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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

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Professeur Dac

Professeur Dac

HUMOUR SANITAIRE MÉDICAL SI POSSIBLE

 

 

Selon les pensées profondes de Pierre Dac.

 

Lavage Médical.

 

Parce que ça dure moins longtemps et que ça ne se pratique pas de la même manière, un lavage d’estomac, pour si désagréable qu’il soit, est tout de même préférable à un lavage de cerveau qui l’est beaucoup plus.

 

 

À l’usage des troupes militaires.

 

L’anesthésie générale ne concerne pas seulement celle de la femme d’un général.

 

Ce n’est pas gagné !

 

La Chirurgie esthétique est une entreprise de ravalement des façades humaines dégradées par le temps afin de réparer des ans l’irréparable outrage.

 

Il faut le savoir !

 

En médecine empirique un bon guéri vaut mieux que deux qui ne le sont pas.

 

Signé Furax Pierre Dac.

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COURRIER DES LECTEURS
COURRIER DES LECTEURS
COURRIER DES LECTEURS
Gémissons ! Gémissons ! Gémissons ! Mais pas trop!

Un lecteur du Finistère me transmet cet article des Echos no comment !

COURRIER DES LECTEURS
Pas toujours facile de passer le pont. Il faut obtenir la liberté de passer LDP.

Encore un lecteur du Finistère ils sont en pointe normal. Il s'agit d'une archive, un document qui s'apparente à nos attestations de sortie, j'ai eu pour ma part quand j'étais pensionnaire il y a très longtemps des Billets de sortie pour les Week-end octroyés quand nous étions sages et aussi studieux, sinon travail en étude pendant le week-end. Qui a dit que c'était mieux avant ?

 

 

COURRIER DES LECTEURS
Pour écrire au Blog, faire paraître vos articles:

 

Courrierlafmaucoeur@gmail.com

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DANS QUEL MONDE VIS TU ?

DANS QUEL MONDE VIS TU ?

 

 

Cette remarque m’a été faite souvent, avec un regard amusé et quelquefois un ton ironique, mais a chaque fois avec sincérité. En dehors des poncifs habituels : tu ne peux pas comprendre, d’ailleurs l’initiation ne s’explique pas elle se vit, pas sûr que ce soit une réponse suffisante pour éclairer le demandeur. Nous pouvons rajouter vous n’êtes pas franc-maçon, donc, vous ne pouvez pas savoir, ce qui ramène l’interlocuteur à un niveau inférieur.

Cela fini pourrait finir par circuler il n’y a rien voir, ce qui sous-entend j’ai mieux à faire ! Après tout on ne donne pas de la confiture aux cochons.

Il y a dans cette manière de répondre un manque de modestie, d’humilité, et de l’arrogance. Qui suis-je après tout pour me permettre de juger la capacité des autres à comprendre, même si ceux-ci portent un jugement sur mes actes, ma manière d’être.

 

Cette attitude n’est pas réservée à une discussion entre ‘profane’ et initié, elle a souvent lieu entre frères. L’on entend aussi tu ne peux pas comprendre à ton degré ! Tu comprendras un jour, ce qui évite d’expliquer ce que l’on a soi-même souvent pas compris.

 

C’est faire peu de cas du cherchant, du profane que nous avons accueilli et qui est maintenant un frère pour sa vie entière. Nous l’avons accueilli précisément parce qu’il demandait  pour recevoir, frappait pour entrer, et nous lui avons ouvert la porte. La moindre des choses c’est de le convier au partage, qu’il commence, qu’il s’initie dans sa loge mère. Et puis toute demande, qui fait un pas de côté est une transgression positive, celle-là même qui fait avancer le compagnon sur sa route quand il va voir ailleurs, il continue son initiation. Que penserions-nous d’un adolescent qui le resterait sa vie entière. Cet état d’esprit dénote au minimum un manque de fraternité, au pire, un orgueil encore à combattre. C’est la tentation de la « franc-maçonnerie Mexicaine », celle où l’on voit les frères arborés fièrement, les médailles, les grands tabliers décorés, les titres dont ils ne connaissent pas la signification symbolique, dissimulant derrière une hiérarchie d’honneur, un manque simplicité et de spiritualité.

Plus loin encore c’est pour certains d’entre eux la certitude d’être des hommes plus spirituels, donc supérieurs. J’en reviens au monde, le franc-maçon doit-il renoncer au monde matériel, pour pénétrer dans les hautes sphères de la spiritualité ? Ou simplement s’en éloigner, prendre ses distances, juger par lui-même. Où doit-il refuser de se soumettre à ce monde, tout en étant une partie de celui-ci.

 

Le franc-maçon de tradition, a conscience qu’il est une partie de ce monde, et que ce monde est sous l’influence d’un principe universel qui le dépasse, il le nomme comme il veut Grand Architecte, Grand Géomètre, principe créateur, Dieu, il est libre.

Cette attitude, cette conviction, cette tension vers la spiritualité, n’est pas un rejet du monde matériel et des autres, il n’y a pas d’antagonisme entre la démarche vers plus de spiritualité et la vie quotidienne.

 

L’initiation influe sur notre manière de voir le monde, c’est le comment, et nous interroge sur le pour quoi. Ainsi s’opère ce que l’on appelle la conversion du regard sur chaque acte de notre vie. C’est à ces changements d’attitudes que les maçons se reconnaissent entre eux. Ils sont convaincus que de penser matériel avant spirituel, c’est mettre la charrue avant les bœufs.

L’esprit est véhicule qui nous transporte vers le cœur et son intelligence.

Pour le maçon la charrue et les bœufs sont nécessaires, il ne renonce pas aux métaux, mais s’efforce de bien les employer.

 

Il est faux de croire qu’être spirituel, c’est-à-dire cultiver, faire grossir l’esprit, imaginer le monde autrement qu’a travers la grosseur d’un compte en banque ou le statut social d’un homme est incompatible avec la vie alimentaire quotidienne, vivre en accord avec sa pratique spirituelle, ce n’est pas vivre en dehors de la société et du monde.

 

Il ne s’agit pas devenir un ermite, anachorète, un contemplatif détaché du monde, un observateur extérieur, mais plutôt un chevalier de l’esprit.

Ce qui n’exclut pas la méditation, la contemplation de la beauté du monde, la force, la sagesse et la beauté, contribuent à l’harmonie.

 

Il ne s’agit pas de devenir un étranger à nous-mêmes, notre part charnelle, et étranger à la société qui nous entoure. Notre vie spirituelle nous sert pour la compréhension exacte  de la nature réelle du monde matériel.

L’initié ne rejette pas le quotidien, il le vit mieux, plus intensément. Il vit dans le monde, pas pour le monde.

Si symboliquement il meurt à la vie profane, c’est pour re naître, car il a compris que rien ne meurt tout se transforme. C’est pourquoi il naît à nouveau pour reconquérir sa liberté.

 

Alors pour répondre à la question dans quel monde vis tu ? Je pourrais dire dans le même monde que le tien, mais j’espère en regardant au fond de moi-même trouver une humble flamme pour ranimer ce monde, pour qu’il retrouve une part du sacré qu’il a perdu, pour qu’il devienne plus spirituel, moins matériel, c’est-à-dire plus libre, plus fraternel, en étant conscient de mes limites, mais bon sang juste peu plus qu’un humble colibri !

 

Jean-François  Guerry.

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HUMOUR SANITAIRE ET MÉDICAL

HUMOUR SANITAIRE ET MÉDICAL

 

Pensées de Pierre Dac.

 

Manque de Chance.

 

Le pire qui puisse arriver à un dermatologue malchanceux, c’est le manque de peau.

 

 

Erreur Médicale.

 

Si, par erreur, omission ou distraction, une cirrhose du foie est traitée par un spécialiste des voies rectales, elle risque fort de tourner à la cirrhose des vents.

 

Théologie Médicale.

 

Certaines voies urinaires sont encore plus impénétrables que les voies du seigneur.

 

 

Progrès de la Médecine.

 

Malgré les progrès réalisés en chirurgie ophtalmologique, ce n’est pas encore de sitôt qu’il sera possible de pratiquer l’opération de la cataracte sur celle du Niagara.

 

Signé Furax. Alias Pierre Dac ou inversement.

 

VIDÉO MUSICALE D’HERVÉ.

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Publié le par jean françois
COMPILER ET ALORS !

