Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Ne pas voir, mais regarder orienter sa trajectoire, sa vue, aller au-delà de la simple image transmise par l’œil, par l’organe, percer le mystère du tableau, déchirer la toile qui voile l’idée.
Maitriser ses sens, ne plus toucher, mais sentir, ressentir. Ne plus entendre, mais écouter, s’écouter dans la nuit du silence pour aller jusqu’à soi-même, pour sentir l’autre plus proche.
Entendre raison, mais bien plus encore imaginer au-delà, pour contempler le beau, le bien, le meilleur de l’autre, le meilleur de soi, pour les faire vivre.
Nos sens sollicités par la permanence de la vie, sont les leviers du meilleur et du pire de nous-mêmes.
Il plane comme un sentiment d’angoisse, puis le souffle, la parole, qui descend nous relie à l’universel, sans nous perdre, agrippé au rayon de lumière, à la main de son frère.
Trouver le sel, le sens, le goût de la vie, toucher du bout du doigt l’intouchable, l’incompréhensible.
Maîtriser la folie de la multiplicité comme l’hybris cette démesure des passions et de l’orgueil, ce monstre qui veille dans les ténèbres.
Conscient, humblement de notre force et de notre humanité, ne pas demander plus que sa part, que la juste mesure qui est déjà si belle.
Etre capable de passer du sensible à l’intelligible, en ouvrant son cœur.
JF.
Hérodote VII -10 L’historien s’est plu à décrire la croissance et le déclin des sociétés humaines, les bienfaits de la liberté et de l’égalité, les vertus de l’unité.
« Regarde les animaux qui sont d’une taille exceptionnelle : le ciel les foudroie, et ne les laisse pas jouir de leur supériorité ; mais les petits n’excitent point la jalousie ! Regarde les maisons les plus hautes, et les arbres aussi : sur eux descend la foudre, car le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure. »
S’enrichir des différences de l’autre, de son prochain, c’est d’abord le reconnaître pour pouvoir l’aimer, ne pas le juger sur ses différences, qui serions-nous d’ailleurs pour le juger. Les francs-maçons savent êtres tolérants, sans êtres faibles et laxistes.
Mais il n’est pas toujours évident de s’enrichir auprès des plus faibles d’entre nous, ceux qui n’ont pas été épargnés par la vie dans leur corps ou leur esprit. Le contact et l’aide des handicapés de la vie sont pourtant une source d’amour souvent ignorée, ils nous apportent des richesses que nous n’avons pas toujours.
Transformer son regard de pitié en regard d’amour, ne pas avoir peur de sourire et trouver de la joie ensemble.
Un homme Jean Vanier le fondateur de l’Arche a su dépasser les paroles du vivre ensemble pour les appliquer dans sa vie. Il a donné mais surtout il dit avoir reçu beaucoup : « Lorsqu’on s’autorise à rencontrer l’autre, on trouve des trésors. »
Le franc-maçon apprend dans sa loge, que la fraternité et la solidarité ne sont pas naturelles elles sont une exigence et un travail quotidien, aller à la rencontre de l’autre est un défi à la paresse de la normalité. Nous sommes tous des humains différents, il nous faut en douceur construire des ponts, lancer des cordes, tendre des mains.
Dans notre monde de communication rempli d’objets connectés, la vitesse nous envahi nous n’avons plus le temps d’écouter l’autre, nous nous laissons submerger par des tâches matérialistes, sans prendre souci de nous, des autres qui sont une part de nous même, on perd l’importance de la présence, d’être simplement là.
Chacun peut trouver la force d’être présent, disponible, avec sa référence propre que ce soit Bouddha, Jésus, Mahomet ou simplement ceux qui ce sont penchés, un jour vers les plus humbles, les plus faibles d’entre nous, Mandela, Luther King, mère Teresa, Jean Vanier, ces hommes, ces femmes, qui ont donnés leur vie pour les autres et ont reçus beaucoup d’amour de leur part, ils n’ont souvent pas grand chose d’autre à nous offrir, que des sourires des mains ouvertes, que cet indispensable et nécessaire amour, ils sont nos exemples humanité.
