Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
UN PAS DE PLUS VERS LA LIBERTÉ

UN PAS DE PLUS VERS LA LIBERTÉ !

Un pas de plus, un pas vers la Liberté, je vous propose la lecture de ce beau poème, suivi d’une réflexion sur la Liberté, la véritable Liberté, la Liberté intérieure conquête de notre volonté. Les paroles de vérité de Nelson Mandela sont une bonne introduction à ce poème et un pas de plus vers la Liberté intérieure, celle qui brille dans les yeux de mon Frère.

JF.

 

Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela

Un long chemin vers la liberté

 

« J’ai toujours su qu’au plus profond du cœur de l’homme résidaient la miséricorde et la générosité. Personne ne

naît haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion.

Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car

l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire.

Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur

d’humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me

permettre de continuer.

La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher, mais qu’on ne peut jamais éteindre. Un homme qui prive

un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, il est enfermé derrière les barreaux des préjugés et de

l’étroitesse d’esprit. Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté, tout comme je ne suis

pas libre si l’on me prive de ma liberté.

L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. Quand j’ai franchi les portes de la prison,

telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. Certains disent que ce but est atteint. Mais je sais

que ce n’est pas le cas. La vérité, c’est que nous ne sommes pas encore libres ; nous avons seulement atteint la

liberté d’être libres, le droit de ne pas être opprimés.

Nous n’avons pas encore fait le dernier pas de notre voyage, nous n’avons fait que le premier sur une route plus

longue et difficile. Car être libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui

respecte et renforce la liberté des autres. La véritable épreuve pour notre attachement à la liberté vient de

commencer ».

 

(Nelson Mandela)

UN PAS DE PLUS VERS LA LIBERTÉ

Vu sur GADLU INFO : Un pas de Plus…..

 

Ultreïa … un pas de plus ! est un poème de ma composition !

Ultreïa (du latín ultra -au-delà- et eia, interjection évoquant un déplacement) est une expression de joie du Moyen Âge, principalement liée au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ce salut de ralliement des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle signifie : aller plus loin, plus haut. C’est l’expression du dépassement physique et spirituel.

 

Le Blog à ne pas manquer

www.gadlu.info.

UN PAS DE PLUS VERS LA LIBERTÉ

 

La liberté, signifie la responsabilité. C'est pourquoi la plupart des hommes la craignent.
( G.B.Shaw)

 

La liberté est-elle possible?

 

Il est étrange qu'à une époque où l'on ne parle que de liberté, on nie couramment l'existence même de cette liberté. Il est plus étrange encore que cette négation de la liberté vienne spécialement de cette science moderne qui se glorifie d'avoir proclamé le droit à toutes les libertés.

Les philosophes modernes ne se gênent pas non plus pour nier la liberté humaine. La liberté de la volonté, selon eux, n'existe tout simplement pas. L'homme n'est qu'un animal supérieur dans la chaîne des animaux. La liberté dont on parle tant n'est qu'une grande illusion. L'homme n'a pas d'âme spirituelle et immortelle, et forcément, la volonté libre n'existe pas. L'homme est un machine plus compliquée que les autres machines animales; il n'est qu'un faisceau de tissus et de nerfs, un cerveau plus développé, avec des déterminismes sociaux, familiaux et individuels qui dictent la trajectoire de la vie. Au bout de la ligne, l'être humain ne peut être responsable de ce qu'il est, car ce qu'il est et ce qu'il sera, est déjà pré-déterminé.

1. Peut-on définir la liberté ?

Il est difficile de parler de la liberté.«Quand on se demande quelle est l'essence de la liberté, on est incliné à en faire une propriété, une qualité de l'homme. Ainsi on dira: c'est un fait que l'homme est libre. Mais la liberté ne peut être un fait, ni une qualité, ni une propriété» écrit Louis Lavelle. La véritable liberté ne peut être expérimentée que de l'intérieur. La liberté nous renvoie dans le domaine de l'existence concrète, et il nous faut accepter constamment la déception de ne jamais pouvoir dire adéquatement: la liberté, c'est ceci ou cela. Alain ne disait-il pas un jour que «dans le moment que l'on va choisir, on découvre que le choix est déjà fait».