COMPILER ET ALORS !

 

 

Compiler, c’est mettre ensemble, c’est rechercher, c’est remonter jusqu’à la source. En informatique c’est même traduire le code source. Pour cela il faut remonter jusqu’au sommet de la montagne et réunir dans une même rivière les torrents des pensées, qui feront les vagues de l’océan. Au pêcheur ensuite de retrouver la source, de remonter jusqu’au sommet de la montagne, tel le saumon qui remonte la rivière jusqu’à l’endroit précis de sa naissance, sa mémoire, son imagination feront le travail.

 

En philosophie en appuyant légèrement pour grossir le trait, l’on peut reprendre ce qu’a dit Alfred North Whitehead :

« Toute l’histoire de la philosophie n’est qu’une suite de notes de bas de page aux dialogues de Platon. » À noter au passage que la philosophe Belge Isabelle Stengers est une spécialiste de Whitehead, et quelle s’intéresse particulièrement à la nature et l’écologie. Whitehead est l’initiateur de la philosophie du processus, de l’idée d’une certaine logique où tout coule de source.

 

L’idée selon laquelle Platon serait à l’origine de la philosophie est sans doute erronée, il fut plutôt un génial metteur en scène, et aussi un compilateur de traditions ancestrales.

En franc-maçonnerie René Guénon parle de Tradition Primordiale, première, fondatrice. Cette tradition voie pour la reconstruction du temple intérieur de l’homme. Il n’y aurait qu’une seule Vérité originelle, il paraît illusoire de pouvoir un jour l’atteindre, elle s’est  dégradée avec le temps, ayant perdu son unité. Chacun a construit sa vérité à la mesure de son humanité. C’est un prolongement de la tradition primordiale, une interprétation modeste des pensées de ses prédécesseurs, pour créer sa propre pensée.

 

Les interventions dans les loges maçonniques par les conférenciers et les apports des sœurs et des frères, sont qualifiées d’enrichissements. La pierre se taille et se polit sans cesse.

Les citations, les références ne doivent pas être à mon sens critiquer. Sauf si elles constituent l’ensemble du travail, qui devient alors un copier-coller.

Elles doivent servir, comme des images, des symboles, à la création, l’imagination personnelle, dans le respect de leur origine.

 

C’est bien le but de la franc-maçonnerie de :

 

« Dispersa congregas, et congregata est » réunir ce qui est épars.

 

L’initiation maçonnique est imprégnée des textes sacrés de toutes les traditions, c’est son universalité. Mais elle est aussi occidentale, son socle est donc judéo-chrétien, ses rituels en sont les témoins, ils constituent la propédeutique de l’initiation.

Par le travail en loge, l’instruction qui suggère sans imposer, l’adepte est à la recherche des idées cachées sous les symboles, mais aussi dans les textes sacrés qui illustrent les légendes. Il concrétise ses recherches par la pratique des vertus qui lui ont été révélées par son travail.

 

L’ésotérisme de la religion chrétienne avec les textes de l’évangile de jean et l’ésotérisme de la religion juive avec la Cabbale et la science des nombres d’or de Pythagore, forme le squelette de l’accès à la Connaissance.

 

Il ne s’agit pas de dogmatisme religieux, mais de la pratique d’exercices spirituels, car rien définitif, le franc-maçon ne construit aujourd’hui des temples de pierre, mais il construit sa demeure intérieure sous la direction de son maître intérieur, il devient un temple capable d’accueillir l’esprit. Il sait que les temples matériels sont éphémères seules les forces de l’esprit demeures. Il sait aussi que cette construction est l’œuvre de sa vie. La Vérité est dans le chemin.

 

L’initiation maçonnique impose en quelque sorte la compilation des traditions, elle est une école des mystères de la vie. Mais pas une religion, ni une école mystique. René Guénon démontre dans ces quelques lignes quelle n’est pas une religion, cela peut servir de réponse aux jeunes sœurs ou frères embarrassés par cette question des profanes qui voient dans la franc-maçonnerie une forme de religion dans le sens commun.

 

« La religion permet spécialement la réunion de trois éléments d’ordre divers : un dogme, une morale, et un culte ; quand un de ces éléments manque, il ne s’agira plus d’une religion dans le sens propre de ce terme. Le premier élément forme la partie intellectuelle de la religion, le second forme sa partie sociale, et le troisième l’élément rituel, tient à la fois de l’un et l’autre. »

Il faut se défier néanmoins de la compilation elle peut faire prendre de mauvaises voies, qui n’ont que des rapports lointains avec l’initiation maçonnique. Certains voient dans l’emblématique Maître Hiram un Dieu Panthéiste, cette approche est présente dans la maçonnerie forestière, dite du bois, sans doute la proximité des forges. Le chercheur trouvera sans aucun doute des rapports étroits, des vertus communes. Il n’en reste pas moins que le Panthéisme, n’est pas pour moi la Maçonnerie forestière, mais plutôt une philosophie naturaliste, écologiste, voire hédoniste. Ses adeptes revendiquent rassembler en son sein les traditions métaphysiques d’orient et d’occident. René Guénon encore démontre simplement que le Panthéisme associe naturalisme et matérialisme, il est donc antimétaphysique. Je cite :

« Comme le signale un Rituel du R E A A : L’homme véritablement sage ne peut être panthéiste, parce qu’il distingue la cause de l’effet et appelle le G A D L U cause première, parce que de lui viennent les causes secondes. »

 

Il ne s’agit pas de critiquer les panthéistes au demeurant nombre d’entre eux déclarent voir dans la nature la présence du G A D L U, donc la cause. Nombre d’entre eux déclarent aussi ne croire en rien, si ce n’est en la nature mère et matière. Pour moi donc la maçonnerie du bois n’est pas Panthéiste, sauf si elle n’entend pas se référer au G A D L U.

 

Autre danger si j’ose dire de la compilation l’occultisme et le mysticisme. Il serait trop long de s’étendre sur ces sujets.

 

Compiler c’est donc chercher, travailler, on revient au V I T R I O L. Le dernier numéro de la revue de la Grande Loge de France Points de Vue Initiatiques, est paru sur le thème L’initiation en questions. Il trace un chemin de compréhension de l’initiation maçonnique, particulièrement à mon sens, si l’on relie trois articles.

Le premier : Cherchez et vous trouverez. Sous-titre : Oui, mais si je ne trouve pas ? Il pose une autre question est-il obligatoire de trouver ? Le deuxième article : « Trouver ce que l’on ne cherche pas » et le troisième : « Accompagner l’initié, c’est voyager avec lui. » Un petit regret dans la mise en page, il aurait été intéressant de ne pas séparer ces trois articles, une lecture à la suite aurait donné un supplément de cohérence à mon sens.

 

Cette lecture permet d’agir selon la devise ordo ab chao, post tenebra lux. Lecture qui souligne la spécificité de l’initiation maçonnique, recherche individuelle et cadre collectif de recherche dans l’œuf cosmique de la loge, la mère initiatrice. Actuellement éloignés de nos loges nous ressentant au plus profond de nous ce manque de pratique fraternelle.

 

Notre recherche individuelle devient plus active, nous permet de nous préparer à accueillir en nous, la spiritualité, sous la direction de notre maître intérieur, d’ouvrir encore plus notre œil du cœur, en restant serein dans notre cloisonnement méditatif, nous avons que le lien n’est pas rompu avec nos frères nous devons donc continuer : « Cherchez et vous serez trouvés ! » Musa Najib.

Ou encore pour conclure un proverbe chinois :

 

« La boussole indique la direction, mais ce sont nos jambes laborieuses qui font le chemin. »

 

Il nous faut donc travailler, lire, relire, méditer, prier sans doute, pour trouver, compiler non pas entasser. Car, avant nous aurons fait le vide, pour accueillir en nous, les pensées les plus sages, les plus fortes, les plus belles. (En Sagesse, Force et Beauté)

 

Jean-François Guerry.

 

 

Note : ma lecture du moment : « LE RETOUR D’HENOCH » de Fermin Vale Amesti. Éditions TÉLÈTES.

 

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Publié le par jean françois
Professeur Pierre Dac

Professeur Pierre Dac

HUMOUR SANITAIRE PENSÉES DE PIERRE DAC

 

 

 

Information du public.

 

Le conseil de l’ordre des médecins, chargé du maintien de l’ordre public de la santé nationale, donne des conseils mais n’en reçoit pas, sauf sur rendez-vous.

