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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

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Découvrez en cliquant ici l'ensemble du programme des Entretiens d'été 2022 du 23 juin  au 1er septembre sur le thème :
 
Nous vous souhaitions un très bel été et vous embrassons bien fraternellement.

Alain Boccard
Président
 

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Publié le par Jean-François GUERRY
L'ACADÉMIE DE RAPHAËL

L'ACADÉMIE DE RAPHAËL

SAGESSE ANTIQUE – POUR MIEUX VIVRE – PART I.

 

Y a-t-il aujourd’hui et maintenant un besoin de sagesse ? Si oui, est-ce encore cette sagesse recherchée par les philosophes de l’Antiquité ? Et comment la pratiquer, où la pratiquer ? Est-elle encore nécessaire ?

« On peut vivre sans la philosophie, comme on peut vivre sans la Franc- maçonnerie mais moins bien. » (Jean-François Guerry- Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie- Éditions Ubik 2021.

L’axiome de base est que la philosophie antique était théorie et pratique, et que la philosophie moderne est théorie. La philosophie moderne a un côté poussiéreux, celui des livres quelques fois ouverts et qui le reste du temps dorment bien rangés dans les bibliothèques, où deroeux en repassant, jette parfois un œil à la recherche d’une formule pour enrichir un cours magistral il faut bien quelques bons mots pour éveiller l’intérêt des étudiants qui rêvent d’obtenir un diplôme. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement on informe, plus que l’on ne forme dans nos écoles et nos universités. Les étudiants en philosophie ne s’étonnent plus de rien. En 1929 le philosophe Alfred North Whitehead affirmait que toute la philosophie « se résume à une série de notes de bas de page à Platon. » On ne peut que faire le constat que la philosophie antique en Occident s’est développé dès le premier millénaire parallèlement avec les mouvements religieux et spirituels d’Orient. C’est le substrat de la spiritualité encore présente de nos jours même si elle se dégrade sous l’empire de l’homo economicus. Nous sommes encore aujourd’hui à essayer de comprendre pour mieux agir. Vous l’avez compris, au-delà des écoles philosophiques avec leurs dogmes, leurs erreurs, mais aussi leurs vérités le plus important est ailleurs.

C’est peut-être là le Miracle grec dont avait conscience Ernest Renan. Cette soif de connaissances, c’est envie de savoir, non pas de connaître pour connaître comme le disait Pierre Hadot. Mais de comprendre pour mieux agir, de changer notre regard sur nous-mêmes et sur le monde, de convertir notre regard. Il y a des lieux aujourd’hui, ou peut se réaliser cette conversion du regard. Certains d’entre nous ont le bonheur de les connaître ce sont les loges maçonniques.

                                                     Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE…

GOZO -MALTE

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

De la fraternité à la solidarité Part VI.

 

Selon Levinas, la fraternité n’est en rien une question importante pour soi. « Car la fraternité excède toute réciprocité ou égalité ». Ce qui est le propre de la solidarité. C’est ce qui constitue par excellence son éminence et son irréductible à la persévérance des étants dans leur être. La fraternité est la dignité de l’être, comme manière de se tenir dans la trace de l’infini. La fraternité nous assigne à une responsabilité pour autrui, je suis définitivement le gardien de mon frère. Elle précède et surplombe ainsi le sens et les engagements de la liberté. Sa place dans la devise républicaine devrait donc être avant la liberté et l’égalité, puisque rattaché au commandement tu ne tueras point. « Elle témoigne de la bonté du bien au-delà de l’être en « dénudant » sous le mois de chacun, non pas comme un point commun, mais un point d’extrême vulnérabilité à la souffrance d’autrui, du frère donc, un point d’où sourd, sans se tarir, l’exigence de la responsabilité pour lui. » (E Levinas) Le travail de la fraternité nous apparaît comme le passage du Je au Nous. Acte de solidarité, mais est-ce assez fort pour parler de fraternité ? Levinas écrit « le ‘tu’ se pose devant ‘nous’. Être nous, ce n’est pas se bousculer ou se côtoyer autour d’une tâche commune », où nous serions solidaires, « la présence du visage l’infini de l’Autre est dénuement, présence du tiers entre parenthèses c’est-à-dire de toute humanité qui nous regarde). Plus loin il précise : « que tous les hommes soient frères ne s'explique pas par leur ressemblance, ni par une cause commune dont il serait l’effet comme des médailles qui renvoie au même coin qui les a frappées. » d’où provient ce mystère de la fraternité ? « C’est ma responsabilité en face d’un visage me regardant comme absolument étranger et l’épiphanie du visage… Qui constitue le fait originel de la fraternité. » nous en arrivons sur les traces de la pensée de Levinas, à penser, la fraternité, autrement que par les ressemblances entre les êtres humains, l’idée du genre humain regroupant les diverses familles. La fraternité de Levinas est plus individuelle, responsable, unique, singulière au-delà d’une communauté de genre. La fraternité n’est pas symétrie mais asymétrie elle est plus exigeante que la solidarité. « Autrui qui me domine dans sa transcendance est aussi l’étranger la veuve et l’orphelin envers qui je suis obligé. » Sans succomber dans un trop facile syncrétisme. Je constate que la franc-maçonnerie nous oblige à voler au secours c’est-à-dire à nous élever, pour aller vers la veuve et l’orphelin. Cette veuve-t-on nous sommes aussi les enfants. Enfin le stade ultime de l’initiation maçonnique, le nec plus ultra nous commande d’aller seul dans le monde comme un soldat de l’universel. D’aller vers l’autre, plein d’une fraternité comme séparé de notre ‘je’ et de notre ‘moi’ pour passer au ‘tu’ et au ‘nous’. Si l’on s’en réfère à ce qui a pu apparaître comme une fraternité collective lors des événements de 2001 à New-York et 2015 à Paris, ce n’était en fait qu’une solidarité contre les intégrismes et les fanatismes. Même Edgar Morin quand il nous propose des appels à la fraternité,  nous indique la direction, le sens, pour l’atteindre alors que Levinas la place déjà au sommet de la montagne. La fraternité ne saurait être que des appels constants sans faits. Catherine Chalier spécialiste de Levinas illustre bien cette prépondérance de la fraternité dans notre devise républicaine quand elle écrit : « qu’est-ce que l’égalité qui n’est pas rachetée par la fraternité, sinon une nouvelle forme d’oppression ? Et qu’est-ce que la liberté, si elle induit la fortune autour de soi et s’accommode de l’indifférence au sort d’autrui, sinon l’alibi de la violence ? » En définitive la fraternité relève plus de la philosophie première, de la métaphysique que des sciences humaines et sociales. La science croit plus à la solidarité, plus concrète plus palpable, plus probable dirait Cicéron l’humaniste. La fraternité reste un mystère, elle a un lien avec l’originel. Nous avons sans doute souhaité associer la fraternité à la liberté et l’égalité pour donner un supplément d’âme à notre devise républicaine, ambition réduite au minimum au regard de ce qu’est réellement la fraternité. La fraternité est une véritable épreuve pour l’homme, puisqu’elle est amour inconditionnel et infini de l’autre. Épreuve parce qu’elle suppose que l’on doive aimer l’autre sans même le connaître, sans même se retrancher devant l’alibi de sa méconnaissance, de l’ignorance. Levinas ira encore plus loin avec son altérité préconisant la fraternité sans l’obligation d’humanité, qui induit sans amour une tolérance méprisante. Je vais conclure ces réflexions sur la fraternité et la solidarité qui laissent encore en suspension plus de questions que de réponses, je suppose pour vous comme pour moi.

