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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Maria Deraismes

Maria Deraismes

DU TESTAMENT PHILOSOPHIQUE MAÇONNIQUE

 

 

Un testament dans le monde profane est protégé, scellé du sceau du secret, déposé dans les minutes d’une étude notariale pour être reconnu sans tergiversations comme authentique.

 

En ce qui concerne les testaments philosophiques maçonniques rédigés par les postulants aux mystères de l’initiation, après leur communication ils sont en principe remis à leurs auteurs dans une enveloppe close afin qu’ils en est à jamais le souvenir.

 

J’ai découvert que dans certaines obédiences ces testaments étaient archivés, c’est le cas semble-t-il au Droit Humain.

Après avoir lu l’excellent livre de la Commission Histoire de la Fédération française le Droit Humain paru récemment sous le titre : Soyez parfaites, mes sœurs ! Les pionnières du Droit Humain dont les auteures sont Annick Drogou et Dominique Segalen ; elles ont rédiger une biographie des fondatrices de cette obédience mixte, ces biographies font ressortir leurs combats pour la Liberté et l’Égalité des femmes.

 

Au terme de chaque biographie l’on peut lire leur curriculum vitae maçonnique et en épilogue leur testament philosophique dévoilant leurs motivations pour intégrer l’ordre maçonnique, l’idée qu’elles se font de leurs devoirs de femme envers l’humanité et la patrie, leurs devoirs envers elles-mêmes et enfin leur testament.

 

Je vous livre donc le testament de Maria Deraismes la plus emblématique de ces pionnières, à l’aune de ce testament qui résonne comme une profession de foi, l’on comprend la détermination de cette femme remarquable :

 

« À la question : Quel est votre but en entrant dans la Maçonnerie ? Elle répond : Mon but est de mettre fin au préjugé qui exclut les femmes, car j’ai le ferme espoir que grâce à leur admission, il pourra s’accomplir au sein des loges une œuvre de relèvement général des consciences. »

 

 

« À la question : Quels sont les devoirs de la femme envers l’humanité et envers la patrie ? Elle répond : Faite par la nature pour être l’agent moralisateur dans la famille et dans la société, son premier devoir est de répandre les principes de la morale, celle même de la direction de la vie sans laquelle il n’y a ni grand caractère ni grandeur, c’est le plus éminent service qu’elle puisse rendre à l’humanité et à la patrie. »

 

 

« À la question quels sont les devoirs de la femme envers elle-même ? Elle répond : Développer ses facultés supérieures, étudier les questions avant de porter un jugement et être soucieuse de sa dignité. »

 

 

« Testament : Mes travaux, mes écrits, mes discours disent assez quel a été le but de ma vie, combattre l’erreur et l’injustice. Certes, je n’ai pas la prétention de léguer un grand exemple après moi. Mais j’affirme que je laisserai celui de la plus profonde conviction dans la progressibilité indéfinie de l’humanité et du plus sincère amour pour mes semblables. »

 

Si tels secrets pouvaient êtres dévoilés ils feraient progresser l’humanité mais aussi la loi d’amour entre les hommes.

 

Jean-François Guerry.

 

 

 

Pour aller plus loin lire :

 

Soyez parfaites mes Sœurs ! Les pionnières du DROIT HUMAIN. De Annick Drogou -Dominique Segalen.

 

Numérilivre – Éditions des Bords de Seine – 368 Pages – 20€

 

ISBN : 978 2 36632 1456.

   

DU TESTAMENT PHILOSOPHIQUE MAÇONNIQUE

4 avril 1893. Seize femmes, dans le sillage de Maria Deraismes, s’apprêtent à braver l’interdit en posant l’évidence de la Maçonnerie en mixité, dans l’équité de statut et dans l’égalité d’identité.
Qui sont-elles ? Des indignées.
Indignées par le sort déprécié fait aux femmes, par l’absence de tous droits, par les injustices dont sont victimes les enfants. Révoltées par les exactions dont la société donne le triste spectacle historique et politique.
Féministes, conférencières, philanthropes, pacifistes, elles honorent une réputation justifiée de militantes insérées dans le tissu politique, social et civique.
À ces femmes reconnues pour leur maîtrise de la parole publique et écrite, la Franc-Maçonnerie va apprendre la maîtrise du silence.
Et le cheminement initiatique les confirmera dans la certitude qu’elles ne sont pas condamnées à une place définitivement inférieure, en leur offrant l’espace de leur juste place librement, mutuellement et rituellement consentie.
Prenez place…

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Publié le par Jean-François Guerry
RECENSION : PAROLES D'ARBRES

RECENSION : « PAROLES D’ARBRES » de Claude Cuvelier

 

 

Claude Cuvelier Architecte international franc-maçon opératif et spéculatif grand rêveur, nous invite avec ce livre à une balade dans une forêt ou les arbres parlent, lui parle, nous parlent.

C'est au-delà du symbolisme végétal une série de conte initiatique propice à l'élévation spirituelle du lecteur. La matière se transforme, se régénère peu à peu se métamorphose en esprit, la sève spirituelle monte en nous.

