Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
On ne prend plus les routes secondaires, sauf au hasard d’une déviation. Jean Yanne un célèbre humoriste disparu, dans un de ses sketches parlait avec mépris de ces routes : « je hais les routes départementales. »
J’ai longtemps ignoré moi-même ces routes trop secondaires. Trop pressé, trop pressuré sans doute, leurs courbes, retardait mon chemin vers l’inutile, le secondaire.
C’est pourtant au détour de ces routes secondaires que l’on voit surgir la vie, attention passage de…., attention carrefour dangereux, stop laissez passer.
Lassé sans doute de suivre en cortège des routes directes, les gens affairés, qui ont des objectifs précis et dérisoires, j’ai fait un pas, puis deux pas de côté.
Sur ma route, mes routes secondaires, j’ai découvert tant de choses, d’abord ce temple de pierre ou j’ai frappé un jour. Puis j’ai découvert sur ma route secondaire, un autre moi-même perdu, ignorant, une lanterne à la main.
Ma route secondaire, elle va jusqu’au bout de l’allée forestière, jusqu’à la lumière du soleil qui explose et vient ouvrir mes yeux, recouvrir mon visage.
Sur les routes secondaires, les arbres se penchent pour faire une voûte de fraicheur quand le soleil brûle nos ailes, un abri pour les jours, de pluie, de pleurs, de peurs.
Sur mes routes secondaires, j’ai fait d’heureuses rencontres, j’ai connu des sœurs, des frères le cœur toujours ouvert, les mains toujours tendues.
Sur mes routes secondaires, j’ai contemplé la beauté de l’univers, sans plus, sans rien d’autre, il n’y a rien d’autre.
Sur mes routes secondaires, j’ai croisé des chevaliers errants, fiers gardiens du partage et de l’amour.
Sur ces routes secondaires, il y a tant de chercheurs de lumière qu’elles brillent sous leurs pas. Il y a des poètes comme Yvon Le Men « Aux Marches De Bretagne. »aux marches de l’humanité.
« Mais tu vas nulle part
me dit cet homme
nulle part n’existe pas
je lui dis
il ne voit que par le centre
n’importe quel centre
pourvu qu’il y soit
jamais par la périphérie
où je vis
où je vais
C’est dans cette périphérie que Yvon Le Men à :
Partager longtemps
avec les petites gens
tels que les appellent
ceux qui s’appellent
les grands de ce monde
qui ignorent le quart monde
ils avaient besoin de parler
d’être écoutés
j’avais besoin de leur humanité
pour grandir en humanité
toute une humanité
de cinquante quatre nationalités
Route secondaire à Carnac
Sur les routes secondaires vous trouverez des pierres dressées, regardez bien, elles tremblent, écoutez bien elles parlent, elles vivent depuis toujours profondément enchâssées dans la terre, elles en reçoivent l’énergie, elles regardent sans cesse le ciel, elles interrogent les étoiles.
Et vous qu’y a-t-il sur vos routes secondaires ?
Jean-François.
Tendre l'oreille. sur KuB:
par Yvon Le Men Le poème écoute aux portes, aux portes de Rennes, à Maurepas, aux portes de Bretagne, en Coglais, en ville, à la campagne. Partout où la parole des gens n’est pas entendue, trop éloignée des centres qui nous gouvernent. J'ai tendu l’oreille, longtemps, hier dans un quartier dit difficile, les rumeurs de cette Babel où vivent ensemble tant bien que mal 54 nationalités différentes. J'ai tendu l’oreille dans l’autre périphérie, celle que les quatre voies traversent sans s’arrêter. J'ai écouté mais aussi regardé le paysage où travaillent et que travaillent les paysans, les gens des abattoirs, où travaillaient les granitiers qui ont tant marqué le pays de leurs mains dures comme la pierre. Les gens m'ont parlé en toute confiance de leurs vies rudes et riches, riches de vivre tant bien que mal ensemble, malgré leurs solitudes et leurs mystères. Comme pour Les Rumeurs de Babel, le long poème Aux Marches de Bretagne avance tel un train à travers une histoire. Réduire Et d’un wagon l’autre, d’un vers l’autre, d’une vie l’autre on entend des voix qui, ensemble, font le récit ce pays où sont passés hier Chateaubriand, Hugo, Balzac, Paul Féval et aujourd’hui, le dessinateur Emmanuel Lepage qui, après avoir éclairé Les Rumeurs de Babel enchante, par son regard et avec ses images si sensibles, ces Marches de Bretagne où commence notre pays. Dans un premier livre, la ville ; dans le second, la campagne. Toujours le poème, le chant des hommes et des femmes qui ont tant de choses à nous dire avant qu’il ne soit trop tard..