 

Communiqué.

 

On appelle « tiercé médical » toute réunion de docteurs en médecine qui, dans l’ordre, le désordre ou sans ordre, jouent, au chevet d’un malade qui a une fièvre de cheval, au jeu des diagnostics pronostiqués sur l’hippocratodrome de Longchamp opèratoire.

 

Déontologie.

 

La dichotomie est le renvoi de l’ascenseur médical confraternel non conventionné, mais conditionné.

 

Des Actes.

 

Tous les actes médicaux ne sont pas apostoliques étant donné que certains ne sont pas catholiques.

 

Mise en Garde.

 

La radiographie, c’est le viol légal de l’intimité physiologique.

Gaudi Barcelone

Gaudi Barcelone

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Publié le par jean françois
PASSEZ AU VITRIOL

PASSEZ AU V I T R I O L !

 

 

Entrer dans le cabinet noir de nos profondeurs, c’est répondre à l’injonction de notre conscience, passez au VITRIOL, c’est-à-dire se purifier, accepter les métamorphoses de son être intérieur. Après avoir pris conscience de son existence, que c’est notre être réel, celui qui apporte l’harmonie.

 

Dévoiler cet être intérieur, c’est commencer la plus belle aventure de notre vie : l’aventure vers la spiritualité. C’est le chemin secret vers le sacré, qui relie au divin.

Grâce à son imagination et sa mémoire active, l’homme volontaire revêt le vêtement de l’âme. Il voit avec l’œil spirituel du cœur. Il développe en lui une énergie sans limite, parce que constamment renouvelée, régénérée, c’est l’opération alchimique, l’opus.

 

L’homme en manque d’imagination et de mémoire, ne peut pas réaliser cette métamorphose intérieure. Mircea Eliade a écrit :

 

« L’imagination imite les modèles exemplaires- les images-, les reproduit, les réactualise et le répète à l’infini. Avoir de l’imagination c’est voir le monde dans sa totalité, car c’est le pouvoir et la mission des images de ‘montrer’ tout ce qui paraît réfractaire au concept. Ainsi s’expliquent le malheur et la ruine de l’homme par manque d’imagination : il est ‘coupé’, séparé de la réalité profonde de la vie et de sa propre âme. Avoir de l’imagination, c’est profiter d’une richesse intérieure… »

 

Ainsi l’œil est le soleil du corps, comme le cœur siège de l’image des vertus est le soleil de l’âme.

L’homme trinitaire corps, esprit, âme est dans le monde intermédiaire, c’est là qu’il réalise le grand œuvre. Le VITRIOL la pierre cachée est le sel, la base de l’œuvre, la matière première. Ce sel tout au long du chemin initiatique, par diverses mutations, purifications finira par prendre la forme du Mercure, du feu secret. Ainsi se réalisera l’union intime entre le fixe et le volatil.

 

L’aspirant aux mystères de la création intérieure, de la construction de son temple, quand il pénètre dans le cabinet du réflexion, véritable chambre des mystères, va commencer la formation de son corps solaire lumineux, qui va se substituer peu à peu à son corps physique. À chaque opération il se dépouille de ses scories, de son opacité, il taille, polie sa pierre pour en faire un cristal pur, la lumière qui va traverser ce cristal fera un arc entre la terre et le ciel.

 

Pour parvenir à cet état supérieur de spiritualité, il a besoin de deux facultés indispensables l’imagination et la mémoire. L’imagination est son Mercure et le Soufre sa mémoire. Il y a une correspondance perpétuelle entre imagination et mémoire. Dans la loge c’est le parcours le long du fil à plomb, la perpendiculaire, qui conduit à la chambre du milieu.

 

Le postulant prendra garde à la fausse mémoire, la mémoire passive. Elle ne demande aucun effort, aucune volonté. Ce n’est pas la mémoire de celui qui cherche et qui frappe à la porte, car il cherche la lumière. Il devra travailler avec sa mémoire active, celle qui recherche les traditions, cela demande volonté et action, cette mémoire est instructive, éducative, nécessaire à l’esprit humain.

Les formes, les pensées qui prennent naissance avec notre imagination en mouvement, se traduisent par des mots, des oraisons, des écrits inspirés. Ce sont nos rituels de travail, nos mantras symboliques, dessinés, construits, à chaque ouverture des travaux. Ce sont nos tableaux de loges chargés de symbolisme. Ils doivent être régulièrement étudiés, exécutés, les rituels pratiqués dans leur pureté, mis en pratique ils deviennent les instruments  de construction du grand œuvre. Répétés inlassablement, comme de Oms, ils imprègnent notre esprit, élèvent notre conscience, résonnent dans notre cœur, ils sont les carburants  notre lumière intérieure. Cette lumière, qui à force de grandir finit par faire exploser les portes du temple et brille extérieurement.

 

Les Maîtres mots qui font vibrer notre être intérieur sont donc : imagination et mémoire active, leur levier est constitué par les cérémonies initiatiques, les tableaux de loge, les rituels. L’ensemble forme une propédeutique au premier degré, plus encore une maïeutique, véritable accouchement de notre spiritualité enfouie au plus profond de notre être. Les mots du Maître intérieur sont alors graine, sésame, porte et VITRIOL.

 

Jean-François Guerry.

 

 

PASSEZ AU VITRIOL

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Publié le par jean françois
ASYMPTOMATIQUES

ASYMPTOMATIQUES

 

 

Is ne présentent aucun signe, aucun symptôme clinique, des individus invisibles. Comme l’on dit qu’il ne faut pas se fier aux apparences, il convient de se défier des êtres asymptomatiques. Mais ne faisons-nous pas semblant de ne pas les voir, de les rendre invisibles à notre vue, d’ignorer le risque qu’iles présentent pour nous ?

 

La phase asymptomatique du virus V I H, peut s’étendre sur plusieurs années, indique le Littré.

 

J’ai comme l’impression, que nous n’avons pas su diagnostiquer depuis longtemps les asymptomatiques de notre société, ceux qui marchaient à côté de nous, qui étaient presque comme nous, mais à côté. On refusait de les considérer comme malades et de les soigner. Certains d’entre eux ont été obligés de mettre des gilets jaunes pour que nous puissions les voir. Ces asymptomatiques sont devenus soudain visibles, très visibles, trop visibles, dérangeants pour notre tranquillité, notre sécurité qui n’a pas de prix, si ce n’est un peu de notre liberté qu’il a fallu vendre, pour être en sécurité.

 

Problème de dépistage précoce diront certains. Mais au fait qui est chargé de prévoir dans notre société, les experts, les politiques, les statisticiens, les prévisionnistes, les sociologues, les instituts de sondage, sans doute assez pas assez nombreux ou occupés ailleurs. Il a fallut attendre la fin de la crise pour découvrir l’Archipel Français de Jérôme Fourquet.

Nous avions donc tous, ou peu près les yeux fermés ; comme chacun sait il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Une fois que la guerre est déclarée, l’ennemi à notre porte, nous prenons nos uniformes, pour faire la guerre, las l’armurerie est vide. L’on va donc isoler tout le monde, sauf les asymptomatiques que l’on trouve subitement utiles à notre vie à tous. Je me répète, je sais mais il y a une forme d’arrogance ou pire de pitié en faveur de ceux qui sont utiles. Que l’on considère, comme des ustensiles indispensables devenus soudain visible. On va leur donner une prime de combattant, mais pas une juste rémunération.

 

Durant cette pandémie la fortune des milliardaires étatsuniens a augmenté de 282 milliards de dollars, celle de Jeff Bezos le PDG d’Amazon de 25 milliards de dollars depuis le 01 janvier 2020 cette augmentation représente le PIB du Honduras. (Source : Institute for Policy Studies)

Il est curieux que l’asymptomatisme ne touche que les plus faibles d’entre nous. Franc-Maçon, je suis l’ami du pauvre et du riche pourvu qu’ils soient vertueux. Je n’ai pas de doute, notre frère en humanité Jeff Bezos grâce à ses profits, ses métaux, il va finir par payer ses impôts comme nous tous. Nous pourrons alors aider les asymptomatiques, construire des hôpitaux, soigner les plus faibles.