 

Les arbres sont des symboles vivants présent dans toutes les traditions. L'arche de Noé le premier temple de Jérusalem furent construits en bois. La franc-maçonnerie Noachite et la franc-maçonnerie forestière sont des résurgences de traditions antiques. Les  rituels des francs-maçons forestiers, bons cousins et fendeurs ont des rituels peuplés d’arbres.

 

Les contes initiatiques de ‘paroles d'arbres’ parlent à notre cœur. Arbres de vie, de la connaissance, sacrés, des hommes, des oiseaux, de la Renaissance peuplent nos forêts à nous de les découvrir.

Claude Cuvelier, Consacre un chapitre aux arbres et à la franc-maçonnerie, arbre de force, de sagesse et de beauté, arbre axe du monde, arbre inversé.

Pour Claude Cuvelier, les arbres semblent être de véritables pédagogues de la spiritualité et des traditions. À l’instar du cèdre du Liban, qui correspond bien à ce pays, le cèdre sous ses larges et immenses branches abrite de multiples traditions.

 

Les arbres de Claude Cuvelier sont des récepteurs de la Lumière, il la transforme en vie. À force de contempler les arbres sacrés, ce grand rêveur a fini par découvrir qu’ils sont une âme. Leurs âmes peuplent nos forêts, elles murmurent dans le souffle du vent à l’orée des forêts, elles nous appellent à l’élévation spirituelle.

 

Oui les arbres parlent à ceux qui veulent bien prendre le temps de les écouter, Claude Cuvelier a traduit quelques-unes de leurs paroles pour nous. Lui qui connaît bien l’Acacia, avec son livre nous invite à une ballade serpentine, onirique, ésotérique, initiatique, originale à la découverte de ces géants sur lesquels enfants nous grimpions pour voir plus loin, plus haut.

 

Jean-François Guerry.

 

À lire : « Paroles d’Arbres » de Claude Cuvelier

Chez NUMERILIVRE – Éditions des Bords de Seine-168 Pages, 18 €.

 

ISBN : 978 236 632 1470.

www.numerilivre.fr

Claude Cuvelier

Claude Cuvelier

RECENSION : PAROLES D'ARBRES

 

Claude Cuvelier: Style français, âme vietnamienne

Nhân Dân en ligne - Ceux qui ont eu l’occasion de parler à Claude Cuvelier, architecte français, auteur d’œuvres architecturales somptueuses comme Tràng Tiên Plaza à Hanoi ou Vinpearl, la zone touristique Hon Ngoc Viêt à NhaTrang, ont tous remarqué qu’il avait un style très français.

L’histoire du gendre vietnamien Cuvelier a commencé par une jeune fille vietnamienne, dont il est tombé amoureux en 1988, un an seulement après être arrivé au Vietnam. Les fruits de ce « coup de foudre »est un mariage heureux, avec une petite fille et un garçon.

Le Vietnam dans les yeux du gendre français

Par sa voix française malicieuse, il a confié: «J’aime le Vietnam. Les Vietnamiens et les Français ont une tradition très proche et une vie très sentimentale et spirituelle, et en particulier, les femmes vietnamiennes et françaises sont tous jolies».

«La différence avec les femmes françaises, c’est que les Vietnamiennes sourient toujours. J’aime ça. Je trouve que lorsque je rie avec une Vietnamienne, je suis sûr qu’elle va sourire pour me répondre», a-t-il remarqué.

Notre histoire passe à l’architecture, il ouvre alors son cœur: «Il faut dire que la qualité architecturale et la construction au Vietnam connaissent de plus en plus de progrès, avec des changements notables. Les ouvrages sont plus beaux par rapport à ceux construits il y a 20 ans lorsque je venais tout juste d’arriver au Vietnam».

«J’ai plus d’amis»

Cette année, Claude Cuvelier va célébrer ses 20 ans de vie et de travail au Vietnam. Pendant cette période, il a réalisé plus de 40 ouvrages dans la plupart des grandes villes vietnamiennes.

En 1987, il est arrivé au Vietnam en tant qu’architecte d’intérieur de l’hôtel Hilton Hanoi Opera pour le groupe CBC. Grâce à l’aide du gouvernement français, il a eu de nombreux autres projets à Hanoi comme le projet de l’Institut français de Hanoi L’Espace, le projet du Centre commercial Tràng Tiên Plaza, etc. Plus tard, il a reçu de nombreuses grandes commandes comme Vinpearl Land, Etown I & II, etc.

«Au Vietnam, j’ai eu un doublé. En plus de mon travail avec ces projets, j’ai encore plus de bons amis. Je suis très content de travailler avec les partenaires vietnamiens. Nombreux d’entre eux sont devenus des amis proches, ce qui me rend très heureux», a-t-il partagé.

Malgré le temps court de cet entretien entre l’architecte français et moi-même, j’ai trouvé qu’il avait en lui une harmonie entre les deux cultures. C’est un architecte représentant le style très français, mais avec une âme très vietnamienne.

