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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le

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Publié le par Jean-François Guerry
LE GARDIEN DE LA TOUR - PART - III- : du Terrestre au Céleste

LE GARDIEN DE LA TOUR- PART- III - : Du Terrestre au Céleste.

 

                  Le temps de l’alliance entre le terrestre et le céleste est peut-être venu, le discours du « mat », de l’initié, de Moïse, le Deutéronome nous dit dans son ultime message que le Maître mourut il fut enseveli dans la Vallée de Moab.

 

 

Le mat a fait son chemin, il a réalisé son chef d’œuvre, il a construit son temple matériel, appris les arts libéraux, voyagé entre les deux sphères.

Cependant il y a en lui un manque, il est encore dans le désir, dans la recherche de la complétude, la descente en lui-même ne lui saurait suffire, pas plus que la connaissance du monde et des autres, il a compris la fatuité des idoles humaines, il a vu la destruction du temple de Salomon et son renoncement à la vertu, à sa sagesse. En descendant dans la Vallée il aspire à retrouver son unité originale.

 

Il est maintenant en exil Babylone, cité des merveilles, cité des vices, cité de Babel, faut-il encore reconstruire un nouveau temple pierre ? Il pleure au bord du fleuve la cité de son enfance, la cité de sagesse et de justice, Jérusalem. Alors il entend les paroles d’Ézéchiel, la révélation.

 

L’initié peut voir dans la tour celle de Babel ou l’annonce de la cité sainte d’Ézéchiel à lui de choisir. La Tour Foudroyée est-elle cette Babel de l’orgueil et de l’ambition qui précipita la chute d’Icare ou la Maison Dieu la cité de l’esprit ? C’est la question posée à votre libre arbitre. Que ferez-vous de votre vie ?

 

Si l’on observe les sautoirs arborés par les gardiens dans certaines loges maçonniques, l’on voit une tour qui n’est pas foudroyée, bien droite, bien solide, les gardiens ne sont donc pas soumis à l’ivresse de l’altitude, est-ce un indice ?

Armés de leurs épées les chevaliers de l’esprit œuvrent pour la descente de la Jérusalem céleste, ils sont dans une loge de Saint -Jean celui de la vision de Patmos, c’est un autre indice.

 

La Tour est aussi un symbole héraldique elle représente la dernière défense du Château en elle est la force ascendante, régénératrice, le phallus reproducteur. De plus chacun sait que la foudre et la destruction vient de la terre et non du ciel, c’est le tonnerre, la parole de Dieu, la parole spirituelle régénératrice qui succède à la foudre. C’est bien le message de Jean de Patmos, dans la lignée d’Ézéchiel, une véritable théophanie de la voix spirituelle. Une nouvelle alliance pour la construction d’un temple indestructible le temple de l’esprit, dont la pièce maitresse est cette tour qui renferme le tabernacle. Le frère gardien du seuil et les premiers et seconds grands gardiens, sont situés sous le fronton intérieur, à la porte à l’endroit où l’on peut lire ordo ab chao.

 

À l’opposé de loge se trouve un autre gardien, le gardien des sceaux, il est dans le sanctuaire, il garde précieusement les archives, les messages pour leur transmission, dans leur pureté originelle.

Les Chevaliers dans les Vallées, sont les gardiens de la cité sainte, la Jérusalem céleste. Ils forment une garde sainte, que René Guénon dans son livre : Symboles de la Science Sacrée- au chapitre les Symboles centre du Monde- Les gardiens de la Terre Sainte.

Le centre du monde spirituel est sans doute Jérusalem la trois fois sainte, et ses gardiens, sont ceux du Palais intérieur. Là dans les Vallées coulent les fleuves Chaldéens de Pardes, ceux du paradis terrestre, qui envahissent la terre par les quatre points cardinaux, ils cheminent, vers le centre caché, secret, sacré.

 

La Tour serait donc un centre spirituel, l’axe du monde, ceux qui sont à l’intérieur détiennent, les pouvoirs secrets, parce qu’ils ont acquis le degré initiatique requis pour transmettre la tradition. Ce sont de pauvres et humbles chevaliers qui se tiennent près de la Tour, que René Guénon décrit ainsi :

 

« Nous dirons que les gardiens se tiennent à la limite du centre spirituel, pris dans son sens le plus étendu, ou à la dernière enceinte, celle par laquelle ce centre est à la fois séparé du monde extérieur et mis en rapport avec celui-ci. Par conséquent, ces gardiens ont une double fonction : d’une part, ils sont proprement les défenseurs « de leur Terre Sainte » en ce sens qu’ils en interdisent l’accès à ceux qui ne possèdent pas les qualifications requises pour y pénétrer, et ils construisent ce que nous avons appelé « la couverture extérieure » c’est-à-dire qu’ils cachent aux regards des profanes ; d’autre part ils assurent pourtant certaines relations régulières avec le dehors…. »

 

Même dans le Tarot il y a le monde du dedans et le monde du dehors.

 

Les gardiens de la Tour intercèdent donc entre le monde extérieur, matériel, le temple de pierre et le monde intérieur, le temple spirituel construit dans l’espace sacré avec l’intelligence du cœur.

Cela méritait bien la construction d’une Tour et l’on ne voit pas bien pourquoi elle serait foudroyée !

Le Mat, l’initié se trouve au pied de la Tour, là où se trouve aussi le franc-maçon au pied du mur, à l’heure du choix quand le soleil est au zénith, il doit prendre de sa libre volonté, le chemin du réel et laisser celui des apparences.