Vous l’avez compris avec ma volonté d’aider les asymptomatiques, je suis sorti du champ de la physiologie auquel je ne connais rien, sauf une petite région qui s’appelle le cœur où paraît-il brille la lumière de l’âme cette lumière qui brille aussi dans le cœur des milliardaires, c’est pour ça que je suis dans l’espérance.

Je vois avec joie, toutes les chaînes de solidarité qui se mettent en place à tous les niveaux, jusqu’au sommet de l’état là où sont les premiers de cordée. Aujourd’hui subitement rien ne s’oppose à aider les plus fragiles, c’est presque trop, où avant ce n’était pas assez ? Les asymptomatiques étaient pourtant là, déjà habitués à la distanciation sociale depuis des décennies ils font la queue aux Restos du Cœur, ils savent rester à leur place. Je soupçonne quelques banquiers de connaître les asymptomatiques, ceux qui ont du mal en fin de mois et qui sont gentiment perfusés avec des crédits revolvers ou revolving je ne sais plus c’est un peu pareil non ?

En y regardant de près on arrive à voir les asymptomatiques. Je n’accuse personne, si ce n’est moi, qui ne me suis pas mobilisé quand les soignants étaient dans la rue par exemple.

Cette pandémie a fait des ravages dans nos corps et nos esprits, elle peut devenir un espoir si nous acceptons de traiter nos frères asymptomatiques autrement que comme des invisibles et des « Utiles ». Mais comme nos semblables, la franc-maçonnerie nous demande de pratiquer la justice qui est le contraire de la barbarie, la fraternité et la solidarité qui est à l’opposé de l’individualisme. Je suis sûr que nous pouvons voir autour de nous beaucoup d’asymptomatiques et reconnaître leur dignité.

 

Jean-François Guerry.

ASYMPTOMATIQUES

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Publié le par jean françois
COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020

 

Reçu de François-R :

 

Nous échangeons nos maladies, nos lumières, nos espérances et nos remèdes.


Au 17ème siècle :

 

En des circonstances similaires à ce que nous vivons, voilà ce que Madame de Sévigné écrivait à sa fille Pauline de Grignan :

"Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !

Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous chez nous. Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une pièce de Corneille dont on dit le plus grand bien.

Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.

Heureusement avec ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous voyons discrètement, et nous nous régalons des Fables de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » !

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » ».

 

Une anthologie des épidémies sans fin durée de la vidéo 5 minutes instructives.

 

https://youtu.be/csPJpKqPDI4

COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020

Reçu d’un lecteur du Finis Terrae

 

Un texte de Mr Olivier Becht. Député du Haut-Rhin

Coronavirus : que nous enseigne l’Histoire ?

             Pour ma génération, cette épidémie mondiale est un événement encore jamais connu, jamais vécu. Pourtant, en discutant avec mes parents, il apparaît que le monde en a déjà connu et pas seulement dans les siècles passés. Nul besoin de remonter à la peste, au choléra ou encore à la grippe espagnole de 1918.D’autres épidémies, ressemblant fortement au Coronavirus ont frappé le monde en 1957 et en 1969.

               En 1957, le monde connaît une pandémie nommée « grippe asiatique ». Mon père s’en souvient encore car toute sa famille (père, mère, 5 enfants) va alors rester couchée presque sans possibilité de se lever pendant plus de 15 jours. Cette « grippe asiatique » fera 100 000 morts rien qu’en France et plus de 2 millions de morts dans le monde.

En 1969, à nouveau venue d’Asie, la « grippe de Hong Kong » frappe le monde. Elle va faire 31 000 morts en France et 1 million de morts dans le monde. J’ai retrouvé un article du Journal Libération qui comparaît en 2005 le traitement de la canicule de 2003 avec celui de la « grippe de Hong Kong ».

 

Voici ce que l’extrait de cet article disait de la situation en 1969 :

« On n'avait pas le temps de sortir les morts. On les entassait dans une salle au fond du service de réanimation. Et on les évacuait quand on pouvait, dans la journée, le soir.» Aujourd'hui chef du service d'infectiologie du centre hospitalo-universitaire de Nice, le professeur Dellamonica a gardé des images fulgurantes de cette grippe dite «de Hongkong» qui a balayé la France au tournant de l'hiver 1969-1970. Âgé alors d'une vingtaine d'années, il travaillait comme externe dans le service de réanimation du professeur Jean Motin, à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon. «Les gens arrivaient en brancard, dans un état catastrophique. Ils mouraient d'hémorragie pulmonaire, les lèvres cyanosées, tout gris. Il y en avait de tous les âges, 20, 30, 40 ans et plus. Ça a duré dix à quinze jours, et puis ça s'est calmé. Et étrangement, on a oublié.» - Fin de l’extrait-

Ce n’était pas au Douzième Siècle, c’était il y a 50 ans ! Étrangement on a oublié.

 

Encore plus étrange furent les traitements politiques et médiatiques qui en furent faits. Alors que l’hôpital fait face à une crise sanitaire majeure : afflux brutal de malades, impossibilité de les soigner, mortalité par dizaine de milliers, nul ou presque n’en parle. La presse parle à l’époque de la mission Apollo sur la Lune, de la guerre du Vietnam, des suites de mai 1968... mais pas ou peu des dizaines de milliers de personnes qui meurent dans des hôpitaux surchargés. Pire, le monde continue de tourner, presque comme si de rien n’était.

 

Alors que nous enseigne l’Histoire ?

          D’abord et c’est une bonne nouvelle, que nos sociétés en ont « connu d’autres » et qu’elles se remettent de ces épidémies. Malgré la mortalité de masse provoquée par elles, nous n’allons pas tous mourir et la vie gardera le dessus.

 

           Ensuite, qu’en 50 ans, les progrès techniques ont profondément modifié notre société. En 1969 encore la mort de millions d’individus semblait une fatalité alors qu’aujourd’hui elle nous paraît juste inacceptable. Nous attendons de la science qu’elle puisse nous protéger de toutes ces maladies, les vaincre voire peut être un jour vaincre la mort elle-même. Je parle bien sûr pour nos sociétés occidentales car 100 000 morts nous paraissent un choc majeur et inacceptable en Europe ou en Amérique du Nord alors que personne ou presque ne semble hélas s’offusquer que le Palu puisse tuer chaque année un demi million de personnes en Afrique...

 

           L’Histoire nous enseigne encore que nos exigences vis à vis de l’Etat ont beaucoup changé. Nous sommes désormais, et c’est le prix de l’Etat providence, dans une société qui « attend tout de l’Etat ». En 1969 personne n’attendait de Pompidou qu’il arrête la « grippe de Hong Kong » ou encore organise le confinement de la population pour sauver des vies. Aujourd’hui le moindre accident est nécessairement de la responsabilité d’une autorité publique et si l’on n’arrive pas à un résultat immédiat et satisfaisant, c’est forcément que les élites ont failli. Que l’on soit bien clair, je ne cherche à excuser personne et il est vrai que le niveau des impôts n’est pas le même qu’en 1969 donc le niveau d’exigence peut légitimement être plus élevé. Je pose juste des constats.

 

           Enfin, l’Histoire nous enseigne que la sphère médiatique a beaucoup changé et influence terriblement le traitement des événements. En 1969 les médias étaient encore pour beaucoup sous le contrôle de l’Etat. Comme on ne pouvait pas arrêter la maladie on n’en parlait quasiment pas. Et la vie continuait tant bien que mal. A l’ère des chaînes d’info continue et des médias sociaux on ne parle plus que de la maladie, du traitement sanitaire, politique, économique. Tout devient très vite sujet à polémique et à scandale. Pire, on a l’impression que notre vision du monde se limite désormais à ce qui défile sur nos écrans. Et comme il n’y a plus que la maladie sur nos écrans on oublierait presque que la vie continue avec ce qu’elle a de plus merveilleux (l’amour par exemple, mais aussi la création, l’innovation...) mais aussi de pire (la haine, la violence, la criminalité, la bêtise...). Bref la saturation de l’info autour de la maladie fait qu’on a l’impression que le monde s’arrête et comme la conscience crée en partie la réalité, il semble vraiment s’arrêter.

 

        Alors vous me direz « autres temps, autres traitements de la maladie et des événements ». Oui, vous avez raison et quelque part heureusement.Ces enseignements de l’Histoire ne nous obligent pas à traiter les choses comme dans le passé. Bien au contraire.

