, perpétuée et perpétrée durant des centaines d’années entre Paradis et Vie sensible. Enfin l’énergie cinétique considérable dégagée par cette chute, brutalement stoppée en Noé, viendra pulvériser le fragile monde noachite sous la forme d’un Déluge engloutissant un temps la Nature.

Tout ce préambule pour signifier l’indispensable trame narrative nécessaire à l’instauration d’une transcendance seconde, portée par quelques personnages qui viendront télescoper, par leurs caractéristiques fortes, l’évidence première des choses. Le caractère énigmatique, chez Melchisédech, Hénoch et Élie, de leur généalogie, de leur naissance et de leur mort le sera à cause du prisme exotérique qui voit les événements s’enchainer sur l’irréversible flèche du temps. Ainsi toute rupture de logique et de valeur apparente conduira de façon elliptique à définir une transcendance de ces 3 entités par rapport au récit actanciel linéaire. C’est aussi la mécanique du miracle, permis à Jésus, parce qu’il aura justement cette capacité à transcender la raison ordinaire, et à ne pas voir dans la relation de cause à effet une simple ligne droite infranchissable, mais une « ligne brisée » dont la fracture déterminera le miracle, c’est à dire une forme de discontinuité mystique entre la cause, objet du miracle, et son effet, le résultat du miracle.

Il n’y aura finalement, sur le plan scriptural biblique, qu’une seule façon de se dégager de l’ « étreinte serrée » de la vie matérielle : ce sera par le biais de ce qu’on appelle une ellipse, ou comment omettre une dimension narrative dans un énoncé dont le sens reste clair. Cette omission pourra portée sur ces 3 caractéristiques qui habitent la vie tangible, à savoir la naissance, la mort et le lignage ascendant et descendant, c’est-à-dire la généalogie. Cette omission ne conclura pas une disparition définitive, mais manifestera pour celui qui veut aller plus loin, une voie ouverte à la spiritualité. 3 personnages, je le répète, présenteront cette particularité, dans l’Ancien Testament, Hénoch, Élie et Melchisédech.

Une possibilité discrète sera donc offerte aux lecteurs les plus avisés, qui, en introduisant ces rares personnages échapperont ainsi au « diktat » du déroulé narratif linéaire. Ces héros seront de véritables clés, à même d’emmener le lecteur avisé dans un schéma particulier, plus subtil que le schéma classique, et complémentaire de celui-ci. Ce schéma sera contre-intuitif, manifestant chez les personnages concernés des qualités particulières qui échappent au commun et à ses valeurs de références. Je citerai d’abord Hénoch, le patriarche antédiluvien :  Gn 5,23-24 : « Tous les jours d’Hénoch furent de trois cent soixante-cinq ans. Hénoch marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit ». Ce personnage sera en quelque sorte « privé » de la mort, perçue comme la fin utile et nécessaire de tout être vivant.

Sur le plan maçonnique, s'avancer vers le cœur de l’initié, au 13ème degré du REAA, sera formalisée par une rétrospection spatio-temporelle dont Hénoch sera la figure tutélaire : spatiale par l'abord d'un lieu souterrain aujourd'hui condamné, et temporelle par le narratif légendaire qui nous dit : « La voûte Sacrée était située sous le sanctuaire du Temple, elle avait été creusée par Hénoch avant le Déluge ». Ce que veut nous montrer le 13ème degré, Chevalier de Royal Arche, est qu'on ne peut pas prendre conscience d'une antériorité fondatrice s'il n’existe pas d'axe de filiation entre les époques, permettant de relier cette réalité à son révélateur final. Cet axe sera ici l’avatar du songe de la descente d’Hénoch depuis la montagne vers le centre de la terre, et pourra être considéré comme le prolongement de l’axe patriarcal antédiluvien.

Cette descente symbolique matérialisera bien sûr aussi l’incarnation du Principe divin en l’Homme, précédant la survenue du Christ sur terre. Le prophète Élie connaîtra un sort comparable à Hénoch : 2 Rois 2, 14 « Comme ils continuaient à marcher en parlant, voici, un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre, et Élie monta au ciel dans un tourbillon. »  Ces personnages traversent les époques en y laissant leur trace sans s’y intégrer vraiment, en tout cas sans s’y attarder, quand bien même leur action fut elle marquante. Concernant Melchisédech, Le partage du vin et du pain avec Abraham, dont nous reparlerons plus avant, est comme figé dans un temps que la linéarité verra réapparaître lors de l’eucharistie christique bien plus tard.  Il est d’ailleurs singulier de mêler l’irruption d’une entité labile et donc peu formelle, comme l’est Melchisédech, avec un évènement dont le support, pain et vie, est très inscrit dans la matière, même s’il s’agit là d’une transsubstantiation.