C’est ce qui nous enseigne l’interprétation du Tarot Initiatique de José Bonifacio à propos de sa Tour Foudroyée extrait :

 

« Cet arcane montre que le Sage n’a rien à craindre du Feu du Ciel ; il sait qu’il doit en lui-même réaliser une descente aux Enfers pour gagner sa liberté intérieure ; il sait aussi que ce voyage sera sans péril pour lui. Il sait encore que, pour résoudre un problème dans le Monde d’en bas, il est souvent nécessaire de passer par une démarche négative qui le conduira à un objectif positif. » (José Bonifacio)

 

Cette interprétation du parcours de l’initié est illustrée par le dessin géométrique ci-dessous, il y a de guématrie dans cette géométrie mais c’est une autre histoire à suivre…

 

Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : Le Gardien de la Tour – Part – IV- : La course de l’étoile céleste.  

dessin du Tarot de José Bonifacio

dessin du Tarot de José Bonifacio

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Publié le par Jacques Viallebesset

Cet article est reposté depuis L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset.

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Publié le
COMMUNIQUE

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Publié le par Jean-François Guerry
LE GARDIEN DE LA TOUR - PART- II- : Symbolisme de la Construction

LE GARDIEN DE LA TOUR – PART- II- : Le Symbolisme de la Construction…

 

« C’est la révolte seule, la révolte même qui est créatrice   de lumière. »

                  André Breton. Arcane 17. Fragment.

 

C’est à une révolution, une révélation que nous convie l’observation des images des arcanes du Tarot. Les images symboliques, tracent pour le voyageur les étapes de son chemin initiatique. Le voyageur est « Le Mat », le Jacquet, l’initié baguette de roseau en main, bissac sur l’épaule, il suit l’étoile, retourne vers l’humus originel, vers le compost, il est sur le « Camino » qui le mène à Compostelle, la cité radieuse de lumière.

D’arcane en arcane de « La mort symbolique » jusqu’au « Soleil » degré après degré jusqu’à la « justice » et « l’amour ».

Toute correspondance avec le parcours initiatique du Franc-Maçon n’est bien sûr qu’un pur hasard, ou peut être une coïncidence, c’est-à-dire une rencontre fortuite ou pas.

 

Le chemin qui mène le profane à la porte du temple est aussi la coïncidence de sa rencontre avec son parrain, ou une connivence. Dans pour un tracé de vie, un désir de connaissance, comme le jacquet qui emprunte le Camino pour aller plus loin, plus haut.

 

Avant de développer la symbolique des arcanes et plus particulièrement celle de La Maison Dieu, je dis Maison Dieu et non la Maison de Dieu encore nommée La Tour Foudroyée. Il nous faut commencer par la Mort, la mort symbolique, initiatique.

Comme toujours c’est très tôt le matin que je commence mon travail, l’imagination, l’inspiration vient souvent après la nuit. Après l’observation de la voûte étoilée. Aujourd’hui je me souviens du jour où mon parrain avec un air de complice, me donna à lire « Les étoiles de Compostelle » de Henri Vincenot l’édition de 1982, depuis jaunie, écornée, usée par mes lectures successives, tout au long de mon parcours maçonnique.

En voici quelques extraits, un au début et deux autres à la fin du livre :

« - Quoi que tu vois ? Lui demanda le Trébulot qui piétinait sur ses talons.

Jehan Tonnerre ne répondit pas. Les yeux plissés quand le soleil dardait à pic, étant au zénith, il regardait

  • Alors quoi que tu vois ? Répéta le Trébulot qui s’impatientait.
  • Je vois ce que tu vois, tu n’as qu’à regarder ! »   

Cet extrait se situe au deuxième paragraphe du livre. Quand le livre est ouvert, quand le soleil est au zénith à midi plein. J’avoue

Qu’il y a quelques trente-quatre ans maintenant j’étais comme Trébulot je ne voyais pas grand-chose, sinon les apparences des choses.

 

Et à la fin du livre, avant de le refermer :

« Laisse les moines. Ils y viendront bien sûr sous notre voûte, pour parler du Charpentier d’amour, et de partage. Nous le souhaitons de tout notre cœur. Pourvu seulement qu’ils en parlent bien et qu’ils ne l’accaparent pas en en faisant un piètre usage…Ils feront le banquet communiel, en souvenir du dernier repas du Charpentier. Ils y distribueront, le Pain et le Vin de la Vie. Tant mieux ! C’est indispensable ! Mais nous nous construirons le…. Il s’arrêta et se souvint de son serment :

  • Je ne peux pas t’en dire plus, j’ai promis, je me suis consacré au Grand Œuvre. »

 

Depuis ces trente-quatre dernières années, les étoiles de Compostelle m’ont toujours accompagné.

 

Je finirais par cette citation qui est la dernière phrase du livre :

 

« ET, sur la poussière du chemin, il lui dessina une spirale : celle qu’il avait trouvée, un jour en démultipliant à l’infini, le rectangle d’or. »

 

Avant de suivre cette spirale ascendante qui traverse les images des arcanes du Tarot, je tiens à préciser que je me réfère au Tarot de Marseille en priorité et à celui de José Bonifacio ensuite ce dernier est un Tarot initiatique en quête de la Parole perdue, il diffère quelque peu de celui de Marseille dans la numérotation de ses arcanes, le premier numéro étant le Fou et le numéro deux le Magicien, ainsi La Tour Foudroyée se trouvera prendre la dix-septième place.

Pour moi comme dans toutes les initiations le commencement, fût la fin, La Mort, la descente dans le cabinet noir, la Mort symbolique, initiatique avec l’image de la faux qui coupe la tête du vieil homme, mais annonce aussi la récolte, le profane Le Mat s’est mis en chemin, il commence sa métamorphose. Il meurt pour renaître, car rien ne meurt tout se transforme, se régénère.

