Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
J’observe les êtres comme on passe en revue des plantations et je constate jusqu’où lève en eux l’herbe de l’humanité.
Etty Hillesum Poétesse, Ecrivaine, extrait de Faire la paix avec soi. 365 Méditations quotidiennes.
Cette forme de méditation quotidienne permet de faire vivre en soi la permanence de son être intérieur, pour être avec constance en rapport avec la beauté, même au milieu des horreurs humaines, l’herbe verte de l’espérance pousse toujours.
JF.
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L’académicien François Cheng, dans son livre DE L’ÂME présenté sous forme de 7 lettres écrites à une amie, parle ainsi de la beauté féminine dans sa première lettre :
« Chez elle peut surgir un mouvement d’éveil qui la pousse à passer du paraître à l’être, à remonter jusqu’à la source, là ou la beauté ne se fige pas dans un forme déjà donnée ; là où elle est toujours le désir même du beau et l’élan vers le beau. Autrement dit, la femme est habitée par la nostalgie de relier sa beauté à une beauté infiniment plus pérenne qu’elle. Intuitivement, elle sait que cela sera un long cheminement. Il lui faudra plonger dans la profondeur de son être, y enjamber tous les abîmes que chaque destin a à assumer, abîmes faits de peur, de solitude, de blessure et de souffrance.
C’est au-delà de cet horizon qu’arde un vrai rayonnement, celui de l’âme, qui relève d’une autre lumière.
François Cheng Poète, écrivain membre de l’Académie Française extrait de son livre DE L’ÂMEchez Albin Michel ISBN 978 2 226 32638 6
Pour connaître, il faut pratiquer, descendre dans notre Cabinet de réflexion, dans notre athanor, augmenter l’énergie d’attention et laisser la matière se fondre, se liquéfier, passer du noir au rouge et , du magma incandescent, jaillira la lumière de l’Être…
Alain Pozarnik
Alain Pozarnik, initié, passé Grand Maître de la Grande Loge de France, auteur de nombreux livres, penseur universel.
Note de l’éditeur : L'homme n'est pas né pour mourir mais pour, dans l'espace-temps de sa vie, achever son humanisation, créer son Etre et accroître sa conscience jusqu'à l'infini. La raison n'étant jamais bannie des chemins initiatiques, l'auteur expose avec une rare clarté les difficiles points philosophiques à connaître pour adhérer librement à notre devenir possible et nous orienter vers la Sagesse, la Connaissance et la Vérité. L'exceptionnel intérêt de cet ouvrage est de décrypter dans les rituels maçonniques les propositions d'ascèse et de suggérer toute une gamme d'exercices pratiques tenus jusqu'à ce jour sous le boisseau de la confidentialité pour ne pas dire du secret le mieux gardé. Après soixante ans de recherches initiatiques dont cinquante sur la Voie Royale maçonnique, l'auteur révèle les grands secrets logiques, analogiques et intuitifs qui conduisent à la sagesse et sauvegardent la liberté de conscience dans le bonheur de vivre au quotidien. Un livre indispensable à toute personne, profane ou initiée, désirant sincèrement poursuivre l'évolution darwinienne de l'homme.
Son dernier Livre : Philosophie, méthode et pratiques initiatiques Edité chez Dervy ISBN 979 10 242 0283 9
L'Ode maçonnique de Mozart interprété par l'orchestre symphonique du campus d'orsay dirigé par Martin Barral. http://osco.free.fr Maurerische Trauermusik (Masonic Funeral Music) compsed by Mozart.
Chers lecteurs je suis en vacances du 18 Janvier au 03 Février, trop loin pour vous écrire, je pense quand même à vous, je vous laisse quelques lignes d’auteurs de qualité, témoignages que loin des yeux l’ont est pas toujours loin du cœur.
A bientôt
JF.
L’HARMONIE
L’harmonie est un arrangement de sensations tel que nous ne le désirons pas autre. Il satisfait à la fois nos sens, dont il facilite le fonctionnement, et notre esprit, qui y retrouve la soumission aux qui le régissent lui-même.
