Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Ce matin, comme les autres jours la lumière est apparue à l’orient pour commencer sa course, son chemin. Il est des matins des bonnes heures, de bonheur, et de joies. J’ai reçu aujourd’hui comme un privilège le travail d’un éminent frère atteint dans son corps par la maladie. Il continue pourtant son travail pour lui-même, pour ses proches et pour les autres, sa quête de La Lumière son initiation maçonnique, son voyage n’est pas fini, c’est un perpétuel recommencement. Le chemin initiatique donne du sens à la vie, à sa vie, jusqu’à l’ultime initiation parce qu’un jour nous avons passé la porte basse et suivit la voie étroite mais lumineuse.
S’initier, c’est ne pas renoncer même quand l’espoir semble disparaître, la Lumière de l’Espérance ne s’éteint jamais, elle est restée unique dans la boîte de Pandore, comme la Vérité sort des ténèbres du fond du puits.
L’Apprenti qui cherche et demande la Lumière de sa libre volonté, ne renonce pas à ses convictions, il les interroge. Il associe la Foi et la Raison, il sort de sa « zone de confort », écoute ses intuitions pour trouver le chemin, pour faire ses voyages. Il sait que les ténèbres précèdent la Lumière, qui met de l’Ordre dans leur chaos. Son nouveau regard se convertit peu à peu à la Lumière de la Connaissance qui est justice, équité, et Amour. L’initiation permet la chute, la descente dans la solitude de notre caverne intérieure pour se saisir du flambeau de la Lumière éternelle et transmettre l’éclat des nouveaux jours.
Hier c’était un autre jour, j’ai accompagné un parent dans sa dernière demeure. Lors de sa cérémonie religieuse, les flambeaux portés par ses enfants et petits-enfants ont été allumés au cierge pascal celui de la résurrection de cette Lumière éternelle. J’ai eu comme l’intuition que la Lumière de l’âme et de l’esprit du défunt éclairait toute sa descendance, il était présent dans tous les cœurs qui l’accompagnait pour son ultime et lumineux voyage. Dans l’assemblé recueillie nous recevions en nous, dans notre mémoire tous les bienfaits de sa vie.
J’ai un peu la même impression quand les travaux de ma loge sont fermés, en fait ils ne sont que suspendus le temps d’assimiler leurs bienfaits et de les transmettre en dehors de l’espace sacré. Ces bienfaits se renouvellent dans l’âme, l’esprit et le cœur de ceux qui nous sont proches. C’est sans doute pour cela qu’à la fin de nos travaux nous poussons un cri d’espérance que la joie soit dans nos cœurs, le voyage n’est pas terminé. Les jacquets qui se rencontrent sur le Camino crient leur joie Ultreïa plus loin, plus haut, quel voyage !
Jean-François Guerry
LE REGARD VERS LA LUMIÈRE
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« je crois bien qu’à force de bâtir, je me construit moi-même. »
Paul Valéry
Les différences que nous considérons parfois comme irréductibles entre les traditions ne sont que de frêles enveloppes qui une fois tombées laissent apparaître un cœur central, où siège un principe unique infini, suprême, universel capable de réunir tous les hommes, que les Francs-maçons nomme Le Grand Architecte de l’Univers principe créateur réunissant le multiple en unique.Ce cœur central trouve sa place en un lieu sacré c’est-à-dire séparé du profane. Ce lieu est le temple, d’abord unique comme le Temple de Jérusalem, puis reproduit par les juifs de la diaspora dans leurs synagogues. D’autres traditions sur toute la surface de la terre où vivent les femmes et les hommes ont construit leur temple à leur principe.
Le miracle, le génie de la Franc-maçonnerie est de réunir dans un espace temple sacré des hommes ayant une vision spirituelle de l’homme en capacité de donner le meilleur de lui-même pour la société. Le lien qui permet cette réalisation est l’unité autour d’un principe créateur qui laisse à chacun sa liberté d’interprétation donc la négation de tout dogme. C’est l’alliance autour de ce principe qui est symbolisé dans le Saint des Saints, le lieu le plus sacré du temple, là se retrouve les hommes séparés de leurs contraintes de leurs ambitions, de leurs ignorances des hommes plus éclairés plus radieux que jamais. Dans le Saint des Saints pénètre l’homme le plus éclairé par sa progression spirituelle, c’est le lieu de la présence de l’homme véritable, nouveau, retrouvé, le lieu de l’Alliance avec le principe.
