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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Statue d'Ernest Renan à Tréguier.

Statue d'Ernest Renan à Tréguier.

FRAGMENTS DE RÉFLEXION VIII. FIN

Nous arrivons au terme de cette réflexion sur la conférence que donna Ernest Renan à la Sorbonne, le 11 mars 1882, sur le thème « Qu’est-ce qu’une nation ? » L’acte de naissance de cette réflexion est du 31 août 2026, à la suite de la visite de la maison natale de Renan à Tréguier, soit 144 ans après cette conférence. Pourquoi ? Parce qu’il m’est apparu que ces 25 pages méritaient d’être plus connues dans la période actuelle, à un moment où, de plus en plus nombreux, sont ceux qui cherchent plus à nous diviser, nous séparer, nous cliver, qu’à nous réunir, ce qui est le contraire de ce que doit être, me semble-t-il, le fait de faire nation. Renan est encore aujourd’hui cité ; il essaya de réunir ce qui est épars, une formule bien connue des enfants de la lumière. Il a clairement expliqué ce que n’était pas une nation : le résultat de divisions artificielles, par la race, par la langue, la religion, les intérêts, la géographie.

Alors, qu’est-ce, en vérité, qu’une nation selon lui ?

   « Une nation est une âme, un principe spirituel. »

« Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel : l’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »

Cette formule pourrait être transposée à la Franc-maçonnerie en général et au Rite Écossais Ancien et Accepté en particulier. Renan explique : « La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. »

Ésope, puis La Fontaine dans Le Laboureur et ses enfants, nous disaient : « C’est le fonds qui manque le moins ! » Aujourd’hui, ce qui nous manque cruellement, c’est souvent un projet, une vision d’avenir. Non nobis…, mais pour nos enfants.

Dans son élan passionné et lyrique, Renan nous rappelle le chant spartiate : « Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes. »

Il ne nous faut pas ériger des murs, mais construire des ponts, parce que : « Avoir souffert, joui, espéré ensemble, voilà qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières… »

Faire nation, ce n’est pas que des triomphes et des gloires : « c’est l’effort en commun, (…) le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. »

Renan, en 1882, pense déjà comme en 1905 : « Nous avons chassé de la politique les abstractions métaphysiques et théologiques. Que reste-t-il, après cela ? Il reste l’homme, ses désirs, ses besoins. »

Pour l’Europe, Renan pense à une confédération : « Par leurs facultés diverses, souvent opposées, les nations servent à l’œuvre commune de la civilisation, toutes apportent une note à ce grand concert de l’humanité qui, en somme, est la plus haute réalité que nous atteignions. »

À la fin de sa conférence, il résume : « Messieurs. L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu’exige l’abdication de l’individu au profit d’une communauté, elle est légitime, elle a le droit d’exister. »

L’individualisme, l’égoïsme, le désir de la célébrité, la mauvaise ambition mènent au fanatisme, au non-respect des lois qui permettent de vivre ensemble. L’individualisation des actes poussée à l’extrême favorise l’impunité des groupuscules ; la foule remplace le peuple ! Les toutes dernières phrases de la conférence de Renan ouvrent encore un champ de réflexions : « Consultez les populations, fi donc ! Quelle naïveté ! Voilà bien ces chétives idées françaises qui prétendent remplacer la diplomatie et la guerre par des moyens d’une simplicité enfantine – Attendons, Messieurs ; laissons passer le règne des transcendants ; sachons subir le dédain des forts. Peut-être, après bien des tâtonnements infructueux, reviendra-t-on à nos modestes solutions empiriques. Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé. »

Cette conférence de Renan ne nous donne peut-être pas les solutions pour notre époque ; elle nous donne cependant à réfléchir sur le fond de ce qu’est une nation, une maison où faire du commun en associant la loi morale, au sens universel que donne Kant à la morale, qui est un devoir, un impératif catégorique, et la loi d’amour, qui, dans notre société, doit s’exprimer par la pratique de la solidarité et de la fraternité. C’est entre ces deux colonnes : celle de la loi et celle de l’amour, que l’homme doit brandir bien haut l’étendard qui rassemble ses frères.

Jean-François Guerry

               LE LIVRE DE LA CONFÉRENCE
FRAGMENTS DE RÉFLEXION VIII. FIN

Poème de Philippe Jouvert mis en musique

LE BLOG DE JEAN DUMONTEIL- SENTIMENT OCÉANIQUE.

Écoute ton souffle. Respire.

Écoute ton souffle : c’est lui qui gonfle les voiles de ta vie.

Respire pleinement.
Prends le vent.
Accueille l’alizé du jour.

Il y a des jours de tempête où tout se désorganise, où les vents contraires nous font perdre le cap. Et puis il y a les jours de calme plat, peut-être plus redoutables encore, quand rien ne bouge, que les voiles pendent et que l’horizon semble immobile.

Alors respire.

Va chercher le vent de la vie.

Nous ne choisissons pas toujours les vents qui se lèvent. Certains nous portent, d’autres nous contrarient. Il faut parfois tirer des bords, remonter au vent, accepter de ne pas aller droit vers le but pour continuer pourtant à avancer.

Respire. Prends le quart. Fixe le cap.

Le souffle de ta vie est ton allié. Il ne supprime ni les tempêtes ni les accalmies. Il te rappelle seulement que tu es vivant et que quelque chose, toujours, peut encore se remettre en mouvement.

Nous ne commandons pas au vent. Mais nous pouvons orienter les voiles.

Alors arme la grand-voile.

Aime. Espère. Et avance dans la confiance en ce qui est plus grand que ton embarcation.

Respire.

Écoute le souffle de la vie.

FRAGMENTS DE RÉFLEXION VIII. FIN
FRAGMENTS DE RÉFLEXION VIII. FIN
FRAGMENTS DE RÉFLEXION VIII. FIN
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FRAGMENTS DE RÉFLEXION VIII. FIN
FRAGMENTS DE RÉFLEXION VIII. FIN
FRAGMENTS DE RÉFLEXION VIII. FIN

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