Le nouvel homme recevra bientôt les outils de la construction, c’est l’image du Bateleur avec son bâton magique, il va créer le nouveau monde celui de l’intérieur. L’arcane de la mort ne porte pas de nom car elle symbolise le départ d’un nouveau cycle de construction.

L’initié voit le temps qui s’écoule dans le sablier, il sait déjà intuitivement que ce qui est en haut est semblable à ce qui est en bas, il est temps d’agir, il faut que le changement s’opère, qu’il revienne à l’original. Il faut que les deux principes le féminin et le masculin se réunissent dans l’un, l’unique au terme d’une succession de morts et de renaissances. Le profane lui trop attaché aux biens matériels refusent leur perte, la mort. Qu’il croit comme définitive. Il refuse toute destruction, donc toute reconstruction de lui-même. Incapable de regarder au centre de lui-même, il se recouvre avec les pelures des apparences.

L’arcane de La Tempérance me fait penser à l’apprenti, qui bouillonne de vie, impatient de se lancer sur le chemin, il devra d’abord trouver une forme d’harmonie, reposer son esprit assis au nord sous la Lune croissante, dans une faible lumière reçue par communication des Maîtres. Dans le silence et dans l’écoute il s’efforce de maîtriser sa parole, il tourne sept fois sa langue dans sa bouche, et s’aperçoit qu’il ne peut rien dire, sa main bloque sa gorge. Ce qu’il prenait pour un bouillonnement en lui avec la pâle lueur de la Lune, n’est que l’eau tiède d’une nuit d’été. Alors il pose ses mains sur ses genoux, en silence il écoute, il entre en harmonie avec ses frères et reçoit les bienfaits de la connaissance.

 

L’arcane du Diable sorti de la pénombre, l’initié va vers la Lumière en suivant l’étoile, il aspire à devenir maître, le soleil qui l’éclaire, s’il veut brûler les étapes, il se brûle les ailes tel Icare, il ne peut pas encore supporter la Grande Lumière, il est ébloui par son ego, ses passions, ses plaisirs, il n’a pas réaliser son chef d’œuvre, il prétend tout savoir, tout connaître s’impatiente, il confond savoirs et Connaissance, ce n’est qu’un mauvais Compagnon plongé dans l’orgueil et l’ignorance.

Le bon compagnon lui à appris à maitriser les forces du mal. Il ne confond pas la matière et l’esprit, l’avoir et l’être. Il voit l’étoile flamboyante dans le ciel et il regarde en son centre la lettre G.

 

Nous avançons nous voilà bientôt à pied d’œuvre, au pied de la Tour foudroyée ou de la Maison Dieu…Tout cela n’est peut-être qu’élucubrations allez savoir !

 

Jean-François Guerry.

 

 

À SUIVRE … Le Gardien de la Tour- PART-III-:Symbolisme du Terrestre au Céleste.

LE GARDIEN DE LA TOUR - PART- II- : Symbolisme de la Construction

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Publié le par Jean-Pierre Rousseau, La Loge Kleio, Hervé Deroeux
LE MAÎTRE ARCHITECTE À LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

 

    Pour chercher la Vérité, il faut lutter contre nos imperfections 

 

Si nous étions parfaits

Nous ne serions pas là

A courir les secrets

Qui font de nous ici-bas

Des chercheurs de Vérité

Des bâtisseurs par la beauté

 

Si nous n'étions que dans le vrai

Nous ne serions pas là

Car connaissant tous les secrets

Qui feraient du monde d'en bas

Un éden de rêves réalisés

Un lieu exquis de plaisirs à consommer

 

Au milieu de cela le GMA agit

L'initié idéaliste rêveur construit

Doute avance cherche à tout prix

Le sens du monde le sens de la vie.

                                             Jean-Pierre Rousseau.

                                 Publié avec l'aimable autorisation de l'auteur 

LE MAÎTRE ARCHITECTE À LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ
La Respectable Loge KLEIO, vous propose à contre courant des théories du complot qui fleurissent trop en ce moment, une réflexion sur ce qu'est l'Art Royal, La Franc-Maçonnerie  ...
Jean-François Guerry. 
LE MAÎTRE ARCHITECTE À LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

NOVUS ORDO SECLORUM

ou l'Oeuvre maçonnique.

 

 

La Franc-Maçonnerie se pense comme un « centre d'union entre des sensibilités qui travailleraient à leur construction intérieure ». Son « crédo » figure dans le Préambule de ses Constitutions, sorte de Manifeste inspiré par Newton édicté en 1723 :

 

« Bien que dans les Temps Anciens les Maçons fussent obligés dans chaque pays d'appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu'elle fût, il est maintenant considéré comme plus opportun de seulement les soumettre à cette Religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, qui consiste à être des Hommes Bons et Honnêtes ou Hommes d'Honneur et de Sincérité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer ; ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d'Union et le Moyen de concilier une véritable Amitié parmi des Personnes qui auraient dû rester perpétuellement éloignées. »

 

A partir de ces quelques lignes, presque négligemment rédigées et pourtant d’une portée radicalement novatrice au sortir d’un XVIIéme siècle encore enténébré par les superstitions, la Franc-Maçonnerie prit rapidement son essor qui fut irrésistible.

 

« Ordre initiatique universel fondé sur la Fraternité » ou « Alliance d'hommes libres de toutes confessions - sans y être étrangers », la Franc-Maçonnerie rayonne d’abord en Ecosse et en Angleterre puis immédiatement en France et aux Amériques.