Il résulte de ces définitions que la beauté est relative à l’individu. Il pourrait exister une beauté absolue, mais elle ne serait accessible qu’à des êtres parfaits.
Paul Sérusier.
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La Loge de la Grande Loge de France :« Les Mégalithes », posera le Mercredi 6 mars 2019, la première pierre du cycle des Rencontres Maçonniques de Kerdréan, le lieu n’a pas été choisi au hasard le manoir de Kerdréan est le manoir de la pierre. Situé sur une des rives du golfe du Morbihan, au Bono à quelques encablures du Port de Saint-Goustan à Auray, où débarqua le frère Benjamin Franklin, l’un des plus célèbres insurgentsde la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Benjamin Franklin se rend auprès du Roi Louis XVI, mandaté par le congrès Américain pour solliciter l’aide de la France. C’est donc le 3 décembre 1776 qu’il pose le pied sur le quai de Saint-Goustan qui porte aujourd’hui son nom, ainsi s’accomplit un des actes forts de la rencontreentre le nouveau monde et l’ancien monde.
Charles Bernard Jameux membre de la Grande Loge de France sera l’invité de cette première Rencontre Maçonnique de Kerdréan. Poète, écrivain, ancien élève de l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques, il a fait toute sa carrière dans l’audiovisuel, d’abord à l’ORTF, puis à Antenne 2 où il sera entre autres directeur des services généraux. Critique de cinéma à la Revue Positif, il fût également membre du mouvement surréaliste où il fût proche d’André Breton.
En 1977 il entre à la Grande Loge de France où il occupa diverses fonctions, il fût son Grand Chancelier, participant à la création de la Confédération des Grandes Loges Unies d’Europe. Rédacteur en chef de la revue de la Grande Loge de France Points de vue Initiatiques, il est actuellement directeur de la collection Pierre Vivanteaux éditions Dervy. Son dernier ouvrage Franc-Maçonnerie, Temps, Mémoire, Symbolesparu dans cette collection, développe une thèse originale sur la datation et l’histoire de la Franc-Maçonnerie spéculative. Ses recherches l’ont amené à rencontrer en Ecosse David Stevenson auteur du livre Origines de la Franc-Maçonnerie. Au terme provisoire de ses recherches il a pu établir une thèse sur le Mason Word (le mot de Maçon), une histoire passionnante de la Franc-Maçonnerie qui s’inscrit dans l’histoire en général.
C’est donc naturellement que se réuniront (sur inscription), les sœurs, les frères de toutes obédiences, ainsi que leurs amis proches non maçons, en recherche de lumière sur les origines de la Franc-Maçonnerie spéculative pratiquée depuis maintenant plus de 300 ans dans toutes les loges maçonniques.
Charles Bernard Jameux au terme de son exposé répondra aux questions ayant trait à l’émergence de cette institution, datation, les circonstances dans lesquelles elle a pu voir le jour.
Dernière minute j’apprends que les ouvrages de Charles Bernard Jameux vont être traduits en anglais, édités, et diffusés aux Etats-Unis, une nouvelle rencontre entre l’ancien et le nouveau monde.
JF.
Les premières « Rencontres Maçonniques de Kerdréan » auront lieu le Mercredi 6 Mars 2019 à Auray-Le Bono sur inscription par mail, gratuites ouvertes à tous sur inscription par mail un bulletin d’inscription vous sera expédié, nombre de places limité.
Le manoir de Kerdréan, vient du mot Kerdérian qui signifie en langue Bretonne : « Le Château de la Pierre ».
Il se situe au fond de la baie qui porte le même nom, près de la rivière d’Auray dans le golfe du Morbihan. Sa construction s’est étalée du XIIIème au XIXème siècle.
