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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Pic de la Mirandole

Pic de la Mirandole

LE PHÉNIX DE LA RENAISSANCE – PART-III-

 

 

Ce phénix que fût Pic de la Mirandole est devenu aussi un pélican pour nous nourrir de ses connaissances. Comme nous l’avons déjà vu dans les articles précédents les deux préoccupations de la vie de Pic, ces deux ‘doctrines’ sont la concordance des traditions et la dignité humaine. Un message de fraternité universelle qui élève l’homme au-dessus de l’animal, un message de sagesse intemporel.

 

Dans les siècles anciens et aujourd’hui encore l’on rencontre une pléthore d’orateurs habiles, de sophistes modernes capables de dire tout et le contraire de tout en l’espace de quelques jours voire de quelques heures, pour suivre en chien fidèle l’odeur du temps. Le dire à tout prix pour faire le moins possible, saturer les esprits de propositions et de postures éphémères nourries par leurs arrogances ces orateurs hors terre, aux communications ostentatoires. N’ont le plus souvent aucune connaissance de leurs dossiers et aucun projet d’envergure pour leurs concitoyens, l’intérêt général à laisser la place à l’art oratoire.

Ce matin j’entendais sur les ondes les critiques acerbes de commentateurs d’arrière-cuisine dire que pour être une bonne cheffe ou un bon chef il fallait savoir bien parler au peuple, peu importe ce que l’on avait à dire ! Cela m’a fait froid dans le dos. La liste de ceux qui parlaient bien au peuple est longue : Hitler, Mao, Castro, Staline, etc…Nous connaissons la suite.

 

Je ferme cette parenthèse inspirée par l’ambiance actuelle et reviens à notre phénix de la renaissance, il avait déjà peu de goût pour les apparences. Il préférait le fond à la forme, le contenu que le contenant, le fret que le camion même si celui était beau ! La beauté du style oratoire n’est pas un gage de vérité. Pic s’intéressait à la puissance et la polysémie des mots en philologue, peu importait pour lui le timbre de la voix. Le sage n’est pas un acteur de théâtre mais plutôt l’écrivain, l’auteur de la pièce. Pour Pic la rigueur de la philosophie est préférable à son élégance.

 

« Il affirme en philosophe seul importe le fond, débarrassé des appâts trompeurs de la rhétorique les qualités littéraires jouent souvent au détriment du fond ».

 

Pic est plus Platon, Plotin ou Aristote que Cicéron ce dernier fût pourtant reconnu comme le premier avocat de l’humanité, un philosophe mettant la philosophie à la portée du peuple. Pic était-il plus un défenseur de l’élite ? Pic refusait surtout la médiocrité et le manque de culture. Il écrit à propos des orateurs :

« Quel est donc le devoir de l’orateur, sinon de mentir, de tromper, de séduire, de charmer ? (…) Vous grâce aux forces quasi magiques de votre éloquence (…) transformer les choses mêmes dans la forme et l’aspect que vous voulez de sorte non qu’elles deviennent, mais qu’elles apparaissent à l’auditeur telles qu’elles ne sont pas ».

 

Pic est donc résolument un phénix de la connaissance plutôt qu’un bel ara emplumé de l’éloquence.

 

Pic a cependant une haute idée de l’homme, même s’il croit en la puissance du Dieu des chrétiens, il considère que l’homme ne peut pas être globalement responsable de la faute originelle qui entrave toute liberté individuelle et paralyse la possibilité de l’homme de grandir au bien. Il rejoindra Érasme qui croit lui aussi au libre arbitre et à la possibilité pour les hommes de devenir ce qu’ils sont. Érasme écrit : « Les hommes ne naissent point hommes mais le deviennent par un effort d’invention ». Est-ce l’homme neuf, transformé que les Francs-maçons appelle de leurs vœux, l’homme qui se substitue au vieil homme, par la révélation des mystères de l’initiation maçonnique.

 

Pic voyait aussi dans Abraham le premier homme de lumière parce qu’il avait renoncé aux idoles humaines pour adorer Dieu. Est-ce pour cela que le Franc-maçon s’engage à ne pas construire d’idoles humaines. Dans son Heptatus défend l’idée que la loi donnée à Moïse au Sinaï a été un moyen d’élection du peuple divin, encore une similitude avec certains rituels maçonniques et leurs degrés d’élection.

 

Comment s’étonné dès lors que Pic fût un chercheur de vérité, dans les traces les fragments de toutes les traditions. Persuadé que par ses recherches il allait faire naître, faire jaillir une tradition qui harmoniserait toutes traditions dans un esprit d’ouverture et de tolérance.

Il fût souvent qualifié de compilateur sans doute parce qu’il n’hésitait pas à faire des amalgames entre les pensées de Plotin, la tradition chrétienne et juive en particulier la kabbale, de multiples accès pour une ascension spirituelle. D’où ses recherches sur les émanations de Plotin, sur les sephirot, sans oublier le symbolisme de l’échelle de Jacob. Encore une correspondance avec l’initiation maçonnique et ses symboles comme le fil à plomb qui relie la terre, le centre du tableau de loge et la voûte céleste, ou l’échelle de Jacob souvent présente sur les tableaux de loge du deuxième degré, les escaliers tournants en forme de spirales ascendantes, et jusqu’au Nec plus ultra l’échelle mystérieuse de Jean Climaque. A l’appui de ce constat plusieurs loges ont pris comme signe distinctif le nom de Pic de la Mirandole ou de l’Échelle de Jacob.

 

La kabbale exerçait sur Pic une fascination mort trop jeune il n’eut pas le temps d’en pénétrer tous les arcanes, on ne trouve pas dans ses écrits la mention des sephirot mais des correspondances avec les émanations plotiniennes.

Intéressant aussi son intérêt pour la mort du baiser mors osculi, un rapport avec le cantique des cantiques où de manière poétique l’on peut voir l’image de l’âme se séparant du corps dans un état extatique intellectuel.

 

Pic est un homme de la liberté, il considère que l’homme est l’œil du monde, il emprunte une voie plus difficile que celle de la recherche des simples analogies entre les différentes pensées. Il cherche plutôt les différences qui libèrent, cette liberté dissout les dogmes et élève l’homme dans sa capacité, sa dignité d’être libre. Pour Pic l’homme est investi d’une mission cosmique et universelle.

 

« Je n’ai pas espéré et demandé nulle autre récompense et nul autre gain de mes études et mes recherches que la nourriture de mon âme, et la connaissance d’une vérité que je convoitais plus que tout au monde (…) c’est la philosophie qui m’a enseigné à dépendre de ma conscience, plutôt que l’opinion extérieure ».

 

Pic c’est l’audace de savoir, de transgresser, de penser par lui-même cette formule Sapere Aude qui sera celle de E. Kant véritable illumination des lumières.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

 

 

Note : À ceux qui lui reprochait la fougue de sa jeunesse, sa soif de connaissance. Il répliqua par ce passage de Job : « L’esprit est en tous, et écoute ce qui est dit à Timothée « Que personne ne méprise ta jeunesse ».

 

 

À SUIVRE…

  

LE PHÉNIX DE LA RENAISSANCE -PART -III-

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Publié le par Jean-François Guerry
PIC DE LA MIRANDOLE

PIC DE LA MIRANDOLE

LE PHÉNIX DE LA RENAISSANCE – PART – II-

 

 

« L’homme dionysien sait revêtir toutes les enveloppes, toutes les émotions : il se transforme sans cesse ».

