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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
LE RIRE

LE RIRE

La culture du contentement

Je ne sais plus d’où je tiens cette formule lapidaire :

" Nous avons rencontré l’ennemi... Et c’est nous! " Elle

m’est revenue depuis à quelques reprises, à propos des

ratés du système : pour finir par s’imposer ces derniers

temps comme une vérité incontournable.

Que ce soit par rapport à l’environnement plus menacé que jamais, à la pauvreté dans notre société qui s’étend de plus en plus, aux conditions faites aux pays du Tiers-Monde, à la détresse des jeunes –

bref, par rapport à tous les ratés du système – j’ai de plus en plus le sentiment qu’une résistance nous empêche d’intervenir et de résoudre vraiment les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Et comme malgré moi, j’en suis venu à penser que nous sommes, en définitive,la cause de cette résistance. On reporte donc à plus tard, on s’en remet à d’autres... " Après nous, le déluge! "

Et ce, tout simplement parce que nous sommes satisfaits. Oui,

satisfaits! Nous, c’est-à-dire la majorité : ceux qui ne sont pas

chômeurs ou dont la survie ne dépend pas de l’aide sociale. Nous avons pour la plupart dépassé le niveau de la satisfaction des besoins matériels. Nous en sommes à confondre les besoins et les désirs.

Et nous sommes parvenus, par ailleurs, au niveau de la satisfaction des besoins psychologiques et même, pour certains d’entre nous, des besoins supérieurs de développement personnel... Je n’ai rien, quant à moi, contre la satisfaction des besoins psychologiques et de développement personnel. Les solutions aux problèmes que soulèvent la culture du contentement dont parle Galbraith, pourraient même se

trouver dans cette voie. Mais j’en suis venu à constater, avec le

psychologue James Hillman, que les psychothérapies et les démarches de développement personnel semblent au contraire susciter un désengagement au plan social...

Nous sommes donc satisfaits et, quoiqu’on dise, tout projet de société, toute vision politique susceptible de remettre en cause les conditions qui sont les nôtres, nos intérêts et nos privilèges, rencontre une résistance de notre part. Une résistance passive, bien sûr, car nous ne reconnaissons pas consciemment notre satisfaction. Elle n’est pas reconnue tout simplement parce que nous ne sommes pas heureux pour autant. Nous vivons à bout de souffle des vies éclatées, entre le travail, les transports, les courses, la garderie...

Les hypothèques, les impôts, les fonds de retraite, les assurances...

Course folle qui se poursuit dans les temps de loisirs. Mais tout cela conformément à un modèle, celui de la société de

production/consommation, en fonction de valeurs qui nous

conditionnent. D’où, malgré nos plaintes et nos gémissements, notre satisfaction.

Ce serait donc cette situation qui nous empêche de comprendre que nous sommes l’ennemi. Que la résistance au changement, au progrès – si ce mot a encore un sens – vient de nous. Comment pourrions-nous, en effet, être à nos yeux l’ennemi... alors que nous ne sommes pas heureux.

Jusqu’à tout récemment j’éprouvais le sentiment flou de cette

satisfaction et de la résistance au changement qu’elle entraîne – de ce que, pour tout dire, nous sommes l’ennemi. Mais trop flou sans doute pour pouvoir l’exprimer.

Jusqu’à ce que je prenne connaissance du plus récent ouvrage de l’économiste et philosophe, John Kenneth Galbraith, La république des satisfaits – la culture du contentement aux États-Unis. (Éd. du Seuil).

Je précise que le phénomène dont parle Galbraith s’étend aussi

à nous, comme du reste à l’ensemble des pays occidentaux. Dans son analyse, cet octogénaire lucide et irrévérencieux dénonce avec vigueur et humour les périlleux sous-produits de l’auto-satisfaction. Mais comment tout cela va-t-il finir? C’est là la question. Peut-être par la prise de conscience de cette réalité?

Quant à moi j’aimerais le croire. Mais, selon Galbraith, les chances qu’une telle prise de conscience mette un terme à la culture du contentement ne semblent guère brillantes...

Il suggère d’autres avenues qui relèvent plutôt d’une évolution de la conjoncture politique et/ou économique. Telles que,tout d’abord, " une grave récession ou une dépression " qui pourrait,

selon lui, " ébranler l’économie politique du contentement et

provoquer un changement ". Il évoque ailleurs la perspective d’une inflation désastreuse, rappelant d’ailleurs qu’à l’âge du contentement" prévenir l’inflation est donc devenu [...] une préoccupation spéciale,bien qu’on le remarque peu ". Il évoque aussi la perspective d’une" aventure militaire impopulaire et d’une révolte, sous une forme ou sous une autre, de la classe inférieure ". Autant de situations dans lesquelles nous n’avons guère envie d’être entraînés...

Mais Galbraith laisse peu d’espoir d’en arriver à une solution douce. Il conclut en soulignant " le mécontentement, la dissonance de notre temps et la probabilité assez considérable que tout cela se termine par un choc pour le contentement qui en est la cause ".

Ce qui n’est pas sans nous rappeler certaines prévisions de sources intuitives selon lesquelles nous devrons d’abord toucher le fond avant d’inventer un monde meilleur...