En 1427 il est la propriété de l’Evêque de Vannes Yves de Pontsal. En 1636 il appartient à la famille des Gicquel de Nédo, habité par Marie Vincente Le Guénédal et son fils Marc fermiers régisseurs. Marc Le Guénédal fut le bras droit dans la région de Georges Cadoudal….. suite sur le site
Planche de Compagnon d'Arnaud B:. présentée en Loge le 4 janvier dernier. _____________________ Fermez les yeux mes frères et visualisez une goutte d’eau, tombant au ralenti. Imaginez la toucher le sol, toujours au ralenti. Voyez avec quelle élégance se dessinent les courbes, les milliards de mouvements à chaque micro seconde. L’équilibre géométrique parfait d’un instant fragile mag
Créer un nouveau temple, c’est un peu comme tracer un chemin, créer un empire qui rassemble des peuples, des cultures différentes, en ayant la sagesse de ne pas imposer sa propre culture. Dans cette nouvelle cathédrale, l’empereur veut écouter, rassembler, il a la volonté de tout mettre en œuvre.
L’empereur, aura à cœur en construisant sa maison temple commune, s’inspirera des lumières du passé pour affronter l’obscurité de l’avenir. C’est en force qui érigera la première colonne à l’entrée du temple à l’endroit précis où la lumière commence son ascension, il ouvrira largement la base de sa colonne pour qu’elle puisse recueillir toutes les forces telluriques, sous son chapiteau fleuriront, les coupoles de lotus largement ouvertes sur le monde.
Au faîte du chapiteau, éclateront les grenades gorgées du sang de l’amour fraternel, nectar de régénération d’un monde nouveau, où les centaines de milliers de graines tombées à terre, pourront se relever, l’espérance retrouvée.
La force de la première colonne de ce nouveau temple, de ce nouvel empire, lui permettra d’établir la seconde colonne qui renforcera l’édifice. Alors chacun prendra place, sa place, dans ce temple qui ne sera pas que matériel.
Mais aussi un temple pour l’esprit où chacun recevra son salaire, retrouvera sa dignité.
Puisse le grand architecte inspirer, cet empereur, pour que règne l’harmonie, la concorde, la tempérance, que la joie soit dans les cœurs.
La franc-maçonnerie avec une forme de naïveté, qui fait sa force, a l’intention, le désir, de relier les femmes et les hommes au sein d’une religion universelle, pure, sans dogmes, à hauteur d’homme, dans cette maison ouverte, tous les hommes seraient frères. Elle donne donc de la grandeur, n’assigne aucune limite à l’altérité, chacun est le bienvenu dans cette maison commune comme fragment de l’univers.
Le dogmatisme, religieux, social, politique, fracture, clive les femmes et les hommes fussent-ils de bonne volonté. Le concept d’universel place l’homme dans le cosmos à sa juste place, ni trop haut, ni trop bas, dans un état intermédiaire position propice à l’harmonie. « Prenez place mes frères »
L’homme prend conscience de sa force, de sa dignité, de ses devoirs, mais confronté à l’universel, il devient humble. Ignorer, refuser cette humilité, c’est faire naître l’humiliation.
Le premier devoir des premiers de classe, c’est de tendre leurs mains à ceux qui sont dans la peine, les élus ne le sont que par la volonté et la reconnaissance des plus faibles, de ceux qui les ont portés, leur ont accordé leur confiance, leur espérance.
L’universel est vie, donc évolution, initiation permanente, cette fraternité se construit pas à pas, s’entretient chaque jour. Les francs-maçons ont des références, certains posent sur l’autel des serments, un volume de la loi sacrée, d’autres leur constitution, mais chacun, a à cœur de faire vivre, ces textes porteurs de messages et de les transmettre de génération en génération, par leur exemplarité, et de manière orale par leur souffle.
Monarque Migrateur universel
Il faut donc parler de ces messages, se parler à leur propos. Ces livres racontent à chacun une histoire, il en fera par la magie de l’initiation son histoire personnelle.
Les rites maçonniques doivent être pratiqués dans leur pureté, parce qu’ils sont les leviers de la progression initiatique, qui permettent de faire grandir l’humain. Toute la symbolique qu’ils contiennent permet d’ouvrir les portes vers son être intérieur, le seul apte à comprendre l’universel.
Le franc-maçon qui ouvre largement le compas de son esprit, s’intéresse à tout : aux sciences, aux arts, sa pensée voyage dans tous les univers qui constituent l’univers entier.