À Lannion, où il vit, il crée en 1992, avec Le Carré magique, les soirées « Il fait un temps de poème », où il se fait le passeur des poètes et des écrivains du monde entier. Programmateur aux côtés de Michel Le Bris, il instaure dès 1997 un espace dédié à la poésie au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Dans une chronique hebdomadaire publiée dans Ouest-France de 2006 à 2008, il fait le tour du monde en 80 poèmes. Il est lui-même l’auteur d’une œuvre poétique importante à laquelle viennent s’ajouter dix récits, deux romans et un recueil de nouvelles. Ses poèmes, livres ou anthologies, sont traduits dans une vingtaine de langues. Ses textes ont été interprétés par Robin Renucci, Jacques Gamblin, Bernard-Pierre Donnadieu, Denis Podalydès, Jacques Bonnaffé, Ariane Ascaride et Simon Abkarian. Il a écrit pour les compositeurs Jean-Yves Bosseur, Pierre-Yves Level, Patrick Otto, Louis Dumontier, Melaine Favennec et Kristen Noguès ; les chanteurs et conteurs Patrick Ewen, Gérard Delahaye, Anne Vanderlove. Certains de ses livres ont été illustrés par les dessinateurs Edmond Baudoin, Pef, Emmanuel Lepage… ou les photographes Georges Dussaud, Patrick Le Bescont, Yvon Le Marlec, Yvon Boëlle et Chantal Connan. Par ailleurs, Yvon Le Men est président du prix Louis-Guilloux et membre du jury du prix de poésie Robert-Ganzo. Il est lauréat de nombreux prix dont, en 1979, le Mandat des poètes et le prix Angèle-Vannier ; en 1984, le prix Georges-Brassens ; en 1989, le prix de la Création régionale Bretagne, en 2005, le prix du Beau Livre maritime ; en 2010, le prix de poésie de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire et, en 2012, le prix de poésie Théophile-Gautier de l’Académie française. Derniers titres parus : Une île en terre, Les continents sont des radeaux perdu N°1, Éditions Bruno Doucey, 2016 Tirer la langue, Éditions La passe du vent, 2016 Les Rumeurs de Babel, illustrations d’Emmanuel Lepage, Éditions Dialogues, 2016 Le poids d'un nuage, Les continents sont des radeaux perdu N°2, Éditions Bruno Doucey, 2017 Un cri fendu en mille, Les continents sont des radeaux perdu N°3, Éditions Bruno Doucey, 2018 Aux marches de Bretagne, illustrations d’Emmanuel Lepage, Éditions Dialogues, 2018 Retrouvez le poète sur KuB sur les pages Des mots contre le chaos, Les rumeurs de Babel, Le grand BaZH.art #6, Maurepas mon amour et Aux Marches de Bretagne.. Lire la suite sur KuB : https://www.kubweb.media/fiche/yvon-le-men-poete/
Au village, sans prétention J'ai mauvaise réputation Qu'je m'démène ou qu'je reste coi Je pass' pour un je-ne-sais-quoi Je ne fait pourtant de tort à personne En suivant mon chemin de petit bo...
Cette perpétuelle quête de sens a tel un sens, parfois en recherchant toujours le centre on en arrive à oublier d’où l’on vient de cette périphérie, nous avons marché sur un rayon de lumière si mince au risque de tomber, est-ce un hasard ou une ferme volonté ? Venir au centre du cercle est-il un passage obligé, une étape temporaire ? Puisque de toute façon nous retournerons un jour dans l’oubli, à la périphérie.
Il paraît que le maître est au centre du cercle entre l’équerre et le compas, mais qu’il est aussi un éternel apprenti, alors où est-il vraiment ?
En s’éloignant de chez soi ses racines viennent à manquer, on souffre de ce mal du pays, de son pays que la médecine peine à soigner, c’est une sorte de mélancolie. Je m’apprête à partir, mais j’ai écrit mon adresse sur mes bagages, on n’est jamais trop prudent. Ainsi j’emporte avec moi, un bout de chez moi, un nom de rue, un numéro, une clé qui ferme et ouvre ma porte.
Le moment qui précède le départ c’est déjà le voyage, l’attente du retour.
« Après une longue fugue, je suis revenu au logis. L’ombre maternelle s’est retournée, a dit : « Te voilà !, j’ai répondu : « Me voici ! », et j’ai fondu en larmes. »François Cheng Extrait de La Vraie Gloire est ici.
Un lecteur du blog F R M, propose une vision alchimique de l'incendie de Notre-Dame de Paris. Un texte que lui a transmis un auteur anonyme.
Je souhaitais partager avec vous quelques repères d'analyse symbolique de l'incendie de Notre Dame, porteur d'espoir.
Dans la démarche alchimique, il convient d'observer dans un premier temps.
Dans le cas de Notre Dame il y a le feu ( le feu de la création) qui représente la création humaine donc ici celle de la France, mais au-delà, celle du monde au vu des réactions mondiales ( l'effet miroir visiblement touche, interpelle beaucoup de personnes).
La charpente a été brulée, or en alchimie, lorsque les fondations ou charpentes ne sont plus adaptées elles doivent être dissoutes pour permettre à une nouvelle charpente de prendre place ( petit clin d'oeil sympbolique Jésus : qui avait ouvert l'Ere du Poisson était un charpentier...).
Par contre les fondations de Pierre porteuses des fondations sacrées de l'édifice sont toujours debout ( notamment les portails alchimiques de la façade sud ).
La nouvelle charpente sera donc nécessairement reconstruite en fonction de ces fondations
'' éternelles ''.
Enfin l'effondrement de la flèche indique clairement une rupture avec '' le Ciel '' ( cet événement résonne d'ailleurs avec une rupture des gratte ciel lors du 11 septembre ). Or la France est une terre sacrée Mariale ( les Saintes Marie, Marie-Madeleine, le Sacré Coeur, Jeanne d'Arc,) Notre Dame batie sur l'ancien temple d'Isis ( féminin sacré égyptien et symbole alchimique de l'Amour du principe féminin sacré) et portant la statue du couronnment de Vierge.
La mission de la France ( même si ces petits mois n'ont pas toujours été à la hauteur) étant d'amener par le principe féminin les Fondamentaux Sacrés de l'Homme déclaration des Droits et Devoirs ( ce terme ayant été supprimés lors de la deuxième révolution de 1793) de l'Homme .