Thierry Didier.

À SUIVRE...

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LE CHEMIN DE LA LUMIÈRE

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Publié le par Thierry Didier
L'ancien testament.

L'ancien testament.

Melchisédech

 

L

a lecture première de la Bible est, comme pour tout ouvrage, littérale, c’est-à-dire que son abord est souché avant tout sur un traitement du texte qui sera le plus accessible, le plus optimisé, le plus concret possible, afin d’être lisible par le plus grand nombre. Différents niveaux de lecture seront cependant possibles suivant la coloration narrative, symbolique ou philosophique que l’on privilégiera. Pour un profane ou un enfant, on pourra y voir une suite d’historiettes et de légendes plaisantes. Pour un dévot, cette lecture, toute littérale qu’elle soit, pourra constituer la parole de Dieu, simple et directe. Libre ensuite, si le besoin s’en fait sentir, pour un initié d’y ajouter d’autres dimensions, ésotérique ou initiatique, qui viendront retravailler l’écrit initial, mais toujours nourri de cette occurrence primaire que sera la rencontre entre un homme et un texte destiné à l’éclairer sur de multiples plans possibles. Nous aurons alors une méthode générale, celle de la prise en compte d’un cumul d’informations réparties en strates qui obéiront à une logique de la cause et de l’effet. Cette méthode correspondra à la capacité de l’initié à appréhender les informations les unes après les autres, eu égard au caractère parcellaire et progressif de sa pensée.

Cette approche est universelle, et témoigne finalement de la fragilité de l’humain, qu’elle soit physique ou mentale, qui ne peut pas être « distendu » d’un monde vers un autre, et qui n’existe donc en bonne et due forme qu’au sein d’un même écosystème. Ces légendes montreront bien comment les hommes passent dans la Bible, sans véritablement en modifier, en altérer ou en influer le cours, et comment la vie, dans son « irruption générative », viendra souvent perturber, voire détruire ce fragile substrat. La quasi-totalité du déroulé biblique se manifeste donc selon un film, soit, disruptif, eu égard à la compartimentation légendaire des lieux et des héros, mais finalement linéaire dans son mode d’expression. Cette compartimentation est objectivée par la nature même des évènements s’y déroulant, et selon la phraséologie s’y appliquant : légendes, lois, proverbes, plus ou moins hagiographiques, paraboles, etc… Néanmoins une forme de déroulé spatiotemporel s’y applique, au moins au sein des chapitres concernés. Cette technique permettra à chacun d’y trouver ce qu’il veut, qu’il soit historien, dévot, exégète ou herméneute.

Cette lecture primordiale permettra aussi de plaquer le narratif et de l’agencer, en respectant ces incontournables de la pensée que sont la réflexion binaire, la détermination de l’espace requis et la flèche du temps. Par exemple, dans la Torah, le substrat concerné, en l’occurrence le peuple hébreu, va induire et subir une alternance de bénédictions et de malédictions, de récompenses et de punitions développées dans un espace défini, désert du Sinaï, Égypte, Terre Promise… Puis cette terre sera le théâtre temporel de réaménagements successifs, d’abord bellicistes, car liés à la nécessaire conquête, puis tribaux, liés à l’instauration d’un découpage géré par des Juges, sortes d’intermédiaires entre roi et légiste. Puis d’une royauté proprement dite, d’abord unifiée (Saul, David et Salomon), puis dichotomisée en 2 lignées, aboutissant à terme à leur substitution par des Prêtres et des Grands prêtres, signant l’avènement d’une civilisation plus spirituelle, née d’un Exil opérant.