En prenant conscience des merveilles de la nature et des mystères de la vie, de ses grandeurs et de ses faiblesses, pour lui l’humilité devient naturelle, sans cette humilité il sait qu’il générera des humiliations, qui se transformeront peu à peu en violences et incompréhensions. Ne pas parler avec l’autre, le mépriser, l’ignorer, c’est l’exclure de cette religion universelle et de son message d’amour fraternel qu’elle veut porter dans le cœur de tous.
JF.
Grandir
GRANDIR
« Il faut apprendre à vivre avec soi-même
comme avec une foule de gens.
On découvre alors en soi
tous les bons et les mauvais côtés de l’humanité.
Il faut d’abord apprendre à se pardonner ses défauts
si l’on veut pardonner aux autres.
C’est peut-être l’un des apprentissages
les plus difficiles pour un être humain,
que celui du pardon de ses propres erreurs,
de ses propres fautes.
La condition première en est de pouvoir accepter,
et accepter généreusement,
le fait même de commettre des fautes et des erreurs.
Me sus l’vé de bon matin
C’est pour trouver mon pays
Me sus l’vé de bon matin
C’est pour trouver mon pays
Été voir mon voisin
C’est mon voisin qui m’a dit:
Faut qu’tu défasses ta maison
Pour trouver ton pays
C’est en d’ssous de ta maison
Que tu vas trouver le pays
Ouais? Tu veux dire en d’ssous de c’te vieille masure de pierre
pas dépoussiérable pis pleine d’araignées pis d’fourmis depuis
cinq générations? Ah! ben c’est Jeannette qui s’ra pas difficile à
convaincre, depus l’temps qu’a’ rêve de son bungalow, eh! La
maison, les enfants, à terre! Merci!
Ma maison est tout à terre
Et j’ai pas trouvé mon pays
Ma maison est tout à terre
J’ai pas trouvé mon pays
Été voir monsieur l’maire
C’est monsieur l’maire qui m’a dit:
I’ faut couper ta forêt
Pour trouver ton pays
C’est en d’ssous de la forêt
Que tu vas trouver le pays
Ouais? Tu veux dire, là, en d’ssous des épinettes pis des
sapinages en arrière, pis d’l’érablière en avant, là? Ben, depus
l’temps qu’ça nous bouche la vue c’te forêt-là, pis qu’ça nous
ramasse la neige l’hiver, si i’ peuvent faire du papier avec, la
v’là, j’yeu donne! Les enfants, abattez-moi ça avant que j’sacre
le feu d’dans, tiens! Compris, là?
La forêt, à terre! Merci!
Ma forêt est abattue
Pis j’ai pas trouvé mon pays
Ma forêt est abattue
Pis j’ai pas trouvé le pays
Été voir le curé
C’est le curé qui m’a dit:
Essoucher pis labourer
C’est là qu’est ton pays
Dérocher pis travailler
Pis tu vas trouver le pays
«Un riche Laboureur, sentant sa fin prochaine
Fit venir ses Enfants, leur parla sans témoins
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que vous ont laissé vos parents:
Un trésor est caché dedans»
Pour résumer:«Il fut sage
De leur prouver avant sa mort
Que le travail est un trésor»
Merci!
Toute ma terre est nettoyée
Pis j’ai pas trouvé mon pays
Ma terre est nettoyée
Pis j’ai pas trouvé le pays
Été voir le ministre
C’est le ministre qui m’a dit:
Faut creuser ben plus que ça
Pour trouver un pays
C’est dans l’fond du fin des fonds
Que tu vas trouver ton pays
Ouais? Ah! ben maudit! j’aurais pas pu y penser tout seul!
Fallait qu’ça soye un ministre… En té cas, pour c’qu’i’
s’prennent pis c’qu’i’ coûtent, ceux-là, j’aurais aimé autant
qu’ça soye le voisin qui m’apprenne ça. En tout cas, appris, c’est
appris, hein?
J’savais quoi faire. J’ai réuni le monde que j’ai pu. Pis j’ai dit:
on va creuser. On va trouver!
