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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
DE L'HARMONIE

DE L’HARMONIE PART III

 

Notre monde est le meilleur des mondes possibles selon Leibniz. Cette affirmation, qui s’apparente à un optimisme béat, quasi inconditionnel, lui a valu les railleries de Voltaire, expert en la matière. Voltaire, grand critique, par exemple de l’esclavage, et dont les écrits ne furent pas toujours, sur ce point, en rapport avec sa pratique.

 

Leibniz, nous l’avons vu, met en avant une radicalité rationnelle pour justifier son affirmation : si notre monde était si mauvais, Dieu, son créateur, ne serait pas bienveillant, ce qui contredirait ce qu’il est, suivant son principe même. Le franc-maçon, qui croit en un principe créateur suivant la déclaration préalable du Convent de Lausanne des Suprêmes Conseils du Rite Écossais Ancien Accepté, ne peut concevoir un Grand Architecte de l’Univers qui serait malveillant.

 

Notre monde n’étant pas idéal ni optimum, pas plus que nous qui en faisons partie, notre Devoir est de travailler à notre perfectionnement personnel afin d’améliorer notre monde ici et maintenant. On peut dès lors dire que Leibniz, comme Augustin et les francs-maçons s’accordent sur la possibilité d’un monde meilleur grâce à l’action de l’homme. Cette action se concrétise par les différents degrés initiatiques qui, par leur acquisition, permettent une élévation de l’esprit, une élévation de la conscience.

Le manque de perfectionnement de l’homme et de la société devient une espérance de la vie bonne grâce à la pratique du rite initiatique, ce qui rend les Sœurs et les Frères contents et satisfaits.

L’image employée par Leibniz, pour illustrer ses Essais de Théodicée peut être rapprochée de celles employées en Franc-maçonnerie. Il s’agit de celle de la pyramide sans base, divisée en de multiples chambres. Le voyageur, est invité à parcourir ces chambres, ou du moins quelque unes d’entre elles. À la manière d’un voyage initiatique, c’est un chemin qui s’éclaire de plus en plus en se dirigeant vers le sommet de la montagne ou de la pyramide.

La base de cette pyramide, non fermée, englobe la terre et l’infini, comme la montagne descend vers les Vallées et les englobe. Ainsi, la totalité du monde se trouve irradié par la spiritualité provenant du sommet spirituel unique. L’esprit pénètre peu à peu la matière, à la manière de la Jérusalem céleste descendant sur terre.

La chambre qui se trouve juste sous le sommet de la pyramide est la plus parfaite : elle est harmonie, provenant de l’unité représentée par la pointe du sommet. Certains verront dans cette pointe, celle de l’âme fortifiée par l’esprit. À ce sommet règnent la vertu et le courage, qui permettent au Chevalier Franc-maçon de se libérer de ses chaînes et d’accéder au monde réel de la Vérité et de la Lumière.

Le récipiendaire, en observant le tableau de Loge triangulaire d’un certain degré de perfection, verra qu’il peut libérer son âme grâce aux trois alliances. Il accédera à la vérité du réel, au sommet où brûle le feu spirituel ; il est alors plongé dans le troisième ciel de l’harmonie. Il constate qu’il est dans le meilleur des mondes possibles : le monde vivant de la terre où nous sommes.

 

« De cela s’ensuit que Dieu veut antécédemment le bien et conséquemment le meilleur. Et pour ce qui est du mal, Dieu ne veut point du tout le mal moral, et il ne veut point d’une manière absolue le mal physique ou les souffrances ; c’est pour cela qu’il n’y a point de prédestination absolue à la damnation ; et on peut dire du mal physique que Dieu le veut souvent comme une peine due à la coulpe, et souvent aussi comme un moyen propre à une fin, c’est-à-dire pour empêcher de plus grands maux ou pour obtenir de plus grands biens. La peine sert aussi pour l’amendement et pour l’exemple, et le mal sert souvent pour mieux goûter le bien, et quelquefois il contribue à une plus grande perfection de celui qui le souffre, comme le grain qu’on sème est sujet à une espèce de corruption pour germer : c’est une belle comparaison dont Jésus-Christ s’est servi lui-même »[1]

 

         On comprend ici la nécessité des épreuves initiatiques pour prendre conscience de notre part d’ombre, et la nécessité des épreuves de purification, la dernière d’entre elles étant celle du feu régénérateur permettant de se rapprocher du feu unique, de l’harmonie et de la lumière de la Vérité.

 

                                    À SUIVRE…

 

                                            Jean-François Guerry.

 

[1] Leibniz- Essais de Théodicée. Première partie §23, Page 117 et 118. Éditions GF Flammarion 1969.

DE L'HARMONIE

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D
En mobilisant Leibniz, Jean François Guerry rappelle que l’idée d’un « meilleur des mondes possibles » n’est pas un optimisme béat, mais une exigence de cohérence : si le Principe créateur est bon, il ne peut vouloir un monde entièrement mauvais. Cette perspective entre en résonance avec la conception maçonnique du Grand Architecte telle que la formalise le Convent de Lausanne : le monde est imparfait, mais cette imperfection fonde le Devoir du franc maçon de travailler à son propre perfectionnement pour améliorer, ici et maintenant, le monde qui l’entoure. <br /> L’image de la pyramide sans base, des chambres s’illuminant à mesure que le voyageur s’élève, ainsi que la symbolique des degrés de perfection et du Chevalier rompant ses chaînes, expriment avec force cette ascension vers une harmonie supérieure. En transposant la théodicée de Leibniz au plan initiatique, l’article propose de lire les épreuves comme autant de moyens de purification intérieure conduisant à la Vérité et à la Lumière. <br /> Reste une question centrale, à peine esquissée : jusqu’où cette vision du mal comme « moyen d’un plus grand bien » demeure t elle recevable pour un franc maçon d’aujourd’hui, confronté aux injustices et aux souffrances du monde réel ? L’intérêt du texte est précisément de rouvrir ce débat, en plaçant la tension entre confiance métaphysique et exigence éthique au cœur de notre réflexion sur l’harmonie.
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Merci encore Dante, tu as bien compris que cette relecture et ce digest de la pensée de Leibniz ne donne que des clés, pour des portes, il ne s'agit que de laisser filtrer un rayon de lumière. <br /> Jean-François Guerry.

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