Jean-François Guerry.
LA LUMIÈRE DU PRINCIPE ÉCLAIRE LE MONDE
LA LUMIÈRE DU PRINCIPE ÉCLAIRE LE MONDE
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14 juillet 1790, le plafond est bas, le ciel chargé, en dépit du temps une foule immense converge vers le Champ de Mars, un arc de triomphe provisoire a été érigé, c’est une fête nationale qui se prépare les acteurs sont les citoyens-soldats, le Roi Louis XVI, la Reine Marie-Antoinette, les Députés représentants du peuple. Une messe sera dite, pour célébrer l’événement rassemblant la nation entière. Nous sommes ce jour là dans une monarchie constitutionnelle, des serments de fidélité à la nation vont être prononcés, ils ont été décrétés par l’Assemblée Constituante.
La scène peinte par David érige La Fayette en père de la Nation, personnage incarnant l’union du peuple avec la monarchie et ses représentants. C’est l’heure de gloire de La Fayette. Ce jour-là, il régnait sur le Champ de Mars une ambiance de fête à la Liberté. Un idéal hélas éphémère et illusoire incarné par le marquis révolutionnaire, un idéal de mêlant Liberté et tempérance dans attachement à une monarchie constitutionnelle naissante, en clair une nation réconciliée. C’est cette image que nous as transmis en 1791 le peintre David.
Nous célébrons tous les ans, cette fête de la réconciliation le 14 juillet. Hélas chaque matin du 15 juillet ce bel élan fraternel semble avoir disparu. La Fraternité comme le dit Régis Debray serait donc condamnée à n’être qu’une parenthèse, un moment ? La Franc-maçonnerie en a pourtant fait son fondement, sa pierre de base, en effet sans elle rien n’est possible. Nous pouvons toujours crier dans le désert Liberté, Liberté, même comme Éluard l’écrire partout. Puis revendiquer l’Égalité, nous ne pouvons rien sans les autres, nous ne pouvons rien sans la Fraternité. C’est pourquoi nous manquons d’hommes comme La Fayette qui ambitionnait qu’un jour tous les hommes soient Frères.
La page de la révolution américaine était tournée, le regard de La Fayette se retourna alors vers l’ancien monde et la révolution française en marche. La Fayette allait y prendre sa part. Si sa tempérance avait été entendue la révolution n’aurait peut-être pas connu la terreur. Dès le 15 juillet 1789 contre l’avis du Roi La Fayette est nommé Commandant de la Garde Nationale afin d’assurer l’ordre à Paris après la prise de la Bastille. Il fut plus qu’un militaire, inspiré par la Révolution américaine il rédige une première Déclaration des droits de l’homme, il est considéré comme un homme de progrès, il rêvait d’une alliance entre la monarchie et le peuple évitant la violence et le bain de sang.
En octobre il ne put pas empêcher le peuple de marcher vers Versailles et le massacre de ceux qui protégeaient le roi et la reine, qu’il sauva de justesse. Dès lors il oscilla entre la monarchie et le peuple un en même temps qui lui valu d’être mal vu par tous, pour échapper à la terreur et la guillotine il fut même contraint de fuir à l’étranger. Puis captif pendant 5 ans dans les geôles autrichiennes il revient prendre sa retraite en Auvergne. Sa gloire la Révolution Américaine, son échec n’avoir pas pu sauver la tête du roi. Je ne puis m’empêcher de penser à cet instant à un autre Frère Jean-François Galaup de la Pérouse, frère d’armes de La Fayette dans la guerre d’indépendance des États-Unis, initié dans la Loge L’Heureuse Rencontre à Brest disparu en mer en 1788 et dont paraît-il Louis XVI demanda des nouvelles à l’un de ses bourreaux juste avant sa montée sur l’échafaud : A- t-on des nouvelles de Monsieur de la Pérouse ?
Jean-François Guerry.
À SUIVRE…
LA LUMIÈRE DE LA LIBERTÉ
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Paris automne 1777, le tout Paris considère l’aventure du jeune Marquis La Fayette avec intérêt et sympathie, les exploits des insurgés du Nouveau Monde sont dans les conversations des endroits où l’on parle : salons littéraires, le Café Procope, les Loges Maçonniques. La famille royale s’efforce d’entretenir de bonnes relations avec les anglais. Mais à contrario il souffle un vent de liberté sur la France.
