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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Étiquette je pense.org

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Bonjour après quelques congés les travaux suspendus reprennent force et vigueur.

L’ÊTRE ET LE CORPS

 

 

F

aut-il négliger les facultés du corps et de ses organes dans la quête spirituelle ? Se défier de nos sens, ou apprendre à les maîtriser ? Force est de constater que l’initiation maçonnique comme toutes les initiations traditionnelles commence par le corps. Nos organes sont sollicités dès la première cérémonie initiatique, en particulier ceux du toucher, de l’ouïe, et de la vue.

Celui qui frappe à la porte du temple avec force et vigueur souhaite être entendu et reçu. Ses yeux seront pourtant occultés temporairement, pour vérifier sa volonté, son aptitude à recevoir la lumière qu’il demande et surtout la sincérité de sa démarche morale. Insidieusement presque l’occultation des yeux ouvre l’œil du cœur, l’œil central qui permet de voir au-delà, plus profondément plus intimement et plus aussi. Cet œil qui n’est pas limité par des dimensions physiques, il permet de voir l’invisible. C’est l’œil des cœurs purs.

Pourtant l’initiation ne méprise pas les yeux organes de l’homme au profit de l’œil du cœur qui serait celui de l’humain. L’être sensible qui a développé son ouïe et son regard, s’ouvre aux émotions qui touchent son Être intérieur. En effet, qui n’a pas ressenti quelque chose d’indicible à l’écoute d’une mélodie harmonieuse ou à la vue d’un sublime levé de soleil ? Platon et son monde des idées à propos de la musique disait : La musique pénètre à l’intérieur de l’âme. Il insistait en quelque sorte sur l’éducation des sens : Si la musique est la partie maîtresse de l’éducation, n’est-ce pas Glaucon, c’est parce que le rythme et l’harmonie sont particulièrement propres à pénétrer dans l’âme et la toucher fortement…[1] Ce n’est pas par hasard qu’il existe dans les loges une colonne d’harmonie avec son Maître et que la musique précède les travaux, pas un hasard non plus si les arts libéraux sont un sujet d’étude pour les Sœurs et les Frères. On s’instruit pense Platon pour devenir un homme raisonnable, mais pas seulement, son meilleur élève Aristote constata que : la musique adoucit les mœurs, il ira jusqu’à dire elle sépare le bien du mal elle provoque une catharsis. [2] Un apaisement, une douceur propice à la bienveillance. Pythagore le premier des philosophes les précéda dans cette pensée avec sa cosmologie, il fût l’inventeur de l’Harmonie Universelle, de l’harmonie créatrice des nombres, premier mathématicien de la musique. La musique résonne donc en nous, frappe à la porte de notre âme elle nous élève vers la spiritualité. Il est factuel de constater au début d’une tenue maçonnique que la musique éveille, réveille les sens des participants. Progressivement l’éveil spirituel s’épanoui et pénètre les esprits qui se dirigent vers une forme de plénitude et de communion fraternelle.

Cependant faut-il faire la part plus belle à la vue ? Platon encore dit à ce propos : les premiers organes que les dieux fabriquèrent furent les yeux porteurs de lumière.[3]  Plus précisément « Les premiers organes qu’ils fabriquèrent furent les yeux porteurs de lumière : ils les fixèrent sur le visage dans le but que je vais dire. De cette sorte de feu qui a la propriété de ne pas brûler et de fournir une lumière douce, ils imaginèrent de faire le propre corps de chaque jour, et le feu pur qui est en nous… et encore à propos des paupières car lorsque les paupières, que les dieux ont imaginées pour préserver la vue, sont fermées, elles retiennent en dedans la puissance du feu…

Allégorie des arts libéraux par Marten de Vos - une commande de l'université de Louvain.

Ce ne pas par hasard que l’on recouvre les yeux d’un postulant à l’initiation et que l’on dessille les yeux du nouvel initié.

L’initié à mon sens ne peut pas mépriser le regard extérieur au profit du regard intérieur, extériorité et intériorité se complètent pour former un tout, une plénitude et se réalisent, se concrétisent dans l’altérité.

Ainsi, dès la Genèse Dieu dit à Abraham : Lève les yeux et regarde, de l’endroit où tu es, vers le Nord et le Midi, vers l’Orient et l’Occident. Je le donnerai à ta postérité pour toujours. [4] Peut-on oser une analogie avec l’invitation faite au postulant aux mystères de la Franc-maçonnerie quand le bandeau, de regarder et de méditer.

Le regard de l’homme reste trop souvent abîmer par le désir du plaisir, de l’avidité et de l’envie. Ceux qui ont construit le veau d’or n’ont pas levé les yeux vers la montagne ils étaient aveuglés par la cupidité, ils n’ont pas reçu la lumière comme Jean en fait le constat dans son prologue. Le regard de ceux-là n’enveloppe que les choses visibles, les idoles humaines, ils ne regardent pas les choses essentielles, celles de l’esprit et du cœur. Parmi les hommes pourtant chaque jour se lèvent des Lévites fidèles et persévérants dont le regard se tourne vers les hautes sphères de la Connaissance spirituelle. Ceux qui lèvent les yeux, voient leurs sœurs et les frères, ils connaissent le bonheur de l’altérité. Il y a donc de la sagesse dans les sens pourvu qu’ils soient maîtrisés.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

[1] Platon République III- 401 c

[2] Aristote Politique VIII- 1339

[3] Platon Timée 45 a

[4] Genèse 13.

COMMUNIQUÉ SORTIE D'UN NOUVEAU LIVRE DE Bernard Rio.
L'ÊTRE ET LE CORPS

Bonjour,

J'espère que vous allez bien.

J’ai quant à moi le plaisir de vous annoncer la parution de mon nouveau livre aux éditions Trédaniel en avril 2025. 

Je présenterai « Le vrai savoir des druides » dans une conférence au centre Ar Rusken à Plouhinec (56) le 16 mai puis au salon du livre à Vannes (56) les 14 et 15 juin 2025.

Que sait-on des druides et de leur enseignement ? Les historiens grecs et latins les surnommaient « les très savants ». Ils prétendaient également que le philosophe et mathématicien Pythagore avait été leur élève. Il a été souvent dit que les druides ne transmettaient leur science que par voie orale. En réalité, leur parole primait l’écrit, mais cela n’a pas empêché ces sages de nous léguer une abondante littérature.Le savoir des druides a ainsi perduré dans des mythes, des récits, des poèmes et des chants que la tradition a conservés en particulier dans les îles britanniques et en Bretagne continentale.

