QUATREVINGT-TREIZE [1]
Sa dernière incubation selon Victor Hugo lui-même.
Des nouvelles récentes ou passées de Guernesey, ou les deux. Comme une immense vague poussée par un vent contraire, qui chaque jour gonfle d’incertitude l’avenir. Un souffle improbable, mais présent que nous n’avons pas vu venir ou refuser de voir. Pourtant, si j’avais moi-même, pauvre aveugle, levé les yeux sur cette stèle posée devant moi pendant toutes ces années où je demeurais l’été sur le Boulevard des Émigrés près du Fort Neuf de Quiberon. Cette stèle mémorable posée en souvenir de cette bataille entre frères qui teinta la Baie de Quiberon en rouge sang.
Quatrevingt-treize, est une histoire de terre, de mer, de France, d’hommes. L’histoire d’une séparation, d’une fracture, d’une désunion des hommes, d’une guerre civile. Bis repetita ?
Cela nous remet en mémoire le chemin vers lequel notre Devoir nous appelle : mettre fin aux injustices, aux despotismes quelques qu’ils soient politiques ou religieux. Nous devons faire de notre monde un centre d’union fraternel.
L’ultime roman de Victor Hugo, est là pour nous mettre face à face non pas avec nos semblables, mais avec nos incohérences dérisoires au regard de la joie que procure l’Amour fraternel. Nous devons arrêter « cette chasse aux hommes. »[2]
Jean-François Guerry.
COMBATS DE QUIBERON
Date de publication : Février 2005
Auteur : Pascal DUPUY
CONTEXTE HISTORIQUE
Le 27 juin 1795 en baie de Quiberon, la flotte britannique débarque sur la plage de Carnac plus de quatre mille émigrés et quelques centaines de prisonniers français enrôlés de force. Plusieurs milliers de chouans les rejoignent. Ensemble, ils s’emparent d’Auray puis se retranchent dans le fort de Quiberon. Mais quelques jours plus tard, le général Hoche, chef de l’armée républicaine des côtes de Brest, reprend Auray et commence le blocus de Quiberon. L’assaut final donné le 21 juillet causera la déroute de l’armée royaliste. La tentative militaire de l’Angleterre et des émigrés de rétablir la royauté et de relancer la guerre civile en France vient d’échouer.
ANALYSE DES IMAGES
Retranchée dans le fort « Sans-Culotte », rebaptisé Penthièvre, qui commande l’accès à la presqu’île de Quiberon, l’armée royaliste, placée sous le commandement du comte de Puisaye, doit faire face depuis le 6 juillet aux troupes républicaines qui l’empêchent de sortir. Une tentative est repoussée le 7. Les blancs, prisonniers, connaissent de graves difficultés d’approvisionnement tandis que le général Hoche consolide ses positions. Les jours suivants, les deux armées se renforcent considérablement, les blancs avec l’arrivée par mer de régiments émigrés que commande un jeune homme de 25 ans, Charles de Sombreuil, les bleus grâce à des renforts en hommes et en vivres demandés par Hoche. Le 16, une tentative de sortie des blancs échoue de nouveau, et les bleus ne doutent plus alors de la victoire finale. Ils lancent une offensive et s’emparent du fort pourtant jugé imprenable. Le comte de Puisaye s’enfuit et laisse de Sombreuil en charge du commandement. Ce sont ses derniers efforts héroïques de résistance qu’a représentés Sorieul : sous l’impulsion de M. de Sombreuil, figuré sur la gauche du tableau entouré de ses derniers fidèles, les combattants de l’armée royaliste essayent d’enrayer l’avancée des bleus et de protéger les centaines de femmes, d’enfants, de soldats blessés et de vieillards qui, derrière eux, dans un désordre poignant, tentent vainement d’atteindre la flotte anglaise. Quelques minutes plus tard, Hoche et les représentants en mission, Tallien et Blad, entérineront la reddition de M. de Sombreuil. L’armée des blancs est défaite, l’expédition de Quiberon un échec cuisant pour la cause royaliste.
INTERPRÉTATION
Sous l’Empire, la publication de plusieurs témoignages d’acteurs de l’expédition de Quiberon relance l’intérêt des historiens et des artistes pour les événements de juillet 1795. On relève également un peu plus tard, en octobre 1829, l’inauguration de deux chapelles commémoratives élevées à la mémoire des victimes royalistes de Quiberon. Enfin, Sorieul évoque également, par l’intermédiaire de la croix formée des fusils de M. de Sombreuil et d’un soldat placé derrière lui, la messe dite par Mgr de Hercé le dimanche 28 juin 1795, au lendemain du débarquement, et la « croix des émigrés » bientôt érigée en souvenir de cette journée.
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