Je m’interroge pourquoi n’y a t’il pas un prix Nobel de l’amour ?
JF.
A LIRE : « UN CRI SE FAIT ENTENDRE » mon chemin vers la paix De Jean VANIER co-écrit avec François-Xavier MAIGRE. Editions Bayard.
2017- 200 Pages 14,90 €.
NOTE DE L'ÉDITEUR
Fondateur de la communauté de l'Arche, Jean Vanier est une des grandes figures spirituelles du XXe siècle. Ancien officier de marine, titulaire d'un doctorat en philosophie, il est bouleversé par la rencontre de personnes profondément handicapées, reléguées en marge de la vie sociale, et décide alors d'établir avec elles une communauté de vie. C'est l'intuition qu'une société ne peut être humaine que si elle donne leur place à toutes ses composantes, à commencer par les plus vulnérables. Jean Vanier manifeste une profonde sensibilité à tous ceux qui, pour une raison ou une autre, se sont sentis humiliés, rejetés (handicapés, mais aussi homosexuels). Le livre, rédigé en dialogue avec François-Xavier Maigre, retrace son itinéraire et fait réfléchir sur le fonctionnement de la société et de l'Église. On appréciera une petite apologie de la conscience, contre la menace constante du légalisme. C'est aussi l'occasion de réfléchir sur la tentation de voir dans la force, la compétence ou la performance autant de marqueurs de l'identité humaine
La "devinette" posée dans l'article du 27 mai a rencontré un grand succès auprès des lecteurs du blog... 63 réponses. Un record ! Toutes nos félicitations les plus fraternelles à nos FF:. Phiippe F., Régis S., Charles-Olivier T., Noël S., Jean-Michel L., Guéna (de Bretagne), et Bathsheba, qui ont parfaitement identifié l'auteur de la peinture présentée, appelée par certains l'Univers
Il ne s’agit ici de parler du voile comme l’expression visuelle d’un culte, et de sa déviance provocatrice qui en fait un instrument politique au regret de ses adeptes sincères.
Mais du Voile de Maya, terme qui nous vient du sanscrit, voile inspirateur des traditions de l’Inde.
Ce voile qui exprime symboliquement l’illusion des choses que nous percevons. Ce voile qui recouvre le monde et qui fait que l’on ne voit pas les choses elles-mêmes, mais leur représentations, transformant ainsi notre monde en un monde des apparences, un monde d’illusions, qui font pourtant marcher l’homme.
Les animaux ne réagissent à ces représentations que grâce à leurs sens, à leurs corps. L’homme lui élabore des représentations intellectuelles face à ces phénomènes, grâce à son langage, avec sa volonté il peut s’orienter donc vers le beau, vers l’art, vers le bien une forme de morale sociale et d’éthique universelle.
Le profane qui frappe à la porte du temple, frappe en même temps à la porte de son cœur, il postule à l’initiation, comme tout homme il vit dans le monde des apparences, l’initiation va le conduire à son soi véritable, cette découverte va donner du sens à sa vie et en être l’œuvre.
L’initiation maçonnique véritable école de l’éveil à l’être véritable, intérieur, caché derrière le voile, va chasser progressivement les apparences trompeuses, en levant doucement, lentement le voile, vers la lumière et la vérité.
Lentement car étant dans les ténèbres nous ne pourrions supporter brusquement la pleine lumière. Les secrets, les mystères ne sont recevables que pour ceux qui sont prêts à les accueillir, la grande lumière subite provoque un éblouissement et ses dérives, dont l’orgueil.
C’est par des allers et retours ténèbres, lumière, que nous pouvons degré après degré monter les marches de l’escalier tournant, franchir les portes, jusqu’à l’éternel Orient, où nous pourrons alors peut être supporter la grande lumière.