Après avoir recensé les mentions des druides dans les textes classiques de l’antiquité et du moyen âge, je propose une exégèse originale de cet enseignement qui anticipait, sur bien des sujets, la science moderne. Les druides connaissaient les dimensions et la forme ronde de la Terre, la dilution et la contraction du temps et donc la théorie de la relativité du temps. Ces philosophes quantiques avant l’heure assimilaient le monde à un organisme vivant, ce qui suppose plusieurs âges du monde, avec une apogée et une mort. Ils prédisaient la fin d’un temps, sous la forme d’un renversement des valeurs et d’un effondrement de la société. La croyance celtique dans l’Autre-Monde induisait plusieurs fins dernières !

« Le vrai savoir des druides », Bernard Rio, collection Vega, éditions Trédaniel, 264 pages, 21 euros, parution avril 2025.

SOMMAIRE

Introduction – Le temps des druides. . . . . . . . . . . . . .11

1  De l’œuf du monde... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

2  Le feu dans l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... 39

3  Le maître des liens ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . 53

4  L’immortelle échappée de l’âme. . . . . . . . . . . . . . . 65

5  De l’usage des bons et des beaux mots . . . .  . . . . 83

6  Druides et pythagoriciens, maîtres et élèves. . .. . . 97

7  Les mystères du bouche-à-oreille . . . . . . . . . .  . . . 111

8  Le chant des nombres. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125

9  La course du temps. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151

10  Le mythe et la science . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . 169

11  Les arbres combattants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183

12  La fin d’un monde. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201

13  Autre Monde et outre monde. . . . . . . . . . . . . .  . . . 209

Avertissement – Remonter aux sources. . . . . . . . . .  . . 221

Bibliographie. . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . .  . . 227

Notes. . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .  . .. . .233

Index des noms de lieux et de personnes. . . . . . . . .. . . 259

L'oeil des marins dans la baie de Quiberon

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Publié le par Jean-François Guerry
Jean-Claude Sitbon

Jean-Claude Sitbon

COMMUNIQUÉ

 

Le 24 mars prochain

CONFÉRENCE EN LOGE

à LILLE (59)

de JEAN-CLAUDE SITBON 

Auteur et conférencier maçonniques

 

Thème de la conférence :

« Histoire, sources et particularités symboliques

du Rite Écossais Rectifié » 

La pratique du Rite Ecossais Rectifié (RER)

La structure du Régime Écossais Rectifié

La naissance et l’évolution historique du RER

Les rituels du RER

Jean-Baptiste Willermoz, l’architecte principal du RER

Les sources du RER

Du caractère chrétien du RER

 

Invitation réservée aux francs-maçons

 

Lundi 24 mars 2025 à 19h30 à Lille

Tenue au 1er grade du Rite Écossais Rectifié suivie d’agapes

 

Inscription préalable nécessaire

Pour toutes informations :

contact@rite-ecossais-rectifie.com

CONFÉRENCE À LILLE
CONFÉRENCE À LILLE
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LES LUMIÈRES DU R E R POUR ALLER VERS LA CONNAISSANCE

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Publié le par Thierry N
Une video remarquée par Thierry N...
UNE VIDEO SUR LA GÉOMÉTRIE -
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LA LUMIÈRE DE LA GÉOMÉTRIE SACRÉE ÉCLAIRE LE MONDE

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Publié le par Yann
Que peut-il y avoir au fond d'une dame Jeanne ?
Jeanne d'Arc selon Clément de Fauquembergue 1429
Jeanne d'Arc selon Clément de Fauquembergue 1429

Jeanne d'Arc selon Clément de Fauquembergue 1429

 

 Clefs pour la lecture d'une légende du roman national 

 

                               

                                                              

Les Archives nationales (Paris 3è) exposent, jusqu’au 19 mai, "1429 Jeanne d’Arc le premier portrait". Un portrait de la pucelle d’Orléans comme on ne l’a jamais vue. Mais un dessin "imaginaire" qui intrigue les historiens. 

 

On doit ce dessin à un greffier Clément de Fauquembergue qui était chargé de tenir le Registre du Conseil, sorte de Journal officiel des arrêts prononcés par le Parlement mais aussi pour rendre compte de l’actualité. Le 10 mai 1429 lui arrive une nouvelle stupéfiante : les Anglais, qui assiégeaient la ville d’Orléans, ont été mis en déroute par une "pucelle portant bannière". Fauquembergue mentionne en quelques lignes la levée du siège d’Orléans, et croque dans la foulée, sur ouï-dire, le portrait de Jeanne qu’il n’a jamais vue. Ce "portrait imaginaire" intrigue les historiens : figurée cheveux longs et dénoués, avec une poitrine opulente, en robe, épée à sa gauche, son célèbre étendard à droite, elle est loin d'une pucelle en habit d'homme avec l'armure complète que lui avait donnée Charles VII. 

 

Vous allez le constater, tout n'est pas clair dans le dossier Jeanne d'Arc. Si peu clair que le très sérieux quotidien Le Monde titrait le 22 février 1974 sous la plume d'un non moins sérieux universitaire : "On attend que les archives vaticanes nous disent un de ces jours dans quelles conditions un peu roublardes fut donnée à la France tricolore cette sainte prestement débarbouillée des accusations de sorcellerie fabriquées de toutes pièces cinq siècles plus tôt." 

 

Convenons qu'il n'est pas facile de suivre la voie qui va de Domrémy à Rouen sans bâtir un récit qui répugnerait à l'esprit le plus modérément rationaliste. Alors, pour lire la légende de Jeanne d'Arc avec les yeux de l'âme, j'ai consulté un très vieux barde breton qui ne bondit pas d'indignation quand on lui dit que, bien que bachelier, on ne sait ni lire ni écrire, qu'on a vu le beurre dans la salière ou qu'on a remonté la pendule électrique. 

 

Je peux maintenant vous aider à comprendre la légende de la bonne Lorraine "qu'Angloys brûlèrent à Rouen…"   

 

En 1428, une jeune fille se présenta à Vaucouleurs au Sire de Baudricourt. Elle lui déclara qu'elle venait de Domrémy pour rétablir le vrai roi de France sur son trône et qu'elle avait rencontré Sainte Marguerite, Sainte Catherine et, un peu plus tard, Saint Michel.  

 

On nous dit que le Sire de Baudricourt l'a d'abord plaisantée, puis qu'il a été frappé par son assurance, qu'il l'a armée, équipée et fournie d'une escorte. Cela vous semble parfaitement absurde et vous voudriez que l'on vous fournisse une explication du comportement de ce seigneur qui était une autorité militaire. Ces gens-là se parlaient un langage convenu et Baudricourt ne plaisantait pas. Il avait très bien compris l'affirmation de Jeanne car Baudricourt était chevalier ; chacun a sa façon de s'exprimer. 