NDEL

 

Claude CUVELIER, Architecte International, résidant aujourd’hui au Vietnam est un Franc-Maçon tant opératif que spéculatif depuis quarante cinq ans. Il a été fondateur en 1993 de la Respectable Loge l’ARBRE à Paris et de la Respectable Loge CAY DOI (Arbre de Vie) en 2012 à Hanoi.

Ses nombreux essais ont concerné en général la Franc-Maçonnerie et divers aspects de l’ésotérisme dans les Rites qu’il a pratiqués ; une partie de ses écrits fut consacrée à l’Arbre depuis la création de la première Loge portant ce nom.

Il publie chez Numerilivre "Paroles d'Arbres", 31 récits ouverts au dialogue philosophique.


L’arbre est né dans l’univers avant l’Homme. Celui-ci, animal pensant, s’est vite identifié à la structure de son prédécesseur végétal, jusqu’à y voir son modèle corporel. Des racines, tronc et feuillage de l’un, les jambes, buste et tête de l’autre. Les millénaires traversés jusqu’à nos jours, il ne manquait que la parole à l’arbre : Claude Cuvelier lui offre au long de ce livre original, confirmant - son riche imaginaire à l’appui - l’intelligence communicante prêtée à cette plante.

Au fil de trente et un récits ouverts au dialogue philosophique, est mise en scène toute une diversité qui verdoie la planète, du majestueux cèdre des forêts libanaises aux cyprès, ifs et acacias méditerranéens, du saule pleureur au tremble élancé, du gland devenu chêne au bouleau et pommier de France, ...

 

L’arbre est né dans l’univers avant l’Homme. Celui-ci, animal pensant, s’est vite identifié à la structure de son prédécesseur végétal, jusqu’à y voir son modèle corporel. Des racines, tronc et feuillage de l’un, les jambes, buste et tête de l’autre. Les millénaires traversés jusqu’à nos jours, il ne manquait que la parole à l’arbre : Claude Cuvelier lui offre au long de ce livre original, confirmant - son riche imaginaire à l’appui - l’intelligence communicante prêtée à cette plante.

Au fil de trente et un récits ouverts au dialogue philosophique, est mise en scène toute une diversité qui verdoie la planète, du majestueux cèdre des forêts libanaises aux cyprès, ifs et acacias méditerranéens, du saule pleureur au tremble élancé, du gland devenu chêne au bouleau et pommier de France, du banian des Indes au gracieux bonsaï des plaines vietnamiennes.

Au vrai, c’est l’histoire de l’Homme qui est ici contée. Si l’arbre constitue le lien symbolique entre terre et ciel dans de nombreuses mythologies, il est également, parmi d’autres, l’arbre de la Connaissance au jardin d’Eden, l’arbre séphirothique de la Kabbale et l’Arbre à palabres des africains. La légende sort de la Bible pour côtoyer le réel.

Accompagné par le poétique chant des oiseaux en fond sonore, l’auteur nous renvoie à la franc-maçonnerie. Celle du bois, de la pierre et du verre conjuguées. Sans les frères forestiers, fendeurs de charpentes et étais, sans les frères verriers, créateurs de lumières, les frères bâtisseurs n’auraient jamais pu lancer les flèches des magnifiques cathédrales aux vitraux miroitants, dans les ciels de l’Europe médiévale.

Avec l’arbre en majesté, voici un ouvrage « vivant », orné des trois dimensions du temps. Y apparaissent ensemble les racines du passé, les frondaisons du présent et les fruits du futur.

Partant, chaque arbre invite à l’élévation spirituelle dans une harmonieuse clarté : Il devient alors, dit joliment Claude Cuvelier, l’élan d’une âme vers l’origine divine.

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Publié le par Rémy Le Tallec
Pierre Assouline

Pierre Assouline

Recension à propos de Kipling.

 

Le seul nom de Kipling évoque pour tout le monde le « Livre de la jungle », mais pour les Francs-Maçons c’est bien plus ses poèmes emblématiques que sont : « Ma Loge mère » et « Si ». Rémy Le Tallec nous propose une recension du livre de Pierre Assouline paru sous le titre : « Tu seras un homme mon fils »

 

Jean-François Guerry.

Pierre Assouline – « Tu seras un homme, mon fils » (Gallimard, 2020)

 

Rudyard Kipling, universellement connu pour son « Livre de la jungle », est aussi particulièrement cher au cœur des francs-maçons pour son poème fameux intitulé « If », adapté en français sous le titre « Tu seras un homme mon fils », son dernier vers.

 

Tout franc maçon connaît ce poème de Rudyard Kipling, qui élève très haut l’exigence éthique humaine, et donc a fortiori maçonnique, sous forme de message d’un père à son fils. C’est le point de départ de ce livre de Pierre Assouline, premier successeur de Bernard Pivot à la tête de la revue Lire, par ailleurs éminent auteur de biographies monumentales (Albert Londres, Hergé, Gaston Gallimard, Simenon, Cartier-Bresson…) et d’une abondante et remarquable oeuvre littéraire (Lutetia, Double vie, Le portrait, Vies de Job…etc).