 

A son commencement, les Loges sont composées d’élites roturières ou aristocrates, plus rarement issues du clergé. Leur proximité avec les Sociétés Savantes (Royal Society en Angleterre ; Salons philosophiques en France) leur confèrent un incontestable prestige à telle enseigne qu’une Loge telle « Les Neuf Sœurs » à Paris pourra réunir en son sein, avant la Grande Révolution, la presque totalité du mouvement des « Lumières » de France et d’Amérique.

 

Comme elle professe la Tolérance, c'est-à-dire la cohabitation entre les religions, la Franc-Maçonnerie les relativise autant qu’elle les irrite. Elle devient rapidement un outil d’émancipation que la bourgeoisie, force ascendante des temps nouveaux, met au service de ses ambitions.

 

Dans son discours du 23 février 1869 à Neufchâtel, le « frère » Bakounine évoque bien ce moment : 

 

« Ayant réuni en son sein, à très peu d’exceptions près, tous les esprits d’élite, les cœurs les plus ardents, les volontés les plus fières, les caractères les plus audacieux, elle avait constitué une organisation active, puissante et réellement bienfaisante. C’était l’incarnation énergique et la mise en pratique de l’idée humanitaire du XVIIIème siècle. Tous ces grands principes de liberté, d’égalité, de fraternité, de la raison et de la justice humaine, élaborés d’abord théoriquement par la philosophie de ce siècle, étaient devenus au sein de la Franc-Maçonnerie des dogmes politiques et comme les bases d’une morale et d’une politique nouvelles, l’âme d’une entreprise gigantesque de démolition et de reconstruction »

 

 

LE MAÎTRE ARCHITECTE À LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

Ordo ab Chao

 

 

De cette alliance entre le Monde des idées et celui de la libre entreprise que la Franc-Maçonnerie fédère à cette époque, de l’action de ces hommes nouveaux pénétrés des vertus antiques, irréductiblement engagés dans la cause de la Liberté, de cette conviction de l’universalité de valeurs communes à tous les hommes malgré leurs dissemblances, résultera l’avènement d’un «Novus Ordo Seclorum » (Nouvel Ordre Séculier) qui structure désormais notre civilisation.

 

« On a accusé la franc maçonnerie de je ne sais quelles clandestines et mauvaises conspirations. Je lui en connais une dont je la loue sans réserve. C'est au milieu des aigreurs ou des violences du fanatisme, la conspiration de la tolérance. » Émile Littré

 

 

 

Sur le Grand Sceau des Etats-Unis (The Great Seal), L’œil divin (God) et le Faucon (Horus)

approuvent la création (Annuit Cœptis)

du Nouvel Ordre laïc et Séculier (Novus ordo seclorum)

ou Tous ne font plus qu’Un (E pluribus unum)

LE MAÎTRE ARCHITECTE À LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

Projet du billet portant la demande de rectification et la signature de Roosevelt. Le Secrétaire à l'Agriculture des Etats-Unis, Henry A. Wallace et le Secrétaire au Trésor Henry Morgenthau Jr., eux aussi francs-maçons, ont également signé

 

 

 

 

Evènements dont les principaux acteurs furent initiés à la franc maçonnerie

 

L’Encyclopédie

 

 

Philosophes des Lumières (Rousseau excepté)

 

 

Déclaration d’indépendance Américaine

Constitution des États Unis

 

 

Washington, Franklin, La Fayette…

Pères Fondateurs

 

 

Déclaration des droits de l’homme  Constitutions de la Révolution

 

 

Principaux acteurs de la Révolution toutes tendances opposées confondues

 

 

Code Civil des Français

 

 

Principaux Jurisconsultes

 

 

Révolutions de 1830 et 1848

 

 

Charbonnerie, La Fayette, Blanc, Raspail, Ledru-Rollin, Arago

 

 

Indépendance de l’Amérique Latine

 

 

Bolivar, Marti, de Miranda, de San Martin, Louverture

 

 

Abolition de l’esclavage

 

 

Grégoire, Schœlcher

 

 

Unité Italienne – Risorgimento

 

 

Carbonarisme, Garibaldi, Mazzini, de Cavour

 

 

Séparation de l’Eglise et de l’État Enseignement public

 

 

Gambetta, Ferry, Grévy…

 

 

Conventions de Genève                   Croix Rouge

Internationale

 

 

Dunant

 

 

Société des Nations

 

 

Bourgeois

 

 

Laïcité Turque

 

 

Ataturk

 

 

1ère République Russe

 

 

Prince Lvov, Kerenski

 

 

1ère République Chinoise

 

 

Sun Yat Sen

 

 

Lutte contre la Nazisme

 

 

Churchill, Roosevelt, divers Résistants

 

 

 

LE MAÎTRE ARCHITECTE À LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

Exemples de Sceaux des États d’Amérique Latine frappés de symboles d’inspiration maçonnique : Soleil, Étoile flamboyante, Attouchements, Cornes d’abondance, Faucon Horus, Pyramides, Faisceaux des Licteurs et Bonnet Phrygien

 

 

 

 

Les penseurs, philosophes ou hommes de lettres initiés à la franc-maçonnerie furent nombreux. Une centaine !

 

Le XVIIIéme siècle en a produit une moitié ;

le XIXéme siècle, trente pour cent à peu près et le XXéme siècle le reste.

 

La perte de rayonnement de la franc-maçonnerie dans le Monde des Idées est ainsi manifeste à mesure que le temps s’écoule.

