Cette étymologie n’est pas là pour faire joli, elle témoigne de l’esprit d’un temps, celui du début de la Renaissance, et l’initiatique pourra y puiser des éléments qui, si l’on se contentait de considérer la contemporanéité des évènements, pourrait nous faire passer à côté de certaines choses. D’ailleurs, ce sens premier d’information fut complété plus récemment (vers 1950), par emprunt de sens à l’anglaisinformation, décrivant l’information comme un système pouvant être transmis par un signal ou une combinaison de signaux (ce qu’on appela la théorie de l’information). Cette notion de signal est fondamentale dans le REAA, car sa subtile interférence avec le « bruit de fond » général du narratif de chaque degré permettra de générer, par touches, de multiples interactions permettant d’évoluer au sein de ce génial écosystème qu’est le REAA.
Concernant ces usages étymologiques, perçus par certains comme éculés ou surannés, il convient de tenir compte, d’une part, de l’ancienneté des textes fondateurs du REAA (3 siècles environ), mais aussi du fait que tout sens oublié ou écarté fut un temps prédominant : la franc-maçonnerie étant holistique, ces contenus mis au rancart par le langage vernaculaire, sélectif car évolutif, permettent de ne rien négliger du passé, et en même temps d’ouvrir le champ des possibles. Si l’anomalie est donc traquée par les 2 extrêmes du spectre moral, elle a aussi cette vertu de transmettre l’information qu’elle colporte de 2 façons bien différentes, selon cette fois la nature du milieu considéré : 1°) en milieu ouvert, comme dans la vie de tous les jours, elle véhicule son message sans que cela perturbe plus que cela l’orthodoxie, dans la mesure où la trame « profane » est par essence plastique, malléable, adaptable, habituée à ces ajouts qui font l’évolution.
Il pourra donc y avoir, en milieu ouvert, des effets d’adaptation, et cet afflux d’informations nouvelles pourra se disposer librement, sans contrainte de temps et d’espace, et sans nécessairement transformer le « scénario » originel. 2°) Dans un contexte normé, tel celui du REAA, la production d’idées est égale à la perception qui l’a générée, rien n’est laissé au hasard et rien ne se perd : les degrés maçonniques pourront alors se répartir en « degrés non anomalistiques » qui seront là pour prolonger, légitimer et expliciter le degré anomalistique. Les degrés restants se répartiront, eux, en « degrés porteurs d’anomalies », créateurs par essence d’éléments culturels nouveaux. Dans ce contexte dit « anomal », cette information naitra alors d’une démesure, d’une outrance, plus généralement d’un changement de paradigme qui sera le seul moyen d’ouvrir une brèche dans un narratif par essence très délimité. Tout le problème de la compréhension totale et entière de l’anomalie proviendra finalement de l’homme lui-même, qui a tendance à céder à la facilité normative, et qui est enclin par nature à assimiler la discordance de l’anomalie à quelque chose d’anormal, sans jamais prendre conscience qu’un décalage est avant tout non pas une disruption, mais une information. L’information générée par le non-systématique, l’irrégularité sera le seul moyen pour faire accéder l’homme à la connaissance de cette information, englué, et c’est normal, qu’il est dans une situation dont la routine et la banalité le servent.
Pour filer une métaphore, l’anomalie sera au narratif ce que sont les « trous » à ces cartes perforées qui génèrent la petite musique d’un orgue de barbarie. Cette énergie libérée ne sera pas neutre par essence, puisqu’elle s’échappera d’un contexte qui se voulait cohérent. Cette échappée constituera alors, au sens large, une information puisqu’elle naîtra d’une dissonance, d’une « différence de potentiel » dirait le physicien, entre la production d’une situation, et la façon dont on la perçoit. De plus, cette information sera forcément subreptice puisque l’observateur n’a pas la capacité à conscientiser longtemps les choses, la pensée abordant toujours furtivement un domaine afin d’en explorer un autre, concomitant.
En milieu fermé, comme dans toute légende mythique, comme dans tout narratif initiatique, comme dans tout rituel maçonnique, l’information anomalistique, contrainte dans son format particulier, ne pourra exister, agir et subsister que sous forme d’un réagencement intérieur, qui apportera une forme de nouveauté, selon ce principe fondamental défini dans un supposé ultime degré du REAA par le Poursuivant blanc : « Les matériaux dont vous avez besoin pour édifier, vous les trouverez dans les constructions anciennes. Il vous suffira de les disposer selon vos propres conceptions. Ne brisez rien. Déposez soigneusement ». À SUIVRE…
Thierry Didier.
ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)
POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :
COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM
INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD
WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM
DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM
ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.
FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.