Je conclus donc par un message d'espérance universelle auquel je crois encore, naïvement sans doute : qu’un jour tous les hommes seront frères. Comment y parvenir me direz-vous en reprenant peut-être les mots du poète Pindare (518 av. J.-C. 4 38 av. J.-C.) « Deviens ce que tu es, … quand tu l’auras appris. » plus fraternel.

                                                     Jean-François Guerry.

Bonnes Vacances

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LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ – PART -V- Réflexions sur la solidarité.

 

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication et la solidarité visant un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. »

                                                              Françoise Dolto.

 

« La solidarité fait retomber le mal des uns sur les autres, comme elle étend aussi le bien de chacun à tous et de tous à chacun. Elle oblige par là même la société à trouver un remède pour tout mal qu’il inflige à l’individu parce que ce mal tend à devenir social. »

                                                              Alfred Fouillée.

La fraternité est peut-être trop pure, trop belle, trop idéale si bien qu’elle a du mal à trouver sa place dans un monde ordinaire, réel ? Même dans notre société où l’on voudrait qu’elle la locomotive qui tire les wagons de l’égalité et de la liberté, elle manque de puissance. C’est sans doute pourquoi certains ont voulu lui substituer une valeur plus à notre portée : la solidarité. Cette solidarité, qui est moins prétentieuse, moins vaniteuse, moins globale, moins universelle. Cette solidarité de groupe, plus identifiable, plus pratique, c’est l’expression du coup de main passager pour faire face aux difficultés de l’individu, qui est alors soutenu par son groupe. J’ai promis d’aider mes frères. Je suis solidaire, mais serais-je fraternel jusqu’à donner ma propre vie ?

Au Solidarisme de Léon Bourgeois inspiré par le positivisme d’Auguste Comte, sur lequel nous reviendrons plus loin, Albert Fouillée a développé une pensée originale conciliatrice entre positivisme et idéalisme, liant à mon sens solidarité et fraternité. Il a associé la science comme mode de connaissance, au besoin de spiritualité de l’homme, à ses aspirations spirituelles inaccessibles dans leur totalité par la seule science. Le débat du choix entre solidarité et fraternité ayant perdu ainsi son sens, puisque qu’il y a plus opposition mais complémentarité entre ces deux valeurs, il ne reste qu’un débat sur la graduation de l’une par rapport à l’autre.

La fraternité, d’une grandeur insaisissable, peut provoquer de l’angoisse même de la culpabilité, la solidarité qui met en pratique le fait fraternel, apaise grâce à son expression matérielle, concrète. La fraternité poussée jusqu’à sa complétude est le fait d’êtres quasi mystiques, de grands initiés, chacun peut cependant faire œuvre de fraternité à son niveau. Plus la fraternité est cultivée, plus elle impose comme totalité et infini c’est alors l’altérité décrite par Emmanuel Levinas, cette altérité eidétique (Cf. E Levinas dans Totalité et infini). La sagesse aimée des philosophes antiques, par la connaissance des savoirs est dépassée dans le sens d’une élévation par la sagesse de l’amour : « Philosophie comme amour de l’amour, sagesse qu’enseigne le visage de l’autre homme ! » (E Levinas Totalité et infini. Préface à l’édition allemande Janvier 1987. Page IV- Biblio Essais).

Si j’évoque avec émotion souvent Levinas, et sa fraternité liée l’altérité, j’oublie volontairement le nom d’un philosophe qui a écrit : « la fraternité c’est bon pour les chrétiens, les francs-maçons et les imbéciles. » Cela fait beaucoup de monde quand même et peut-être lui-même dans le groupe des imbéciles bien sûr. (Avis personnel).