Mais ces voix venues du passé nous disent néanmoins :

 

 

 

- que les épidémies ont toujours existé et existeront probablement toujours car elles ne sont pas issues de complots de savants fous manipulés par des militaires dans des labos secrets, mais simplement des virus qui font partie de la Nature, au même titre que nous.

 

- que l’on pourra déployer toute la science et posséder les meilleurs Gouvernements du Monde, il y aura toujours un événement naturel que nul n’avait prévu et que l’on ne pourra pas totalement éviter.

 

- qu’il faut toujours garder l’esprit positif car l’Humanité s’est toujours relevé de ces épidémies. La France s’en relèvera aussi et cela d’autant plus vite que nous saurons faire preuve de résilience et de fraternité dans l’épreuve.

 

               Essayons donc de ne pas perdre nos nerfs et notre moral rivés sur le compteur des morts qui monopolise nos écrans, restons unis plutôt qu’à accuser déjà les uns et les autres, concentrons nous sur les vies que l’on peut sauver chacun dans son rôle et à sa place, continuons de vivre, d’aimer, d’inventer car ni le monde ni la vie ne se sont arrêtés et profitons peut être, pour ceux qui en ont, d’utiliser le temps pour imaginer le monde meilleur dans lequel nous voudrions vivre à la sortie de cette crise.

 

Regarder le passé, c’est parfois prendre le recul nécessaire qui permet de mieux construire l’avenir.

Courage et espoir ! Prenez soin de vous …..

 

O.BECHT

COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020

 

 

Reçu : Revue en ligne Terrestres : Réactiver le sens commun de Isabelle Stengers.

 

Son Livre

Opposer les scientifiques à un " public prêt à croire n'importe quoi " – et qu'il faut maintenir à distance – est un désastre politique. " Ceux qui savent " deviennent les bergers d'un troupeau tenu pour foncièrement irrationnel. Aujourd'hui, une partie du troupeau semble avoir bel et bien perdu le sens commun, mais n'est-ce pas parce qu'il a été humilié, poussé à faire cause commune avec ce qui affole leurs bergers ? Quant aux autres, indociles et rebelles, qui s'activent à faire germer d'autres mondes possibles, ils sont traités en ennemis.
Si la science est une " aventure " – selon la formule du philosophe Whitehead –, ce désastre est aussi scientifique car les scientifiques ont besoin d'un milieu qui rumine (" oui... mais quand même ") ou résiste et objecte. Quand le sens commun devient l'ennemi, c'est le monde qui s'appauvrit, c'est l'imagination qui disparaît. Là pourrait être le rôle de la philosophie : souder le sens commun à l'imagination, le réactiver, civiliser une science qui confond ses réussites avec l'accomplissement du destin humain.
Depuis Whitehead le monde a changé, la débâcle a succédé au déclin qui, selon lui, caractérisait " notre " civilisation. Il faut apprendre à vivre sans la sécurité de nos démonstrations, consentir à un monde devenu problématique, où aucune autorité n'a le pouvoir d'arbitrer, mais où il s'agit d'apprendre à faire sens en commun.

 


 

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Il y a 5 jours - Réactiver le sens commun - Entretien avec Isabelle Stengers.

COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020
André Comte Sponville

André Comte Sponville

Article relevé par un lecteur du Finis Terrae
COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020
COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020

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Publié le par jean françois
Voltaire Philosophe, écrivain

Voltaire Philosophe, écrivain

 

Le philosophe Jean-Marie Arouet, dit Voltaire est une figure emblématique des Lumières, pas étonnant que chacun cherche dans ses écrits des références à ses pensées, pour valoriser les siennes. Les francs-maçons s’enorgueillissent de le compter parmi les leurs. S’il ne fait aucun doute qu’il fût initié par la célèbre Loge Parisienne Les neuf Sœurs, mais seulement deux mois avant sa mort. Sa vie fût-elle un parangon de vertus, l’on est en droit d’en douter. Sa langue acerbe, ses répliques faciles ont fait sa notoriété. Tout homme a sa partie d’ombre, Voltaire aussi. L’on a retenu de lui plus de lumière que d’ombre et pour ma part je pense que c’est bien ainsi, il faut des phares pour se diriger dans l’obscurité, peu importe qu’il soient grands ou le marin les aiment tous, ils sont ses repaires quand la tempête gronde.

 

Vous trouverez dans l’excellente Anthologie Maçonnique de Raphaël Aurillac et la Loge Kleiô éditée cher Dervy. Le portrait de cet homme qui marqua les Lumières en particulier son Traité sur la Tolérance. Mais aussi ce que dit de lui Condorcet.

 

Je vous rapporte de lui ses citations reprises dans cette Anthologie Maçonnique, elles sont restées mémorables :

 

« L’univers m’embrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait point d’horloger. »

 

« Nos prêtres ne sont pas ce qu’un vain peuple en pense. Notre crédulité fait toute leur science. »

 

Ces deux citations mises côte à côte démontre bien que Voltaire croyait à une forme de transcendance, mais était aussi un fervent anti clérical.

 

« Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. »

 

Il apparaît là, comme un défenseur de l’abolition de la peine de mort.

 

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

 

Il n’est pas certain qu’il fût l’auteur de cette dernière citation, s’est pourtant celle qui traversera mieux l’histoire, elle fût remise en exergue lors de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo.

 

Je vous propose maintenant la lecture d’un excellent travail réalisé dans la Loge Kleiô sur Voltaire.

Bonne lecture.

 

Jean-François Guerry.

VOLTAIRE EN QUESTION ?
VOLTAIRE EST-IL LE FRANC-MAÇON QUE L'ON PRÉTEND ?
VOLTAIRE EN QUESTION ?

VOLTAIRE ETAIT-IL LE FRANC MACON GENIAL QUE L’ON PRETEND ?

 

L’APPORT DES LUMIERES

 

 Au terme de ce XVIIIe siècle, alors que va éclater la Révolution, les philosophes des Lumières ont provoqué un formidablement ébranlement des certitudes anciennes qui régissaient le vieux monde. Je retiendrai les idées les plus fortes qui ont fait rupture avec l’Ancien régime. Et qui gardent, trois siècles plus tard, toute leur pertinence.

 

1ère idée : le libre esprit critique

 C’est la raison sur la superstition, sur les vérités révélées, sur les dogmes. La raison et son corollaire, l’esprit critique, bien plus même, l’exigence critique à l’égard des traditions, des pouvoirs, des idéologies qu’ils inspirent et de ceux qui les servent.

 

 2e idée : le volontarisme

 « Un autre monde est possible », ce slogan d’aujourd’hui des adversaires de la mondialisation néo-libérale, lancé par Le Monde diplomatique, s’inscrit dans le droit fil de la pensée des Lumières.

 « Le présent est affreux s’il n’est point d’avenir, un jour tout sera bien voilà notre espérance ; tout est bien aujourd’hui voilà l’illusion. » » écrit Voltaire.

 

 3e idée : la liberté

Liberté de pensée, mais aussi liberté individuelle.

S’affranchir

Désapprendre l’acquiescement, la soumission, l’obéissance passive.

Ni esclave, ni serf, ni serviteur, mais citoyen.

Terminée, la servitude volontaire. Pleinement citoyen. Libre.

 

Diderot écrit : « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. »

Dans son Discours sur l’inégalité, Rousseau démontre que la liberté politique est la base de toutes les autres libertés.

 Vivre libre ou mourir, va proclamer la Convention nationale !

 4e idée : l’égalité

Rousseau est, par excellence, l’auteur qui, avec constance, a revendiqué l’égalité politique. Avec lui, l’idée d’égalité politique, sociale et économique s’affirme comme jamais jusqu’alors dans l’histoire de l’humanité.

 

 Mais il n’est pas le seul, la révolution des Lumières, c’est le refus des privilèges.

« N’avoir que ses égaux pour maîtres » avait affirmé Montesquieu.

 

« Les hommes naissent égaux en droits » proclame la Déclaration de 1789.

 

Tout être humain est pourvu de la même dignité, quels que soient sa couleur, sa croyance, son sexe, sa langue, son degré d’éducation, son niveau social.

 

On retiendra surtout Condorcet qui publie en 1790 « Sur l’admission des femmes au droit de cité, » un véritable plaidoyer pour l’égalité.

