Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Fragment de papyrus évangile apocryphe de ST Thomas. Enfance de Jésus. Image Figaro
APOCRYPHE ?
Dont l’authenticité n’est pas prouvée, il y a donc un doute. C’est la définition courante du mot. Son étymologie est plus intéressante : le mot vient du grec apokruphos,qui se traduit, par caché secret. Ce qui est secret sème toujours le doute. Dans la religion chrétienne les évangiles canoniques sont ceux qui sont reconnus comme tels et servent de fondement aux dogmes. Les évangiles synoptiques sont eux en quelque sorte les ancêtres de nos reportages sur les faits et actualités du moment, ils sont écrits par des « journalistes » différents avec chacun leur sensibilité différente. Il est admis aujourd’hui que les évangiles selon Matthieu et Luc seraient des versions de l’évangile de Marc, et que celui de Jean n’aurait rien à voir avec l’Apocalypse. Avouons qu’il y a de quoi semer le doute ! Mais après tout, le doute n’est pas que destructeur, il peut être constructif. Si nous ajoutons que ce qui important, ce sont les messages, les images, et les symboles que nous donnent les évangiles ceux qui pensent que tout est symbole, pourrons nourrir leur imagination et méditer sur les idées qui sont derrière les symboles.
Nous nous apercevons que nous ne connaissons qu’une infime partie des textes anciens, à travers leurs fragments que nous avons découverts. Les évangiles qui datent de plus de 1500 ans sont encore en cours d’étude et d’interprétation. Aux dernières nouvelles 21 juin 2024, (1) le fragment d’un papyrus datant probablement du 4ème ou 5ème après J C ayant la taille d’un post-it 11cm par 5cm et qui était oublié dans la bibliothèque de l’Université de Hambourg, vient d’être identifié comme une ancienne copie de l’évangile de l’enfance de Jésus selon Saint-Thomas. Ce fragment écrit en grec probablement dans un monastère, trace l’enfance de Jésus mais donne aussi des indications de la vie à son époque. Il serait le produit d’un exercice d’écriture, fascinant non !
Ce fragment serait associé à une histoire connue sous le nom de : Vivification des moineaux, qui relate le 2ème miracle de Jésus. En effet Jésus aurait fabriqué des oiseaux en argile le jour du Sabbat réprimandé par son père Joseph, il frappe alors dans ses mains et les oiseaux d’argile prennent vie et s’envolent. La morale selon moi de cette histoire est qu’il faut laisser les enfants faire des oiseaux de pâte à modeler ou de papier parce qu’ils vont s’envoler ils sont symboles de liberté et d’amour. Ce papyrus démontre peut-être que cette histoire est authentique puisque rapportée par Saint-Thomas connu pour ne croire que ce qu’il voit !
Jean-François Guerry.
Sources : (1) Le Figaro et divers articles dans internet.
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Recension : Le N° 212 de La Revue Points de Vue Initiatiques- Fraternité et altérité.
La rédaction de la revue semble avoir le don de prémonition, je suppose que quand les articles de ce numéro ont été rédigés et expédiés à l’impression, la situation dans notre pays était beaucoup plus calme, sans être pour autant sereine. Quand le feu couve, il peut à tout moment quand on l’attise devenir immaitrisable. C’est alors qu’on appelle en urgence les pompiers ! On constate, quand on est sérieux et que l’on se compare, que nous ne manquons ni d’Égalité, ni de Liberté. Ce qui nous manque c’est le troisième pan de notre devise la Fraternité. Cette fraternité bien particulière, qui n’est pas un droit, mais un devoir. Cette fraternité ne peut pas se suffire de « moments » comme l’indiquait Régis Debraydans son livre essentiel, où il reliait la fraternité au sacré. Ce sacré qui manque cruellement à notre société et pourtant indispensable à la vie humaine.
La plupart des obédiences maçonniques ont adoptées la devise républicaine Liberté, Égalité, Fraternité, cette devise partage avec l’invocation au Grand Architecte de l’Univers principe créateur, le point d’acmé de l’ouverture des travaux en loge maçonnique c’est dire son importance.
Aujourd’hui, pas moins qu’hier, mais surement plus il nous faut mettre de la fraternité dans notre société, c’est le plus important pour faire du vivre ensemble, du vivre en intelligence. La fraternité est créatrice de sociabilité, elle seule peut faire tenir debout ensemble les femmes et les hommes de bonne volonté, faire des hommes des humains.
Olivier Balaine le directeur de la rédaction de la revue « Points de Vue Initiatiques » de la Grande Loge de France, dans élan salutaire affirme : Que la fraternité est une évidence, mais aussi un mystère. Le but de ce « Points de Vue Initiatiques », est de lever une partie du voile sur le mystère de la fraternité ‘qui peuple les constitutions comme les mythes’. L’on peut dire que la fraternité est un point de ralliement, quelle favorise la construction d’une chaîne d’or humaine, exigeante elle est souvent une épreuve. Les frères qui ne sont pas de sang, ne se reconnaissent pas naturellement comme tels, ils doivent regarder ensemble dans la même direction, sans renier leurs opinions et leurs différences, mais en plaçant au-dessus de tout le bien commun. Cette sagesse se tisse au fur et mesure dans le creuset des loges maçonniques c’est le sens donné dans son introduction des travaux de la revue par Thierry Zaveroni Grand Maître de la Grande Loge de France. La fraternité ainsi tissée constitue un cordon sanitaire contre les tyrannies, les dictatures, les despotismes de toutes sortes religieux ou politiques. C’est pourquoi les pays totalitaires hélas trop nombreux en ce moment ont en horreur la Franc-maçonnerie qui fait rencontrer tous les hommes qui se seraient ignorés sans elle. Les invectives, les outrances, les arrogances, font le lit des haines qui sont des souffrances et plongent les hommes dans les ténèbres de l’erreur. Nous ne le dirons jamais assez nos points communs sont bien plus nombreux et plus forts que nos différences, les luttes fratricides ne sont que des renoncements à nos responsabilités, ce n’est pas être naïf que dire cela !
Puisque l’on évoque « la loge maçonnique comme creuset des fraternités », c’est justement le titre de l’article de Jean Hanry qui préside aux destinées d’une loge de recherche de la Grande Loge de France. Il évoque la loge comme un lieu « de maturation », la loge est souvent comparée aussi en un athanor favorisant la transformation de l’être, ou un œuf cosmique. Cette maturation de l’homme, a été évoquée également par le philosophe des Lumières Emmanuel Kant, quand il expliqua ce qu’étaient « Les Lumières ». L’avènement de la capacité de l’homme à penser par lui-même, donc à murir. Jean Hanry, se plaît souvent à préciser auprès de ses frères, mais surtout auprès des profanes « que la Franc-maçonnerie n’est pas une école de pensée, mais une école à penser. » Elle ambitionne de former des hommes vrais en toutes circonstances. Avec bienveillance, mais sans faux-fuyants, sans hypocrisie, des hommes responsables devant leurs frères et le monde. Les hommes qui en conscience assument leurs responsabilités sans chercher un ou des bouc-émissaires. La transition est faite avec l’article de Jean-Hugues La Fay, qui met l’accent sur l’épreuve de la fraternité. L’homme face à sa conscience ne se dérobe pas, il s’oblige à être le gardien de son frère, de ses frères et de tous les hommes qu’ils soient proches ou lointains. Ainsi, la fraternité devient et est intemporelle, inconditionnelle, universelle par la magie spirituelle de l’initiation. C’est ce que démontre l’article de Régis Bernard et Stéphan Bousquet sous le titre : La Fraternité Universelle, une forme de contradiction apparente peut-être ? Avec l’entretien de Alexandre de Vitry que nous verrons ci-après et dont le titre est : La fraternité multiple. Ce serait oublié que l’unité et le multiple peuvent se rejoindre et que les différences, ne sont pas oppositions. Il est temps me semble t-il de proclamer haut et fort notre devise républicaine, pour imprégner les consciences en particulier celles de nos enfants, un moyen de combattre le communautarisme et de faire nation. Nos politiques conscients de la dégradation de notre sociabilité préconisent des cours d’empathie dans nos écoles, je suggère qu’avant chaque journée d’étude les élèves debout, proclament notre devise qui deviendra alors un mantra mettant à distance toutes les tentations confessionnelles. Cette devise devenant pour tous « un idéal » comme l’écrit dans son article Arnaud Delterre rajoutant : « alors la devise vivrait dans le cœur » de nos enfants. Si nous devons nous efforcer avec constance et persévérance de garder au sein de notre société les principes d’égalité et de liberté pour pouvoir vivre dans une société apaisée, cela n’est possible qu’avec le lien de la fraternité, nous devons faire le don de notre fraternité au service de l’égalité pour que la liberté soit réelle. Franck Subiela, nous parle avec justesse, de la sagesse du don comme d’une évidence. Dominique Losay pose la question : « Qui serais-je sans toi ? » Reliant fraternité et altérité, l’initié Franc-maçon a appris l’importance de l’autre, des autres dans son parcours initiatique, sa progression vers la Connaissance, la Vérité et la Lumière n’est possible qu’avec l’aide, le soutien, l’encouragement de ses frères. Seul, le maçon se trouve souvent démuni face aux problèmes existentiels qui lui sont posés, la spécificité de l’initiation maçonnique est : quelle est individuelle et réalisée dans le cadre d’un collectif. Elle n’existe que par la pratique en loge, où se mêlent la fraternité et l'altérité.