Aux États-Unis La Fayette doit s’expliquer devant le Congrès, certains de ses compatriotes se comportent mal pétris d’ambitions et d’intérêts. Il affirme avoir traversé l’océan au péril de sa vie et payé lui-même son expédition, en désobéissant à son roi, pour défendre la grande cause de la liberté. Le 1er août un diner avec George Washington qui lui sourit dès le premier regard consacre la confiance des américains. Washington Franc-maçon épris de justice et de liberté sera un ami indéfectible de La Fayette. Ce même Washington sera inspiré par le livre de Thomas Paine : Le sens commun. La bataille de Yorktown en Virginie se déroule du 28 septembre au 19 octobre 1781 elle signera la victoire des insurgés. À Yorktown : Rochambeau, de Grasse, Washington, La Fayette, Lameth et des canadiens français furent frères d’armes. La défaite de l’Angleterre signe la victoire de la Liberté.
La victoire de Yorktown
En mars 1984 Ronald Reagan rappelait à la Maison Blanche la Fayette a dit : L’humanité a gagné sa bataille, la liberté a maintenant un pays. Reagan poursuivait : Nous avons une profonde admiration et une profonde gratitude pour nos alliés français, pour l’aide militaire, financière, diplomatique qu’ils nous ont apportée et qui contribua à mettre un terme à la guerre. Nous sommes reconnaissants non seulement à Rochambeau et La Fayette mais aussi aux milliers de soldats français qui marchèrent de Newport à Yorktown et à la splendide flotte commandée par l’Amiral de Grasse. Le fils de l’Amiral de Grasse : Alexandre, François, Auguste est reconnu par les Francs-maçons comme l’importateur du Rite Écossais Ancien et Accepté, il fût Souverain Grand Commandeur du Rite.
L’amour de la liberté et la solidarité entre le peuple américain et le peuple français ne se démentira pas quelques années plus tard allait naître sur les idées du nouveau la révolution française à laquelle naturellement la Fayette allait prendre part et sa part.
Jean-François Guerry.
À SUIVRE…
LA FAYETTE PHARE DE LA LIBERTÉ
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1775 Metz, le jeune Marquis millionnaire est en garnison à Metz, les soldats de Louis XV s’ennuient le sexagénaire combattant Victor François de Broglie est passé du héros des combats au service secret du « Cabinet noir du Roi ». Il trompe l’ennui de ses troupes en lançant une chasse sauvage aux prostituées dans les rues de Metz, le jeune La Fayette qui n’a jamais eu de propension pour les amours vénales, mais sa compassion pour les femmes publiques traduit son caractère, il prend parti pour ses femmes traquées, comme pour les proscrits et les marginaux.
Dans le Nouveau Monde un conflit entre le gouvernement royal et ceux que l’on appelle les insurgents ou les Bostoniens passionne le jeune capitaine qui écrit alors : « Du premier moment où j’ai entendu prononcer le nom de l’Amérique, je l’ai aimé. Dès l’instant où j’au su qu’elle combattait pour la liberté, j’ai brûlé du désir de verser mon sang pour elle ; les jours où je pourrais la servir seront comptés par moi, dans tous les temps et dans tous les lieux, parmi les plus heureux de ma vie. » Les voies de sa vie étaient tracées.
L'Hermione
À la fin de l’année 1775 alors qu’il se rend pour un séjour à Paris, alors qu’il s’informe toujours des événements du Nouveau Monde, il cultive son esprit se passionne d’histoire, de géographie, de philosophie. Ségur son oncle par alliance et le Duc d’Ayen seront ses parrains maçonniques. La Fayette recevra la Lumière à la Loge La Candeur à Paris. Il a alors 18 ans, il sera fidèle à son engagement et son serment jusqu’à sa mort, il avait été ébloui par l’esprit de liberté, de tolérance ainsi que le niveau de la culture qui régnait dans les Loges parisiennes.
