Quel est votre essentiel ?
Ne vous êtes vous jamais posé la question de ce qui était le plus important pour vous-même ? Qu'est-ce qui est réellement fondamental pour vous ?
Cette interrogation, bien que simple en apparence, nous entraîne dans un vertige de réflexions...
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Que serait une vie humaine si l'individu ne s'interrogeait pas sur l'existence, sur la vie, la mort, ou le bonheur ?
De plus en plus nombreux, certains tournent le dos à l'engouement du questionnement, à la joie de la recherche. Le plaisir de la maïeutique ne les intéresse gère. Rares sont ceux qui s'engagent sur ces chemins et qui prêtent une oreille attentive à l'autre qui propose des points de vue auxquels seul nous ne pouvons accéder.
Petit à petit, l'oisiveté et la futilité de la jouissance remplacent le désir de progrès pour soi et pour autrui. Nos contemporains recherchent la stabilité : que surtout "rien ne change", pour que le confort de leur représentation du monde devienne immuable...
Adieu sacrifice individuel consenti pour le bien commun, bienvenu au sacrifice du bien commun pour le bonheur individuel !
Contrairement à la Franc-maçonnerie qui propose l'évolution de l'humanité en commençant par celle de l'individu, la pensée contemporaine privilégie au contraire l'évolution de la société pour permettre l'évolution individuelle !
Qu'avons-nous abandonné ? Pourquoi le questionnement ne règne plus en maître ? Pourquoi l'espérance d'un changement, d'une évolution positive s'est-elle évaporée ?
Mais pour l'heure et pour le plaisir de notre questionnement, je vous invite à vous interroger sur ce qui constitue votre fondamental, votre trésor le plus intime.
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D’emblée, écartons les biens matériels et même les êtres qui nous sont chers. Non qu’ils soient secondaires, mais parce qu’avant de pouvoir les aimer, les protéger, ou même les percevoir, il nous faut une condition préalable : être en vie et conscient.
Ainsi pour certains notre plus grande richesse est d'être en vie et en bonne santé, pour d'autres c'est d'être conscients de nous-mêmes tout simplement. Pour beaucoup l'un ne va pas sans l’autre car pour être conscient il faudrait être en vie et inversement. Ces deux dimensions de vie et de conscience sont intimement liées, mais ne se confondent pas. En effet, être en vie ne garantit pas d’être conscient.
Lorsqu'on explore le concept de ce qu'est "être en vie", on découvre que certaines formes de vie ne semblent pas être conscientes d'elles-mêmes, elles ne font pas l'expérience suggestive du monde. Prenez un brin d'herbe, un papillon ou un poisson, sont-ils conscients d'eux-mêmes ? A priori non, même s'ils sont incontestablement vivants. D'ailleurs la perception de la conscience chez l'autre, notre alter-ego, est difficile, voire impossible, car comme pour l'animal qui pourrait être un automate vivant, tout semblable pourrait facilement se réduire à un automate humain tant il est compliqué d'expérimenter ou ressentir la conscience lorsqu'elle n'est pas la nôtre.
Cela pose une première distinction : la conscience n’est pas un simple produit de la vie : On peut vivre sans être conscient.
Mais peut-on pour autant être conscient sans être vivant ? Certains le croient. Ils parlent d’âmes, d’esprits, de conscience survivant à la mort bien que née de la vie. D’autres encore comparent la conscience à un réseau que capterait un être suffisamment complexe, à l’image d’un téléphone captant le Wi-fi, alors qu’une simple pile, bien que chargée, en serait incapable. Cette vision rend possible l'existence d'une conscience indépendante de la vie. La conscience pourrait-elle exister indépendamment de la vie biologique ? Cette hypothèse, bien qu’audacieuse, alimente une réflexion ancienne sur la nature de l’esprit.
On le perçoit la réflexion sur la consciente de soi est complexe et liée à ses croyances. Elle le devient encore plus lorsqu'on s'interroge sur l'introspection nécessaire à cette réflexion : comment un être conscient peut-il questionner sa propre conscience en mobilisant sa conscience... ? Ne devrait-il pas uniquement pouvoir questionner la conscience de ses semblables à qui il attribue une conscience ?