 

Si vous écoutez avec soin la fille qui venait de Lorraine, ne trouvez-vous pas étonnant qu'elle insiste si fort sur le fait qu'elle vient de Domrémy. Dom Rémy, le seigneur Rémy, c'est bien Saint-Rémy, celui qui a institué le sacre des rois de France. Il y a des gens qui viennent de Saint Rémy et d'autres d'un lieudit Saint Jean. Il y a beaucoup de saints sur le calendrier ! 

 

Elle a rencontré Sainte Marguerite. Cela frappe bien fort l'oreille du chevalier qu'est le Sire de Baudricourt. La Marguerite est l'idéal du chevalier comme lui. Ce seigneur a certainement dans sa maison une image de Sainte Marguerite d’Antioche, vierge et martyre. Cette bonne personne n'a sans doute jamais existé mais là n'est pas la question.  

 

Sainte Catherine c'est une autre affaire. Il s'agit de Sainte Catherine d’Alexandrie. Elle non plus n'a jamais existé mais, qui plus est, le Sire de Baudricourt ne l'avait jamais rencontrée. S'il fallait rencontrer tous les gens qui n'existent pas ! 

 

Sainte Catherine vierge et martyre mourut sous la roue, supplice qui n'existait pas encore lorsqu'elle est supposée avoir cessé de vivre. Pour cette raison, elle est la patronne des tourneurs, des rouliers, … qui usent de la roue. Elle périt jeune fille après avoir passé l'âge où on le demeure en général. Pour cette raison, elle est la sainte patronne des vieilles filles. Les filles qui ont cessé d'être jeunes se coiffent ce jour-là de bonnets burlesques et la cérémonie est une sorte de parodie de la prise de voile d'une religieuse. Car Sainte Catherine convient à ceux qui entrent en religion. Elle préside à la destinée du chevalier-moine. Baudricourt savait que les chevaliers-moines avaient rencontré la Catherine et qu'ils en attendaient la sainteté. Il suffit d'être célibataire et l'on passe de la Marguerite à la Catherine et nous le comprenons bien, nous qui sommes profanes en ces matières, car il faut encore de nos jours cesser d'effeuiller la marguerite pour coiffer Sainte Catherine.    

 

Ensuite, disait Jeanne, les Saintes lui avaient amené Saint Michel. C'est un peu de cette façon mystérieuse qu'apparaît Saint Michel. Car qui est-il ? Vous le savez tous, la tradition judaïque veut qu'au moment où se sont dressés les anges rebelles contre le Créateur, en face d'eux se leva celui qui poussa le cri sacré qui contient le secret du salut et que nous avons maladroitement articulé dans notre langage "Michel". 

 

Le Sire de Baudricourt lui seul peut admettre, qu'en entendant Jeanne, ce chevalier ait compris qu'il devait la diriger vers le Roi. Et Jeanne vit le Roi. Elle le reconnut dans la foule et lui parla à l'oreille. Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Si l'un d'entre nous a reçu un mot de passe, vous savez très bien qu'il sera reconnu dans la foule par celui qui connaît ce signe de reconnaissance. 

 

Jeanne a parlé au Roi à l'oreille et l'Histoire nous affirme que dès lors celui-ci ne douta plus de sa filiation légitime ( je rappelle que la reine Isabeau, surnommée "vénus" par le microcosme royal , avait "l'hymen accueillant"). Il sut qu'il avait reçu le mot de passe, ce mot que se transmettaient nos rois, le fameux mot que le souverain doit apporter durant le sacre lorsqu'il descend, en grand secret, dans la crypte de la cathédrale de Reims en compagnie de l'archevêque. 

 

Alors quoi ? D’où Jeanne tenait-elle tous ces secrets ? C'est une histoire folle que je vous raconte là ! De qui suis-je en train de vous faire le portrait ? À dire vrai, je ne sais pas trop bien et je crois que j'en ai trop dit.  

 

J'en ai trop dit ! Oui, peut-être, mais Jeanne en a dit surtout à ses juges et je vous incite à lire le compte-rendu de son procès. Ses juges, qui sont des gens bien informés, lui demandent si Michel était nu ou vêtu ; que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent ! Le procès de Jeanne fut un interrogatoire exigeant prononcé par des gens informés et auquel répond une accusée bien mieux informée qu'eux. Personne ne s'y est trompé. Et pas même l'évêque Cauchon, prélat de Beauvais, ni le confesseur de Jeanne car si elle eût accepté de reprendre l'habit féminin, elle eût cessé d'être la remplaçante du Roi et toute sa mission accomplie était perdue. 

 

Et bien, le temps est venu de vous décevoir : j'ai parlé jusqu'à maintenant comme si j'avais le secret de la voie qui mène de Domrémy à Rouen en passant par Orléans. En vérité, je n'y comprends rien. Je ne comprends pas comment cette fille, qui s'appelait Jeanne, savait parler le langage convenu des chevaliers et comment elle avait appris les signes et les mots par lesquels les gens de cette catégorie se reconnaissaient au Moyen-Âge comme se reconnaissaient les ouvriers, les financiers, les brigands et les religieux dans ce temps où personne ne possédait de papiers d'identité. Elle nous a assuré qu'elle avait reçu des voix qui venaient de Dieu. Je ne sais par quel chemin mais je crois que le contraire n'est pas possible. 

 

Vous allez rire et vous aurez raison, il y a deux autres solutions. Ou bien Jeanne a tenu ces propos par hasard ; il est vrai que cela est possible : un singe placé devant une machine à écrire peut taper par hasard un sonnet de Ronsard, pourquoi pas; ou bien alors Jeanne reçut un message du diable… 

 

C'est ce que pense l'évêque Cauchon et son opinion mérite un sérieux examen. Cet homme-là en savait plus que vous, plus que moi et lorsqu'il entendit dans la bouche d'une fille ce qui se disait Jeanne, il jugea que, seul, le démon avait pu révéler à une jeune fille ce qu'un garçon eût difficilement pu connaître. Cauchon ne croyait pas que le Roi de France était et devait être l'oint du seigneur. Il jugeait qu'un prince étranger, le roi d’Angleterre, s'il faisait l'affaire, pouvait devenir le chef d'un état qui n'avait besoin que d'un chef et le roi d'Angleterre était, sauf sa naissance étrangère, tout à fait le digne héritier des anciens rois. Cauchon qui ne croyait pas qu'en France le roi était désigné par Dieu ne crut pas à la mission divine de Jeanne. Ce prélat est tout à fait digne d'estime ou bien alors il nous reste à mésestimer 98 % de nos contemporains qui pensent exactement comme lui. Je répète qu'il a attribué les connaissances de Jeanne à une confidence du démon. La plupart de nos contemporains s'en garderaient bien. Alors comment vont-ils expliquer l'énigme de Jeanne ? C'est alors que de grands esprits, dont les ouvrages ingénieux remplissent les bibliothèques, vous diront que Jeanne d’Arc était la fille bâtarde du Duc d'Orléans ou qu'elle était tout bonnement un jeune homme déguisé. Un homme déguisé en femme qui s'habillerait en homme ! C'est le comble du travesti !    