1776 – 1777 Le destin de La Fayette va s’accélérer, le 3 décembre 1776 Benjamin Franklin venant d’Amérique débarque au Port de Saint-Goustan à Auray, il se rend à Paris pour rencontrer le Roi, chercher des subsides et signer un traité d’alliance, ce voyage aboutira à l’indépendance des États-Unis. Il ira aussi en visite dans la Loge de Neuf Sœurs que fréquentait La Fayette. Franklin instruit de la personnalité du jeune La Fayette et de son enthousiasme pour les insurgents par Deane, donnera à la Fayette une Chaleureuse et Fraternelle lettre de recommandation à l’intention du président du congrès. Le destin du jeune Marquis est en train de s’accomplir, il s’empresse d’acheter un navire et de l’affréter pour un départ vers le Nouveau Monde, nous sommes en mars 1777 ce navire il l’appellera La Victoire !
La Fayette avait pris la mer contrevenant aux ordres du Roi et sans l’assentiment de son épouse, mai juin 1777 la traversée fut longue et pénible, il avait pris tous les risques son navire n’avait que deux canons et les hommes quelques fusils. Il écrit à son épouse qu’il veut faire adhérer à son engagement, il se veut Américain : « J’espère qu’en ma faveur vous deviendrez bonne Américaine ; c’est un sentiment fait pour les cœurs vertueux. Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité. Elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté. » On mesure ici la vision de La Fayette sur ce que le Nouveau Monde allait devenir pendant de nombreuses années un phare de la Liberté éclairant le monde grâce à l’action de ses fondateurs. On mesure aussi que d’autres hommes peuvent éteindre rapidement cette Lumière de la Liberté symbolisée par la statue de Frédéric Bartholdi un autre Frère. Il est venu le temps d’appeler au secours La Fayette et les enfants de la veuve.
Le 15 juin 1777 la vigie du navire La Victoire[1]après avoir quelques oiseaux inconnus poussait un cri : terre ! La Fayette et ses hommes accostaient à South Inlet en Caroline du Sud. Ils furent accueillis par des embarcations remplis d’esclaves noirs, un premier contact insolite sur la terre de la Liberté. Gonzague Saint Bris dans sa biographie de La Fayette, écrit, que quelques années plus tard Châteaubriand lors de son premier contact avec le nouveau monde fis la même expérience qu’il relata dans ses Mémoires. Il s’exclamera comme aurait pu le faire La Fayette : « Ce fut une esclave qui me reçut sur la terre de la Liberté »
Jean-François Guerry.
À SUIVRE…
[1] Le navire La Victoire – il n’existe aucune représentation de ce premier navire de La Fayette. (LaVictoireest unnavire de commercefrançais. C'est sur ce navire queLa FayetteetJohann de Kalbeffectuent leur premier voyage en Amérique en1777, avant celui sur l'Hermione, en1780[2],[3].Elle est coulée au large deCharleston, le14 août 1777par la flotte anglaise[2]. Source WIKIPÉDIA)
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Statue de La Fayette - Campus du La Fayette College à Easton Pennsylvanie
AU SECOURS LA FAYETTE
Cette réflexion m’est venue à la lecture d’un article de Natacha Polony dans l’hebdo Marianne du 17 au 23 juillet dont le titre est : Une fête nationale implique qu’il existe une Nation. Rassurez-vous il ne s’agit pas politique quoique ? Il est question de la fête nationale du 14 juillet qui est sensée faire Nation, réunir ce qui est épars. C’est là qu’interviens le lointain et trop souvent oublié notre Frère La Fayette. Le 14 juillet 1790, écrit le rapport du Sénat préparant l’adoption de la proposition de loi Raspail. Est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par des efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire.[1] Depuis nous célébrons cette fête la Fédération qui a eu lieu le 14 juillet 1790 au Champ de Mars à Paris.
À titre personnel le Champ de Mars évoque pour moi un autre événement, et une émotion qui est restée dans ma mémoire : le 25 septembre 1962, alors âgé de 15 ans, j’étais sur place un des bénévoles pour la cérémonie de lancement du film Le Jour le plus long de Darryl Zanuck qui rassemblait de nombreux acteurs célèbres américains et européens. Nous étions cependant loin des 100 000 fédérés des Provinces françaises et des 400 000 à 600 000 parisiens réunis le 14 juillet 1790, non pas pour une cérémonie du septième art, mais pour faire Nation. Le rapport du Sénat parle de grands hommes qui ont permis cette fête de la Fédération dont le rôle était d’apaiser les excès de la Révolution Française et de faire corps dans l’intérêt de tous. Le premier de ces grands hommes qui ont permis ce rassemblement est sans aucun doute La Fayette.