 

 5e idée : la tolérance

 « Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères !»  s’exclame Voltaire

 

 6e idée : la démocratie

 En se libérant, par l’instruction, du pouvoir religieux, en rejetant les superstitions, les dogmatismes et les intégrismes, en privilégiant la raison critique, les hommes se dotent de la capacité d’agir sur le cours des choses en vue du bonheur de tous.

 

Il faut donc que s’organise la délibération de tous et la décision par tous. Un principe fondamental est énoncé : la souveraineté populaire.

Tous les pouvoirs émanent non plus du roi, ni de dieu, mais du peuple.

 

 « L’Esprit des Lois » de Montesquieu, le « Discours sur les origines de l’inégalité » et « Le Contrat social » de Rousseau, sont des ouvrages essentiels qui vont nourrir la réflexion et les propositions de Condorcet lorsqu’il présente son projet de Constitution.

Plus proche de Rousseau que de Montesquieu, Condorcet ne veut pas seulement la séparation des pouvoirs sur laquelle tous les trois sont d’accord, mais leur limitation autant que possible.

 

 7e idée : l’universalité humaine

 La révolution des Lumières, c’est l’affirmation de la commune condition humaine.

 « Comme la vérité, la raison, la justice, les droits de l’homme, l’intérêt de la propriété, de la liberté, de la santé sont les mêmes partout » souligne Condorcet

 « Quand il est question de raisonner sur la nature humaine, le vrai philosophe n’est ni Indien, ni Tartare, ni de Genève, ni de Paris, mais il est homme », constate Rousseau

 « Je suis nécessairement homme et je ne suis Français que par hasard » insiste Montesquieu.

 

VOLTAIRE

 

"Mais qu'est-ce donc que Voltaire ?  Voltaire, disons-le avec joie et tristesse, c'est l'esprit français". 

Victor Hugo

 

Il est commun de considérer que l'antisémitisme moderne prend sa source dans le christianisme.

Les chrétiens accusent le peuple juif d'être responsable de la mort de Jésus-Christ. Cet antisémitisme trouve évidemment sa limite en lui-même.

Le christianisme est issu du judaïsme, et l'antisémitisme chrétien ne peut donc être absolu. Sinon il se retournerait contre lui-même.

 

A propos de la Shoah, Léon Poliakoff a pointé l'origine de l'antisémitisme nazi dans la philosophie des Lumières.

 

Le racisme des Lumières

Le texte le plus éclairant à ce sujet est l'Essai sur les Mœurs et l'esprit des Nations, de Voltaire (1756). Par rapport au Traité sur la Tolérance qui est un texte très court, cet ouvrage est monumental. Il occupe des centaines de pages, ce qui révèle son importance dans la pensée, dans l'œuvre et dans les préoccupations du philosophe.

La thèse centrale de Voltaire est la perversité de la religion chrétienne à travers l'histoire, et plus particulièrement du catholicisme. Cette thèse passe par plusieurs démonstrations, mais en particulier les deux suivantes :

- L'enseignement chrétien est fondé sur des erreurs.

Ainsi, l'idée que tous les hommes sont issus d'un même père et d'une même mère, Adam et Eve, est fausse.

Les races humaines n'ont rien à voir entre elles. Elles ont des origines différentes.


- La religion chrétienne est mauvaise dès le départ.

En effet, elle prolonge la religion juive, qui est celle d'une nation odieuse et ennemie du genre humain. La religion chrétienne a hérité des tares du judaïsme.


 

L'adhésion au christianisme fixait les limites de l'antisémitisme, et la théorie de l'ancêtre commun fixait les limites du racisme. Voltaire brise les limites, et donne à la xénophobie une puissance nouvelle, se revendiquant de la Raison. 

 

        Les quelques citations ci-dessous donnent une idée de la violence et de la conviction du propos. Des considérations du même calibre émaillent l'ouvrage par centaines.

 

 

A propos des races humaines

 

"Des différentes races d'hommes, ce qui est plus intéressant pour nous, c'est la différence sensible des espèces d'hommes qui peuplent les quatre parties connues de notre monde.

Il n'est permis qu'à un aveugle de douter que les blancs, les nègres, les Albinos, les Hottentots, les Lappons, les Chinois, les Américains soient des races entièrement différentes.

Il n'y a point de voyageur instruit qui, en passant par Leyde, n'ait vu une partie du reticulum mucosum d'un Nègre disséqué par le célèbre Ruysch.

Tout le reste de cette membrane fut transporté par Pierre-le-Grand dans le cabinet des raretés, à Petersbourg. Cette membrane est noire, et c'est elle qui communique aux Nègres cette noirceur inhérente qu'ils ne perdent que dans les maladies qui peuvent déchirer ce tissu, et permettre à la graisse, échappée de ses cellules, de faire des tâches blanches sous la peau.

Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence à leur climat, c'est que des nègres et des négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une race bâtarde d'un noir et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une noire.

Les Albinos sont, à la vérité, une nation très petite et très rare ; ils habitent au milieu de l'Afrique : leur faiblesse ne leur permet guère de s'écarter des cavernes où ils demeurent ;

 

Cependant les Nègres en attrapent quelquefois, et nous les achetons d'eux par curiosité. Prétendre que ce sont des Nègres nains, dont une espèce de lèpre a blanchi la peau, c'est comme si l'on disait que les noirs eux-mêmes sont des blancs que la lèpre a noircis. Un Albinos ne ressemble pas plus à un Nègre de Guinée qu'à un Anglais ou à un Espagnol. Leur blancheur n'est pas la nôtre : rien d'incarnat, nul mélange de blanc et de brun ; c'est une couleur de linge ou plutôt de cire blanchie ; leurs cheveux, leurs sourcils, sont de la plus belle et de la plus douce soie ; leurs yeux ne ressemblent en rien à ceux des autres hommes, mais ils approchent beaucoup des yeux de perdrix. Ils ressemblent aux Lappons par la taille, à aucune nation par la tête, puisqu'ils ont une autre chevelure, d'autres yeux, d'autres oreilles; et ils n'ont d'homme que la stature du corps, avec la faculté de la parole et de la pensée dans un degré très éloigné du nôtre. Tels sont ceux que j'ai vus et examinés. " 

                                                                                                            (Tome 1, pages 6 à 8)

"Les Samoïèdes, les Lappons, les habitants du nord de la Sibérie, ceux du Kamshatka, sont encore moins avancés que les peuples de l'Amérique. La plupart des Nègres, tous les Cafres, sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps." 

                                                                                                                 (Tome 1, page 11)

"La même providence qui a produit l'éléphant, le rhinocéros et les Nègres, a fait naître dans un autre monde des orignaux, des condors, des animaux a qui on a cru longtemps le nombril sur le dos, et des hommes d'un caractère qui n'est pas le notre." 

                                                                                                        (Tome 1, page 38)
" Les blancs et les nègres, et les rouges, et les Lappons, et les Samoïèdes, et les Albinos, ne viennent certainement pas du même sol. La différence entre toutes ces espèces est aussi marquée qu'entre un lévrier et un barbet."

                                                                                                              (Tome2, page 49)

 


A propos des Juifs :

 

Le Dictionnaire philosophique (1769)

L'obsession antisémite de Voltaire ne s'endort jamais. 


Dans son Dictionnaire philosophique, il revient régulièrement sur la question des Juifs, même quand il n'existe aucun lien avec la philosophie ou avec le titre de l'article.

 

Article "Abraham" :
"Il est évident que tous les royaumes de l’Asie étaient très florissants avant que la horde vagabonde des Arabes appelés Juifs possédât un petit coin de terre en propre, avant qu’elle eût une ville, des lois et une religion fixe. Lors donc qu’on voit un rite, une ancienne opinion établie en Égypte ou en Asie, et chez les Juifs, il est bien naturel de penser que le petit peuple nouveau, ignorant, grossier, toujours privé des arts, a copié, comme il a pu, la nation antique, florissante et industrieuse."

Article "Anthropophage" :
"Pourquoi les Juifs n’auraient-ils pas été anthropophages ? C’eût été la seule chose qui eût manqué au peuple de Dieu pour être le plus abominable peuple de la terre."

Article «Juifs» :
"Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler."

Article «Job» :
"Leur profession fut le brigandage et le courtage ; ils ne furent écrivains que par hasard."

Article «Tolérance» :
"Le peuple juif était, je l’avoue, un peuple bien barbare. Il égorgeait sans pitié tous les habitants d’un malheureux petit pays sur lequel il n’avait pas plus de droit qu’il n’en a sur Paris et sur Londres."