Regarder l'autre comme semblable à soi-même pourrait constituer la première étape avant de se questionner sur la nature de sa propre conscience ?
Tout ce que l'on peut déclarer à notre niveau c'est que prendre conscience d'être conscient à soi-même semble la plus grande des magies !
Il semble utile à ce stade de clarifier quelques termes dont les définitions semblent poreuses car comme pour l'amour ou la spiritualité chacun y va de sa définition de "être en vie" ou "être conscient".
Commençons par définir ce qu'est un être vivant ? Il s’agirait d’une entité autonome, organisée, capable de se reproduire et de puiser l’énergie dans son environnement pour entretenir son métabolisme.
Remarquons que cette définition exclut toute dépendance à une structure particulière comme l’ADN, bien qu’actuellement aucune autre forme de vie sans ADN n’ait été identifiée. Cette définition ne mentionne pas non plus la naissance ou la mort, pourtant omniprésentes dans notre conception du vivant.
Certaines espèces, telles les hydres, méduses, bactéries, semblent même défier la mort, qualifiées d'immortelles. Cela montre que la vie n’est pas nécessairement synonyme de mortalité, bien que l’évolution ait semble-t-il retenu l’obsolescence programmée comme un moteur puissant d’adaptation.
Concernant la conscience, elle est encore plus difficile à appréhender. On pourrait la définir comme la faculté de percevoir et de comprendre ses propres pensées, émotions et comportements. Une capacité de se savoir présent au monde. Or, cette perception est toujours partielle, biaisée et filtrée. En effet nous ne percevons du réel que quelques bribes au travers de la très incertaine représentation que nous nous en faisons. Ainsi même si la notion de conscience semble liée au monde physique, elle en est différenciée par nature !
La conscience semble donc être d’un autre ordre que le monde physique. Nos pensées, par exemple, ne possèdent ni forme ni masse, et pourtant elles agissent sur nous avec une force redoutable. De là, on pourrait concevoir que la conscience est distincte de nos pensées : elle les observe, les accueille et les interroge mais ne s’y réduit pas.
On confond souvent la conscience avec l’interaction que nous avons avec nos propres pensées. Le fameux " Cogito, ergo sum" de Descartes en est la parfaite illustration. Ne faudrait-il pas élargir ce concept culturel qui nous a certainement fait évoluer mais qui crée son propre carcan de pensée en limitant la nature même de la conscience ? En effet il semble restrictif de limiter la conscience à l'interaction qu'elle permet. Faire cette même réduction avec la vie reviendrait à réduire un être vivant à son interaction avec son environnement.
La conscience de soi ne se résumerait donc pas à "avoir conscience de ses pensées" ! Ceci est un épiphénomène, au demeurant non bijectif de la conscience.
Une autre clef de lecture est permis avec la notion de temps. La vie a besoin de temps : reproduction, croissance, adaptation. Elle suppose un devenir. La conscience, elle, semble suspendue au présent, indépendante du temps. Elle ne se développe ni dans le passé ni dans le futur, mais s’ancre dans l’instant. Elle paraît hors du temps et de l’espace, toujours là, immobile, stable, même quand tout change autour. Nous sommes conscients exclusivement au présent !
Peut-on être conscient de soi sans interaction avec l'extérieur à soi ?
Si on regarde l'analogie avec le corps, il semble admis que le corps existe indépendamment de l'extérieur... bien qu'il ait besoin d'interactions avec l'extérieur pour exister. Serait-ce la même chose pour la conscience de soi qui existerait par elle-même mais qui aurait besoin de l'interaction avec l'extérieur, pour exister ?
Pour le Franc-maçon cette notion de prise de conscience est fondamentale. Cela est illustré par la symbolique du miroir qu'il découvre très tôt dans sa progression. Non seulement le miroir renvoie l'image habituellement cachée à celui qui regarde mais surtout constitue une invitation à tourner son regard vers soi-même à la rencontre de sa propre conscience.
L'analogie entre conscience et vie ne s'arrête pas à l'interaction avec l'extérieur qu'elles engendrent. Il existe également une dimension évolutive qui permettrait de rapprocher la conscience de soi avec la spiritualité : la spiritualité serait à la conscience de soi ce que la
raison est à l'instinct de vie, son émanessence...
