Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Publié le
par
Jean-François Guerry- Jean Dumonteil
Le pèlerin marche dans la Vallée de Josaphat écrasé par la lumière du soleil, il suit les rives du Cédron qui irrigue le Mont des Oliviers jusqu’au Mont du Temple. Il marche parce qu’il n’a pas oublié la Jérusalem des souffrances et des douleurs mais aussi celle de la Lumière, la destination sacrée. « En ces jours-là, je rassemblerai toutes les nations, je les ferai descendre dans la Vallée de Josaphat, là j’entrerai en jugement avec elles au sujet d’Israël mon peuple et mon héritage. » [1]
Le pèlerin aperçoit au loin à l’entrée du Temple deux immenses colonnes d’airain lumineuses. Il se dirige en Force jusqu’à la Colonne Boaz à son il épèle les premières lettres, fait les premiers pas sur le chemin de la Vérité et de la Lumière. Il se saisit de ses outils dans le creux de la colonne pour construire le nouveau monde, son monde, le monde de l’esprit. Le pied de la colonne se nourrit dans la terre mère, puis elle s’élève vers le ciel, son chapiteau déverse ses pépins de grenade sur toute la surface de la terre, ses fleurs de lotus s’ouvrent fécondent les forces qui construirons le nouveau monde spirituel qui va s’épanouir. Fidèle gardien de cette Tour, le pèlerin découvre que ce qui est à sa base est l’image de ce qui est à son sommet. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. « To Pan » Un le Tout. « Car rien au monde ne se perd, ni ne se fait rien ; mais tout change seulement de forme et de lieu, comme l’Eau élevée en vapeur, retourne au lieu d’où elle était issue. »[2]
La Force asservie par l'Amour
Tout commence ad initium en silence et en Force vertu cardinale, au pied de la Colonne Boaz, c’est là que l’initié se saisit et terrasse le dragon qui sort de la Tour dont il a la garde, il s’efforce de maitriser le dragon de ses viles passions, c’est un Tour de Force. Il apprend à dompter le feu qui dévore l’âme et faire de ce feu, un feu de lumière régénérateur. Il se place sous l’aile du Phénix pour pratiquer avec Force la Justice, et faire régner la Vérité tempérant ses ardeurs à l’image de l’Amour du Pélican. La route du pèlerin dans la Vallée de Josaphat vers la Jérusalem céleste est la route dans la Vallée de l’Amour.
[2] Nicolas Valois- Les Cinq Livres ou la Clef du Secret des Secrets – Bibliotheca Hermetica – Éditions Retz 1975. Citation reprise par Françoise Michaud dans son article L’alchimie une école de Sagesse et un état d’esprit. Dans le Cahier N° Bathilde Vérité Page 38.
Nos vies sur un fil, si fragile équilibre qui permet d'avancer. Force de bouger. Nos vies sur un fil juste au fil. Sensation de joie sous le soleil pur. Fier et tendre fil de fériste.
Nos vies balancées, remuées, chahutées. Ne pas tomber, tomber, se relever. Retour sur le fil. Reprendre le fil croire au fil. Comme l'araignée, le vers à soie. Ne pas renoncer à tendre le fil. Ne pas y penser. Avancer. Toujours. Toujours tirer le fil, reprendre le fil, filer à toute vitesse lentement, rapidement, précipitamment, sans fuir en quenouille.
Et savoir les ciseaux de la Parque avant que tout soit noué et dénoué. Dans l'invisible cordée.
Jean Dumonteil.
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Le 3ème Cahier Bathilde Vérité de la Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge Féminine de France est paru. Comme d’habitude la qualité et la densité des travaux des Sœurs est au rendez-vous. Le thème de ce Cahier : Esprit es-tu là ? Matière que fais-tu ? Ouvre de nombreuses pistes de réflexions pour les lecteurs qui s’intéressent à l’hermétisme, à l’invisible et surtout à l’alchimie et sa philosophie.
Catherine Lyautey - Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France
La préface de Catherine Lyautey la Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France introduit ce Cahier en soulignant : Que les philosophes et les scientifiques de la Renaissance par leurs œuvres, alors révolutionnaires ouvrent de nouvelles voies aux esprits libres qui veulent se défaire du carcan politico-religieux de leur temps et redonner à l’homme une juste place dans la société et le cosmos. C’est dire que ce Cahier se réfère à la tradition ancienne et à ses textes anciens, mais que ceux-ci restent intemporels grâce aux idées qu’ils véhiculent, notre actualité en atteste.
Ce Cahier qui fait une large part à l’alchimie et doté de belles illustrations en couleurs, sera un support de travail pour les Sœurs de la G L F F mais aussi pour les Sœurs et les Frères de toutes les obédiences, désireux d’approfondir leurs recherches intellectuelles, mais surtout de s’élever spirituellement par la connaissance de ce qu’ils sont, et la connaissance du monde.
Marie-Dominique Massoni Directrice de la rédaction des Cahiers Bathilde Vérité
La plume habile de Marie Dominique Massoni directrice de la rédaction, réalise la prouesse en quelques pages de résumer et présenter les articles pourtant différents de ce Cahier. Malgré leur densité elle en extrait le suc qui incite le lecteur, ouvre son appétit. Elle conclut ainsi sa présentation : « C’est la pensée seule qui voit l’invisible car elle est invisible elle-même. »
Henri-Cornélius Agrippa
Dominique Gagliardi dans le 1er article du Cahier attise la curiosité du lecteur avec Henri-Cornélius Agrippa (1486-1535) et sa philosophie occulte ou la magie. Vous y découvrirez que la magie n’est pas un jeu de société une distraction, mais que sa pratique « exige non seulement un haut niveau de connaissances intellectuelles, mais également des exigences sur le plan moral. » Agrippa comme l’évoque Dominique Gagliardi voulait : « transmettre ses connaissances… sur les relations corps âme esprit… les relations entre le visible et l’invisible, entre le naturel et le céleste. » Une philosophie de l’occulte qui permet d’envisager l’au-delà. Cet article est complété par l’extrait d’un texte d’Agrippa sur : l’excellence du sexe féminin et sa supériorité sur le sexe masculin. Vous y lirez qu’il n’y a pas de différence entre les âmes des femmes et celles des hommes, qui sont également libres et grandes. Agrippa ne doute pas de l’excellence de la femme au-dessus de l’homme ce qu’il prouve par le nom d’Eve. Ilprécise que la femme est le chef-d’œuvre des ouvrages de Dieu puisque son dernier ouvrage. On constate donc que l’on s’interrogeait dès les années 1400 – 1500 pourquoi les femmes n’avaient pas les mêmes droits que les hommes. Agrippa écrit : « Quelque esprit qu’elle ait, on ne lui permet point de parler au barreau, on ne lui accorde aucune juridiction, on ne lui confie nulle affaire… »
La Force Château des Ducs de Bretagne à Nantes (elle terrasse le serpent)
Le Cahier Bathilde Vérité se poursuit par un article remarquable de Françoise Michaudsur l’alchimie. « Une école de sagesse et un état d’esprit. » Toutes les Sœurs et les Frères qui pratiquent le Rite Écossais Ancien et Accepté devrait lire cet article, dans lequel ils trouveront « le déroulement de l’opus » qui permet d’amener l’être humain à un état de perfection… en cherchant l’esprit en toute matière, en séparant le pur de l’impur. Zozime de Panapolis le philosophe alchimiste grec est cité à plusieurs reprises ainsi par exemple : « C’est par la mesure et la pesée exacte des quatre éléments que se fait l’entrelacement et la dissociation de toutes choses concordent en termes de division et d’union la nature est transformée. »
Françoise Michaud souligne et démontre que l’alchimie est une école de sagesse par la pratique des vertus cardinales pratique qui amène la pratique des vertus théologales, un chemin initiatique qui se confond avec celui de l’initiation maçonnique. Elle insiste en particulier sur la Force départ, élan de toute initiation (col B). Cette Force est volonté qui met en mouvement la Sagesse pour une finalité en Beauté processus qui se fait dans le respect du silence. Elle conclut son article par un long paragraphe sur la philosophie de l’alchimie. Le lecteur qui veut aller plus loin trouvera des compléments bibliographiques pour perfectionner sa connaissance de l’Art Royal.
