Où est passé le futur antérieur ? Qu'est-il advenu de l'imparfait du subjonctif ? C'est indiscutable, nous assistons à une fin de certains temps grammaticaux. Et pourtant, ces temps grammaticaux sont une tentative minutieuse de nos esprits précis, méticuleux, pour envisager toutes les formes possibles, tous les rapports que nous entretenons avec le temps à l'intérieur même de notre action, de notre pensée.
Qu'est-ce que la conjugaison ? Une tentative de penser et de dire toute la diversité des situations dans le temps. Bien entendu, c'est une tâche impossible. On ne pourra jamais morceler le temps en assez de "temps" pour arriver à le contrôler et à pouvoir dire, à chaque instant: nous sommes dans ce temps-là, dans cette avancée fugitive.
Nous devrions pouvoir dire: "Quand je vous verrai demain, mon travail aura été fait." Mais cela ne se dit plus. Le futur antérieur, qui introduit un passé dans le futur, témoigne pourtant d'un raffinement extraordinaire. Il montre comment les verbes ont osé s'élancer à la conquête de l'inatteignable, notre immuable grand maître.
Le problème du subjonctif me paraît plus inquiétant. On n'emploie plus ces très beaux verbes qui finissent en eussent ou assent. Une fois, dans un cours, je me suis risqué à en employer un, l'occasion s'y prêtait, et les étudiants m'ont regardé comme si j'étais un phénomène de la nature (plaisant euphémisme). Les nouvelles générations sont en train de perdre toutes les nuances que marque le passage du subjonctif au conditionnel.
Si la perte du subjonctif me paraît si grave, c'est parce que le subjonctif est seul à exprimer le temps de l'hypothèse et du possible, du non réel. "Si j'allais à Bruxelles ce soir, j'irais à l'exposition Magritte." Si j'allais doit être reconnu comme un subjonctif. En fait je n'y vais pas, mais je pourrais y aller. Si cette condition était donnée, alors, comme dit le conditionnel qui suit, j'irais à l'exposition. Le subjonctif suspend ma pensée dans le virtuel. Une maîtrise du subjonctif permet d'établir dans le discours une distinction entre ce qui est virtuel et ce qui est réel. En ce sens la disparition du subjonctif risque de diluer encore plus cette différence. J'exagère peut-être, mais je me demande si cela ne correspond pas à notre tendance, à l'ère de l'informatique, à confondre de plus en plus le virtuel avec le réel.
Un éditorialiste de talent, une sorte de Savonarole qui tonne contre la civilisation contemporaine, disait récemment: " Imaginez-vous qu'il y a des gens qui adressent des e-mails érotiques à Lara Croft alors que s'ils regardaient sur le palier d'en face, ils verraient une fille qui n'attend qu'un signe depuis des années !" On atteint un point extrême de la confusion entre virtuel et réel, s'il est sexuellement plus excitant d'adresser un mail porno à un personnage qui n'existe pas que de faire un signe à la fille d'en face. Je ne veux pas faire le moraliste et dire qu'il s'agit d'une tragédie de notre temps. Il y a eu d'autres époques où les limites entre l'imaginaire et le réel était très minces. Les Grecs et les Romains mêlaient la réalité et la fiction sans ligne de démarcation, ils voyaient des dryades et des naïades dans les fleuves et les cascades. Les gens du Moyen Âge voyaient des licornes dans la forêt, et ils croyaient si fort aux sorcières que les sorcières ont réellement existé... Mais enfin, la modernité nous avait habitué à fixer une ligne de démarcation entre l'imaginaire et le réel. La preuve en est que personne n'a jamais écrit au Petit Chaperon Rouge ! Le monde ancien s'écroule (une fois de plus), vive la lumière virtuelle !
Bien entendu, tout cela passera. Cela passe déjà, on le sent. En ce début d'année 2026, on ne va tout de même pas se désabonner du bonheur. Rappelons-nous que la grammaire vietnamienne ne comporte qu'un seul temps: le présent. C'est qu'en Extrême-Orient le temps n'est pas linéaire, il est circulaire. D'une certaine façon, il n'y a que du présent, ni passé, ni futur. Dans cette perspective, je vous offre en étrennes une recette du bonheur (parmi tant d'autres): jeudi 1erjanvier 2026 dites à ceux que vous aimez:
"Aujourd'hui est le premier jour du reste de notre vie.
Tu vois, tous les espoirs nous sont permis !"
Je ne suis pas superstitieux car il parait que ça porte malheur, et le mauvais sort ne m'effraie pas car je n'aurais aucun problème à mettre un chat noir dans les bras de mon meilleur ami et de le faire passer sous une échelle un vendredi 13...
Cela étant dit, 2026 montre beaucoup d’incertitudes ; entre la montée de nouveaux nationalismes, le système financier qui privatise les actifs et nationalise les passifs, la planète à sauver du réchauffement et de l’exploitation de ses ressources minérales, végétales et animales, la jeunesse en difficulté de premier emploi et la fin de carrière en difficulté de dernier emploi, un "vivre ensemble" en panne de repères, le calendrier va être chargé. Que pouvons- nous faire pour espérer améliorer ce futur pas vraiment bordé de feuilles de roses ?
Je pense que dans ces périodes troubles, l’Homme a besoin de Foi, d’Espérance et de Sagesse pour redécouvrir le sens de Caritas. Pour cela, je vous souhaite pour cette nouvelle année beaucoup de Bonheur et de Joie dans ta recherche de la Vérité. Nous savons tous que l’Espérance nous éclaire toujours et que "c'est dans la nuit qu'il est beau de croire en la lumière" (Chanteclerc - Edmond Rostand)
YANN.
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