Charles Gide, professeur au collège de France, économiste, l’oncle de l’écrivain André Gide a écrit : « la fraternité, on laisse à ceux qui y croient encore le soin de la démontrer par des embrassades, mais les gens sérieux ne lui donnent pas plus de place dans la science que dans les affaires. » Il aurait complété : « la fraternité est un mot sonore… la solidarité un fait. »

Nous sommes aux environs des années 1870 -1880, les mots de Charles Gide auraient put êtres prononcés par nombre d’hommes politiques de l’époque, c’est le temps de l’idée de solidarité, les hommes pensent économie, cette économie liée aux progrès des sciences et techniques. L’état d’esprit des années 1880, n’est pas si éloigné de celui de 2022, qui pourrait nous dire aujourd’hui que la fraternité est en marche, qu’elle marche bien ? Les baisers fraternels des Frères et des Sœurs en maçonnerie paraissent bien incongrus à la plupart des gens. La fraternité semble être une affaire intime, la preuve d’une conscience morale élevée, une idée que l’homme est bon perfectible capable de grandeur d’âme. Pratiquer la fraternité vraie universelle et sans limites apparaît comme une religion. Alors que la solidarité fait plus société, et encore elle commence elle aussi à se diluer, se compter, se dégrader.

On ne peut pas judiciariser la fraternité la mettre en forme de lois, où alors elle perd son sens. La seule loi de la fraternité, c’est la loi d’amour, essayez donc de judiciariser l’amour ! Au fait a-t ’elle un début et une fin, totalité et infini ?

Il est plus facile d’introduire dans le droit la solidarité, que l’on peut rendre obligatoire par exemple avec l’impôt, la sécurité sociale, les organismes sociaux, les institutions mutualistes, les syndicats, les corporations. Ainsi la fraternité perd un peu de son aura, de son éclat au profit de la solidarité accessible au plus grand nombre.

La solidarité induit un rapport d’intérêt, un espoir de retour. Être solidaire c’est donner, c’est faire dans le but de recevoir une compensation, ou d’être assuré de la possibilité de recevoir. La fraternité c’est le don, le sacrifice sans attente d’un retour, c’est donner pour donner et de plus sans ostentation comme nous le recommande la Franc-maçonnerie.

Au début du 19ème siècle, les sciences et les techniques prennent leur essor, en même temps que les sciences humaines et sociales qui prennent le pas sur la philosophie, la métaphysique, les traditions, les religions. On célèbre la république laïque, plus solidaire, plus humaine. De nombreuses loges qui travaillent ou pas à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, optent dans leur patronyme le mot Solidarité. On voit fleurir des loges comme la Solidarité Bretonne, la Solidarité Mançoise, la Solidarité Normande etc…Parmi leurs fondateurs il y a de nombreux hommes politiques, souvent radicaux, aussi des enseignants, des membres de mutuelles. Les penseurs référents de la solidarité sont ceux qui croient en l’homme et le place au centre de tout, l’homme juste et bon comme pour Rousseau ou encore Locke qui prône la séparation des pouvoirs pour affirmer la démocratie. Avec son ouvrage majeur son essai sur L’Entendement humain, l’homme est capable de découvrir toutes les idées par l’usage de ses facultés naturelles. Ainsi l’on pensait auparavant que seule la fraternité pouvait être associée au règne de la justice, par son idéal de perfectionnement de l’homme. Peu à peu la solidarité prend sa place se substitue à elle.

C’est Léon Bourgeois, qui fût député, puis Président du Conseil, qui obtint le Prix Nobel de la Paix, il sera le ‘Pape’ du solidarisme. Il voulait associer le socialisme et le solidarisme comme en témoigne son ouvrage au titre de Solidarité de 1896, dans lequel il conceptualise un contrat entre les hommes quasiment inhérent à notre nature et la solidarité. « La solidarité est la règle suprême de la vie commune. » Un précurseur du fameux Vivre ensemble ou du spot de la Ville de Rennes Vivre en intelligence. Léon Bourgeois voulait absolument substituer la solidarité à la fraternité, il a été inspiré par le positivisme d’Auguste Comte héritage des lumières amplifié d’une manière rigoureuse s’attachant seulement aux connaissances découlant des faits. Ainsi la solidarité n’est pas une idée abstraite, mais se révèle réellement dans les faits. Pourtant je décèle un paradoxe, quand Léon Bourgeois affirme : « Les hommes sont solidaires par nature. » Emporté par son élan, voulant rendre la solidarité supérieure à la fraternité, il veut la sacralisée, en faire une vertu donc quelque chose qui se cultive et non inhérent à la nature de l’homme sinon de manière embryonnaire, c’était sans doute le fond de sa pensée ?

Je poursuis son raisonnement si la solidarité n’est pas une vertu, qu’elle ne se cultive pas, alors la métaphore qui consiste à la comparer au corps humain dont les membres sont solidaires et tiennent les uns par rapport aux autres devient complexe ?

Léon Bourgeois ira jusqu’à écrire concernant le mot solidarité à propos de la devise républicaine : « Je souhaiterai qu’on puisse la placer en premier, parce qu’en théorie et en fait, il précède tout, et c’est là que naît toute société. »

On pourrait avoir le même désir avec le mot fraternité. Mais la fraternité lui semblait sans doute trop difficile à atteindre, trop métaphysique, trop incertaine, réservée à des initiés qui ont appris qu’elle n’est peut-être pas totalement innée mais seulement embryonnaire, à l’exemple de Caïn et Abel, qu’elle demande efforts, travaux constants sur nous-mêmes, de plus même le travail n’est pas synonyme de réussite en ce domaine, et pourtant il faut le faire.

