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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
L'IMPÉRIALISME DES LUMIÈRES

L’IMPÉRIALISME DES LUMIÈRES

 

 

Impérialisme, d’emblée le terme semble à la fois provocateur et paradoxal. Mon propos n’est pas de réduire l’esprit des lumières, ni la libération des dogmes, encore moins les progrès des sciences et des techniques qui ont contribués a donner plus d’espace à la culture qui enrichi l’homme, en le sortant de la gangue des préjugés. Non pas non plus de réduire ces quelques lignes à un combat contre la raison déifiée.

 

C’est une simplement une réflexion sur la lecture partielle du livre de Antoine Lilti L’Héritage des Lumières et son sous-titre évocateur du contenu Ambivalences de la modernité. (J’ai été un peu déçu de l’émission Répliques de France Culture de samedi dernier que je vous recommandais, où Alain Finkelkraut recevait précisément Antoine Lilti et Roger Pol Droit sur ce sujet des lumières et qui fut trop axée sur les attentats de Charlie Hebdo.)

 

Dans l’instant le livre d’Antoine Lilti est à mon chevet, il contient une histoire, une analyse de ce siècle des lumières, siècle où la raison est venue libérer notre civilisation occidentale de l’obscurantisme des dogmes religieux, imposés par les religions du livre, non pas cette religion des pères du désert, ni celles considérées par Rome comme des hérésies, mais de celle imposée pour rassembler le plus grand nombre, en réduisant la foi à une représentation exotérique, imposant une foi incontestable, cette religion qui après avoir réalisé une captation, assimilation du miracle grec de la philosophie antique, a digéré celui-ci. 

Quand la religion a atteint les limites de son prosélytisme en occident, les lumières sont apparues, avec la force de la raison, l’anticlérical Voltaire en est le symbole, alors que Rousseau s’affranchissant par rapprochement avec la nature de la faute originelle, et sa foi en la bonté de l’homme, rejetant sur la société tous les maux affranchissant l’homme par sa naïveté de toute responsabilité, l’homme étant bon par nature.

 

Il ne s’agit donc, non pas de contester le progrès des lumières, mais de voir avec recul leurs ambivalences, et leurs ambiguïtés. Il aura fallut beaucoup de temps par exemple aux hommes des lumières pour reconnaître les horreurs de l’esclavage et l’abolir, la notion rousseauiste de bon sauvage a aussi quelque chose de méprisant vu sous notre temporalité pour les autres peuples, la classification des différentes couleurs de peau, des différences culturelles, mettant en scène l’image du bon sauvage.

 

Si les lumières se sont imposées d’emblée en Europe, ce ne fut pas le cas dans l’ensemble du monde, l’universel était plutôt européen. Dans l’enthousiasme est né l’idée d’un peuple européen chef de file puissant, dominant, juste, qui s’est voulu détenteur de la vérité unique et législateur de celle-ci.

 

Dans de nombreux passages de son livre Antoine Lilti évoque les idées de Volney, qui en écrivant : « Ruines. » à été une des figures de cet universalisme de la raison. Une grande utopie qui de toute bonne foi, opère une réduction des autres civilisations, au profit d’une civilisation européenne unique, une douce dictature des lumières, voulant faire le bien de ceux qui ne demandent rien, si ce n’est de vivre leurs différences, leur civilisation propre, dans leurs différences dans leurs diversités. 

Comme les jésuites qui voulaient évangéliser la Chine, les lumières voulurent se propager aussi en Asie et dans le nouveau monde. L’universalisme des lumières ne reste qu’une grande théorie, l’envolée lyrique de Volney dans Ruines témoigne de cette ambition :

 

 Alors un cri immense s’éleva de toutes parties de l’Assemblée ; l’universalité des peuples par un mouvement unanime, témoignant son adhésion aux paroles des législateurs : « Reprenez, leur dirent-ils, votre saint et sublime ouvrage, et portez-le à sa perfection ! (…) Mais que ce ne soit plus pour une seule nation, pour une seule famille : que ce soit pour nous tous sans exception ! Soyez les législateurs de tout le genre humain, ainsi que vous serez l’interprète de la même nature (…) et enseignez-nous, après tant de religions d’illusions et d’erreurs, la religion de l’évidence et de la vérité. »

 

 

La mise en place de l’utopie de cette religion unique, est un beau projet, une voie pour la paix dans le monde, on ne peut y qu’y adhérer, sur le plan de la volonté et du chemin, le côté législatif est plus contestable. On assiste là au désir d’un véritable espéranto, d’une langue véhiculaire, mettant fin à la mythique Babel.

 

On veut européaniser tous les peuples, la civilisation européenne se veut et se décrète universelle, le mot même de civilisation n’est plus polysémique.