La fraternité est sans excès, elle est confiance, bienveillance et tolérance pour Pierre Pelle Le Croisa, « qui lit cette tolérance dans le regard ». Nous devons : « créer un lien altruiste, faire bouger notre vue sur les choses. » Les apprentis maçons, silencieux, ont la chance de pouvoir vivre la fraternité dans la simplicité du regard.
Alain Noël Dubart, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France nous rappelle les notions grecques de fraternité, d’amitié et d’amour, ainsi que celle de Jean de Patmos auteur du texte ésotérique de l’Apocalypse. Il insiste sur l’allégresse que provoque la fraternité entre les hommes, elle met « la joie dans les cœurs. »
Comme d’habitude Points de Vue Initiatiques donne la parole à des intervenants extérieurs. Alexandre de Vitry, maître de conférence en littérature française du XXème et XXIème siècle à la Faculté des lettres de Sorbonne Université est interrogé sur le thème de La Fraternité multiple en regard de son livre : « Le droit de choisir ses frères ? » une histoire de la fraternité aux Éditions Gallimard. C’est un mélange de littérature et d’histoire, où il est question des origines grecques et chrétiennes de la fraternité sont évoqués le mythe fondateur de Caïn et Abel, les douze tribus d’Israël et leurs fondateurs. Il fait aussi le constat : « que l’homme moderne, continue à chercher ses frères en étant de plus en plus seul ». Peut-on en déduire que la solitude est créatrice de fraternité ? Cette fraternité qui est absente des droits de l’homme de 1789 et qui n’apparaîtra qu’en 1848, elle plutôt un devoir qu’un droit. Il constate, que la fraternité chrétienne s’adresse plus particulièrement aux pauvres et aux faibles. Il pose la question du lien entre la fraternité et le sacré, l’universalisme, la laïcité et le spirituel. Régis Debray est convoqué dans cette discussion, il a largement développé sa vision du sacré dans son livre Le Moment fraternité. Pour ma part, je pense que l’initié qui tend vers la spiritualité tend inéluctablement vers la fraternité. Alexandre de Vitry, nous mets en garde à propos de la confusion que nous pourrions faire entre le communautarisme et la fraternité : « le communautarisme propose une solution à l’individualisme. » En réalité dit-il : « La fraternité communautariste ne produit que des groupes fermés et hostiles, il devient délétère. »
Personnellement je pense également que l’on ne doit pas greffer que l’arbre de la fraternité des scions religieux ou laïcs, les ajouts affaiblissent la pureté de l’arbre primordial, au risque de le parasiter et à terme de le remplacer. Il est indéniable que la fraternité est vecteur de sociabilité mais à mon sens, elle n’est pas que cela ou alors elle serait plutôt solidarité de groupe, ce qui serait contraire à son caractère universel. La fin de l’entretien avec Alexandre de Vitry porte sur les réseaux sociaux, et leurs faux amis leurs faux frères !
Le deuxième entretien est celui de Dominique Ginolhac-Jean, une philosophe, cadre supérieur infirmier. Elle a soutenu une thèse sur le thème : de la valeur éthique du détachement dans la relation soignant -soigné. Cette thèse a été primée par la GLDF et le SCDF. C’est une recherche sur l’empathie entre soignant et soigné, sur la morale spontanée et la morale réfléchie. « Sous le coup de nos émotions, notre empathie varie à l’image d’un balancier. » Les notions de détachement de renoncement sont évoquées, pour les étayer Dominique Ginolhac-Jean à tourné son regard vers la philosophie grecque en particulier vers le stoïcisme. La densité de ses recherches n’autorise pas un résumé de quelques lignes, je vous encourage à lire la totalité de son entretien.
Vous trouverez à la fin de ces articles, non pas un index bibliographique (les citations sont peu nombreuses dans les articles), mais si vous voulez aller plus loin dans votre réflexion sur la fraternité il y a une bibliographie abondante.
Tous les hommes initiés ou non, en quête d’un monde plus fraternel, un monde où la Lumière surpasse les ténèbres trouveront dans cette revue des sources d’inspiration pour un combat existentiel. Seule la fraternité peut permettre au monde de tenir debout dans la paix et l’harmonie.
La Grande Loge de France, a été bien inspirée en inscrivant dans le Chapitre premier de sa constitution : La Franc-maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la fraternité. Ce numéro de « Points de Vue Initiatiques » est un hommage à la fraternité, il doit figurer en bonne place dans votre bibliothèque à portée de votre main, pour les jours ou le doute s’installe sur l’avenir de notre monde en général et de notre société en particulier.
Jean-François Guerry.
La revue Points de Vue Initiatiques
Points de Vue Initiatiques (PVI)est la revue trimestrielle de la Grande Loge de France. Chaque numéro (de 120 pages environ, format 18 x 24 cm) est rédigé par des auteurs francs-maçons, à l’exception de quelques invités. Notre magazine a pour but de vous accompagner dans votre démarche d’initiation à la franc-maçonnerie de tradition, vous aider dans votre réflexion et vous éclairer dans vos travaux.
Le premier numéro de la revuePoints de Vue Initiatiquesa été publié en 1965. C’était alors la première édition par la GLDF qui s’adressait aussi bien aux francs-maçons qu’aux profanes. Mais l’histoire des revues publiées par notre obédienceest encore plus ancienne, avec lesCahiers de la Grande Loge de Franceou encore les bulletins intérieurs d’avant-guerre.
Les sujets d’études et de discussions
Aujourd’hui, la revue trimestrielle de la GLDF rassemble les meilleurs textes contemporains sur l’initiation, le symbolisme, la philosophie et l’histoire de la franc-maçonnerie.
Nos auteurs et frères maçons emploient un langage clair et à la portée de tous pour faire dePVIun véritable outil de travail, au centre des débats et des recherches des francs-maçons et des non-initiés souhaitant s’élever spirituellement, moralement et intellectuellement.
Les auteurs n’abordent pas uniquement les enjeux de la pratique maçonnique française et ne se concentrent pas sur l’initiation en Grande Loge de France.
Au contraire,Points de Vue Initiatiquespermet de s’intéresser à la spiritualité, au développement et à la philosophie en abordant des sujets variés, comme l’histoire de la franc-maçonnerie à travers le monde, les civilisations anciennes, parfois même les philosophies orientales.
Les réflexions de la franc-maçonnerie en revue
Chaque exemplaire de notre revue s’organise autour d’un grand sujet, cela peut être :
Des thématiques chères à la pratique de la franc-maçonnerie : l’initiation, le perfectionnement, les rapports entre franc-maçonnerie et les religions.
D’importants sujets de sociétés : les nouvelles formes de spiritualités, la transmission aux générations suivantes…
Tous les numéros dePoints de Vue Initiatiquesdébutent par un message du Grand Maître de la Grande Loge de France. Vous aurez ensuite l’occasion de découvrir de nombreux articles inédits autour de la thématique principale, abordée chaque trimestre.
Enfin, vous pourrez retrouver des rubriques récurrentes comme les Entretiens : des propos d’experts issus de secteurs variés, recueillis par nos frères des différentes loges maçonniques. Mais aussi des Portraits d’Initiés ou encore des rubriques comme l’Arrêt sur Image, l’Air du Temps, le Champ du Poète…
Avec 200 numéros, notre revue est riche de toutes ses publications. En cette période difficile où certains ont dû rester confinés, nous vous proposons la lecture d’articles extraits d’anciens numéros ou hors-série, sur lapage Facebook dédiée aux Points de Vue Initiatiques.
Renseignements auprès de la Grande Loge de France :par e-mail à redaction@gldf.org ou par courrier postal : PVI - 8, rue Puteaux - 75017 Paris
Sommaire
n°212 - juin 2024
Fraternité et altérité
Si l’appellation « Frère » facilite les premiers échanges entre francs-maçons, il ne suffit pas de s’appeler ainsi pour le devenir véritablement. La fraternité requiert une ouverture d’esprit, une écoute de l’autre, un sens du partage que le parcours initiatique ne peut que développer.
Sources grecques, don et contre-don, tolérance et fraternité, devise de la République… Les auteurs de ce numéro explorent à leur façon la vie humaine qui trouve sens dans la relation à l’autre.
Les deux invités apportent un regard inhabituel et complémentaire sur la thématique de ce numéro : Alexandre de Vitry nous plonge dans la fraternité multiple, et Dominique Ginolhac-Jean se penche sur l’éthique du détachement dans le cadre de la relation soignant-soigné.