Ils entendirent l’appel. Et ils la prirent.
Aye, on a creusé! Ben au début, les gars s’demandaient: où c’est
qu’on va se partir? Où c’est commencer? N’importe où, j’ai dit.
Le ministre l’a dit, le pays est en d’ssous. Aye, si t’avais vu ça! La
pelle, le pic, la bêche, la pioche, le broc, le crobarre, le seau pis
l’porte-ordures, pis toute, pis envoye, pis creuse, pis r’vole en
l’air, pis creuse encore, pis à l’ambition, faut avoir fini à soir, pis
envoye, moi j’ai fini mon trou… Si t’avais vu ça passer en l’air!
Ça sortait de d’là pis ça r’volait partout! La roche, le sable, la
glaise, les cailloux mêlés, les poissons pis les crapauds qui
r’volaient dans les airs pis qui frayaient avec les canards, pis
r’vole, pis envoye, pis creuse…
Un matin, i’ vient-i’ pas du monde nous voir. Des touristes,
j’sais pas. Y en a un d’eux qui nous dit, si ça nous dérangeait
pas, si on avait la bonté d’envoyer la vase, la terre sale, la
mousse, pis les déchets, la scrap, vers le nord, hein? Pis l’or,
le cuivre, l’argent, le nickel, le fer et le titane, vers le sud, ça.
Ça, après ça, on a su, des gars qu’ont dit que (des placotages,
j’sais pas) que ça tombait dans des bateaux pis qu’ça s’en allait
ailleurs pour fabriquer des outils qu’i’ nous revendaient des…
Never mind!
On creusait pas pour ça, nous autres. On s’en sacrait ben.
Pourvu qu’ça nous r’tarde pas dans notre progrès. Notre
entreprise était plus noble, et la foi des pionniers nous animait.
Un moment donné, y a commencé à nous r’voler du monde au
d’ssus de la tête! Mais j’ai dit: y a un défaut! J’fais remonter un
des grands capitaines creuseux. Deux jours, i’ est là, i’ arrive.
R’garde donc ça, j’ai dit, y a de quoi qui va pas. Là, i’ s’met à
rire, pis i’ rit comme un fou, pis quand i’ réussit à s’arrêter
d’rire, pis à s’essouffler, i’ dit: occupe-te pas d’ça, c’est tout payé
d’avance, c’est des Chinois! Aaahhh! Halte! ai-je pensé. Ça va
trop loin. Pis à part de ça, j’ai dit, quoi c’que c’est qu’ça que c’te
p’tite lumière-là qu’on voit dans le fond, en bas, là? Ça, i’ dit?
C’est ben simple, tu y as pas pensé? C’est l’jour, l’aut’ bord.
– Quoi? Amis, j’ai dit.
Remontez, nous sommes allés trop loin. Notre mission est
accomplie. La queste du pays est terminée.
De toute façon, la terre promise était toute dehors. Si t’avais vu
l’trou… A hole! Si t’avais vu l’trou… Mais l’trou, c’était rien.
Si t’avais vu l’tas!
Un Indien qui passe par là
Je l’appelle: Viens par ici
Un Indien qui passe par là
Je l’appelle: Viens par ici
Peux-tu m’dire comment c’est faire
Pour trouver mon pays
I’ s’amène et i’ me r’garde
I’ m’écoute et pis i’ rit
Il y pense et i’ s’assit
Et dans son langage il me dit
Depuis ton arrivée
J’ai eu beau t’observer
Je n’comprends pas c’que tu cherches
Si c’est l’Pays, tu d’vrais l’avoir
Tu me l’as volé
J’me demande c’que t’as fait avec
La franc-maçonnerie est un centre d’union fraternel, sans elle bien des femmes, des hommes ne se seraient jamais rencontrés et connus. Héritière de cultures immémoriales et du siècle des Lumières, elle abolit, les frontières par son caractère universel, elle abolit aussi les privilèges, qui séparent, fracturent, clivent les femmes et les hommes de bonne volonté, elle est l’amie du pauvre et du riche pourvu qu’ils soient vertueux.
Dans cette période troublée, où le vivre ensemble est sacrifié sur l’autel de la violence des mots et des gestes, où personne ne semble plus contrôler ses paroles et ses actes, où la vie des plus fragiles et des plus humbles ne semble pas avoir de sens et d’avenir, où pour d’autres elle ne consiste qu’à accumuler des richesses matérielles sans limites, où le superflu se confond avec le nécessaire, alors que d’autres essayent de survivre dans la dignité.
A moment où la fraternité devrait se manifester, se cultiver avec force, c’est à-dire se concrétiser dans la solidarité. La communication ne passe plus entre les hommes, ils sont dans une sorte de sabir incontrôlé, le dialogue est rompu par la dictature des images et des outrances, qui ne veulent plus rien dire du vrai, du réel.
Une étudiante en communication a travaillé dans le cadre de l’analyse de la littérature et de l’image sur le thème :(1) « cela ne veut rien dire, de vouloir faire parler ces images, de les forcer à dire ce qu’elles ne sauraient dire.»Les écrits et les images qui doivent faire sens, laisser des traces des événements ne peuvent se substituer à l’écoute des témoins, qui chacun avec leur angle, sous le prisme de ce qu’ils sont, sont l’essence du réel, ont ne prend pas assez le temps de les écouter. Ce sont pour tant eux qui feront Trace pour la transmission aux générations futures.
Que laisserons-nous des événements actuels à enfants et nos petits-enfants, si ce n’est la vision d’une tour de Babel moderne, d’un monde où l’on s’invective sans se parler, où l’on décide sans évaluer et consulter, où l’on clive sans aider, où l’injustice s’expose aux yeux de tous, où les idéaux et les utopies sont raillés, passés sous le ciseau de la finance mondiale.
Comment dans ces conditions faire revivre le rêve du pasteur noir d’Atlanta assassiné à Memphis, le 4 avril 1968, un mois avant les événements de mai 1968 chez nous. Il a écrit : (2) « Le propos (…) de l’action directe est de créer une situation qui, déclenche un tel nombre de crises, qu’elle ouvre inévitablement la porte à des négociations. »Il à écrit encore : (3) « J’ai toujours prêché que la non-violence demande que les moyens que nous utilisons doivent être aussi purs que la fin que nous recherchons. J’ai essayé de rendre clair que c’est mal d’utiliser des moyens immoraux pour atteindre une juste fin. Mais je dois affirmer maintenant que c’est aussi mal, voire pire encore, d’utiliser des moyens moraux pour préserver une fin immorale. »
Alors nous devons avec les lumières du passé, nous diriger dans l’obscurité de l’avenir, avec le rêve du pasteur Martin Luther King, prix Nobel de la paix, nous interroger comment suivre ses traces. (4) « Comment lire ces traces, comment aller au-delà, aller derrière », mais aussi en avant, comment recevoir cette transmission, son sacrifice, pour la prise en compte de la diversité, sans renoncer à nos rêves d’égalité, en ayant conscience que des pas importants ont déjà été fait sur cette route que nous devons continuer à suivre, en ayant conscience de notre chance d’être sur ce chemin, peut-être parfois mal pavé, mais qui est quand même beau, il s’appelle démocratie, là ou fleurit la liberté que bien des peuples convoitent sans l’obtenir.
Nous devons en homme, en franc-maçon, continuer à travailler sur ce chemin, pour construire une société qui soit un centre d’union fraternel, c’est un combat pour la dignité de tous les hommes qu’ils soient riches ou pauvres.
JF.
Sources :(1) Travail Universitaire de Marion Guerry. (2) et (3) textes de Martin Luther King, (4) Travail Universitaire de Marion Guerry.
Le pasteur Martin Luther King
I HAVE A DREAM
« Je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui pour participer à ce que l’histoire appellera la plus grande démonstration pour la liberté dans les annales de notre nation.
Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre Proclamation d’Émancipation. Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’esclaves marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de leur captivité.
Mais, cent ans plus tard, le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, le Noir vit à l’écart sur son îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, le Noir languit encore dans les coins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays.