Heinrich Khunrath Amphithéâtre de l'éternelle sagesse Interprétations du sixième grade Hanau 1609
À ce stade je ne suis qu’au tiers de la lecture de ce 3ème Cahier Bathilde Vérité c’est dire sa richesse ! J’y reviendrais donc.
Jean-François Guerry.
À LIRE : 3ème Cahier Bathilde Vérité- aux Éditions Numérilivre.
Marie-Dominique Massoni est poète et écrivaine ayant appartenu au groupe surréaliste de Paris et aujourd’hui très impliquée dans la franc-maçonnerie féminine. Elle a été directrice de la collection « Voix d’initiées » de la Grande Loge féminine de France. Elle dirige aujourd’hui les Cahiers de sa loge nationale de recherche dont les travaux sont pour l’heure focalisés sur l’hermétisme. Son écriture sensible, de la pure intuition de sa poésie à l’exploration critique de ses essais, n’a jamais dérogé de ses combats premiers. La mise en commun de la pensée est pour elle aussi essentielle que la création personnelle et elle fustige volontiers narcissisme et egos surdimensionnés ou la lente agonie des langues due à la paupérisation continue de leurs lexiques et de leurs syntaxes.
En 1982, son livre …Sans message est illustré par Jorge Camacho. Elle a organisé des expositions, a contribué à la Revue S.U.RR (Surréalisme, Utopie, Rêve, Révolte) de 1996 à 2005 aux côtés de Bertrand Schmitt, André Bernard, Aurélien Dauguet, Dominique Paul, Guy Girard, Michaël Lowy, qui publie aussi textes et images de surréalistes étrangers parmi lesquels Ivo Purš, Jan Švankmajer, Eva Švankmajerova et Martin Stejskal du groupe surréaliste de Prague réuni autour de la revue Analogon. Outre ses publications personnelles, en 2002, elle participe à l’ouvrage, Eva et Jan Švankmajer bouche à bouche, édité aux éditions de l’œil avec Bertrand Schmitt et Anna Pravdova.
Les salons maçonniques sont peu nombreux et encore moins nombreux en Province. Il faut donc saluer les organisateurs de ce 4ème Salon du CERAL. Un moyen de pouvoir participer aux nombreuses conférences, de rencontrer les auteurs de livres, les éditeurs. Un moyen aussi de faire connaître la Franc-maçonnerie dans sa diversité. Ce salon, sera un lieu où l'on se parle et surtout où l'on s'écoute avec respect, ce qui est rare donc précieux dans ces jours agités. L'on passe ainsi de la pensée aux actes. Les Soeurs et les Frères organisateurs réalisent ce qu'ils ont promis dans leurs loges prolonger au-dehors dans le monde profane les enseignements qu'ils ont reçus dans leurs loges respectives.
L'importance des participants et leur qualité assurera j'en suis sûr le succès de ce 4ème salon l'entrée est gratuite faites le savoir autour de vous .
Jean-François Guerry.
ÉSOTÉRISME, HERMÉTISME, ALCHIMIE:
LES CAHIERS DES TRAVAUX DE LA LOGE NATIONALE DE RECHERCHE DE LA GRANDE LOGE FÉMININE DE FRANCE.
Les Cahiers Bathilde Vérité N°3 - Esprit es-tu là ? Matière que fais-tu ?
15,00 €
TTC
Chercher et dévoiler ce qui a été trouvé des secrets de la nature en ne s’adressant qu’à celui qui peut comprendre, ainsi les hermétistes du xvie siècle partent-ils en quête de la merveille, suivant autant les voies de l’alchimie, de la kabbale que celles du néo-platonisme, imprégnés qu’ils sont des écrits de Marsile Ficin et de Pic de la Mirandole. Aucune séparation des domaines de la connaissance n’est pensable, aucune frontière n’existe pour ces lecteurs impénitents qui ne méprisent en rien la matière mais veulent la rendre à la lumière.
Les voies comme les personnalités diffèrent certes. Silence, secret, mystère, ceux qui disent sans dire, craignant les foudres des Églises sillonnent l’Europe, s’établissant ici
Demain une recension autour du 3ème CAHIER BATHILDE VÉRITÉ - Esprit es-tu là ? Matière que fais-tu ?
Cahier : des Travaux de la Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge Féminine de France.
Les cahiers Bathilde de Vérité N° 1 - Hermès ou la fortune d'un nom
15,00 €
TTC
La Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge féminine de France, Bathilde Vérité, publie ses premiers travaux à l’occasion de l’anniversaire de l’obédience.
Partant du constat que certains rituels contemporains contenaient des reliquats d’hermétisme, elle a décidé de suivre le facétieux Hermès qui a reçu tant d’attributs qu’il en est devenu un messager des profondeurs, de l’esprit.
Cet Hermès, le Trismégiste, s’est fait le conducteur de ceux qui cherchent la lumière de la connaissance dans une époque romaine en perte de repères spirituels. On crut nombre de ses textes à jamais perdus… Miracle ! La gloire d’Hermès s’accroît soudain quand ils sont redécouverts et traduits à la Renaissance quand les Ottomans menacent l’Europe chrétienne.
Les Cahiers Bathilde Vérité N°2 - Hermès, le retour
15,00 €
TTC
Une efflorescence de publications, de rencontres, caractérise le XVe siècle. Le Cahier N°2 de la Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge féminine de France se consacre au mouvement initial impulsé par Cosme de Médicis. Ses ramifications européennes suivront dans la prochaine livraison.
15 € chaque numéro en vente aux Éditions Numérilivre.
https://numerilivre.fr
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Dans un été où les maux et les mots s'entremêlent, où le tissage de fraternité humaine ne semble pas être la préoccupation première pourtant incontournable pour prétendre pouvoir faire société. Thierry Didier nous offre un bel article sur la science et la gnose. Un article qui suscitera beaucoup de réflexions.
Passer du travail à la récréation ( la re création ).
Des savoirs à la Connaissance, sans mépriser les indispensables savoirs.
Le dualisme peut-il être moteur et le créateur de la Connaissance ? Faut-il mépriser le manichéisme au risque de la confusion totale entre le bien et le mal ?
Faut-il œuvrer au rapprochement des contraires, sans renoncer à combattre le mal ? La Franc-maçonnerie n'est pas élitiste, mais élitaire selon les mots de Marc Halévy.
Les lumières de la science nous font sortir de nos ténèbres, des ténèbres matérielles. Notre élévation spirituelle nous entraine dans un mouvement spiralé ascendant vers la Connaissance des hautes sphères de la spiritualité. Notre monde oublie trop souvent l'ordonnance du médecin François Rabelais, humaniste de la Renaissance : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme."
Bonne lecture.
Jean-François Guerry.
De la Science et de la Gnose
Je m’aperçois, les années passant, que nombre d’éléments du savoir universel peuvent être étudiés simplement et sous l’angle auquel la franc-maçonnerie nous a habitué à travailler. Dans cette optique, quand il me paraît qu’un domaine puisse être utile à notre réflexion, je pense qu’il est important de le vulgariser et d’en tirer une utilité pratique. La gnose est de ces domaines, et ses déclinaisons en éclairent la signification. Par exemple, nous connaissons tous le terme d’« agnostique », qui désigne toute personne considérant l’absolu , et donc toute opinion religieuse certaine, comme inaccessible à l’homme. L’agnostique, dont l’étymologie signifie « inconnu », ou mieux « inconnaissant », est sceptique par nature, il ne prend pas part, c’est son droit, et renvoie dos à dos croyant et impie. L’agnostique est à la mode, car sa tiédeur supposée, qui est compréhensible, donne à bon compte l’illusion que le mutisme rend sage et que le doute rend intelligent. Cela dit, le -a privatif placé devant gnostique ne reflète pas l’état d’esprit de l’agnostique, qui n’est pas un simple « inconnaissant », d’où l’intérêt d’approfondir le mot-souche, en l’occurrence ici le mot « gnose ». La gnose signifie Connaissance, empruntée au grec ecclésiastique gnôsis, issu d’une racine indoeuropéenne gno, « connaître », que l’on retrouve dans le latin noscere, également « « connaître ». Connaissance de Dieu, ou Connaissance de soi-même, peu importe en fait le support qui fera le lit de cette Connaissance.