ÉDITORIAL Olivier Balaine
LE MOT DU GRAND MAÎTRE Thierry Zaveroni
Qui serais-je sans toi ? Dominique Losay
Don, contre-don et fraternité Frank Subiela
La tolérance par le regard Pierre Pelle Le Croisa
Amitié, fraternité, amour : les sources grecques Alain-Noël Dubart
ENTRETIENS
Alexandre de Vitry La fraternité multiple Propos recueillis par Olivier Balaine et William Emmanuel
Dominique Ginholac-Jean Le soin : une éthique du détachement Propos recueillis par Frank Subiela
La Loge, un creuset des fraternités Jean Hanry pour la Loge de rechercheSénéfiance
Suis-je le gardien de mon Frère ? Jean-Hugues La Fay
La fraternité universelle Régis Bernard et Stéphan Bousquet
Liberté, Égalité, Fraternité : plus qu’une devise, un idéal Arnaud Deltenre
BIBLIOGRAPHIE
HISTOIRE La création de la Société des Nations par les francs-maçons ou l’institutionnalisation de la fraternité et de l’altérité internationales Jean-Pierre Thomas
PORTRAIT D'INITIÉS Oswald Wirth et Jules Romains, histoire d’une amitié Jean-Pierre Thomas
D’ORIENT ET D’OCCIDENT Une Chine fraternelle Jean-Michel Filippi
MORCEAUX D’ARCHITECTURE L’architecture, entre humanité et fraternité François Gruson
ARRÊT SUR IMAGES L’anneau de la mémoire Daniel Sygit
SYMBOLIQUES Le pavé mosaïque, ou la maîtrise du Bien en soi Hugo Billard
L’AIR DU TEMPS Fraternité ?... Bof ! Robert de Rosa
LE QUIZ DE PATRICK Patrick Joinié-Maurin
(RÉ)ABONNEMENT
RECENSIONS
LE CHAMP DU POÈTE Un Songe René-FrançoisSully-Prudhomme
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Même ceux que l’on croit les plus éclairés, peut-être parce qu’ils sont trop dans la lumière, peuvent être sujet à l’aveuglement. Par exemple Martin Heidegger, ce philosophe allemand, phénoménologue qui s’intéressas « au sens de l’être » et dont l’influence s’exerça sur Jean-Paul Sartre, Emmanuel Levinas, Jacques Derrida, Merleau-Ponty… On a du mal à imaginer la dérive de ce philosophe qui s’est nourrit des paroles des grands philosophes grecs et des poètes ; que cet doté d’une intelligence si aiguë, a néanmoins fait un mélange improbable contre nature entre la sagesse de la philosophie et le national- socialisme hitlérien.
Il a gardé, son aveuglement face au mal, il a gardé son silence face à l’insoutenable, jeté un voile sur les crimes, les atrocités de la barbarie nazie. Au-delà de notre stupéfaction, cela doit nous interroger et nous mettre en garde sur les capacités de l’homme à se soumettre au mal. Cela met en lumière à la hauteur de l’obstacle à franchir pour pratiquer le bien. La Franc-maçonnerie en a pleine conscience, en particulier le Rite Écossais Ancien et Accepté qui met sous les yeux de l’initié du premier au trentième degré, les symboles qui illustrent la dualité entre le bien et le mal, le noir et le blanc. L’initié apprend à se positionner en pleine conscience entre la colonne de la loi mosaïque et la colonne de parole d’Amour. La dualité présente en tout homme, est un combat quotidien, la seule culture, les savoirs, l’intelligence même démontrent leurs faiblesses face à la force du mal. Ce n’est que par une conscience, inspirée soutenue par quelque chose de plus grand que soi, que l’on nomme principe créateur, Dieu, force suprême, moteur du monde, grand géomètre vous choisirez en toute liberté. Seul ce principe peut nous aider à sortir du labyrinthe de nos erreurs. Nous faire entrevoir la Lumière de la Vérité derrière le voile des apparences pourvu que nous soyons capables en toute circonstance de regarder avec les yeux du cœur comme le disait le père du « Petit Prince ».
L’exploration même la plus fine de notre cerveau ne peut pas résoudre cette aporie, les bras de la raison tombent, face au mal qui est en nous. Le salut, l’issue de secours est peut-être dans ce cabinet noir où nous avons été plongés un soir avant notre initiation, pour un voyage au centre de la terre, dans cet humus maternel, dans une posture qui nous rend humble. Nous mettant loin de nos arrogances, de nos vanités, nous rappelant que malgré tout notre attirail que l’on traine, notre statut social, notre célébrité passagère etc… Au final, nous ne sommes qu’un point infime dans l’univers, et que notre force vient certes de nous-mêmes mais aussi de notre capacité à faire société avec les autres. De transformer l’insuffisance de nos « Je » de nos « moi » en des « Nous » et des « Autres » avec l’aide du « Il ».
C’est soudain, face à notre conscience, seul, que nous pouvons avoir le sursaut qui nous fera sortir de l’abominable, de crier enfin dans la nuit, non seigneur pas çà, non ce n’est pas moi.
Hannah Arendt dans son livre Eichmann à Jérusalem (Eichmann in Jerusalem : a report on the banality of evil.) nous as mis devant notre réalité. Le légalisme dans une période trouble où règne le mal, ne peut et ne doit être une excuse, la bureaucratie ou l’administration se met au service du mal avec une facilité déconcertante plus elle est efficace, plus est redoutable. Elles se transforment en des machines à broyer l’individu et les groupes de rebelles qui veulent s’opposer à l’empire du mal. C’est ce que soulignait aussi Levinas dans « Totalité et infini. » à propos de l’état de guerre qui rend dérisoire, inutile toute morale. Avec Arendt nous prenons conscience que la banalité du mal, n’est pas hors normes, n’est pas une tumeur soudaine, mais quelle est naturellement en nous. Cette banalité du mal, est bien plus difficile à combattre que le mal, quand il prend les habits d’un monstre dont nous voyons la carapace et le visage. Le mal est hostis humani generis (l’ennemi du genre humain), il est un pirate qui s’installe dans nos cerveaux et nous soumet à sa dictature. Il n’y a que l’œil du cœur, l’œil qui voit au-delà de la raison qui peut le déloger.
Nous portons en nous les germes du bien et du mal, le principe créateur, nous a doté d’une part de libre arbitre, à nous par notre volonté et notre courage de nous en saisir. Nous avons, trop souvent plus de promptitude à accuser les autres que nous-mêmes. Notre premier combat le plus difficile est celui que nous menons contre nous-mêmes, contre nos passions les plus viles, les plus mortifères. L’initiation maçonnique par sa méthode, nous encourage à être des hommes vrais en toutes circonstances.
Etty Hillesum cette jeune femme au corps frêle dotée d’une force spirituelle exceptionnelle a vu à l’œuvre le mal entre les mains de l’administration et la bureaucratie légale. Elle en arriva à ce constat : « Je ne vois pas d’autre issue : que chacun fasse un retour sur lui-même et extirpe anéantisse en lui-même tout ce qu’il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu’il n’est déjà.
Si, nous avons la capacité dans les jours qui viennent de chasser toute haine de nos pensées, pour agir selon notre conscience au profit du bien, sans calcul égoïste, sans arrogance, mais pour la seule paix de notre âme et pour l’Amour des autres, pour que : « la paix règne sur la terre. » Nous aurons fait un témoignage d’Amour pour l’humanité.
Jean-François Guerry.
Au passage d’une porte, on dit : « Après vous »…Et c’est alors que l’empathie peut se déployer dans un exercice d’attention à autrui sous l’horizon d’une fraternité profondément ancrée…
Jacques Le Goff- Professeur émérite des Universités – Brest et Quimper. Journal Ouest-France du Lundi 24 juin 2024. Page une Rubrique Point de vue titre de l’article À l’écoute.
Provided to YouTube by Universal Music Group Qui a tué Davy Moore ? · Graeme Allwright CD Story ℗ 1966 Mercury Music Group Released on: 2002-01-01 Associated Performer, Music Director & Conduct...
Le vendredi 19 juillet à 18 h 30 à la librairie Babelle (rue du 8 mai 1945) à Plouha (22) conférence "Les portes du sacré"
Le samedi 20 juillet à 14h 15 à la chapelle Saint-Gildas, La Vallée des Saints, à Carnoët (22), conférence "les portes du sacré"
Le mercredi 24 juillet à 18 heures à la chapelle Saint-Léger à Riec-sur-Belon (29), conférence "Les portes du sacré"
Le mardi 30 juillet à 20h45 à l'abbaye Saint-Jacut-de-la-Mer (22), conférence "Les portes du sacré".
Plus d'informations
Comment visiter une église ? Par quelle porte entrer ? Dans quel sens déambuler ? Où se trouve la pierre des morts ? Pourquoi les fonts baptismaux sont-ils placés au nord-ouest ? Comment interpréter l'ornementation des lieux, par exemple la figure de l'acrobate ou celle de la sirène qui peut représenter à la fois une allégorie de la femme de l'autre monde, un archétype mythologique et un indicateur d'un courant d'eau souterrain !