                        F. Nietzsche – Le crépuscule des idoles.

 

 

S’il nous faut retenir quelque chose de Pic de la Mirandole, c’est sa capacité de métamorphose, comme nous l’avons vu dans l’article précédent il se qualifiait lui-même de Caméléon. Un animal doué de la capacité de métamorphose, dans le sens de perfectionnement perpétuel, cette métamorphose érigée en dignité humaine. Les Francs-maçons ne disent pas autre chose quand ils affirment : « Nous avons à nous perfectionner ».

 

Pic né en 1463, c’est dès l’âge de ses seize ans en 1479 qu’il se rend à Florence pour rejoindre l’académia platonica auprès de son premier maître Marsile Ficin le diffuseur des idées platoniciennes, aux âmes bien nées…

Marsile Ficin à traduit les textes de Platon, les Ennéades de Plotin mais aussi les textes d’Hermès Trismégiste. Le jeune Pic avec l’Asclépius plonge dans l’hermétisme, il n’est pas inutile de rappeler qu’Asclépios était le dieu grec de la médecine, de la guérison, du rajeunissement une forme de métamorphose avec son caducée que l’on retrouve à la fois chez Goethe et dans des rituels maçonniques du R E A A.

C’est dès sa jeunesse je présume que Pic vit naître dans son imagination son principe de Concordia. Son rêve d’une alliance entre les traditions, une démarche maçonnique de construction d’une Tradition primordiale à la manière de René Guénon.

On discerne chez Pic une complexe association entre humanisme et métaphysique. Marsile Ficin et Pic militaient ensemble pour la disparition de l’apparat de l’extériorité de la doctrine scolastique et un retour à la pureté de la culture antique. Un peu comme tous ceux qui sont sensibles à la pureté, la simplicité des églises romanes loin de la grandeur et du faste des églises gothiques. La résonance du sacré est plus intense dans la simplicité de ces lieux dépouillés.

 

La concorde universelle de Pic unissait toutes les traditions différentes comme un enrichissement de valeurs différentes. Fidèle à sa religion chrétienne, il avait néanmoins de l’intérêt pour toutes les traditions. Je le compare à de nombreux maçons qui savent qu’il n’y a pas d’opposition entre la foi maçonnique et la foi religieuse qui sont de nature différente, la spiritualité est universelle. C’est donc naturellement que Pic fût un admirateur du moine dominicain Jérôme Savonarole qui se sera pendu et brûlé à Florence en 1498, qui apparu comme un dictateur théocratique antihumaniste mais surtout pourfendeur de toutes les vanités. Rendu célèbre par son « Bûcher des vanités » ou il fit brûler livres et œuvres d’art qu’il jugeait immorales. Pic l’admira sans doute un temps pour sa rigueur, témoignage de son cheminement intellectuel auquel il ne s’imposait aucune limite !

 

Cet homme pressé était à dix-sept à Padoue où il resta deux pour s’initier à la doctrine d’Averroès et Maïmonide auprès du philosophe Elia del Medigo.

 

« Les averroïstes, s’interrogeaient sur la nature de l’âme et se heurtaient au problème de l’immortalité individuelle ou universelle (…) certains prétendaient reconnaître à des degrés divers l’immortalité personnelle. Cette conception fût appelée : « théorie de la double vérité » qui devait surmonter tout conflit entre la foi et la raison ». Verena von der Heyden-Rynsch – Pico della Mirandolla- Éditions Gallimard -p 47 – 2021.

 

Pic poursuit sa quête intellectuelle, rapidement il se rapproche du kabbaliste Raimondo Moncada, il s’initia donc à cette doctrine qui légitime la transcendance de Dieu, ainsi que l’impossibilité de la pénétrer en tant qu’homme. L’essence divine se manifeste dans dix émanations ou sephirot, dont l’intelligence de l’homme est incapable d’appréhender la totalité, elle n’en n’a qu’une connaissance limitée extérieure, exotérique.

Cette connaissance est décrite les écritures juives rapportées en particulier dans le « le livre des splendeurs », le Zohar. (On peut peut-être déceler une correspondance entre la lettre Z du maître secret en maçonnerie ou il est question de resplendeur et de maître intérieur.), et la structure cachée de la création et du microcosme humain. (Cf Lucien Febvre historien et professeur d’hébreu au collège de France).

 

Pic voulait s’initier à cet ésotérisme juif dans le but inavoué de rapprocher les religions juive et chrétienne. Il revient ensuite à Florence à ses 20 ans ou il resta une grande partie de sa vie pour se consacrer à mettre en œuvre sa Concordia universelle, sa doctrine de la dignité de l’homme. Pic devient l’incarnation par sa pensée des valeurs nobles de la renaissance au sens propre historique, comme au sens figuré moral. Il ne négligeait pas la valeur de son corps qu’il associait à ses facultés intellectuelles, les capacités intellectuelles de l’homme, le perfectionnement de son soi : « devenir tout ce que nous voulons être ». C’est aussi l’enseignement de Plotin : sculpter sans cesse sa statue. But aussi du Franc-maçon travailler à son perfectionnement individuel, pour essayer d’être exemplaire, d’être un exemple pour l’humanité, pour la rendre plus humaine plus fraternelle.

On discerne chez Pic, cette volonté de construction de l’homme, artisan de lui-même :

 

« Le parfait artisan (Dieu) décida finalement qu’à celui à qui il ne pouvait rien donner en propre serait commun tout ce qui avait été le propre de chaque créature. Il prit donc l’homme, cette œuvre à l’image indistincte, et l’ayant placé au milieu du monde, il lui parla ainsi : je ne t’ai donné ni place déterminée, ni visage propre, ni don particulier, ô Adam, afin que ta place, ton visage, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même ».

 

L’on remarque que le Dieu de Pic ne place pas l’homme dans un espace intermédiaire entre terre et ciel, mais au centre de tout, libre ayant toutes ses facultés et capable de se construire, de construire sa vie. Le Dieu de Pic est certes un architecte de l’univers, une puissance créatrice, mais qui laisse à l’homme un espace de liberté immense, un libre arbitre presque démesuré. L’homme à la possibilité de faire l’ange ou la bête, de fuir le vice et pratiquer la vertu ou pas !

L’homme est donc « un être supérieur » en devenir constant capable de s’améliorer, en ce sens Pic croit en Dieu mais aussi fortement en l’homme ! Humanisme et spiritualité, les Francs-maçons peuvent s’y retrouver.

 

Rapprochement métaphorique encore avec la Franc-maçonnerie :

 

« L’homme est (…) une chose informe, une matière, une laide pierre qui a besoin du statuaire. (Qu’il est lui-même) ».

 

Cheminement maçonnique de la pierre brute, à la pierre taillée, puis polie jusqu’au centre de l’étoile, puis d’établir sa résidence dans la chambre du milieu.

 

Pic n’est donc pas un pur humaniste, seulement un humaniste, il n’a pas renoncé à sa foi chrétienne. Le pur humaniste voit la possibilité de la grandeur de l’homme dans ses formes de vie, dans le choix de ses formes de vies. Pic lui reconnaît les métamorphoses pour atteindre une forme de vie la plus parfaite possible, mais cette quête du bien à pour but l’union avec Dieu. Il précise d’ailleurs :

 

                           « Cette union est l’unique but de nos efforts ».

 

La méthode de Pic de ces régénérations, métamorphoses successives est de nous rendre dignes de cette union, de nous rendre prêts à cette rencontre. Je dirais par passages successifs du secret au sacré, du sacré au divin, par élévation vers la spiritualité. Pic recherche comme Plotin la simplicité de la contemplation de l’Un.

 

Pic conçoit l’homme à la fois comme une pierre brute à sculpter et comme le sculpteur de cette pierre, ce pourrait être la définition d’un parfait maçon, d’un maître parfait.