En 2006 pour célébrer les 250 ans de la naissance de La Fayette. L’écrivain, historien, journaliste Gonzague Saint Bris, écrivait sa biographie du Marquis auvergnat.[2] On peut lire en quatrième de couverture :
Le 6 septembre 1757, Gilbert Motier, marquis de La Fayette, naît au Château de Chavaniac, dans les montagnes d’Auvergne. Orphelin et millionnaire à quatorze ans, marié à seize ans à la femme de sa vie, major général dans l’armée des États-Unis à dix-neuf ans, tel est le destin du Héros des Deux Mondes à vingt ans.
Tour à tour défenseurs des Indiens et des Noirs en Amérique, des protestants et des juifs en France, pionniers des droits de l’homme, prophète du suffrage universel, partisan de l’ouverture, avocat des Irlandais, des Polonais, des Italiens qui sont à la recherche de l’idée d’une nation. La Fayette anticipe tous les combats de la Liberté. Il traversa trois révolutions, quatre royaumes, deux républiques et un empire, et symbolisera une idée de la France engagée hors de ses frontières.
Ce fut donc un marquis libertaire, ami des pauvres et des riches pourvu qu’ils soient vertueux. Homme des Lumières, il fût de surcroit Franc-maçon. Il rejoint l’Orient éternel en 1834, en ayant Vénérable Maître, Grand Maître Honoraire du Conseil des Grands Chevaliers Élus Kadosch du Parfait Silence de la Vallée de Lyon en 1831, la même année il fut nommé 33ème degré aux États-Unis. En 1833 Le Grand Orient le nommera représentant du rite écossais de l’hémisphère occidental.
Le serment de La Fayette à la Fête de la Fédération
Ce « Héros des Deux Mondes » qualifié ainsi pour son engagement pour la Liberté est plus reconnu et célébré aux États-Unis que dans son pays. Dans le Nouveau Monde on dénombre plus de rues, de places, de villes, de villages, que chez nous. Il collabora avec Jefferson à la fin des années 1780 à la rédaction d’un projet de Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Sa propension à vouloir réunir fut sans doute à l’origine de sa renommée et aussi pour certains de sa détestation, il fut toujours au service de Louis XVI, lequel participa au financement des insurgés de la révolution américaine. Ami de Washington, il rencontra Benjamin Franklin et d’autres Frères américains fréquentant la Loge parisienne des Neuf Sœurs et venus en France chercher des subsides pour leur combat en Amérique. La Fayette fidèle au roi, à la Nation, à l’Assemblée Nationale, ayant la confiance du roi, il voulait réunir la monarchie et le bonnet phrygien pour faire Nation.
Organisateur de la Fête de la Fédération en qualité de Commandant de la Garde Nationale il fut le premier à prêter serment devant le peuple au Champ de Mars il dit : Nous jurons de rester à jamais fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi de maintenir de tout notre pouvoir la constitution décrétée par l’Assemblée Nationale et a acceptée par le Roi… de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la Fraternité.
Hier, comme aujourd’hui seule la Fraternité peut faire Nation, seule la Fraternité peut relier l’Égalité, la Liberté et donner du sens à notre fête Nationale du 14 juillet.
Jean-François Guerry.
À SUIVRE….
[1] Natacha Polony Hebdo Marianne du 17 au 23 juillet.
[2] Gonzague Saint Bris – La Fayette Folio Gallimard.
"Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits..." Ainsi commence le 1er article de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1789.
Plus de deux siècles plus tard, les droits universels de l'homme semblent avoir été remplacés par une charte non écrite mais consciencieusement appliquée par nos contemporains que nous pourrions appeler : Charte du bonheur humain, dont le 1er article énoncerait :
"Les hommes ne peuvent être entravés dans leurs quêtes de bonheurs. Dans l'intérêt commun, personne ne peut retirer à l'autre son droit de consommer et de jouir des bienfaits de ce monde..."
Dans ce mirage aux libertés qui anime la planète, le moteur de l'humanité semble se résumer à une quête effrénée du bonheur.
Et pour atteindre le bonheur, nous l'imaginons comme lié à l'obtention de plus en plus de libertés.
Notre bonheur reviendrait à avoir des libertés...
Ce constat concerne en premier lieu, nous, les nantis des sociétés dites évoluées, où quelques individus accèdent à ce "trop pour eux-mêmes", combattant la frustration engendrée par une sur-offre non assouvie.