Pour conclure temporairement cette Part V, deux thèses s’opposent celle des positivistes, des solidaristes qui pensent que la solidarité active affaiblie la fraternité qui ne serait qu’une idée, un concept. Inversement ceux qui prônent la fraternité pensent qu’elle est mère de la solidarité. Je pense (donc subjectivement) sous le prisme partisan de la Franc-maçonnerie que les deux sont liées, je penche pour l’idée que la fraternité est la mère de la solidarité, mais que serait une mère sans enfant, de même que serait un Franc-maçon pratiquant des vertus théoriques en loge et même pratiques avec ses Frères et qui serait incapables de les traduire dans une forme de solidarité humaine dans le monde profane. Pour moi enfin, la solidarité ne peut se priver de la fraternité qui est sans espace et sans bornes, qui n’attend aucune récompense, qui est totale et infinie, elle est un don, un sacrifice envers l’autre, celui que je connais qui est mon Frère, ou celui qui fait partie de mon groupe, mais aussi celui que je ne connais pas qui est lointain, parce que rien ne les sépare si ce n’est mon ignorance. N’est-ce pas un combat maçonnique que de vaincre l’ignorance ?

 

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l’ensemble des habitants de la terre. » (Albert Jacquard). Cette solidarité-là, a des airs de fraternité.

Bien Fraternellement.

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la fraternité à la solidarité Part VI- Un retour de la fraternité ?

Malte

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART -IV-

 

« Sans la fraternité la liberté conduit à l’égoïsme »

                                                               Paul Bert.

 

Paul Bert, médecin, homme politique, député radical, successeur de Jules Ferry au ministère de l’éducation nationale, anticlérical convaincu était pourtant persuadé de l’importance de la fraternité. S’il ne fut pas Franc-maçon, il fut proche de Jean Macè « qui en était !» Paul Bert  avait une vision particulière c’est un euphémisme de le dire de la fraternité, il participa à la diffusion de thèses racialistes et racistes, un extrait de ses ouvrages : « Les nègres ont la peau noire, les cheveux frisés comme de la laine, les mâchoires en avant, le nez épaté, ils sont bien moins intelligents que les chinois et surtout les blancs (…) Il y a des hommes qui sont vraiment inférieurs. » Certains ont voulu adoucir ses propos en vouloir voir en lui un anthropologue mais quand même ! On s’interroge sur la nature de la fraternité de ce laïque anticlérical et de surcroit ministre de l’éducation nationale. Pourtant aujourd’hui nombre d’établissements publics affichent son nom à leur fronton donc des établissements d’enseignement, des rues, des places partout en France, il y a même une station de métro à son nom à Lyon. On peut  penser que Paul Bert n’était surement pas un parangon de la fraternité, mais comme la fraternité est quelque chose qui nous dépasse, qui dépasse ce que nous sommes !

Régis Debray Photo Philosophie Magazine

Régis Debray a écrit : « On est frères en quelque chose qui nous dépasse…car c’est ce qui nous dépasse qui nous ressemble. » La fraternité il y a consacré un ouvrage sous le titre : Le moment fraternité. Il parle d’un défi crucial de notre temps, et que la fraternité est la source créatrice du « Nous » durable. Je dirais personnellement éternel. Il parle de cette fraternité qui fait référence à une sacralité séculière ou révélée. Il établit aussi une relation entre les droits de l’homme et la fraternité un droit qui s’exprime qui s’exprime dans la solidarité humaine. Personnellement je pense que si la fraternité est un droit (elle est inscrite dans la devise républicaine), elle est aussi un Devoir. Sans trahir sa pensée je pense quand sa qualité démontrée d’activiste, il aspire à une fraternité active dynamique. Qui soit autre comme il le dit qu’un « fumigène » brandit, une fraternité qui soit un labeur journalier, une exigence donc un Devoir.

La fraternité ne peut pas être une succession de moments alibis pour apaiser notre conscience, elle doit vivre à chaque instant dans nos rapports avec l’autre. En lisant Le moment fraternité de R. Debray, et en regardant notre société on ne peut qu’être d’accord sur sa nécessité. Il écrit : « Que l’économie seule ne fera jamais société. » rejoignant ainsi Antoine de Saint Exupéry quand il disait que les chiffres et les statistiques n’ont pas d’humanité, et que l’on « ne peut pas continuer de vivre en s’occupant de frigidaires, de politique, de bilans budgétaires et de mots croisés… »

On n’aime, ou on n’aime pas R. Debray pour ses positions politiques, mais l’on peut fraternellement reconnaitre « la force de son esprit contraire », qui le mène à avoir et vivre une fraternité avec ceux qui sont rejetés et qui sont nos frères en humanité. Il est « quelqu’un qui fait toujours pencher le balancier du côté opposé où ça tire. Non pas par provocation, mais pour garder l’équilibre. » En s’efforçant de s’attacher au concret, il s’attèle à la pratique de la fraternité au-delà des verbiages, il s’engage à faire fraternité parfois mal à propos qu’importe et que celui qui n’a pas fait d’erreur pendant toute sa vie lui lance la première pierre.

Persuadé que pour tenir une société debout et digne il faut ce ciment de la fraternité, quelque qu’en soit la source, que cette source soit révélée par une pratique religieuse ou pas, elle est sacrée et spirituelle. Il a dit « En laissant s’évanouir son sacré républicain la France s’effiloche en communautés propres à coup de lois mémorielles. » R. Debray Philosophie Magazine.

Pour ma part, je suis en accord avec cette formulation, les extrémistes et les intégristes de toutes sortes ont du mal à comprendre que la fraternité est le contraire d’une fratrie. Faire œuvre de fraternité c’est unir tous les hommes, remettre de l’ordre dans le chaos, c’est-à-dire combattre tous les despotismes pour faire régner la justice avec la force de son épée, la justesse de sa balance et sa loi d’amour pour les hommes de bonne volonté.

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la fraternité à la solidarité Part V, Brève réflexion sur la solidarité.   

Quiberon

Quiberon

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART-III-

 

« Chaque homme à des devoirs envers l’homme en tant qu’homme. »

                                                                                  Henri Bergson.