 

Un jeune professeur de lettres à Paris, admirateur de Kipling, rêve de donner latraduction idéale du poème « If », et pour ce faire, il rencontre à de nombreuses reprises le poète-écrivain

aux Indes, comme on disait à l’époque, trimballé de famille d’accueil en famille d’accueil, des Indes en Grande-Bretagne, devenu journaliste, publie nouvelles, contes et poèmes, curieux, grand voyageur, Angleterre, Etats-Unis, France, pour laquelle il gardera toute sa vie une tendresse particulière. Chantre inconditionnel des grandes heures de l’empire britannique, il en devient la star littéraire entre fin XIXème – début XXème siècle, et reçoit le prix Nobel en 1907.

 

Le jeune professeur Lambert côtoie durant plusieurs années l’auteur de son poème afin de décrocher son approbation de la traduction française du fameux poème « If » qu’il essaie de concocter, et de percer, avec des trésors de discrétion, l’intimité de l’écrivain et surtout comprendre l’esprit qui a inspiré ce poème.

 

Au fil des pérégrinations littéraires et des lieux de villégiature de la société aristocratique de l’époque, entre Londres, la campagne anglaise, le sud de la France et Paris, se dévoile la vraie personnalité de Kipling, son attachement premier à sa famille, son quant à soi d’élégance intérieure, en total contraste avec un humour dévastateur, et des opinions bien tranchées et revendiquées qui ne lui valent pas que des amis.  Où l’on s’aperçoit qu’on peut être admiré sans être aimé en son propre pays, où la litote est un sport national ; logique, lorsqu’on préfère la considération à la popularité. Kipling n’est pas simplement entier, hyperactif, c’est un inconditionnel dans l’âme : antisémite et implacablement anti-allemand, ce sont ses moindres défauts. De même, quand il aime, c’est sans mesure, la France le sait mieux que toute autre nation , tant sa francophilie et son admiration pour les grands auteurs de la littérature française ressort par tous les pores de son inspiration. Et face aux ténèbres de l’histoire, il est viscéralement du côté de la lumière et prêt à défendre jusqu’au dernier homme contre l’assaut des ténèbres.

 

A rebours de ce que la littérature des fin XX et début XXIème siècles charrie comme contemplations nombrilesques et impudeurs égotiques, Kipling est de ceux qui écrivent certains textes pour y exprimer des choses qu’ils n’oseraient confier à personne. Et Lambert/Assouline, fin analyste, réussit néanmoins à pénétrer le secret intime de Kipling, et la culpabilité qui le ronge depuis la mort de sa fille à 6 ans,  comme si une lumière s’était définitivement éteinte en lui. Sentiment de culpabilité décuplé par la perte de son fils au tout début de la 1ère guerre.

 

Déclaré inapte au service armé malgré l’intervention de son père, - humiliation insupportable pour le plus grand patriote des grands écrivains de l’Empire britannique – et malgré ses déficiences physiques bien réelles, John Kipling veut à tout prix accomplir son devoir. Il réussit à se faire engager dans l’aviation, et sera abattu dès 1915 dans les ciels de Loos, au Nord de la France. Pour ajouter à l’horreur, malgré toutes les recherches officielles, appuyées par les propres recherches diligentées par son père, son corps ne sera pas retrouvé.

 

Dès lors, la vie de Kipling est hantée par cette blessure ouverte et le chagrin de ses enfants disparus, et la lancinante question posée par ce poème « If » : son exigence morale n’est-elle pas à la source de l’engagement de son fils ? Cruelle intranquillité de l’âme qui taraude tant d’esprits humains.

 

Homme d’honneur, avec son génie d’écrivain et son art poétique, son aura personnelle, Kipling n’aura de cesse d’alerter ses contemporains pacifistes sur les dangers du nazisme.

 

Rappel tragique du destin, à la fin du roman, c’est le propre fils de Lambert qui s’engage dans l’armée quand éclate la seconde guerre mondiale. Et le moins jeune professeur Lambert nous délivre enfin sa traduction du poème « Tu seras un homme mon fils ! ».

Qui repose la vivante et éternelle question de la transmission père-fils.

 

Rémy Le Tallec.

 

PS : Comme toujours chez Pierre Assouline, une opulente bibliographie en fin de volume permet de mesurer l’ampleur, la diversité, l’exhaustivité peut-être, des sources qui légitiment la crédibilité s’il en était besoin, et l’authenticité de cette magnifique œuvre romanesque autour d’un personnage bien réel.

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Publié le par Clementia

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Publié le par Jean-François Guerry
Samuel Paty Héros de la République.
Samuel Paty Héros de la République.

Samuel Paty Héros de la République.

LES MOTS ET LES MAUX

 

 

Les maux dont nous souffrons viennent souvent des mots que nous employons. Nous ne connaissons plus les mots justes. L'assassinat par un barbare, d'un enseignant de notre République fondée sur les mots liberté égalité fraternité.

 La barbarie est ce qui précéda la justice incarnée par Thémis, Qui prit place à côté de Zeus le Dieu de tous les dieux le sortant ainsi de sa barbarie. Ce fut en quelque sorte le commencement de l'humanité véritable. Les hommes en plaçant la justice à la cime de leurs préoccupations renoncer à être des bêtes sanguinaires pour devenir des hommes véritables.

