ACCEPTER
On ne peut pas tout accepter ! Pourtant dire que l’on accepte de vieillir, ce n’est peut-être pas si dur. C’est accepter que la beauté extérieure se flétrisse peu à peu. C’est accepter toutes mes rides, traces de mes sourires, qui creusent dans mon visage des vallées pour recueillir mes larmes de joie ! C’est accepter mes mains usées, abimées, par le travail, mes mains tant de fois tendues, parfois retenues. Ce sont aussi mes épaules voutées sous la pression de toutes ces accolades données à mes frères. Vieillir, ce sont mes pas hésitants sur les pavés usés du labyrinthe de ma vie, à la recherche d’une inaccessible Lumière.
Vieillir aujourd’hui, c’est devenu, comme une peur, presque une honte de ce corps qui plie, sous le poids des ans. L’intérieur même se dégrade, notre santé devient plus faible. L’on sent les regards gênés pleins de pitié, on entend les mots de compassion. Alors, pour certains la peur gagne, l’obsession de la santé, de la jeunesse, de l’apparence. Il faut, il faut rester jeune, l’obsession de la jeunesse, le jeunisme devient une vertu !
Autrefois j’admirais mes grands-parents, leur grand âge, les faisaient plus grands que moi. On vivait moins vieux, aujourd’hui les vieux sont devenus une banalité presque encombrante. On ne regarde plus vieux comme des sages, nous comptons ce qu’ils coûtent, on les évalue, sont-ils utiles ? Nous avons peur des vieux, on les rebaptise ce sont des seniors.
Pourtant quand je suis jeune, je puis dire : « Aujourd’hui mon corps est plus vrai que mon âme. Demain mon âme sera plus vraie que mon corps ».[1] Que restera -t’il de moi quand ma chair quittera mes os ? Sinon rien ou peut-être quelque chose d’inconnu que l’on appelle mon âme, ça donne presque envie de vieillir, pour que l’âme grandisse ! C’est pourquoi quand notre âme est petite, il faut la protéger. Elle est précieuse, il faut la nourrir, l’entretenir pour pouvoir s’en servir en cas de besoin ! « Il y a des gens, on dirait qu’ils ne se sont jamais servis de leur âme ».[2] On reproche aux vieux d’être riches, comme s’ils avaient volé leur richesse. En réalité leur vraie richesse : c’est leurs capacités à mieux observer le monde, à mieux l’admirer, à pardonner. Plus je vieilli, plus il me semble que mes émotions grandissent, sans doute que je suis moins pudique, je dis plus souvent j’aime, je vous aime, je sens que le temps me presse.
Victor Hugo avait bien compris la beauté de la vieillesse, dans son poème : Booz endormi.
« Le vieillard, qui revient vers la source première,
Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;
Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeune gens,
Mais dans l’œil du vieillard on voit la lumière ».
Mieux que d’accepter sa vieillesse, il nous faut aller jusqu’à la souhaiter, en se rappelant les mots de Prévert….
« La vraie jeunesse ne s’use pas
On a beau l’appeler souvenir
On a beau dire qu’elle disparaît
On a beau dire et vouloir dire que tout s’en va
Tout ce qui est vrai reste là
Quand la vérité est laide c’est une bien fâcheuse histoire
Quand la vérité est belle rien ne ternit son miroir
Les gens très âgés remontent en enfance
Et leur cœur bat
Là où il n’y a pas d’autrefois. » [3]
Fêtons l’an nouveau qui arrive, c’est encore plus de lumière.
Jean-François Guerry.
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