Jusqu'au XVIIIe siècle, aucun sanctuaire n'a été construit au hasard dans le paysage. Les bâtisseurs et imagiers ont édifié et décoré des chapelles en s'inspirant d'une légende fondatrice et d'une dédicace, mais aussi en les inscrivant dans une orientation solaire en harmonie avec les courants telluriques.
Cet ouvrage, réalisé sous la direction de Bernard Rio, veut être un guide pour le visiteur d'aujourd'hui et lui donner des clefs pour comprendre les spécificités de l'architecture sacrée telle qu'elle a été conçue par les bâtisseurs.
Quelles sont les thématiques abordées ?
L’ouvrage de plus de 400 pages se compose de deux parties. La première partie est généraliste, portant sur la géographie sacrée (orientation des édifices, positionnement, etc…) et nous invite à une lecture symbolique de ce qu’ont voulu les bâtisseurs des édifices sacrés anciens en Bretagne. Les auteurs se penchent ensuite sur l’exemple de 28 lieux, avec des explicatifs, plans et photos.
Première partie :
La Bretagne sacrée
De la géographie sacrée à la géobiologie
L’esprit des bâtisseurs
Une église entre terre et ciel
Un plan en trois parties : nef, transept, chœur
Un lieu choisi
Le tour du monde
La course du soleil et le cours d’eau
Nord sud, gauche droite
A la porte du sanctuaire
De la terre, de l’eau, de l’air et du feu
Dédicace et consécration
Lecture symbolique
La légende fondatrice
Deuxième partie :
Le prieuré Saint-Jean de Béré à Châteaubriant (44)
L’église de Saint-They à Cleden (29)
La cathédrale saint-Samson à Dol-de-Bretagne (35)
La chapelle Sainte-Barbe au Faouët (56)
La chapelle Notre-Dame-des-Trois-Fontaines à Gouëzec (29)
La chapelle des Lieux-Saints à Guémené-Penfao (44)
La chapelle Notre-Dame du Manéguen à Guénin (56)
La collégiale Saint-Aubin à Guérande (44)
La basilique Notre-Dame de Bon Secours à Guingamp (22)
L’église Saint-Eloi à Iffendic (35)
L’église Saint-Pierre et la chapelle Sainte-Agathe à Langon (35)
La chapelle Sainte-Marie dit temple de Lanleff (22)
L’église saint Melar à Lanmeur (29)
La chapelle Sainte-Catherine à Lizio (56)
L’église saint Gwennolé à Locquénolé (29)
L’église Notre-Dame de Joie à Merlevenez (56)
La chapelle Saint-Marcellin à Mouais (44)
La chapelle de Prigny aux Moutiers en Retz (44)
La chapelle Saint-Gonnéry à Plougrescant (22)
La chapelle Saint-Nicodème à Pluméliau (56)
La chapelle Notre-Dame de Trémalo à Pont-Aven (29)
L’église Sainte-Croix à Quimperlé (29)
L’église Notre-Dame à Rimou (35)
La chapelle Notre-Dame du Haut à Trédaniel (22)
La chapelle Notre-Dame de Cran à Tréffléan (56)
La chapelle des Sept-Saints à Vieux-Marché (22)
L’église Saint-Malo à Yvignac-la-Tour (22)
Un ouvrage réalisé sous la direction de Bernard Rio, avec la collaboration de Loïc-Pierre Garraud (architecture et histoire), Alain Perrot (géologie et géobiologie) et Jean-François Le Roux (orientation et astronomie)
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RECENSION : Pierre Vajda- Méditations sur la spiritualité de l’Art royal. Dans la tradition du Rite Écossais Ancien et Accepté. Part II- Inspiration à propos de la Lumière et la Vérité.
J’ai déjà dit mon enthousiasme à la lecture de l’ouvrage de Pierre Vajda, je le confirme avec ce deuxième texte et ma réflexion sur la première de ses « Méditations » La Lumière et la Vérité. Vous lirez : Que rien n’est contraire à la raison… philosophique ou scientifique… mais la Lumière ne saurait se résumer à la raison, sans pourtant s’y opposer.
L’on pourrait dire que le cœur et l’âme de l’initié, de l’homme vrai au fur et à mesure de sa progression initiatique, se détache de la matérialité et de la seule raison et s’ouvre et se rapproche des vérités d’en haut, qu’il s’illumine.
Pierre Vajda nous invite à saisir la Lumière qui surgit des ténèbres. Il écrit : Mais, ces savoirs qui sont indispensables à l’action sur le monde dans les divers domaines où elle peut s’exercer, (la raison) ne sont pas les plus pertinents au regard de notre démarche. Car notre quête de la Vérité se situe sur un tout autre plan : celui du sens de la vie humaine, de notre place dans le monde et du comportement qui peut nous faire accéder à la véritable dignité d’homme. Voilà notre sujet.
Pierre Vajda, dans son précédent livre (Savoir et Connaissance Approche herméneutique du Rite Écossais Ancien et Accepté, que je vous recommande.) avait été pour moi révélateur de ce que je pressentais intimement, à savoir qu’il était inutile de se remplir sans cesse de savoirs, comme un tonneau des Danaïdes. Que cela ne nous conduit qu’à l’obscurité sans fin de l’enfer comme l’explique cette légende commune aux égyptiens et aux grecs anciens. Saint-Paul ayant repris l’esprit de cette légende dans sa célèbre première épitre aux corinthiens : «….si j’avais tous les savoirs…il me manquerais l’essentiel si je n’ai pas l’amour… »
Le tonneau des Danaïdes est notre cœur, il ne sera jamais rempli avec tous les savoirs, comment d’ailleurs pourrais-je acquérir tous les savoirs c’est une vanité sans borne.
La Vérité sortant du puits avec son martinet pour fouetter l'humanité. Jean-Léon Gérôme 1896
La Vérité et la Lumière semblent surgir de l’eau pure d’un puits, cette eau est purificatrice elle nous lave de nos scories. Le puits est un lieu de rencontre, d’alliance avec la pureté des choses éternelles, d’alliance entre les hommes, c’est au bord du puits que l’on donne à boire à celui qui a soif, non pas de savoirs mais de spiritualité, de Connaissance et d’Amour.
Dans l’image du puits, je vois le vide, le besoin de vacuité nécessaire pour se remplir ensuite, peu à peu, des gouttes de la rosée céleste, de l’eau de vie. Je revois aussi, ce désert aride le long des rives de la Mer Morte à Qumrân, je vois en songe cette communauté essénienne qui priait ainsi : Je te rends grâces, mon seigneur car tu as fait de moi une fontaine de flots dans l’aridité, un jaillissement d’eaux dans la terre desséchée et une irrigation de jardin.(Hymne de Qumrân VIII-4-5).
Puits à Qumrân sur les bords de la Mer Morte
C’est de la source de la Connaissance que jaillit la Lumière et la Vérité de la vie éternelle. Quand nous nous sommes façonnés comme des jarres vides, il nous reste à nous remplir de cette vie vraie, pour atteindre la plénitude de notre soif de Lumière et de Vérité, en réalité nous remplir d’Amour pour le monde et les autres, alors nous pourrons prétendre frapper à la porte de l’Orient éternel avec un cœur un peu plus pur.
Jean-François Guerry.
À LIRE : Pierre Vajda. Méditations sur la spiritualité de l’Art Royal. Dans la tradition du Rite Écossais Ancien et Accepté. Préface de Pascal Joudiou. Les ÉDITIONS DE LA TARENTE – Aubagne. 16 €.
La franc-maçonnerie se définit comme un ordre initiatique traditionnel et universel, fondé sur la fraternité, qui plonge ses racines dans un passé de sagesse humaine transmis par une longue chaîne d'initiés. Dans ce contexte, l'initiation apparaît comme un processus qui engage la totalité de l'être humain, et il n'est jamais question pour un franc-maçon de récuser sa raison ou d'ignorer les avancées de la pensée et de la science.
Mais ces avancées, avec les remises en question fondamentales qui en résultent pour notre compréhension du monde et de nous-mêmes, invalident-elles ou non les approches initiatiques ?
Où en est la démarche maçonnique par rapport aux nouveaux paradigmes scientifiques qui renouvellent notre vision de l'univers, de la vie et de l'homme et aux questions que se pose (ou ne se pose pas) la philosophie morale contemporaine en rapport avec l'angoisse existentielle de l'homme moderne ?
La spiritualité maçonnique telle qu'elle s'exprime dans les rituels, révèle une conception du monde et de l'homme qu'il importe de mettre en lumière afin de montrer comment elle se situe et s'articule avec d'autres représentations comme celles de la science, de la philosophie ou de la religion. Dans cet essai, Pierre Vajda examine quels sont les présupposés philosophiques explicites ou sous-jacents à l'expérience initiatique, à quelles doctrines et à quelles visions du monde l'idéal maçonnique s'apparente ou s'oppose.
