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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
DU LIBRE ARBITRE, DE LA MORALE, DE LA PERFECTIBILITE.

DU LIBRE ARBITRE, DE LA MORALE, DE LA PERFECTIBILITE.

 

 

 

La pratique de la philosophie, j’ai bien dit la pratique en tant qu’exercice spirituel et l’initiation maçonnique sont-elles si différentes ? Elles naissent d’une prise de conscience de l’incomplétude de la matérialité pour donner un sens à notre vie. D’un désir de spiritualité, d’une volonté d’élever, de libérer son esprit.

 

La source serait donc située dans notre conscience, dans ce désir du vrai et du juste qui apparaît comme une forme de morale choisie. Cela pose dès lors la question du libre arbitre par opposition au déterminisme, l’homme a-t-il la liberté de choix, peut-il choisir le bien ou le mal, le vice ou la vertu est-il libre, et si cette liberté vient de sa conscience, celle-ci émane-t-elle d’une transcendance d’un grand architecte créateur, qualifié de bon par nature. Dès lors le mal ne résulterait que du choix personnel de l’homme. 

 

Adam pêche par vanité dans l’espoir de devenir Dieu, Caïn par son fratricide devient l’incarnation du mal, il est déréglé par son orgueil et son ambition. Pour être libre et bon il faut donc combattre ses passions, au minimum les maîtriser.

 

Où se situe l’influence du grand architecte dans notre libre arbitre, sommes-nous des marionnettes entre ses mains ou des êtres conscients, actifs, perfectibles ? C’est cette conjonction de l’immanence et la transcendance qui s’incarne dans la progression initiatique, la lumière ne demande qu’à grandir, les ténèbres doivent diminuer.

Quand par la force de sa volonté l’on exerce son libre arbitre, naît la satisfaction du devoir accompli, le sentiment que nous avons fait en conscience ce que nous pensions devoir faire, alors on ressent non pas de l’orgueil, mais une forme de paix intérieure. Ce libre arbitre exercé nous porte vers le bien.

 

                     « Bien faire et se tenir en joie. »

 

C’est l’esprit de Spinoza, c’est l’esprit tout court. Il y a dans cette action plus d’éthique que de morale, élever son esprit, c’est exercer son libre arbitre, faire son devoir. C’est faire des exercices spirituels à la manière de Marc Aurèle, une gymnastique personnelle et permanente de l’esprit, comme l’on fait de la gymnastique pour entretenir son corps.

 

L’expression du libre arbitre, du devoir moral pourrait presque se résumer  dans ces deux citations de Marc Aurèle :

 

« Ne plus du tout discuter sur ce sujet ‘que doit être un homme de bien ‘, mais l’être. » Pensées x.

 

 

« Voici la morale parfaite (on pourrait remplacer le mot morale par devoir) vivre chaque jour comme si c’était le dernier ; ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant. » Pensées VII.

Le Colonel Arnaud Beltrame

 

 

On ne peut donc s’initier que par le choix entre le bien et le mal. Fuir le vice et pratiquer la vertu, c’est une grande maxime maçonnique. Encore faut-il distinguer parfois le bien du mal, le choix peut-être cornélien ! C’est pourquoi le franc-maçon refuse les dogmes de toutes sortes, il s’oblige à penser par lui-même et agir en conséquence, en toute conscience. Ainsi :

 

« Il est parfois plus facile de faire son devoir que de le connaître. »

 

                                                                                                                                    Jean-François.

Commenter cet article

Justin Gilead 08/03/2020 13:04

Bonjour,
Vous n'auriez pas dû citer Spinoza, le philosophe de la nécessité, dans votre article.

Sa morale justement n'est pas stoïcienne, contrairement à Marc Aurèle : il ne s'agit pas de lutter contre ses passions, mais de ne plus être soumis aux passions tristes. Cela n'est possible que si on est enchaîné aux passions joyeuses. Nous ne sommes pas autre chose que des passions.

L'Homme ne sera libre que s'il cesse de se croire responsable de ses actes. Il aura ainsi davantage confiance en lui et sera plus enclin à éprouver de la joie. Il faut lâcher prise et ne plus se prendre pour les maîtres de la nature.

De manière générale, la recherche de la connaissance nous rend effectivement plus raisonnable et donc, plus libre.

Votre méthode n'est pas raisonnable : les individus continuent à être obsédés par la matière et à avoir peur de la "mort". Comment pouvons être heureux (ses) dans ce cas?