 

La révolution américaine de 1783 avec George Washington qui ne fût pas un parangon de la fraternité, on ne peut oublier qu’il avait comme beaucoup à cette époque de nombreux esclaves dans ses propriétés. Puis la révolution française, qui annonça les lumières, la fin de l’obscurantisme religieux et du pouvoir de l’église sur la société sonnèrent le glas de l’exclusivité du message évangélique de la fraternité. Dieu n’était pas encore mort, mais l’on tournait plus son regard vers l’homme, l’idée de Dieu, le principe de Dieu s’incarnat un temps dans l’être suprême, la Raison Suprême, un ersatz de Dieu l’homme ayant toujours un besoin de croire à une puissance, un principe supérieur, indéfinissable que les Francs-maçons appellent le Grand Architecte de l’Univers laissant à chacun sa liberté d’interprétation. Bien plus tard l’on chercha d’autres sources à la fraternité. Henri Bergson a proposé une fraternité ayant deux sources : la morale et la religion. En 1932 avec la montée des périls en Europe (toute recherche de correspondance avec notre actualité n’est pas à exclure) le besoin de fraternité se fit ressentir. Bergson constata que les origines de la fraternité étaient religieuses comme dans le christianisme avec la loi d’amour, philosophique avec les stoïciens, qui plaçaient au-dessus de tout la loi morale comme étant le bien suprême ; jusqu’aux lumières qui voulaient l’union fraternelle de tous les hommes. Ainsi la fraternité s’associait à l’altérité. Nous y reviendrons plus tard avec Emmanuel Levinas le philosophe de l’altérité. Nous l’avons dit précédemment selon Bergson la liberté et l’égalité sont le cadre de la fraternité. Il abonde cette pensée en disant : « La fraternité est seule à même de réconcilier ces deux sœurs ennemies que sont la liberté et l’égalité. »  En la confirmant par cette affirmation : « L’homme est un frère avant d’être un concitoyen. »

Cela mérité de s’attarder sur son ouvrage majeur : Les deux sources de la morale et de la religion. Pour Bergson une partie du moi de l’individu est « le moi social », il en découle l’obligation de la culture de ce moi, ce qui est essentiel pour notre vie en société. Pour vivre en société nous avons donc un Devoir de fraternité ou à minima un Devoir de solidarité. La solidarité devient le minimum de la fraternité son obligée. La fraternité est donc la source l’énergie de la solidarité.

L’homme être pensant, a un instinct grégaire, il aspire à vivre en société, même si la société est grande elle reste un espace défini, ce qui convient bien à l’entendement, la raison humaine. Dans cet espace clos l’homme exerce cette fraternité de l’entre-soi, qui est une solidarité entre les membres d’une même société, cette forme de fraternité se dilue, s’amoindrie entre les sociétés distinctes, la solidarité elle-même s’estompe sous les coups de l’ignorance de l’autre, de celui d’une autre société. On se reconnait comme tels plus facilement dans une société, dans un autre-soi. Ailleurs c’est plus difficile, la fraternité avec notre lointain est plus difficile qu’avec notre prochain. Quand le lointain s’approche, notre défiance augmente sous l’influence de notre ignorance, l’étranger est étrange.

Ce qui distingue à mon sens la fraternité de la solidarité, c’est que la fraternité est ouverte, universelle, infinie à contrario la solidarité est close l’espace ou elle s’exerce est restreint. Les solidarités de groupes sont visibles identifiables, corporations, clubs, membres, syndicats, mutuelles. La fraternité est plus complexe elle englobe plus la totalité des êtres, elle n’est pas que de corps elle est aussi d’esprit, l’âme est plus fraternelle que solidaire.

Bergson précise, la nation est une société close : « Or entre la nation, si grande soit-elle et l’humanité, il y a toute la distance du fini à l’infini, du clos à l’ouvert. » (H. Bergson Les deux sources de la morale et de la religion PUF Quadrige Paris 2000 Page 27).

En réalité Bergson ressent cet écartèlement entre le moi social et le moi totalement individuel. La solidarité s’insère mieux dans le moi social et la fraternité se rattache à une morale universelle. La fraternité est la mère de la solidarité elles restent dans ce rapport mère fille facilement dans une même société, une même nation. Mais plus difficilement dans deux cadres différents, dans deux nations différentes. La fraternité transcende la solidarité, la solidarité seule ne peut rien pour les grandes causes elle ne peut pas empêcher les guerres et les conflits.

On peut aller plus loin, jusqu’à penser que la solidarité soude les groupes et fractionne en même temps d’une manière générale, nous aurions un archipel (voir Jérôme Fourquet) de groupes solidaires indépendants dans notre société, groupes manipulables au profit de certains et au détriment d’autres, d’où la nécessaire fraternité qui seule permet la réalisation d’un centre d’union des hommes. La fraternité seule peut empêcher les conflits, étant reliée au commandement « tu ne tueras point. »

La fraternité, est plus forte que le simple respect de l’autre, que la tolérance de l’autre qui induit une forme de mépris conciliant, mais pas l’amour de l’autre. La fraternité est un amour pur sans l’attente d’une récompense d’une contrepartie, ce qui n’est pas le cas de la solidarité.