Il analyse les notions de devoir, de loi morale, de sens de la vie, de transcendance afin de montrer ce qui différencie la démarche initiatique de l'approche philosophique comme ce qui la distingue, à l'opposé de la religion. Pour l'auteur, il est clair que la franc-maçonnerie traditionnelle n'entre en contradiction ni avec la science, ni avec la philosophie, ni avec la religion mais qu'elle est, plus que jamais, une réponse à la demande de spiritualité dans une société sécularisée et laïque car elle offre à celui qui veut bien consentir à l'effort nécessaire, non seulement une voie vers la sagesse mais aussi vers une possible réconciliation non dogmatique de l'homme avec la transcendance et le divin.
Jean-Roger Caussimon " Les cœurs purs " ( p. Jean Roger Caussimon/ m.Eric Robrecht) Dans une émission de Jean-Christophe Averty consacrée au chanteur diffusée le 5 juin 1971 sur la deuxième ...
J'ai trouvé très intéressant cette évocation du plateau de secrétaire, d'Archiviste et de passeur de mémoire. Je fus longtemps secrétaire d'un atelier et il m'arrive de relire les colonnes de l'époque relatant une Tenue. Je revois les scènes, car je ne contentais pas de dire " la parole circule par le F.°; Pierre, Paul et Jacques ", je reprenais les thèmes évoqués par chacun et dans 30 ans ou 100 ans, on saura que le " F.°. Paul a pris telle position sur tel problème " etc....
Ainsi l'évocation du travail du secrétaire est fondamentale dans l'histoire d'une Loge. Mais le travail n'est abouti que le jour où cela ressort par l'exploitation des Archives. Dans les années 2010, j'avais passé plusieurs après-midi dans la bibliothèque de la Grande Loge de France à fouiller dans les cartons de notre Loge. J'y ai rapporté des trésors. Tous ces bijoux, ajoutés aux archives de la Loge se trouvent aujourd'hui tracés dans l'ouvrage de mémoire que la Solidarité Bretonne (GL Lorient) propose à ceux qui s'y intéressent.
Bien fraternellement à tous,
JB le bien nommé,
Se procurer l'ouvrage :
CONTACT POUR ACHAT :
secretaire@solidaritebretonne.fr
Prix public : 25€
RÉGLEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE :
ASSOCIATION LA SOLIDARITÉ BRETONNE.
BANQUE : CRÉDIT AGRICOLE MUTUEL.
IBAN :
FR76 1660 6211 1121 2423 0511 091
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Il est constant d’observer que dans toutes les situations de crise, il nous faut un bouc émissaire. Ce n’est pas nouveau, Abel fut le premier à le payer de sa vie. Il fut le bouc choisi pour être sacrifié, paradoxe il fut à ce titre un élu, capable de donner sa vie. Accablé de toutes les fautes, permettant de nous délier de toutes nos responsabilités. Ce n’est pas ma faute, et suis-je le gardien de mon frère ?
Il est récurrent d’observer notre promptitude à jeter aujourd’hui ce que nous adorions encore la veille et sans le moindre regret ou remord. Notre « tous pour un » sans réflexion, devient spontanément « un tous contre un », je ne suis ni coupable, ni responsable.
Ceux qui ont eu la chance de pouvoir se regarder un soir d’humilité dans le miroir et non pas en se rasant le matin, ont pris conscience de leur possible responsabilité.
En ces temps où le sacré, le spirituel quitte progressivement nos sociétés occidentales, en ce temps de déchristianisation, de violence, de développement des intégrismes religieux, des outrances politiques, du déferlement des mouvements sectaires, du bouleversement des valeurs morales, de la désuétude de la pratique des vertus. Il surgit toujours des femmes et des hommes porteurs d’espérance de ferveurs nouvelles. Des humbles conscients que le mal qui est en eux peut et doit être combattu, ceux-là tracent chaque jour à leur mesure des chemins d’éternité. Ce sont : des penseurs, des sages, poètes, des artisans, des artistes, ils frappent à la porte mystérieuse à la recherche de la réalité spirituelle. Ces initiés savent que le mal, cette banalité du mal de Hannah Arendt est en eux, mais aussi ce bonheur du bien, de l’amour du bien. Ce sont des êtres qui ont reçus avec humilité la lumière, elle les a éclairés, puis illuminé provoquant en eux un élan de vie et de joie même dans les moments les plus sombres, car ils ont foi en l’homme. Ceux-là savent que l’échelle qui monte vers la Connaissance repose sur deux montants qui sont l’Amour de Dieu, du principe et l’Amour des hommes.
Etty Hillesum
Une jeune femme juive Etty Hillesum, qui fut exterminée à 29 ans dans le camp d’Auschwitz. Emportée par les laves de la haine qui coule au fond de nous, la violence et la folie de la barbarie, qui nous guette et nous entraine dans les profondeurs de notre Hadès. Etty Hillesum nous demande de nous regarder sans complaisance, de ne pas être arrogants face à ses « salauds ». Elle nous demande, de ne pas les prendre pour des individus avec lesquels nous n’aurions rien de commun, mais plutôt de les voir comme des excroissances de nos tumeurs cachées. Etty Hillesum persécutée par les nazis écrit : La saloperie des autres est aussi en nous. Et je ne vois pas d’autre solution, vraiment aucune autre solution que de rentrer en soi-même et d’extirper de son âme toute cette pourriture. Je ne crois plus que nous puissions corriger quoique que ce soit dans le monde extérieur, que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. L’unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-mêmes, et pas ailleurs.
Si nous pouvions l’écouter à chaque fois que nous sommes tentés de chercher un bouc émissaire à nos maux, si nous pouvions mettre fin à notre arrogance et reconnaître nos fautes pour pouvoir les expier et être en harmonie avec nous-mêmes, apaisés. Alors, nos rapports avec les autres seraient plus emprunt du désir d’Amour, que de la souffrance de la haine.
Jean-François Guerry.
Crypte du Fort de Penthièvre où les résistants aux nazis furent assassinés.
Le 17 avril 2019 je publiais dans le blog cette lettre qui est à l'entrée de la caverne de la mort au Fort de Penthièvre à Saint-Pierre de Quiberon dans le Morbihan. Avec en avant-propos ce texte.
Régulièrement j’accompagne mes petits-enfants vers une crypte creusée dans le roc du fort de Penthièvre qui domine l’isthme de la presqu’île de Quiberon, cette crypte ruisselle toujours du sang versé, d’abord par les émigrés, les chouans de Cadoudal et les républicains du général Lazare Hoche, là, eu lieu l’épilogue sanglant des guerres de Vendée.
Les nazis ont repris ce funeste flambeau lors de la dernière guerre, en massacrant au même endroit 54 jeunes hommes qui avaient le malheur d’êtres des Français. Cet assassinat eut lieu en mai 1945 presque un an après le débarquement de Normandie.
A l’entrée de cette crypte des témoignages écrits des photos rappellent cette horreur. La dernière lettre d’un père à son fils, inspire au-delà de nos divergences combien est précieuse la paix mise en place en Europe.
Le mois prochain notre mémoire devra guider notre choix de citoyen européen.
Jean-François.
À MON PETIT GARÇON CHÉRI…
En ce jour anniversaire de la mort de ton frère, mon petit gars, ton père t’écrit pour la dernière fois du fond d’une cellule dans une prison.
Je vais mourir mon petit, je vais mourir pour la France, comme ton oncle Marc est mort tous les deux nous avons été assassinés par les mêmes bandits sans honneur et sans scrupules.
Le 12 de ce mois je suis passé au tribunal et condamné à mort : j’attends mon recours en grâce, mais je n’ai aucun espoir, ta maman aussi est en prison, elle souffre.
Aussi mon petit garçon quand elle sortira et quelle apprendra cette chose terrible, il faut la consoler, sois doux et gentil avec elle ainsi qu’avec tes grands-parents qui n’ont plus que toi à compter pour leurs vieux jours.
Il faudra me remplacer auprès d’eux, les chérir, comme ils le méritent ta mère t’expliquera pourquoi ton oncle et ton père sont morts, pour quel idéal et quand plus tard, tu verras la France forte et belle et débarrassée de ces brutes, tu pourras te rendre compte de la grandeur de notre sacrifice.
Je suis peut-être un martyr, mais d’autres ont souffert plus que moi. Certes je souffre de me séparer de ta mère, de toi mon petit. Ainsi que de mon père et de ma mère. Sois courageux devant eux, puise dans le malheur qui te frappe la force nécessaire pour me venger quand tu seras grand et fort. Plus tard quand tu comprendras bien pourquoi je suis mort, pourquoi ton oncle est mort, il faudra tout faire pour éviter ces maudites guerres qui font tant de victimes. Il faudra aider ton pays, c’est-à-dire la France, pour qu’elle devienne forte et pour qu’avec d’autres pays aussi loyaux qu’elle puisse imposer au monde ses volontés de paix.