Il fait parler ainsi son architecte créateur :

 

« Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, afin que, souverain de toi-même, tu achèves ta propre forme librement, à la façon d’un peintre et d’un sculpteur. Tu pourras dégénérer en formes inférieures comme celles des bêtes, ou régénéré atteindre les formes supérieures, qui sont divines ».

 

La métaphore du phénix est ici saisissante, comme celle de la construction de l’homme intérieur par métamorphoses successives.

 

Je conclurais par cette citation anonyme, un proverbe africain paraît-il ?

 

« La personne est une multiplicité intérieure inachevée, appelée à s’ordonner, s’unifier. Dieu ne fait qu’ébaucher l’homme. C’est sur terre que chacun se crée ».

 

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE…

  

LE PHÉNIX DE LA RENAISSANCE - PART-II-

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Publié le
 


Samedi 30 avril 2022
Château Saint-Antoine
Marseille
9 heures 30 - 17 heures



VIIes Rencontres

Académie Maçonnique Provence





Alchimie et Hermétisme

 
 
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,


Les VIIes rencontres de l'Académie Maçonnique se dérouleront le samedi 30 avril au Château Saint-Antoine à Marseille et seront consacrées à l'Alchimie et à l'Hermétisme avec un plateau d'invités de très haut niveau.

Nous vous présentons aujourd'hui la première conférencière.

 
Françoise Bonardel 
Agrégée de philosophie, Docteur d'État ès Lettres et Sciences,
Professeur de philosophie des religi
ons à La Sorbonne de 1990 à 2010
 
 
Un trépied fondateur :
Hermétisme, Gnose et Alchimie  
 
 
Philosophe et essayiste, Françoise Bonardel est Professeur émérite à la Sorbonne (Philosophie des religions).
Connue pour ses travaux sur l'hermétisme et l'alchimie (La Voie hermétique), Françoise Bonardel s'est ensuite intéressée à des sujets divers qui ont en commun d'être des voies de transformation entretenant souvent avec l'alchimie des rapports étroits : transformation par la culture (Des Héritiers sans passé, 2010), par la création artistique (Dürer, Artaud) ou par l’exploration de l'inconscient dans le cadre de la psychologie jungienne des profondeurs (Jung et la gnose, 2017). Transformation grâce à une pratique spirituelle comme le bouddhisme dont l'acculturation interpelle la culture occidentale (Vacuités, 2020), mais également par le voyage dans sa dimension "initiatique".
Voyageuse elle-même, Françoise Bonardel a récemment préfacé et annoté un récit inédit d'Alexandra David-Neel, Milarépa, le yogi-poète tibétain (Plon, 2021).
Parmi la très importante bibliographie de Françoise Bonardel, nous avons sélectionné les ouvrages suivants:
  • La Voie hermétique (Dervy, 2011) 
  • Philosophie de l'alchimie (PUF, 1993) 
  • Philosopher par le Feu. Anthologie de textes alchimiques
  • Bouddhisme tantrique et alchimie (Dervy, 2012)
  • Prendre soin de soi. Enjeux et critiques d'une nouvelle religion du bien-être (Almora, 2016).
  • Vacuités. Sortir du nihilisme grâce au bouddhisme ? (Editions Kimé, 2020)
Tous sont disponibles sur le site de du Comptoir du livre notre partenaire au Château Saint-Antoine.
 
Nous présenterons les autres intervenants au cours des prochaines semaines.
 
André UGHETTO
Ancien professeur agrégé de lettres modernes, poète,
réalisateur
Projection de son court métrage (55') réalisé en 1984 et échanges

 
Mutus Liber, Tableaux pour Nicolas Flamel

 
 Jean-François BLONDEL 
Historien, spécialiste du Compagnonnage, auteur

"Alchimie des Cathédrales"


 
 Alain MUCCHIELLI
Médecin spécialiste Santé publique, Docteur d'État ès Sciences (Chimie-Biologie)
auteur


"Parcours maçonnique, parcours alchimique"
 
 
L'adhésion annuelle de 35 €, vous permet de bénéficier de la gratuité de toutes nos manifestations (hors frais de restauration), incluant l'envoi des travaux des conférenciers ainsi que l'enregistrement intégral des conférences dans les semaines qui suivent les rencontres.
L'adhésion à l'Académie Maçonnique Provence vous permet de bénéficier également de la gratuité des manifestations organisées par les Académies de Paris, Lille, Lyon et Toulouse.


Ces rencontres sont ouvertes aux Frères et Sœurs Maîtres de toutes les obédiences et les frais de participation sont de 20 € (hors restauration) pour les non-adhérents de l'Académie Maçonnique.

Pourquoi des frais de participation ? 
Pour nous aider à couvrir les frais de location du Temple, les frais d'hébergement et de restauration des conférenciers, les frais du technicien vidéo, les assurances, les frais administratifs, etc.
Merci de votre compréhension
.

Le montant du triangle pour les agapes est de 18 €.
Merci de diffuser cette invitation à tous
les Frères et Sœurs Maîtres de ton entourage.

 
Salutations très fraternelles,
Alain Boccard
Président



PS: Les ouvrages coédités par les Éditions Ubik et l'Académie Maçonnique Provence 
sont toujours disponibles en cliquant ICI:


Maintenant disponible
Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?

Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?

Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie.
Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram
 
 
 
 
 
 

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Publié le par Jean-François Guerry
Giovani Pico della  Mirandola

Giovani Pico della Mirandola

LE PHÉNIX DE LA RENAISSANCE

 

« Tu pourras dégénérer en formes inférieures, qui sont bestiales. Tu pourras par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures qui sont divines ».

                                               Pic de la Mirandole – De la dignité de l’homme.

 

La re-naissance italienne qui s’étend du milieu du XIVème siècle (Trecento) et le milieu du XVIème siècle (Cinquecento) fait donc du XIVème siècle (Quattrocento) la période maîtresse l’apogée. Dans le domaine des arts c’est l’époque de Michel-Ange, Sandro Botticelli, Raphaël. Sur le plan philosophique c’est un regain pour l’Antiquité classique, un intérêt et un essor pour l’humanisme. On place avec Pétrarque l’homme au centre de l’univers, sans délaisser la pensée chrétienne, une grande lumière commence à paraître annonciatrice du siècle des lumières.

Parmi les Antiques Plotin retrouve une place particulière, avec Aristote de grands mécènes comme Laurent de Médicis dit le Magnifique sont élevés dans cette tradition antique. Après Alexandrie, Athènes, Rome c’est Florence qui connaît un bouillonnement intellectuel. Les mathématiques, la divine proportion du nombre d’Or, le pythagorisme, accompagne les mouvements de l’âme, le visible se doit de traduire l’invisible. Le célèbre dessin de Léonard de Vinci inspiré de l’architecte romain Vitruve symbolise l’homme comme le cœur de tout, au milieu de l’Univers un parfait triangle équilatéral.

 

Le 24 février 1463 au château de la Mirandola dans ce qui est aujourd’hui l’Émilie-Romagne entre Mantoue et la Vénétie au nord-est de Modène et au nord-ouest de la Bologne dans cette petite ville qui compte aujourd’hui 20 000 habitants environ ; naquit Giovanni Pico. Dans une famille noble ou la chevalerie était une évidence. Il est donc naturel que le jeune Pico devînt un chevalier de l’esprit, il vient au monde vingt années après son frère, protégé par sa mère son goût se porta sur les arts plus que les armes. Très tôt il se révéla détenteur d’une intelligence hors normes. C’est ainsi qu’il fût qualifié de Phénix de la Renaissance.