 

Pour ma part je pense avec mon humble prisme d’européen, que si les ambivalences des lumières ne lasseront d’interroger, les lumières restent essentielles par leur impulsion, leur mouvement, c’est-à-dire leur esprit qui est une conquête pour la grandeur de l’homme, une  affirmation de sa perfectibilité individuelle et de l’humanité en général, pas étonnant que les lumières furent séduisantes pour de nombreux francs-maçons. 

 

C’est cette affirmation de la perfectibilité de l’homme qui a été exprimée d’une façon rigoureuse par Condorcet dans son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, où il affirme cette perfectibilité de l’espèce humaine, encouragement pour les enseignants en général. 

 

C’est cet esprit des lumières qui permet à l’homme de s’affranchir du barbare, de l’ignorant, du fanatique, conquérir sa liberté de penser, de réaliser en lui la paix et de l’harmonie, qui jaillira comme une humble lumière dans un monde devenant plus juste.

 

Si les lumières ont été égocentrées sur l’Europe  avec leurs déviations, servant de terreau à la naissance du colonialisme ou d’un impérialisme économique, qu’il faut certes combattre sans être dans une posture de culpabilité éternelle. Elles furent aussi par leur l’esprit une victoire d’un homme nouveau !

 

Européens dans notre siècle, nous avons encore au regard des montées de l’obscurantisme, des intégrismes, beaucoup a nous nourrir de cet esprit des lumières, à combattre pour la justice, contre tous les dogmes, les dictatures, même quand elles ne sont que matérialistes, diffuses et voilées, l’universel des lumières, n’est pas la mondialisation marchande, ni non plus l’unicité culturelle. Comment mieux faire que nous rassembler autour de notre devise nous français de tous les horizons, et la faire vivre cette utopie républicaine : de Liberté, d’Égalité et de Fraternité ?

 

Cet esprit des lumières qui balbutie  dans de nombreux pays qui entourent la méditerranée, ces pays qui commencent a épeler les lettres, qui n’ont pas encore les mots de passe, ni les mots sacrés, mais dont le souffle venant parfois d’un désert de liberté, attise les braises de nouveaux printemps. Printemps où les peuples inspirés par nos lumières aspirent à trouver les leurs, spécifiques pour faire régner chez eux la liberté et la vérité.

 

Le plus grand écueil des lumières serait sans doute, de tomber dans une forme de radicalité de leur l’héritage, une radicalité de la raison excluant toutes les traditions suspectées de dogmatisme, en oubliant quelles furent le véhicule de valeurs universelles qui sont aussi, des sources de lumières. Le champ des lumières est infini, sans limites.

 

L’homme qui se revendique de l’esprit des lumières, doit travailler à se perfectionner pour réduire : sa radicalité, son orgueil, son ambition. Défendre avec force la justice, sans arrogance avec humilité, surtout pas dans un face à face avec les autres civilisations, mais dans un cheminement parallèle, pour faire passer le seul message universel qui existe au-dessus de tous les autres le message de l’amour fraternel, ce message de paix qui réunis tout ce qui est épars en nous et dans le monde sur tous les horizons, et qui nous faits plus humains.

 

Jean-François Guerry. 

Source wikipédia Condorcet et le droit des femmes

Il prend en outre une part active à la cause des femmes, en se prononçant pour le droit de vote des femmes dès 1788 dans Les lettres d'un bourgeois de New Haven puis dans le Journal de la Société6, et en publiant en 1790 De l’admission des femmes au droit de cité. Jamais un État démocratique n'a réellement existé selon lui, puisque « jamais les femmes n'ont exercé les droits de citoyen7 ». En se référant à La Déclaration des Droits (1789), il dénonce le viol du principe de l'égalité en droits dont les femmes sont victimes. Il déconstruit toute l'argumentation commune qui vise à écarter les femmes des droits de cité : il n'y a pas de femmes de génie ? C'est parce que les femmes n'ont pas accès à l'éducation ; en outre, la plupart des citoyens ne sont pas des génies et il existe des femmes plus intelligentes que certains hommes auxquels on ne songe pas à retirer les droits civiques. Quant aux différences entre les deux sexes, elles ne sont pas « naturelles » mais construites socialement par l'éducation et des lois iniques. Dominique Godineau note qu'il est difficile de mesurer l'écho rencontré par ces prises de position, « il n'est pas impossible que, sans être explicitement cité, il ait influencé les écrits « féministes » postérieurs (Gouges, Aelders, Guyomar...)8 ». Il est en tout cas un des maîtres à penser des jeunes nobles libéraux comme le chevalier de Pange ou André Chénier.

 

Volney Les Ruines de Palmyre

 

Chaque jour, je trouvais sur ma route des champs abandonnés, des villages.

 

 Cette Syrie, me disais-je, aujourd'hui presque dépeuplée, comptait cent villes 

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