Je souhaite que cette guerre soit la dernière, que plus jamais les peuples s’entretuent et c’est pour cela qu’il faut croire en mon idéal, c’est pour cela qu’il faut que la France soit forte et elle compte sur toi comme sur toute la jeunesse française : quand le fascisme sera mort et détruit, le monde entier pourra vivre librement et sans guerre.
Quand tu liras cette lettre, tu ne comprendras pas bien, car tu es jeune, mais plus ta rd, quand tu auras appris, tu sauras, que mon sacrifice n’auras pas été vain.
Depuis le 12 j’attends la mort vois-tu c’est pour cela que le plus dur est d’être enfermé dans une prison et que la sortie pour moi sera l’exécution. Devant le peloton je serai brave et ces brutes verront une fois de plus comment va mourir un français.
N’abandonne jamais ta mère mon petit, fais des sacrifices pour elle car elle le mérité et, ce que je te souhaite plus tard, c’est d’avoir une compagne comme elle ; aussi mon petit ne sois jamais ingrat pense aux autres qui souffrent sans espoir.
Je vais te quitter et quand dans la vie tu auras des moments de découragements lis cette lettre, tu puiseras des forces pour lutter car la vie est ainsi.
J’aurais voulu une dernière fois te serrer dans mes bras, mais je sais cela impossible, crois et fais aux dernières volontés de ton père qui va mourir et qui souffre de te laisser orphelin, je penserais à vous jusqu’au dernier moment.
Ton père. Robert.
À la recherche de la Lumière
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Comme à son habitude Thierry Didier, nous délivre une réflexion puissante sur un sujet trop souvent relégué et pourtant d'importance fondamentale pour la progression de la transmission de la connaissance initiatique. La parole circule dans la loge et est donc par nature volatile. Le rôle du secrétaire en Franc-maçonnerie est comparable à celui d'un scribe dans l'Égypte ancienne. Il transcrira le condensé, la substance, l'essence du travail spirituel, de l'exercice spirituel de ses Frères. Fixant, cristallisant ainsi les moments intenses de la tenue maçonnique, en s'interdisant de modifier, d'altérer le fonds. Les frères présents et les futurs frères pourront bénéficier de ce travail, la Franc-maçonnerie a cette spécificité de l'amélioration, du perfectionnement individuel, grâce au collectif que forme la loge. Sans l'aide des autres, je ne peux rien faire. Le secrétaire de la loge et l'archiviste de l'ordre participent ensemble à la transmission des messages d'amour donnés par les frères qui forment ensemble une chaîne d'or pur.
Ce qui donne une responsabilité importante au secretaire qui participe avec l'archiviste à faire vivre la tradition.
Jean-François Guerry.
LES ARCHIVES DE L’ORDRE
Nous le savons, la loge maçonnique est composée de frères et structurée autour d’officiers. Les officiers forment avec le Vénérable Maître différents axes, à même de faire fonctionner ladite loge : par exemple avec les deux surveillantsun axe pédagogique ; avec l’expert et le maître des cérémoniesun axe rituel ; avec l’hospitalier un axe fraternel et humaniste. Il existe aussi un axe dont on parle moins, que l’on pourrait qualifier d’informationnel, celui constitué du Vénérable Maître, qui dirige donc les travaux, du frère secrétaire, qui trace les travaux, et du frère archiviste, qui dépose et conserve les travaux. On peut filer la métaphore informatique, en décrivant le secrétaire comme la mémoire vive de la loge, tournée vers le mouvement et la dynamique, qui est une mémoire de transit, temporaire ; et l’archiviste comme la mémoire appelée à tort mémoire morte en informatique, mémoire non volatile qui stocke les instructions de manière permanente et contient des données qui peuvent être lues mais pas modifiées. On peut filer une autre métaphore, hydrologique celle-là, où les archives seraient assimilables à ce qu’on appelle les nappes inertielles, de cette eau très profonde lentement mobilisable, mais également insensiblement constituée au cours du temps. C’est vrai que l’on parle très peu de cette mémoire particulière que constitue les archives, qu’on associe péjorativement dans l’imaginaire collectif à un endroit glauque, une pièce borgne et souterraine, où opère un agent en mal de rédemption. Il s’agit là d’un biais d’attribution, par lequel les archives seraient porteuses d’une forme d’ennui, de banalité et de « sombritude », discréditées à l’heure de cette violence ordinaire que constituele relativisme de l’immédiateté et de l’éphémère.
La franc-maçonnerie, art initiatique par excellence, devrait se sentir protégée de ce biais, elle ne l’est pourtant que partiellement, renvoyant souvent l’archive à sa condition poussiéreuse, n’accordant au mieux qu’une indifférence polie à son égard. Les archives sont pourtant fondamentales, en particulier dans l’esprit maçonnique : celui-ci est naturellement porté par l’élan spirituel, la circulation de la parole et la mise en avant d’actes très ostensibles comme l’oralité du verbe, la déambulation et la triangulation du débat. L’art initiatique étant holistique, il convient ainsi de « contrebalancer », et de compléter l’Esprit du verbe, léger et volatil, par cette Lettreque représente l’archive, qui est par essence régulatrice, modératrice et pondératrice, car insensible à l’esprit du temps. L’archive est nécessaire, d’abord parce qu’à la façon dont le Talmud cumule à l’infini les commentaires de la Torah, il s’agit de rendre la franc-maçonnerie à son histoire. Mais la mentalité juive est que rien ne doit se perdre ; la mentalité maçonnique, qui n’est pas une confession, ne réclame pas cette contrainte, c’est pourquoi elle passe par l’étape indispensable du tracé du secrétaire qui, au-delà d’évoquer à la loge le contenu et le climat de la tenue précédente, ne conservera que le fonds, la forme ne répondant qu’au style particulier du secrétaire : c’est pour cette raison que des modifications du tracé ne peuvent être faites que sur la forme et non sur le fond: cette exigence inscrira encore plus dans le marbre un tracé qui aura été entériné ensuite par l’assemblée présente. Il s’agira ici, en validant le tracé, de l’enregistrer pour l’éternité. Ainsi, si un frère est tenté de relire un jour telle ou telle archive, il ne partira pas de zéro, mais bénéficiera inconsciemment des strates de connaissance fabriquées par ses prédécesseurs. Ces strates sont inscrites dans les archives, mais aussi de façon plus subjective et plus sélective, portées dans la mémoire des anciens. L’autre vertu de l’archivistique est de pondérer la parole, naturellement incisive, volatile, solaire, labile : ces caractéristiques ne sont pas des défauts, mais simplement les à-côtés inévitables de toute manifestation ouverte .L’archive recompose cette parole en lui appliquant un ordre nouveau, plus pérenne, somme toute très égalitaire quel que soit la teneur de ce qui y est produit : cet ordre nouveau sera foncièrement objectif , car rattaché à la provenance et à l’époque du document, et non à la personnalité du locuteur. Ce principe de provenance, général et moins exposé aux circonstances de l’instant permettra de respecter l'intégrité matérielle et intellectuelle de chaque archive. D’ailleurs le simple fait d’entasser les tracés dans un carton leur confère d’office une importance très égalitaire, très paritaire, gommant leur éventuel caractère discriminatoire, qui porterait éventuellement à polémique. En sédimentant les tracés comme les simples strates d’un ensemble plus global, nous ne verrons plus dans ces couches successives que les témoins transitoires d’une époque. Cet ordre général met donc sur un même plan, sans distinction d’importance supposée, l’ensemble des documents. Ainsi, quand un élément initiatique est archivé, c’est vrai qu’il perd de sa puissance initiatique du moment, mais il rejoint un fonds commun. Car le temps de l’archive est un temps long, structuré différemment du temps court, borné et jalonné de l’exercice maçonnique que nous pratiquons en loge.