La Connaissance, tout comme la Vérité ou la Parole Perdue, évoqués souvent en franc-maçonnerie, sont des concepts hautement personnels et en même temps parfaitement universels, qui ne supportent donc pas d’être amoindris par une signification limitative. Les définir voire simplement les circonscrire ou même les discerner les détruit aussitôt, à la façon du photon de lumière qui n’existe que tant qu’il est en mouvement, et dont la tentative de capture et d’appropriation signe la disparition. Sans jeu de mots, dès qu’on décline ces concepts, ils déclinent, car c’est leur liberté de sens qui en fait leur substance. Le souci avec ces paradigmes n’est donc pas lié à leur nature même, qui est somme toute comparable à d’autres idées, mais aux tentatives de captation individuelle, qui risquent alors d’en faire des légendes urbaines de la maçonnerie, c’est-à-dire des valeurs-totems dont certains font grand mystère et qui, en les préemptant, les transforment en trésors pétrifiés, objets de toutes les craintes, peurs et fixations, et véhiculant une norme et une morale implicites, dénuées de tous fondements. La Connaissance est en fait un étrange mélange entre le savoir, au sens large, qui définit ce qui nous instruit, et la façon dont on accepte cette inculcation, le plus souvent à notre insu. Cette acceptation façonne l’individu, le prépare à la tempérance et à la pondération : en un mot, le transforme.
C’est ce double mouvement de l’inculcation et de la transformation qui font la connaissance. Savoir et connaissance sont donc étroitement liés, et en aucune façon l’un ne prime sur l’autre : ils sont concomitants. Nous pourrions donc dire que l’on passe d’un savoir à de la Connaissance à partir du moment où ce savoir, quel qu’il soit, s’amalgame à notre personnalité du moment, permettant alors une Connaissance nouvelle, plus accomplie car plus étendue, mais toujours en devenir. Car connaître, c’est naitre à côté, c’est-à-dire apprendre encore et toujours de la proximité d’un fait ou d’une opération signifiante. La connaissance de Dieu pourrait ainsi se manifester par la Foi, qui est à la fois le creuset et l’outil d’un monde aussi varié qu’il y a de fidèles. On peut concevoir la Foi comme le vestige, le reliquat individuel d’une force de création subsistant à bas bruit et depuis l’origine des temps dans le cœur de chaque croyant. Ce souffle devient ainsi le viatique et le témoin d’un créateur que notre discernement propre considère alors comme immanent ou transcendant, c’est selon, suivant l’éducation que l’on a reçue, et donc suivant la vision philosophique et confessionnelle qui en découle. C’est dans cette dichotomie que prendront langue la distinction et la complémentarité de la Gnose et du Gnosticisme, terme dérivé dont nous parlerons plus tard. La Connaissance commence donc par un savoir, au sens large, c’est-à-dire qu’on ne peut connaître ou se connaître qu’à partir d’aliments qui formaliseront à un instant T cette Connaissance. Dans un second temps, il y aura confrontation entre ce qu’on sait déjà et ce qui est nouveau. Enfin la fusion de ces deux mondes viendra se poser en miroir de notre personnalité, en faire une mise en abyme toujours évolutive (c’est son principe), un miroir se reflétant toujours dans un autre miroir. Plus l’image en perspective se reproduira, plus cette mise en abyme se développera, et plus la connaissance sera profonde, sans jamais se voir à un moment donné limitée dans son exercice.
Et c’est là sa force et son secret, la Connaissance dépend alors étroitement d’un contenu, d’un cumul, d’une somme qui sont en temps réel modelés par la nature évolutive du contenant, c’est-à-dire nous-mêmes. Ce processus de perspectives sera l’essence symbolique de la triple ambulation du 24ème degré. La Connaissance est très à la mode dans notre milieu, flanquée, donc, du savoir qu’elle semble, dans l’esprit de certains, dominer. La gnose ou Connaissance est en fait une doctrine philosophico-religieuse selon laquelle le salut de l'âme passerait par l’expérience ou par la révélation directe de la divinité, ou, pour les incroyants, de l’Idée. Nous dirions, nous maçons, par l’expérience d’une révélation, ce dernier terme validant simplement l’acquisition d’un savoir sans le truchement visible de la Volonté. Sans être réducteurs, on peut donc voir dans la gnose une méthode générale, adaptable, une boite à outils permettant à chacun de se situer par rapport au monde qui l’entoure. Comme souvent avec les grands principes, au mouvement d’idées va se substituer une forme mimétique, plus commode mais incomplète qui en sera l’expression collatérale, forcément limitative, car cantonnée non pas à l’essence mais à la substance, non pas au structurel, mais au conjoncturel : ce mimétisme sera porté par les célèbres mots en « isme », qui dégradent souvent leur valeur directrice, en l’affublant d’artifices sémantiques ou d’habillages trompeurs prompts à en dévoyer le sens profond.
Ainsi à la laïcité répond le laïcisme, à la liberté répond le libertarisme, à l’égalité répond l’égalitarisme, etc… Et d’une façon générale à l’Idée répondra l’Idole, et son cortège de poncifs, de raccourcis et d’éléments de langage que portent fièrement caporalistes, moines-soldats et autres chapeaux à plumes. Attention néanmoins, tous les mots en « isme » ne sont pas des approches dévoyées d’une réalité trafiquée. Ainsi à la gnose répond le gnosticisme. Le gnosticisme désigne certains mouvements du christianisme ancien qui relèvent d'une idéologie dualiste (croyance dans l’existence d'un Dieu du Mal et d'un Dieu du Bien) qui considère le corps et la vie terrestre comme une prison dont l'homme doit se libérer pour être sauvé .Or une des caractéristiques de l’initiatique est de savoir mettre à l’épreuve les invraisemblances , les apories et les non-sens, non pour prôner une forme d’anarchie qui serait préjudiciable à l’exercice maçonnique, mais pour forger par le fer et par le feu l’esprit critique du maçon : c’est par cette fusion alchimique que l’on façonne des convictions. Les initiés que nous sommes vont donc pouvoir utiliser cette doctrine séparatiste qu’est le gnosticisme à des fins d’approfondissement philosophique et symbolique. La force philosophique du gnosticisme sera de créer, à côté de l’immanence, un second milieu que d’aucuns baptisent d’inconnaissable et de transcendant, qui obligera alors l’initié à se regarder lui-même, n’étant plus totalement dans le monde physique, ni entièrement dans le monde du divin inconnaissable. Le gnosticisme est une forme particulière de gnose dans laquelle sont posés des invariants, tels que le bien et le mal, ou, d’une façon plus générale, un dualisme constitutionnel qui, au premier abord, peut sembler limitatif mais qui, à l’usage, contribue à modeler celui qui s’y colle : le biais discursif de ce principe binaire va alors servir d’épreuve supplémentaire défiant, par son caractère clivant, les lois de la raison ou même de la croyance, pour mettre le doigt sur le seul objet qui vaille, celui de la nature profonde de l’initié et de sa meilleure compréhension de l’Univers.