Le langage populaire affirme cependant que la liberté, c'est l'absence d'entrave et de contrainte. Les entraves ou les contraintes peuvent être de deux catégories: elles sont extérieures d'une part, intérieures d'autre part. Celui à qui les policiers viennent de passer les menottes dira qu'il vient de perdre sa liberté. Celui qui est enfermé depuis dix ans derrière les barreaux pour un crime commis, affirmera qu'il est privé de liberté depuis plusieurs longues années. Le jeune homme empêché de sortir le soir avec ses amis, à cause d'une bévue familiale ou scolaire, crie son manque de liberté. La liberté est vue ici comme l'impossibilité de se déplacer, d'aller d'un endroit à un autre, comme bon lui semble.

Dietrich Bonhoeffer, théologien protestant exécuté par les nazis en 1945 nous donne une toute autre notion de la liberté. Après un bref séjour aux États-Unis, il est arrêté en avril 1943 pour avoir participé au mouvement d'opposition à Hilter dirigé par von Stauffenberg. Il est pendu deux ans plus tard, laissant une Éthique (inachevée) et des lettres de prison (Résistance et soumission) absolument exceptionnelles, publiées en 1951. La prison n'enleva jamais la liberté au théologien allemand: elle lui enleva seulement son pouvoir de se déplacer où il voulait. Il avait bien compris que la liberté était toute intérieure et qu'elle ne consistait pas dans l'absence de contraintes extérieures. Il avait compris qu'il y avait une foule de gens qui peuvent aller où ils veulent, mais qui, dans les faits, ne sont pas des fils et des filles de la liberté. Il avait compris que beaucoup de gens se pensent libres, mais qu'en réalité, ils sont les esclaves, les enchaînés du monde moderne.

Les plus belles pages sur la liberté que je connaisse ont été écrites par un homme qui a passé les dernières années de sa vie derrière les barreaux, et qui, aux yeux des hommes, avaient perdu sa liberté. Bonhoeffer, contraint de ne plus se déplacer là où il le voulait, avait compris que les entraves extérieures ne peuvent pas détruire sa faculté de volonté libre. Les barreaux, les privations, les coups de fouet, les mépris et les humiliations ne pouvaient pas atteindre sa volonté. Sa captivité lui a permis d'écrire ce qu'il n'aurait sans doute pu jamais écrire. Il écrivit sur ce qu'il avait de plus précieux: sa propre liberté. Aux yeux des autres, la liberté lui avait été confisquée. A ses propres yeux, il l'avait plus que jamais retrouvée.

La liberté n'est donc pas liée aux entraves ou aux contraintes extérieures. Elle est cette capacité de donner ou de refuser le consentement intérieur. Toute la question est là: l'être humain est-il libre intérieurement ? Est-ce possible que l'être humain soit lié par d'autres forces déterminées qui l'empêchent de choisir librement ses actions ou ses pensées, qui l'empêchent de se réaliser comme être humain libre ? Autrement dit, est-ce que la volonté humaine, éclairée par la raison, possède le pouvoir de choisir l'action à faire ou à poser, possède la capacité de choisir ceci plutôt que cela ? Le théologien allemand, prisonnier des nazis, affirme,dans son existence concrète, que cela est possible.

 

2. Conscience et liberté humaine

La meilleure preuve de l'existence concrète d'une liberté dans l'homme, ou du caractère libre de sa volonté, c'est sa conscience personnelle. La conscience est la faculté intérieure en vertu de laquelle l'homme perçoit la présence d'actions intérieures. Elle est, selon Louis-Marie Morfaux (Vocabulaire de philosophie et des sciences humaines), un jugement pratique par lequel le sujet distingue le bien et le mal et apprécie moralement ses actes et ceux d'autrui. Elle est cette voix intérieure qui me dit que je suis en train de faire telle chose ou qui me dit que je suis en train d'en vouloir une autre.