Pour rebatir cette nouvelle fèche, donc cette nouvelle liaison avec le divin en soi, il faudra donc entendre le Principe Féminin en soi pour être en phase avec les nouvelles énergies de l'Ere du Verseau impliquant de puiser en Soi la Connaissance, d'installer le partage à tous les niveaux et dans tous les domaines et développer la Fraternité Humaine. Il est d'ailleurs interessant de voir que ces valeurs ont été véhiculées suite à la vague émotionnelle. Le fait que ces qualités ont été véhiculées dans toute le France et dans le monde et que les fondations Sacrées sont encore présentes est porteur d'un grand espoir pour dépasser le grand Solve actuel, à condition que le message soit entendu et mis en œuvre.
Un SMS est tombé dans l’après-midi : « Il est arrivé », « Ah bon ! » « Quand ? », « Aujourd’hui ou hier, je ne sais pas», « Je cours le chercher. »
Il n’en restait plus que trois chez mon libraire. A croire que nous sommes encore nombreux à vouloir aller plus loin plus haut sur les chemins de la sagesse et de la spiritualité.
Profitez bien de ce week-end particulier pour les chrétiens. A chacun sa Jérusalem céleste. Le magazine livre Ultreïaest paru il donne du souffle à l’esprit et élève l’âme. Qu’il puisse être pour vous une source de joie.
Jean-François.
Édito
En prenant pour fil conducteur le thème du voyage réel et spirituel, Ultreïa ! s’affirme comme un magazine-livre de passion et de conviction destiné à tous ceux qui estiment que la spiritualité universellemérite mieux qu’un regard distancié et froid, à tous ceux qui considèrent que la philosophie et la métaphysiqueont encore beaucoup à nous dire et que l’école de la nature est une formidable source d’inspiration.
Passerelle entre les écrits savants et l’“ignorance étoilée”, Ultreïa ! se veut une pierre sur le chemin.
ULTREÏA ! Plus loin !
Le voyage et la marche guérissent s’ils ouvrent à l’Autre, s’ils sont méditatifs et ascensionnels, s’ils conduisent au grand “Dehors”, mais, comme le note Henri David Thoreau, “entreprendre de vivre une vraie vie, c’est déjà entreprendre un grand voyage”.
Parce qu’il s’inscrit dans une universelle quête de sens, le symbolisme du voyage renvoie à une aspiration essentielle de l’âme humaine, celle de “traverser les apparences” pour déchiffrer le mystère qui nous habite et nous entoure. Dès l’origine de l’humanité, la vocation spirituelle s’est en effet imposée comme une donnée intemporelle qui a façonné l’homme, et la dimension métaphysique s’est inscrite dans l’âme des peuples, dans leurs expressions sociales, artistiques ou artisanales. Mais aujourd’hui, alors que la quête de sens redevient prégnante et la question religieuse centrale, les valeurs fondatrices de l’humanité semblent devenues inopérantes et l’existence même d’un lien privilégié entre les hommes et l’au-delà est posée. Désorientées, volontiers vécues comme de simples catalogues de prescriptions et d’interdits moraux, les différentes spiritualités se retrouvent prises dans l’étau du relativisme philosophique et du littéralisme. C’est pourquoi, comme le préconisent dans un même élan Maître Eckhart et Ibn ‘Arabî, “il faut briser l’écorce pour atteindre le noyau”. Le phénomène religieux se révèle alors infiniment plus riche et plus sage en son intimité métaphysique qu’en ses seules manifestations extérieures.
À l’évidence, le retour à l’essentiel, auquel chacun aspire en son for intérieur, passe autant par une approche vécue, renouvelée et résolument universaliste de la métaphysique et du rapport au transcendant, que par une nouvelle éthique de la terre ouverte à l’immanence. Entreprendre de “déchiffrer les humbles traces laissées dans les couloirs du labyrinthe par les pieds nus de nos frères” – comme nous y a engagés l’ethnologue Jean Servier –, aller au-delà de “l’écorce” pour révéler la vitalité et la richesse, éminemment poétique, du “noyau” et convier au dépassement, c’est ce à quoi nous entendons nous attacher ici en donnant la parole aux “pèlerins de l’absolu” et aux « nobles voyageurs » qui cheminent encore de par le monde, en interrogeant les chercheurs de vérité d’hier et d’aujourd’hui, en visitant “les lieux où souffle l’esprit”, en scrutant les symboles et les signes, en méditant sur le beau et le sacré, en renouant avec notre “Mère-la-Terre”, en oubliant la futilité et la brutalité de l’époque…
L'Équipe
Emmenée par Bernard Chevilliat , Directeur de la Rédaction, et Florence Quentin, Rédactrice en chef, l’équipe qui a conçu et réalisé les 220 pages et les 23 rubriques d’ULTREÏA! compte une dizaine de personnes. Patrice Brousseaud en est le Directeur Artistique, Edwige Nicot, la Secrétaire de Rédaction, Christine Courtois, la Graphiste.