 

Mon propos est à travers quelques modestes articles de déceler ce qui dans la vie et dans les pensées de Pic de la Mirandole le rapproche de la Franc-maçonnerie spéculative qui devrait se développer plus de deux siècles après sa mort. J’observe le regain d’intérêt pour Pic comme en témoigne deux importantes obédiences maçonniques françaises la GLDF et la GLNF qui ont organisé pour la première fois à ma connaissance un colloque sous le nom : Des Entretiens de Pic de la Mirandole, en 2021.

 

Le 05 mai 2018 j’écrivais quelques lignes dans le blog sur Pic de la Mirandole, trop brèves et peu documentées, c’est pourquoi je reviens sur la vie de cet humaniste hors du commun et qui pourtant ne vécut que 31 ans ! Je reprends donc la plume, convaincu aujourd’hui que sa manière de penser et ses pensées mêmes sont une des sources de la Franc-maçonnerie spéculative.

 

La Franc-maçonnerie est une initiation qui provoque la transformation, la métamorphose de l’être. Pic se comparait lui-même à un Caméléon. Être soi-même et devenir autre en même temps.

 

Pic possédait une puissance, une force intellectuelle lui permettant de re-naître sans fin, il se construisait sans cesse persuadé de ses capacités de perfectionnement sans limites. En mettant l’homme au centre, dans la chambre du milieu. Pic a participé avec d’autres comme Marsile Ficin à la renaissance de la philosophie antique en l’associant avec les traditions hébraïque et chrétienne, ainsi que la magie (il faut comprendre l’alchimie chez lui) et les gnoses. Rares sont les hommes aussi affamés de connaissances spirituelles. Ce qui ne fût pas sans poser de problèmes dans une société sortant du moyen-âge et fortement dominée par la scolastique et la tradition chrétienne.

La liste de quelques-uns des influenceurs de Pic démontre l’ouverture de son esprit est ses connaissances encyclopédiques : Marsile Ficin le plotinien traducteur des Ennéades, Aristote, Nicolas de Cues théologien, cardinal, mathématicien annonciateur de la révolution copernicienne, Augustin d’Hippone qui fit la jonction entre la philosophie grecque et la tradition chrétienne, Avicenne philosophe, médecin, Averroès lui aussi philosophe et médecin, citons encore Raymonde de Lulle le catalan philosophe à la croisée des trois cultures chrétienne, islamique et juive, enfin je soulignerais sa proximité avec Giordano Bruno. Pic ce philosophe de la Concordia de la concorde avait tout pour séduire les fondateurs de la Franc-maçonnerie spéculative en quête, de liberté, a-dogmatiques, épris de tolérance sans faiblesse. La formule Savoir, Connaître et Agir convient bien à Pic. Il appliquait avant l’heure l’injonction que l’on trouve dans les rituels maçonniques : « recevoir toutes les opinions et ne jamais les accepter les faire siennes sans les avoir passées au crible de la raison. »

 

Celui qui ne rejetait aucune pensée d’emblée, faisait dans son époque « bande à part ». Rappelons-nous qu’il mourut à l’âge de 31 ans et probablement empoisonné.

 

Pic avait la volonté de sortir d’une société figée, emprisonnée dans ses idées et ses préjugés. Il savait que l’homme avait en lui toutes les ressources pour y parvenir. Il aspire à être un homme nouveau, créateur, constructeur de lui-même, grâce à ses facultés intellectuelles, humaines. Pic est un fervent croyant du libre arbitre qui donne à l’homme sa dignité.

C’est sans doute Marsile Ficin qui l’initia à l’œuvre de Platon et au corpus hermeticum. Pic est toujours en quête, sur le chemin qu’il privilégie au but, il cherche les voies de la connaissance et de la vérité.

Pic ira jusqu’à dire : « je sais beaucoup de choses que d’autres ignorent. » Il fût admiré par Érasme et Thomas More, son érudition ne fût cependant pas reconnue par Rabelais et Voltaire sans doute jaloux ils voyaient en lui « un simple dévoreur de livres. » Pic interpréta les antiques pour essayer de les réconcilier avec le christianisme, l’hermétisme et même la Kabbale, il verra cependant toujours la religion la fin ultime à laquelle la philosophie ne fait que préparer.

 

« Quant à toi, dispose-toi à la philosophie (…) de façon à te rappeler qu’il n’y a pas de philosophie qui nous détourne de la Vérité et des Mystères : la philosophie cherche la Vérité, la théologie la trouve, la religion la possède. »

Il restait encore un grand pas à faire avant l’avènement des lumières.

Ce qui rapproche Pic de la Franc-maçonnerie c’est sa propension à puiser dans des traditions séparées considérées jusqu’alors comme inconciliables, sans doute le meilleur que chacune contient.

Un Franc-maçon dirait unir les contraires qui ne sont souvent qu’apparences. Pic cherchait sans doute une unité à travers la connaissance des textes vétéro et néotestamentaires, l’ésotérisme de la Kabbale, l’alchimie, Confucius, les philosophes arabes, la littérature indienne, il cherchait cette fameuse Concordia.

On imagine que dans son siècle il mettait sa vie en danger. Il voulait absolument faire renaître des doctrines enfouies dans un esprit a-dogmatique de concorde et de tolérance. Il fût donc le Phénix capable de lire les textes anciens avec les yeux d’un homme du présent.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE…

LE PHÉNIX DE LA RENAISSANCE

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À PROPOS DE L'INVASION DE L'UKRAINE.

Les monstres existent, mais ils sont trop peu nombreux pour être vraiment dangereux. Ceux qui sont vraiment dangereux ce sont les hommes ordinaires les fonctionnaires prêts à croire et à obéir sans discuter.- Primo Levi.

 

 

 

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Publié le par Jean-François Guerry
PHILOSOPHER, MAÇONNER EST-CE APPRENDRE À MOURIR

PHILOSOPHER, MAÇONNER EST-CE APPRENDRE À MOURIR ?

 

 

« C’est une perfection absolue et pour ainsi dire divine que de savoir jouir de son être ».

                                                           Michel de Montaigne. Le Gai Savoir.

 

 

Michel de Montaigne est plutôt un philosophe de la vie, pour lui penser la mort c’est se libérer il a dit : « La préméditation de la mort est préméditation de la liberté celui qui a appris à mourir a désappris à servir ». Le profane qui cherche la Lumière, la Vérité et qui dans l’espérance de parvenir à les trouver dans l’initiation maçonnique est plongé immédiatement dans la caverne du cabinet de réflexion face à la mort, quelle mort ?

Philosopher suivant les deux formules c’est apprendre à mourir ou apprendre à vivre. Les formules semblent s’opposer et pourtant elle se rejoignent pour vivre, il faut mourir. Apprendre à mourir au sensible pour accéder à l’intelligible. Séparer le plus qu’il est possible le corps de l’âme, ou plutôt donner plus d’importance à l’esprit, à la vie spirituelle. Le Franc-maçon travaille au passage de l’avoir à l’être, de l’avoir périssable à l’être éternel.

 

Passer sa vie à apprendre à mourir ne semble pas un projet raisonnable et pourtant le sage s’habitue à la mort pour ne pas être dans l’angoisse de ce qui n’est qu’un instant, ce qui illustre parfaitement aussi le carpe diem. Avec le danger de succomber à un fatalisme paralysant toute action et toute vie.

 

Pour Platon qui aurait initié la formule philosopher c’est apprendre à mourir. Pour lui il s’agit plutôt d’une conversion à la vie de l’esprit. L’on maçonne aussi pour s’élever de plus en plus à la spiritualité, c’est la symbolique du compas de l’esprit qui passe du dessous de l’équerre au-dessus de celle-ci. La pratique maçonnique est un entrainement, un exercice spirituel. Le Franc-maçon est un marathonien, un coureur de fond qui se dirige vers la Lumière. Socrate lui-même avait appris à ne pas craindre la mort, un simple instant avant de passer vers autre chose.