 

En ce mois d'octobre 2020 les ténèbres de la barbarie recouvrent encore la lumière, les lumières. Un homme a été sauvagement assassiné pour avoir défendu la liberté d'expression inscrite dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

 

Bien sûr, nous avons tous une pensée, pour lui et sa famille point comment pourrait-il en être autrement. Nous ferons démarches, des commémorations, nous nommerons des rues, des places, nous célébrerons sa mémoire. Et puis ...

 

Nous écrirons à côté de son nom comme à côté de celui d'Arnaud Beltrame, « victime.» au lieu de héros Pour preuve que déjà nous cédons à la peur point nous ne décrirons pas à côté de lui le nom de son assassin de son bourreau en le qualifiant de barbare.

 

Comme l'aveu d'une intolérable soumission à son assassin. Le mot victime, précède celui de héros.

 

La franc-maçonnerie nous apprend à renoncer à la vengeance et aller dans un effort sublime jusqu'au pardon. Mais, oui il y a un mais à condition que la justice, la repentance, et la peine soit passées. Sans cela il ne peut y avoir une justice digne et respectable de l'homme.

 

Arnaud Beltrame, Samuel Paty, Comme tous nos jeunes soldats qui sont morts au Sahel, ne sont pas des victimes mais des héros. Ils sont morts pour nous tous pour la France pour notre liberté. Ils sont morts au nom de la lutte contre les totalitarismes, les fanatismes de tous ordres religieux où politiques.

 

S'il faut leur donner une médaille en signe de reconnaissance, il faut que sur cette médaille soit inscrit la mention héros contre le terrorisme et non victime.

 

 

Dans une période où nos enfants sont engagés au Sahel. L’on échange un otage, en libérant les terroristes qui tuent nos militaires. Cet otage au demeurant respectable, comme nous tous ni plus ni moins. Elle déclare dès sa libération, en présence du président de la République et du ministre des Affaires étrangères, avoir été bien traité les expriment le désir merci de retourner au plus vite au Mali sans évoquer un seul instant nos militaires qui eux se battent pour défendre nos libertés.  

 

De nos jours les hors-la-loi quand ils sont interpellés sont vides qualifier de victimes. Ce renversement permet de les exonérer de leurs crimes et de leurs délits. Cette confusion des mots est la source de bien de nos maux.

 

Alors courage, oui courage car c'est ce qui manque le plus. Ne parlons plus de victimes ni des victimes parlons quand même un peu des héros de la République.

 

Pour ma part, et je pense pour beaucoup d'entre vous je me recueille en pensant à ces héros du quotidien. Mais surtout je demande de l'action, du courage, et la reconnaissance de la dignité de Samuel Paty en qualité de héros de la République et non de victime.

 

Apportons notre soutien à l'armée française, aux enseignants qui sont aussi les soldats de notre République et qui sont tous aussi les soldats de l'universelle fraternité qui doit régner entre les hommes, valeur maçonnique partagée par toutes les Sœurs, et tous les Frères.

 

                                                     Jean-François Guerry.

 

 

 

PS : Je remercie un lecteur du Blog Y.H. qui m’a fait parvenir un texte à l’origine de cette réflexion.    

Arnaud Beltrame, Journalistes de Charlie Hebdo, Soldats morts au Sahel... tous des héros.
Arnaud Beltrame, Journalistes de Charlie Hebdo, Soldats morts au Sahel... tous des héros.
Arnaud Beltrame, Journalistes de Charlie Hebdo, Soldats morts au Sahel... tous des héros.

Arnaud Beltrame, Journalistes de Charlie Hebdo, Soldats morts au Sahel... tous des héros.

LES MOTS ET LES MAUX
LES MOTS ET LES MAUX
LES MOTS ET LES MAUX

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Publié le par Clementia

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Publié le par Jean-François Guerry - Rémy Le Tallec
LE SENS DE L'HONNEUR

LE SENS DE L’HONNEUR

 

Alors que la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française est entrée dans sa neuvième année d’existence en Juin dernier, paraissait le 6ème Cahier de l’Alliance sur le Thème : Le sens de l’Honneur – Une force d’âme qui oblige. Dès sa parution j’avais souligné la qualité de ce Cahier dans la lignée des précédents. Alors que la GLAMF va tenir son convent en cette fin de semaine, le 7ème Cahier de l’Alliance sa Revue d’Études & Recherche Maçonniques paraît à propos sur le thème La Tradition – un héritage, une source, un label.Je reviendrais prochainement sur ce dernier Cahier.

 

Un contributeur du Blog Rémy Le Tallec, trop rare dans ses expressions, a souhaité revenir sur le 6ème Cahier, enrichissant ainsi la réflexion, c’est le témoignage de la qualité de ces Cahiers qui sont un outil d’accompagnement pour tous ceux qui veulent progresser dans la voie de l’initiation Maçonnique. Les « profanes » quant à eux y trouveront des thèmes de réflexion et peut-être l’envie un jour, selon leur désir de frapper à la porte du temple.