Le profane pénètre dans la caverne de Platon où brille une faible lueur, il ne voit que l’ombre de lui-même. Il ressortira de cette caverne les yeux bandés, passant par la porte basse, il voyagera jusqu’au nord, et demeurera sous la pâleur de la Lune en silence. Reprenant sa route en regardant l’étoile de sa quête, il ira ou l’astre Roi éclaire et réchauffe la terre, faisant vivre toutes choses au bord du fleuve sacré ou le vent résonne dans les nombreux épis de blé.
Ebloui, écrasé de ses certitudes, il tombera dans la nuit de l’ignorance, de l’égoïsme et du fanatisme, un voile noir recouvrira son corps.
Aider soutenu par ses frères il se redressera apparaîtra plus radieux que jamais, sept ans plus tard, il sera à nouveau dans la lumière.
Plus préoccupé de son moi, que son être intérieur, l’obstination de son ego lui voilera à nouveau partiellement les yeux. Derrière la balustrade qu’il ne peut franchir il aperçoit la grande lumière qui illumine le trône du temple.
C’est en faisant son devoir, en oeuvrant pour que la justice règne, grâce à sa ferme volonté. Qu’il pourra voir se déchirer par son sacrifice le voile sombre qui recouvre la terre, il partira alors seul sans entraves dans le monde vers l’autre, pour répandre la loi d’amour, ayant définitivement déchiré le voile des apparences et des illusions du monde physique, il peut apercevoir la transcendance qui fait vibrer son cœur.
Le tableau de loge maçonnique, fait penser au jardin sec Japonais le Karesansui, réduit dans ses dimensions physiques, grand par ses possibilités infinies de méditation. Le Karesansui est présent dans les monastères et les temples, il fait partie des arts traditionnels et spirituels du Bouddhisme et du Shintoïsme, ces jardins secs sont construits avec peu de moyen, ils entendent éliminer le superflu, pour se recentrer sur l’essence des choses, qui prennent ainsi une haute valeur symbolique, le sable, la pierre sous forme de graviers sont présents et prennent des formes évoquant les éléments du cosmos, on qualifie ces Karesansui de jardin ZEN
Le Karesansui refuse les différences entre le grand et le petit, il suggère une unité entre le bas et le haut. Comme les moines japonais ou les adeptes du Shintoïsme, le franc-maçon construit dans sa loge avant chaque tenue, son tableau de l’univers entier. Les pierres noires et blanches du pavé mosaïque recevront cette construction symbolique, les symboles posés, dessinés, élargissent son espace intérieur, le franc-maçon trouve sa place dans ce cosmos déployé sous ses yeux.
Le tableau de loge et le Karesansui sont deux exercices spirituels qui sacralisent l’espace du temple, l’attention particulière dont fait preuve le franc-maçon démiurge de cette construction est sa contribution pour faire régner l’ordre après le chaos.
La disposition des symboles est une gestuelle artistique réalisée dans un profond silence par l’expert qui dispose les différents symboles propices à la recherche spirituelle des participants, silencieux, mais actifs dans leur monde intérieur, dans ce moment de construction, ils se construisent eux-mêmes.
L’intensité de la contemplation monte peu à peu, jusqu’à la mise en place du delta lumineux qui rayonne sur les frères assemblés. Ils deviennent alors des « Samouraïs » spirituels, des chevaliers de l’esprit, l’impulsion profonde est donnée pour passer du monde profane au monde sacré, les travaux peuvent prendre force et vigueur. La construction du tableau de loge est une forme de cosmogonie. C’est un acte essentiel du rituel maçonnique, il doit être exécuté avec la rigueur de l’équerre pour faire monter le chant du monde spirituel dans les âmes des participants, au terme de cette réalisation après avoir reçu le souffle de l’esprit, celui-ci se répandra dans la loge, les travaux seront véritablement ouverts, comme les cœurs.
Le Karesansui et le tableau de loge sont des véritables épures réalisées sous nos yeux, c’est pourquoi il nous faut tourner nos regards vers le centre de la loge.