 

Apprendre à mourir pour le Franc-maçon est un exercice de purification symboliquement illustré par les épreuves des éléments. Il est purifié par l’épreuve de l’eau, puis de l’air et du feu, il obtient le droit de passer. Refuser la mort c’est refuser la vie, l’homme sait depuis sa naissance qu’il mourra. C’est dans le Phédon que Platon exprime le mieux cet apprentissage de la mort :

« Ainsi, d’une façon générale, cet homme (le philosophe, je rajoute le maçon), loin de s’occuper de son corps, se détache de lui autant qu’il peut et tourne son attention vers son âme ». Platon Phédon64.

Le détachement corps âme qui se repris plus tard par Plotin.

 

« C’est donc tout d’abord dans les cas de cet ordre que se révèle le philosophe (le maçon) : quand il détache son âme le plus possible, et mieux que nul autre du commerce qui l’unit au corps ». Platon Phédon 65.

 

Dit autrement, c’est la volonté de recherche de la vérité de l’intelligible. Aller vers la contemplation de l’Un Bien. Le détachement du corps, de la matière favorise l’élévation de l’Esprit et de l’Âme.

 

« Et l’âme pense mieux que jamais sans doute, quand elle n’est pas troublée, ni par l’ouie, ni par la vue, ni par la peine, ni par le plaisir et qu’elle s’est isolée en elle-même ; dégagée du corps…elle aspire à ce qui est. » Platon Phédon 65.

 

Prendre soin de son soi, de ce qui dépend de soi, c’est aussi le message de Marc Aurèle.

 

« (l’âme) Elle met au calme ses passions (maçonnerie maîtriser ses passions) elle suit les pas du raisonnement, elle ne cesse d’être attentive, elle contemple, le vrai, le divin ce qui n’est pas l’objet de l’opinion (c’est-à-dire les vérités humaines)… elle sera délivrée de l’humaine misère. » Platon Phédon 84.

 

Le Franc-maçon met à distance le plaisir, le remplace par le désir du vrai. La mort de la matière n’est rien quand elle est remplacée par la vie de l’esprit. Plus la vie de l’esprit prend de l’importance moins l’on est dans la crainte de la mort du corps.

Ainsi le voyage dont l’itinéraire va de la matière à l’esprit est l’espérance de la réalisation d’un homme meilleur, partie d’un monde meilleur où la raison, la réflexion guide l’action vers le bien.

Comme un paradoxe prendre soin de soi, c’est mourir à la matière du moins en diminuer en l’importance, pour faire vivre l’esprit c’est ce qui apporte la joie dans les cœurs.

 

« C’est ayant le souci de vous-mêmes que tout ce que vous pourrez faire vous procurera de la joie. » Platon Phédon 115

 

À son déclin le Miracle Grec, bizarrement avec le néoplatonisme atteint une apogée pour l’esprit, l’âme s’élève jusqu’à sortir du corps comme le disait Plotin, il y a une rencontre avec la théologie chrétienne. La sagesse des grecs leur volonté de bien vivre, la vie bonne grâce à la vie de l’intelligence divine, la lumière originelle qui éclaire l’homme de ses rayons. S’apparente au prologue de l’évangile de Jean : « Ce qui fût produit était en lui vie, et la vie est la lumière des hommes. » Les païens et les chrétiens se retrouvent dans un idéal partagé en commun vivre selon l’esprit. Philosopher, maçonner c’est apprendre à mourir pour pouvoir vivre dans l’esprit qui provoque l’amour et la joie.

 

                                            Jean-François Guerry.

PHILOSOPHER, MAÇONNER EST-CE APPRENDRE À MOURIR

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Samedi 5 mars

Académie Maçonnique de Lyon





Franc-Maçonnerie :

Apport des philosophies

et religions


 
 
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,


Nous avons le plaisir de te transmettre les informations de l'Académie Maçonnique de Lyon qui organise le samedi 5 mars au Temple de la Croix Rousse, 19 rue Dumont d'Urville 69004 Lyon, une journée dont tu trouveras ci-dessous l'ensemble des détails.

Je me permets de rappeler que l'accès est gratuit pour les adhérents 2022 de l'Académie de Provence.


Tu trouveras en cliquant ici le bulletin d'inscription à renvoyer à l'Académie de Lyon.





 

Je profite de l'occasion pour te rappeler que les inscriptions pour les VIIes Rencontres de l'Académie de Provence se dérouleront le samedi 30 avril au Château Saint-Antoine à Marseille sur le thème
 
«Alchimie et Hermétisme»
 
Les conférenciers seront:
 

Françoise BONARDEL
Agrégée de Philosophie, Docteur d'État ès Lettres et Sciences
Professeur de philosophie des religions à la Sorbonne
de 1990 à 2010


«Un trépied fondateur :
Hermétisme, Gnose et Alchimie» 


André UGHETTO
Ancien professeur agrégé de lettres modernes, poète,
réalisateur

Projection de son court métrage (55') réalisé en 1984 et échanges


Mutus Liber, Tableaux pour Nicolas Flamel

 
 Jean-François BLONDEL 
Historien, spécialiste du Compagnonnage, auteur


«Alchimie des Cathédrales»

 
 Alain MUCCHIELLI
Médecin spécialiste Santé publique, Docteur d'État ès Sciences (Chimie-Biologie), auteur


«Parcours maçonnique, parcours alchimique»
 

 
L'adhésion annuelle de 35 € permet l'accès gratuit à l'ensemble de nos manifestations ainsi que les vidéos enregistrées des conférences.

 Les  frais de participation sont de 20 € (hors restauration) pour les non-adhérents de l'Académie Maçonnique.

Le repas (entrée, plat, fromage, dessert, café et boissons) sera servi en salle humide et le montant du triangle est de 18 €
.


Merci de t'inscrire en cliquant ICI...

 
N'hésite pas à diffuser cette invitation à tous
les Frères et Sœurs Maîtres de ton entourage.

 
Salutations très fraternelles,
Alain Boccard
Président



PS: Les ouvrages coédités par les Éditions Ubik et l'Académie Maçonnique Provence 
sont toujours disponibles en cliquant ICI:


Maintenant disponible
Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?

Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?

Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie.
Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram


À paraître fin février :
Marc Halévy, Construire Dieu et le monde. 
 
 
 
 
 

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Publié le par Jean-François Guerry
L'INVERSION MAÇONNIQUE MORT INITIATIQUE

L’INVERSION MAÇONNIQUE, MORT INITIATIQUE.

 

           

                                                                                             « Meurs et deviens. »

                                                                                                                  Goethe.

 

Un des secrets et des mystères de la Franc-maçonnerie est la découverte du passage de la mort à la vie, alors que les hommes ne sont conscients que du passage de la vie à la mort.

Ceux qui frappent à la porte du temple au midi de leur vie, regardant derrière eux sont parfois saisis d’effroi n’ayant pas les réponses à leurs questions existentielles. Ils sont comme le disait Héraclite : « des hommes des brumes », qui cherchent leur chemin aspirent à trouver la Lumière du sacré.

L’initiation maçonnique est d’abord une mort avant la vie, avant la re-naissance, c’est un combat de l’homme pour vivre la vie de l’esprit. Pour changer le plomb en Or pur spirituel disent les alchimistes dans la caverne ou naît l’homme intérieur. Le passage de l’ombre à la Lumière pour l’homme qui recherche son harmonie, sa libération. Pris au piège par ses préjugés, le culte des apparences, l’erreur de l’égoïsme et l’orgueil, il est errant, en exil, perdu, pleurant au bord du fleuve, il ne voit que le tourbillon de sa vie, un torrent de boue.