Le gnosticisme n’est donc pas une dégradation du mot-souche gnose ; tout au plus décrit-il une façon particulière de connaître, soumis à un principe divin bâti ici sur une forme de manichéisme. Le gnosticisme épouse et agrège d’une certaine façon la philosophie générale de l’Ancien et du Nouveau Testament, non sans égratigner au passage l’immanence et sa transcription particulière qu’est le Christ, expression d’un Dieu incarné. Car là où le bât blesse est que l’incarnation du divin sous-entend quelque part l’aliénation à la vie réelle dans ce qu’elle a parfois de détestable, de souffrance et de malheurs, là où la déité transcendante serait une forme de pureté inatteignable, de retour principiel au Paradis. Pour nous, initiés, le gnosticisme peut et doit être abordé, comme souvent, de deux façons : d’abord par la voie exotérique, qui fait de l’homme quelqu’un de fatalement mauvais, car issu d’une déité immanente, appelée Démiurge, imparfaite, matérielle, symbolisant la Chute adamique, et la contrition systémique qui en découle. Cette approche fera la part belle aux séides de tous ordres, qui y voient un joug facile à exercer sur leurs gentils affidés. Démiurge dérive étymologiquement du grec dêmourgios, proprement « qui travaille pour le public », synonyme, pour Platon, de créateur, ou, pour Rabelais, de demiourgon, proprement le travailleur, pour désigner le Diable (1546) : on voit bien ici la coloration bassement matérielle et dégradée que tente de lui attribuer le volet exotérique du gnosticisme, mâtiné de discrimination religieuse. Pourtant cette voie me semble assez proche du déisme tel que le conçoit le Rite Écossais Ancien et Accepté avec le Grand Architecte De L’Univers et son architecture universelle, la différence ici étant l’absence d’une gouvernance divine imposée. Mais on peut aussi aborder le gnosticisme par la voie ésotérique, dans laquelle nous, simples humains de chair, allons pouvoir nous confronter à l’indicible, l’ineffable, l’inexprimé d’un Dieu transcendant, dans une visée comparable d’ailleurs à l’en Sof de l’arbre séphirotique ou au Nec Plus Ultra de l’Échelle Mystique. Cette confrontation à l’ineffable aura le mérite de rendre encore plus exigeante notre recherche initiatique, dans la mesure où aucuns jalons, aucunes accroches ne sauraient nous arrimer à une quelconque échappatoire : nécessité serait alors d’aller jusqu’au bout pour ne jamais reculer. Cette approche exigeante aura la vertu de « renverser le regard ordinaire », par capillarité et par contiguïté avec ce monde inexprimable, d’emprunter à l’insondable sinon une méthode, du moins un trésor contre-intuitif, déstabilisant pour le profane, mais riche de promesses potentielles pour l’initié. Je vais illustrer cette dynamique de pensée, applicable à la science, par ce court exemple : en 1608, Kepler ,l’astronome , décrit un songe: sa mère et lui sont emmenés dans les airs par un démon pour aller regarder le système solaire depuis la lune, et poser ainsi la lune comme siège transitoire de l’ineffable : c’est l’illustration parfaite du gnosticisme : le démon est l’entité divine inférieure, apte à induire un voyage intellectuel nous emmenant hors des sentiers battus pour regarder en nous , ou plus haut que nous. Le gnosticisme repose donc sur une doctrine séparatiste dont il faut retirer, pour nous maçons, une méthode, une vision et une finalité, dans une optique de perfectibilité et d’élargissement de la Connaissance.
Le gnosticisme fait déjà le travail de binarité, en adoptant d’emblée cette vision duale nécessaire à toute progression. En effet, le progrès s’obtient par des allers-retours incessants entre le monde que l’on connait, et celui que nécessairement on ignore, progrès effectués par la capillarité et la contigüité de nouveaux éléments transitant depuis l’informulé vers le formulé. Le gnosticisme a justement cette propension à créer des mouvements d’idées entre 2 pôles apparemment inconciliables, qui les placent à mi-chemin entre la doctrine et la méthode. Si l’on transpose en sciences physiques, la vision dualiste, ondulatoire et corpusculaire de la matière en général, témoigne en fait de notre incapacité à la définir autrement. La preuve en physique quantique, où les grains, les quantas, constituants ultimes de la matière, sont définis non par une place déterminée, mais par une probabilité de présence qui trahit notre incompétence à réellement les situer. Á un endroit précis se substituera un flux « probable » qui, transposé dans le gnosticisme, validerait les tentatives de jonction entre le monde tangible et celui que l’on subodore comme étant celui d’une déité transcendante. D’une façon générale, la science apparaît comme la validation sous forme d’axiomes et de postulats d’une réalité incomplète, toujours en devenir, dont la philosophie et le gnosticisme seraient le génie, au sens militaire du terme, c’est à dire des logisticiens, des émissaires, des éclaireurs, des prémisses. Transposée en sciences physiques, la preuve gnostique de l’impossibilité de relier les 2 mondes se traduit par l’incompatibilité apparemment fondamentale existant entre physique quantique et physique relativiste, c’est à dire entre les phénomènes régissant l’infiniment petit et l’infiniment grand. Je pense que la physique quantique n’appartient pas spécifiquement à l’infiniment petit, c’est simplement là où on a été capable de la trouver. Même chose pour l’infiniment grand, siège le plus évident de la physique relativiste : il y a donc un clivage, qui ne sera dépassé que lorsque l’abord de ces 2 aspects de la physique ne se fera plus l’un par rapport à l’autre, mais l’un avec l’autre, nous renvoyant, nous maçons, à la pensée dite ternaire, synthèse et donc résolution provisoire d’un dualisme qui est la preuve patente de notre incapacité transitoire à résoudre les contraires. Cette incapacité s’appelle en physique un « saut « quantique », qui est la validation empirique de ce passage incessant de l’onde au corpuscule, de la matière. C’est aussi le bond qu’effectue le cherchant entre ce qu’il sait et ce qu’il espère, afin de se projeter et de saillir, dans son sens de féconder, d’inséminer une nouvelle réalité : nous avons là la définition même de la spiritualité. C’est aussi toute l’explication ésotérique de l’Enfer de Dante : « vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance »: il ne s’agit pas de se résoudre à disparaître , mais , en abandonnant toute espérance , de ne rien s’interdire , de ne pas se trouver englué dans la réalité tangible et d’ accepter de se colleter à l’ineffable, sans l’appui de cette Espérance qui appartient au monde réel. Car si l’Espérance est un moteur du tangible, elle peut apparaître aussi comme une pesanteur, un frein, un mur d’airain. Abandonner toute espérance allège le fardeau potentiel de celui qui reste envers et contre tout arrimé à sa matérialité. Le gnostique, tout comme l’astrophysicien, tout comme le poète de la Divine Comédie, vont devoir abandonner la rigidité de cette espérance pour ne plus faire de l’Enfer un à-côté infréquentable, mais, sitôt passé la porte, y voir le triomphe de la Connaissance.
