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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Thierry Didier
JUDA et JUDAS - Part V Thierry Didier
Commencement et re- naissance caractérisent la quête initiatique, deux moments pour une spiritualisation... Voie vers la transcendance et l'immanence.
Bonne lecture de la suite de l'article de Thierry Didier.

La totalité de l'article est accessible sur demande par mail à 

courrierlafmaucoeur@gmail.com

Jean-François Guerry.

D

ans le Nouveau Testament, Jésus, autre passager, occupera successivement les 2 mondes de la vie et de la mort, accompagné par cette limite bipartite de la Passion et de la Résurrection. Les passeurs, Johaben et les 2 judas auront donc un temps d’avance sur une orthodoxie qui devra ensuite se résoudre et se plier à ce vaste remaniement. Ces 2 mondes diffèrent mais sont aussi reliés étroitement l’un à l’autre : ce mix de rapprochement et de différenciation créera les conditions nécessaires à une transition, à une mouvance permanente, justifiant alors le caractère progressif de l’initiatique. La condition sine qua none à la spiritualisation sera d’abord d’identifier ces 2 univers, d’y voir la possibilité à la fois d’un lien mimétique et d’une opposition ontologique. Dans les 2 narratifs qui nous intéressent ici, le lien de similitude sera porté, chez Joseph, par l’existence de 2 pays voisins géographiquement, mais opposés en termes de sophistication civilisationnelle et de confession  (monothéisme contre polythéisme,  royaume contre tribus…); et chez Jésus par l’existence contradictoire des 2 grands moments de l’existence, vie et mort, séparés par ce rempart bipartite qu’est la Passion (limite dynamique de la vie vers la mort) suivie de Résurrection (limite dynamique de la mort vers la vie).

Ces 2 viatiques que sont Passion et résurrection constitueront une « pente douce », facilement admissible par les fidèles, car moins crue que les simples transitions, beaucoup plus rudes, de la vie au trépas, et du trépas à la vie, où la descente aux enfers (évangile apocryphe de Nicodème) sera inéluctablement suivie d’une remontée acceptable pour les croyants. Il s’agira ici d’un phénomène de levier, c’est-à- dire d’un couple de forces opposées dont la conséquence sera qualitativement la capacité à lever une charge et quantitativement à démultiplier cette levée. Nous allons nous rendre compte, en contant ces 2 Judas, que leur légende s’entrecroise, se ressemble et aussi se distancie, en tenant compte de ces spécificités fondamentales qui distinguent les 2 Testaments à savoir, je le répète, un caractère transcendant pour l’Ancien, et un caractère immanent pour le Nouveau. La notion même de miracles, qui jalonnent plutôt le Nouveau Testament, par son caractère ineffable, impromptu et presque magique, correspond à cette incursion, cette saillie du caché dans un récit ouvert, comme une sorte de « moratoire exotérique », glissé dans le monde sensible.

 Le principe même du miracle sera qu’il fait passer d’une situation factuelle à une autre situation factuelle, sans identification précise du passage. Un miracle, c’est en fait un passage sans témoin visible, par justement une liaison indicible, incognoscible, mettant sous le boisseau le déroulé ésotérique que serait la description du mécanisme dudit miracle. L’existence même de miracles, plus fréquents dans le Nouveau Testament, font d’autant plus facilement saillie que leur territoire d’expression est substantiel et exotérique : de l’eau au vin, du pain unique au multiple, d’un Lazare mort puis ressuscité, les états primaux et finaux, bien caractérisés dans leur statut, passent momentanément par la « trappe » symbolique du miracle. En lieu de miracles, concernant le caractère transcendant du Dieu des hébreux, nous aurons essentiellement des théophanies sous forme de nuées et de feux, c’est-à-dire de manifestations immanentes d’un Dieu Transcendant par le canal de Moise, là où les miracles du Nouveau Testament seront la manifestation transcendante de Dieu plongé dans le milieu incarné en Jésus. Conséquemment, rien de miraculeux lors du périple initiatique de Joseph ; par contre, tout de miraculeux dans la trajectoire initiatique de Jésus.  La Terre promise, terre de départ de Joseph, et l’Egypte, terre d’arrivée sont, soit, situées dans le même horizon symbolico-géographique, mais différent suffisamment pour que le passage de l’une à l’autre puisse être vécu comme un changement radical. Une fois parvenu en Egypte, sorte de « rêve américain » de l’époque, tout fut possible pour Joseph, dont les capacités divinatoires, plus subtiles que celles de la guerre, le firent reconnus par les officiers de Pharaon, puis par Pharaon lui-même, qui vit en Joseph l’esprit de Dieu, c’est-à-dire l’instauration d’une forme de spiritualité aigue. D’une part, la transcendance de Yahvé, accompagnera discrètement Joseph, je cite, Gen. 39,2 « Yahvé assista Joseph, à qui tout réussit », Gen. 39,5 : « la bénédiction de Yahvé atteignit tout ce qu’il possédait », Gen. 39,21 : « Yahvé assista Joseph, il étendit sur lui sa bonté ». D’autre part, l’immanence de Dieu accompagnera Jésus, dans son incarnation dans le Christ.