 

Ces invariants seront périodiquement revalidés par des listes généalogiques, qui auront pour vertu de toujours faire en sorte de référer les héros à un lignage ascendant, mais aussi de « verrouiller » en quelque sorte le narratif sur des bornes précises, qui seront le terreau du judaïsme et de sa volonté de ne jamais « rien oublier ». Le descriptif généalogique par essence sera celui de la longue litanie des patriarches antédiluviens, puis celle décrivant la postérité des 3 fils de Noé, Sem, Cham et Japhet, qui constitueront avec leurs descendants ce que l’Ancien Testament nomme la « Table des Nations », c’est-à-dire le bain génératif de toute l’humanité postdiluvienne. Mais même l’énoncé un peu pénible de ces listes aura bien du mal à instaurer une forme de verticalité génique, dans la mesure où les descendants nommés le seront sous la forme de listes, qui ne symbolisent finalement que la transcription horizontale sans cesse renouvelée de personnages qui prennent alors une dimension incarnée.

En somme, la Table des Nations se contente d’énumérer une suite d’« horizontalités » particulières qui n’échappent pas à une lecture faisant la part belle à la cause et à l’effet. La Genèse tente néanmoins de minorer cette relation, en superposant, en intriquant quelquefois plusieurs générations successives de patriarches, suivant leur très variable durée d’existence. Il n’en restera pas moins que cette liste de patriarches demeurera verticale, « filaire », destinée à « étirer » le fil généalogique de façon à « amortir », à « diluer » l’énergie initiale de la Chute Adamique. Il subsistera cependant, à l’image du « reste » salvifique de l’Apocalypse, un « reste » d’énergie, conduisant au paroxysme incontrôlé du Déluge. Le Déluge ne sera pas en lui-même un cataclysme, sauf à l’observer uniquement du point de vue de l’homme ordinaire.

Il sera factuellement une façon d’utiliser l’élément fondamental de la vie, à savoir l’eau, dans un contexte où celle-ci n’est plus « intérieure », c’est-à-dire irriguant la vie, mais dans une forme où sa simple masse viendra contrevenir à son usage vital. Si nous filons la métaphore, l’eau fut un temps, celui des patriarches, élément de vie par son caractère filant, dynamique et progressif, et deviendra par le fait de la nommer, une forme rétentive devenant par ce simple statut, nocive, létale par sa simple massification. Cette double conséquence, l’une vitale et l’autre létale par le seul fait différentiel de qui ou quoi en est l’objet, nous permet subtilement de contourner le caractère manichéiste de la vie, en y voyant en fait une seule et même substance, où vie et mort visent un même substrat, mais pris dans des circonstances différentes.

Puisque « le mieux est le mortel ennemi du bien », citation que l’on prête à Montesquieu dans le cadre étroit, je le répète, de la fragilité humaine. Un exemple pratique : un excès d’oxygène irrite les poumons, alors qu’une dose modérée permet la respiration. Plus en fait l’objet sera inertiel ou plénipotentiaire, plus conviendra-t-il de le soumettre à une énergie importante, afin de le transformer. Ce sera le cas, nous le verrons plus loin, avec l’action « intentée » par Melchisédech sur Abram par le partage du pain et du vin, acte hautement « différenciateur ». Abram ne sera donc pas uniquement un terreau, un socle mais aussi, lorsqu’il deviendra Abraham un passeur, un phare, une borne, un jalon, colportant en lui la présence indirecte de Dieu, présence gouvernée, nous le verrons à la fin par le nombre complexe « 10 ». Mais Abram sera aussi un géniteur, ancré dans la descendance et la postérité, apte à guider par sa seule présence et par les faits qu’on lui accorde.

Thierry Didier

À SUIVRE

Melchisédech.

Melchisédech.

 

Lecture de la lettre aux Hébreux
 
 
 

Frères,

 

Melkisédek était roi de Salem,

 

prêtre du Dieu très-haut ;

 

il vint à la rencontre d’Abraham

 

quand celui-ci rentrait de son expédition contre les rois ;

 

il le bénit,

 

et Abraham lui remit le dixième de tout ce qu’il avait pris.

 

D’abord, Melkisédek porte un nom

 

qui veut dire « roi de justice » ;

 

ensuite, il est roi de Salem, c’est-à-dire roi « de paix »,

 

et à son sujet on ne parle

 

ni de père ni de mère, ni d’ancêtres,

 

ni d’un commencement d’existence ni d’une fin de vie ;

 

cela le fait ressembler au Fils de Dieu :

 

il demeure prêtre pour toujours.

 
 
 

 

 

 
 
 

Les choses sont encore beaucoup plus claires

 

si un autre prêtre se lève à la ressemblance de Melkisédek

 

et devient prêtre,

 

non pas selon une exigence légale de filiation humaine,

 

mais par la puissance d’une vie indestructible.