 

Tout cela est bel et bon mais le tribunal des juges ecclésiastiques eût été bien vite informé si de telles informations eussent suffi à dissiper tout le mystère de Jeanne d’Arc car, croyez-moi bien, c'est là un beau mystère et mieux valait l'imputer au démon. Quant à moi, je suis bien incapable d'y faire passer une lanterne et mon seul souci aura été de vous faire remarquer que, comme il en va souvent des choses de ce monde, le mystère est souvent évident pour ceux qui sont informés des rites auxquels Jeanne se référait. L'une des plus robustes nourritures dont puisse se repaître l'ignorance, c'est la certitude que tout ce qui existe est explicable. 

 

En 1431, Jeanne a été brûlée à Rouen ; ses cendres ont été dispersées. C'était trop tard pour l'autopsie. On a eu, depuis lors, recours aux plus folles ressources de l'imagination, la plus folle bien sûr étant de supposer qu'elle n'avait point été brûlée. 

 

J'ose espérer que vous ne conserverez pas le sentiment que j'ai tenté ici de fournir une nouvelle explication du personnage de Jeanne. Il a passé tant de soleil et tant de pluie sur la place du marché de Rouen depuis que notre héroïne y a connu l'horreur de sa mort, depuis qu'elle a trouvé la paix du repos, qu'il faudrait être un bien habile historien pour prétendre déchiffrer un long message sur si peu de cendres. À travers les remparts de la nuit, il m'a simplement paru que je comprenais en quoi la plus part de nos contemporains croient qu'il y a un mystère. J'ai eu l'impression que je savais pourquoi ni Baudricourt, ni le Roi, ni le Connétable de Richemont, ni aucun haut seigneur du royaume n'a douté de la parole de Jeanne : elle affirmait qu'elle venait de Domrémy, leur parlait au nom de Marguerite, de Catherine et de Michel. Tout ce qu'elle disait était juste et parfait. Déjà, sur les champs de bataille, on entendait brailler les bouches à feu ; le canon était déjà là, la chevalerie s'en allait prendre sa retraite en forme de gisant. Cent ans plus tard à peine savait-on que les mots de Jeanne étaient justes et parfaits. On allait bientôt croire qu'il y avait un mystère dans la reconnaissance du Roi à Chinon. 

 

J'ai essayé de vous montrer qu'il n'y a, à mes yeux, de mystère que dans les circonstances où elle avait appris ces mots-là. Ce mystère-là ne peut pas être résolu, j'en suis certain. Il est du domaine de l'irrationnel. Il est un des mystères constitutifs de ce que nous appelons l'Histoire parce que nous savons profondément, secrètement, mystérieusement qu'il ne s'agit pas là seulement du temps passé.

Yann

BLOG DE YANN : UN ROMAN NATIONAL
LES LUMIÈRES DU PASSÉ

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Publié le par Jean-François Guerry
 LA FRATERNITÉ POUR NOUS SAUVER
Chères lectrices, chers lecteurs, je vais prendre quelques jours de vacances...
Avant de m'absenter je voudrais vous dire : Que chaque rencontre avec l'autre est un souhait, du simple bonjour souhaité naturellement, aux souhaits les meilleurs de chaque début d'année, en passant par les anniversaires et les fêtes souhaités régulièrement. Tous ces souhaits petits et grands sont des moments de joie pour celui qui les donnent et celui qui les reçoit. Ce sont tout simplement des gestes d'humanité envers les autres, qui sont différents de nous et un peu les mêmes à la fois. Ignorer l'autre, le mépriser, c'est nier sa dignité et la notre, c'est semer la haine et récolter la violence. Nous avons tous nos épreuves, les pierres de la fraternité nous permettent de construire une demeure accueillante pour tous. On ne peut vivre de puissance et de violence, seule la force de l'Amour fraternel peut tenir le monde debout, sans ce le ciment fraternel les pierres ne tiennent elles cèdent aux premières intempéries. Souhaitons-nous la paix, car c'est vouloir le bien de l'autre. Le spectacle désastreux des "Je" des egos de la démesure, doit cesser pour laisser place à la bienveillance sans faiblesse des "Nous" sinon nous ne serions que des bêtes pas des hommes. Je vous souhaite de faire le plein de joies avec vos proches et vos lointains, je nous souhaite à tous la paix sur la terre sans naïveté. Ne banalisons pas le mal. Emmanuel Levinas le philosophe de l'altérité, conçoit la séparation comme une rupture de l'unité. De l'unité bien sur dans la diversité, de l'unité qui n'est pas totalité et encore moins totalitarisme. Nous devons combattre contre l'ombre du totalitarisme qui veut recouvrir le monde et mettre fin à la fraternité. Ce combat est de notre responsabilité individuelle quand les états ont perdu le sens du commun. C'est à nous d'être des soldats de l'universel, à chacun de se construire et de rénover sans cesse l'éthique de notre personnalité. 

 

Jean-François Guerry.

 LA FRATERNITÉ POUR NOUS SAUVER
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LE PHARE EST UNE LUMIÈRE DE LA FRATERNITÉ

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Publié le par YANN
Étiquette Actu.

Étiquette Actu.

L’insoutenable légèreté de la dissuasion 

  "La guerre fait naître et mourir les États. Dans l’intervalle, elle ne cesse de peser sur leur existence" 

      Charles de Gaulle - Mémoires 

 

Au cours du 20ème siècle, la défense française a été conçue, à titre principal, pour faire face aux menaces extérieures représentées par l’Allemagne jusqu’en 1945, puis l’URSS jusqu’en 1989. La refondation gaullienne s’est effectuée autour du principe de l’indépendance nationale : "Il faut que le défense de la France soit française. Une nation comme la France, s’il lui arrive de faire la guerre, il faut que ce soit sa guerre", affirment les Mémoires. Ce principe s’est incarné avant tout dans la doctrine de la dissuasion du faible au fort, autour de laquelle a été réalisé le basculement d’une armée coloniale vers un système de défense moderne s’inscrivant dans trois cercles concentriques : la sanctuarisation du territoire national, la participation à la sécurité européenne à travers les forces françaises en Allemagne, les accords conclus avec les États issus de la colonisation. Dans le même temps la France consacra 4% du PIB en moyenne entre 1960 et 1980 à la reconstruction de l’outil militaire dont 40% environ furent affectés au nucléaire. 