C’est pourquoi la façon d’induire le passage d’un monde à l’autre relèvera, pour le Nouveau Testament, de l’« embrassement fatal » du baiser de Judas Iscariote, au combien miséricordieux. Le baiser de Judas Iscariote à Jésus correspondra à une passation de matière à matière, sans le biais du son ou de la parole : sa force sera d’autant plus grande qu’on qualifiera ce baiser à l’aune de sa trahison, ce qui en gonflera la puissance. L’embrassement charnel qualifiera ainsi un don total qui tranchera d’autant plus avec la future trahison :  Proverbes 27,6 : « Fidèles sont les coup d’un ami, mais un ennemi prodigue les baisers ». A titre de comparaison, quand Pierre renie Jésus, cet acte reste dans le domaine verbal, ce qui en atténue la portée, mais aussi la future punition. On parlera à l’égard de Judas Iscariote, tout comme Johaben au 6ème et 9ème degré du REAA, de princeps apostolarum, c’est à dire du premier dans la hiérarchie, avant que Pierre ne lui dispute cette position, tout comme Guibulum le fera aussi avec Johaben, au 13ème degré du REAA.

L’épisode du don du morceau trempé de Jésus à Judas Iscariote, préalable au baiser, témoigne ainsi de leur grande proximité, établissant les bases d’une relation indéfectible de matière à matière. Il faut voir dans cette effusion réciproque la spiritualité, sorte d’élan distinctif appuyé sur un socle séculier, et destiné à transcender celui qui en sera l’objet : Jean 13 :26-28 : « Jésus répondit : C'est celui à qui je donnerai le morceau trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas, fils de Simon l’Iscariote. […] Dès que le morceau fut donné, Satan entra dans Judas. Jésus lui dit : Ce que tu fais, fais-le promptement. Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela ». Concernant l’Ancien Testament, l’acte matériel relèvera du « dépouillement fatal » de la tunique ornée de Joseph par ses frères, effacement au combien sacrificiel, ordonné par Juda, fils de Jacob. La résurrection de Jésus, causée initialement par la trahison de Judas Iscariote, se compare avec l’accueil en position de force, que fera Joseph de ses frères félons, maintenant demandeurs (de blé). Joseph dira alors : Gen. 45 ,5 : « … c’est pour préserver vos vies que Dieu m’a envoyé en avant de vous ». Nous retrouvons là la texture intime du mythe, qui est de considérer tout narratif linéaire comme préexistant en celui-ci, une retro antériorité qui est la manifestation d’un Dieu ou de son objet tout puissant, qui connaît le passé et l’avenir. Car l’histoire d’un mythe conditionne finalement le fait que tout est présent dès le départ, et que l’initié, objet de ce mythe, va pouvoir, en évoluant, s’ouvrir la connaissance de faits qui ne peuvent être qu’antérieurs, dans la mesure où tout est déjà écrit. Faisant parler Jésus, (Marc 14 42) : « voici que celui qui me livre est tout proche » : tout comme Abiram pressent, dans la caverne du 9ème degré du REAA, ce qui va lui arriver, ayant à ses côtés le poignard qui va le trucider. Autres exemples : Matthieu 16, 21 : « Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il aille à Jérusalem, qu’il souffre beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il soit mis à mort, et qu’il ressuscite le troisième jour ». Et Matthieu 26, 23 « Prenant la parole, il dit :  Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer ». Dit autrement, il y a un principe général dans la vie qui nous montre que, plus nous nous structurons, mieux nous décelons nos limites, et plus finalement nous sommes capables de percevoir les causes qui nous ont amené à être ce que nous sommes.

Thierry Didier.