 

Car voici le témoignage de l’Écriture :

 

Toi, tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek

 

pour l’éternité.

« Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut. Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ; et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. »

— Livre de la Genèse 14:18-20

ROI DU MONDE - R GUÉNON

ROI DU MONDE - R GUÉNON

Melchisédech est le « roi de Salem (le nom de l'Agartthadans la Bible d'après Guénon), prêtre du Dieu Très-Haut » qui bénit Abraham. Cette transmission spirituelle correspond, pour Guénon, au point de jonction entre la tradition primordiale et la tradition hébraïque.

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Publié le par Philippe Dubach - JF GUERRY
Du chaos nait la Lumière

Du chaos nait la Lumière


Entropie 

De manière universelle, notre univers physique obéit au second principe de la thermodynamique : tout système isolé voit son entropie augmenter. 

L'entropie mesure le désordre d'un système. Concrètement, cela signifie que toutes les différences, tous les potentiels tendent à s'effacer : les corps en hauteur tombent, les différences de température s'équilibrent, les énergies se dissipent. 

Les montagnes s’érodent vers les vallées... 

L’ordre initial se dissout, entraînant la disparition progressive de sa puissance de transformation. Nous vivons dans un univers où le désordre augmente inexorablement, où tout se dégrade. Tel est le principe de l'entropie "positive". 

Ce phénomène entropique pourrait être exprimé par une inversion de la devise latine 'Ordo ab Chao' : 'Chao ab Ordo...le chaos issu de l’ordre. 

En opposition à cette tendance universelle, la Vie – sous toutes ses formes – incarne une dynamique contraire : elle s’efforce de résister à l'entropie croissante. Cette spécificité peut être définie par le concept d’entropie négative, ou néguentropie. La Vie crée de l’ordre à partir du désordre ; elle s’oppose à la dissipation en structurant, en organisant, en complexifiant. 

Chaque forme de vie biologique, issue de l’évolution naturelle, est animée par trois principes fondamentaux : la survie, l’évolution, et la transmission de son patrimoine génétique à sa descendance. En cela, la Vie est un véritable contre-pied à l’entropie positive. 

Erwin Schrödinger, en 1944, exprimait cela de manière lumineuse. Il attribuait aux êtres vivants deux propriétés essentielles : d’une part, le pouvoir de créer de l’ordre à partir du désordre en exploitant des sources extérieures d’énergie ; d’autre part, la capacité de transmettre leur propre plan spécifique – l’ADN – de génération en génération. 

La Vie est un miracle, l’homme est un être vivant, l'homme est un miracle... Il est porteur de cette entropie négative qui augmente l’ordre et génère de l’énergie. Cela peut être résumé par la devise initiale : Ordo ab Chao. 
Il convient toutefois de préciser que cette opposition apparente au second principe de la thermodynamique reste cohérente avec celui-ci, puisque la Vie ne crée pas d’énergie : elle en consomme, mais la transforme pour créer de l’ordre. Comme l’énonçait Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » 

Depuis ses origines les plus lointaines, l’homme a hérité du vivant cette capacité à générer de l’ordre. Cette néguentropie, d’abord transmise par les gènes et les comportements instinctifs, est aujourd’hui prolongée et amplifiée par les comportements sociaux et les organisations collectives qu’il a su créer. Ainsi, l'entropie négative humaine devient l'une des expressions les plus abouties du monde vivant. 

C’est elle qui sous-tend les lois fondamentales de l’intelligence et de l’émergence de l’esprit humain. Elle constitue l’étincelle venue du fond des âges à partir de laquelle l’homme initié accède aux dimensions les plus élevées de l’esprit, notamment de la spiritualité. 

Ainsi, entre entropie et néguentropie, entre matière et esprit, entre chaos et ordre, l’homme se tient comme le trait d’union vivant de deux lois complémentaires de l’Univers. En cela, il incarne la quête initiatique par excellence : celle de l’élévation par la structuration du chaos intérieur comme extérieur. Tel Janus aux deux visages qui se fondent en un être réunissant deux principes en apparence opposés. 

Dans la tradition maçonnique, bâtir l’ordre sur les ruines de l'obscurantisme, tailler sa pierre brute pour s'insérer dans l’édifice commun, n’est autre que prolonger dans l’œuvre humaine le travail même de la Vie face à l’entropie. 