« Biologiste de formation, amoureux de la nature et de la beauté, j’ai fondé puis dirigé l’entreprise Melvita pendant plus de trente ans. Dans le même temps, fasciné de longue date par les sagesses et les savoirs traditionnels, je me suis immergé dans l’étude de la métaphysique, de la philosophie et des sciences tout en collaborant à la revue Connaissance des Religions. En créant aujourd’hui Ultreïa ! avec Nûriël, la compagne de tous mes rêves, nous conjuguons plusieurs de nos passions, dont celle du voyage et de la photographie, pour les mettre en partage.» Bernard Chevilliat
« Passionnée d’Egypte depuis l’enfance, j’ai suivi un cursus universitaire d’égyptologie, avec comme spécialité, l’étude des textes religieux. Elevée dans une famille de journalistes, j’ai épousé ce métier avec le même enthousiasme et contribué aux hors-séries du Nouvel Observateur, du Point et du Monde des religions. C’est à ce dernier titre que j’ai collaboré pendant 9 ans et assuré les fonctions de rédactrice en chef en 2012. L’égyptomanie étant inguérissable, j’ai par ailleurs écrit plusieurs essais sur la fascination qu’exerce cette civilisation sur l’Occident. Amatrice d’art et mélomane – je pratique le chant lyrique – Ultreïa ! réunit plusieurs de mes centres d’intérêt, dont la métaphysique traitée tant dans son fond que dans sa forme. » Florence Quentin
Surdoué, ambitieux et déterminé, longtemps attaché aux honneurs et aux plaisirs de la vie alors qu’il est convaincu que le Christ est “le chemin, la vérité et la voie”, Augustin abandonne une situation prestigieuse et fonde une communauté de Servi Dei, consacrée à la prière et à l’étude, après une révélation. Devenu évêque d’Hippone et théologien de renom, il prêchera inlassablement l’universalité de l’Église de Rome et laissera une oeuvre majeure, celle du premier philosophe chrétien de l’histoire.
Extrait : « Né à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras en Algérie, Augustin est donc un de ces Berbères qui, au premier siècle, connurent l’apogée de leur civilisation et une intégration harmonieuse à l’Empire, ce dont il sera le dernier représentant. À cette époque, on voit s’ériger des villes nouvelles, telle Timgad dont les ruines firent rêver le philosophe Lucien Jerphagnon quand il était enfant. Ces cités, selon le modèle romain, sont dotées d’amphithéâtres, de bains, de forum, de cardo bordés de colonnes. Dans les campagnes, de riches propriétés agricoles, dévolues à l’olivier et à la vigne. Et dans toutes les familles, pour peu qu’elles en aient les moyens, le même rêve de voir les enfants faire carrière à Milan, alors capitale de l’Empire. C’est dans une famille de propriétaires terriens – des vignerons – que naît Augustin Aurelius, le 13 novembre 354« .
Ville cosmopolite, Jérusalem est la seule à incarner une forme d’universalité pour les trois grandes religions monothéistes. Depuis le XIXe siècle, elle occupe une place singulière dans notre imaginaire, alors que l’Occident connaît une lente sortie de la religion. Cette cité apparaît à ses nombreux visiteurs comme un lieu où l’on vient et revient pour trouver des bornes identitaires, des références religieuses…
Extrait : « Je me promène dans Jérusalem depuis plus de vingt ans. J’y recherche des archives, des documents, ces “monuments de papiers” avec lesquels les historiens construisent et reconstruisent leurs récits, inlassablement. Ces archives sont écrites dans presque toutes les langues de la terre, en hébreu, en arabe, en grec, en ottoman, en arménien, en latin, en syriaque, en russe, en amharique, dans toutes les langues européennes… Pour les lire, les déchiffrer, les décrypter, je travaille avec des chercheurs venus des quatre coins du globe, chacun avec sa langue, sa culture, son horizon, ses idées. Alors, quand on me demande de décrire quel “esprit des lieux” flotte pour moi sur cette ville, au milieu de mille autres images possibles ( champ de bataille, sanctuaire disputé, cimetière au milieu d’un désert, parc de loisir pour pèlerins déboussolés, Bible en miniature, oeil du cyclone, capitale mondiale des monothéismes, temple de la world food et de la cuisine fusion… ), je pense irrésistiblement à la tour de Babel. »
Historien, professeur émérite à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, celui que l’on a qualifié d’“historien des sens” a livré à Aliette Armel les sources d’inspiration des ouvrages qu’il distille depuis plus de quarante ans, jusqu’à son nouveau sujet d’étude, à 83 ans : la Terre.
Extrait : » Alain CORBIN : À l’âge de six ans, j’ai effectivement commencé à m’intéresser à des bandes dessinées avec des sujets historiques. Quand j’étais au collège, je me faisais offrir pour Noël de gros livres d’histoire écrits par Octave Aubry ou Pierre Gaxotte, des romans d’Alexandre Dumas ou de Jules Verne. Par la suite, sans me poser de questions, je n’ai jamais fait que ça. J’ai l’impression que je ne sais rien faire d’autre, mais d’un autre côté, je n’ai jamais eu l’impression de travailler. Curieusement, dans le petit village de Lonlay-l’Abbaye où j’ai été élevé, nous sommes cinq agrégés d’histoire. Pourquoi tant d’historiens dans un petit bourg de l’Orne, près d’une abbaye des bénédictins de Saint-Maur qui étudiaient, eux aussi, l’histoire ? Est-ce parce qu’“il y a des lieux où souffle l’esprit” comme le disait Barrès dans La colline inspirée ?
Les icônes ne sont pas signées, et un iconographe ne se dira jamais artiste : en se mettant au service de l’oeuvre, ses mains serviront à transcrire dans la matière le reflet céleste. (Re)découverte d’un art destiné à faire apparaître “la beauté qui sauve le monde”…
Extrait : « L’icône est une fleur mystique, créée selon les mêmes lois de proportion, « de mesure, de nombre et de poids », utilisées par le Tout-Puissant, lors de la création de l’Univers.” Matisse, maître des couleurs franches et des lignes épurées, témoigne ici de son émotion devant ces “images” – ou ikonos, en grec – qui révélèrent en lui un sentiment mystique. Il confirme ainsi les paroles de saint Jean Damascène, Père de l’Église du VIIe siècle, grand défenseur des saintes icônes : “Par l’intermédiaire de la vision sensible, notre pensée reçoit une impression spirituelle qui s’élève vers l’invisible Majesté Divine.” Cette révélation conduira le peintre jusque dans les musées de Russie, où il chercha à pénétrer le mystère des plus grands maîtres iconographes. »
Ethnologue à contre-courant, militaire hardi et éminent spécialiste de la culture berbère, écrivain talentueux et prolixe, ésotériste et franc-maçon, Jean Servier (1918-2000) nous a laissé une oeuvre de réflexion puissante et féconde sur les rapports entre l’Homme et l’Invisible. Retour sur un singulier itinéraire de vie.