LE DERNIER LIVRE DE THIERRY DIDIER aux Éditions Symbolon.
JUDA et JUDAS - Part V Thierry Didier
BLOG DE YANN : L'INFAILLIBLE PERTINENCE OU IMPERTINENCE ?
Étiquette Journal La Croix

Étiquette Journal La Croix

Crédit et crédibilité ont l'étymologie en partage
 
Raymond Aron recommandait de se mettre à la place de celui qui décide avant de porter un jugement sur un choix politique. Avec une question : "Qu'aurais-je fait dans une telle situation ? Le citoyen qui se livre à cet exercice mesure alors qu'il n'est pas du tout évident d'être ministre. Mais il faut se rendre à l'évidence, et les sondages en témoignent, il ne s'agit même plus de désamour ou de rancune de l'opinion vis à vis de ceux qui nous gouvernent, mais d'une très grande indifférence. Comme si la politique spectacle - au Gouvernement comme au Parlement - avait fini par lasser et que plus personne ne semblait croire sérieusement à l'influence concrète d'un gouvernement sur le cours des choses. Il est en effet lassant, comme disait Albert Einstein : de "refaire toujours la même chose en espérant un résultat différent" 
 
L'heure de vérité
  
 La France a perdu la maîtrise de son destin en cumulant chute de productivité, désindustrialisation, chômage de masse, paupérisation, surendettement public et privé, désintégration des services publics, archipellisation de la nation et explosion de la violence. Le temps des faux semblants, des diversions et des artifices de communication est terminé. Seule compte la capacité à identifier les problèmes, à les expliciter et à les traiter.
 
L'opinion du père Jules 
 

Le père Jules n'est pas bavard mais c'est un bon voisin. C'est un grand Breton sec et mélancolique dont les vues sur l'existence en général et sur la politique en particulier sont toujours d'un extrême pessimisme. 

" Appartenir à un pays qui dégringole n'a rien d'affriolant. Nous avons l'air du pauvre zigue qui n'a pas su garder son héritage. Non que nous l'ayons dilapidé. On a tout fait pour le garder ; au contraire. Mais toutes les opérations qu'on a tentées ont tourné mal. Manque de pot. Chaque fois que, pour nous remplumer, on a agioté, boursicoté,, on s'est découvert un peu plus. Le tas de combines qu'on a engagées, on y a perdu sou par sou. On a manqué de nez, d'inspiration. On a calculé des coups fumants. On a fait des martingales. Tout cela pour quoi ? Pour perdre. Quand il fallait un jeu ouvert, on a joué tarabiscoté.  Résultats : on n'a jamais sorti le grand jeu et on a perdu sur tous les petits. On est resté combinards. Vieux jeu. On a voulu finasser. Midi, on a toujours cru malin d'aller le chercher à quatorze heures. Midi est midi. A notre époque, il est préférable de ne pas se tromper d'heure. Les enfants diront de nous que nous avons été de pauvres types. Quand on avait des pères comme on en avait, il fallait vraiment être cloches pour ne pas réussir. Nous serons la génération à qui personne n'a la moindre envie de ressembler. On nous présentera comme de incapables. Nous serons le minus. Nuls comme des caisses. Si notre nom vient sur le tapis, on détournera la conversation.. Le cousin Jules. N'en parlons pas. Une honte. Nous serons la tare de la famille. Ceux dont on se gardera de parler. Jusqu'où cela ira, on en sait rien. Où qu'on s'accroche , cela cède. On met le pied sur la mauvaise prise. Entre deux planches on choisit régulièrement la pourrie. A croire qu'on a la poisse. La France est comme un bateau qui coule. Elle donne de la bande. Elle s'enfonce. Il y a de l'eau dans les machines. La France alors c'est foutu ? " 

Réponde d'espoir au père Jules

Chaque époque est incomparable et celle que l'on vit hic et nunc plus que toute autre puisque l'on est dedans comme dans le ventre maternel. "La vie quelle qu'elle soit c'est bon" disent les Allemands avec Goethe (Wie es auch sei, das Leben, es ist gut)  et cela doit nous servir de viatique aujourd'hui plus que jamais.

