Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
PHILOSOPHIE : UNE VISITE CHEZ SOCRATE

PHILOSOPHIE UNE VISITE CHEZ SOCRATE.

 

Un lecteur du Blog nous propose un texte en deux parties sur Socrate, un éveil, une recherche de vérité, un combat contre l’ignorance par le dialogue véritable maïeutique. Socrate croit comme le Franc-Maçon dans le potentiel de l’homme, sa perfectibilité, le texte est une invitation a mettre un peu de Socrate dans notre vie quotidienne, bonne lecture.

JF.

 

 

Socrate (lère partie)

«L'âme est grosse de la vérité». Platon, Théétète,I, V1, 202; VII, 204.

 

Socrate n'a rien écrit. C'est surtout Platon qui nous a traduit, dans son oeuvre gigantesque, la figure et la pensée de son maître. Certains autres renseignements sur sa vie nous sont parvenus par Diogène Laërce, par Aristophane dans les Nuées, et par le rhéteur Polycrate. Mais il reste que les deux sources les plus fiables demeurent, avec Aristote, les dialogues platoniciens et les Mémorables de Xénophon.

 

Socrate était le fils du sculpteur Sophronisque et d'une sage-femme nommée Phénarète. Né à Athènes en 469 avant Jésus-Christ, il était de condition très modeste. Devant la décadence de la cité athénienne, où la démagogie, source d'immoralité, triomphait, Socrate, à l'âge de 40 ans, résolut de travailler de toutes ses forces à la conversion morale de ses concitoyens. Vêtu grossièrement, il parcourait, pieds nus , les rues d'Athènes, entrait dans les boutiques du marché comme dans les maisons riches, fréquentait les assemblées du peuple, les fêtes publiques, les gymnases et les stades, pour discuter, engager la conversation. Son but n'était pas de faire de ses interlocuteurs de futurs disciples, mais de les réveiller de leur torpeur, de les stimuler comme un taon pique un cheval, de les amener à une vie meilleure, de chercher la vérité en toutes choses, de trouver un art de vivre, qui est la science du bien et du mal.

 

Socrate entend alors une voix intérieure qui le pousse à sa mission. Il écoute cette voix- son démon - comme étant un ordre de la Providence qui le confirme dans sa mission. Cette mission divine le conduit à mépriser tout le reste: argent, refus de tout salaire pour ses leçons ( Socrate n'avait pas de convention collective ! ), possibilité d'accéder à une charge publique, etc. Il passera tout le reste de sa vie dans les rues d'Athènes, enseignant librement la vertu et la sagesse. Il n'écrira pas sa doctrine, mais il tentera de la vivre

au maximum. Il donnera, à partir de sa vie de tous les jours, l'exemple des plus nobles vertus: désintéressement, maîtrise de soi, sagesse, don de sa vie. Il décide même de ne pas accepter aucune charge politique afin de ne pas compromettre son oeuvre.

 

Socrate, comme je viens de le dire, comprend sa mission comme celle d'un convertisseur. Il faut changer les mentalités, convertir les gens dans leur esprit, les convertir dans leur intelligence. Il est persuadé qu'il suffit d'un bon enseignement pour redresser les écarts des humains. Il suffit de donner aux hommes la science de la vertu pour les rendre vertueux. Il s'agit de redresser l'intelligence qui s'est égarée pour qu'elle se tourne résolument vers la vérité pour laquelle elle est faite.

 

La transformation morale ne s'opère pas parce que la majorité des hommes vivent dans l'ignorance, le désordre intellectuel. Socrate condamne alors les physiciens qui ont une bonne méthode, mais qui l'appliquent à un mauvais objet. Il affirme que la science physique est impossible, car ce monde nous dépasse et nous ne pouvons jamais le comprendre complètement. Il condamne aussi les sophistes - ceux-ci étant des maîtres de rhétorique qui vont de ville en ville , pour enseigner l'art de parler en public, les moyens de l'emporter sur son adversaire dans une discussion, de défendre par des raisonnements subtils ou captieux n'importe quelle thèse - qui enseignent des faussetés sous des visages de vérité, et cela toujours grassement payés par l'État athénien. Il condamne surtout leur méthode qui est purement empirique, pratique et donc détestable. Par la suite, il abandonne la recherche physique pour laquelle il avait antérieurement consacré plusieurs années de sa vie et se tourne totalement vers les choses de l'esprit qui visent à une transformation radicale et fondamentale de la vie morale. Il retiendra de ses années passées avec les physiciens une méthode qu'il présentera ensuite comme un art de vivre, universelle, et donc communicable comme toutes les sciences.