Il y a une ascèse, une pratique de la fraternité, il est demandé au myste en Franc-maçonnerie de pratiquer la fraternité. Bergson identifie deux sortes de mystiques, je dirais en raccourci ceux de théorie, les plus utopistes les mystiques religieux qui veulent se fondre avec Dieu, s’en approcher de si près que l’on ne les différencie pratiquement plus de Dieu, ils se désincarnent et se déshumanisent presque. Bergson lui pense qu’il y a aussi des mystiques actifs capable par leur ascèse de contempler l’un, mais aussi d’agir, ceux-là sont vraiment fraternels. Je ne puis m’empêcher de faire une analogie avec les Francs-maçons de théorie et ceux qui ne rejetant pas les lois morales, les vertus les pratiquent. Ceux-là travaillent sur eux-mêmes, avec leurs frères et tentent de s’améliorer sans cesse, de se perfectionner sans cesse, ils acceptent les épreuves initiatiques auxquelles ils sont soumis, afin d’élever progressivement leur conscience, convertir leurs regards, se tourner vers le bien, le bon et le juste. Ceux-là, quand le masque tombe, quand ils sont prêts dans leur cœur, ils sont prêts aussi à serrer dans leurs bras leurs anciens ennemis qu’ils voient dans la chaîne d’union fraternelle des hommes, les reconnaissants pour Frères. Imaginons un instant, un seul instant que tous les hommes soient capables d’une telle fraternité, alors le monde serait changé.

Je termine avec Bergson sur la religion, il la divise en deux catégories : une religion statique, une institution sociale qui permet à l’homme de vivre en société, mais qui ne permet pas de transformer le monde, le monde reste en l’état. La deuxième catégorie est une religion dynamique, qui transforme liée à une morale ouverte à une fraternité universelle. En conclusion Bergson a écrit un hymne à l’amour universel qui est aussi la fraternité. Nous étions en 1932, c’était avant le séisme qui allait fracturer les nations européennes.

 

« J’ai rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus. »

                                            Léopold Sédar Senghor.

                                    Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la Fraternité à la solidarité – Part IV- J’évoquerais le moment fraternité de Régis Debray, l’étonnante quête de l’auteur, sa nostalgie du « Nous » qui n’est plus et qui pourtant fait la force du sacré. Son amertume de la perte de fraternité.     

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SENTIMENT OCÉANIQUE

Sur le chemin de crête

jdumonteilmecom

Juil 31

Ce chemin de crête, c’est le sentier de nos incertitudes. C’est l’endroit le plus beau de la terre, loin des conformismes de la plaine paresseuse et de ses autoroutes de certitude. N’ai pas peur de l’incertitude. Elle te tient en vie. Elle n’est pas le relativisme où tout se vaut. C’est le sentier de la solitude et de la sollicitude car tu sais bien que tu n’es pas seul sur ce chemin. La vérité des choses n’est accessible qu’à ceux qui ne sont pas barricadés derrière leurs certitudes.

Ce n’est pas toi qui domines la voie étroite, c’est le chemin qui fait l’altitude. Tu te contentes d’avancer comme tant de devanciers l'ont déjà fait. Progresse pas à pas, au risque de trébucher parfois, mais confiant dans le chemin, le seul endroit où l’on voit, large, l’horizon lointain. Avance en confiance, pas à pas, sans craindre les aspérités du sentier. Avance dans le courage de la confiance, dans l’abandon et la lenteur du jour qui bientôt s’achèvera, accompli. Bientôt viendra l’étape où tu retrouveras d’autres marcheurs espérant.

N’aie pas peur de l’altitude, vise les cimes mais n’oublie pas la vallée de nos jours. Aime ta solitude, goûte le silence qui te parle, fort et franc comme l’infini de nos questions sans réponse. Avance dans la contemplation de la vie qui bruisse. Tout est vivant, tout respire. Écoute, regarde et avance. Reconnais les pas qui ont précédé les tiens. Leur trace a créé le chemin. Souviens-toi du souffle de ceux qui ont marché avant tout. Aime la voie où tu n’es jamais seul de ces souffles, de ces rêves et de ces espérances. Fraternité de marcheurs, dans l'apparente solitude de la marche qui nous relie si fort. Aime cette solitude qui ne sera jamais l’isolement du terrier. Marche et contemple. Infiniment présent, espérément aimant. 

 

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DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART-III-

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Publié le par Jean-François GUERRY
Le renoncement.

Le renoncement.

BILLET D’HUMEUR SANS HUMOUR : LE GRAND RENONCEMENT.

 

« L’œuvre absurde illustre le renoncement de la pensée à ses prestiges et sa résignation à n’être plus que l’intelligence qui met en œuvre les apparences et couvre d’images ce qui n’a pas de raison. Si le monde était clair. L’art ne serait pas. »

Albert Camus- Le Mythe de Sisyphe.

Samedi 30 juillet 2022, il fait beau, la mer est belle, la vue magnifique et pourtant l’horizon s’obscurcit. J’ouvre le journal du monde, le Monde page 23. Le titre d’un article de Robert Zarader m’intrigue : « Nous sommes dans une société du renoncement », au bas de l’article l’auteur est qualifié d’économiste et d’influenceur, intéressant ! Va-t-il influencer mon jugement ?

Comme le dit pas assez souvent mon épouse, compte-tenu de mon attitude : tu vas encore râler, t’indigner, te révolter, bouger quoi, comme si tu pouvais changer le monde !