En retour, cette spiritualité permettra de réinterpréter la matière et le tangible à l’aune et sous l’éclairage de cet élan spiritualiste. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est ce type de dynamique qui permet aux scientifiques de ne rien s’interdire. Je cite un grand astrophysicien contemporain, Carlo Rovelli, qui ne dit pas autre chose : « Ce qui me fascine avec la science, c’est qu’on observe, on compare, on réfléchit, et l’imagination parvient à nous projeter hors de notre vision du monde. Ce renversement qui ouvre à l’esprit n’est pas propre à la science, on le trouve aussi en philosophie, en littérature… ». Ce renversement n’est pas autre chose que ce que Leibniz appelait la caractéristique universelle, qu’il imaginait sous la forme d’un langage mêlant sciences dures et sciences molles, et que les manifestes Rose+Croix du début du 17ème siècle, dont les membres prétendaient « parler toutes les langues ». Autant le gnosticisme peut être réducteur et étouffant lorsqu’il se souche sur une morale discriminante, autant la vision séparatiste qu’il induit peut être productive car elle oblige la pensée à se référer à un inconnaissable que nous ne toucherons jamais que du doigt, mais qui, par aspiration, nous aide à être meilleurs. Il faut bien garder à l’esprit que le gnosticisme est un standard de pensée, et que, à cet égard, il n’est ni la vie, ni la vérité, et n’a gouvernance que sur ce qu’il croit exister et prospérer. Pris dans une optique totalitaire, il fait le lit d’une forme de coercition morale, de culpabilisation ontologique. Mais son dépassement proprement dit est déjà une forme de progressivité. Cela dit, toute progression ne peut se faire sans défauts, défauts qui sont l’expression maladroite d’une pensée toujours en voie d’amélioration, et qui laisse çà et là sur le chemin ce qui n’entre pas dans l’orthodoxie du moment. Cette approche par le défaut, douloureuse en termes d’amour propre bafoué ou de certitudes dépassées, a la vertu, s’il elle est utilisée, de jaillir en retour sur le tangible en y ajoutant un supplément d’âme bénéfique à la Connaissance au sens large. Celui qui retourne dans la vie avec ce supplément d’âme va l’utiliser comme un germe à même de l’éclairer plus avant sur les phénomènes qui l’entourent, et d’analyser plus finement lesdits phénomènes. Selon les philosophes partisans de la théodicée ontologique, concept qui découle du gnosticisme, la création d'un univers complexe et infiniment diversifié ne peut d’ailleurs se faire sans défauts. Sans ces défauts, l'Univers serait Dieu lui-même. Avec ces défauts, il est le cosmos, c’est-à-dire une vision « articulée » de l’Univers perçu, imparfaite mais bien réelle. Ces défauts sont donc une preuve d’existence, et valident, par « défaut » justement, le socle de nos connaissances déjà acquises et de nos croyances. Autre exemple, il a été prouvé que la gravité est en fait la conséquence de la déformation de l’espace et du temps : elle en est donc quelque part le défaut. Le défaut a cet avantage qu’il peut être « sorti » du processus, afin d’être étudié en tant que tel : c’est ainsi qu’une formalisation particulière a permis de découvrir récemment des « ondes gravitationnelles », induisant l’« autonomie structurelle » de ladite gravitation. On en vient à déterminer ce qu’on appelle la granularité du temps, de l’espace, et de sa modularité : quoi de plus tangible et d’aisément imaginable qu’un « grain » ?
Et pourtant on affecte cette vision matérialiste à celle, moins aisément représentable, de l’espace et du temps. Ceci pour bien nous montrer que nos sauts, qu’ils soient quantiques ou spirituels, ramènent depuis l’inconnu une forme d’actualité que nous pouvons à ce moment-là reformuler à partir des présupposés que nous connaissons : le « grain » de temps et d’espace est de ce tonneau. En fait, le défaut est souvent le signal qu’un progrès est toujours possible, parce qu’il est sans cesse en cours et qu’il faut le chercher là où il manifeste son côté sombre, inaccompli. Par exemple, l’informatique quantique, qui est balbutiante, nous montre qu’à côté des calculs prodigieux qu’elle est apte à effectuer, de très nombreuses erreurs en perturbent pour l’instant le mécanisme : ces erreurs sont des défauts. Ils sont à ce titre autant des indicateurs précieux à l’amélioration du processus, que des obstacles transitoires au processus en question. En franc-maçonnerie, ces défauts portent un nom : ce sont les métaux, à la fois que l’on combat dans une visée perfectionniste, mais sur lesquels on peut aussi s’appuyer. Ces défauts civilisationnels et existentielles que sont les métaux sont toutes les attitudes, valeurs, concepts et principes qui nous ont permis de croître et d'évoluer depuis notre naissance jusqu’à notre entrée en loge. Les métaux sont symboliquement des électrons libres : le fait, pour les effacer, de les modifier un tant soit peu, de faire vaciller leur superbe crée un appel d’air initiatique qui permettra toujours d’apporter une pierre de plus à l’édifice. Dans « Dialogue sur les 2 grands systèmes du monde », Galilée cherche moins à prouver que la Terre tourne, qu’à démolir notre intuition profondément enracinée qu’elle est immobile. Cette intuition est tellement consubstantielle à l’époque qu’elle en est invisible à la raison discriminante. Galilée essaie de remonter le fil du « défaut » supposé, à savoir l’immobilité de la terre, afin de le transcender, en dépit d’une évidence qui semble incontestable. A partir du moment où l’on a « gouté » à l’ineffable, où l’on s’est ouvert au sacré, on s’est colleté en retour à une ouverture d’esprit forcément augmentée, et le retour au tangible se fera alors de façon moins radicale, plus fine, avec une prédisposition à mieux comprendre les rouages des évènements concrets, à saisir plus délicatement leur essence. Ainsi à partir du moment où l’on a compris que la gravité était le bât blessant d’une déformation, on peut en déduire que le temps s’écoule différemment selon l’intensité de la gravité. Cette méthode est bien sûr troublante, car c’est une façon, pour les matérialistes, de lâcher la proie pour l’ombre, mais cet acte, périlleux s’il en est, nous invite à transcender la réalité du moment. Une masse, comme une planète, fait se courber l’espace et le temps autour d’elle, et c’est cette courbure qui a pour effet collatéral de faire chuter les corps.
On ne baigne donc pas dans la gravité, qui serait un environnement souverain, car, si la gravité est une conséquence et non une cause, elle sera à terme représentable de façon isolée : et ce seront alors les « ondes gravitationnelles », découvertes il y a peu, visibles en cas d'événements extrêmes, tels que la collision de trous noirs, la fusion d'étoiles à neutrons ou l'explosion d'une étoile. Ces événements très violents produisent suffisamment d'énergie pour déformer l'épais et solide tissu de l'espace-temps en le dilatant et en le contractant. Il faut donc que les paramètres consubstantiels au tangible deviennent « limite » pour que se fasse jour un éclairage complémentaire nouveau : c’est aussi la méthode de la cérémonie d’initiation, qui nous donne à voir une réalité augmentée, celle des épreuves, afin d’emmener le récipiendaire dans une spirale vertueuse. Cet éclairage de notre conscience par la confrontation à l’ineffable balaiera d’un faisceau subtil les évènements tangibles, en mettant en évidence des liens intimes qui étaient auparavant indétectables par celui qui n’avait pu se colleter à l’ineffable.
Thierry Didier
Mes remerciements et ceux des lecteurs du blog à Thierry Didier pour avoir choisi de nous faire bénéficier de ses réflexions en toute fraternité.
JF Guerry.
Pour aller plus loin avec Thierry Didier sur les Chemins de la Connaissance lire son livre .
Quatrième de couverture :
Dans une époque où la quête du sens prend les formes les plus diverses, du coaching individualisé aux séminaires vantant la réalisation de chacun, pléthore d'ouvrages sont publiés chaque année en lien avec la recherche initiatique en général et la franc-maçonnerie en particulier.
On y trouve fréquemment des livres relatant l'histoire et les origines supposées des différents ordres maçonniques et des obédiences qui en sont issues.
Les ouvrages didactiques, reprenant un par un les symboles, outils, rituels et narratifs des différents degrés, font également florès sur les sites spécialisés en maçonnologie et en ésotérisme.
L'élan va même jusqu'à voir élaborer des romans, voire des bandes dessinées en lien avec ce monde si particulier, discret mais non secret, qui nourrit, en marge de la vie quotidienne, ceux que l'on appelle des initiés.
Ce livre se veut différent, en ce sens que l'auteur, imprégné depuis de nombreuses années de l'étude symbolique et philosophique des mythes et des symboles, a développé une réflexion et un abord particuliers, le portant vers un décryptage très personnel de concepts, d'idées et de personnages des plus variés.
Libre au lecteur, profane ou initié, d'y puiser ce qu'il veut afin de se faire sa propre idée...