La modernisation de la défense a incontestablement participé du redressement de la France. La capacité nucléaire indissociable du statut de membre permanent du Conseil de sécurité, fut un formidable démultiplicateur d’influence. La réaffirmation de l’indépendance nationale ne conduisit en rien à une position de neutralité et n’empêcha pas la France de se montrer un allié particulièrement ferme des États-Unis lors des crises de la guerre froide (U2, Cuba). Enfin fut construit un outil militaire performant sur le format d’une mini grande puissance, adossée à un complexe scientifique et industriel dynamique. Cela permit la constitution de pôles d’excellence au meilleur niveau mondial, tant sur le plan opérationnel (force sous-marine stratégique, groupe aéronaval, forces spéciales …) que sur le plan de l’armement (aéronautique et espace, missiles, guerre électronique …) 

Mais l’erreur cardinale a résidé dans le maintien du dogme de la dissuasion, dont il est régulièrement rappelé qu’elle reste le socle de la défense. Force est de constater que le fondamentalisme nucléaire repose sur une succession d’erreurs. La première résulte de la sous-estimation du niveau et de la nouveauté des menaces de l’après-guerre froide tragiquement mis en évidence par les avions-suicide du 11 septembre. La deuxième tient à la surestimation de la dissuasion, qui n’a joué aucun rôle dans les conflits majeurs qui ont éclaté et qui ne peut ni prévenir, ni même constituer une riposte crédible et efficace à la plupart des risques contemporains. La dissuasion n’engage que ceux qui y croient. Elle demeure pertinente pour couvrir les risques résiduels qui peuvent être maîtrisés par la dialectique nucléaire du fort au fou. Elle est de nul effet vis-à-vis des nouvelles menaces contournées par le bas avec la dissémination et la multiplication des acteurs et des formes de violences, au premier rang desquels le terrorisme. La troisième erreur consiste à pérenniser et universaliser les règles de la guerre froide dans un système international différent : les armes nucléaires, qui contribuèrent à la stabilisation du monde bipolaire, favorisent la déstabilisation du monde multipolaire, dans lequel la logique de leur emploi, en termes de miniaturisation et de furtivité, l’emporte sur la dialectique de la dissuasion. En bref, la garantie de sécurité offerte aux Français du début du 21ème siècle par la dissuasion nucléaire présente la même fiabilité que celle de la ligne Maginot en 1939.

Sur le plan stratégique, il devient urgent de repenser un système de défense qui cumule l'enfermement dans les concepts des années 60 et les conséquences du désinvestissement militaire massif au profit de l'Etat-providence depuis la décennie 80

 

LE BLOG DE YANN L'IMPERTINENT PERTINENT
LA REDOUTABLE LUMIÈRE

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Publié le par Jean-François Guerry
DE LA NÉCESSITÉ D’UNE BÉQUILLE POUR PASSER DE L’AVOIR À L’ÊTRE.

DE LA NÉCESSITÉ D’UNE BÉQUILLE POUR PASSER DE L’AVOIR À L’ÊTRE.

 

                           Il faut que les pensées d’un homme soient la maison où il habite.

 

                                                                                       SÆREN KIERKEGAARD.

 

 

J’ai décidé, je ne sais pas quand, je sais à peine pourquoi, de prendre la voie du bien plutôt que celle du mal. Mais je sais aujourd’hui comment, il existe plusieurs voies à chacun la sienne. J’ai choisi la voie du bien peut-être pour sa difficulté, peut-être aussi un peu à cause de ce fameux libre arbitre, revendiqué comme une singularité mais aussi comme une forme d’orgueil, du je suis capable de… ! Ce libre arbitre plus facile à mettre en avant, quand on est né dans le 7ème ou 8ème arrondissement de Paris, que sur le trottoir de Manille comme le dit le chanteur…En effet quand on part sur la route de la vie avec un héritage social, culturel, il est plus facile de choisir le bon chemin.

J’ai donc choisi, par circonstance, par envie et un peu humblement par intuition de tourner mon regard humblement dans la direction de ce que croyais au fond de moi être le bien. Des mes premiers pas hésitants, les yeux voilés par ce bandeau de l’impartialité, j’ai reçu et entendu l’injonction qui m’était faite de fuir le vice et pratiquer la vertu, ce fut pour moi, comme pour beaucoup d’entre-nous une évidence. Cette douce habitude de faire autant que possible le bien est pour le Franc-maçon le simple accomplissement de son devoir et n’en fait donc pas un héros. Mais un Frère reconnu par les siens ‘POUR’ tel !

Dire le bien, le penser me direz-vous c’est facile, enfin presque au regard de ce que l’actualité nous réserve de mauvaises surprises, certains disent le mal d’une manière si naturelle, sans vigilance nous pourrions nous laisser abuser. L’histoire a démontré comme l’a bien dit Hannah Arendt ‘La banalité du mal’. Ce mal, qui a surpris, meurtris des millions d’êtres humains : des enfants, des femmes et des hommes innocents. Sous les yeux incrédules de millions d’autres qui avaient choisi les Camps du bien ou les Vallées de l’Amour. Ce mal qui : pour triompher n’a besoin que de l’inaction des hommes de bien,selon Stuart Mill. Saurons-nous, nous en souvenir ?

Facile me direz-vous de moraliser, de mettre une couche épaisse de moraline puis tourner les yeux ailleurs et continuer son chemin sans rien dire et rien faire.

Après tout nous ne sommes pas des Saints, des sauveurs ou des héros du bien, mais le plus souvent de simples hérauts des proclamateurs professionnels et solennels. De pâles imitateurs des sages et des justes faiblement éclairés par ceux-ci dans notre vie.

Et puis même l’on constate que proclamer sans cesse, demander sans cesse conduit à l’essoufflement de nos pensées.

Il est temps de passer à l’action, de commencer la pratique du bien de la vertu. Commencer, c’est, s’initier.  S’initier au bien humblement réparer, rénover, retisser le manteau du bien pour qu’il recouvre nos épaules et celles de nos sœurs, de nos frères et de notre parenté humaine.