Journal le Monde 30 juillet 2022

Pourtant l’article parle de démissions, de renoncements, une fois de plus je ne suis dépassé, atteint par la limite de mon âge, plus dans le coup, sur le coup quoi. Il y a des démissions massives dans le monde du travail, ma tendance serait de dire, Si le chômage n’était pas autant indemnisé, si les prestations sociales étaient moins généreuses et surtout vraiment réservées à ceux qui sont dans le besoin ou handicapés par la vie. J’entends derrière moi, ça y est c’est parti, il râle. Pourtant j’ai mal lu, il ne s’agit pas de licenciements, mais de démissions ! Je râle quand même, alors que les entrepreneurs, les forces vives cherchent partout du « personnel, du petit personnel de préférence ». L’économiste parle d’une sorte de droit de retrait du travail, comme un risque, y aurait-il une amplification des risques au travail, le travail serait-il soudainement devenu plus dangereux. Non ! Décidemment, je râle encore, les « gens » sont de plus en plus paresseux ils sont trop gâtés, de mon temps ! D’ailleurs comme le souligne l’économiste les gens ne se déplacent même plus pour voter, 70% des jeunes n’ont pas voté aux élections législatives c’est dire ! Je suis complétement déphasé, moi qui célèbre encore la gloire au travail, le travail qui rend l’homme libre, lui donne sa dignité, moi qui pense que voter est un Devoir civique (on n’est plus que 50% visiblement) tout ça c’était donc avant, mais avant quoi ? Je poursuis ma lecture de l’article, car au fond je ne peux pas me résoudre à penser que c’était mieux avant, car je vois bien qu’il y a eu des progrès pour tout le monde dans tous les domaines. Pourtant il semble qu’une forme de paresse se généralise, alors je me dis c’est une mode comme d’habitude cela vient des États-Unis, ce serait une forme de coquetterie de la jeunesse, ou des nantis, des bobos etc…On entend souvent maintenant, je fais ce qui me plaît, quand cela me plait, le temps que je veux, c’est moi qui décide. Robert Zarader suggère une explication tout cela serait apparu avec le fameux low cost. En matière d’alimentation le low cost, c’est une économie du renoncement. « Vous renoncez à la qualité en échange de petits prix, c’est mortifère ! »  

Robert Zarader.

Ce fameux renoncement est partout, par exemple en matière de voyage en avion. C’est un constat (et une appréciation personnelle, appréciation d’enfant gâté dirait mon épouse, sans avoir tort elle est comme Jiminy Cricket la conscience de Pinocchio ), d’abord il n’y a plus d’horaires papier, j’aimais les lire et les relire ces horaires, les noms de destinations résonnaient comme des musiques, des promesses de découvertes, des images d’exotismes. Il n’y a plus de billets papiers que l’on gardait parfois comme des trophées, comme preuves que l’on avait fait le voyage de New-York, de Montréal ou de Dehli, il y avait du rêve dans ces bouts de papiers, dans ces cartes d’embarquements qui me servaient de marque pages dans mes livres : Arrivée 19h 00 PM New-York JFK porte 1 terminal B. Il n’y a plus non plus ces étiquettes indécollables soigneusement mises de travers mes bagages qui donnaient cette impression d’urgence, plus de bagages donc plus d’étiquettes tout ça jeter dans la caisse des oublis, remplacé par des notifications éphémères du smartphone dans le Wallet. Je ne vous parle pas de l’accueil à l’aéroport, réduit à son maximum, ni des sièges dans cabines, avant c’était les bagages qu’on entassait dans les coffres, aujourd’hui c’est nous, nous ressemblons à des poules en cages attendant sans bouger un hypothétique verre d’eau gratuit. Pour finir avec cette apocalypse organisée, on ne parle plus des horaires de départ et d’arrivée ils sont devenus aléatoires. On parle de la chance que nous avons eu d’être arrivé à l’heure promise, comme d’un exploit de l’aéronautique au temps de Mermoz ou St EX. C’est ça le low cost, c’est ça le progrès parait-il, je le concède, le low cost a permis d’ouvrir les portes des avions à tout le monde, même aux écologistes chevronnés qui grimpent les passerelles en courbant la tête. Je sais ce que vous pensez avec raison. Il nous fait du Radio Nostalgie. Je reviens à mes moutons.

Le renoncement se généralise, il parait, selon Robert Zarader que plus de 30% des bénéficiaires potentiels du R S A, y renoncent trop compliquer, trop de bureaucratie, de contraintes, et de stigmatisations. Plus encore, de nombreux français renoncent aux soins médicaux ou espacent leurs soins, en cause les déserts médicaux. C’est surement vrai, vu que lorsque l’on obtient un rendez-vous avec un médecin, soit le mal s’est aggravé et l’on est allé encombrer les urgences, soit le mal ou la crise est passée. En fait je pousse un peu, je suis même de mauvaise foi, personne ne m’empêche d’aller habiter en centre-ville ou dans les zones riches et prospères là ou s’installent tous les médecins, je ne sais pas quelle idée j’ai eu de vouloir habiter dans un joli village ou une petite ville à taille humaine comme on dit, bizarre que l’on se préoccupe plus des jardinières de fleurs que des humains dans ces jolies petites villes. On manque de médecins ! On manque surtout de médecins qui veulent travailler 60 h ou 70 h par semaine incroyable non ? C’est vrai qu’il y a aussi une bonne proportion d’entre eux qui d’emblée par convenance personnelle renoncent à travailler plus que la moitié du temps, c’est leur liberté, après tout nous sommes dans un pays libre, l’exercice doit être libre, même quand la collectivité a financé quasiment à 100% de leurs études, pour qu’ils ne travaillent qu’à mi-temps cherchez l’erreur.   

Donc comme le dit Robert Zarader dans son analyse : « Nous sommes fatigués de cette politique. » C’est donc pourquoi, nous ne renonçons pas par que nous sommes paresseux cqfd. Il est vrai, que la politique est faite de promesses et de communications, de pansements et de baumes soporifiques, suivit d’actes inexistants ou ratés. J’entends encore derrière moi, Jiminy Cricket arrête de râler !