Extrait : « Rien ne nous permet d’établir une quelconque hiérarchie entre les civilisations qui nous entourent et celles qui nous ont précédés pas plus que nous ne pouvons donner un ordre en valeur absolue à un système d’équations, une symphonie, un tableau ou une cathédrale.
La pensée humaine est égale dans toutes ses manifestations depuis l’heure de sa présence sur terre, c’est ce que nous dit la voix des sages en haillons qui, ici ou là, peuvent encore ouvrir pour nous sur le monde les déchirures de leurs manteaux. Même si notre civilisation a choisi sa voie, chacun de nous peut encore méditer et essayer de déchiffrer les humbles traces laissées dans les couloirs du labyrinthe par les pieds nus de nos frères. Peut-être retrouverons-nous dans la cendre le mot de passe de toutes les initiations qu’ils y ont inscrites. Ce mot Univers, sa réponse, Homme. Peut-être retrouverons-nous aussi le signe sacré du « Shin », la marque de l’esprit, le symbole de notre immortalité, sans lequel le reste n’est qu’une Parole perdue.”
Celui qui s’exprime ainsi, en 1964, est professeur d’ethnologie et de sociologie à la faculté Paul Valéry de Montpellier depuis quatre ans. »
Activiste pour la paix et la protection de l’environnement depuis plus de soixante ans, Satish Kumar affirme que rien n’est plus inspirant dans sa vie que la générosité et la beauté de la nature. Il nous rappelle que prendre soin de son âme et militer pour la préservation des ressources naturelles sont les deux versants, intérieur et extérieur, de la même démarche écologique…
Extrait : « (…)Au fil des années, en lisant la Bhagavadgîtâ, il a pris conscience que ce cercle de la vie et de la mort n’a pas l’importance qu’on lui attache. Il a compris que “mourir, c’est comme changer de vêtements : votre ancien corps disparaît et vous en avez un autre ! L’esprit, lui, ne meurt pas. C’est comme les feuilles qui tombent à l’automne. Elles nourrissent l’humus. On ne porte pas le deuil des feuilles, parce qu’on sait que, l’année suivante, il y en aura de nouvelles sur les arbres.” Réconcilié avec la notion d’éternité, il n’a plus jamais eu peur de la mort. Et il a pu quitter le monastère pour accomplir la vision séculière de la religion qu’il avait découverte dans l’autobiographie de Gandhi : ne pas demeurer séparé du monde, aller vers les autres, servir par l’action tout en mettant la spiritualité au centre de sa vie quotidienne. »
Depuis des années, Alexandre Sattler parcourt le monde un micro dans une main et un appareil photo dans l’autre. Son sourire, son empathie naturelle et sa gentillesse lui ouvrent les portes et les cœurs. Après le succès de son petit Éclats de Joie (2017), il récidivera cet automne avec un réconfortant Ode à la bienveillance et à la douceur, préfacé par Matthieu Ricard, dont nous trouvons ici quelques-unes des “bonnes pages”.
Parce qu’il relie les consciences et les cœurs et qu’il est toujours bénéfique de s’ouvrir à l’inconnu et de l’accueillir quelles que soient nos origines ou nos croyances, le voyage est toujours un puissant révélateur. Lors des rencontres, la bienveillance émerge spontanément du cœur des êtres libres et elle engendre un flux et un désir réciproque de bonté et de douceur.
Dans l’effusion des échanges ou des regards, les êtres peuvent partager la joie des émotions, respirer un parfum de fraternité ou éprouver la chaleur de l’amour.
En un temps où la quête de l’essentiel fait souvent défaut, la bienveillance, la sobriété et la douceur viennent opportunément nous rappeler que nous ne sommes ni dépendants ni indépendants mais bien interdépendants.
Par leur délicatesse, les images d’Alexandre Sattler montrent que la bienveillance véhicule tout naturellement le respect, la sérénité, la sagesse et la paix.
COMMUNIQUE DE LA GRANDE LOGE DE L’ALLIANCE MAÇONNIQUE FRANCAISE (GL-AMF)
L’histoire de la Franc-Maçonnerie c’est quelque part la volonté pour tout Maçon de s’inscrire dans l’illustre lignée des bâtisseurs de Cathédrales.
Chacun d’entre nous ne peut être que dévasté au plus profond de lui par les ravages qui viennent d’être causés par l’incendie de Notre Dame de Paris. Mais en même temps, comme tout Maçon, il sait qu’à côté des gémissements il y a l’espérance qui elle est indestructible.
Dans un monde de slogans, de scoops, de buzz, de spots où les images sont travaillées avec photoshop ou aftershop, où les icônes sont des mannequins anorexiques ou des hommes bodybuildés. La vertu ne semble pas être une préoccupation majeure.