 

Nos gloires intellectuelles vinrent de tous pays, de France surtout - un tiers ; des iles Britanniques ou d’Amérique du Nord, pour un autre tiers ; le Monde germanique fut grand contributeur, comme aussi l’Italie ou la Russie. D’autres moins nombreux nous écrivent d’Amérique du Sud, de Perse, de Turquie, d’Inde, de Suisse ou même de Chine.

 

Tous eurent la Liberté pour passion, celle des opinions et des confessions, celle de l’expression. Ils contribuèrent aussi à l’Égalité des droits. Plus rares furent ceux qui voulurent tendre à une égalité des conditions; Ils furent partagés entre le républicanisme et le respect du système monarchique pourvu qu’il soit contraint par une constitution. Tous exécrèrent l’absolutisme et l’intolérance religieuse. Ils furent majoritairement déistes.

 

Formons le vœu, qu’aux glorieux exemples de ses penseurs illustres, elle porte encore des fruits.

 

VB

 

NO COMMENT

NO COMMENT

Les liens pour les causeries de Hervé Deroeux

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Publié le par Hervé Deroeux
L'ESCLAVAGE UN CHANCRE DE L'HUMANITE
À LIRE

Dès que j'aurais moi-même lu ce livre je vous ferais une recension.

Jean-François Guerry

L'ESCLAVAGE UN CHANCRE DE L'HUMANITE
COMMUNIQUÉ :

 

L'ACADÉMIE MACONNIQUE DE PROVENCE

L’Académie maçonnique Provence organise des Rencontres ou des visioconférences sur des thèmes annuels. Le thème 2021 est : « Les racines profondes de la Franc-maçonnerie »

Les conférencier-ère-s, majoritairement francs-maçons eux-mêmes proposent de partager le plus largement et librement possible leurs connaissances.

La durée nécessairement contrainte de ces rencontres, malgré la diffusion intégrale des interventions, génère, et c’est bien le but initial, le désir, très souvent exprimé par de nombreux participants, d’aller plus loin sur les sujets abordés.

C’est à ce désir que l’Académie souhaite répondre en proposant aux auteurs-conférenciers de développer leur sujet d’étude et aux lecteurs intéressés de poursuivre leur quête sur le thème.

 

Nous avons souhaité créer une collection d’ouvrages dédiée à ces développements, co-éditée par l’Académie Maçonnique de Provence et les Éditions Ubik, qui réunira dans un format très accessible ces contributions destinées à approfondir chaque sujet. 

Ainsi se construira un parcours thématique complet décliné en plusieurs étapes et autant de supports :

- la conférence elle-même, et les échanges “en présence”.

- le texte de l’intervention, distribué aux participants, pour revenir sur ce qui a été écouté.

- le livre de chaque auteur-conférencier, pour aller plus loin et poursuivre la réflexion vers de nouveaux horizons qu’il appartient à chacun de découvrir et d’explorer de manière continue

 

Nous accueillerons le samedi 6 février Marc Halévy qui traitera du sujet : « Kabbale et Franc-maçonnerie » et à cette occasion sortira le premier livre de notre collection.


Et le samedi 6 mars à 10 heures, nous accueillerons toujours en visioconférence Michel Fromaget : « La tripartition de l’homme : Corps, Âme, Esprit » et à 11 heures Francis Bardot : « Les racines néoplatoniciennes du REAA »

 Inscriptions gratuites avec le lien ci-dessous.

 

https://www.helloasso.com/associations/academie-maconnique-provence/evenements/ves-rencontres-academie-maconnique-provence

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Publié le par Jean-François Guerry
GARDIEN DE LA TOUR : SYMBOLISME – PART-I : La richesse des symboles.

GARDIEN DE LA TOUR : SYMBOLISME – PART-I : La richesse des symboles.

 

              « La nature est un temple où de vivants piliers

                   Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

                  L’homme y passe à travers une forêt de symboles

                  Qui l’observent avec des regards familiers.

                  Comme de longs échos qui de loin se confondent,

                  Dans une ténébreuse et profonde unité,

                  Vaste comme la nuit et comme la clarté… »

 

                                    Correspondances Charles Baudelaire.

 

Ici tout est symbole ma sœur, mon frère, c’est souvent avec cette formule que les postulants aux mystères, les récents initiés sont accueillis dans le temple maçonnique, leur yeux décillés peine à comprendre ce qui les entourent.

 

Dans les temps anciens, bien avant la découverte et l’expansion de l’imprimerie, les hommes traçaient à l’abri, à couvert dans leurs cavernes, des signes, des peintures rupestres dont la force, la puissance a traversé tous les temps, ce furent sans doute les premiers temples symboliques, les allées couvertes comme celle de Gavrinis en Bretagne avec ses signes, ses symboles gravés et burinés dans le granit sont encore des énigmes. Nombreux sont ceux qui cherchent les idées derrière les symboles.

 

L’on traçait sur les parois, dans la pierre, parfois sur la terre, dans les cendres des mandalas, comparables aux tableaux des loges maçonniques, qui rythmes avec les paroles et les gestes, les passages du monde profane au monde sacré.

Chaque civilisation a voulu transmettre sa tradition, d’abord dans la longue chaîne des initiés et puis dans le monde.

 

Les troubadours qui allaient de châteaux en châteaux sous couverts de leurs chants courtois, délivraient des messages universels, tout comme les oeuvriers des cathédrales.

L’oralité permettait la transmission des secrets, aujourd’hui on écrit. Le souffle alors se transmettait de Maître à élève, lettre après lettre, mot après mot, geste après geste, attouchements après attouchements. D’ailleurs la plupart ne savaient ni lire, ni écrire et pourtant ils recevaient la Lumière de la Connaissance, progressivement, afin de ne pas être aveuglé, il fallait être éclairé avant d’être illuminé, au risque si l’ordre n’était pas respecté d’une chute irrémédiable à l’instar d’Icare l’homme qui chuta, bascula dans l’orgueil, il voulait être Dieu.