 

"Si nous lisions l'histoire des Juifs écrite par un auteur d'une autre nation, nous aurions peine à croire qu'il y ait eu en effet un peuple fugitif d'Egypte qui soit venu par ordre exprès de Dieu immoler sept ou huit petites nations qu'il ne connaissait pas ; égorger sans miséricorde les femmes, les vieillards et les enfants à la mamelle, et ne réserver que les petites filles ; que ce peuple saint ait été puni de son Dieu quand il avait été assez criminel pour épargner un seul homme dévoué à l'anathème. Nous ne croirions pas qu'un peuple si abominable (les Juifs) eut pu exister sur la terre. Mais comme cette nation elle-même nous rapporte tous ses faits dans ses livres saints, il faut la croire."

 (Tome 1, page 158-159)

"Toujours superstitieuse, toujours avide du bien d'autrui, toujours barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prospérité, voilà ce que furent les Juifs aux yeux des Grecs et des Romains qui purent lire leurs livres."

                                                                                                                  (Tome 1, page 186)

          "Si Dieu avait exaucé toutes les prières de son peuple, il ne serait restés que des Juifs sur la terre ; car ils détestaient toutes les nations, ils en étaient détestés ; et, en demandant sans cesse que Dieu exterminât tous ceux qu'ils haïssaient, ils semblaient demander la ruine de la terre entière."

                                                                                                                 (Tome 1, page 197)

" N'est-il pas clair (humainement parlant, en ne considérant que les causes secondes) que si les Juifs, qui espéraient la conquête du monde, ont été presque toujours asservis, ce fut leur faute ? Et si les Romains dominèrent, ne le méritèrent-ils pas par leur courage et par leur prudence ? Je demande très humblement pardon aux Romains de les comparer un moment avec les Juifs."

                                                                                                                  (Tome 1, page 226)

"Si ces Ismaélites [les Arabes] ressemblaient aux Juifs par l'enthousiasme et la soif du pillage, ils étaient prodigieusement supérieurs par le courage, par la grandeur d'âme, par la magnanimité : leur histoire, ou vraie ou fabuleuse, avant Mahomet, est remplie d'exemples d'amitié, tels que la Grèce en inventa dans les fables de Pilade et d'Oreste, de Thésée et de Pirithous. L'histoire des Barmécides n'est qu'une suite de générosités inouïes qui élèvent l'âme. Ces traits caractérisent une nation. 

          On ne voit au contraire, dans toutes les annales du peuple hébreu, aucune action généreuse. Ils ne connaissent ni l'hospitalité, ni la libéralité, ni la clémence. Leur souverain bonheur est d'exercer l'usure avec les étrangers ; et cet esprit d'usure, principe de toute lâcheté, est tellement enracinée dans leurs coeurs, que c'est l'objet continuel des figures qu'ils emploient dans l'espèce d'éloquence qui leur est propre. Leur gloire est de mettre à feu et à sang les petits villages dont ils peuvent s'emparer. Ils égorgent les vieillards et les enfants ; ils ne réservent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs maîtres quand ils sont esclaves ;ils ne savent jamais pardonner quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionné dans aucun temps, chez cette nation atroce."

                                                                                                                (Tome 2, page 83)

 

" Lorsque, vers la fin du quinzième siècle, on voulut rechercher la source de la misère espagnole, on trouva que les Juifs avaient attiré à eux tout l'argent du pays par le commerce et par l'usure. On comptait en Espagne plus de cent cinquante mille hommes de cette nation étrangère si odieuse et si nécessaire. (...)          Les Juifs seuls sont en horreur à tous les peuples chez lesquels ils sont admis (...).           On feignait de s'alarmer que la vanité que tiraient les Juifs d'être établis sur les côtes méridionales de ce royaume long-temps avant les chrétiens : il est vrai qu'ils avaient passé en Andalousie de temps immémorial ; ils enveloppaient cette vérité de fables ridicules, telles qu'en a toujours débité ce peuple, chez qui les gens de bon sens ne s'appliquent qu'au négoce, et où le rabbinisme est abandonné à ceux qui ne peuvent mieux faire. Les rabbins espagnols avaient beaucoup écrit pour prouver qu'une colonie de Juifs avait fleuri sur les côtes du temps de Salomon, et que l'ancienne Bétique payait un tribut à ce troisième roi de Palestine ; il est très vraisemblable que les Phéniciens, en découvrant l'Andalousie, et en y fondant des colonies, y avaient établi des Juifs qui servirent de courtiers, comme ils en ont servi partout ; mais de tout temps les Juifs ont défiguré la vérité par des fables absurdes. Ils mirent en œuvre de fausses médailles, de fausses inscriptions ; cette espèce de fourberie, jointe aux autres plus essentielles qu'on leur reprochait, ne contribua pas peu à leur disgrâce."

                                                                                                  (Tome 5, page 74-76)

 

 

 

" Ils ont même été sur le point d'obtenir le droit de bourgeoisie en Angleterre vers l'an 1750 et l'acte du parlement allait déjà passer en leur faveur. Mais enfin le cri de la nation, et l'excès du ridicule jeté sur cette entreprise la fit échouer. Il courut cent pasquinades représentant mylord Aaron et mylord Judas séants dans la chambre des pairs. On rit, et les Juifs se contentèrent d'être riches et libres ; (...)
          Vous êtes frappés de cette haine et de ce mépris que toutes les nations ont toujours eus pour les Juifs. C'est la suite inévitable de leur législation : Il fallait, ou qu'ils subjugassent tout, ou qu'ils fussent écrasés. Il leur fut ordonné d'avoir les nations en horreur, et de se croire souillés s'ils avaient mangé dans un plat qui eût appartenu à un homme d'une autre loi. Ils appelaient les nations vingt à trente bourgades leurs voisines qu'ils voulaient exterminer, et ils crurent qu'il fallait n'avoir rien de commun avec elles. Quand leurs yeux furent un peu ouverts par d'autre nations victorieuses qui leur apprirent que le monde était plus grand qu'ils ne croyaient, ils se trouvèrent, par leur loi même, ennemis naturels de ces nations, et enfin du genre humain. Leur politique absurde subsista quand elle devait changer ; leur superstition augmenta avec leurs malheurs : leurs vainqueurs étaient incirconcis ; il ne parut pas plus permis à un Juif de manger dans un plat qui avait servi à un Romain que dans le plat d'un Amorrhéen ; ils gardèrent tous leurs usages, qui sont précisément le contraire des usages sociables. Ils furent donc avec raison traités comme une nation opposée en tout aux autres ; les servant par avarice, les détestant par fanatisme, se faisant de l'usure un devoir sacré. Et ce sont nos pères ! "

                                                                                                  (Tome5, page 82-83)

 

A propos des Tziganes :

          " Il y avait alors une petite nation, aussi vagabonde, aussi méprisée que les Juifs, et adonnée à une autre espèce de rapine ; c'était un ramas de gens inconnus, qu'on nommait Bohèmes en France, et ailleurs Egyptiens, Giptes ou Gipsis, ou Syriens (...). Cette race a commencé à disparaître de la face de la terre depuis que, dans nos derniers temps, les hommes ont été désinfatués des sortilèges, des talismans, des prédictions et des possessions."

                                                                                                    (Tome 5, page 83-84)

 

 

 

 


A propos de l'esclavage ; Voltaire homme d'affaires

nous sommes tous persuadés que Voltaire était antiesclavagiste.

 

Ce philosophe est un bel hypocrite : il a en effet spéculé en association avec les armateurs nantais, et avec la compagnie des Indes, dans les opérations de traite des esclaves (par exemple dans l'armement du bateau négrier Le Congo).

 

" Nous n'achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l'acheteur. 
Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir."