À la recherche de la nostalgie bienheureuse il veut remonter le fleuve jusqu’à sa source d’eau pure pour boire l’eau nectar qui ruisselle de l’esprit jusqu’au cœur.

 

Il accepte de se dépouiller, il ne veut plus accumuler. Il va tamiser l’eau dans sa batée d’orpailleur, tourner sans cesse ses sens son regard vers le centre, là où la Lumière illumine ceux qui y parviennent. Cette ruée vers l’Or spirituel est son nouveau chemin de vie, il voit l’itinéraire avec l’œil de son cœur. Il ira seul sur le chemin comme un mystique anachorète dans le désert ou accompagné par ses Sœurs et ses Frères puisqu’il est un homme dans le monde et partie du monde. Il trouvera toujours sa route pourvu qu’il regarde à l’intérieur de lui-même. Il sera fidèle et persévérant à l’inverse de celui qui pris dans le tourbillon de la vie courre d’un médecin à l’autre pensant pouvoir trouver un remède miracle, alors que le remède est en lui.

 

Une fois l’être intérieur éveillé, il prend son essor et exige sa nourriture. Le viatique symbolique du Franc-maçon mis dans son bissac est constitué des outils de la construction et des textes sacrés qui perpétuent les messages intemporels, les mots des anciens celés dans les rituels qui sont autant de véhicules qui transportent l’esprit vers les cimes de la spiritualité, là où l’Âme peut contempler l’Un Bien.

Quand le Franc-maçon a découvert le trésor caché de son être intérieur, quand la lumière à éclairer ce trésor, le feu régénérateur fait palpiter son cœur d’amour, il est passé de la mort matérielle à la vie spirituelle. Une légende raconte qu’un homme qui se tenait au sommet d’une colline, chantait sans cesse chaque matin au lever du soleil. Il chantait : « J’étais mort. Je suis devenu vivant. Je dormais et je m’éveille. » Il souriait à ceux qui passaient, certains le prenait pour un fou, d’autres voyant la lumière dont il était illuminé et qui brillait dans ses yeux pleins de joie. Ceux-là comprenaient soudain qu’ils voyaient un nouveau-né souriant à la Lumière, un enfant de la lumière.  

 

                                            Jean-François Guerry.

L'INVERSION MAÇONNIQUE MORT INITIATIQUE

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Publié le par Jean-François Guerry
CONVERSIO, CONVERSION MAÇONNIQUE

CONVERSIO MAÇONNIQUE

 

« Mes Sœurs, mes Frères que vos regards se tournent vers tournent vers le centre de la Loge… »

« Mes Sœurs, mes Frères que vos regards se tournent vers la Lumière… »

                                                                                                  Extraits de Rituels Maçonniques.

 

 

Au moment de la construction symbolique du Temple les ouvriers en silence contemplent l’élévation progressive de l’œuvre, les marches, puis les colonnes, la porte, les fenêtres, puis les outils symboliques sont mis à leur place, les colonnettes, les trois grandes lumières, les luminaires et le Delta lumineux au centre duquel règne l’œil du cœur.

Remontons aux racines dans la Grèce antique, le mot conversio conversion est utilisé pour définir un mouvement parfait, c’est-à-dire circulaire, l’on peut déjà voir le rapport entre le mouvement qui est aussi commencement et initiation. Le mouvement circulaire parfait est propre aux dieux, au ciel, au monde. Pourquoi ? Parce qu’il est propre à l’intellect, on distingue dès lors l’aspect cosmologique et noologique c’est-à-dire ayant un rapport avec l’esprit du mot.

Le cercle évoque dès l’origine un retour à soi, conversio est une des occurrences grecques du symbolisme du mythe platonicien de la Caverne, avec la rotation de l’œil de l’âme, le passage de l’obscurité à la Lumière. Cette rotation, conversio est donc le regard vers l’intérieur.

Pour les stoïciens, le mouvement circulaire devient constitutif de toute substance donnant une forme de cohésion et d’unité. C’est aussi une interprétation maçonnique : mouvement qui va du centre vers la périphérie engendrant la substance et qui revenant de la périphérie vers le centre donnant substance et réalité à son être. Ce mouvement perpétuel et périodique ramène toujours à son état primitif. C’est ainsi que les sages maintiennent leur cohésion intérieure, l’on revient toujours au centre.

Le génie qui parle en nous a été sublimé par les néoplatoniciens. Pour Plotin en effet l’Un lui-même est tourné vers soi ce qui signifie qu’il demeure en lui-même. La génération de l’Intelligence et celle de l’Âme s’effectuent par la conversion de l’hypostase inférieure vers l’hypostase supérieure qui l’illumine et la limite. Plus proche encore de l’initiation maçonnique est Porphyre, pour lui la conversion devient le troisième moment de l’autoconstitution de la réalité intelligible : celle-ci préexistant à elle-même dans elle-même dans un état de repos (endormie), se distingue d’elle-même dans le mouvement de procession pour revenir à soi dans la conversion. Système mis en évidence par Pierre Hadot : « Fragments d’un commentaire de Porphyre sur le Parménide ».

 

On distingue dans ce raisonnement la mise au jour d’un processus initiatique d’élévation spirituelle à partir de son soi décelable dès le cabinet de réflexion maçonnique qui se prolonge jusqu’au centre de la chambre du milieu où le Maître est illuminé.

Après Porphyre la conversion deviendra un processus théologique. Dans l’ordre religieux elle prendra la forme d’un changement de disposition intérieure qui modifiera les relations homme Dieu. Retour du peuple élu vers Dieu, retour à la fidélité de l’Alliance avec Dieu dans l’espoir d’un retour en Terre Sainte. Ce retournement intérieur s’accompagnant du repentir.

On peut suivre ce retournement, qui est illustré dans les légendes maçonniques salomoniques dans les degrés des loges de perfectionnement au R E A A qui vont du 13ème au 14ème degré écroulement du temple matériel par la faute du Roi Salomon, perte de la parole, du sens spirituel, puis exil à Babylone. Les degrés suivants illustreront le retournement vers la Terre Sainte, la reconstruction du temple et l’attente de la descente de la Jérusalem céleste, du Temple intérieur, du Temple spirituel.

Le nouveau testament généralisera cette notion de retour à Dieu avec une application universelle de la loi d’amour, nouvelle loi, nouvelle naissance.

Clément d’Alexandrie fera une synthèse transition, sur la conversion naissance en rapprochant les concepts platoniciens et stoïciens de la rotation de l’âme, âme regardant vers le Bien. Le schème ternaire du néoplatonisme viendra fusionner avec la trinité théologique. Le Dieu trinité est alors l’Esprit Absolu qui se réfléchit en lui-même.

C’est chez Augustin que l’on trouvera l’apogée du mot conversion. Augustin pèlerin de l’esprit aura accumulé toute la richesse et le sens de ce mot en mêlant tradition hellénique et chrétienne. Il donnera d’abord au mot conversion un sens noologique, moral, éthique à l’instar de la tradition néoplatonicienne, retour vers le Dieu présent à l’intérieur de l’âme, Dieu qui est Vérité, Lumière et Raison. Augustin également dans ses commentaires sur la genèse le mot conversion prend une dimension cosmologique également néoplatonicienne.

La créature est d’abord dans un état informe qui l’éloigne de l’Unité divine, elle prendra peu à peu forme, à condition de retourner vers sa source, elle est alors illuminée et achevée. On peut faire une analogie qui va de l’apprenti maçon pierre brute qui après reçu la lumière, elle l’éclaire de plus en plus, il devient une pierre taillée polie capable de s’intégrer dans l’harmonie du cosmos, sculptée elle est illuminée quand elle retrouve sa source, sa Vérité perdue.