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CONFÉRENCES DE L'ACADÉMIE MAÇONNIQUE PROVENCE LE 5 OCTOBRE.
Samedi 5 octobre 2024 Château Saint-Antoine
Marseille
10 heures - 17 heures
XIIes Rencontres
Académie Maçonnique Provence
De l'Orient à
l'Occident...
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,
Voici venu le temps de vous présenter les XIIes Rencontres de l'Académie Maçonnique Provence qui se dérouleront le samedi 5 octobre 2024 au Château Saint-Antoine à Marseille.
Les trois conférenciers traiteront de sujets en relation avec notre thématique annuelle, à savoir :
De l'Orient à l'Occident..
Nous accueillerons, suivant la nouvelle formule, trois conférenciers afin de leur donner plus de temps d'expression et d'échanges avec les participants.
Je vous rappelle que la nouvelle formule avec trois conférenciers nous permet d'avoir également un temps d'échanges lors des dédicaces des auteurs qui ont lieu dans la salle humide avec boissons et "petit goûter de départ ".
Le programme de la journée est donc le suivant :
- 9h00: Accueil des participants ;
- 10h00 : Mot d'accueil et de présentation de la journée ;
- 10h15 : 1ʳᵉ conférence et échanges avec les participants ;
- 11h30 : 2ᵉ conférence et échanges avec les participants ;
- 13h00 : Agapes fraternelles
- 14h30 : 3e conférence et échanges avec les participants ;
- 15h45 : Conclusions et Chaîne d'Union ;
- 16h00 : Rencontre et dédicaces avec les auteurs et pot de départ.
À l'occasion de ces XIIes Rencontres, nous aurons l'honneur d'accueillir
Christian ROBLIN Président du Collège Maçonnique GLDF
Au croisement des chemins de l'Orient à l'Occident :
voie maçonnique, voie initiatique,
autres voies traditionnelles.
Florence QUENTIN Égyptologue
L'Égypte, mère du monde :
notre héritage égyptien
Abdenour BIDAR Philosophe, Essayiste
Les cinq piliers de l'islam
et leur sens initiatique
L'abonnement annuel est inchangé (35€) et te donnera accès gratuitement (hors repas) à cette dernière rencontre de l'année 2024 ainsi qu'aux manifestations organisées par les Académies de Lyon, Lille, Toulouse et Paris.
La participation aux frais pour la journée et de 25€ pour les non-abonnés et les frais de restauration comprenant le café d'accueil, le repas (entrée, plat, fromage, dessert, boissons, café) ainsi que le pot de départ sont de 25€.
À l’issue des conférences, nous vous enverrons les textes des conférenciers de même que l'enregistrement intégral des conférences et des échanges qui suivront.
David Taillades : Aperçus sur les origines médiévales de la Franc-maçonnerie Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ? Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie. Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?
Cliquez sur l'image pour vous inscrire. Votre inscription sera valable pour l'ensemble des conférences vous laissant ainsi la possibilité de participer à tout ou partie de ces entretiens.
Vous recevrez automatiquement, tous les jeudis, le lien vous permettant de participer à la conférence du jour.
L’effort comme idéal individuel et collectif est la voie de la paix de l’âme, l’ataraxie des grecs. Ce n’est pas très vendeur, surtout en période estivale et tourmentée. Pourtant, c’est seulement la recherche du bien et de sa pratique qui peut nous apporter la joie dans les cœurs. C’est cette ambition qui élève l’homme, cette recherche du bien qui l’améliore et améliore la société. La difficulté réside toujours dans les détails, qui ne sont pas toujours minces, nous avons une propension naturelle à rejeter sur l’autre la faute, c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau. La Liberté du gavroche du tableau de Delacroix ou des Misérables nous inspire toujours la révolution générale collective. Mais avons-nous fait notre révolution personnelle, nos exercices spirituels quotidiens ? Nous qui revendiquons être les enfants des Lumières, et d’Alexandrie, d’Athènes, et de Jérusalem. Le Secret de la réussite est avant tout dans l’accomplissement du Devoir, de nos devoirs.
Jean-François Guerry.
FLORILÈGE
Contre les préjugés, il n'y a rien à faire. Il faut attendre et laisser au temps le soin de les juger. Un jour vient où les hommes pensent autrement que la veille. Pourquoi n'ont-ils pas pensé la veille comme ils pensent aujourd'hui ? C'est là un obscur et impénétrable mystère.
S. Freud
Le présent apparaît comme un conflit sans issue entre les choses qui ne savent pas mourir et les choses qui ne savent pas vivre
Paul Valéry
La sagesse est de ne pas s'agglomérer mais, dans la création et dans la nature communes, de trouver notre nombre, notre réciprocité, nos différences, notre passage, notre vérité, et ce peu de désespoir qui en est l'aiguillon et le mouvant brouillard
René Char
J'abhorre les formes de pensée qui assènent des vérités toutes faites, pauvres et sans nuances. Et qui risquent donc de déboucher sur une pensée appauvrie , squelettique. La pensée demande des correctifs, des nuances, de la subtilité ; pas de dogmes tout faits issus des fast-foods de la réflexion
Jacqueline de Romilly
Les réseaux sociaux donnent accès à "bêtise surinformée"
Alain Finkielkraut
L'Europe, c'est la Bible et les Grecs
Emmanuel Levinas
Nous naissons tous fous, quelques-uns le demeurent
Samuel Beckett ; "En attendant Godot"
Pour les travailleurs peu ou pas qualifiés, le coût global du travail est excessif et décourage l'embauche. Si un salaire minimal est imposé, les personnes dont le coût du travail est supérieur au produit marginal qu'elles dégagent se retrouvent au chômage.
Michel Pébereau
Il faut être économe de son mépris tant sont nombreux les nécessiteux
Chateaubriand
Les seuls problèmes que l'on résout vraiment sont ceux que l'on empêche de naître
L'auteur du Blog
YANN
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Nous célébrons cette année les 234 ans de la Fête de la Fédération (14 juillet 1790), qui était le premier anniversaire de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, mais bien plus que cela encore ! Le 14 juillet devient fête Nationale en 1880 - il y a donc 144 ans aujourd'hui ! - sous cette chère et regrettée IIIème République. Après un oubli de près de 100 ans depuis la prise de l
Nous avons coutume de dire : ce qui compte ce n’est pas le but mais le chemin. Les Sœurs et les Frères se reconnaissent dans la « pensée et l’action. » Le chemin qui mène à l’action peut prendre différentes formes, l’initiation maçonnique est un de ces chemins ce n’est pas le plus facile, il est exigeant demande donc engagement et persévérance. Ceux qui prennent les chemins de traverse, qui acceptent de passer par la porte basse pour s’efforcer d’accéder à la Lumière et à la Vérité l’ont appris à la fois à leurs dépens mais surtout ont vu la joie envahir leur cœur. Nul doute, que les Sœurs et les Frères du « Droit Humain » ont été inspirés pour la sortie de ce premier numéro de leur revue au moment où la Lumière est à son apogée.
Sylvain Zeghni
Le thème général de la revue : « Habiter la terre », notre terre dont nous sommes issus, l’humain venant de l’humus est aussi à propos face aux catastrophes climatiques qui ne sont pas aujourd’hui des prévisions mais des réalités malheureusement presque quotidiennes. Les membres du « Droit humain » démontrent ici leur sensibilité humaniste et sociale. Dans son « Éditorial » Sylvain Zeghni – Président de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique mixte international le Droit Humain, précise : « Habiter la terre … aborde les relations entre l’homme et le vivant. » La particularité de son obédience maçonnique est qu’elle se veut : humaniste, sociale et spirituelle. Donc avec la volonté d’améliorer l’homme et la société. Il rappelle une évolution récente de son ordre qui précise désormais dans ses constitutions : « Dans ses actions, l’Ordre vise à assurer l’harmonie entre les êtres humains et la nature dans son ensemble, essentielle pour notre vie et celle de nos descendants. »
Jacques Chirac un de nos anciens présidents déclarait, il y a 22 ans, le 2 septembre 2002 lors du IVème sommet de la terre à Johannesburg : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Les discours politiques ont la particularité d’être émouvants quand ils sont rares, de se vider de leur sens quand ils ne sont que communications de pompiers. Leur force et leur intérêt résident dans l’action qui les suit.
