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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Malaise dans la démocratie Couverture.

Malaise dans la démocratie Couverture.

 Malaise dans la Démocratie.

 

Dans le fil de mon article sur Platon et la Démocratie, je m’interrogeais si le Philosophe était maçonniquement compatible, aujourd’hui notre Démocratie l’est t’elle ?

 

Jean-Pierre Le Goff Philosophe, sociologue se penche comme on le fait au chevet d’un malade pour voir si notre Démocratie est vraiment souffrante, il  conclut à un malaise, c’est le titre de son livre :  « Malaise dans la démocratie ».

 

Cet essai se veut factuel, sans concession, sans succomber a la pandémie du politiquement correct. Bien sûr l’actualité renforce la vérité de son analyse et nous oblige a tourner notre regard sur la malade. C’est un peu comme lorsque nous changeons de saison, une espèce de « spleen » nous envahit, mais c’est bientôt le printemps, puisse cet ouvrage contribuer à nous faire sortir de l’hiver, nous aider à ouvrir les yeux. N’est-ce pas dans l’ADN Maçonnique de se faire soi-même son jugement, et d’être vigilant ?

 

Comme le dit Jean-Pierre Le Goff dès son introduction nous sommes passés d’un « Monde à l’autre ». La révolution culturelle qui s’est produite depuis les années 60, pour aboutir à notre monde occidental actuel a selon l’auteur pour fondement

« L’individualisation de notre société ».

« Aujourd’hui notre émotion est à fleur de peau on pleure plus facilement ».

Nous ne voulons pas d’ennemi, mais c’est l’ennemi qui nous désigne et afficher en boucle notre fraternité n’y changera rien.

 

Le Monde s’est donc fracturé « d’un côté le mépris fanatique de la mort ; de l’autre le souci individualiste de soi, des loisirs, de son espace personnel etc…. .» La démocratie n’intéresse pas tout le monde, ce logiciel n’est pas vendable au monde au entier.

 

Jean-Pierre Le Goff va tenter de comprendre comment nous en sommes arrivés à un tel déni des réalités. C’est de là que provient « Le Malaise dans la démocratie ». Ce malaise a atteint semble t’il un point limite, avant de se transformer en une maladie incurable, si nous ne réagissons pas.

 

Notre sociologue affirme qu’on ne peut réduire la cause de ce malaise à la question économique et en faire son fondement. C’est dans l ‘étude de nos ressources politiques, culturelles, morales, intellectuelles et culturelles et de leur utilisation ou de leur ignorance que vient le mal, elles auraient dues agir sur la question économique.

« C’est le développement d’un nouvel individualisme qui pose des défis inédits à la vie en société »

 

Un fossé s’est creusé entre les générations, l’auteur cite Margaret Mead « Dans un monde en mutation rapide, le passé et l’expérience des ainés ne paraissent plus pouvoir servir de référence (…) la transmission paraît rompue et cette rupture porte sur des points anthropologiques essentiels : solidarité des liens qui unissent les membres d’une même collectivité autour d’idéaux et de croyances communes, d’épreuves et de souffrances partagées ; défense de cette collectivité pouvant  aller jusqu’au sacrifice individuel … »

 

La contestation de mai 1968 a curieusement abouti à un nouveau conformisme de masse. « L’on ne peut plus penser en toute liberté, l’intimidation par réduction à l’extrême droite de tout propos dissident  fonctionne comme un chantage ».

Si l’on est pas dans le politiquement correct l’on chuchote au mieux ce que l’on pense !

 

Un chapitre aborde l’individualisme et les lumières chères aux Francs-Maçons. L’individualisme rompt avec les sociétés traditionnelles. Il est en ce sens héritier des lumières :  « l’individu moderne est celui qui s’émancipe de ses préjugés et de ses croyances, de ses communautés d’appartenance de la tutelle d’autrui…pour accéder à une autonomie de jugement par l’usage de la raison permettent le recul réflexif et critique ». En ce sens l’idée même d’individu est inséparable de l’idée de liberté et d’autonomie.

 

L’individualisme a deux faces, il est ambivalent, inséparable de l’idée de d’émancipation et de liberté, il amène donc à se séparer de ses semblables et se désinvestir de la chose publique.

L’auteur cite Tocqueville à ce sujet : « L’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables…. » « La démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux , elle lui cache ses descendants et le sépare de ses contemporains et menace de l’enfermer dans la solitude de son propre cœur »

 

Le basculement s’est opéré dans les années 1980, par la dépréciation du passé et l’avènement du narcissisme, l’incapacité à faire face à l’avenir, le déclin du sens historique, l’invasion du moi, le souci de l’image de soi, l’épanouissement personnel etc…..

Voir la Pub d’IKEA « En 68, on refaisait le monde en 88 on refait sa cuisine ».

 

La création d’une identité patchwork, issue d’abord de notre culpabilisation (voir le complexe du colon), la victimisation de certaines populations, nous amènent par glissement à l’idéalisation de l’autre. C’est la voie vers une haine de notre propre identité, et le chemin cers un bricolage identitaire, fait de bienséance démocratique, d’ouverture, de tolérance dans le domaine de la pensée et des mœurs. Le règne du Pourquoi pas ! et du où est le problème ?

En quelque sorte une confusion de la tolérance, non toutes les idées différentes ne sont pas bonnes, par le simple fait quelles soient différentes.

 

Une unification de la pensée se réalise par un sentimentalisme et un moralisme de bon aloi. La tentation de l’horizontalisme, ce que je qualifierais pour ma part de nivellement pas le bas, c’est aussi la tentation de confusion entre égalité et égalitarisme. C’est le règne de l’individualisme émotionnel et sentimental tout est admissible sauf de le contester lui même, c’est ni plus ni moins que de la fausse gentillesse, une dictature voilée. Il faut être seul, tolérant, en harmonie avec tout et son contraire.

 

Ce nouvel individualisme montre son visage dans le nouveau bénévolat qui devient « un bénévolat de loisir », un bénévolat  médiatisé au détriment du bénévolat traditionnel qui implique l’oubli de soi et est autonome par rapport  aux pouvoirs publics et aux médias. Le Franc-Maçon à cet égard a un devoir de donner et servir sans ostentation.

 

Bien d’autres chapitres dans ce livre, remettent les pendules à l’heure. Un exposé intéressant sur les déviances de l’éducation sur l’enfant Roi, sur l’adulte éternel enfant, sur l’initiation apprentissage de la vie, ou encore le chômage qui décompose la société.

 

Le rapport au travail est abordé, pour moi FM cela est inspirant, l’auteur cite Péguy à propos des rempailleurs de chaises.

« J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main, que ce peuple avait taillé ses cathédrales (…) Ces ouvriers ne servaient pas. Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre de l’honneur. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant salaire. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les clients du patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui même dans son être même, une tradition venue du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement ainsi parfaitement faite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales.

 

Il y a bien d’autre choses dans « Malaise dans la démocratie » je reviendrais demain sur ce livre dans un autre article.

 

JFG

 

Malaise dans la démocratie de Jean-Pierre Le Goff aux Éditions Stock.19€

En librairie.      

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