Il y a plusieurs méthodes pour réaliser le tracé, ont peut construire le tableau par une remontée de l’occident vers l’orient, de l’extérieur, vers l’intérieur, c’est une montée qui passe par les trois dimensions pour atteindre la quatrième. Ou encore par une descente de l’Orient vers l’Occident de la lumière vers les ténèbres, d’où elle rejaillira alors plus forte. Enfin du centre vers la périphérie, du point central du cercle qui part en expansion dans le monde.
Quand l’épure est parfaite, pléonasme ! Les âmes des participants flottent et contemplent, la tenue promet d’être riche et les ouvriers seront contents et satisfaits du travail effectué, ils auront reçus leur salaire.
JF.
Note : la lecture de la poésie japonaise, les Haïku est une voie spirituelle épurée, qui fait appel à la contemplation de la nature, pour retrouver dans la sérénité sa vraie nature, associée à la construction d’un jardin ZEN, d’un Karesansui elle peut réduire le chaos et remettre de l’ordre dans notre vie.
illustration Paul Trilloux
Où Vivre-Ensemble est un château. Un homme, à part fait chambre noire et fixe à la lueur des mots la sainte face de ses frères. - Poète, Ô chatelain de nos misères dis-nous de quels mots tu te chauffes! - J'approche de la flamme à petits mots, je sais. Je n'ai pas le secret d'en imposer au sang qui bat aux tempes de l'ennui négligemment. Mes vers charbonnent p
ALLER VERS L’UNIVERSEL ET S’EMERVEILLER, RIEN QUE CA, ET PEUT-ETRE SEULEMENT CELA ?
Trop fort ! Dis mon petit fils, en cette période orageuse, comme un éclair venu du ciel.
Comment sortir de son petit pied à terre, de son terre à terre, pour aborder les contrées célestes inconnues ? Comment sortir de cette matérialité quotidienne oppressante, de ce sentiment persistant d’incomplétude, de cet individualisme déifié, comment revenir aux béatitudes supposées de l’origine, faire le tour du cercle en permanence sans jamais s’approcher du centre, c’est tourner dans l’univers restreint de son égoïsme.
La franc-maçonnerie propose un long chemin initiatique, pour atteindre le centre se soi-même, son être intérieur, avec l’aide du Grand Architecte de l’Univers, principe créateur, ou supérieur. Elle propose ce voyage par l’exploration du centre de la terre, et l’élévation jusqu’à la voûte étoilée, elle met entre nos mains un billet permanent, un « passe » pour des voyages aller et retour sans fin, le long du fil à plomb, entre le terrestre et le céleste, entre l’individuel assumé et l’universel désiré.
Tenir une position intermédiaire, du milieu, avec des moments de béatitude contemplative de l’universel. Cette visée de l’éternel de l’homme, du franc-maçon ne peut que le grandir, il monte sur la pointe des pieds pour s’alléger de la matière. Il aspire au perfectionnement, il connaît l’exigence du chemin, les contours du sentier, les zones d’ombre et de lumière, qui lui impose en toute circonstances de faire son devoir, pour être en paix avec lui-même, avec sa conscience.
Tendre vers l’universel est un travail sur soi, quand ont connaît toutes les contingences extérieures, les pressions sociales, l’arbitraire, la raison du plus fort, le flot des passions.
Rien que ca, trop fort ! Même si la montagne nous semble trop haute, cela ne justifie en rien de renoncer à son ascension, entreprendre le chemin vers l’autre, sans espoir d’y parvenir définitivement d’aller jusqu’au bout, n’exclu pas l’espérance. Le temple a construire est immense, l’important est de se placer au pied du mur, à l’endroit où se trouvent les maçons, de tailler la première pierre, de la placer, puis de tailler la deuxième et avec la truelle, de mettre le ciment de la fraternité, pour poser la troisième pierre, se hisser sur la pointe des pieds pour sortir de son indifférence.