 

C’est la conversion illumination de l’âme chez Augustin traduite dans ses Confessions Livre XIII.C’est l’expérience de Milan, Augustin veut éblouir il boit les paroles d’Ambroise qu’il considère « comme un ange de Dieu…une source jaillissante en flots d’éternelles vie ». Il dira : « sans être encore parvenu à la vérité, j’étais déjà sorti du mensonge. » Je dirais du monde des apparences. Augustin lève symboliquement peu à peu les voiles du mensonge, il se convertit à la Vérité et la Lumière. C’est à cet instant qu’il trouvera sa voie et ouvrira le cahier de l’Apôtre celui qui propage la Lumière, la Vérité, et la Vie. Augustin lira : « …non en banquet et beuveries, non en luxures et impudicités, non en cotention et jalousie mais endossez le christ le seigneur Jésus, et n’allez pour pourvoir la chair dans les convoitises. »

Le Franc-maçon dirait choisir de fuir le vice et pratiquer la vertu, conversion de l’obscurité vers la Lumière.

Il ne nous faut pas oublier que la conversion religieuse demeure un cas particulier d’une loi universelle, que la spiritualité n’est pas que religieuse, comme elle n’est pas que laïque, elle est la spiritualité sans adjectif. (Pour moi, j’ai du mal à la concevoir autre qu’universelle, unique, non sécable, non différenciée). Cette conversion touche tous les êtres qui recherchent la vérité et la liberté, en ayant un autre regard sur eux-mêmes et le monde, en rentrant à l’intérieur d’eux-mêmes par la porte qui est en dedans, pour y trouver leur Maître Secret, leur Maître intérieur.

La conversion conversio est un processus dynamique actif de la connaissance de nous-mêmes, connaissance de l’être intérieur introspection (V.I.T.R.I.O.L), connaissance du monde, par l’éveil spirituel, son essor. Pour réaliser les métamorphoses de son être intérieur en vue d’un retour à sa source, son unité. Retournement du regard, conversion du regard qui est un bonheur.

 

À faire et à suivre…

 

                                        Jean-François Guerry.

 

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Publié le par Jean-françois Guerry
CAUSA SUI ET LE GRAND ARCHITECTE

CAUSA SUI, ET LE GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS.

 

« L’essentiel de ce qui fût pensé autrefois dans la causa sui n’est autre que l’absolue liberté ».

             Stanislas Breton.- Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques- J. Vrin.

 

La question du Grand Architecte de l’Univers divise les maçons surtout en France dans leurs travaux qui se font à sa gloire ou pas. Mon propos n’est pas ici de prendre parti pour l’un ou l’autre camp, ce serait nier la qualité universelle de la Franc-maçonnerie, ce serait nier aussi quelle est un centre de l’union des hommes, qui partagent au-delà de la reconnaissance ou non de ce principe des valeurs humaines, des vertus communes. L’ouverture du compas impose la tolérance et le respect des idées surtout quand elles différent des nôtres. On ne peut pas affirmer rejeter tout dogmatisme et s’enfermer dans l’intolérance.

 

Mon propos est ici donc de m’efforcer de comprendre la nature du Grand Architecte, du principe créateur tâche insurmontable, tant et si bien que la Franc-maçonnerie qui se réfère à ce principe créateur admet que chacun de ses membres puisse avoir une lecture différente de celui-ci, une conception différente. Dieu, dieux, concept d’unité, Un bien, croyance, architecte suprême, horloger, Grand Géomètre etc… L’ensemble activé par la foi maçonnique, différente de la foi religieuse, c’est une vision déiste. Il existe une Franc-maçonnerie théiste qui affirme que le Grand Architecte est Dieu restreignant le champ des possibles.

La question est le Grand Architecte, cause première est-il la cause de soi-même, quelque chose généré à partir de lui-même. Il nous faut remonter l’horloge jusqu’à la philosophie antique et au début de l’ère chrétienne. Plotin dont les adversaires prétendaient que l’Un est arrivé de manière contingente par hasard, répliquait que l’Un ne peut résulter d’une causalité antérieure à lui-même, parce qu’il est le premier et parce qu’il est simple. En conséquence il est donc cause de soi et libre parce qu’il se veut comme il est et qu’il est comme il se veut. Il y a donc, dans l’Un de Plotin, une coïncidence de l’absolue liberté et de l’absolue nécessité. Pour lui la notion de Cause de Soi, a une valeur métaphorique elle permet de comprendre la primauté absolue de l’Un.

Cette notion de causa sui comme production de l’existence par l’essence restera présente jusqu’au XIXème siècle.

 

Plotin, Marius Victorinus, Saint-Augustin maintinrent que Dieu s’est créé lui-même. La scolastique avec Saint Thomas d’Aquin préférera à la causa sui, la notion d’aséité voulant affirmer la primauté divine, en affirmant ainsi que la créature ne peut être la cause d’elle-même et c’est pourquoi elle a besoin d’une cause première.

Stanislas Breton parle d’un dernier hommage à une transcendance ineffable avant l’avènement d’une plus haute raison. Marsile Ficin l’un des premiers traducteurs des Ennéades de Plotin pense comme René Descartes : « La liberté humaine implique ainsi une libération de la tutelle du principe donnant lieu à un véritable recommencement dans l’exercice de la puissance. »

Définir le principe en recherchant l’essence divine, avec le souci de sa liberté propre et des vérités éternelles, que sont les puissances infinies. Reconnaître la fusion qu’il y a entre l’essence et la puissance du principe à la manière de Baruch Spinoza : « La puissance de Dieu est son essence même. » B. Spinoza Éthique I Prop 34.

 

Le triangle composé de Plotin, Descartes, Spinoza peut nous aider à comprendre la causa sui, et en creux nous faire une idée du principe créateur Grand Architecte de l’Univers. La formule de E. W.Tschirnhaus dans ses échanges avec Leibniz est édifiante : « La scolastique commence par les créatures, Descartes a commencé par l’esprit Un, Spinoza par Dieu. »

 

Spinoza dans son Éthique I De Dieu. : « j’entends par cause de soi ce dont l’essence enveloppe l’existence, ou ce dont la nature ne peut être conçue que comme existante. »

 

II- « J’entends par substance ce qui est en soi et conçu par soi, c’est-à-dire ce dont le concept peut être formé sans avoir besoin du concept d’une autre chose. »

 

IV- « J’entends par attribut ce que la raison conçoit dans la substance comme constituant son essence. 

 

VI- « J’entends par Dieu un être absolument infini, c’est -à-dire une substance constituée par une infinité d’attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie.

 

AXIOMES

 

I – « Tout ce qui est, est en soi ou en autre chose. »

 

II- « Une chose qui ne peut se concevoir par une autre doit être conçue par soi. »

Pour Plotin l’âme est aussi douée d’un mouvement automoteur. Il est intéressant de relire un passage de la troisième Méditation de Descartes et d’en faire le rapprochement avec les concepts plotiniens d’émanations et de processions :

« Puis l’on peut derechef rechercher si cette cause (la cause de ma nature d’être pensant qui dispose en soi de l’idée de Dieu) tient son origine et son existence de soi-même, ou de quelque chose. Car si elle tient de soi-même, il s’ensuit, par les raisons que j’ai ci-avant alléguées, qu’elle-même doit être Dieu ; puisque ayant la vertu d’être et d’exister par soi, elle doit aussi avoir sans doute la puissance de posséder actuellement toutes les perfections dont elle conçoit les idées, c’est-à dire toutes celles que je conçois être en Dieu. Que si elle tient son existence de quelque autre cause que soi, on demandera derechef, par la même raison, de cette seconde cause, si elle est par soi, ou par autrui, jusques à ce que de degrés en degrés on parvienne enfin à une dernière cause qui se trouvera être Dieu. Et il est très manifeste qu’en cela il ne peut y avoir de progrès à l’infini… »

 

L’on peut légitiment penser que Descartes avait lu les Ennéades de Plotin traduites par Marsile Ficin (1433-1499), l’on voit une chaîne de pensées se dessiner avec Giordano Bruno (1548-1600), Descartes (1596-1650) et enfin Spinoza (1632-1677).