Au sommaire de ce numéro de Chemins de Traverse nous trouvons deux articles je dirais purement maçonniques et historiques. Le premier : Les constitutions d’Anderson : un livre témoignage de Bernard Dat, un livre découverte qui suscite l’émotion selon les dires de Bernard Dat. Dans cet article de nombreuses références sont faites sous forme de citations du livre de Philippe Langlet (La Constitution des Francs-Maçons 1723.) Le second article dans un rubrique le « Coin des curieux », porte le titre Partir du bon pied une question qui fait débat entre les sœurs et les frères dans les loges suivant les rites pratiqués. Chacun y va soit de son affirmation sans débat, le comment faire est souvent expliqué le pourquoi pas toujours, y a-t-il un lien avec la position des colonnes B et J ?
L’article d’Annick Drogou« Habiter la terre » qui débute sous forme d’une anecdote ferroviaire (blocage d’un TGV par un veau errant entre les rails) percute notre conscience et nous fait réfléchir au partage de notre espace. Selon ses mots eh oui la campagne existeet pas seulement dans nos assiettes de consommateurs pressés.
C’est Sylvain Zeghni qui nous rappelle dans son article « Élisée reclus, l’homme et la terre » que l’épreuve de la terre a précédé notre initiation, que l’injonction du V I T R I O L, accompagne les Sœurs et les Frères tout au long de leur initiation jusqu’au retour à la terre à la porte de l’Orient éternel. Pour étayer son intervention il convoque les penseurs et les philosophes : Élisée Reclus le géographe anarchiste et son Homme et la terre, Martin Heidegger qui affirme que la nature est une partie intégrante de la vie humaine, Aldo Leopold qui souligne l’importance de l’éthique de la terre, du respect de la terre, une idée à laquelle abonde Arne Næss le philosophe norvégien qui considère que les êtres vivants ont une valeur inhérente et une dignité, indépendamment de leur utilité pour les êtres humains. Cette galerie des penseurs et philosophes s’achève avec le sociologue et philosophe des sciences Bruno Latour qui pense que la terre à une voix et des intérêts propres. La conclusion fait appel à Corinne Pelluchon je vous laisse à a découverte.
Corinne Lepage
Dans l’article suivant : « Le droit est une force pour la protection de l’environnement et la défense des générations futures. » la parole est donnée à deux avocats longtemps associés Christian Huglo et Corinne Lepage ils décrivent leurs combats dans les prétoires contre la criminalité environnementale dans plus 50 dossiers, dans sa conclusion Christian Huglo insiste sur « le rôle majeur des juges face aux défis écologiques. » Corinne Lepage souligne les besoins de la justice et l’importance des associations indépendantes ainsi que l’indépendance de la justice.
Alain Froment anthropologue au Musée de l’homme s’intéresse aux rapports entre les sociétés et leur environnement. Il attire notre attention sur l’eco-anxiété qui selon ses mots est « un poison qui contamine injustement toute une jeunesse qui se détourne de l’ingénierie. » La liste des articles s’achève avec un problème qui va perturber nos sociétés occidentales : Les réfugiés climatiques qui vont s’ajouter aux demandeurs d’asiles pour des raisons politiques ainsi qu’aux réfugiés économiques. Faut-il construire des murs et des barrages sans résoudre les problèmes ou construire des ponts sans prévoir l’accueil ?
Yonnel Ghernaouti
À la fin de la revue dans Place à la lecture, c’est Yonnel Ghernaouti membre du comité de rédacteur dont on connaît l’engagement maçonnique et les qualités qui réalise les recensions d’ouvrages variés qu’il a sélectionné pour vous. Enfin la rédaction nous rappelle l’intervention du Droit Humain sur France Culture dans l’émission « Divers aspects de la pensée contemporaine » émission diffusée le dimanche matin à 9 heures 40.
Signalons également que ce premier numéro de Chemins de traverse présenté en format magazine est illustré de magnifiques photos couleurs, souhaitons longue vie à cette revue qui le vaut bien !
Jean-François Guerry.
LES RECENSIONS DE YONNEL GHERNAOUTI
POUR VOUS ABONNER OU ACHETER UN NUMÉRO UTILISER LE LIEN CI-DESSOUS.
En juin 2024, la Fédération française du Droit Humain publie le 1er numéro de sa nouvelle revue : Chemins de traverse
REVUE CHEMINS DE TRAVERSE
La Fédération Française du Droit Humain a le plaisir de vous annoncer la naissance de sa nouvelle revue « Chemins de traverse ». Ce titre évoque une démarche qui se veut innovante et sortant des sentiers (re)battus de la pensée. Avec « Chemins de traverse » une large place sera donnée aux questions de notre époque, tout en apportant un regard maçonnique sur les sujets abordés. Éditée au format A4, qualitative graphiquement et largement illustrée, cette revue paraîtra deux fois par an, avec possibilité de vous abonner.
Pour ce premier numéro qui paraîtra fin juin, le thème central « Habiter la Terre » traite des relations entre l’Homme et le vivant, en écho notamment à l’évolution récente des principes de notre Constitution Internationale qui précise désormais : « Dans ses actions, l’Ordre vise à assurer l’harmonie entre les êtres humains et la nature dans son ensemble, essentielle pour notre vie et celle de nos descendants ».
C’est dans cet esprit que le dossier central aborde cette thématique essentielle, avec un article de Sylvain Zeghni qui présente la pensée d’Elysée Reclus, géographe et libertaire, ainsi que la vision de ce concept d’habiter la terre par différents philosophes. Dans une riche interview à deux voix, Corinne Lepage et Christian Huglo présentent leur action par le droit pour la protection de l’environnement et la défense des générations futures. Alain Froment, anthropologue au Musée de l’Homme évoque quant à lui les rapports entre les sociétés et leur environnement, liens qui ont des racines culturelles profondes et variables dans l’espace et dans le temps.
D’autres articles évoquent les Constitutions d’Anderson, la question historique de la marche de l’Apprenti et proposent des suggestions de lecture…
Nous ne vous en disons pas plus et vous souhaitons, à la lecture de ce premier numéro, un cheminement enrichissant, éclairant et stimulant !
Le numéro 2 de « Chemins de traverse » paraîtra en décembre et traitera de la question de la transmission. D’autres rubriques viendront encore enrichir cette parution, et nous invitons les Sœurs et Frères qui le souhaitent à apporter leur contribution, par un texte, un dessin ou un poème sur ce thème. A vos plumes !
Serions-nous des gaulois réfractaires comme le disait, je ne sais plus César ou Jupiter ? Il est vrai, que c’est déjà difficile de se transformer, de changer soi-même pour s’améliorer alors changer la société, le monde ! Pourtant, il est constant d’observer que certains devant leurs échecs affirment soudain dans un élan (à visée électorale ?) : j’ai changé, une manière de se recrédibiliser. Les plus adroits changent sans arrêt de manière à être d’accord avec tout le monde, c’est-à-dire en réalité avec personne. Mais je suis un peu sévère, le dire est facile, le faire est plus compliqué quand il faut dans notre société absolument plaire au plus grand nombre. Et même le faire avec la meilleure volonté du monde, n’est pas toujours facile non plus. J’ai le souvenir, quand j’étais encore dans la vie active professionnelle, d’une conversation avec un haut fonctionnaire parisien du ministère de la santé, chargé de la mise en application de la loi européenne sur l’équivalence des diplômes des professionnels de santé. Il avait été, décidé, acté et voté au niveau de l’Europe de l’équivalence des diplômes pour tous les ressortissants de l’U E ayant fait leurs études et diplômes dans les écoles, facultés de l’Europe. Loi qui semblait simple, efficace, permettant la circulation et le travail des personnes qualifiées. C’était sans compter avec l’ingéniosité des lobbys et des politiques et de la haute administration. Ce haut fonctionnaire m’expliqua sans détour, que cette loi trop simple avait été volontairement complexifiée afin de la rendre quasi inapplicable. En rajoutant des conditions annexes : stages de durée différentes, soit dans les pays d’origines, soit dans les pays d’accueil, des certificats complémentaires, des prolongations d’études pour ceux qui étaient diplômés dans telle ou telle faculté, des durées d’exercices en qualité de stagiaire sous ou pas rémunérés etc… En fin de conversation ce haut fonctionnaire en conclu qu’en fait, il était chargé de freiner au maximum l’octroi des équivalences des diplômes aux bénéficiaires potentiels afin de dissuader au maximum les demandes.