YANN 

JUDA et JUDAS - Part V Thierry Didier
JUDA et JUDAS - Part V Thierry Didier
JUDA et JUDAS - Part V Thierry Didier
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JUDA et JUDAS - Part V Thierry Didier
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Publié le par Jean-François Guerry
LAVIOLENCE DE L'INDIFFÉRENCE

LA VIOLENCE DE L’INDIFFÉRENCE

 

Je m’interroge sur la question de la violence dans notre société, est-ce la montée des écarts entre les individus sur le plan social ? Quand on se dit « de gauche » on est prompt à dénoncer la trop grande différence entre les revenus, les moyens qui permettent une vie apaisée et digne. Quand on est de droite on dénonce « la trop grande redistribution » l’assistanat. Au centre on rechercher l’impossible milieu, la juste mesure, l’équilibre, l’idéal et l’improbable « en même temps », ce qui semble pouvoir satisfaire tout le monde, tout le temps aboutit à ne satisfaire au final personne et jamais. Car le monde réel en refusant les différences, en recherchant l’indifférence il créé de la violence.

C’est la théorie développée par René Girard dans La Voie méconnue du réel, sa théorie du mimétisme. Il déclare à propos de cette théorie : je ne sais pas très bien si c’est moi qui l’ai faite ou si c’est elle qui m’a fait.[1] Notre propension au refus de la différence, des différences, nous assaille depuis l’aube des temps depuis la Genèse, les deux premiers enfants étaient différents, nous pouvons lire. Or Abel devint pasteur de petit bétail et Caïn cultivait le sol[2] l’éloignement de l’Eden, l’éloignement de l’unité créé la différence, la dualité. L’homme assume difficilement cette dualité qui génère ses mauvaises passions, l’oblige à un combat permanent intérieur, une tension pour aller vers le bien. C’est une mise à l’épreuve de sa conscience, de son libre arbitre, de sa responsabilité.  Nous voyons dans l’autre, le différent, un barbare c’est-à-dire un étranger. Et le visiteur étranger attire automatiquement sur lui les soupçons hostiles des communautés fermées sur elles-mêmes. Pour la violence collective, il est un aimant plus efficace que n’importe quel membre de la communauté. [3] Rapidement l’étranger devient le bouc émissaire de tous nos maux effaçant notre et nos responsabilités. Il efface la possibilité évoquée par Saint-Exupéry de l’enrichissement par nos différences. Et de fait, toute notre altérité et notre fraternité notre refus des différences, créé un état de guerre permanent abolissant toute morale comme l’a écrit Levinas. René Girard à l’appui de sa thèse constate que le taux de récurrence du visiteur étranger collectivement massacré, est trop élevé dans les mythes qui inspirent notre conduite, pour que ce soit un effet du hasard. C’est donc la possibilité d’une information vraie. Qui se concrétise par le tous contre un. Les mauvais compagnons évoqués dans le 3ème degré de l’initiation maçonnique, ne supportent pas que l’architecte du temple possède quelque connaissance de plus qu’eux, qu’il soit de plus considéré comme bon et juste. Ils veulent mettre fin à cette différence et n’hésitent pas à recourir à la violence, ils veulent être comme lui, ils dévorés par le désir de possession, l’ambition, l’orgueil.

Il est impressionnant de voir la récurrence de cette violence, dans les extrémismes religieux ou politiques, de voir leur capacité de refus de toutes les différences, leur refus même de vouloir parler aux autres. Sont-ils peureux et craintifs à ce point, pour se réfugier dans un dogmatisme aussi radical et fermé, ne parlant plus à ceux qui ne sont pas de leur communauté ? C’est oublier ce que disait le poète espagnol Antonio Machado : Celui qui ne parle pas à un homme, ne parle pas à l’homme ; celui qui ne parle pas à l’homme ne parle à personne.[4] Cet engrenage du mimétisme est potentialisé dans notre société par les réseaux sociaux (asociaux destructeurs de liens), qui organisent la dictature du paraître et le désir d’être comme les autres. Le désir de possession des mêmes choses, des mêmes biens, et des mêmes idées surtout ne pas être différents. Nous sacrifions au mimétisme sa dignité, sa personnalité, sa singularité, sa dignité. Pour atteindre une hypothétique paix cette catharsis grecque dont l’impermanence nécessite des purifications successives des sacrifices humains sur l’autel de l’indifférence. La seule voie qui peut nous sauver, c’est d’avoir la Force d’aimer les autres avec leurs différences, de les aimer parce qu’ils ne sont pas moi, parce qu’ils ne font pas partie de mon cénacle, de ma communauté, de mon environnement social, culturel. Cela, exige une ascèse spirituelle qui se réalise souvent pleinement au moment de leur départ pour l’Orient éternel, on découvre soudain ce qu’il y avait de bon en eux, ce qui nous reliait à eux, la richesse de leurs différences.