Descartes était extrêmement prudent dans ses écrits, il avait sans doute en tête le sort réservé à Giordano Bruno, Spinoza lui fût plus téméraire on connaît la suite.

Descartes en a rabattu si j’ose dire par crainte d’hérésie, ainsi dans ses réponses aux objections il modère : « Là où ces paroles la cause de soi-même ne peuvent en façon quelconque être entendues de la cause efficiente, mais seulement que la puissance inépuisable de Dieu, est la cause ou la raison pour laquelle, il n’a pas besoin de cause. » Réponses aux quatrièmes objections. Il reconnaît qu’il ne faut pas prendre au sens strict la notion existence essence.

 

Spinoza ne renie pas la thèse de Descartes mais il procède à son polissage intérieur. Pour Descartes Dieu est l’être parfait puisque ses perfections sont infinies. Il en arrive ainsi à l’idée de Dieu cause de soi. Spinoza a poussé la réflexion sur l’idée de dieu à son maximum de force pour développer sa thèse ce causalité immanente, jusqu’à définir Dieu par sa puissance, et identifier en Dieu essence et existence.

Pour Spinoza tout est en Dieu et tout se meut en Dieu, la causa sui n’est plus un type de causalité réservé à Dieu, elle devient un principe universel de toute causalité.  « Dieu n’est pas seulement cause efficiente de l’existence des choses, mais aussi leur essence. »

Pierre Lachièze-Rey philosophe aux inspirations catholiques et Kantiennes voit dans l’autocausation de cartésienne de Dieu, l’acte de naissance de la causalité immanente dont le principe va être étendu par Spinoza à l’univers en entier, il écrit dans Les origines cartésiennes du Dieu de Spinoza chez Vrin en 1950.

 

« Il faut bien considérer que Dieu agit comme une cause à l’égard de lui-même et qu’il réunit en lui, pour ainsi dire, le causant et le causé ; au sein de la divinité, par conséquent la causalité devient immanente, et, si le terme n’est pas employé par Descartes, il n’en correspond  pas moins à sa pensée. »

 

En fait dans le système cartésien il y a deux plans de réalisation : Dieu se réalise puis il réalise l’univers. Pas d’homogénéité il y a immanence et transcendance.

 

Chez Spinoza : « Il n’y a pas une autoposition indépendante de Dieu qui différerait de la position de l’Univers et Dieu n’est plus en somme que l’Univers se posant lui-même. »

 

On en arrive à une fusion Dieu et Univers, par élévation de la causa sui. Identification en une substance unique par Spinoza de Dieu et de la nature.

 

Spinoza étend la liberté de penser, de philosopher au-delà des limites religieuses, cette liberté favorise toute interprétation du concept de Grand Architecte. Il abolit les frontières entre la philosophie et la théologie. En perfectionnant le raisonnement, il ouvre peut-être une porte à la raison pour la compréhension du l’Un. Il apparaît comme rationaliste, comme l’était Plotin. Les deux démontrant qu’il est vain d’opposer la raison et le divin bien, l’Un bien. Ouvrant à chacun une possibilité de concevoir son Grand Architecte avec sa raison et son cœur.

 

Jean-François Guerry.

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Samedi 5 mars

Académie Maçonnique de Lyon





Franc-Maçonnerie :

Apport des philosophies

et religions


 
 
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,


Nous avons le plaisir de te transmettre les informations de l'Académie Maçonnique de Lyon qui organise le samedi 5 mars au Temple de la Croix Rousse, 19 rue Dumont d'Urville 69004 Lyon, une journée dont tu trouveras ci-dessous l'ensemble des détails.

Je me permets de rappeler que l'accès est gratuit pour les adhérents 2022 de l'Académie de Provence.


Tu trouveras en cliquant ici le bulletin d'inscription à renvoyer à l'Académie de Lyon.





 

Je profite de l'occasion pour te rappeler que les inscriptions pour les VIIes Rencontres de l'Académie de Provence se dérouleront le samedi 30 avril au Château Saint-Antoine à Marseille sur le thème
 
«Alchimie et Hermétisme»
 
Les conférenciers seront:
 

Françoise BONARDEL
Agrégée de Philosophie, Docteur d'État ès Lettres et Sciences
Professeur de philosophie des religions à la Sorbonne
de 1990 à 2010


«Un trépied fondateur :
Hermétisme, Gnose et Alchimie» 


André UGHETTO
Ancien professeur agrégé de lettres modernes, poète,
réalisateur

Projection de son court métrage (55') réalisé en 1984 et échanges

Mutus Liber, Tableaux pour Nicolas Flamel

 
 Jean-François BLONDEL 
Historien, spécialiste du Compagnonnage, auteur

«Alchimie des Cathédrales»

 
 Alain MUCCHIELLI
Médecin spécialiste Santé publique, Docteur d'État ès Sciences (Chimie-Biologie), auteur

«Parcours maçonnique, parcours alchimique»
 

 
L'adhésion annuelle de 35 € permet l'accès gratuit à l'ensemble de nos manifestations ainsi que les vidéos enregistrées des conférences.

 Les  frais de participation sont de 20 € (hors restauration) pour les non-adhérents de l'Académie Maçonnique.

Le repas (entrée, plat, fromage, dessert, café et boissons) sera servi en salle humide et le montant du triangle est de 18 €.



Merci de t'inscrire en cliquant ICI...

 
N'hésite pas à diffuser cette invitation à tous
les Frères et Sœurs Maîtres de ton entourage.

 
Salutations très fraternelles,
Alain Boccard
Président



PS: Les ouvrages coédités par les Éditions Ubik et l'Académie Maçonnique Provence 
sont toujours disponibles en cliquant ICI:


Maintenant disponible
Claire Reggio: Temple et lumière, une question d'orientation ?

Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?

Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie.
Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram


À paraître fin février :
Marc Halévy, Construire Dieu et le monde. 
 
 
 
 
 

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Publié le par Jean-François Guerry
L'ACMÉ

L’ACMÉ

 

 

Le point culminant de la vie du Franc-maçon ne se trouve peut-être pas au Nec plus ultra en haut de l’échelle, mais au centre de la Croix. À l’intersection entre la terre et le ciel, il est là, où est la Rose, qui a puisé ses forces dans la terre pour s’ouvrir et recevoir la rosée céleste, dont les larmes infinies de l’amour ruissellent dans le cœur des femmes et des hommes.

 

                                                     Jean-François Guerry.

 

                                VII. CASIDA DE LA ROSE

 

La rose

ne cherchait pas l’aurore :

presque éternelle sur sa branche,

elle cherchait autre chose.

 

La rose

ne cherchait ni science ni ombre :

confins de chair et de songe,

elle cherchait autre chose.

 

La rose

ne cherchait pas la rose.

Immobile dans le ciel

Elle cherchait autre chose.

 

Federico Garcia Lorca – Poésies III- Poète à New à York- Préface d’André Belamich Nrf  Gallimard. Extrait.

 

 

«  La Rose est sans pourquoi… » Angelus Silesius.   

L'ACMÉ

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