La Franc-Maçonnerie prétend elle depuis plus de 300 ans travailler « à faire fuir le vice et pratiquer la vertu », quelle drôle d’idée ! Pourquoi pas qui oserait dire le contraire ? Quant à le faire réellement, c’est une autre affaire, c’est au pied du mur que l’on voit le constructeur truelle à la main et le chevalier avec son épée de justice.
Il semble à priori facile de faire l’éloge de la vertu, des multiples vertus, pour les petites André Comte Sponville en a même fait un traité, puis il y a les quotidiennes, celles du coin de la rue. Les indispensables de la vie, les cardinales et plus loin, plus haut, les théologales. Nous avons l’embarras du choix, pourquoi donc s’en priver, le jardin où elles poussent est un jardin merveilleux, extraordinaire dirait le fou chantant, il nous reste simplement à les faire pousser, les faire grandir en nous.
L’homme vertueux, n’a pas un visage particulier, ni une couleur de peau, il n’est ni riche, ni pauvre, il est tout cela à la fois, il a tous les visages de l’homme véritable et en plus un supplément d’âme.
L’homme vertueux vu sous le prisme de la franc-maçonnerie, n’est pas un mystique retranché dans le désert, éloigné des hommes, ni un gnostique désireux de ne faire qu’un avec son Dieu. Il est un homme entier, assumé fait de chair et d’esprit, animé d’un désir de perfectionnement individuel pour donner un sens à sa vie, en s’initiant, en évoluant spirituellement pour se mettre au service de l’humanité. Il se met en capacité de s’élever vers les hautes sphères de la spiritualité, mais surtout il est capable après avoir levé le voile contemplé le beau et le bien, de redescendre dans le monde, pour transmettre un message d’amour et de paix et d’harmonie.
Après avoir ouvert les yeux sur la beauté du monde, laissé son cœur battre la chamade, le son du tambour ou de la trompette, résonne de fraternité.
Alors il faut arrêter de prendre les hommes qui veulent devenir vertueux pour des naïfs, des sévères, des empêcheurs de plaisirs ou de joies. La pratique de la vertu ne rend pas triste au contraire, elle est pleine de charme, elle s’exprime par de beaux gestes, par le don, par ces dons matériels, mais surtout par le don de soi, ce don qui pour le plus humble de tous alla jusqu’au sacrifice.
Confucius a crié dans les ténèbres : « Que n’ai-je le pouvoir de rendre le désir de vertu aussi attrayant, aussi excitant que le désir charnel. »
La vertu n’est ni une abstraction, ni une incongruité dans notre société. Elle est une force vive, elle est vivante tous les jours des femmes et des hommes en font l’éloge, mais aussi la pratique, dans le partage.
Ils sont ces mains tendues, ses yeux ouverts sur la misère, ils sont les moteurs des actions en marche, ils sont des indignés perpétuels, mais aussi en mouvement pour alléger la souffrance des plus faibles et combattre l’ignorance et le fanatisme. Ils construisent des cathédrales dans leur cœur pour y accueillir le bien.
Les femmes et les hommes vertueux ont fait le vide dans leur cœur, mais ils n’ont pas le cœur sec. Ils ont le cœur vide, c’est-à-dire habité par la vacuité, leur cœur, leur esprit est dénué de toute vanité, toute suffisance, de toute arrogance, ils sont des cœurs humbles, des cœurs purs.
François Cheng notre académicien chinois, compare les cœurs vides à des bambous : « (…) la tige de bambou porte en son extrémité de longues feuilles fines et mobiles. Lorsque passe une brise, elles produisent des sons susurrants et mélodieux. Poètes et peintres aiment à demeurer assis au milieu de bambous, à laisser leurs méditations bercées par cette musique intime. Le sommet du bambou rayonne ainsi d’un qualité suprême : la grâce du recueillement et du chant. »
Ne nous moquons plus des femmes et des hommes qui aspirent à devenir vertueux, ils cherchent à retenir le souffle de l’esprit qui passe dans leur cœur, comme passe la brise dans les feuilles du bambou, ils cherchent la lumière du phare qui éclaire les ténèbres.
Un texte expédié par un lecteur du Blog, que je remercie, espérant que chacun en tirera un peu de joie et d'espérance.
Jean-François.