Bibliothèque de la Grande Loge de France
Le travail maçonnique est en effet soumis à la flèche du temps : C’est une des raisons pour lesquelles les travaux sont sacralisés, c’est-à-dire délimités dans le temps et dans l’espace. Si les travaux maçonniques nécessitent d’être ouverts et fermés, c’est que ce qui s’y déroule est en substance volatil : on ne sait pas d’avance ce qui va en être dit et conservé. Certains rituels maçonniques évoquent ce qu’on appelle « les archives de l’Ordre », qui seraient conservées dans un endroit mythique qu’on appelle Kilwining, région légendaire située en Ecosse. L’incertitude concernant la localisation de ces archives légendaires contribue symboliquement à leur transcendance et à les situer en amont de toute connaissance contemporaine. Ce caractère elliptique suffit donc à lui seul à qualifier ces archives, l’inconnu sur leur origine participant largement à leur caractère fondateur. D’ailleurs la loge légendaire considérée comme la plus ancienne au monde porte le titre distinctif Kilwining et le numéro zéro au matricule de la Grande Loge d’Écosse : ce nombre est très signifiant, il valide l’idée d’un principe créateur transcendant à toute interprétation. Le simple fait d’évoquer, dans un rituel « les archives de l’Ordre » témoigne de notre degré d’avancement, qui nous autorise à être capable de nous retourner sur ce qui nous a fondé. Ainsi, prendre conscience qu’il existe des archives signifie initiatiquement que nous avons suffisamment progressé pour être apte à visibiliser le passé. Lorsqu’un document, une description d’attitude ou d’action passent de la lumière à l’archive, ils changent de statut, c’est-à-dire qu’ils sont soumis à un arrangement, un ordre différent de ce qui régit la vie en temps réel. Le fait de citer les « archives de l’ordre » a aussi pour objet l’établissement de « ponts » entre les différents viatiques de la Connaissance, viatiques que sont la symbolique, l’égrégore, l’exemplarité, l’exposition, la circulation verbale, la construction hiérarchique, et d’une façon générale tout ce qui donne sa coloration aux planches .Tout ce foisonnement se résoudra ensuite en un pont ultime, celui établi entre le tracé, solaire, du secrétaire, et l’archive, lunaire, de l’archiviste bibliothécaire. La qualification de « bibliothécaire » associée à celle d’archiviste n’est pas anodine, car le but premier de l’archive est d’être possiblement exhumée afin de nourrir la réflexion des contemporains : le bibliothécaire est celui qui est apte à établir des ponts entre la contemporanéité d’une idée, et son lignage, sa généalogie possible. En quoi l’importance des archives est-elle centrale dans l’idée maçonnique ? Eh bien déjà, elles ne se situent pas dans l’espace sacré de la loge, ce qui d’ailleurs serait rédhibitoire : l’être humain n’est pas, en effet, un pur esprit, et a besoin, tel l’ange de l’Apocalypse, de ses 2 jambes pour exister. Ap.10 : 2 : « Dans sa main, il tenait un petit livre ouvert. Il posa son pied droit sur la mer et le gauche sur la terre. » la mer, symbolisant ici les mouvements de l’Esprit viables uniquement dans un endroit sacralisé, et la terre portant l’empreinte archivistique, donc très matérielle desdits mouvements. Le tracé du secrétaire est donc à la fois une façon de conserver la teneur et les propos de l’ordre du jour, mais aussi d’effectuer naturellement un travail de filtre, de tamis, ne conservant que ce qui lui semble important. Car une archive se doit, pour être pérenne, d’être calibrée dans le temps et dans l’espace. Le respect des fonds impose de les classer et de les inventorier sans perdre de vue leur lien organique avec l'entité qui les a produites.
Ce critère est très important en franc-maçonnerie, car il permet de s’abstraire d’une « culture du moment », d’une « orthodoxie » fatalement temporaire, cela permet de conserver au maximum l’objectivité de ce qui est archivé, et donc de lutter contre tout fait contemporain qui tend par essence à reconsidérer le passé à l’aune du moment présent. Les archives sont cumulatives : elles s’ajoutent et ne se remplacent pas ; elles ne cèdent donc pas à l’air du temps, et, une fois archivés, chaque valeur et document a la même importance. C’est fondamental dans le souci que peut avoir l’initiatique de ne pas privilégier une époque, ou, un courant particulier. L’archive suprême est celle de l’Orient Èternel, où les frères partis occupent une place irréfragable, déterminée souvent par la date de leur disparition ; chaque nom en vaut un autre.Le mot archive renvoie à différentes étymologies possibles , mais fondamentalement l’arche est entendue comme une boite, un coffre, un contenant, où sont déposées des choses : c’est par exemple le dépôt comptable des animaux de l’Arche de Noé, où celui des lois mosaïques gravées sur les 2 tables de la Loi contenues dans l’Arche d’Alliance: l’Arche sous-entend l’endroit d’un dépôt, dont le contenu est nommé et énuméré, à la façon dont l’Ancien Testament nomme et énumère les faits et les personnages pour ne rien en oublier. L’Ancien Testament procède périodiquement à l’énumération fastidieuse des lignages généalogiques de tels ou tels patriarches, avec l’objectif avoué de n’oublier personne. Ce dénombrement biblique, qu’on appelle recensement, est une sorte d’archive horizontale, comme celle qu’ordonna le Roi David à son général Joab. Mais le recensement, qui puise dans la contemporanéité a, tout comme la tenue maçonnique, un caractère majeur et sacré, avec lequel il ne faut pas jouer. David s’en mordit les doigts, et il dut subir une punition divine, car privilégiant, du point de vue de Dieu, plus l’aspect quantitatif que qualitatif de l’humain. Le recensement ne pouvant, du point de vue de l’Ancien Testament, n’être prescrit que par Dieu.L’archive permet donc de déposer, de conserver, et éventuellement de commémorer ce qui a été classifié : commémorer signifie « rappeler le souvenir ». Rappeler sous-entend de ramener à la surface quelque chose qui a été enterré, mis de côté, mais en aucun cas oublié : ce qui est archivé n’est jamais perdu, mais simplement placé à un endroit d’où il peut revenir périodiquement, avant d’être de nouveau archivé. Les archives, sont donc, au sens large, des jalons et des passages, commémorateurs car posés à travers l’histoire par des mythes fondateurs. Commémorateurs aussi car la légende de nos grades conditionne, comme dans tout mythe, le fait que tout est présent dès le départ, et que l’initié s’ouvre à la connaissance de faits qui ne peuvent être qu’antérieurs, dans la mesure où tout, dans un mythe, est déjà inscrit dans notre patrimoine mémoriel.Lorsque les alchimistes parlent de « fixer le volatil », les archives sont de ce tonneau, elles constituent une banque de faits et gestes moins soumises que la transmission aux velléités particulières de l’être humain. La tradition consiste donc en un savant mélange entre la transmission, qui en constitue le bras armé, l’élément mobile, et les archives, sorte de condensat intemporel inscrit dans la masse. C’est pourquoi toute évaluation a posteriori de l’art initiatique doit s’établir à partir d’un exercice mêlant archives et transmission.
Lorsqu’on évoque la Tradition, nous avons coutume de nous référer à l’étymologie, et d’y voir un flux d’informations qui a su transcender les époques, et nous apporter des valeurs « intemporelles », immuables et indémodables. En fait, il en est de la Tradition, comme du reste, c’est-à-dire que le temps fait toujours son œuvre et bâtit sa réalité du moment sur un terreau qui a subi les injures du temps. C’est pourquoi la Tradition est quelque chose de beaucoup plus complexe qu’on ne le pense. La Tradition peut être entendue comme un trait d’union entre passé et présent, là où l’archive représente en elle-même la continuité. L’archive conservera son caractère autonome, indépendant, là où l’élément de tradition se verra immanquablement modelé a posteriori par celui qui le reçoit. C’est pourquoi la tradition prête souvent à discussion, car il y a finalement autant de traditions qu’il y a d’individus différents pour la recevoir et l’épouser. Le souvenir est darwinien, il subit les affres de cette sélection naturelle qu’est l’évolution des idées et des principes de la société dans laquelle il exerce ses prérogatives. La transmission n’est donc pas suffisante pour exprimer à elle seule la teneur d’un souvenir : la transmission est une dynamique sélective qui, comme telle, emmène dans son sillage des pensées et des actions, qui ont le plus grand mal à conserver dans le temps leur intégrité, et c’est normal : la sélection impose une violence qui est à l’aune de sa nécessité : pour survivre, seuls les principes les plus ancrés demeureront accrochés à cette orthodoxie mouvante. Avec un brin d’ironie, nous voyons bien là que la Tradition est quelque chose de trop sérieux pour être mise entre les mains exclusives de la transmission. La transmission est émaillée des imperfections et des caractéristiques de celui qui donne, mais aussi au miroir déformant que de celui qui reçoit. C’est pourquoi la Tradition ne peut uniquement s’appuyer sur cette transmission, des archives lui sont nécessaires. L’être humain est en effet fragile, dans sa constitution, mais aussi dans ce qu’il crée, pense ou subit : les archives apportent leur pondération, à savoir qu’elles régulent la pensée traditionnelle, et en même temps, elles constituent une référence universelle.
Thierry Didier.
Livre de Thierry Didier
La lumière des anciens éclaire l'avenir
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JAMBLIQUE – L’universalisme de Pythagore et le Symbolisme. Part VII.
La plupart d’entre nous identifie Pythagore à son célèbre théorème, une proposition démontrable qui résulte d’autres propositions déjà posées. Un des synonymes du théorème est doctrine, hypothèse de base donc principe. Pythagore voyait dans les nombres, le sacré, il imagina la cosmologie du monde à partir des nombres. Dans tout théorème, il y a une hypothèse de base, un principe de base. Peut-on dès lors par extension parler d’un principe de base, qui après démonstration logique amène à une conclusion ? Une alliance en quelque sorte entre un principe et la raison.