Ne pas voir que ses insuffisances, voir au-delà de sa matérialité corporelle, les infinies possibilités de sa spiritualité cachée qui ne demande qu’à s’éveiller, aller vers les régions de l’esprit, saisir le doigt du Grand Architecte, prendre la main tendue de son frère. Se déterminer a agir dans l’univers complet, à tout moment, en toute humilité conscient des limites inhérentes à son humanité, mais aussi persuadé que la loi d’amour nous transcende, pour accéder à l’universel, être un franc-maçon opératif, celui qui avec persévérance met sans cesse le ciment de l’amour fraternel entre les pierres vivantes.
JF.
Conseil d’écoute :
Conversation scientifique : l’Etre et le Néant sur France Culture Samedi 2 juin, avec Françoise D’ASTUR.
« Nous avons tendance a donner une existence à des choses qui n’ont pas d’existence séparer.(…) Nous sommes dans l’illusion. »
Réflexion qui pourrait être en rapport avec la physique quantique de Blaise Pascal.
« Le vide tient le milieu entre le néant et la matière. »
LIRE : FRANÇOISE D'ASTUR Description
Présentation éditeur : Ce qui a fait naître l’émerveillement des premiers penseurs grecs, c’est qu’il y a quelque chose plutôt que rien, et c’est là ce qui a donné le coup d’envoi à cette pensée de l’être qui s’est développée de Parménide à Aristote et qui constitue le fondement de la philosophie occidentale. On trouve cependant, déjà dans la pensée grecque, une dénégation de la possibilité d’un discours sur l’être, d’abord chez Gorgias, contemporain de Socrate, puis chez le fondateur de l’école sceptique, Pyrrhon. Et à l’époque même où Parménide écrivait son poème, une pensée de la vacuité et du néant commençait à se développer en Orient dans le cadre du bouddhisme, laquelle met profondément en question la notion même d’ontologie. Or c’est précisément cette pensée du rien qui resurgit en Occident à la fin de l’âge classique, avec ce premier philosophe véritablement moderne qu’est Kant, dans son Essai sur les grandeurs négatives et cette « Table du Rien » qui, dans La Critique de la raison pure, clôt l’Analytique transcendantale. Et c’est le concept de négativité qui va former chez Hegel la matrice même de la pensée dialectique, alors que celui du néant constituera le coeur de la critique du nihilisme qu’entreprendra Nietzsche, avant de redevenir, avec le Heidegger de Qu’est-ce que la métaphysique ?, avec le Sartre de L’Être et le néant, et avec le dernier Merleau-Ponty, auteur de ce livre inachevé qu’est Le Visible et l’Invisible, un thème fondamental de la pensée de l’apparaître. Une telle pensée du néant et de la négation traversant la frontière qui sépare l’Orient de l'Occident, il s’agira donc, en prenant comme référence majeure la pensée heideggérienne, d’en interroger les diverses figures, d’abord chez Gorgias et Pyrrhon, puis chez Nagarjuna, le plus grand penseur du bouddhisme indien (ii-iiie siècle) et chez Nishida (1870-1945), représentant fameux de l’école de Kyoto et du bouddhisme zen, avant d’en venir à l’idéalisme allemand avec Kant et Hegel, à la question du nihilisme européen avec Schopenhauer, Nietzsche et Heidegger, puis à la phénoménologie avec Husserl, Sartre, Merleau-Ponty et Maldiney.
PASCAL BARBIER
Description
Ce livre, écrit par Pascal BARBIER détaille chaque degré du Rite Écossais Ancien et Accepté les caractéristiques et les décors de chacun des 33 degrés du Rite.
Chaque degré y est décrit avec quatre pages reprenant la légende, le tableau de Loge, l’instruction condensée, les tentures, le bijou, le tablier et le sautoir ou le baudrier. Les derniers ouvrages présentant les décors et les degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté datent du XIXèmesiècle et sont assez difficiles d’accès, car pas toujours réédités ou présentant des informations dénaturées au cours du temps. Il est donc temps de remédier à ce manque important.
Le résultat en est un outil qui permet de tirer et de tisser les fils d’Ariane qui constituent la trame et l’essence du Rite Écossais Ancien et Accepté.