En s’interrogeant toujours face au redoutable tribunal intérieur de notre conscience, suis-je dans le bien ? Suis-je toujours dans l’Amour du principe d’unité créateur et de l’Amour des hommes. Seul moyen de parvenir sans céder à l’hubris à l’harmonie des grecs l’àpuovia.L’harmonie pythagoricienne, pour battre la bonne mesure il nous faut nous souvenir de l’oracle de la pythie rien de trop. Être dans cette voie de la médiété entre rigueur de l’équerre et ouverture du compas, entre Ordre et Amour. C’est là que se dévoile la voie maçonnique qui va nous permettre boiteux de la vie que nous sommes, ni nu ni vêtu, mal chaussé un pied nu l’autre dans une simple sandale et la poitrine offerte au glaive. D’avancer dans les ténèbres grâce à la main qui nous guide vers la Lumière… Et grâce au rite initiatique véritable béquille, support qui guide nos pas nous évitant de tomber du mauvais côté de la voie pavée noire et blanche de notre vie.

Parfois soyons honnêtes malgré notre long parcours, nous sommes encore sous le joug de notre ego qui semble indestructible. Nous sommes persuadés d’une forme d’accomplissement, sensibles au vertige de la hauteur au sommet de l’échelle. C’est oublier notre condition humaine et nos frères, c’est oublier que nous avons toujours à nous perfectionner. C’est pourquoi la béquille du rite est toujours utile.

                                            Jean-François Guerry.

 

Note : Ce mot de béquille, cette image m’a été suggérée par Àgnes Heller philosophe hongroise juive qui naquit en 1919 dans une famille de la petite bourgeoisie de Budapest. Chassée de l’école publique par les lois antisémites du régime Horty en 1939. Son père avocat installé à Vienne fut déporté à Auschwitz et assassiné par Eichmann. Ayant perdu toutes les personnes qu’elle aimait elle survécut par hasard et s’engagea dans le sionisme, puis adhéra au communisme par commodité. S’en détourna face au totalitarisme stalinien. Elle connut bien des désillusions y compris l’invasion des chars russes. Elle enseigna à Melbourne en 1977 l’histoire de la philosophie, puis en 1984 à New-York où elle occupa la chaire de la célèbre Hannah Arendt se lia d’amitié avec Foucault et Derrida. À la chute du mur elle renoue avec Budapest. Elle livra son dernier combat contre le gouvernement de Orban, elle est décédée en 2019.

Après plusieurs années de philosophies et de combat elle constate que derrière les masques des idéaux et leurs promesses on ne trouve en définitive que des dispositifs de pouvoir et des structures de domination. Les grandes abstractions ne sont rien d’autres que les masques des intérêts (c’est ce qu’écrit Gilles Achache son préfacier et traducteur dans une Éthique de la personnalité une œuvre majeure.)

Elle délivre néanmoins un message d’espérance, elle croit à l’existence de personnes justes et bonnes, des personnes qui ont choisis le bien. Des personnes qui font régner l’harmonie du bien. Elle écrit confiante dans l’éthique de la personnalité : Si la vie « bonne » est quelque chose que chacun se fabrique désormais pour lui-même, comme le veut la vie moderne, la position d’autorité du philosophe ne saurait être qu’un mensonge – et même pire un mensonge ennuyeux. [1] Toute analogie avec l’initiation maçonnique est peut-être pertinente ?

  Dans l’éthique de la personnalité, l’on peut lire sous la plume Heller, quelle à relu le Tractacus logico-philosophique de Wittgenstein : Mes propositions éclairent en ceci que celui qui me comprend reconnaît à la fin comme des non-sens, lorsque passant par-dessus-elles-, il les a surmontées. (Il doit pour ainsi dire rejeté l’échelle après y être monté.)

« Il doit dépasser ces propositions alors il voit le monde correctement- ce dont on ne peut rien dire, il faut le faire. »

Heller après cette lecture de Wittgenstein écrit : La métaphore de l’échelle me rappelle Johannes Climacus. Celle de la béquille est moins ambitieuse ; c’est pourquoi elle a ma préférence. Jeter ses béquilles n’est pas un geste aussi définitif que de rejeter une échelle. On peut toujours ramasser la béquille ou en prendre une autre, mais si l’on a rejeté une échelle, on est enveloppé, dans son propre silence. Or je veux rester entourée de mes compagnons…

 

Petit commentaire non exhaustif : Johannes Climacus le conte de Soeren Kierkegaard dont le sous-titre est, il faut douter de tout. Peut se lire à plusieurs niveaux. Le doute constructif propose de remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier, la montée et la descente permanente de l’échelle est aussi la montée et la descente le long du fil à plomb. On notera que Johannes Climacus Jean-Climaque est un pseudo de S. Kierkegaard.  

 

[1] Àgnes Heller – Une éthique de la personnalité- Page 43 – Traduction de l’anglais de Gilles Achache. Éditions Calmann Levy.

LA LUMIÈRE DU RITE

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COMME OU POUR.....

FRANC-MAÇON  ? 

RÉFLEXION : Comme ou Pour…

C’est la remarque pertinente de Ph, un lecteur habituel du Blog qui m’amène aujourd’hui à réfléchir sur une des réponses de l’instruction maçonnique au 1er degré. Réponse de l’apprenti maçon pleine d’humilité qui répond à une demande de reconnaissance, d’appartenance à l’institution, au corps maçonnique, plus précisément à l’Ordre initiatique. Mes Frères me reconnaissent comme ou pour tel. Voici la remarque de Ph :

En ce qui me concerne, je ne veux pas être reconnu "comme tel", je ne suis pas un mouton ; je veux être reconnu "pour tel" ! 

La nuance entre ces deux expressions est d’une importance capitale, et les pères de nos rituels la connaissaient bien. Pourtant, la très grande majorité des maçons utilise la première expression ("comme tel"), sans doute parce qu’ils l’ont toujours entendue et n’y ont jamais réfléchi. 

Ton expression reflète le dogme dans toute sa splendeur, comme si l'on devait être "comme celui qui pense bien, qui pense juste" (une forme de bien-pensance très prégnante actuellement), alors qu’à l’inverse, si les frères me reconnaissent "pour tel", ils me reconnaissent comme un franc-maçon à part entière, un maçon qui possède son propre libre arbitre, sa liberté de penser, y compris autrement que le troupeau. Nous ne sommes alors plus dans le panurgisme de l’autre expression erronée.