La frustration est devenue notre enfer...
Notre monde ressemble à un hypermarché où les rayons proposent à notre convoitise des milliers de tentations auxquelles notre lente évolution depuis la préhistoire nous invite à succomber pour la survie même de notre espèce.
Ainsi, il est possible que notre état d'éloignement à la véritable Liberté soit à l'origine de notre éloignement de la sagesse et la spiritualité, conséquences d'une recherche exacerbée de toujours plus de libertés et de bonheurs...
Dans cette quête, nous avons perdu de vue notre véritable liberté, dont l'origine n'est certainement pas située là où nous la plaçons.
Qu'avons-nous oublié ?
Qu'avons-nous fait de notre bonheur individuel et collectif ?
N'avons-nous pas succombé aux mirages de la liberté en redéfinissant le socle même de notre humanité ?
Le mot "liberté" désigne couramment l'absence d'entraves à nos actions matérielles.
Pourtant, ces libertés ne sont que des mirages, il ne s'agit en fait que d'un champ plus ou moins étendu de possibles.
Notre liberté se situerait-elle uniquement dans la longueur de la corde qui nous retient ?
Nous désignons également comme liberté la possibilité de penser selon nos désirs : la libre pensée.
Pour autant, on ne peut nier que nos pensées sont dépendantes de nos apprentissages, de nos expériences, le tout consistant en un formatage de nos cerveaux.
Ainsi, nos pensées sont créées à partir d'un substrat imposé que nous ne choisissons pas nous-mêmes, issu soit de l'extérieur, soit de nos apprentissages précédents.
Les dernières études scientifiques au sujet de notre conscience concluent que nos pensées apparaissent dans nos méandres cérébraux totalement indépendamment de notre volonté !
Nos pensées existeraient en avance de phase par rapport à notre prise de conscience de nos propres pensées !
Pour preuve, des imageries médicales de notre activité cérébrale ont établi qu'une idée est déjà présente dans notre cerveau avant même d'avoir l'impression de décider cette pensée...
Dans les faits, nous ne serions donc même pas libres de penser...
C'est un mirage avec lequel nous nous accordons, un libre arbitre "virtuel" tant il se distancie de la pseudo-réalité que nous nous sommes construite...
Ainsi, nous confondrions "avoir conscience de quelque chose" avec "liberté de penser à cette chose".
Par exemple, les mots que j'écris à cet instant me seraient soufflés par mon cerveau et non pas par une action de ma volonté.
Même si j'ai l'impression d'en être l'auteur, je n'en serais que l'acteur.
Vertigineux, n'est-ce pas ?
Lorsque l'on tente de prendre conscience de ce fonctionnement de nos pensées, nous avons un réflexe de rejet bien naturel.
Où serait l'humain, dans ce cas ?
Tous les fondements qui sous-tendent notre compréhension du monde et son apparence seraient à remettre en question ?
Quelle pensée hérétique et farfelue...
Ce qui se dresse devant nous, et que notre bon sens terrien rejette avec fermeté, est à l'image d'une révolution copernicienne : un passage de l'égocentrisme à une vision élargie !
Abandonner notre chère liberté pour en chercher une autre !
Nous sommes tellement certains que nos pensées sont libres que nous ne pouvons imaginer, et encore moins admettre, autre chose !
Pourtant, ne pas disposer de la liberté de nos pensées n'est pas incompatible avec notre humanité, car nous disposons d'une autre liberté, peut-être la seule : celle de porter notre attention sur nos pensées !
Notre regard intérieur, cet œil du cœur, qui crée la seule liberté ici-bas par la vision qu'il engendre.
C'est peut-être là que se situe l'enjeu de ce monde, qui a momentanément abandonné sa véritable conscience au profit d'une course virtuelle aux libertés.
Plus de 60 000 pensées sont produites par notre cerveau chaque jour.
Elles ne sont pas le produit de notre libre arbitre, mais de la seule activité autonome de nos cellules grises...
Notre seule liberté est de porter notre attention, c'est-à-dire de focaliser notre conscience sur les pensées que nous souhaitons regarder avec notre œil intérieur.
Cet exercice de regard intérieur est plus complexe qu'il n'y paraît : maîtriser notre conscience ne revient pas à maîtriser nos pensées, car cela est proprement impossible, mais consiste à focaliser notre regard conscient sur nos pensées.
Pour illustrer cette tentative d'explication, je vous propose l'image d'une projection de cinéma :
Durant la séance de projection, on peut soit se laisser aller à regarder le film, soit on peut commencer à choisir ce que nous regardons dans les images, en portant par exemple son attention de manière consciente à un détail dans l'image.
De cette manière, le film dévoile tout autre chose : une infinité de détails, de structures dont la prise de conscience modifie la première vision.
En s'exerçant à cette pratique, on s'aperçoit vite, avec l'exploration du vaste domaine de nos pensées, que notre cerveau est davantage un compagnon que le moteur de notre conscience.
Selon le formatage de notre cerveau, selon les expériences auxquelles il a été exposé, notre cerveau peut devenir soit notre meilleur, soit notre pire compagnon...
Nous vivons dans un rêve. Celui qui nous laisse croire que nous sommes acteurs et même auteurs alors que nous ne sommes que les spectateurs de ce monde aux libertés virtuelles.
Si l'homme ne possédait qu'une dimension matérielle, il n'aurait aucune liberté, simple pantin animé par les entrelacs de causes et de conséquences orchestrés par les lois du monde exprimé.
Mais l'homme éveillé témoigne, par l'expérience intime, d'une seconde nature, spirituelle, immatérielle, qui lui permet d'accéder à une toute autre liberté dont la nature se cache dans le plus profond de notre être.
L'homme spirituel est celui né de l'interaction de ses deux dimensions, permettant de transformer sa liberté spirituelle en action dans le monde physique.
Ne nous laissons pas succomber aux leurres des libertés, dans une posture inactive, confortablement assis devant nos écrans cérébraux.
Le chemin est long pour changer nos regards sur nos propres pensées, pour ne plus confondre bonheur et liberté, pour que Joie et Amour deviennent nos objectifs afin de poursuivre au-dehors l'œuvre commencée dans notre Temple intérieur.
Au-delà de notre liberté à reconquérir se situe l'action et le devoir.
Effectivement, toute liberté ne peut se réaliser sans la contrepartie du devoir.
Ce dernier point nécessiterait à lui seul un vaste commentaire...
Je me contenterai de souligner l'importance de la responsabilité qui incombe aux cherchants dont le regard se tourne vers leurs tréfonds et qui tentent, en inversant, de trouver la Lumière.
Car la quête de la Liberté est avant tout un devoir et un sacrifice qui passe symboliquement par la mort du vieil homme aux libertés factices, enfermé dans ses faux-semblants, pour qu’apparaisse le nouvel homme libre.
Notre devoir est de créer des ponts pour qu'en hommes libres nous traversions les abîmes que trouve l’Être en chemin vers la Lumière.
Pythagore le premier des philosophes, avait compris le génie du ternaire, avec sa Tétractys, ce triangle cosmologique avec ses nombres. La franc-maçonnerie qui tend à réunir ce qui est épars, qui veut mettre fin à la dualité pour faire l’unité, propose un itinéraire initiatique ou le ternaire prend place à chaque degré.
Peut-on envisager l’allumage des feux d’une loge à deux ? La création d’un creuset initiatique impose le ternaire symbole d’unité.
L’objectif de perfectionnement de l’homme passe par la réalisation de son unité, de son harmonie : Corps, Âme, Esprit. Le secret du nombre 3 est le nombre 1. La mystérieuse harmonie se réalise dans le cœur de l’homme, le maçon a juré de garder ce secret par serment devant le triangle formé par le Grand Architecte, ses Frères et lui-même.
Les figures géométriques symboliques entrelacées présentent sur les tableaux, cartouches et les bijoux maçonniques qui se dévoilent tout au long de la spirale ascendante initiatique, témoignent du passage indispensable du ternaire vers l’unité. L’élévation spirituelle du Maître Maçon n’est possible qu’avec la force de trois de ses Frères. Cette élévation célèbre la mort de la dualité des ténèbres au profit de l’unité radieuse de la Lumière. La célébration même de la mort de l’architecte nécessite la présence de deux Rois et d’un Intime qui portent son cœur au sommet du mausolée avec l’épée de justice.
Le 9 la triple répétition du 3 est le signe de la venue du 10 qui est un. Dans les loges de Saint-Jean, on apprend, que tout est un, et que un est le tout. Et nous travaillons pour : Que Tous soient Un. [1]