Ce livre, sans équivalent, expose la collation selon un schéma clair et complet des légendes et des contenus des différents degrés dans leur forme actuelle, mais aussi en précisant les anciennes pratiques authentiques qui furent malheureusement abandonnées ou dénaturées au cours des années.
Leconcept du Grand Architecte de l’Univers, fait débat dans les loges maçonniques et dans la société des hommes en général, c’est sans doute en partie du à l’absence de ses manifestations. Il semble qu’il ait délégué partiellement tout du moins l’administration des choses terrestres.
Ce qui crée un véritable doute sur son existence, comme le pense les agnostiques, et pour les autres la croyance en son existence s’inscrit dans le domaine de la foi.
Pour ceux qui sont croyants, il représente le créateur du monde organisé, de toutes les choses et les êtres qui le compose. On « imagine » que fatigué par cette tâche colossale il s’est retiré dans les hautes sphères célestes, laissant aux meilleurs de ses fils, les ancêtres mythiques, la charge de parfaire sa création, il est donc devenu « un dei otiosi ».Il s’est retranché du monde des humains, presque indifférent diront certains quand ils observent les catastrophes naturelles, tous les malheurs qui nous accablent, reportant un peu vite sur lui la cause de tous les maux de la terre, qui est pourtant notre terrain de jeux !
C’est sans doute pour cela qu’on le célèbre de moins en moins, au mieux nous nous vouons à ses saints. Mais néanmoins, bon nombre d’entre nous cherchent dans la détresse son secours ou l’idée qu’il a laissé en nous de sa présence, c’est la manifestation de notre foi, de notre espérance.
Cet incroyable architecte, celui qui était à la première heure, créateur sublime, c’est donc retiré du monde épuisé par nos incohérences. Malgré cela nous n’avons de cesse que d’espérer le connaître, même si c’est un souvenir lointain, il est semble être présent et nous ne pouvons l’oublier, nous travaillons à sa gloire.
Pour exécuter ce travail nous avons recours à des symboles qui nous parlent de lui, de ses vertus que nous cherchons aussi pour nous-mêmes. Nous voulons l’installer chez nous, l’accueillir au centre de l’étoile flamboyante, c’est à dire au centre de nous-mêmes, partager le pain avec lui, en compagnon.
Alors transcendés comme le furent sans doute les bâtisseurs du temple, les bâtisseurs des cathédrales, outils en main nous travaillons pour construire ou reconstruire un monde meilleur avec la loi d’amour qu’il nous a légué. Par Zeus, par Jupiter ou par Shiva peu importe. Nous avons notre part a faire, modestes colibris de la fable que nous sommes, nous faisons le premier pas, puis le second, passant entre les colonnes, pour se diriger résolument vers la lumière de l’Orient, au centre de nous mêmes sous l’œil bienveillant qui nous observe au centre du triangle symbolique. Le Grand Architecte, le dei otiosi s’est t’il retranché dans les sphères célestes ou est t’il dans notre cœur ?
JF.
Si l’histoire de la vie s’était comportée mieux
Et si le monde d’en bas ne tournait à l’envers
Si j’avais pu alors défier tout l’univers
Si je pouvais mettre la terre dans les cieux
Bâtir une colonne du nadir au Zéphyr
Pour qu’on entende enfin les clameurs retentir.
Si tu m’avais donné autant que j’ai reçu
Célébré nos matins si tendrement vécus
Et si tu m’avais dit ce qu’il fallait entendre
J’aurais assurément trouvé la fin plus tendre
Si les autres s’étaient tus, s’ils avaient disparus
Si tu m’avais suivi au-delà de ta rue,
Au-delà de ta peine, de ces sables mouvants
Où tu vivais autant le sale que l’émouvant.
Si je n’avais rien dit, rien donné, rien promis
Si je t’avais aimée, comme on aime la pluie,
Comme on aime la vie simplement sans promesse,
Je ne serai pas ici, ressassant ma tendresse.
Allons, il se fait tard, je reviendrai demain.
Dors ma muse, ma princesse, il fait si noir, il est si tard,