Je laisse la parole et les clés à Rémy Le Tallec, et je souhaite un bon convent à tous les Frères de la GLAMF.

 

Jean-François Guerry.

LE SENS DE L'HONNEUR

Le Sens de l’Honneur, une force d’âme qui oblige                            

(Cahiers de l’Alliance, n°6, juin 2020)

 

L’honneur, la morale, la loyauté, la probité, ces mots qui expriment les valeurs humaines les plus profondes n’ont plus cours. Ce numéro des Cahiers de l’Alliance, intitulé « Le sens de l’honneur, une force d’âme qui oblige », vient avec pertinence rappeler ces caractéristiques de « l’honnête homme » selon l’acception traditionnelle des siècles derniers, souvent reniée aujourd’hui au nom de la modernité et de la liberté, et rappelle plus encore, celles de « l’homme d’honneur » qu’est censé devenir le franc-maçon.

 

Sur le sens de l’honneur, tous les auteurs se rejoignent pour rappeler l’exigence de l’être humain social, et a fortiori du maçon, à pratiquer une éthique de l’honneur et de la vertu.

Ces variations sur le sens de l’honneur permettent d’entendre les voix/voies de l’expérience de chacun des auteurs, ce qui forme une remarquable symphonie dont chaque mouvement pourrait être développé à lui seul.Où l’on retrouve comme points de repère, les noms de ces vertus si mal considérées dans le monde profane,

 

Un débat réunissant Natacha Polony, Alexandre Adler et Eric de Montgolfier, fait appel aussi bien à la philosophie grecque, - ascendance prestigieuse qui mériterait d’être plus souvent interrogée - qu’aux périodes les plus sombres de l’histoire contemporaine où la noirceur tragique du déshonneur triomphant illumine par contraste  l’honneur courageux de certains humains. Le spectre vaste et inattendu de ce débat resitue l’humanité de la notion d’honneur dans la vie de chacun au quotidien, et en éclaire son actualité intemporelle.

 

Une éthique de la considération

La philosophe Corinne Pelluchon développe une pensée rayonnante « Au-delà même d’une éthique de l’honneur». Sous le double patronage de Paul Ricoeur et de sa « visée bonne avec autrui dans des institutions justes », et d’Emmanuel Lévinas et son « visage de l’altérité », elle propose une éthique de la considération, qui engloberait l’harmonie du monde vivant. L’honneur ne serait plus simple adhésion à des normes extérieures, mais référence à des critères relevant de sa propre conscience et de sa raison, à une intériorisation de l’éthique.  Une « éthique pensée comme processus de transformation de soi sur un plan spirituel, car il engage le rapport à l’incommensurable ». Corinne Pelluchon argumente ainsi son « éthique de la considération » : La considération est l’attitude globale sur laquelle se fondent les vertus ; elle résulte d’un processus d’individuation, dans lequel la personne intègre en son esprit le monde commun. Et la clef de la considération est la « transcendance » : elle passe par un approfondissement de soi qui élargit la subjectivité et la transforme. « Je sais alors que vivre est toujours « vivre de » et « vivre avec » et même « vivre pour », et j’ai le désir de transmettre un monde habitable ». On le voit, la pensée de Corinne Pelluchon mériterait d’être interrogée à l’aune de la maçonnerie.

 

Première marque traditionnelle, premier témoin de l’honneur, le « Serment »,  auquel Claude Beau redonne à bon droit histoire et vie, car c’est un sujet finalement assez peu traité en maçonnerie, alors qu’il est médiateur de nos valeurs maçonniques. Serment ou Obligation, on lui préfère souvent le terme « engagement », qui est moins exigeant, moins engageant, plus consensuel, et qui permet de traiter de choses plus matérielles qu’éthiques. De la Bible à la société du Moyen Age, des bâtisseurs de cathédrales à la maçonnerie spéculative, du geste aux pénalités symboliques, on sait gré à Claude Beau, ancien Grand Maître, pour ce retour aux sources, et à la signification oubliée du serment. Retour aux sources où la parole avait un sens, le sens de l’honneur justement, cette fondamentale histoire avait besoin d’être racontée. (« Le serment maçonnique, ses origines, son histoire »)

 

Autre pilier du dossier, « Honneur, vertu et voie initiatique ». Avec l’érudition ébouriffante, la simplicité et la maîtrise pédagogique qu’on lui connaît, Francis Bardot nous embarque sur le chemin (j’allais dire sur le bateau), de l’initiation, en y agrégeant en viatique tout ce que peut contenir, éprouver, nécessiter toute progression initiatique. La séparation d’avec un monde profane, où la morale, l’éthique, la loyauté, la probité, l’honneur, la dignité humaine sont bannis des journaux, des radios, des écrans télé et des réseaux dits sociaux, au profit des marchands de bonheur illusoire. La séparation d’avec l’ego, l’individualisme, l’égotisme.

Certes, il laisse au passage quelques questions en suspens, mais on le sait, Francis Bardot a choisi de pratiquer une maçonnerie de spiritualité, une  progression intérieure par le « Monde « d’en haut », et  par le chemin d’une ascèse stoïcienne dont il épouse les valeurs : courage, prudence, tempérance, justice, et dont les traductions symboliques emplissent nos rituels. Et il rejoint la fraternité des humains « dont la transcendance commune est la dignité humaine ».