Est-ce là, le moment de la réalisation de l’Agapè au pied du cercueil, la seule indifférence qui n’est pas violence ?

Jean-François Guerry.

 

[1] René Girard – La Voie méconnue du réel quatrième de couverture. Édition Biblio essais.

[2] Genèse IV-3 Bible de Jérusalem.

[3] René Girard ibid Pages 15 et 16.

[4] 

Antonio Machado poète espagnol Séville 1875- Collioure 1939. Son oeuvre marque l'effondrement du régime républicain.

 Témoin sincère de son temps. Il aspira à la justice et à La défense de la dignité humaine. 

 

LAVIOLENCE DE L'INDIFFÉRENCE

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Publié le par Jean-François Guerry
TOUT EST VIVANT

RIEN NE MEURT, TOUT EST VIVANT, MESSAGE PERSONNEL.

 

 

M

on Cher Yves, ceci est un message que je n’ai pas pu te faire parvenir tu es parti trop vite ou plutôt j’ai trop tardé à t’écrire j’aurais voulu que tu emmènes avec toi ce message dans ton carnet de voyage. Ce n’est que l’on manque de temps, c’est que l’on ne prend pas assez avec ceux que l’on aime, pour leur dire qu’on les aime. Nous avons les mots, ils sont enfermés dans la cage de notre cœur par pudeur, il n’est pas facile de dire je t’aime, à ceux qu’on aime.

Tu as été et tu seras toujours un de mes Frères de cœur, pour moi qui n’ai pas eu de frère de sang. Bien sûr, nous avons eu nos disputes, nos opinions, nos querelles parfois, nos lassitudes, nos actes manqués, toutes choses dérisoires au regard des joies, du temps passé ensemble et tant de moments de partage.

J’ai connu, senti et parfois ressenti tes souffrances, tu as eu ta part. Malgré tout, toi le médecin des corps, tu savais parler aussi aux âmes discrètement sans faire de bruit, je t’ai rarement entendu dire je suis ! je suis ! Mais, tu faisais sans tambour ni trompette, naturellement avec compassion.

Tu resteras toujours pour moi un Frère, c’est-à-dire un homme plein d’humanité, ayant tout donné pour tes proches au-delà parfois de tes forces. Tu as enfin trouvé cette paix bien méritée.

 

                                            Jean-François Guerry.

Solange Sudarskis - Gestuelle maçonnique Éditions UBIK

Solange Sudarskis - Gestuelle maçonnique Éditions UBIK

SE CONVERTIR

 

 

O

n peut se convertir à une religion, mais l’on peut aussi se convertir à la spiritualité. Après tout nous ne sommes pas condamnés à ne vivre que pour accumuler des savoirs, ou des biens matériels. L’expérience spirituelle, la pratique spirituelle, nous démontre que la plus grande des richesses de l’homme est en lui. Les exercices spirituels nous transforment nous font passer de notre condition d’homme à humain, ces exercices nous convertissent.

Se convertir exige un changement d’état d’être. Le commencement de ce changement d’état est l’initiation. C’est prendre la voie à la recherche de la Vérité, c’est claquer la porte à nos certitudes, s’est en permanence avoir la Force de reconstruire, de rénover, notre citadelle intérieure. Alors graduellement nous montons l’escalier tournant vers la Connaissance. Qui est d’abord connaissance de soi, amour de soi, de ce qui constitue notre être intérieur, amour de soi qui mène à la Connaissance Amour des autres.

Comment ? Avoir des exigences morales vis-à-vis de soi, être responsable de soi. Apprendre à être à l’écoute de son cœur, en conscience, alors vient le moment le Kairos, de la rencontre du désir de spiritualité, la source jaillie. Ce moment se dévoile dans le secret et le silence de notre méditation, nous prenons possession de notre unité Corps, Âme, Esprit.

Se convertir à plus de spiritualité c’est avoir la Force d’établir en soi la préférence constante pour le bien, avoir la Force de choisir la voie de sa vie, quand s’ouvre devant nous deux possibilités la porte large, haute et facile ou la porte étroite, basse et difficile. Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction (le Bien ou le mal, le vice ou la Vertu) Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez…[1]

Se convertir, c’est peut-être faire naître en soi le désir de transcendance, réaliser cette aspiration qui nous élève. Qui donne une autre dimension à la lumière éternelle qui brille en nous, lui donne son essor pour éclairer notre vie, l’orienter vers le Bien, le Bon, le Juste.