L'écoute de cette voix intérieure permet à l'être humain de formuler le jugement suivant: « Je suis libre de poser tel ou tel geste; je suis libre de faire tel ou tel acte; je suis libre d'agir face à cette situation de telle ou telle manière ou tout simplement de ne pas agir du tout.» L'être humain est tellement structuré de cette façon que l'histoire nous rappelle l'exemple d' une multitude de personnes qui sont allés jusqu'à accepter la mort parce qu'elles étaient convaincues de la justesse de leurs pensées ou de la bonté de leurs actes.

L'universalité du témoignage de la conscience individuelle n'est pas à démontrer. La conviction qu'à l'homme de sa liberté est un fait reconnu. Les Latins ne disent-ils pas: « Contra factum non valet argumentum » - Aucun argument ne peut infirmer ce qui est un fait.» En plus d'être universel, ce fait semble indestructible dans le coeur humain. Ceux- la mêmes qui nient la réalité de la conscience, démontrent par les faits, que leur négation n'est que théorique. Les actes qu'ils posent inconsciemment dénient leurs propres paroles. Bref, on le voit bien, ceux qui nient la réalité de la conscience ne le font en réalité que pour signifier qu'ils n'ont de compte à rendre à personne (surtout pas à Dieu !) et qu'ils sont dans les faits que les jouets de déterminismes sur lesquels ils n'ont aucune emprise.

Un exemple suffira. Imaginons un seul instant un philosophe ou un écrivain d'ici ou d'ailleurs qui nie la réalité de la conscience et son universalité dans le coeur des hommes. Sa théorie élaborée, il l'écrit dans un livre qu'il publie chez un éditeur de son choix. Lors de la conférence de presse, où il lance son ouvrage, un journaliste s'inquiète de sa position, lui demande des explications supplémentaires, et va jusqu'à lui demander s'il est bien l'auteur de cet ouvrage où cette théorie est longuement expliquée. L'écrivain, sans aucun doute, affirmera que ces longues pages où il élabore sa théorie, sont bien de son cru.

 

Imaginons maintenant, l'ouvrage lancé, qu'un lecteur annonyme s'empare du texte publié, change le nom de l'auteur original pour y mettre le sien, publie l'ouvrage à nouveau sous un nouveau titre, tout en gardant le contenu intact. Croyez-vous que le philosophe félicitera le plagiaire ? Croyez qu'il l'encouragera à continuer dans cette voie? Croyez qu'il affirmera que ce «voleur de texte» n'est pas responsable de ce qu'il fait, qu'il ne mérite pas d'être réprimandé, puni, incarcéré ? Croyez-vous qu'il dira que cette personne ne peut pas être taxée de voleuse parce qu'elle n'est libre de voler ou de pas voler, parce que ses gênes, ses déterminismes, sur lesquels il n'a aucun contrôle, l'ont conduit à poser un geste dont il n'est pas responsable ? La réponse me semble facile à donner: il y a des gens qui écrivent dans leurs livres, qu'ils vendent à gros prix, que la liberté humaine est impossible, mais, dans les faits, font exactement comme tout le monde, vivent et se conduisent comme si le liberté humaine existait.

A chaque instant, l'homme ne fait que poser des gestes de volonté libre, et tout homme qui nie le caractère libre de la volonté se contredit dans ses actes mêmes. Je laisse à chacun le soin de multiplier les exemples.

3. Limites de la liberté humaine.

La liberté humaine bien comprise renvoie donc à une démarche intérieure. Mais, la liberté bien comprise, n'est pas une liberté d'action illimitée et absolue. La vie humaine comporte des moments où la liberté ne peut pas s'exercer. Dans certains cas, l'homme n'exerce pas sa liberté alors qu'il pourrait et devrait le faire. Il ne le fait pas par crainte ou tout simplement par lâcheté. Il arrive même que l'homme n'exerce pas leur liberté, à cause de certaines circonstances bien particulières.