Quand Jamblique se lança dans l’écriture de sa Vie de Pythagore, il est incontestable qu’il s’inspira de tous les écrits au sujet de celui-ci, de sa renommée qui a franchi les barrières de l’espace et du temps. Ainsi, on trouvait des adeptes de Pythagore partout dans le monde connu de l’époque, certains reprenant partiellement ses enseignements d’autres étant de véritables sectateurs. Ils étaient de Crotone comme Hippostratos, de Métaponte comme Brontinos, de Tarente comme Philolaos, de Sybaris comme Métôpos, de Okkelos en Italie, d’Agrigente comme Empédocle, de Syracuse comme Leptinês en Sicile, d’Élée comme Parménide, de Paros comme Aiêtios, de Samos comme Melissos en Grèce. On dénombre environ 218 philosophes hommes et 17 femmes influencés par Pythagore c’est dire l’importance et l’influence de sa pensée qui perdure de nos jours en particulier dans la Franc-maçonnerie, avec la méthode pythagoricienne du symbolisme. Les répétitions sont nombreuses dans la Vie de Pythagore de Jamblique et les symboles sont employés principalement comme guides dans la pratique des vertus ou des valeurs comme : la piété, la sagesse, la maîtrise de soi, le courage, l’amitié. Ainsi, dans la Vie de Pythagore de Jamblique l’on trouve la manière dont devait être enseigné ces vertus et valeurs surtout aux jeunes adeptes § 101 : Les corrections et les admonestations, qu’ils appelaient « rétablissements », devaient, estimaient-ils, être formulées en un langage plein de retenue et de circonspection par les plus âgés à l’intention des plus jeunes. En outre les admonestations, devaient se manifester beaucoup de sollicitude et d’affection, car c’est à cette condition que l’admonestation peut être supportable et profitable.
PYTHAGORE
Ce conseil est valable pour ceux qui sont chargés de l’instruction maçonnique des jeunes initiés. Plus loin, de § 103 à 106 l’on peut lire : C’était pour lui une nécessité vitale de transmettre son enseignement à l’aide de symboles… Jamblique fait remarquer que cette méthode était courante chez les grecs et les égyptiens. De la même façon chez Pythagore aussi, ce type d’enseignement était l’objet de beaucoup d’attention à condition de pouvoir articuler clairement la signification des symboles et leur sens caché et de pouvoir voir à quelle rectitude et à quelle vérité ils ont part, ils fois révélés et débarrassés de leur forme énigmatique, et comment, dans leur transmission simple et sans artifice, ils s’adaptent aux conceptions grandioses de ces philosophes et aux choses divines qui dépassent l’intelligence humaine. Ici est condensé, l’enseignement maçonnique qui incite à rechercher toujours l’idée sous le symbole, sans syncrétisme en ayant toujours le soin de ne pas prendre les mots pour ce qu’ils ne sont pas, d’élever son esprit vers les hautes sphères de la connaissance spirituelle. Cette méthode d’enseignement est propice à former des hommes remarquables et hors du commun selon Jamblique.
La conséquence de cette forme d’enseignement au moyen des symboles est la transmission : Des discussions, des entretiens, des aide-mémoires et leurs notes, et même les écrits…. Ils ne les rendaient pas d’emblée compréhensibles à leurs destinataires, en utilisant la langue commune, ordinaire et comprise par tout le monde, dans le but de rendre facilement accessible ce qu’ils voulaient dire, non, obéissant à la règle des mystères divins suivant laquelle il faut « tenir sa langue » et que leur avait prescrite Pythagore, ils recouraient au secret pour parler devant les non- initiés et protégeaient les discussions qu’ils avaient entre eux, et leurs écrits au moyen des symboles. Une description, presque mot à mot de la méthode maçonnique, avec l’usage de la langue des oiseaux et la protection des secrets et mystères de la Franc-maçonnerie qui ne peuvent être dévoilés et compris que par les initiés.
SYMBOLISME MAÇONNIQUE
Jamblique précise en § 105 : Et si quelqu’un, après avoir fait un choix parmi les symboles en question, ne les interprétait pas et ne les « embrassait » pas au moyen d’une interprétation qui ne donne prise au sarcasme, ce qu’ils disent apparaîtrait au commun ridicule et digne d’histoires de bonne femme, plein de niaiserie et de bavardage. En revanche, lorsqu’ils sont décryptés comme doivent l’être les symboles, au lieu de rester obscurs, comme c’est le cas pour la plupart des gens, ils deviennent transparents et lumineux, comparables à des prophéties ou aux oracles d’Apollon Pythien ; ils révèlent une pensée étonnante et ils produisent une inspiration démonique chez ceux des amateurs d’étude qui se sont donné la peine de les comprendre. Ici, est démontré le sérieux de la méthode symbolique et la source infinie de l’interprétation des symboles qui sont toujours vivants à travers l’inspiration individuelle de ceux qui recherchent sans cesse les idées sous les symboles, et découvrent peu à peu les vertus qu’ils expriment pour peu que l’on regarde au-delà de son index, quand il est pointé vers le ciel. Ceux, que cela fait rire ou provoque leurs sarcasmes sont pardonnés parce qu’ils ne comprennent pas.
Plus loin, Jamblique précise : Il n’est pas inutile de citer quelques symboles pour faire apparaître clairement en quoi consistait cette manière d’enseigner. « N’entre pas dans un sanctuaire ou en général ne te prosterne pas, alors que tu fais route dans un autre but, même si tu te trouves à passer juste devant les portes. » « Déchausse-toi pour offrir un sacrifice et pour te prosterner. » « Évite les grand-routes et prend les sentiers. » « Ne parle pas d’affaire Pythagoriciennes sans lumière. » Tel était, brièvement exposé, son enseignement au moyen de symboles.
Les Francs-maçons, qu’ils soient d’Athènes de Rome, d’Alexandrie, de Jérusalem, d’Écosse ou des Lumières sont aussi les enfants de Pythagore.
Jean-François Guerry.
IMPERTINENCE OU PAS ? HUMOUR NOIR OU PAS ?
Par Yann
Le noir de la nuit
Enfant, lorsque je sortais aux étoiles, comme je le fais chaque soir dans ma campagne
bretonne hors des lumières de la ville, je me posais cette question : " Pourquoi fait-il noir la
nuit ?"
Sous son apparente naïveté, la question que se posent tous les enfants du monde cache
l’une des plus profondes énigmes du Cosmos. Une énigme sur laquelle se sont de tous temps
penchés les humanistes, des astronomes de l’Antiquité aux astrophysiciens modernes en
passant par Descartes, Kant, … et Edgard Poë : "La vision spirituelle même ne se heurte-t-
elle pas en tous points aux remparts dorés et continus de l’Univers ?" écrivait en 1845 le
célèbre poète, trois ans avant de donner à la Society Library de New York une conférence
sur la "cosmogonie de l’univers".
Qui a donc dérobé la lumière des étoiles lointaines ? Professeur de physique et
d’astronomie à l’université américaine du Massachusetts, Edward Harrison, sur la piste des
différentes conceptions cosmologiques, mène une véritable enquête policière. Accessible à
tous et accompagnée d’une solide annexe pour les plus érudits.
"Le noir de la nuit. Une énigme du cosmos " Edward Harrison. Seuil 320 p.
Et si vous préférez un bon film et que vous avez le sens de l’humour, ressortez, dans votre
médiathèque, "Harry dans tous ses états " de Woody Allen (1997). Quelques morceaux
choisis :
En présence de Cookie, une superbe black pute, Harry (Woody Allen) a des angoisses
métaphysiques :
Cookie Williams : Qu’est-ce qui te rend triste ?
Harry Black (Woody Allen) : Ma faillite spirituelle. J’suis vidé.
Cookie Williams : Qu’est-ce que tu veux dire ?
Harry Black (Woody Allen) : J’ai peur… J’ai pas d’amis… Tu vois ce que je veux dire ! En
d’autres termes, quand j’étais jeune, ça me faisait moins peur d’attendre la Révolution que
maintenant d’attendre Godot !
Cookie Williams : Ha ! Alors là, j’sui s larguée !
Harry Black (Woody Allen) : Tu sais que l’univers craque de partout. Tu es au courant ! Tu
sais ce que c’est qu’un trou noir ?
Cookie Williams : Oui, oui, je sais c’ est mon gagne- pain !
Yann.
NOTE ÉDITEUR.
Pourquoi le ciel est-il noir la nuit? Comme beaucoup de questions qu'un enfant pourrait poser, celle-là a intrigué des générations de savants, qui ont fini par lui conférer le statut de paradoxe: si l'univers est infini, notre regard devrait partout rencontrer la surface d'une étoile et la nuit serait d'une éblouissante clarté. La solution de l'énigme n'ayant cessé d'évoluer au gré des théories cosmologiques, de Kepler à Halley et de Hershell à Lord Kelvin, les tribulations du "paradoxe d'Olbers" traversent l'histoire de l'astronomie, avec en point d'orgue l'intuition fulgurante d'un célèbre cosmologiste amateur: Edgar Allan Poe...
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