Là où le monde se dégrade, l’initié tente de bâtir. Là où l’énergie se dissipe, il concentre ses forces pour s'élever. Transmettre et éclairer. Il brûle comme les quatre bouts de bois cher à Georges Brassens, comme la flamme, brillante étincelle de néguentropie d'une bougie qui se consume en défiant le temps. 

La bougie se consume mais la Lumière luit... 

Puisse chacun de nous prendre conscience de notre mission sacrée : œuvrer à l’harmonie, créer de l’ordre, faire vivre la Tradition, pour que jamais ne s’éteigne la lumière venue du fond des âges.

 

Philippe Dubach 

 

Outrenoirs de Pierre Soulages

Outrenoirs de Pierre Soulages

ENTROPIE - NÉGUENTROPIE
La réflexion de Philippe suscite en moi une autre réflexion liée aux ténèbres et à la Lumière, le bien et le mal. Le manichéisme la religion du prophète Mani est syncrétisme de plusieurs religions et a généré le zoroastrisme. Mani avant de fonder sa religion à eu une révélation pour lui nous sommes composés de deux êtres un lié aux ténèbres et l'autre à la Lumière. Il a découvert en lui son être de Lumière qu'il a nommé : "jumeau de lumière". En Maçonnerie ce serait notre être intérieur celui qui nous permet de mettre de l'ordre dans notre chaos intérieur et dans le monde.  Pour Mani le cosmos est composé de deux bulles : une de ténèbres et une de Lumière, suite à événement provoqué par Dieu, par l'homme ? La bulle de Lumière a été absorbée par la bulle des ténèbres. Ce que demande Mani aux adeptes de sa religion c'est d'abord de se cultiver en particulier de : Savoir lire et écrire. Ensuite il leur demande de travailler à chercher les particules de lumière, dans la bulle de lumière enfermée dans la bulle des ténèbres et de les en extraire. C'est l'accomplissement d'une recherche initiatique. Conscient de la difficulté de la tâche, leur dit que cela prendra plusieurs générations, donc le manichéisme est une initiation à la fois individuelle et collective. Le manichéisme n'est donc pas une religion mystique désincarnée, elle prend en compte ce qu'il y a de bien en l'homme et ce qu'il y a de mal, l'adepte de Mani marche en quelque sorte sur le pavé mosaïque et s'efforce d'aller vers la partie blanche, la partie lumineuse qui est en lui. Nous avons souvent une idée réductrice du manichéisme : Blanc ou Noir ! C'est oublier que même d'un point de vue technique le blanc et le noir ne sont pas des couleurs mais des nuances, et qu'ils modifient les couleurs. La voie initiatique, la méthode initiatique consiste donc à nuancer, c'est-à-dire à faire pénétrer la Lumière blanche dans la matière noire. Autrement dit l'esprit dans la matière, sans nier la matière qui est le support de l'esprit, comme le corps est le support du cœur et de l'âme. L'initiation apprend la juste mesure, forme le choix de notre libre arbitre. On doit se défier de l'extrême pureté qui mène aux pires excès. L'on doit regarder en face les ténèbres qui sont en nous et dans le monde pour travailler à les réduire. Pierre Soulages l'avait compris avec ses Outrenoirs, comme en témoigne les vitraux de l'Abbaye de Conques. Je me demande toujours si ces vitraux nous protègent d'une trop grande lumière extérieure que nous serions incapables de recevoir, comme la Lumière ardente du buisson ou si ces vitraux enferment dans la l'Abbaye les particules de lumière qui sortent de nous et demandent à se répandre dans le monde.  

Jean-François Guerry

 

 

 

 

 

 

 

ENTROPIE - TÉNÉBRES LUMIÈRE- ORDO AB CHAO-

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POUR UNE BONNE LECTURE PASSEZ VOTRE MULOT DE DROITE À GAUCHE SUR LE TEXTE

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,

 
Notre Frère et ami Gilbert Bonnet organise le samedi 7 mai et le dimanche 8 mai des Rencontres autour des Troubadours à Montségur.
Voici le programme particulièrement riche et intéressant.

Vous trouverez ci-dessous tous les détails concernant le programme ainsi que les modalités d'inscription.
Il reste quelques places à saisir...

                                          
 
Salutations très fraternelles,
Alain Boccard
Président



PS: Les ouvrages coédités par les Éditions Ubik et l'Académie Maçonnique Provence 
sont toujours disponibles en cliquant ICI:


Toujours disponibles :

David Taillades : Aperçus sur les origines médiévales de la Franc-maçonnerie
Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?

Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie.
Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram

Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie
Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?
 
 
 
 
 
 

Contact : academie.maconnique.provence@gmail.com
Téléphone: 06 ​42 26 75 95
COMMUNIQUÉ ACADÉMIE MAÇONNIQUE PROVENCE

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Publié le par Philippe Dubach - Jean-François Guerry
CICÉRON

CICÉRON


______________

À chacun son style...

Chacun a son style pour parler ou écrire sur un sujet, en présentant le fruit de ses réflexions et de ses ressentis.

La tradition orale de l'exposé ou du discours constitue un magnifique écrin éphémère, un message volatile, car placé dans l'immédiateté de la parole, idéal pour présenter ses idées, ses savoirs et partager ses connaissances.
La parole prise devient le porte-voix qui transmet non seulement un message de connaissance, mais laisse également transparaître un peu de l'âme de son rapporteur par la forme plus que le fond de son intervention.

 

A CAMUS


L'exercice écrit, tracé sur la planche, permet à celui qui prend la plume de peaufiner dans le temps son message et de restituer au plus juste ses pensées. La forme écrite s'inscrit ainsi dans la durée plus que la forme orale. On peut relire, y revenir, pour en saisir les dimensions qui nous auraient échappé. Les écrits deviennent les témoignages qui traversent le temps sans les remous qui déforment la mémoire collective des discours.
 

GANDHI


Après cette courte introduction, je vous invite à disséquer quelques formes de style que nous retrouvons le plus souvent.

Le style académique :
Le style scolaire invoque la trinité :
* de la Thèse,
* de l'Antithèse,
* et de la Synthèse.
Le plan de construction y est souvent dévoilé dès l'introduction qui se veut être une mini-synthèse du tout. Ce format rassure, car souvent pratiqué, son usage devient un exercice convenu, accessible au plus grand nombre. Le contenu s'y articule souvent autour d'une dualité dont l'exploitation, ou mieux la confrontation, permet l'émergence d'une troisième voie qui se transforme en synthèse. Cette dernière contient l'apport le plus précieux de l'orateur. Elle synthétise un entre-deux, un ternaire, une sainte... thèse, que les plus sages savent exprimer.

 

MANDELA


Le style du linguiste :
Très proche du style académique se place la forme limpide du linguiste. Habituellement, un ramage souvent latinisé est retenu par les plus littéraires qui dissèquent les mots pour tenter d'en extraire leur substantifique moelle. L'origine étymologique des mots éclaire leur sens. Cette forme de discours met en relief un savoir capitalisé par des millénaires de tradition orale qu'elle révèle. L'étymologie de « science » vient du latin « scientia » (« connaissance »), lui-même du verbe « scire » (« savoir ») qui désigne à l'origine la « faculté mentale propre à la connaissance ». Le discours étymologique propose ainsi un juste retour à la source de la connaissance, à l'image d'une invitation à plonger en soi-même pour y découvrir une part cachée pourtant toujours là, depuis nos origines.
Ce style permet de creuser le mot, de le décomposer, de le purifier pour en extraire la quintessence, celle que seul l'initié transforme en nouveau substrat pour y chercher ses réponses.

 

C DE GAULLE


Le style numérisé :
D'autres usent, pour leurs discours ou écrits, d'une forme proche du plagiat, empruntant à Wikipédia ou au Robert le Petit les mots académiciens qui y sont mémorisés pour une certaine éternité. C'est souvent l'usage du stressé, qui use et abuse du copier-coller en ouvrant des fenêtres sur les savoirs numériques de nos réseaux non neuronaux, souvent binaires, de nos grands ordinateurs. Comme dans toute construction, les fondations constituent la partie importante pour faire foisonner la pierre afin que l'ouvrage puisse s'élever le plus haut possible sans vaciller. Rares sont les tours de Pise qui imposent le respect et l'approbation de tous. Souvent, la non-rectitude ou les lézardes qui parcourent l'ouvrage dénaturent tellement l'intention initiale que le discours se transforme en une formidable leçon scolaire : un bestiaire des erreurs à éviter et des essais manqués à mémoriser. Heureusement, l'homme se construit en premier lieu de ses erreurs et de ses oublis. Chaque pas manqué ou incertain apporte la plus merveilleuse des leçons à nous enseigner. L'erreur et l'imperfection sont des précepteurs des plus efficaces. Par l'usage du plagiat, l'orateur nous montre l'imparfait en pleine lumière, pour mieux le reconnaître en soi-même et le con...quérir.