La réalité humaine, d'une part, fait qu'un grand nombre de choses échappent à notre contrôle. La taille humaine échappe à notre contrôle. Certains gestes posés durant le sommeil peuvent échapper à notre contrôle également. Des excès de colère peuvent faire en sorte que certaines paroles prononcées ne le seraient pas dans un état normal. L'activité de la volonté libre est donc liée aux choses qu'un être humain peut faire quand sa volonté est éclairée par sa raison, aux moments où celle-ci est saine et responsable.

La respiration humaine est un phénomène vital. Chacun respire sans penser à l'acte posé. Dans un cabinet de médecin, sous la commande de celui-ci, on peut contrôler, à des fins médicales , l'exercice de la respiration. Marcher est un phénomène humain normal, qui ne commande pas d'acte réfléchi à chaque pas posé. On peut, à cause de circonstances particulière, décider de ne pas marcher, de marcher plus vite, ou de ralentir le pas. Il est préférable, si le feu est en la demeure, de quitter sa position de yoga, laisser rapidement le lieu de l'incendie. Personne n'osera dire qu'il vaut mieux terminer l'exercice commencé, avant de courir plus tard dans la rue.

Certaines circonstances plus difficiles limitent l'exercice de la liberté humaine. Malade, mes pensées et ma manière d'agir peuvent varier, changer, être affectées plus ou moins par mon état. Mais, même dans cet état passager, l'être humain peut toujours choisir d'agir de telle façon plutôt que telle autre, régler ses inclinations naturelles et les orienter vers son bien.

4. De l'instinct à l'esprit

Les tendances ou les inclinations naturelles sont à la base de la construction de l'être humain, donc à la base de la construction de sa liberté. Les tendances en sont le matériau privilégié. Le philosophe Alain compare souvent la condition humaine à un voilier qui louvoie. Les vents sont contraires, mais par une manoeuvre élégante, le marin les fait servir à ses fins «avançant contre le vent par la force même du vent».

Ainsi la liberté n'est pas le pouvoir d'agir sans désir. Elle n'est pas un mouvement d'indifférence qui plane sur nos actions. La liberté émane d'une «volonté» qui ne peut que s'exercer en vue du bien de celui qui pose l'acte. Il n'y a pas d'indifférence vis-à-vis de soi-même. Les gestes que nous posons ne sont jamais indifférents et ils engagent tout l'être que nous sommes.

L'être humain, à la différence de l'animal, émerge des paysages toujours semblables qui caractérisent la vie purement animale. Il peut reconstruire les paysages, les élargir, les modifier. Il peut construire et reconstruire et donc unifier son existence personnelle. La liberté est donc cette possibilité d'interprétation que l'être humain possède par rapport à ses réclamations purement instinctives. L'homme est donc un animal qui valorise. Il sait qu'il n'a pas le droit, de par sa nature, de devenir n'importe quoi et n'importe qui et, par voie de conséquence, de faire n'importe quoi face à lui-même et face à l'autre qu'il côtoie. A chaque fois que l'être oublie cette différence de nature, il redescend vers la pure animalité, où il ne se complaît jamais.

Gaston Berger dans La liberté et le temps (p.72) affirme que l'être humain doit s'élever «en prenant des appétits pour matière première, à la façon du peintre qui fait de la beauté avec des terres et des boues, et non avec de la lumière pure ou de bonnes intentions». La conquête de la liberté doit se faire à partir de la reconnaissance de certains déterminismes connus et exploités. La liberté humaine sera toujours une liberté incarnée dans les tendances qui sont les nôtres. Les philosophes du Moyen âge ont, sur ces questions, bien des leçons à nous donner . L'homme, selon eux, est partie liée avec la nature. Toute la dignité de l'homme lui vient d'autre chose que de ses contacts déterminés avec la matière. Il est matière, mais il n'est pas que matière. Il est lié aux conditions de la matière, mais il n'est pas absorbé par elle. A cet effet, Thomas d'Aquin ne craint pas d'affirmer que l'union de l'âme et du corps ne fait pas plus question que, dans un cachet, l'union de la cire et de l'empreinte, et que corps et âme ne font qu'un. (Somme théologique, IIIa, qu. 62, art. 1 ad 2m; II de Anima, lect. 1).