 

COMME OU POUR.....
COMME OU POUR.....
COMME OU POUR.....
COMME OU POUR.....
COMME OU POUR.....
Avec ma demande d'excuse "pour " cette présentation bizarre de mon texte problème d'informatique !!

 

La lumière qui éclaire la pensée

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5èmes RENCONTRES MAÇONNIQUES DE KERDRÉAN À AURAY/BREC'H MORBIHAN
MARIE-DOMINIQUE MASSONI

MARIE-DOMINIQUE MASSONI

Marie-Dominique Massoni

                                        Écrivaine, poète, collagiste 

 

 

LA PIERRE ET L'ÉTOILE
Charles-Bernard Jameux

Charles-Bernard Jameux

Charles-Bernard Jameux.

Poète, écrivain, collagiste.

L'AUTEUR TÉMOIGNE
Patrick Lepetit

Patrick Lepetit

Patrick Lepetit

Écrivain, poète, collagiste, peintre.

LA COUR DU SOLEIL

BULLETIN D’INSCRIPTION

 

NOMBRE DE PLACES LIMITÉ. RÉSERVEZ DE SUITE !!!

 

 

Les Rencontres Maçonniques de Kerdréan

 

   Le Mercredi 16 Avril 2025

 

     De 10 h 00 à 17h 00

Brec’h 56400 salles de la ZA du Mané salut

Le Thème de la journée

« Surréalisme et Franc-Maçonnerie »

Tarif unique par personne

 

Journée complète : Les Conférences et Repas :  27 €

Règlement par chèque ordre Association Les Mégalithes chez Mr Jean-François Guerry 18, Rue de la Monnaie 35000 RENNES.

Règlement par virement : Titulaire Association Regroupement Éthique des Anciens Amis des Mégalithes. Banque Crédit Agricole Auray.

RIB : IBAN : FR76  1600  6020  2100  8346  9963  008    BIC : AGRIFRPP860

DATE LIMITE DE RÉSERVATION ET PAIEMENT 10 AVRIL 2025

Contact Jean-François Guerry : Tél : 06 16 82 73 16. De préférence par SMS

 

Mail : Réservations

rencontresmaconniqueskerdrean@gmail.com

 

…………………

NOMBRE DE PLACES LIMITÉ

 

 

Sociologie du Surréalisme.

 

Dans les pas et les mots de Norbert Bandier. La sociologie du surréalisme a été mise en pages dans l’ouvrage de Norbert Bandier : Sociologie du surréalisme 1924-1929. Éditeur La Dispute 1999. Norbert Bandier décrit le symbole d’une véritable révolution artistique que fût le surréalisme en 1924 à partir du texte canonique et fondateur du groupe Manifeste du surréalisme que propose André Breton la même année qui présente ce projet esthétique, philosophique qui commence ainsi : Tant va la croyance à la vie, à ce que la vie a de plus précaire, la vie réelle s’entend, qu’à la fin cette croyance se perd. À la suite de cette parution le surréalisme fait irruption dans la société et étend son champ avec la revue La révolution surréaliste. L’aventure commence par un hommage à Picasso, parfois contesté, en cette même année 1924 le violent pamphlet : Le Cadavre, rédigé par Philippe Soupault, Paul Eluard, Pierre Drieu la Rochelle, Joseph Delteil, André Breton et Louis Aragon à l’occasion du décès d’Anatole France l’un des symboles de la littérature dominante « Classique ». Scelle l’apparition et l’affirmation d’un nouveau groupe d’avant-garde s’opposant au conservatisme littéraire établi. André Breton écrit : Chère imagination ce que j’aime surtout en toi, c’est que tu ne pardonnes pas.

Le seul mot de liberté est tout ce qui m’exalte encore. Je le crois propre à entretenir, indéfiniment, le vieux fantasme humain. Il répond sans doute à ma seule aspiration légitime. Parmi tant de disgrâces dont nous héritons, il faut bien reconnaître que la plus grande liberté d’esprit nous est laissée. A nous de na pas en mésuser gravement. [1]Il poursuit à propos de l’imagination : Il convient d’y voir, avant tout, une heureuse réaction contre quelques tendances dérisoires du spiritualisme. Enfin, elle n’est pas incompatible avec une certaine élévation de la pensée.

Par contre, l’attitude réaliste inspirée du positivisme, de Saint-Thomas à Anatole France, m’a bien l’air hostile à tout essor intellectuel et moral. Je l’ai en horreur…[2]

Au-delà du sort critique réservé au positivisme, la richesse du mouvement surréaliste se dessine par sa singularité, son aptitude à faire dialoguer plusieurs espaces sociaux esthétiques ou non qui fonctionnaient jusqu’alors en espaces clos : littérature et arts plastiques, musique et philosophie, politique et science.

Norbert Bandier décrit les notions d’acceptabilité, le surréalisme rencontre son public. La mise en œuvre par le lecteur du processus d’appropriation symbolique qui lui permet de percevoir comme poétique l’emploi des mots proposés.

On notera également l’engagement du groupe surréaliste non pas seulement sur le plan esthétique, mais aussi éthique et révolutionnaire. On peut voir les engagements politiques des membres contre la guerre du Rif, l’exposition coloniale, le fascisme, le franquisme ainsi que les liens tissés avec le parti communiste. Vous découvrirez peut-être aussi les liens avec la Franc-maçonnerie, au cours de cette journée de conférence. Charles-Bernard Jameux un des derniers surréalistes à avoir connu André Breton, rejoindra la Grande Loge de France et la Loge Francisco Ferrer,[3] une autre Loge, la célèbre Loge Thebah compta pour membres de nombreux surréalistes comme le témoigne le texte qui suit repris dans le Catalogue de l’exposition Le Château étoilé et la parole perdue qui a eu lieu en 2024 au Musée de la Franc-maçonnerie du GODF rue Cadet à Paris. Exposition où notre conférencière Marie-Dominique Massoni et nos conférenciers Charles-Bernard Jameux et Patrick Lepetit des Rencontres Maçonniques de Kerdréan ont participés en tant qu’organisateur, curateur ou et exposant, démontrant à la fois la richesse passée du surréalisme et sa vitalité qui ne s’estompe pas.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

Texte commenté d’André Breton : L’imagination est peut-être sur le point de reprendre ses droits. Si les profondeurs de notre esprit recèlent d’étranges forces capables d’augmenter celles de la surface, ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter, à les capter d’abord pour les soumettre ensuite, s’il y a lieu, au contrôle de notre raison. (…) Pourquoi n’attendrais-je pas de l’indice du rêve plus que je n’attends d’un degré de conscience chaque jour plus élevé ? Le rêve ne peut-il être appliqué, lui aussi, à la résolution des questions fondamentales de la vie ? (…) Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l’on peut ainsi dire. C’est à sa conquête que je vais, certain de n’y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supporter un peu des joies d’une telle possession. (Est-il abusif de voir là une analogie avec l’initiation maçonnique, la recherche de la Lumière, de la Vérité, de la Parole perdue au fond de notre mémoire. Sommes-nous des Rêveurs, naïfs, créateurs d’utopie humaine ? André Breton nous rapporte que le poète Saint-Paul Roux de Camaret là ou l’endroit finit la terre ‘Finis Terrae’ faisait placer chaque jour à la porte de son manoir avant de s’endormir un écriteau sur lequel on pouvait lire :  Le poète travaille.