 

Je reviens à la transmission des mystères petits et grands, les oeuvriers, les compagnons bâtisseurs, les maîtres architectes, furent dirigés longtemps par le clergé des religions. À l’instar de Salomon il fallait construire une demeure à la gloire de l’éternel, des temples de pierre capables d’accueillir l’ensemble des fidèles. Ce fût le temps des cathédrales, demeures religieuses sensées relier l’homme à son principe créateur, mais aussi demeures mystérieuses, demeures philosophales si bien décrites par Fulcanelli. La pierre sculptée, devint une image, une pierre vivante, un symbole. Le ciel, les vertus, les légendes, les épopées furent représentées.

 

Les oeuvriers de la construction, le maillet et le ciseau en main, construisaient, ils construisaient les temples de pierre, mais aussi guidé par une force supérieure, qui les transcendaient ils construisaient leur vie, ils se construisaient eux-mêmes. Conscients de la valeur de leur métier, de la force mystérieuse qui les guidaient, ils enfermaient leurs secrets dans les loges adossées aux cathédrales.

 

La lumière qui passe à travers les vitraux des édifices, n’éclaire pas que les pierres, elle éclaire les hommes. Dans chaque Loge  maçonnique, l’on trouve des fenêtres vitrées symboliques. Elles sont occultées, car la lumière est à l’intérieur, dans l’espace sacré, cela me fait songer aux magnifiques vitraux noirs que Pierre Soulages dans l’Abbatiale de Conques. La lumière de l’intérieur jaillit à l’extérieur, quand les portes du temple s’ouvrent.

 

Force est de constater qu’il n’était pas facile à cette époque de diffuser la Connaissance, dans un monde dominé par le dogme de l’église. Le peuple devait se contenter des préceptes et des images estampillées par les clercs. L’ésotérisme étant réservé aux élites intellectuelles. Les imagiers du moyen âge soucieux de diffuser leurs savoirs, imaginèrent les arcanes du Tarot, ceux qui savaient voir, découvraient les modalités de l’être. Ainsi le jeu de Tarot fût une porte, un passage vers l’intériorité de l’homme, un accès pour la connaissance de l’homme véritable, de l’homme dans sa pureté avant qu’il ne compose avec les conditions de l’histoire.

 

Les symboles, les images ne se résument pas à un syncrétisme qui engendre la confusion, mais à un travail de recherche, une méthode. Les analogies éclairent et nous guident vers l’essence de la Connaissance. Ce travail ne consiste donc pas, à amasser, mais plutôt à dépouiller à retirer les écorces de l’apparence pour pénétrer le sens profond des choses, pour faire jaillir la Lumière.

 

Les symbolismes sont nombreux, le symbolisme de la nature avec les symboles végétaux, le bestiaire symbolique, il y a le symbolisme propre à chaque religion et même à chaque époque de chaque religion. Le symbolisme maçonnique est celui de la construction, le maçon construit des temples de pierre, mais surtout des temples à l’esprit, des temples spirituels, il construit son temple intérieur, et finit par devenir lui-même un temple capable d’accueillir la Lumière, la Vérité et l’amour. Il a pour y parvenir des outils symboliques et des outils spirituels que sont les vertus humaines.

En parlant de la franc-maçonnerie René Guénon parle de l’Art Royal, ou de Tradition Primordiale, ou encore de science sacrée, dont les symboles sont universels. Jean-Pierre Bayard de Symbolisme Traditionnel.

Difficile de s’y retrouver à travers toutes ces catégories de symbolismes, mais elles sont reliées par la Connaissance des symboles universels. Ces symboles universels ont une forte capacité psychologique, c’est sans doute pour cela que le Tarot et ses arcanes majeurs ont toujours autant de succès, les lames du Tarot mettent en valeur les vertus humaines.

 

Il nous faudra sans cesse nous défier, des symboles dégradés par le temps, ou ceux qui sont mis au service d’un dogme, d’une dictature. Pour ma part je m’attache toujours aux symboles universels les plus simples, se sont ceux qui produisent sur moi, une inspiration, un effet, une émotion.

 

Jean Chevalier et Alain Gheerbrant font référence avec leur dictionnaire des symboles. Dans l’introduction de leur dictionnaire l’on peut lire -2- Approche terminologique

 

« L’emploi du mot symbole révèle des variations de sens considérables.

Pour préciser la terminologie en usage, il importe de bien distinguer l’image symbolique de tous les autres avec lesquelles elle n’est que trop souvent confondue. Des confusions, résulte un affadissement du symbole qui se dégrade en rhétorique, en académisme ou en banalité.

Si les frontières ne sont pas toujours évidentes, en pratique les valeurs de ces images, c’est une raison supplémentaire pour les marquer avec force en théorie. »

 

L’on pressent l’originalité (au sens originel) du symbole dans cet avertissement et son immense et incomparable richesse psychologique.

 

Vous pensez peut-être que je me suis éloigné de ma Tour et de son Gardien, et du symbolisme des arcanes du Tarot ou peut être pas, car ces images tracées avec soin dans les moindres de détails sont « truffées » de symboles, c’est donc un délice pour la vue et l’esprit.

J’ai entrepris cette réflexion suite à une remarque judicieuse d’un lecteur du Blog qui s’étonnait à raison que j’ai attribué par erreur le nombre 17 à l’arcane dite de la Tour Foudroyée ou la Maison Dieu, dans la majorité des jeux de Tarot cette arcane porte le nombre 16.