Comprise ainsi, la liberté humaine, s'édifiant à partir de matériaux bien déterminés que sont les tendances ou les inclinations de la nature, ne peut pas être un absolu. La liberté humaine n'est pas un «produit stable». Elle se réalise en chacun des êtres humains à partir de ce que chacun est, de ce que chaque personne est un être unique au monde. La liberté est donc toujours «en situation» et elle prend forcément des visages à l'infini, conditionnée qu'elle est par un certain nombre de facteurs que sont l'hérédité, le tempérament, l'éducation reçue, les habitudes prises, le contact avec les autres, la culture ambiante, etc.

Personne, par exemple, ne réagit de la même manière face à l'usage des boissons alcooliques. La liberté, bien exercée, se présentera ici sous le visage de la vertu de tempérance. Personne ne réagit de la même manière face à l'épreuve. La liberté, bien exercée, se présentera ici sous le visage de la vertu de courage. Personne ne réagit de la même manière face au respect des autres, de la propriété d'autrui. La liberté, bien exercée, pendra ici le visage de la justice. Et ainsi de suite. La liberté, ça ne trouve pas quelque part, comme un produit, dans un super-marché. La liberté, ça se trouve dans des actes posés, en vue de l'épanouissement de l'être humain.

Chaque être doit donc inventer sa manière d'être humain. Il doit chercher en lui, à partir des forces et des tendances qui l'habitent, sa façon originale d'être. La liberté individuelle prendra donc la forme d'une histoire toute personnelle, remplie d'échecs et de succès, de combats perdus comme de victoires transformantes, de choix valorisants comme de choix destructeurs.

Il arrive, dans notre monde actuel, que cette question du choix prenne toute la place dans l'usage de la liberté. Le choix, selon nous, n'est pas l'élément essentiel de l'usage de la liberté. Emmanuel Mounier affirme, avec raison, qu' «une sorte de myopie philosophique a détourné sur l'acte du choix le centre de gravité de la liberté. Que vaudrait la liberté, si elle ne nous laissait à choisir qu'entre la peste et le choléra? (...) Concentrer l'attention à la liberté sur le pouvoir de choix exclusivement, c'est mettre la liberté en perte de vitesse et la rendre bientôt impuissante au choix même, faute d'élan suffisant(...) La ramasser sur la seule conquête de l'autonomie, c'est encourager cette crispation de l'individu qui le rend opaque et indisponible». (Emmanuel Mounier, Le personnalisme, Presses Universitaires de France, Paris, 1951, pp.81-82).

La liberté, ce n'est pas la possibilité de choisir n'importe quoi. La personne qui choisit cinq fois de divorcer n'est pas forcément plus heureuse parce qu'elle exercé cinq fois le pouvoir qu'elle avait de le faire. La liberté, n'est pas uniquement dans le pouvoir de faire ou de choisir, mais dans le pouvoir de rejoindre, à travers des choix possibles et inévitables, la vérité de son être.

Comme la liberté est à sens unique, chacun choisit, avec les connaissances qu'il a, ce qui lui semble le mieux de faire dans les circonstances. Chacun vit avec le cours irréversibles de ses décisions. Le geste du suicide en est un exemple ultime. Bien des gens hésitent à poser ce geste, parce qu'ils savent bien que tel geste implique une irréversibilité absolue. Dans le courant de la vie ordinaire, chacun peut revenir sur un acte posé, l'approuver ou le rependre d'une autre façon. Dans le cas du suicide, il est assez difficile de penser à ce retour normal sur le geste posé: celui qui était équipé pour le faire n'est plus !

Auteur Anonyme - Texte transmis par Claudius !

Commenter cet article

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog