
Le réel est l’océan. Il déborde toute mesure, ne se laisse enfermer par aucune rive. Sa masse silencieuse, ses houles et ses abîmes échappent à nos mains comme à nos mots. Il est ce qui est, avant que nous le regardions, avant que nous le nommions. Nous ne l’épuiserons jamais.
La réalité, elle, est la carte que nous dessinons pour ne pas nous perdre. Nous y inscrivons nos repères, nos routes et nos ports. Elle est nécessaire pour naviguer, mais elle ne dit rien de l’odeur des algues ni du frisson des profondeurs. Elle ne saisit que la surface où glissent nos vies, laissant dans l’ombre ce qui ne se montre pas.
Entre le réel et la réalité s’ouvre un écart qui est aussi une promesse. Naviguer, c’est accepter que la carte soit incomplète et que l’océan reste toujours plus vaste. C’est consentir à ce que la Vérité se tienne toujours au-delà du visible, dans cette immensité qui nous précède et nous appelle. Là prend naissance et s'élargit le sentiment océanique. C'est savoir et comprendre que nous ne faisons qu’un avec le mystère qui nous englobe, dans l’union à l’Ultime Réel.
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