Ce nombre 17 est cependant présent dans le Tarot Initiatique proposé par José Bonifacio et Garo Karageusian, cela mérite donc un approfondissement ….

 

 

Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : Le Gardien de la Tour – Part II- Symboles Terrestres et Célestes.

GARDIEN DE LA TOUR : SYMBOLISME – PART-I : La richesse des symboles.
GARDIEN DE LA TOUR : SYMBOLISME – PART-I : La richesse des symboles.

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Publié le par Jean-François Guerry
Caïn et Abel

Caïn et Abel

 

À la question de Dieu à Caïn : « Où est ton frère ? » Caïn répond « Suis-je le gardien de mon frère !»

La question de notre responsabilité, vis à vis de notre prochain, de notre proche, des autres est posé. Le fratricide de Caïn nous interroge sur la question de la fraternité. Pour les croyants c’est sans doute la première fois qu’ils sont confrontés à ce dilemme, lors de la lecture de l’ancienne loi, la nouvelle loi, la nouvelle alliance viendra répondre à la question de la fraternité, par l’injonction « aimez-vous les uns les autres ».

 

Les sœurs et les frères comme toutes les femmes et les hommes se sont posé un jour cette question de la fraternité, est-ce un devoir ? Tous nous sommes des enfants de l’humus, nous composons l’humanité, sans distinction de race, de religion, ou d’opinion. Les Lumières ont aboli l’exclusivité de la morale religieuse, le monopole de la fraternité. Les religions dans un paradoxe relient et divisent les hommes, quand leurs dogmes veulent s’imposer à l’autre.

 

Daniel Keller passé Grand Maître du Grand Orient de France, lors d’une conférence sur le thème : Le bouc émissaire ou la haine de l’autre et l’élimination de la différence, conférence malheureusement inspirée par la tuerie qui a eu lieu au journal Charlie Hebdo, disait en introduction de cette conférence :

 

« Saurons-nous un jour remplacer cette logique ancestrale de l’expulsion de l’autre par une logique d’intégration et de reconnaissance ? Ou bien sommes-nous condamnés (mais par qui sinon nous-mêmes ?) à répéter ce crime tristement fondateur ?

 

Pour nous autres francs-maçons cela ne va évidemment pas de soi, et si l’idée que l’on puisse se sauver en faisant disparaître même symboliquement l’autre n’est pas tolérable. L’autre, n’est pas mon contraire, mais au contraire il m’enrichit ! »

 

Nous ne pouvons succomber au concept du bouc émissaire, ce serait nier notre responsabilité, l’on a vu dans un passé récent la destruction opérée dans les esprits, par le principe du responsable, mais pas coupable, dans l’affaire du sang contaminé. Démonstration de la déviance du « tous contre tous en tous contre un », selon la formule de René Girard. Nous cherchons toujours a nier notre responsabilité individuelle et collective.

 

Dans notre société gavée par la communication qui est capable de dire : je suis responsable même devant l’évidence. L’autre n’aurait pas droit à la vérité et à la justice, il devrait se contenter de ce que nous lui octroyons comme une aumône.

Pourtant chacun de nous doit-être capable, d’être le gardien de son frère, de le défendre dans l’honneur, de l’aider. Pour que la loi morale se confonde avec la loi d’amour.

 

Quand je parle avec bienveillance à mon proche, à mon frère, je ne le dédaigne pas, je fais acte de bienveillance à son égard, c’est bien faire, c’est bienfaisance.

 

Je reviens un instant sur la compassion, la bienfaisance et la pitié, et notre responsabilité, le souci d’autrui. La fraternité est consubstantielle à la franc-maçonnerie, la démarche initiatique commence par le souci de son soi, elle impose rapidement le souci d’autrui.

 

Ainsi Emmanuel Levinas avait fait sienne cette pensée de Dostoïevski :

« Chacun est responsable de tout devant tous, et moi plus que tous les autres. »

Notre responsabilité est-elle sans limite, comme l’amour ?

 

Si l’on considère la philosophie de Levinas, on s’aperçoit que c’est une philosophie de la rencontre, rencontre avec soi et rencontre avec l’autre, le visage de l’autre. On peut faire une analogie avec l’initiation maçonnique, dans la rencontre de soi-même au début de l’initiation, puis la construction de soi, et de l’édifice commun avec les autres. Porter aux autres, transmettre aux autres, une tradition dans le respect de leurs différences, ne pas faire de prosélytisme. C’est notre rapport à autrui qui nous élève, nous transcende, jette notre ego au mieux, plus humblement l’amoindri.

 

Cette notion du visage de l’autre au sens moral, personnellement je la ressens aussi au sens physique surtout en ce moment où nous sommes confinés, où les relations avec l’autre sont impossibles. L’initiation maçonnique est avant tout la pratique des rituels dans un cadre collectif.

Dans le visage de ma sœur, de mon frère il n’y a pas bien sûr que la plastique, il y a l’expression qui communique les émotions qui viennent du cœur. L’on est souvent ému par la vulnérabilité de l’autre, notre bienfaisance est son réconfort par les paroles, les gestes, les attouchements que nous partageons, dans la chaîne fraternelle.

 

C’est justice, vérité, bienveillance et bienfaisance envers autrui, qui permettent le passage du je au nous puis au tu de l’amour fraternel, pure justice pas aumône.

 

La bienfaisance n’est pas l’aumône du berger à ses bêtes, ou à une bête de son troupeau, mais la volonté, la force d’être le gardien de son frère de ses droits.