(tome 8, page 187)

Le racisme : un thème récurrent chez Voltaire

 

En 1734, vingt-deux ans avant l'Essai sur les mœurs, Voltaire publie le Traité de Métaphysique. La thèse de l'origine différente et de l'inégalité des races humaines est déjà présente, dans toute sa nudité et toute sa violence.
Descendu sur ce petit amas de boue, et n'ayant pas plus de notion de l'homme que l'homme n'en a des habitants de Mars ou de Jupiter, je débarque vers les côtes de l'Océan, dans le pays de la Cafrerie, et d'abord je me mets à chercher un homme. Je vois des singes, des éléphants, des nègres, qui semblent tous avoir quelque lueur d'une raison imparfaite. Les uns et les autres ont un langage que je n'entends point, et toutes leurs actions paraissent se rapporter également à une certaine fin. Si je jugeais des choses par le premier effet qu'elles font sur moi, j'aurais dû penchant à croire d'abord que de tous ces êtres c'est l'éléphant qui est l'animal raisonnable. Mais, pour ne rien décider trop légèrement, je prends des petits de ces différentes bêtes; j'examine un enfant nègre de six mois, un petit éléphant, un petit singe, un petit lion, un petit chien: je vois, à n'en pouvoir douter, que ces jeunes animaux ont incomparablement plus de force et d'adresse; qu'ils ont plus d'idées, plus de passions, plus de mémoire, que le petit nègre; qu'ils expriment bien plus sensiblement tous leurs désirs; mais, au bout de quelque temps, le petit nègre a tout autant d'idées qu'eux tous. Je m'aperçois même que ces animaux nègres ont entre eux un langage bien mieux articulé encore, et bien plus variable que celui des autres bêtes. J'ai eu le temps d'apprendre ce langage, et enfin, à force de considérer le petit degré de supériorité qu'ils ont à la longue sur les singes et sur les éléphants, j'ai hasardé de juger qu'en effet c'est là l'homme; et je me suis fait à moi-même cette définition:  

           L'homme est un animal noir qui a de la laine sur la tête, marchant sur deux pattes, presque aussi adroit qu'un singe, moins fort que les autres animaux de sa taille, ayant un peu plus d'idées qu'eux, et plus de facilité pour les exprimer; sujet d'ailleurs à toutes les mêmes nécessités; naissant, vivant, et mourant tout comme eux.

            Après avoir passé quelque temps parmi cette espèce, je passe dans les régions maritimes des Indes orientales. Je suis surpris de ce que je vois: les éléphants, les lions, les singes, les perroquets, n'y sont pas tout à fait les mêmes que dans la Cafrerie, mais l'homme y paraît absolument différent; ils sont d'un beau jaune, n'ont point de laine; leur tête est couverte de grands crins noirs. Ils paraissent avoir sur toutes les choses des idées contraires à celles des nègres. Je suis donc forcé de changer ma définition et de ranger la nature humaine sous deux espèces la jaune avec des crins, et la noire avec de la laine.  

          Mais à Batavia, Goa, et Surate, qui sont les rendez-vous de toutes les nations, je vois un grande multitude d'Européens, qui sont blancs et qui n'ont ni crins ni laine, mais des cheveux blonds fort déliés avec de la barbe au menton., On m'y montre aussi beaucoup d'Américains qui n'ont point de barbe: voilà ma définition et mes espèces d'hommes bien augmentées.  

             Je rencontre à Goa une espèce encore plus singulière que toutes celles-ci: c'est un homme vêtu d'une longue soutane noire, et qui se dit fait pour instruire les autres. Tous ces différents hommes, me dit-il, que vous voyez sont tous nés d'un même père; et de là il me conte une longue histoire. Mais ce que me dit cet animal me paraît fort suspect. Je m'informe si un nègre et une négresse, à la laine noire et au nez épaté, font quelquefois des enfants blancs, portant cheveux blonds, et ayant un nez aquilin et des yeux bleus; si des nations sans barbe sont sorties des peuples barbus, et si les blancs et les blanches n'ont jamais produit des peuples jaunes. On me répond que non; que les nègres transplantés, par exemple en Allemagne, ne font que des nègres, à moins que les Allemands ne se chargent de changer l'espèce, et ainsi du reste. On m'ajoute que jamais homme un peu instruit n'a avancé que les espèces non mélangées dégénérassent, et qu'il n'y a guère que l'abbé Dubos qui ait dit cette sottise dans un livre intitulé Réflexions sur la peinture et sur la poésie, etc.

           Il me semble alors que je suis assez bien fondé à croire qu'il en est des hommes comme des arbres; que les poiriers, les sapins, les chênes et les abricotiers, ne viennent point d'un même arbre, et que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crins, et les hommes sans barbe, ne viennent pas du même homme.(...)


           Je me suppose donc arrivé en Afrique, et entouré de nègres, de Hottentots, et d'autres animaux. Je remarque d'abord que les organes de la vie sont les mêmes chez eux tous; les opérations de leurs corps partent toutes des mêmes principes de vie; ils ont tous à mes yeux mêmes désirs, mêmes passions, mêmes besoins; ils les expriment tous, chacun dans leurs langues. La langue que j'entends la première est celle des animaux, cela ne peut être autrement; les sons par lesquels ils s'expriment ne semblent point arbitraires, ce sont des caractères vivants de leurs passions; ces signes portent l'empreinte de ce qu'ils expriment: le cri d'un chien qui demande à manger, joint à toutes ses attitudes, a une relation sensible à son objet; je le distingue incontinent des cris et des mouvements par lesquels il flatte un autre animal, de ceux avec lesquels il chasse, et de ceux par lesquels il se plaint; je discerne encore si sa plainte exprime l'anxiété de la solitude, ou la douleur d'une blessure, ou les impatiences de l'amour. Ainsi, avec un peu d'attention, j'entends le langage de tous les animaux ; ils n'ont aucun sentiment qu'ils n'expriment : peut-être n'en est-il pas de même de leurs idées ; mais comme il paraît que la nature ne leur a donné que peu d'idées, il me semble aussi qu'il était naturel qu'ils eussent un langage borné, proportionné à leurs perceptions. 

          Que rencontré-je de différent dans les animaux nègres? Que puis-je y voir, sinon quelques idées et quelques combinaisons de plus dans leur tête, exprimées par un langage différemment articulé? Plus j'examine tous ces êtres, plus je dois soupçonner que ce sont des espèces différentes d'un même genre. Cette admirable faculté de retenir des idées leur est commune à tous ; ils ont tous des songes et des images faibles, pendant le sommeil, des idées qu'ils ont reçues en veillant ; leur faculté sentante et pensante croît avec leurs organes, et s'affaiblit avec eux, périt avec eux. Que l'on verse le sang d'un singe et d'un nègre, il y aura bientôt dans l'un et dans l'autre un degré d'épuisement qui les mettra hors d'état de me reconnaître ; bientôt après leurs sens extérieurs n'agissent plus, et enfin ils meurent. (...)

         Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce. 

 

La fierté de Voltaire d'être devenu un vrai seigneur féodal

 

Voltaire, dans sa lettre à M. de Brenles du 27 décembre 1758, se vante de posséder un droit de haute justice. Ce droit permet au seigneur féodal de juger et prononcer toutes les peines sur son domaine, y compris la peine de mort. Le philosophe en parle à propos d'un certain Grasset, avec qui il devait être en conflit :
"Il ne me reste plus que de le prier à diner dans un de mes castels et de le faire pendre au fruit. J'ai heureusement haute justice chez moi, et si M. Grasset veut être pendu, il faut qu'il ait la bonté de faire chez moi un petit voyage."

Dans une lettre à Thibouville du 28 mai 1760, il revient sur son droit de haute justice, en particulier de mettre quiconque au pilori.
" On me reproche d'être comte de Ferney. Que ces Jean f... là viennent donc dans la terre de Ferney, je les mettrai au pilori. "

Dans sa lettre à d'Argental du 1er février 1764, Voltaire se vante d'avoir droit de mainmorte, coutume liée au servage et qui avait heureusement disparu un peu partout. La mainmorte fut officiellement abolie en 1790 par un décret de Louis XVI.

"Je remercie tendrement mes anges de toutes leurs bontés ; c'est à eux que je dois celles de M. le duc de Praslin, qui me conservera mes dîmes en dépit du concile de Latran... Figurez-vous quel plaisir ce sera pour un aveugle d'avoir entre les Alpes et le mont Jura une terre grande comme la main, ne payant

 

 

 

La face cachée de Voltaire

Apôtre de la tolérance, le prince des Lumières a aussi sa part d'ombre. Il se révèle misogyne, homophobe, antijuif, islamophobe. Quelle faute !

Par Roger-Pol Droit

Publié le 02/08/2012 à 00:00 | Le Point

 

 

 

Pour conclusion, et pour éclairer les lumières, je vous citerai Condorcet et Necker.

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