L’auteur se lance, il convoque le Général de Gaulle comme tout le monde quand ça va mal ! Il cite, ses Mémoires : « Le vide effrayant du renoncement général. » (Après la défaite de 1940). On a l’impression que nous avons renoncés aujourd’hui même avant la bataille. Il y a quelques temps on parlait de bataille pour l’emploi, aujourd’hui il semble qu’il y est une mobilisation pour ne pas travailler. Personne, surtout pas les politiques ne semblent être en capacité de résoudre ce problème. Il suffit de voir leurs airs surpris, ébahis, abasourdis, devant la guerre Ukraine. Comme s’ils découvraient que la moitié des états de la planète sont dirigés par des dictateurs (1), des despotes (2). On en vient à se poser la question s’ils n’étaient pas partis à la pêche avant leurs électeurs ? Résultat Robert Zarader écrit à propos du travail : « On le quitte parce que on en a assez, assez d’être mal traités, mal payés, mal considérés. »

Conséquence Monsieur Paul Emploi cherche désespérément avec sa lanterne à la main quelques volontaires qui veulent travailler dans les hôpitaux pour un peu plus, mais pas trop, que quelques applaudissements au moment d’une crise sanitaire, ou des assistantes maternelles, dans  les crèches qui reçoivent  les enfants que les mamans sont obligés de laisser pour remplir le frigo et payer les mensualités du prêt immobilier à la banque, ou le loyer qui a encore augmenté, on cherche aussi du personnel (petit) dans les EPHADS où l’on abandonne nos anciens comme des vêtements usagés. Ces EPHADS qui ont parfois plus le souci de servir leurs actionnaires que leurs employés ou leurs résidents, on cherche aussi des employés dans les restaurants dont les exploitants s’étonnent qu’ils ne veuillent plus travailler 40 ou 50 heures semaine samedi dimanche et fêtes pour un peu plus que le Smig, et pour conclure, même l’éducation nationale à qui l’on confie nos enfants qui sont l’avenir de notre nation ! Peine à trouver des enseignants qualifiés etc…

Robert Zarader évoque certaines statistiques qui parlent de 470 000 démissions de C D I (Dans un temps récent encore le Graal des contrats de travail) au premier trimestre de cette année. Il met en garde nos gouvernants : « Le grand renoncement est le précurseur d’un grand effondrement. »  Le remède comme je le pensais à tort, ne serait pas seulement dans la restriction des allocations chômages, dans la suppression des prestations sociales. Mais peut-être faut-il remotiver les troupes ! Peut-être faut-il un général, pour prendre soin des soldats qui veulent encore travailler, les récompenser à leur juste valeur, leur promettre des galons et des augmentations de salaires, un avenir quoi ! Donner du sens, un sens à leur travail, au travail.

L’auteur évoque en aparté le fait que l’on n’a par ailleurs pas renoncé : « Au charbon, au pétrole, au gaz russe, à la malbouffe, à l’élevage en batterie… » Comment dès lors convaincre et motiver les jeunes en particulier, qui sont souvent plus intéressés que nous-mêmes par les problèmes environnementaux et l’avenir de notre planète.

La politique s’est peu à peu transformée et réduite à de la communication, qui maintenant tourne en boucle sur les chaînes d’informations en continu, communication qui finit par tourner dans le vide. On informe simplement, on n’agit plus, on ne forme plus. Robert Zarader craint que chaque groupe social, politique, se cristallise, qu’il n’y est plus de jonctions entre les différents groupes, la France déjà fracturée va alors devenir une poudrière, une tour de Babel. À force de diviser pour régner, d’aller à la pêche aux voix, la pêche déjà très mince, le sera de plus en plus. Robert Zarader craint que « le grand renoncement se transforme en un grand renversement. »

Alors oui ! Malheureusement, je m’étais trompé nous ne sommes pas devenus paresseux et avides de nous gaver de prestations sociales et même si c’était le cas, renoncer à la paresse et aux prestations ne résoudrait pas notre problème, il faut redonner du sens à notre engagement au travail. Il est temps de se remettre au travail et faire que travail soit une œuvre et d’avoir à nouveau l’esprit politique c’est-à-dire comme le disait Hannah Arendt : « de soucier d’avantage du monde que nous-mêmes. »

Avec ma demande d’excuse pour ce billet pessimiste en période de vacances alors que la lumière est encore à son zénith, qu’il est midi plein le temps du travail, bon travail à tous.

« Appelles-tu liberté le droit d’entrer dans le vide ? C’est plutôt un renoncement à notre vocation d’homme. »

Antoine de Saint Exupéry.

                                   

                                                     Jean-François Guerry.

                          

  1. Dictateur dans l’antiquité : Magistrat nommé en cas de crise grave, investi, pour un temps déterminé, d’un pouvoir illimité. Aujourd’hui le dictateur prend le pouvoir dans sa totalité, quand le peuple est faible (a renoncé) pour un temps illimité.
  2. Despote : Souverain qui gouverne avec une autorité arbitraire et absolue. La ligne de crête est mince entre le despotisme et la monarchie, entre le despotisme et la démocratie quand cette dernière est exercée par un seul homme. Le dirigeant adroit et respectueux du peuple cherche l’harmonie entre « dêmos » le pouvoir du peuple et « Kratos » le commandement, c’est un démocrate.

À LIRE : Robert Zarader « Nous sommes en plein dans une économie et une société du renoncement. » Journal Le Monde du Samedi 30 juillet Page 23.

Bio en Bref de l’auteur : Robert Zarader Né le 18/01/1955 à Alger Dr es sciences économiques. Il fût militant anarchiste. Secrétaire général du Cercle des Économistes. Conseiller du Président François Hollande, ami de Gaspard Gantzer. Il aurait été à l’origine de la formule « un président normal » Il a soutenu le Président Emmanuel Macron en 2017 il serait aussi à l’origine du slogan « La France en marche »    

Robert Zarader : « Nous sommes en plein dans une économie et une société du renoncement »

De l’abstention à l’abandon de droits sociaux souvent trop difficiles à obtenir ou aux démissions massives, la société française est à l’heure d’un retrait général inquiétant, analyse le communicant et économiste, dans une tribune au « Monde ». A tel point que notre vie politique pourrait en être bouleversée.

À SUIVRE : DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART III-
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