CATHEDRALE ENERGIE Notre Dame de Paris, cœur de la capitale, phare spirituel de l’Ile de France, est l’axe historique de la nation. Nos ainés, les maîtres bâtisseurs ont fondé sur l’ile de Cité un foyer rayonnant qui a nourri les pages du temps La cathédrale est une pièce maîtresse dans un ensemble, autant en France qu’en Europe, qui constitue un maillage énergétique vivant irriguant l’esprit du continent depuis près d’un millénaire. L‘incendie du 15 avril à l’aune de la semaine sainte ou le soir même d’un rendez-vous politique important est-il une simple fatalité ? Les lieux saints, religieux, lieux d’énergies, parlent aux âmes qui veulent les entendre. Notre Dame , ce joyau touristique est pénétré quotidiennement par des dizaines de milliers de personnes. Pour les énergéticiens des hauts lieux, il est reconnu que la qualité sensible du lieu est affecté par ce flux constant pas forcément porté vers la spiritualité qui est la vocation initiale de l’église. Les grands édifices sont des caisses de résonnances que les architectes luthiers du moyen âge ont réglé pour porter les vibrations de la liturgie de l’époque. Le contenu a évolué au fil des siècles, mais la puissance de ces vaisseaux est restée intacte. Peu d’initiés savent encore piloter ces émetteurs-récepteurs des échanges entre la terre et le cosmos, entre la vie profane et les mystères de l’Esprit. Au fil des siècles, des évènements, la cathédrale a accompagné les moments de l’histoire de chacun et la destinée de tous. Et elle paraît démesurée pour la vie d’aujourd’hui. Si la cathédrale est la pierre sur laquelle est bâtie l’église catholique, la République aussi l’a faite sienne. Les légendes des siècles ont pénétré les joints de la pierre, et le peuple de Paris y a logé ses peines. En ce soir rougeoyant, le ciel a pris feu et l’incendie a gagné la forêt. Le ciel a parlé. Pour les bâtisseurs, la pente de la toiture constitue la racine du ciel et chaque angle a un sens pour mettre en vibration les proportions de l’édifice. La cathédrale tout à coup étêtée semble aplatie. Toutes ses antennes lancées vers les étoiles se sont effondrées. Les bois se sont embrasés, le plomb a fondu, les couvertures se sont affaissées. Les gargouilles n’auront plus rien à vomir d’un moment, les voûtes nues seront livrées aux affres des intempéries. Si l’élan de la perfection permet à la pierre de Notre Dame de résister comme celle de sa sœur, la cathédrale de Reims qui a tenu lors des bombardements de 1914, alors les flux de la terre trouveront encore le chemin du ciel et le vaisseau jaillira à nouveau vers les nues. Ce brasier de la Pâque a conjointement une connotation spirituelle, une dimension symbolique, et une portée politique, Au plan spirituel, l’embrasement de la forêt, l’effondrement de la charpente, la brèche de la nef, et toutes les meurtrissures des joyaux de ce monument sont une métaphore du martyr chrétien. Notre Dame abrite la couronne d’épine du Christ et certains croyants y verront un écho qui rebondit entre les millénaires. Au plan symbolique, la cathédrale est le lieu qui accueille le peuple et l’éveille au ressenti de l’élévation. Contrairement aux lourdes voûtes romanes souvent réservées au recueillement intérieur des communautés d’initiés, la dentelle de pierre des nefs gothiques appelle la lumière, celle qui élève le regard vers le ciel. La cathédrale est un média, un amplificateur de vibrations qui stimule et harmonise les rythmes vitaux avec ceux du cosmos. Ce feu rédempteur nous privant pour un long moment de l’instrument de l’éveil nous oblige et puiser en nous des forces autonomes. Il vient nous suggérer que le temple premier est notre corps. Il nous dit que la vibration est au cœur de notre cellule. Il nous montre que la lumière est l’information qui donne le souffle à notre ADN. Il ne s’agit plus de chercher la spiritualité ailleurs, uniquement dans la religion, dans les textes ou dans les lieux sacrés, ce que plus grand monde pratique. L’Esprit est au cœur du vide intérieur, cet espace subatomique, au delà même des particules élémentaires, ce vide sidéral dont la vacuité est la substance de notre plénitude. Enfin, le réseau des cathédrales forme un réseau de communication en parallèle au réseau des monastères des différents ordres religieux, notamment celui des Cisterciens. Ce maillage du territoire européen a innervé la construction de la civilisation de l’Europe par delà les royaumes et les nations, a tissé ses valeurs communes, et porté la puissance de la pensée. A l’heure du chacun pour soi et de la dislocation de l’esprit commun, l’embrasement d’un des pivots de l’esprit européen provoque un choc émotionnel qui appelle un rebond des consciences. Le drame n’est pas gratuit. La destruction de Notre Dame de Paris, par l’émotion qu’elle provoque, par l’élan de solidarité qu’elle suscite, révèle la portée universelle de ce haut lieu chargé d’histoire. Chacun en Europe s’y reconnaît car chacun possède en lui un tel lieu qui a porté ses peines, ses drames, ses deuils, mais aussi ses couronnements, ses célébrations, ses liesses. La Cathédrale est un lieu de réconciliation et de paix. Que la plus emblématique s’effondre et toutes se lèvent pour l’épauler et la porter à se relever. Le feu de l‘action appelle la mise en réseau des initiatives, des solidarités, des responsabilités. L’énergie cathédrale est peut-être née ce premier jour de la semaine pascale. Cette mort du lieu porte en elle la renaissance d’un lieu de vie dont chacun est le porte flambeau. Une sorte de foi républicaine qui trouverait la paix à travers l’intégration de ses racines chrétiennes. Cesser de râler et se vouer à l’initiative. Se mettre positivement en mouvement. L’action comme prière, et l’accomplissement comme célébration. Puisse ce feu des siècles nettoyer les scories de nos histoires, et unir les êtres dans le partage de leur patrimoine commun universel. La cathédrale intérieure, est le lieu d’une intériorité vivante et généreuse qui se reconnaît dans l’autre et accueille sa richesse. Pascal BOIVIN Architecte 15 Avril 2019
Voici quelques mots sur un mini-livre que je viens de découvrir dans la collection "Petits carnets de philosophie"chez Vuibert. :
"Pensées sur la morale"
André Comte-Sponville
La collection porte bien son nom. Il s'agît en effet d'un carnet de soixante quatre pages au format 11 x 17, où l'auteur, qu'il est inutile de vous présenter, a rassemblé les pensées sur la morale, des plus grands philosophes.
Avant de nous livrer les mots de ces philosophes qui ont marqué et marquent encore l'histoire de la pensée, de Blaise Pasal "La morale se moque de la morale"à Saint-Augustin "Aime et fais ce que tu veux",en passant par Marc Aurèle, Michel de Montaigne, Emmanuel Kant et bien d'autres, André Comte-Sponville, en quinze page de présentation, répond avec beaucoup de simplicité aux questions premières que nous nous posons sur la morale.