Auteur Anonyme Texte transmis par Claudius commentateur assidu du Blog.

CONTENTS ET SATISFAITS.

 

 Un thème philosophique, qui relève plus de l’opinion, la fameuse « Doxa » que d’une forme de raison teintée d’objectivité, je dis teintée car sommes nous totalement libérés de l’emprise de nos sens ? Donc suivant que nous ayons une tendance à l’optimisme ou au pessimisme notre « Doxa » va varier.

 

Je rejoins là notre auteur c’est bien nous la cause de nos problèmes ou plutôt ce que nous appelons nos problèmes ! Dans une société du refus du risque et de la précaution érigée en principe de vie, nous  devenons de plus en plus individualiste, avec ses formes les plus extrêmes que sont l’individualisme, l’égoïsme, l’égocentrisme qui avancent  masqués « par le prendre soin de soi », qui concerne plus notre enveloppe corporelle c’est à dire notre moi et non notre soi, nous succombons à l’empire de nos sens.

 

 Il suffit de voir le florilège des stages de remise en forme. A contrario la pauvreté des stages de réflexion méditation, nous sommes dans une société ou le soin du corps de l’image surpasse le soin de l’esprit. Privilégier l’avoir nous donne l’illusion d’être.

 

La médiatisation des outrances, le consumérisme débridé favorise la confusion entre les besoins et les désirs.

 

Faut il descendre au plus profond des ténèbres pour voir la Lumière, faut il attendre le midi de la vie, le moment opportun le fameux « Kairos » pour retrouver une forme d’harmonie, c’est le pari de la Franc-Maçonnerie. Faire le chemin vers soi, non pas en ermite ou en mystique, mais simplement en homme libéré des préjugés du vulgaire, dans la société et avec l’aide de ses Frères, pour être reconnu comme tel.

 

La connaissance de soi n’est pas alors un désir de contentement, mais un désir de changement pour passer de l’avoir à l’être, du moi au soi. Rentrer en résistance, prendre conscience de sa part d’ombre.

Incliner avec persévérance, humilité et modestie sa manière de vivre, vers le bien, la vérité et la lumière avec la force indestructible de l’amour fraternel.

Au terme de ce travail je serais alors : « Content et satisfait. »

 

JFG.

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Frère Tuck 24/08/2016 09:19

L'autosatisfaction des uns fait maintenant concurrence à la généreuse distribution de "satisfecit" des autres, savamment orchestrée par nos médias et politiques... Tout ceci participe à la création d'un espèce de halo qui confine le peuple dans une forme "d'égo-satisfaction" qui fait que personne ne se sent pas vraiment concerné par la décadence de la société tant qu'il n'est pas touché lui-même par une de ses formes (chômage, drogue, violence, impôts, etc). Tolérance démagogique des uns ou manipulation des autres??? Je dirais complémentarité! En effet, les associations en tout genre nous inclinent à la tolérance, même quand elle est inimaginable, tandis que les manipulateurs cherchent à nous éloigner des réalités afin de faire de nous des moutons... De Gaulle aurait dit des veaux...
Mais on voit bien, au regard de l'actualité, que cette satisfaction disparaît trés vite au contact de la réalité: ainsi, ceux qui sont touchés à leur tour, déconnectés des réalités, se retournent trés vite vers les extrêmes. Ceux qui étaient satisfaits et tolérants hier sont aujourd'hui à protester sous quelques prétextes: une de mes connaissances s'est récemment retrouvé confronté à cette réalité... Fervent défenseur gauchiste de l'immigration et de l'accueil des réfugiés, sa fille s'est fait violemment agresser dans le métro rennais par un "groupe de déséquilibrés"... puisque c'est comme cela qu'il faut les appeler maintenant. Depuis cette connaissance a basculé dans l'incompréhension et réclame plus de rigueur sur l'immigration en se demandant si le FN ne serait pas à même de résoudre cette gangrène!
Pour ce qui nous concerne, et au regard de notre cheminement initiatique, je me pose la question de savoir si nos tenues et travaux, à l'instar des stages de développement personnel évoqués dans l'article, participent pour certains à une forme d'autosatisfaction spirituelle ou bien à la satisfaction de l'ego...
Sur cette interrogation, j'espère que chacun de vous a passé de bonnes vacances et vous souhaite une bonne journée.
Bien fraternellement, de Frère Tuck.

JFG 24/08/2016 12:09

Bonjour Mon Frère TUCK !

En effet l'on ne peut qu'être inquiet du mouvement de balancier qui mène du laxisme sous forme de tolérance au rigorisme qui changerait notre société en passant par un extrémisme qu'il soit droite ou de gauche. Personne ne rêve d'une dictature, mais simplement d'une application des lois votées démocratiquement cela suppose un peu de courage le passé a démontré que les extrêmes n'ont jamais rien résolu.

Quand à la question que tu te pose sur l'autosatisfaction spirituelle existe t'elle ? Je dirais plutôt une autosatisfaction intellectuelle est sa dérive propre à satisfaire l'ego. L'observation de l'engagement, du dévouement, de la modestie des Frères dans leur loge est à ce titre un indicateur de leur cheminement initiatique.
BF
JFG

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