C’est pourquoi nous sommes venus ici aujourd’hui dénoncer une condition humaine honteuse. En un certain sens, nous sommes venus dans notre capitale nationale pour encaisser un chèque. Quand les architectes de notre République ont magnifiquement rédigé notre Constitution de la Déclaration d’Indépendance, ils signaient un chèque dont tout Américain devait hériter. Ce chèque était une promesse qu’à tous les hommes, oui, aux Noirs comme aux Blancs, seraient garantis les droits inaliénables de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur.
Il est évident aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses promesses à l’égard de ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple Noir un chèque en bois, qui est revenu avec l’inscription “ provisions insuffisantes ”. Mais nous refusons de croire qu’il n’y a pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance, en notre pays. Aussi, sommes-nous venus encaisser ce chèque, un chèque qui nous donnera sur simple présentation les richesses de la liberté et la sécurité de la justice.
Nous sommes également venus en ce lieu sacrifié pour rappeler à l’Amérique les exigeantes urgences de l’heure présente. Ce n’est pas le moment de s’offrir le luxe de laisser tiédir notre ardeur ou de prendre les tranquillisants des demi-mesures. C’est l’heure de tenir les promesses de la démocratie. C’est l’heure d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale. C’est l’heure d’arracher notre nation des sables mouvant de l’injustice raciale et de l’établir sur le roc de la fraternité. C’est l’heure de faire de la justice une réalité pour tous les enfants de Dieu. Il serait fatal pour la nation de fermer les yeux sur l’urgence du moment. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité.
1963 n’est pas une fin, c’est un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de se défouler et qu’il se montrera désormais satisfait, auront un rude réveil, si la nation retourne à son train-train habituel.
Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique jusqu’à ce qu’on ait accordé au peuple Noir ses droits de citoyen. Les tourbillons de la révolte ne cesseront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’à ce que le jour éclatant de la justice apparaisse.
Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui donne accès au palais de la justice : en procédant à la conquête de notre place légitime, nous ne devons pas nous rendre coupables d’agissements répréhensibles.
Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Sans cesse, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où la force de l’âme s’unit à la force physique.
Le merveilleux esprit militant qui a saisi la communauté noire ne doit pas nous entraîner vers la méfiance de tous les Blancs, car beaucoup de nos frères blancs, leur présence ici aujourd’hui en est la preuve, ont compris que leur destinée est liée à la nôtre. L’assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l’injustice doit être mené par une armée bi-raciale. Nous ne pouvons marcher tout seul au combat. Et au cours de notre progression il faut nous engager à continuer d’aller de l’avant ensemble. Nous ne pouvons pas revenir en arrière.
Il y a des gens qui demandent aux militants des Droits Civiques : “ Quand serez-vous enfin satisfaits ? ” Nous ne serons jamais satisfaits aussi longtemps que le Noir sera la victime d’indicibles horreurs de la brutalité policière. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos corps, lourds de la fatigue des voyages, ne trouveront pas un abri dans les motels des grandes routes ou les hôtels des villes.
Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que la liberté de mouvement du Noir ne lui permettra guère que d’aller d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos enfants, même devenus grands, ne seront pas traités en adultes et verront leur dignité bafouée par les panneaux “ Réservé aux Blancs ”. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps qu’un Noir du Mississippi ne pourra pas voter et qu’un Noir de New-York croira qu’il n’a aucune raison de voter. Non, nous ne sommes pas satisfaits et ne le serons jamais, tant que le droit ne jaillira pas comme l’eau, et la justice comme un torrent intarissable.
Je n’ignore pas que certains d’entre vous ont été conduis ici par un excès d’épreuves et de tribulations. D’aucuns sortent à peine d’étroites cellules de prison. D’autres viennent de régions où leur quête de liberté leur a valu d’être battus par les orages de la persécution et secoués par les bourrasques de la brutalité policière. Vous avez été les héros de la souffrance créatrice. Continuez à travailler avec la certitude que la souffrance imméritée vous sera rédemptrice.
