L'homme construit des temples en imitant la nature et l'homme. Ils sont structurés selon le corps humain.Temple de Karnak, Temple Hindou
LES HASTAS MAÇONNIQUES ?
En Inde, les « hastas » sont le langage des mains. Ce langage est pratiqué dans la danse sacrée nommée « Bharata Natyam », qui a cours dans le sud-est du pays. La danse devient un corpus pédagogique en même temps qu’un langage, un art de vivre et une expression de l’invisible. Elle contient des postures du corps, des mouvements de la tête et des yeux, des pas de base, les « adavus », ainsi que des positions des mains, les « mudras », qui sont l’expression de la narration d’une pensée. Cette danse traditionnelle fait partie d’une ascèse spirituelle.
Le Verbe, en Franc-maçonnerie, est essentiel, dans le sens d’essence : il est création, lumière, parole. Mais il est indéniable que l’homme est corps, âme et esprit ; le corps et les expressions corporelles ne sauraient être exclus du processus initiatique, où la gestuelle a donc toute sa place. D’ailleurs, il est factuel que l’initiation commence par le corps, par les épreuves corporelles. L’individu, pour être un et harmonieux, doit associer sans rupture le corps et l’esprit. Les rituels maçonniques sont remplis d’expressions corporelles en rapport avec les enseignements de chaque degré ; les instructions maçonniques commencent le plus souvent par l’apprentissage de la gestuelle nécessaire pour être reconnu « pour tel », suivant l’adage : « Il faut joindre le geste à la parole et la parole au geste. »
Dans l’Antiquité, les écoles de pensée s’exprimaient au gymnase, qui a pris aujourd’hui une tout autre signification. Nous avons pourtant conservé l’expression : « Mens sana in corpore sano. »
Le travail maçonnique, avec ses outils symboliques, a besoin du corps. Comment saisir un maillet, un ciseau, une règle, un compas sans l’aide de notre corps ? Comment tracer les plans d’un ouvrage autrement qu’avec l’aide de sa main ? Comment marcher dans une enceinte sacrée, dans un temple, sans connaître les pas et leur sens ? La gestuelle de l’apprenti silencieux est indispensable à sa reconnaissance. Et puis, quand nous avons perdu la Parole, que nous reste-t-il si ce n’est les gestes ? Avons-nous besoin de la parole pour communier dans la chaîne d’union fraternelle ? Comment pourrions-nous construire en nous une cathédrale, un temple spirituel, si les deux colonnes que forment nos jambes étaient de travers ?
De nombreux ouvrages ont traité de la symbolique du corps humain, en particulier celui d’Annick de Souzenelle, Le Symbolisme du corps humain :
« Le corps a un langage par lequel il exprime sa jouissance et ses souffrances, mais il est aussi lui-même un langage en soi, un “livre de chair”. Apprendre à lire le corps, c'est être attentif à son dessin, savoir décrypter les formes du labyrinthe anatomique ; c'est aussi entendre ce que nous disent les grands mythes de l'humanité sur la nature et la fonction subtile de chacun des organes ; c'est enfin, nous dit Annick de Souzenelle, redécouvrir l'Arbre des kabbalistes, car si l'homme est “créé à l'image de Dieu”, l'image de son corps doit être lue comme le reflet terrestre de cet “Arbre de Vie” dont nous parle la tradition de la Kabbale. »
Dans ses sermons sur Le Cantique des cantiques, saint Bernard déclare : « Le corps reçoit et diffuse, par les membres et les sens, la lumière de l’esprit ; celle-ci brille dans chaque acte, dans la parole, le regard, la démarche, le rire mêlé de gravité et plein d’honnêteté. »
Si nous considérons qu’à force de travail initiatique, d’ascèse, nous avons transformé notre corps en un temple capable d’accueillir la lumière de l’esprit, nos yeux en sont les vitraux, nos mains les cruches porteuses de la rosée céleste. Par nos actes, paroles et gestes, nous sommes en capacité d’accueillir, d’approcher la vraie lumière. Seul un corps fort et vigoureux peut entreprendre l’ascension de la montagne pour apercevoir la descente de la Jérusalem céleste annoncée par Jean.
Quand nous frappons dans nos mains, lors des batteries de deuil ou d’allégresse, nous réveillons nos esprits endormis pour célébrer nos anciens ou à la gloire du Grand Architecte de l’Univers ; nos battements de mains sont toujours un chant d’espérance.
Quand nous exécutons les pas symboliques, nous traçons la ligne droite de la vie, ses pas de côté, avec la main sur le cœur. C’est l’annonce de l’élévation de l’esprit, aussi radieux que jamais. En définitive, c’est la réalisation de l’unité, de l’harmonie entre le corps et l’esprit.
Jean-François Guerry.
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Savitha Sastry Bharatanatyam Performance
An excerpt from Pushpanjali - an invocatory piece in Bharatanatyam; dance choreography by Savitha Sastry; All rights reserved. Student of Dhananjayans and Adyar Lakshman. For more information ...
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