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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Thierry Didier
Les espaces liminaires au 1er degré du Rite Thierry Didier Part II
Photo de flor050881 sur Unsplash

A

utant le grade est l’objectivation d’un degré, autant les seuils n’ont de « compte à rendre qu’à eux même ». Ils appartiennent au candidat et non au rite, rite qui se contentera d’en gérer les atours. Si l’on admet cette progression en degrés comme étant sériée et linéaire, en plus de cette construction « horizontale » émergeront des moments « transversaux » du rite de passage, structurés autour de 3 temps, à savoir :  1°) La séparation de l'individu par rapport à son groupe. 2°) La liminarité, ou effet de seuil, que l’on va développer plus avant, c’est-à-dire la période du rituel pendant laquelle l'individu n'a plus son ancien statut et pas encore son nouveau statut. Et enfin 3°) La réincorporation, c’est-à-dire le retour de l'individu parmi les siens avec un nouveau statut.

Premier temps : La séparation, qui n’est pas une coupure absolue :  elle marque simplement un écart, une distinction du candidat par rapport à ce qui l’entoure, afin de lui faire vivre pleinement l’initiation sans affecter son intégrité. En fait, la séparation a pour but de délier le candidat des contraintes culturelles qui pourraient entraver sa transformation (par exemple, son métier, sa religion, son idéologie).  Si l’effet de seuil caractérise une séparation, c’est qu’il définit un passage qui est tout sauf une coupure ou un clivage entre 2 épisodes de la cérémonie. Cet effet de seuil permettra les zones de passage et se justifiera afin de donner de la souplesse, de la mobilité à cette résistance, à cette raideur qu’a toujours un candidat à se départir de sa zone de confort, car ce qui est nouveau est par nature inquiétant.

Il s’exposera alors à un autre seuil, ce mécanisme liminaire se passant autant de fois que nécessaire pendant la cérémonie. En fait, la séparation permettra à l’initié de s’individualiser, mais aussi aux frères initiateurs de ne pas être influencés par l’enveloppe médiatique dudit profane, quel que soit l’empreinte qu’il ait dans la vie quotidienne. Le travail d’abandon des métaux se devra donc d’être effectif aussi pour les frères initiateurs, à savoir, par exemple, ne pas surprotéger quelqu’un perçu, à tort ou à raison, comme fragile, ou ne pas être extatique devant une trop forte personnalité. Nous savons trop combien en franc-maçonnerie le culte de la personnalité est une déviance majeure des loges « malades » …

Des éléments séparatistes rituels se manifesteront, afin de renforcer la personnalité du candidat et d’éviter ces déviances : par exemple l’individualisation des questions de confiance, des requêtes et des volontés des initiateurs face au candidat : il sera en effet demandé plusieurs fois audit candidat s’il souhaite poursuivre son initiation : en plus de se voir confirmée, cette interrogation circonscrira le candidat, elle renforcera le fait que celui-ci demeure unique et singulier. L’individualisation du candidat passera aussi par la distinction posturale (pantoufle, bandeau, claudication, torse dévêtu etc…). Quand la séparation sera effective, le candidat plongera alors dans la phase intermédiaire, eaux troubles s’il en est, où il sera accompagné en permanence par le rituel, qui qualifiera toujours et de façon évolutive le « franchisseur » de ce seuil, à savoir le candidat, puis le postulant, récipiendaire, etc…

 

Deuxième temps : La liminarité est un moment crucial du rituel. C'est une étape transitionnelle caractérisée, en milieu profane, par son indétermination. Le rituel maçonnique, qui est didactique, se devra de limiter, chez le candidat, cette indétermination, ce vide qui se manifeste, lors de la cérémonie d’initiation par des « vagues » de sentiments divers, propres à éventuellement submerger ledit candidat. La meilleure façon de gérer un espace liminaire sera de le nommer : il perdra ainsi son caractère singulier pour s’inscrire dans un fil qui va inciter le myste à évoluer. De plus, c’est uniquement à ce grade d’apprenti que les différents « effets de seuil » seront nommés distinctivement, sans doute parce qu’il s’agit avant tout ici de « protéger » le novice des épreuves qu’il subira, en lui maintenant une certaine intégrité physique, morale et psychologique. A tous les autres degrés du rite, lors de la cérémonie d’initiation, ces espaces liminaires existeront aussi, bien entendu, mais on estimera alors que cette protection par le nom ne sera plus utile, et que donc les passages de statut pourront être vécus sans encombre. Au sens large, le terme espace liminaire est utilisé pour décrire un lieu ou un état de changement ou de transition ; cela peut être physique (par exemple une porte) ou psychologique (par exemple l’adolescence, un deuil, une naissance, etc…).