Retournez dans le Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Caroline du Sud, retournez en Georgie, retournez en Louisiane, retournez dans les taudis et les ghettos des villes du Nord, sachant que de quelque manière que ce soit cette situation peut et va changer. Ne croupissons pas dans la vallée du désespoir.
Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.
Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair.
Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.
Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité.
Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres. Ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter ces paroles qui auront alors un nouveau sens : “ Mon pays, c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où sont morts mes pères, terre dont les pèlerins étaient fiers, que du flanc de chacune de tes montagnes, sonne la cloche de la liberté ! ” Et, si l’Amérique doit être une grande nation, que cela devienne vrai.
Que la cloche de la liberté sonne du haut des merveilleuses collines du New Hampshire !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des montagnes grandioses de l’Etat de New-York !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des sommets des Alleghanys de Pennsylvanie !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des cimes neigeuses des montagnes rocheuses du Colorado !
Que la cloche de la liberté sonne depuis les pentes harmonieuses de la Californie !
Mais cela ne suffit pas.
Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Stone de Georgie !
Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Lookout du Tennessee !
Que la cloche de la liberté sonne du haut de chaque colline et de chaque butte du Mississippi ! Du flanc de chaque montagne, que sonne le cloche de la liberté !
Quand nous permettrons à la cloche de la liberté de sonner dans chaque village, dans chaque hameau, dans chaque ville et dans chaque Etat, nous pourrons fêter le jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les non-Juifs, les Protestants et les Catholiques, pourront se donner la main et chanter les paroles du vieux Negro Spiritual : “ Enfin libres, enfin libres, grâce en soit rendue au Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres ! ”. »
Discours de Martin Luther King, Washington le 28 Août 1963. Devant 250 000 personnes.
Extrait du chapitre I de la Constitution de la Grande Loge de France.
(…) Ils respectent (les francs-maçons) la pensée d’autrui et sa libre expression. Ils recherchent la conciliation des contraires et veulent unir les hommes dans la pratique d’une morale universelle et dans le respect de la personnalité de chacun.
VŒUX DU GRAND MAITRE DE LA GLDF
Vœux du Grand-Maître de la Grande Loge de France
Pierre-Marie ADAM
Janvier 2019
Humanisme – Spiritualité – Tradition sont les trois mots qui peuvent servir à qualifier la Grande Loge de France.
Humanisme car c’est bien l’Homme – dans toutes ses dimensions – qui est au centre de notre projet. L’Homme révolté au sens d’Albert Camus comme l’Homme de raison au sens de René Descartes ou d’Emmanuel Kant.
Le Franc-maçon de la Grande Loge de France, s’il vient puiser dans nos Loges de Saint-Jean l’essentiel de son ressourcement spirituel conformément à la Tradition, n’en est pas moins un homme totalement de son temps, qui veut avoir sur les événements de l’époque un avis éclairé.
Comme le rappelait fort justement notre passé Grand-Maître Henri Tort-Nougues, « le franc-maçon n’appartient pas à un ordre qui se veut uniquement et seulement contemplatif mais il veut être un homme d’action, un bâtisseur, et dans le cadre de la cité et de la société où il vit un homme responsable qui s’efforce de traduire son idéal dans ses actes ».
Nous voyons bien, non seulement les difficultés du temps, mais les menaces réelles qui planent sur nos démocraties. Elles appellent toute notre vigilance.
La Grande Loge de France n’entend donner de leçon à personne. Ni à nos dirigeants, gouvernements, parlementaires, ni aux partis politiques qui concourent constitutionnellement à l’expression du suffrage universel.
Je souhaite simplement pour l’année 2019 que l’ordre puisse jaillir du chaos. Que la parole vraie l’emporte sur l’invective. Que la conciliation des contraires l’emporte sur la violence. Dans le respect de la dignité de l’Homme. En France comme en Europe et dans le monde.
Les Francs-maçons de la Grande Loge de France, individuellement et librement, selon leur propre engagement, ne manqueront pas de contribuer activement à ce grand œuvre de cohésion nationale, essentiel dans cette période de doute.
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