 

B OBAMA


Le style des Autres :
Certains utilisent et même parfois abusent de citations. Cette forme de paraphrase illustratrice consiste à emprunter les mots et les discours de ceux qui les ont exprimés avec plus de brio et de talent que nous ne pourrions l'espérer. Nous citons Madame XX ou Monsieur XY pour exprimer une idée que nous partageons. On risque parfois de dénaturer en détournant une citation ou un bon mot, on se retrouve à créer un discours par la juxtaposition des pierres des autres.
Comme un acteur ou un pianiste qui joue la partition d'un autre, nous ne faisons que jouer une œuvre qui n'est qu'une fleur cueillie, coupée à tout jamais de sa prairie. À trop vouloir universaliser notre discours, et sans le talent de son créateur, nous plagions sans hauteur en empruntant à d'autres les mots qui nous manquent. La citation traduit le plus souvent la formation universitaire de son emprunteur qui a été formaté à étayer par la preuve et les références pour défendre sa propre thèse en convoquant les Pères reconnus par les gardiens désignés du savoir.
Tout aurait-il été dit ? Tout aurait-il été découvert ? Beaucoup de chemins ont été ouverts et parcourus par de grands Hommes. Leurs mots ont fait vibrer l'univers par leur magie et la sagesse universelle qu'ils ont révélées.
Mais n'a-t-on pas chacun d'entre nous la capacité de redécouvrir, de réinventer, de connaître par nous-mêmes ?
La sagesse est d'une nature qui ne se capitalise que difficilement et chacun doit parcourir le chemin de l'éveil sans devoir l'emprunter à ceux qui sont déjà loin devant. Même si nos mots sont moins forts et moins connus, ils sont vrais et reflètent la connaissance acquise plus que le savoir appris. Personnellement, je préfère l'imperfection prononcée des mots personnels à l'iconographie d'une citation architecturale.

 

Martin LUTHER KING


Le style de l'expert :
À chaque idée, à chaque concept, son mot. Idéalement, et la richesse de la langue française nous y aide, toute proposition conceptuelle peut s'exprimer avec d'autant plus de justesse que son auteur utilise les mots spécifiquement dédiés au sens à exprimer. Par exemple, les Inuits, célèbre peuple des régions arctiques, disposent de plus de 50 mots pour nommer la glace et la neige.
Quel contraste pour nous qui n'utilisons que quelques rares signifiants pour parler d'amour ou d'âme... à croire que seules sont accessibles à notre intellect les formes conceptualisées par un mot.
Mais pour le non-initié, au lieu d'un régal intellectuel dans le contexte d'une détermination plus verbeuse que verbale, structurée par des errements proches du chaos syntaxique, le discours révèle un biais abscons pour un public autorisé à ne pas être autorisé. L'utilisation d'un langage aussi riche en calories enferme ses adeptes dans des discours d'experts, incompréhensibles pour le commun des mortels non initiés aux termes usités. Après la stupéfaction, l'auditoire médusé par une science aussi ostensiblement exprimée, essaie de quémander un sens caché par tant d'apparat. Ces discours aux reflets flamboyants sont souvent hermétiques à la transmission qui est et demeure pourtant l'objectif de tout échange. Ces gargarismes, voulus élogieux pour ceux qui prononcent ces ramages, font plus de dommages qu'un discours plus terre à terre, mais dont l'universalité de compréhension en augmente la portée. Le discours spécialisé aborde les notions complexes. Il est utile aux spécialistes qui partagent, non pas une diversité, mais au contraire, une certaine forme d'homogénéité voire d'uniformité. Le discours du spécialiste constitue, si l’on en juge cette fois par la grande diversité des positions théoriques et méthodologiques parfois contradictoires qui s’y manifestent, un ensemble particulièrement diffus dont, au-delà du caractère immédiatement évocateur de l’appellation, il paraît difficile pour le candide en quête de connaissance à la fois d'en préciser les contours et de reconnaître le centre. Bref, on se perd autour d'un cercle très fermé sur lui-même dans lequel on peine à trouver le centre.