C’est ainsi, que finissent souvent les bonnes réformes, les bonnes mesures, qui sont décidées après de multiples commissions d’études, de colloques, de compléments d’informations, d’enquêtes, et même de votes clairement exprimés, tout cela financé par le contribuable. Quand enfin, la loi est appliquée et qu’elle n’est pas respectée la plupart du temps il n’y a pas de sanctions, ou les sanctions ne sont appliquées. À titre d’exemple les médecins, les pharmaciens, doivent être inscrit à leur ordre professionnel respectif validant ainsi leur capacité d’exercice, ce qui est fait dans 100% des cas. La même mesure est obligatoire pour les infirmiers depuis le décret de Loi n°2006-1668 du 21 décembre 2006 (montant annuel de l’inscription 85€ en libéral et 35€ à l’Hôpital) sauf qu’a peu près 50% d’entre eux ne sont pas inscrits à leur ordre et pourtant exercent leur profession aussi bien en libéral que dans la fonction publique !
Yann, dans son blog voir ci-dessous nous donne peut-être, non sans humour une explication rationnelle, à ce problème des réformes !
Jean-François Guerry.
PS : Je n’ai aucun problème avec les infirmières et les infirmiers qui je pense pourraient être exonérés de cotisation ordinale compte-tenu de leurs rémunérations et du service rendu à la société.
Petit essai sociologique à propos des réformes
Il n’y a rien de statique dans notre monde en évolution constante et nous savons bien, qu’à un moment donné, que les sociétés doivent se réformer. C’est le cas aujourd’hui pour la France mais il semble que les réformes y soient depuis des lustres sous l’emprise d’un Temporisateur Systématique (TS pour parler comme les sociologues). Au lieu de dire oui ou non, le TS répond invariablement " ça demande réflexion " (scientifiquement CDR), ces mots laissant présager une réponse incertaine, le plus souvent négative, par le biais de manœuvres dilatoires (ou MD).
La théorie des MD repose sur une évaluation de la durée relative du délai équivalent à un " Non ". Par exemple, dans le cas d’un homme en train de se noyer qui appelle au secours et auquel on répond " ça demande réflexion ", une pause judicieuse de cinq minutes pourrait constituer à tous égards une réponse négative. Pourquoi ? Parce que le délai est plus long que l’espérance de vie de celui qui ne sait pas nager.
Le même principe s’applique à des problèmes qui appellent une solution législative et le délai prend alors des nouvelles dimensions. La pause judicieuse correspondra à l’espérance de vie (EV disent les sociologues) de celui qui lance la proposition de loi. S’il s’agit des lois sur le cumul des mandats par exemple, réforme objectivement souhaitable, le TS commence par s’enquérir de l’âge et de la santé du réformateur. Sur la base d’une espérance moyenne de vie de 75 ans, modifiée par des facteurs individuels, il conclut, par exemple, que le réformateur peut espérer s’agiter en vain pendant 8 ans encore. Dans ce cas, il doit s’assurer que le processus de manœuvres dilatoires (MD) déclenché par la réaction CDR durera au moins 9 ans. Pour tuer un projet dans l’œuf, il suffit souvent de faire en sorte que le temps de réflexion soit plus long que l’espérance de vie du réformateur. Pour beaucoup d’hommes altruistes, prendre conscience que leur existence ne suffirait pas à atteindre leur but équivaut à admettre que celui-ci est impossible à atteindre.
Lorsqu’on assiste à une réforme utile, comme cela arrive quand même de temps à autre, c’est parce qu’un réformateur a vécu et travaillé bien au-delà des limites d’une espérance de vie raisonnable. Il arrive donc que le réformateur survive au TS. Ce dernier voue d’ailleurs une haine toute particulière aux réformateurs plus jeunes que lui. Dans certains cas, le facteur CDR est donc inférieur à l’espérance de vie (EV), ce qui a permis à quelques réformes de voir le jour.
Mais comment diligenter de manière optimale les MD ? Le meilleur moyen, dira le TS sur un ton apparemment bien intentionné, est de désigner une commission d’étude. Elle mettra sur pied un projet schématique dont les différentes rubriques seront soumises à des sous-commissions chargées d’en analyser les implications juridiques, économiques, cyniques, critiques et classiques. Ces sous-commissions feront leur rapport à une commission d’étude qui publiera un rapport provisoire. Ce dernier devra être soumis à une commission d’enquête qui se réunira en 2027, au plus tard, et qui aura pour objet de mettre en évidence les procédures à adopter en décidant, tout d’abord, s’il y a lieu ou non de pousser plus avant les investigations en la matière.
Marquant une pause pour reprendre son souffle, le TS calculera au dos d’une enveloppe la durée du délai équivalent à un rejet. Ayant élaboré un processus qui devrait durer, disons jusqu’en 2030, il réalisera que la cible à atteindre est 2033. Il poursuivra donc, si l’on suppose, bien sûr, qu’il y ait effectivement lieu de poursuivre une telle action (je tiens à souligner que cette question est plus, bien plus, qu’une simple formalité). Le rapport final de la commission sera transmis à un groupe de travail intergouvernemental qui statuera sur la composition de la commission dite de convergence du projet. Cette dernière aura pour mission d’initier des contacts avec le Secrétaire d’Etat qui soumettra le dossier au Premier Ministre lui-même. En cas de réaction favorable, la question sera présentée au Président qui décidera s’il est opportun d’en débattre si peu de temps avant (ou éventuellement si peu de temps après) les élections générales. A ce stade, cependant, il ne fera guère plus qu’admettre le principe de la nécessité d’une étude plus approfondie du projet.
La comitologie (science de la constitution de comités, comme disent les sociologues) est une vieille méthode pour gagner du temps. On la retrouve dans tous les problèmes sociétaux. S’il y a des émeutes raciales en Seine-Saint-Denis, la première réaction sera de compter les Noirs. La seconde sera de chercher à savoir s’ils sont aussi noirs qu’ils en ont l’air. Les mois que nous passons à écouter les points de vue des statisticiens, des psychologues, graphologues, sociologues, alchimistes et autres aliénistes ne sont pas seulement des mois d’inaction. Ils ont pour effet de détourner notre capacité de réflexion (et d’action).
Espérons… Espérons en confiance qu’il existe des réformateurs désireux de circonvenir le TS. Pour cela, ils doivent trouver une parade : un rapport clairement rédigé et convaincant adressé aux bons interlocuteurs et au bon moment. Sur trois points, l’auteur d’un rapport bien conçu et diffusé de manière sélective prend l’avantage sur le TS. Il définit son objectif ; en comité, il ébranle la confiance de ceux qui ne l’auront pas lu ; et très probablement, il jette les bases du projet qui sera finalement approuvé.
Les MD du TS peuvent être contournées. L’homme a bien dépensé des trésors d’ingéniosités pour faire décoller des avions. Peut-être un jour sera-t-il capable des mêmes efforts pour faire décoller des idées.
Je délire ! Croyez-vous vraiment ?
YANN
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