Vous construisez des pervers, des moralistes hypocrites et des criminels en propageant ces idées anthropocentrées d'un autre temps. C'est bien dommage !

jean françois 08/03/2020 18:04

Bonjour Justin
Pour moi toutes les idées doivent êtres écoutées, cela fait partie du désir de connaissance, elles doivent aussi êtres passées au ciseau de l'éthique et non de la morale.
La tolérance est exigeante et même si vous ne penser pas comme moi je respecte votre pensée.
Je suis adepte des merveilles de la nature, je suis également un enfant des lumières et du penser par soi-même, je ne suis pas obsédé par la matière simplement conscient que je suis matière, mais aussi esprit, je recherche une élévation spirituelle qui m'aidera humblement a franchir la porte de la mort, la vie, la mort font partie de notre vie et sont intemporelles.
Jean-François

Isabel FESSER DE GRACIA 11/10/2019 12:30

OUI!!! MERCI!!!

jean-François Guerry 17/03/2020 08:09

Justin cet échange est fructueux, j'ai lu à propos du libre arbitre les réflexions de André Comte Sponville une spinoziste je dirais éclairé par la spiritualité non religieuse. Il met en doute le libre arbitre par plusieurs démonstrations, notre destin serait tracé ou pour le moins influencé par notre éducation, notre milieu social, notre lieu de naissance, ce qui à mon sens est aussi incontestable. Mais a également et heureusement ses limites, une foi sans faille en ce destin déterminé par avance, serait le terreau d'un découragement, favorisant une aristocratie de de naissance, alors pourquoi pratiquer les petites et les grandes vertus puisque tout est joué d'avance ? J'ai la faiblesse de croire que je peux agir sur ma vie, que je peux choisir entre le bien et le mal, qu'à chaque carrefour de ma vie je peux prendre une route différente. Les Lumières qui ont permis de sortir de l'obscurantisme des dogmes religieux, sans en rejeter les valeurs, on fait prendre conscience à l'homme qu'il pouvait penser par lui-même c'est le Sapare aude de Kant, Descartes lui-même avec son je pense donc je suis est sur cette voie.. L'apprentissage de son soi, permet de prendre des décisions en son âme et conscience.
Pouvons-nous nous contenter d'un hédonisme béat et satisfait, d'une contemplation des merveilles de la nature, sans action.
La question du libre arbitre pose la question de l'homme, car cette question n'agite pas les neurones des baleines.
L'homme est le produit de l'homme, il est donc à lui seul une histoire au sens de Diderot : "ce mot (homme) n'a de signification précise qu'autant qu'il nous appelle tout ce que nous sommes; mais ce que nous sommes ne peut être compris dans une définition."
Montaigne le disais autrement "Chaque homme porte la forme de entière de l'humaine condition." Alors oui il y a une forme de déterminisme de l'homme, il y a des barbares inhumains, des violents, des cruels, des bons. Is sont tous des hommes, ils sont nés hommes. "On naît ; on devient humain". J'ai la faiblesse de croire que l'on peut perfectionner l'homme pour qu'il devienne plus humain, les exemples ne manquent pas au regard de la réhabilitation des criminels sinon pourquoi les réinsérer dans la société des hommes, leur apprendre à faire des choix plus "conformes" à une vie en société.
Comment par l'exercice d'un volonté, qui libère, la liberté c'est aussi le désir d'être. Apprendre à être humaniste c'est la praxis et la théôria des grecs indissociables à la construction de l'homme. L'humanisme est un combat, comme l'est la fraternité ils ne sont pas innés, ils sont choix.
Le spinoziste André Comte Sponville athée refuse ou pour le moins préfère la fidélité à la foi, pour l'humanité ,va pour la fidélité, qui impose le travail et la persévérance donc le choix. Faire ses humanités c'est quelque part choisir encore de se faire homme.
Reste à savoir ce que l'on entend par humanité ? Sénèque à dit : Ô la vile chose et abjecte que l'homme, s'il ne s'élève pas au-dessus de l'humanité! " C'est consacrer l'orgueil de l'homme dominant, on voit le résultat sur la nature ! Pourtant l'homme est le seul qui s'interroge sur ce qu'il doit faire, sur ses devoirs, sur ses choix. Nous sommes certes des animaux avec des attributs différends, mais nous ne sommes pas des bêtes. Alors le libre choix, le libre arbitre, c'est peut-être au-delà d'un déterminisme social, éducatif, ou autre de penser au moins comme Montaigne "Qu'il n'est rien de si beau et légitime que de bien faire l'homme."
JF GUERRY

Justin Gilead 13/03/2020 18:28

Je suis d'accord avec tout ce que vous venez d'énoncer dans votre réponse à mon commentaire. Je suis panthéiste et je considère que tout est juste !

Mais je ne conçois pas une éthique raisonnable fondée sur le libre arbitre. Les défenseurs du libre arbitre, religieux ou pas, utilisent cette idée afin de culpabiliser la majorité des personnes et donc de les réduire au nihilisme et à l'impuissance.

Le libéralisme des Lumières idéalise trop l'humain pour être crédible. Je préfère le pragmatisme d'un Spinoza ou d'un Hume que les rêveries d'un Locke ou d'un Smith.

La psychologie, les études marketing, la criminologie et la sociologie ont prouvé que le libre arbitre est une illusion

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