 

Sources : *Norbert Bandier Sociologie du surréalisme 1924-1929 Éditions La Dispute.1999.

 *Isabelle Charpentier Université de Saint-Quentin en Yvelines CARPO-CSE une critique du livre de Norbert Bandier.

* André Breton Manifeste du surréalisme.

 

[1] André Breton- Manifeste du surréalisme- Page 14 – Éditions Folio essais Gallimard.

[2] Ibid Page 16.

[3] Francisco Ferrer – Libre penseur, Franc-maçon, pédagogue, libertaire espagnol condamné par le clergé catholique et fusillé le 13 octobre 1909 à Montjuïc.

VU DANS LE CATALOGUE DE L'EXPO LE CHÂTEAU ÉTOILÉ ET LA PAROLE PERDUE.
5èmes RENCONTRES MAÇONNIQUES DE KERDRÉAN À AURAY/BREC'H MORBIHAN
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LA LUMIÈRE DES RÊVES

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Publié le par Jean-François Guerry
LE CABINET DE REFLEXION MORALE

LE CABINET DE REFLEXION MORALE

 

L’INITIATION MAÇONNIQUE ET LA RÉFLEXION MORALE

 

 

 

Peut-on faire une relation entre l’initiation maçonnique et la réflexion morale ?

Cette réflexion qui partage avec l’éthique et la philosophie morale, cette volonté de rendre compréhensible intelligible tous les aspects de l’action humaine. C’est-à-dire de faire une alliance entre nos pensées et nos actions. Penser notre vie, le monde, notre rapport aux autres notre socialité, notre capacité à vivre avec les autres, de tisser des liens entre les hommes. Dépasser l’évidente dualité, pour tendre vers l’absolue, l’infinie unité, créer de l’universel, effacer au maximum les traces de la banalité du mal, la transformer en banalité du bien. Faire du bien une douce habitude naturelle et non un effort. Ce n’est pas nier le monde tel qu’il est, et sa dualité bien mal. Mais c’est penser et agir, pour diminuer le mal augmenter le bien, grâce à la rectitude de l’équerre et l’ouverture du compas en s’appuyant sur la Tradition. Cette réflexion morale permanente, sur toutes les choses de notre vie, tous nos actes c’est défendre la justice et l’équité, mettre en avant notre responsabilité envers les plus faibles. C’est faire de l’altérité, une inquiétude, une intranquillité permanente, faire du fraternel extrémité sublime que l’on appelle l’Agapè.

Nicolas Poussin 1649. La Justice de Salomon Musée du Louvre Paris. Livre des Rois 3. Salomon siège entre 2 colonnes ( Justice et Équité ?) Qui est dans la chaire du Roi Salomon ( Le VM ? ) Les deux bras écartés de Salomon (Symbole de la Balance) La vraie mère de l'enfant les bras écartés (Symbole de la déesse protectrice de l'Égypte ancienne)

La réflexion morale est donc un instrument indispensable des Sœurs ou des Frères qui veulent être reconnus comme tels. Elle est plus qu’instrument intellectuel, elle est un exercice spirituel quotidien.

Est-ce difficile ? Est-ce redoutable de confronter en permanence nos idées, nos réflexions, nos actions à notre réflexion morale, ou est-ce l’accès à notre liberté. C’est déposer avec sincérité à la barre de notre tribunal intérieur, face à notre conscience. Comment trouvez la force, le courage d’affronter sans cesse la réalité, la Vérité ? Où trouver cette Lumière qui régénère sans cesse ?

Au-delà des mots, derrière les mots, pour guider notre action. Moïse Maimonide répond à cette question : Cette perle que tu cherches est la signification intime de chaque mot.

Elle existe, elle est unique mais tu ne la vois pas.

Tu ne sais pas où elle est.

La lumière qui grandira en toi par ton intelligence, ta foi, ton travail t’éclairera, et tu la découvriras.

En avons-nous humainement la Force, où faut-il demander l’aide du Grand Architecte de L’Univers ? Le Livre des Rois nous apporte une réponse : Le Seigneur se montre à Salomon pendant la nuit, dans un rêve. Il lui dit : « Demande-moi ce que tu veux, je te le donnerai… (Salomon fils de David répond) Mais moi je suis très jeune, je ne sais pas encore me conduire…donne-moi donc un cœur intelligent pour gouverner ton peuple et distinguer le bien et le mal… (Le Seigneur répond) « Tu n’as pas demandé la richesse, ni la mort de tes ennemis. Mais tu as seulement demandé de savoir juger, pour gouverner avec justice. Puisque tu as demandé cela, je vais te donner ce que tu as demandé : un cœur sage et intelligent. »

N'est-ce pas l’interrogation du profane, qui au milieu de sa vie frappe à la porte du Temple à la recherche de la Lumière et désireux de donner un sens et du sens à sa vie. C’est dans le cabinet de réflexion que commencera sa réflexion morale, dans le silence des ténèbres, il verra briller la petite lumière qui brille, et annonce le dévoilement de la Grande Lumière à l’Orient au point du jour au chant du coq. C’est lumière qui annonce l’ouverture des travaux de l’esprit. C’est-à-dire ces exercices spirituels de formation et d’application, cette réflexion morale qui va guider et éclairer les multiples aspects de l’action humaine.

 

                                    Jean-François Guerry.

KHARKIV - UKRAINE- Sous les bombes Russes. Étiquette Journal L'Express

KHARKIV - UKRAINE- Sous les bombes Russes. Étiquette Journal L'Express

RÉFLEXION MORALE DU JOUR - SANS AUCUN RAPPORT AVEC L'ACTUALITÉ. VRAIMENT ?

 

Le mal pour triompher n'a besoin que de l'inaction des hommes de bien. - Stuart Mill.
L’INITIATION MAÇONNIQUE ET LA RÉFLEXION MORALE

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