COURTE RÉFLEXION SUR LE TRANSPERSONNEL.
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e concept de « Transpersonnel » peut-il être un horizon d’attente ou d’action pour notre temps et notre avenir ? À ma sortie d’un séminaire d’étude sur le Personnalisme d’Emmanuel Mounier. Je veux vous faire part de l’idée émise par Jacques Le Goff professeur émérite des Universités de Quimper et Brest, écrivain, éditorialiste, conférencier, sociologue, adepte de la philosophie morale d’Emmanuel Mounier : le Personnalisme.
Il rappelle la rencontre brève mais intense de Mounier avec Georges Gurvitch sociologue russe, qui ce n’est pas un hasard revient s’imposer dans notre actualité. Ce concept de « Transpersonnel » que Gurvitch tient en partie de Gottlieb Fichte un des fondateurs de l’idéalisme allemand. Cette filiation étant posée, Emmanuel Mounier le chrétien inspiré sans doute par le mystère de la Trinité ; s’associe aussi à la pensée et la lutte de Pierre-Joseph Proudhon précurseur de l’anarchisme dans sa lutte contre le communisme qui écrase l’individu dans la masse et au capitalisme et sa doctrine du profit pour le profit.
Cette thématique donc de la trinité : de la partie et du tout, permet la recherche d’un équilibre, de la ligne de crête entre l’individu et le collectif. Je dirais de la mosaïque des individus, capables de se retrouver dans un ensemble cohérent qui tient par l’addition des « Je » pour passer au « Nous ». L’acte, l’agir fondamental n’est pas de se séparer, mais d’être capable de communier ensemble. Il est factuel, ontologique que personne et communauté sont indissociable, Mounier ne cessait en fait d’affirmer sa préférence pour le « tu » et le « nous » au « Je » combattant l’individualisme pour passer au personnalisme. Il ira jusqu’à dire qu’il préférait que l’on parle de personnalisation de l’individu, plutôt que de personnalisme dénonçant ainsi les « ismes » de toutes sortes.
La recherche d’une philosophie du « nous » ne doit pas pour autant être fusionnelle, nous devons pouvoir conserver notre part d’intime, et rechercher cependant l’unité. En Franc-maçonnerie nous pourrions dire construire un ou des centres d’union fraternel, des lieux de transactions ou les uns et les autres, peuvent se comprendre, s’écouter, communier autour de valeurs et de vertus qu’ils considèrent comme essentielles. Cela n’est possible que dans une dynamique du don et de la générosité, de l’arrachement parfois douloureux à son moi pour aller vers autrui. C’est arrachement étant libérateur de l’esprit, élévateur de la conscience et de l’âme. C’est une relation à autrui, de visage à visage pour se rapprocher du vocabulaire de Levinas le philosophe de l’altérité. La communauté est donc à penser avec le « Il » et le « Nous », l’impersonnalisme devient alors un élan indispensable, nécessaire à la communauté de la pensée. La personne en tant que masque médiateur (suivant sa définition grecque et latine) est aussi indispensable entre l’individu et la communauté.
La question du jour, est comment penser le masque médiateur personne dans une société individualiste ?
Jacques Le Goff propose deux métaphores : celle du peloton des cyclistes qui est capable d’être un centre de concurrence entre l’individu et les autres tout en restant dans un collectif uni. Ou encore l’orchestre où l’on trouve des artistes avec leurs différences et un tout un ensemble harmonieux. Je rajouterais la loge maçonnique, où chacun à sa place, son rôle et où l’harmonie règne en Force, Sagesse et Beauté. La Personne est libre, libérée et donne sa Force au collectif. C’est le lieu où l’on libère le potentiel de chacun, où ce potentiel peut s’exprimer et donne un élan et un essor au collectif. Le « Transpersonnel » est donc cet entre-deux subtil où l’Un est le Tout, et où le Tout est Un.
Jacques Le Goff s’interrogeait comment mettre en place ce « Transpersonnel », cette voie médiane comment la construire avec des pierres solides ? Ce ne peut être qu’avec des pierres vivantes, capables de transmettre des secrets intimes par nature, comme l’Amour de soi et l’Amour des autres pratiqués en même temps. C’est la vertu la plus haute, vers laquelle il faut tendre, celui qui est capable de cette tension verra la joie envahir son cœur. Un des outils de cette pratique est le respect de soi-même, et des autres et le respect de la communauté universelle des personnes. Aujourd’hui le principe du Colibri me semble non pas dépassé et inutile mais trop dérisoire. Le temps presse, une communauté consciente ne doit pas transiger avec ce que l’on appelle l’incivilité, les incivilités entre nous et les institutions ont atteints la limite de la tolérance et sont passées dans la complaisance même si elle n’est pas déclarée, elle est constatée par tous. Ce n’est pas l’IA, ou les techniques qui nous permettra de transformer les individus en Personnes, les hommes en Humains. C’est notre pensée libre, et notre responsabilité du plus lointain de l’humanité. Ce ne sont que quelques pistes de réflexion, il reste le principal l’action. Emmanuel Mounier avait choisi une maxime pour le moins hétérodoxe : « L’événement sera notre Maître intérieur ». C’est-dire qu’il était en marge de l’intellectualisme abstrait, ou la pensée de l’homme objet, et dans l’action, le mouvement qui voulait changer, sa vie, la vie donner du sens et le sens le meilleur possible pour changer le monde. N’est-ce pas un peu ce vers quoi nous tendons dans nos loges maçonniques ?
Jean-François Guerry.
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