 

En post-scriptum de ce dossier, une forte et heureuse « Méditation sur l’honneur » de Jean Dumonteil où l’honneur est inséparable de l’éthique, de l’engagement, de l’humilité, de la fidélité, de la fraternité. « Avons-nous oublié la force de ces paroles qui nous ont été adressées au tout début de notre parcours initiatique ? » interroge-t-il. Encore un bonheur de lecture où se posent plus de questions que de réponses dogmatiques. Donc, une ouverture sur l’avenir de l’honneur de notre ordre maçonnique.

« Un homme d’honneur », ainsi était qualifié le franc-maçon dans les Constitutions d’Anderson, en 1723… !

 

Rémy Le Tallec.

 

 

PS : On peut lire utilement de Corinne Pelluchon, « Ethique de la Considération » (Seuil, 2018)

LE SENS DE L'HONNEUR

VIENT DE PARAITRE-

 

La Tradition

un héritage, une source, un label… 

 

La Tradition ne peut être considérée que comme un label qui permettrait de différencier les obédiences maçonniques.

 

Pour autant, la Tradition n’est ni un talisman, ni une posture confortable qui permettrait de se proclamer héritiers et surtout détenteurs d’une vérité oubliée.

 

Au contraire, la Tradition est une source sans cesse jaillissante pour peu que les Francs-maçons continuent leur travail afin de la désencombrer de tout ce qui en obstrue l’accès à nos contemporains dans la société désenchantée et techniciste où nous vivons.

 

Alors oui, il faut revendiquer cette ambition de Tradition, même si cela peut paraître un pléonasme pour les initiés, car la Franc-maçonnerie, vécue authentiquement, est par essence traditionnelle. Elle est la source permanente et toujours actuelle du questionnement sur notre responsabilité d’homme.

 

 

Au sommaire

 

Jean-René DALLE, Revendiquer la Tradition

François-Xavier TASSEL, L’« invention » de la tradition

Gaston-Paul EFFA, La Tradition comme livre de vie

Jean DUMONTEIL, La transmission au-delà des mots

Pierre PELLE LE CROISA, L’étincelle de lumière sous la cendre

Jacques BRANCHUT, Tradition primordiale et mythes anciens

Richard BACIN, Traditions africaines

Jean DUMONTEIL, Méditation sur Tradition et transmission

 

 

Cahiers de L’Alliance n°7, LaTradition, Ed Numérilivre, Paris, octobre 2020,

120 pages, 18 €. – abonnement 3 numéros, 48 €.

 

A commander sur www.esophoros.fr ou www.numerilivre.fr

 

 

Au rythme de 3 numéros par an, les Cahiers de L’Alliance se proposent de traiter des grands sujets intemporels de la pensée maçonnique et d’aborder les défis auxquels la tradition spirituelle est aujourd’hui confrontée. 

Ils sont édités par la Loge nationale de recherche de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.

 

Directeur de la rédaction : Jean DUMONTEIL - Rédacteur en chef : Jean-Claude TRIBOUT

 

CONTACT PRESSE - Jean-Claude TRIBOUT – 06 76 68 78 21 – cahiers.redaction@gl-amf.net

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Publié le par Jean-François Guerry
INITIER, SÉPARER

INITIER, SÉPARER

 

 

Dans son livre « Le Mythe de l’Éternel Retour » le philosophe des religions Mircea Eliade, décrit le refus des sociétés archaïques traditionnelles concernant le temps historique, et leur sacralisation du temps cyclique, rejetant donc le temps profane continu et de fait introduisant une valorisation de la métaphysique de l’existence humaine comme il l’écrit dans l’avant-propos de son livre.

 

On touche là, à l’universalisme et l’on peut tenter une analogie avec le concept de « Tradition Primordiale ou de Religion Universelle » de René Guénon ce qui nous conduit à la Franc-Maçonnerie de Tradition. Ce mythe de l’éternel retour peut être figuré par l’image de l’Ouroboros. Ce désir de jouvence de remonter aux sources, au commencement, à l’unique, la recherche d’une parole perdue demande un long développement. Je suggérerais donc simplement comment y parvenir, par l’action d’initiation, qui inclue la séparation.

 

Séparation du grossier pour atteindre le subtil, retrait des impuretés pour atteindre l’Or fin, l’Or pur, l’Or spirituel. L’origine de la séparation remonte à la Genèse, c’est-à-dire à l’origine du monde et de l’humanité, du premier des Bing Bang pour certains, de création biblique pour les autres. Il est écrit Gen I-4 :

« Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. »

 

Les Francs-Maçons revendiquent être des enfants de la Lumière et ils sont dans une recherche constante de celle-ci.

 

Gen I-6 : « (…) qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux et il en fût ainsi. Dieu fit le firmament qui sépara les eaux qui sont sous le firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament.