L’imagerie graphique, sur Internet par exemple, représente souvent ces espaces liminaires comme des lieux de transition (tels que des cages d’escalier, des routes, des couloirs ou des hôtels) troublants et dépourvus de personnes. Cet entre-deux est profondément troublant pour un profane, car il se situe alors dans un milieu intermédiaire, où il peut avoir le sentiment d’une déshumanisation. Le sentiment réalisé par le témoin sera celui de l’« étrangeté », c’est-à-dire d’un jugement posé qui poussera la personne à se mettre en retrait, c’est-à-dire à se protéger d’une forme de solitude intérieure susceptible de la perturber.

En fait l’espace liminaire est un point fragile dans l’évolution de l’humain, car il s’insère entre les 2 pôles de notre dualité constitutionnelle. Or nous n’avons ni la chair, ni l’esprit à pouvoir habiter cet endroit intermédiaire. C’est là toute la subtilité du rituel de la cérémonie d’initiation au 1er degré, où le novice n’est jamais laissé « sans dénomination », ce qui le structure et l’aide à passer ces moments particuliers que sont les seuils. Si l’espace liminaire angoisse, c’est parce qu’il est désincarné et générateur de névrose, c’est-à-dire qu’il favorise une forme de décalage entre qui nous sommes et ce que nous faisons. Ce sera toute la gageure de la cérémonie d’initiation, de savoir lier intimement des univers distincts, symboliques et matériels, afin de rasséréner et de sécuriser le myste.

Fondamentalement, le mot « seuil » désigne, en latin, le plancher, la base, le fondement. Il signifie « début de quelque chose » ou « limite permettant le passage à un autre état ». Dans la nature, les transitions sont progressives, parce que l’individu se fond dans le décor et l’effet de seuil est donc pratiquement inexistant. Dans la nature, cette unicité structurelle empêche donc les à-coups puisque nous et notre environnement appartenons à une même mouvance. Par contre, lorsque cette limite est instaurée artificiellement, comme dans la méthode rituélique du rite, les étapes participeront à un indéniable effet de seuil.

L’approche pédagogique que prônera le REAA installera des normes nécessaires, qui ne seront pas forcément universelles, mais qui colleront au plus près à l’esprit lacunaire d’un initié. Ces normes seront artificielles, dans son sens latin artificialis, « conforme à la bonne méthode ». C’est ce petit différentiel entre l’expérience personnelle éprouvée par un candidat Lambda et la nécessité de la généraliser à tous, qui créera un décalage que matérialisera cet inévitable seuil. Le seuil consistera alors en une « réappropriation », un réglage du myste par rapport à ce qu’il vient de vivre. Cette réappropriation sera indispensable, afin de permettre, dans les meilleures conditions, la poursuite harmonieuse de l’initiation.

Il n’y a, en effet, qu’un seul rituel, face à potentiellement une infinité de personnalités possibles. Ainsi, pour rendre ce rituel plus généraliste, plus universel et adaptable à chacun, la seule technique sera d’utiliser un texte universel, mais dont l’acutesse et la puissance se lisseront et s’adapteront à chacun grâce à la multiplicité des seuils. Clairement, plus le rituel sera, en quelque sorte, morcelé, égrené, ventilé, moins l’impact de chacune de ces parties sera violent : c’est ce à quoi vont servir les différents seuils : la nature du message ne changera pas, seule la distribution des formes et des actions adoucira la perception qu’en aura le candidat.

Thierry Didier À SUIVRE 

Première partie de la réflexion de Thierry Didier parue le Jeudi 2 octobre sur le Blog.
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courrierlafmaucoeur@gmail.com

LIVRE DE THIERRY DIDIER

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