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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Albert Camus un Combattant pour l’Égalité et la Liberté.

Albert Camus un Combattant pour l’Égalité et la Liberté.

 

 

Je ne sais pas pourquoi aujourd’hui je veux vous parler d’Albert Camus, peut-être parce qu’il flotte dans l’air un relent d’inégalités, peut-être parce que Albert Camus est né à une autre époque, mais en novembre, dans l’ancien monde. Dans un monde aussi avec ses problèmes, ses haines, ses inégalités, ses injustices et qu’il fût dans ce monde un homme libre, intransigeant refusant toutes les compromissions, les idéologies, les dogmes qui se détournent de l’humain.

Albert Camus malgré sa condition modeste son père humble caviste, sa mère en partie sourde « ne savait ni lire, ni écrire », le jeune Albert ne se considérait pas comme une victime de la société et c’est avec joie qu’il allait à la « communale », cette école de la république qui lui a permis de passer de l’ombre à la lumière.

Remarqué par son instit Louis Germain, il sera boursier vous connaissez la suite, mais peut-être pas, cette lettre écrite à son instituteur, quelques-temps, après avoir reçu son prix Nobel de littérature en 1957. Albert Camus a eu la chance de vivre dans un ancien monde où l’on transmettait des valeurs universelles aux plus modestes, aux plus dignes aussi de les recevoir, ces enfants là avaient le respect de leurs enseignants.

 

JF.

 

Le 19 Novembre 1957

 

Cher Monsieur Germain,

 

J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé.

Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur. Mais celui-là est du moins une occasion de vous dire ce que vous avez été, êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces.

 

                                                                      Albert Camus.

 

 

 

Alger, ce 30 Avril 1959

 

Mon Cher petit,

 

(…) Je ne sais t’exprimer la joie que tu m’as faite par ton geste gracieux, ni la manière de te remercier. Si c’était possible, je serrerais bien fort le grand garçon que tu es devenu et qui restera toujours pour moi « mon petit Camus ». (…) J’ai l’impression que ceux qui essayent de percer ta personnalité n’y arrivent pas tout à fait. Tu as toujours montré une pudeur instinctive à déceler ta nature, tes sentiments. Tu y arrive d’autant mieux que tu es simple, direct. Et bon par-dessus le marché ! (…)

Le pédagogue qui veut faire consciencieusement son métier ne néglige aucune occasion de connaître ses élèves, ses enfants, et il s’en présente sans cesse.

Une réponse, un geste, une attitude sont amplement révélateurs. Je crois donc bien connaître le gentil petit bonhomme que tu étais, et l’enfant, bien souvent, contient en germe l’homme qu’il deviendra. Ton plaisir d’être en classe éclatait de toutes parts. Ton vidage manifestait l’optimisme.

 

Et à t’étudier, je n’ai jamais soupçonné la vraie situation de ta famille, je n’en n’ai eu qu’un aperçu au moment où ta maman est venue me voir au sujet de ton inscription sur la liste des candidats aux Bourses. (…) Tu avais toujours ce qu’il fallait. Comme ton frère, tu étais gentiment habillé. Je crois que je ne puis faire un plus bel éloge de ta maman. (…)

 

Et c’est une satisfaction très grande pour moi de constater que ta célébrité ne t’avait pas tourné la tête. Tu es resté Camus bravo. (…)

 

Je vais te raconter ce que nous disait parfois notre directeur d’École Normale. Il était très, très dur pour nous, ce qui nous empêchait de voir, de sentir qu’il nous aimait réellement. « La nature tient un grand livre où elle inscrit minutieusement tous les excès que vous commettez. » J’avoue que ce sage avis m’a souvent de fois retenu au moment où j’allais l’oublier. Alors, dis, essaye de garder blanche la page qui t’est réservée sur le grand livre de la nature. (…)

 

Avant de terminer, je veux te dire le mal que j’éprouve en tant qu’instituteur laïc, devant les projets menaçants ourdis contre notre école. Je crois, durant toute ma carrière, avoir respecté ce qu’il y a de plus sacré dans l’enfant : le droit de chercher la vérité. Je vous ai tous aimés et crois avoir fait tout mon possible pour ne pas manifester mes idées et peser sur votre jeune intelligence. Lorsqu’il était question de Dieu (c’est dans le programme), je disais que certains y croyaient, d’autres non. Et que dans la plénitude de ses droits, chacun faisait ce qu’il voulait. (….)

 

Madame Germain et moi vous embrassons tous quatre bien fort. Affectueusement à vous.

 

                                                             Germain Louis.

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