 

(…) il y eut un soir et un matin. »

 

Gen II-8 : « (…) Dieu planta un jardin en Eden, à l’orient (…) et un arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. »

 

Cela nous rappelle la connaissance des éléments dans les premières épreuves initiatiques. La séparation entre le monde profane et le monde sacré. La séparation entre ceux qui sont élus et ceux qui ne le sont pas ; la séparation entre le vice et la vertu.

 

La séparation entre l’Ordre et le Chaos, cette séparation initiatique est une véritable œuvre de création d’un homme régénéré.

L’initiation sépare donc la matière de l’esprit, le vil métal de l’Or philosophique, véritable choc, rupture pour une reconstruction personnelle. L’initiation permet aussi de revenir dans le monde profane après une séparation, pour porter dans celui-ci la trace du sacré.

 

Jean-François Guerry.   

INITIER, SÉPARER

Comme Léo

 

Je rêve d’absolu et souvent je m’évade,

Vers quelque port sudiste dans une cavalcade

Effrayante et sublime où je me sens renaître

Parmi d’autres parias, des fuyards du paraître.

 

Ras le bol des postures, des semblants des fuyants,

Il faut changer de cap pour gagner l’espérance

Aller tout droit devant en un cadre seyant

Et s’entendre gueuler, comme une seconde chance.

 

La société bidon où j’ai perdu mon temps

Et ses droits de passage pour mes rêves envolés,

Donne envie de vomir sur l’image vérolée

Tant j’ai gâché l’éveil à feindre en barbotant.

 

Ils m’ont pris tout cela, m’ont tout ingurgité

De leur morale de merde jusqu’aux plans de bataille

Pour gagner dans la boue et puis sous la mitraille

L’épitaphe de con toujours ressuscité.

 

Philippe Jouvert.

INITIER, SÉPARER

CROQUENOTS

 

Un vagabond pochard, pochard, pochard

Déplaçait une odeur de vieux fumier d’antan

Qui montait de ses croquenots bizarres, bizarres, bizarres.

 

 

Ils le suivaient partout, partout, partout

Essoufflés béants aérés et sentants

Avec ses gros orteils vent debout, vent debout, vent debout.

 

 

Les autres doigts de pieds jaloux, jaloux, jaloux

Essaient bien de pousser ce qui reste de cuir ou de vieux journaux

Car ils manquent d’air là dessous, là dessous, là dessous.

 

 

Ces deux croquenots bizarres, bizarres, bizarres

Nous montrent de façon bien singulière

Que naître fort ou faible n’est que hasard, hasard, hasard.

 

Jean-Pierre Rousseau Gawr’né mémoires de confinement 2020.

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Publié le par Jean-François Guerry
LA PLÉNITUDE DE LA SOLITUDE

LA PLÉNITUDE DE LA SOLITUDE

 

Du secret au sacré, du sacré au divin, s’il faut un bâton de pèlerin pour se mettre en chemin, l’épaule d’un parrain, la main experte d’un frère pour nous conduire au cabinet de réflexion, c’est bien seul que l’on s’initie.

 Dans le cabinet noir, seul face à soi-même, la trace de l’encre rempli la dernière page de notre vie avant la cérémonie d’initiation, le testament philosophique, symbolique est la porte qui se ferme sur le monde d’avant et ouvre la porte d’un nouveau monde. C’est là seul avec soi-même que se révèle notre désir du mieux, du bien, du bon notre soif de transcendance. Le rêve de pénétrer dans le monde de l’esprit, le rêve du monde où règne la justice, l’amour de soi et des autres.

LE DOLMEN DE FALDOUET À JERSEY

C’est le premier pas de l’homme solitaire vers la Lumière, l’instant magique de la révélation, de la contemplation du beau. J’ai soudain en mémoire le poème des Contemplations de Victor Hugo. Il a écrit de poème pendant son exil solitaire à Jersey au Dolmen de Faldouet, il était minuit plein en ce jour de mars 1855.

 

                  NOMEN, NUMEN, LUMEN

 

        Quand il eut terminé, quand les soleils épars,

       Éblouis, du chaos montant de toutes parts,

       Se furent rangés à leur place profonde,

       Il sentit le besoin de se nommer au monde ;

       Et l’être formidable et serein se leva ;

       Il se dressa sur l’ombre et cria : JÉHOVAH !

       Et dans l’immensité ces sept lettres tombèrent ;

  Et ce sont, dans les cieux que nos yeux   réverbèrent,

  Au-dessus de nos fronts tremblants sous leur rayon,

       Les sept astres géants du noir septentrion.

 

                                          Victor Hugo.

 

Le numen, nomen… est la dernière flamboyance, le triangle lumineux, le lumen est l’étincelle divine, dont soudain j’ai perçu la lueur dans le cabinet sombre, l’ordre après le chaos.

 

La solitude du cabinet de réflexion, révèle le contraste entre les ténèbres et la Lumière, elle me met devant un choix, face à moi-même, une porte se ferme, une autre s’ouvre, celle qui est à l’intérieur.

La solitude des ténèbres me mènera jusque l’Or du silence, sous la Lumière de la Lune, sur la voie de la Parole d’amour et de la Vérité.

 

                                            Jean-François Guerry.

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