Qu'est-ce que la morale ? Que dois-je faire ? et non pas que doivent faire les autres ! Y-a-t-il autant de morales que d'individus ? Faut-il un fondement pour légitimer la morale ?
Le propos est limpide, les mots simples et justes.
Le tout se lit en moins d'une soirée mais vous maintiendra évellé au moins tout l'hiver.
Une aide précieuse pour ceux qui rédigent des planches et autres morceaux d'architecture.
Elle [la morale] est cette exigence universel, ou en tout cas universalisable, qui nous est confiée personnellement. C'est en faisant bien l'homme, ou la femme, qu'on aide l'humanité à se faire.
André Comte-Sponville
Poche:64 pages
Editeur :VUIBERT;
Édition :édition revue et augmentée (12 octobre 2012)
Crypte du Fort de Penthièvre Presqu'île de Quiberon
LE TONNERRE ET L’ARC-EN-CIEL
Si le tonnerre est l’expression du verbe, de la voix et l’arc-en-ciel vu par Noé après le déluge celui de l’alliance que fit le Grand Architecte avec les hommes.
Nous aurons bientôt besoin de la force de ces deux symboles pour redonner de la vigueur et de la vision à notre Europe envahie par les marchands du temple. Il est temps de revenir à l’ambition de ses fondateurs, à sa dimension fraternelle et spirituelle sans dogmes, dans le respect des différences et des consciences, de continuer à en faire un havre de paix.
Régulièrement j’accompagne mes petits-enfants vers une crypte creusée dans le roc du fort de Penthièvre qui domine l’isthme de la presqu’île de Quiberon, cette crypte ruisselle toujours du sang versé, d’abord par les émigrés, les chouans de Cadoudal et les républicains du général Lazare Hoche, là, eu lieu l’épilogue sanglant des guerres de Vendée.
Les nazis ont repris ce funeste flambeau lors de la dernière guerre, en massacrant au même endroit 54 jeunes hommes qui avaient le malheur d’êtres des Français. Cet assassinat eut lieu en mai 1945 presque un an après le débarquement de Normandie.
A l’entrée de cette crypte des témoignages écrits des photos rappellent cette horreur. La dernière lettre d’un père à son fils, inspire au-delà de nos divergences combien est précieuse la paix mise en place en Europe.
Le mois prochain notre mémoire devra guider notre choix de citoyen européen.
Jean-François.
À MON PETIT GARÇON CHÉRI…
En ce jour anniversaire de la mort de ton frère, mon petit gars, ton père t’écrit pour la dernière fois du fond d’une cellule dans une prison.
Je vais mourir mon petit, je vais mourir pour la France, comme ton oncle Marc est mort tous les deux nous avons été assassinés par les mêmes bandits sans honneur et sans scrupules.
Le 12 de ce mois je suis passé au tribunal et condamné à mort : j’attends mon recours en grâce, mais je n’ai aucun espoir, ta maman aussi est en prison, elle souffre.
Aussi mon petit garçon quand elle sortira et quelle apprendra cette chose terrible, il faut la consoler, sois doux et gentil avec elle ainsi qu’avec tes grands-parents qui n’ont plus que toi à compter pour leurs vieux jours.
Il faudra me remplacer auprès d’eux, les chérir, comme ils le méritent ta mère t’expliquera pourquoi ton oncle et ton père sont morts, pour quel idéal et quand plus tard, tu verras la France forte et belle et débarrassée de ces brutes, tu pourras te rendre compte de la grandeur de notre sacrifice.
Je suis peut-être un martyr, mais d’autres ont souffert plus que moi. Certes je souffre de me séparer de ta mère, de toi mon petit. Ainsi que de mon père et de ma mère. Sois courageux devant eux, puise dans le malheur qui te frappe la force nécessaire pour me venger quand tu seras grand et fort. Plus tard quand tu comprendras bien pourquoi je suis mort, pourquoi ton oncle est mort, il faudra tout faire pour éviter ces maudites guerres qui font tant de victimes. Il faudra aider ton pays, c’est-à-dire la France, pour qu’elle devienne forte et pour qu’avec d’autres pays aussi loyaux qu’elle puisse imposer au monde ses volontés de paix.
Je souhaite que cette guerre soit la dernière, que plus jamais les peuples s’entretuent et c’est pour cela qu’il faut croire en mon idéal, c’est pour cela qu’il faut que la France soit forte et elle compte sur toi comme sur toute la jeunesse française : quand le fascisme sera mort et détruit, le monde entier pourra vivre librement et sans guerre.
Quand tu liras cette lettre, tu ne comprendras pas bien, car tu es jeune, mais plus ta rd, quand tu auras appris, tu sauras, que mon sacrifice n’auras pas été vain.
Depuis le 12 j’attends la mort vois-tu c’est pour cela que le plus dur est d’être enfermé dans une prison et que la sortie pour moi sera l’exécution. Devant le peloton je serai brave et ces brutes verront une fois de plus comment va mourir un français.
N’abandonne jamais ta mère mon petit, fais des sacrifices pour elle car elle le mérité et, ce que je te souhaite plus tard, c’est d’avoir une compagne comme elle ; aussi mon petit ne sois jamais ingrat pense aux autres qui souffrent sans espoir.
Je vais te quitter et quand dans la vie tu auras des moments de découragements lis cette lettre, tu puiseras des forces pour lutter car la vie est ainsi.
J’aurais voulu une dernière fois te serrer dans mes bras, mais je sais cela impossible, crois et fais aux dernières volontés de ton père qui va mourir et qui souffre de te laisser orphelin, je penserais à vous jusqu’au dernier moment.