Dans la spiritualité la notion de temps intervient, devenant un axe fondamental de progression, à l'image de toute évolution qui implique un état qui se modifie dans le temps. Comment expliquer cela ?
Peut être que penser et avoir conscience de penser ne sont pas identiques, car dans le second cas la mise à distance de nos pensées permet la création d'un espace d'observation : de penseur nous devenons observateur ce qui nous place immédiatement dans l'action.
Rappelons-nous que le Franc-maçon est appelé à évoluer dans "le vaste domaine de la pensée et de l'action". Cette formulation éclaire le lien direct qui existe entre la pensée et l'action. Pourtant notre culture et notre conditionnement nous poussent à regarder la pensée, c'est à dire la prise de conscience de quelque chose, comme différenciée de l'action qu'elle appelle. Or, à y regarder de prêt, l'observation consciente d'une idée ou d'une chose est déjà une action en soi !
Pensées et actions ne sont pas divisées, malgré notre tentation de les séparer et de les regarder comme cause et conséquence. Nous sommes tellement conditionnés à penser que nous devons prendre conscience avant d'agir que nous engendrons cette dualité en nous.
Différencier conscience et action entraîne une posture d'attente vis à vis de nos pensées. Nous attendons que l'action se définissent avec l'aide de nos pensées. Pourtant l'action devrait se situer précisément dans l'observation de nos pensées, dans le choix de nos pensées, dans le regard que nous portons à nos pensées sur lesquelles nous souhaitons nous concentrer.
De ce point de vue l'origine de l'action devient la sélection de nos pensées et non une décision prise à la suite des pensées.
Maîtriser ses pensées revient à maîtriser ses actions...
Il est difficile d'être conscient sans action. Pour illustrer cela je vous propose de regarder une simple fleur. Quoi de plus simple.,, Et pourtant dans cette simple observation se cache une infinité d'interactions avec cette fleur.
Car nous y projetons tout notre savoir botanique, nos souvenirs de promenade ou de bouquets offerts, nos souvenirs de parfums, il se pourrait même qu'à la vue d'une fleur nous la comparions avec d'autres fleurs déjà vues, la classant soit parmi les plus belles, ou les plus colorées, etc... notre simple regard posé sur une fleur engendre de nombreuses réactions involontaires dans notre cerveau qui génère automatiquement nos pensées.
Ce constat peut se faire pour n'importe quelle observation ou prise de conscience, y compris sur nous-même. L'action qui va être engendrée de nos pensées automatiques ne peut qu'échapper à toute volonté !
On le constate conscience et action sont si intimement liées qu'on peut considérer la prise de conscience comme une action.
Peut-on réduire cette distance que nous engendrons malgré nous avec la chose observée pour véritablement concentrer nos pensées sur une chose sans la travestir de toutes nos pensées parasites ?
Lorsque l'on prend conscience de cette distance que nous créons involontairement on comprend que la difficulté est encore plus grande s'agissant de choses inconnues, et que nous n'avons jamais expérimentée.
C'est exactement le cas pour la spiritualité ou la métaphysique au sens le plus large. Mais même dans ces espaces qui nous sont peu communs, notre conscience fait appel à tous les artifices possibles pour nommer, classer, contrôler notre observation.
Pour être véritablement en conscience d'une chose, il nous faudrait vider notre cerveau de toutes nos expériences précédentes, de tous nos mécanismes de compréhension pour véritablement en faire l'expérience. Cela revient à créer un nouvel état de conscience en nous-même.
Ce qui est essentiel ne se trouve ni dans les objets que l’on possède, ni dans les idées que l’on défend, mais dans cette capacité rare à se savoir vivant et conscient. La vie est mouvement, la conscience est présence. Elles se croisent, se nourrissent, mais ne se confondent pas.
Notre plus grand défi n’est peut-être pas d’expliquer ce qu’est la vie ou la conscience, mais de les habiter pleinement. Être là, lucide, face à soi-même, sans fard, sans projection.
Être dans cet instant où rien n’est à saisir, sauf peut-être cette étrange lumière qui fait de nous des êtres pensants capables de s’observer penser.
C’est là, peut-être, que réside notre essentiel.
Philippe DUBACH
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