 

Olympe de Gouges


Le style ailé :
Pour ma part, j'affectionne les auteurs (les hauteurs) qui, par la convocation du langage des oiseaux (les... voient... hauts), usent et abusent du cratylisme. Le cratylisme est l'usage des mots qui présentent une prononciation où le symbolisme du sens caché est exploité. Par exemple : Mes... sages ; Naît... sens ; Co... naître ; Pas... sage ; Apprenti... sage ; Gai... rire ; Atterri... sage ; Vois... ailleurs.
Ce double langage que l'auteur invite à entendre s'adresse non seulement à notre intellect, mais aussi à notre sensibilité d'âme pour écouter les Muses nous communiquer leurs mets... sages.

J’espère ne pas vous avoir trop ennuyé avec ce texte qui n'est ni juste ni parfait, mais au travers duquel j'ai tenté de vous partager mes pensées.

Le plus difficile est certainement de conclure. Nous l'avons compris, chaque style de discours ou d'écriture possède ses atouts et ses travers. Bien au-dessus de nos jugements que nous devons refreiner, car chaque parole entendue ou mot lu, s'il est juste et bienveillant, constitue une graine qui, riche d'un potentiel de foisonnement, possède la capacité, s'il est bien perçu par le cœur, de nous inviter dans un univers de connaissance.


 

Mère Térésa


En définitive, la richesse de l'expression humaine se manifeste à travers une pluralité de styles, chacun porteur de ses propres forces et faiblesses. Au-delà de nos préférences individuelles, reconnaissons dans chaque tentative de partage, qu'elle soit éloquente ou plus modeste, une graine de savoir potentielle, capable de germer en nous si elle est accueillie avec ouverture et bienveillance.

 

Robert Badinter

Ainsi, loin d'ériger un style en modèle absolu, il apparaît plus pertinent de considérer la diversité des formes d'expression comme un terreau fertile d'échanges et de découvertes. Sachons apprécier la singularité de chaque voix, même imparfaite, car c'est souvent dans le témoignage et l'authenticité d'une pensée partagée que réside la véritable richesse de la connaissance.

Rappelons que l'impact d'un discours ou d'un écrit ne réside pas uniquement dans sa forme, mais aussi dans la disposition de celui qui le reçoit. Un cœur et un esprit ouverts sont les meilleurs terreaux pour accueillir la diversité des styles et y déceler la part de vérité et d'humanité qu'ils contiennent.
Au final, il apparaît que si l'étude des différents styles de planches et de prise de parole peut éclairer nos propres pratiques, l'essentiel demeure le cheminement personnel de chacun vers une expression intime authentique. 

 

Simone Veil


Que nos mots soient savants ou simples, l'important est qu'ils soient le reflet sincère d'une pensée en éveil, contribuant ainsi, à notre manière, à l'immense cortège qui chemine.

 

Philippe Dubach

LE POIDS DES MOTS...

 

Les mots s'envolent les écrits restent. Les points sur les i rassurent, affirment.
J'avoue que j'oscille entre la parole et l'écrit. Les paroles qui viennent spontanément du coeur, même si elles s'envolent elles arrivent toujours quelque part. Les paroles sont parfois trébuchantes sous les coups de l'émotion, c'est peut -être là quelles sont les plus belles parce que sincères et authentiques. Celui qui ne trébuche pas sur les mots est comme celui qui marche droit, tout droit, très droit sans pas de côté sans regarder autour de lui, sans voir les autres. Celui-là péremptoire est rempli de ses certitudes.
Celui qui doute s'humanise, s'approche de ses soeurs et ses frères, il les écoutent. Celui-là ne lâche pas pour autant l'équerre qui est dans sa main droite mais il ouvre le compas qui est dans main gauche. Son arme, son épée est celle de la justice et de l'équité.
En réalité j'oscille toujours entre l'esprit de raison et la volonté du coeur, mais je sais que l'on ne voit bien qu'avec les yeux du coeur, ceux qui sont au centre de nous-mêmes. Alors pour ce qui est du style, celui qui me plaît le mieux est celui qui est capable de faire naître l'émotion même si le sujet traité est sérieux et ardu comme parfois dans nos planches maçonniques; ce sont les points d'émotions qui nous font vibrer alors nous n'entendons plus  l'orateur ou le conférencier nous écoutons l'homme.

 

Jean-François Guerry.

À chacun son style...

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Publié le par 450 FM ERWAN LE BIHAN
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