 

Il ne faut donc jamais perdre de vue la méthode socratique, si l'on souhaite bien comprendre son enseignement. Convaincu d'être toujours en présence d'hommes qu'il faut d'abord délivrer de la fausseté ou de l'erreur, des fausses opinions véhiculées par les sophistes,- on ne parle pas ici encore du mensonge, notion inconnue des Grecs - Socrate va s'appliquer dans son enseignement à conduire son interlocuteur vers la possession de la vérité.

 

 

Sa méthode se présente toujours comme un DIALOGUE entre lui et

son interlocuteur, dialogue qui est constitué essentiellement d'une série de questions et de réponses courtes et précises. Celles-ci permettent d'éveiller l'attention de chacun et de conduire, petit à petit, l'interlocuteur vers les sentiers de la vérité. Socrate affirme alors qu'il ne sait quoi répondre à une question qui lui est posée. Il se déclare ignorant de toutes choses et il sait une chose c'est qu'il sait qu'il ne sait rien. Il retourne toujours habilement la question posée en posant lui-même une autre question à la personne qui l'avait questionné.

 

Le DIALOGUE comprend habituellement deux parties:

 

1) L'ironie socratique: Dans un premier temps, Socrate se moque souvent de son interlocuteur en le forçant, par de multiples questions, à se contredire lui-même. Il interroge son vis-à-vis, pour s'instruire, en lui affirmant qu'il ne sait rien sur le sujet discuté. Avec la multiplication des questions, l'auditeur se voit forcer d'avouer aussi son ignorance. Il est comme jeté dans l'embarras et s'en remet au maître qui lui dit qu'il ne sait rien, et ne saurait rien dire sur le sujet proposé.

 

2) La maïeutique: Le disciple n'a pas de solution à la question posée puisqu'il est venu voir Socrate et celui-ci lui dit qu'il n'a pas de réponse non plus, puisqu'il est aussi ignorant que lui sur le sujet. Socrate utilise donc une méthode - la maïeutique - qui consiste à aider son interlocuteur à concevoir des pensées qui sont dans son esprit sans le savoir. A moins d'une perversion complète du sens moral, tout être humain porte en lui les idées morales nécessaires au redressement de sa conduite. Il l'aide donc, par des questions multiples, à trouver ce chemin qui le conduira vers la vérité, et donc lui fera changer de vie. Or, la marche de l'esprit vers la vérité, c'est le raisonnement. Enseignons donc à bien raisonner et les hommes se conduiront bien.

 

Pour fonder une science morale libre de tout relativisme et qui s'impose forcement universellement, il faut savoir de quoi l'on parle, arriver à une solide définition de la chose en question. Socrate part donc de l'expérience humaine, l'opinion courante des gens, le bon sens coutumier. Il réfère aussi à la pensée des sages. Il va donc amener tout homme raisonnable à se prendre lui-même comme objet d'expérience et de science. L'objet de la morale étant, selon lui, l'homme lui-même dans sa vie raisonnable. Socrate aimait bien faire sienne en ce sens la devise du temple de Delphes: «Connais-toi toi-même».

 

Il serait sain d'utiliser cette méthode dans nos échanges quotidiens. L'asssemblée nationale serait transformée en un lieu d'échanges civilisés plutôt que d'être un théâtre burlesque ; nos écoles deviendraient des lieux où chacun aurait hâte de retourner le lundi matin afin de deviser avec ses professeurs et ses copains de rangée; nos églises cesseraient d'être des dortoirs où la chrétienté se meurt d'être réduite au silence , sans jamais oser poser de questions sur les sujets fondamentaux; nos forums politiques cesseraient d'être des trucs tout fabriqués d'avance où chacun repart le coeur alourdi, l'esprit fatigué.

 

Bref, il faudrait mettre du « Socrate » dans notre vie quotidienne pour que celle-ci soit revitalisée. Un seul Socrate suffirait pour faire pâlir les clowns qui mènent le bal dans la société actuelle. Mais tout comme au siècle de Périclès, Socrate serait liquidé. Les oreilles humaines, celles du temps de Socrate et celles d'aujourd'hui, ne peuvent tolérer d'entendre la vérité.  

PHILOSOPHIE : UNE VISITE CHEZ SOCRATE

Commenter cet article

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog