LE CŒUR LOURD
Chronique de la fierté d’une assimilation
Je l’avoue sans pudeur, j’ai de l’affection pour Alain Finkielkraut. J’aime sa posture physique, qui n’est pas feinte et fait voir une certaine fragilité, une humilité, puis soudain comme un volcan il fait jaillir les mots justes de son indignation, face aux événements de la vie et qui meurtrissent son esprit. Il crie alors sa vérité, comme une douleur physique, mémoire de son passé qui resurgit de ce volcan jamais éteint.
Il ne laisse pas indifférent dans un monde, de l’immédiateté ou tout retombe dans l’indifférence au gré de la multiplicité des messages sur les réseaux sociaux, qui ne nourrissent que des feux de paille, la postérité des idées se consume comme les hamburgers dans les fast-food.
Je ne suis pas toujours d’accord avec ses idées, modestement dans un monde où tout est prêt à consommer, j’essaye en suivant son exemple de sortir du prêt à porter des idées toutes faites. J’essaye comme lui sur les traces des Lumières de m’efforcer de penser par moi-même. Car dans un monde où tout évolue si vite, parfois trop vite. La question se pose est-ce que l’important c’est notre pensée, ce que l’on pense ou d’avoir la capacité de toujours penser par soi-même. C’est-à-dire de sortir de notre minorité, de nos préjugés, de nos habitudes pour tenter toujours d’atteindre notre majorité. Tenter de remettre en question nos certitudes en ayant la capacité d’abord d’entendre l’autre et le plus souvent possible de l’écouter sans pour autant renoncer à ses idées, mais in fine d’être un peu mieux éclairé. Ne sommes-nous pas à la recherche constante de la vérité et de la Lumière, conscient que nous ne pourrons jamais les atteindre, mais dans l’espérance d’en frôler un jour les limites, d’être au plus près du supra sensible qui est l’invisible.
Finkie ! Depuis 1985 nous offre avec son émission Répliques en direct sur France-Culture, nous offre un espace de respiration hebdomadaire. Un espace public, comme un paradoxe en dehors de l’agitation du monde : « Une conversation libre et prolongée sur des problèmes philosophiques, sociaux, historiques, politiques ou littéraires, ainsi que des questions d’actualités ». Ce qui fait l’intérêt de cette émission c’est que la parole circule de manière ordonnée, respectant ainsi les opinions des participants. Selon Finkie ! Le guide de son émission c’est Montaigne : « Quand on me contrarie, on éveille mon attention et non ma colère. Je m’avance vers celui qui me contredit, qui m’instruit. La cause de la vérité devrait être la cause commune à l’un et à l’autre ».
Cette simple énonciation à laquelle se soumettent les invités de Répliques, permet de nous enrichir toute analogie avec la méthode maçonnique est pertinente, à l’exception que la dualité est transformée en unité par la triangulation de la parole. La liste prestigieuse des invités à Répliques et leur diversité, démontre que leur hôte ne saurait être assigné dans les opinions extrêmes. Finkie ! A des opinions fermes, sa qualité rare est de nommer les choses, il n’est pas un homme de la langue de bois, il a le courage de dire. Il aime la langue française, c’est la moindre des choses pour un académicien.
Son dernier ouvrage paru récemment : Le Cœur Lourd, est celui qui touche le plus à l’intime de l’auteur. J’ai sélectionné pour vous quelques-uns de ses bons mots, à savourer avec gourmandise, péché véniel pour lequel j’implore votre pardon. Ces quelques mots si lourds à son cœur, sont tombés dans le mien. Sur ces quelques, je ne ferais pas de commentaires, comment le pourrais-je d’ailleurs ! Je vais simplement au fil du temps les égrener, les semer, pour que si tel est votre désir, vous puissiez les mâcher, les remâcher, les ruminer, allusion ici à son amour pour les vaches.
Je vais commencer ma pêche aux bons mots, dans la préface de son livre rédigée par son interlocuteur Vincent Trémollet de Villers.
A la question qui lui était posée au moment de la mort de Michaël Jackson par un journaliste de France-Inter : « Que vous inspire la tristesse mondiale que provoque la mort du chanteur le plus populaire de tous les temps ? » Après un silence, un souffle fébrile, il prononce ces mots un peu gênés qui s’étendent syllabe après syllabe : « J’éprouve un sentiment de désappartenance… »
Dans le continent monde de Finkielkraut, les habitants sont Heidegger, Levinas, Kundera, Roth. « C’est un continent exotique où règnent l’intelligence subtile, le goût de l’insatiable du Khâgneux pour les choses de l’esprit, la passion de la controverse et le souci permanent d’améliorer le monde par l’engagement, l’intervention, le manifeste ». Ce déçu de la gauche, ce nostalgique de l’ancienne gauche, a laissé son cœur en dépôt dans les rayons de celle-ci. N’en déplaise à tous ceux qui espèrent le convertir dans l’extrémisme. « Les esprits étroits disent qu’il est passé à droite. C’est faux. Finkielkraut reste de gauche, mais une gauche disparue, celle de Jacques Julliard, François Furet, Pierre Nora, Michel Foucault, Elisabeth Badinter… »
Jean-François Guerry.
Note : Je n’ai pas voulu ici, exprimer une quelconque opinion politique, mais rendre un humble hommage à l’homme de lettre, philosophe et écrivain. Un amoureux, défenseur de la France et de la langue française. Membre de notre Académie Française.
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