 

Aujourd’hui nous avons besoin de renforcer l’éthique et la bienfaisance dans un monde où la technologie rend encore plus vulnérables les pauvres. Cette éthique de la bienfaisance doit être dirigée vers l’homme bien sûr en priorité mais aussi vers la nature, sauver la nature, c’est sauver l’homme. Il faut agir au-delà des grands débats interminables, des comités de pseudo experts, les compétences doivent êtres reconnues et soutenues et surtout au service des hommes. Nous devons êtres les gardiens de nos frères.

 

Jean-François Guerry.

L’AUMÔNE ET LA BIENFAISANCE Part – IV- : « Suis-je le gardien de mon frère ? »

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Publié le par Jean-François Guerry
L'AUMÔNE ET LA BIENFAISANCE - Part - III - Pourvu que le coeur y soit !

L’AUMÔNE ET LA BIENFAISANCE – Part – III- Pour vu que le cœur y soit..

 

 

« Pourvu que le cœur Soit sincère les Dieux le protégeront. Sans qu’on ait à les prier. »

                                                                                   Michizane Sugawara

 

 

 

Notre inclination à la bienfaisance vient du cœur et non de la pitié que nous inspire l’autre. Puisque le don est la conséquence de notre devoir, la reconnaissance des droits de l’autre, c’est-à-dire la fraternité que nous lui devons.

Nous ne pouvons totalement assimiler la bienfaisance à la compassion et à la pitié. La bienfaisance est le redressement de l’autre dans ses droits, c’est justice !

 

Mais la justice à besoin d’amour, elle s’y associe, la justice légalise, restitue l’autre dans ses droits, elle n’est pas compassion ni amour, ni même gentillesse.

Nous avons une difficulté à la marche sur la crête qui délimite, le bien et le mal, la justice et la charité. C’est l’image des pas hésitants de l’apprenti Franc-Maçon, de celui qui marche sur la ligne qui sépare le pavé blanc du pavé noir. Plus tar l’initié hésitera encore entre les injonctions du poursuivant noir et du poursuivant blanc. Il lui faudra au-delà de la pitié, courage et amour pour aller vers l’autre et dans le monde.

 

La justice ne prétend pas à la justesse, mais à la recherche d’un doux équilibre, d’une harmonie de l’équité qui fait société. L’équité dilate un peu la rigueur de la justice vers la voie de l’amour qui n’a pas de limite, sa loi est infinie.

 

La recherche de la justice va avec le perfectionnement de l’homme, on parle d’homme sage et juste en toutes circonstances. Quand la justice comble, rassure, aide, elle s’approche de la loi universelle de l’amour.

 

La justice rend, donne au pauvre comme au riche, son aumône devient alors de la bienfaisance.

 

Faut-il se méfier de la pitié, la pitié serait une réaction par rapport à la misère, aux souffrances d’autrui, elle serait un ersatz de justice, une justice amoindrie, une justice de l’urgence, une tolérance face au mal, donc contraire à la charité, à l’amour qui est le bien. La pitié, ne serait dès lors qu’une ruse. Une ruse qui dispense de la recherche du bien, et non une vertu.

 

La pitié est sélective elle ne s’exerce qu’à la vue de l’homme pauvre et miséreux, elle est donc associée à l’aumône.

 

Vladimir Jankélévitch voit là encore juste :

 

« Spontanée, au contraire est la charité que toute pitié présuppose : la charité n’attend pas de rencontrer le prochain en haillons pour découvrir sa misère ; notre prochain, après tout, peut et doit être aimé même s’il n’est pas malheureux. La charité n’est pas comme le remords, mauvaise conscience impuissante, conséquence tardive ; elle n’est pas secourable à l’occasion et aumônière au hasard des rencontres : elle est plutôt la source prévenante et originale et initiale de toute bienfaisance. »

 

J’ajouterais le sentiment que j’ai que la pitié et l’aumône sont ponctuelles et passagères, alors que la bienfaisance est infinie comme l’amour.

Ce qui ne revient pas à diminuer la pitié qui s’adresse à l’être. C’est une question d’intensité, d’engagement, si la pitié qui favorise la compassion est sur la voie qui mène à la justice et à l’amour, elle est de fait plus humble et qui saurait critiquer l’humilité dans une société comme la nôtre ?

Pour prendre un exemple simple bien connu des Francs-Maçons s’attendrir, compatir en paroles, sur un frère qui a du mal, souffre, est dans le besoin et agir concrètement pour l’aider sont deux choses différentes.

 

La pitié est donc conditionnelle, elle s’adresse à ceux qui sont dans la détresse, morale, physique ou matérielle, alors que l’amour ne connaît pas de frontières.

Je l’ai souvent répété, le franc-maçon est l’ami du pauvre et du riche pourvu qu’ils soient vertueux. Il recherche le bonheur de ses frères et de l’humanité, plus modestement il veut que la joie soit dans tous les cœurs, c’est l’universalisme de la franc-maçonnerie. Le franc-maçon doit être ce que les frères du Rite Écossais Rectifié appelle un CBS, un Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, de la cité universelle. Le rêve, l’utopie d’un monde ou la pitié n’aurait plus sa raison d’être, un monde où l’amour régnerait parmi les hommes.

 

Jean-François Guerry.  

L'AUMÔNE ET LA BIENFAISANCE - Part - III - Pourvu que le coeur y soit !

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COMMENTAIRE
Le texte du jour qui peut faire réfléchir sur la situation actuelle de tous ceux qui survivent grâce aux aumônes de l'état providence, que personne par ailleurs ne saurait blâmer dans les circonstances actuelles mais après ? Qu'en pensez-vous ?
Bonne journée à tous

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