C’est un exercice qui naît dans le Secret et le Sacré de notre intimité, mais qui se réalise pleinement dans creuset, l’athanor de la loge maçonnique avec le concours de toutes les Sœurs et des Frères. Nous sommes tous sur le chemin avec des regards différents, des rythmes différents, c’est ce qui fait la fraternité maçonnique. Comme le disait René Girard : c’est l’indifférence qui contient en germe la violence. [2]En effet, le désir, d’être comme l’autre ce mimétisme ne pas vouloir de différences, être indifférent attise la convoitise, la jalousie et se termine par la théorie du bouc émissaire ; le tous contre tous mène au tous contre un.

L’ascèse maçonnique graduelle est créatrice de spiritualité, elle permet l’incarnation de cette spiritualité. Le myste se transforme, se métamorphose par la pratique spirituelle, il accomplit pas à pas sa conversion qui le mène vers les hautes sphères de la Connaissance spirituelle c’est-à-dire l’Amour Agapé.

Jean-François Guerry.

 

[1] Le Pentateuque- Deutéronome XXX, 19. Bible de Jérusalem.

[2] René Girard – La Voie méconnue du réel.

LOMIG FERRÉ À DÉCOUVRIR
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Publié le par Thierry Didier
L'homme possède t'il en lui-même un potentiel de  dépassement, un supplément d'âme ? Est-il un passeur ?

Suite de l'article de Thierry Didier

 

JUDA ET JUDAS -Part IV

D

’aucuns diront à juste titre que Judas est cette ombre qui fait partie de façon inaliénable de la figure lumineuse du Christ : cela signifie que l’homme possède en lui-même cette capacité à se dépasser, de façon à embrasser d’une façon holistique sa personnalité. Mais cela ne se fait jamais spontanément : il sera nécessaire de porter cet élan avec une énergie inédite, la plus puissante étant donc, je le répète, celle de la morale, de la frustration et de la trahison : il ne s’agira pas ici de se faire mal à soi-même, comme pourraient le signifier le silice ou la pénitence, mais d’admettre au sein de notre singularité un petit supplément d’âme, où chaque nouveauté, si minime soit-elle, participera à la construction de l’initié. C’est en cela que l’initiatique n’est jamais obéré par un statut maléfique quelconque, et au contraire intègre ce mal dans une vision progressive et holistique. C’est pour cette raison également que le passeur ne tue pas mais livre à d’autres, engageant la passation sur un terrain plus universel, dans lequel la multiplicité des intervenants ira dans le sens d’une globalisation de l’acte : c’est ce que permettra la livraison, acte délégataire, là où l’assassinat pur et simple serait un acte direct.

Livrer, au-delà de sa signification exotérique actuelle, dérive à l’origine du latin liberare, « rendre libre, affranchir ». Cette signification fut complétée il y a 1000 ans, par « mettre quelqu’un à la dispo de quelqu’un d’autre », ou bien laisser (le passage), engager (un combat), toutes acceptions relevant d’un mouvement destiné à affranchir celui qui en est l’objet. Il faut se souvenir que Juda est le mot de passe du 8ème degré du REAA, et signifie, selon l’instruction du grade d’Intendant des Bâtiments : « Dieu guidera » : tout est dit. A cet égard, les 2 Judas se mueront en passeurs d’un monde calibré, massif et indifférencié, à un espace spiritualisé, voire sacré, en tout cas permettant un affranchissement du « livré » vers un monde qui lui correspond mieux. L’étude initiatique mettra sur un même pied tous les versants possibles d’une même réalité. Conséquence de cette intrication du récit et du myste, le propre du héros mythique ou légendaire sera d’être un avatar, c’est-à-dire que les sentiments ou les jugements qu’il produira chez un initié varieront suivant l’époque et suivant la personnalité dudit initié. L’initié saura que ces habillages différents, trahison versus passation, dépendront de son niveau de conscience et seront partie prenante dans son interprétation toute personnelle des textes sacrés. Dans l’Ancien Testament, Joseph, fils de Jacob, renié et banni de la Terre Promise par ses frères dont Juda, va ainsi se retrouver acteur majeur de la société en Egypte. Joseph possède en effet, contrairement à ses frères, rudes et belliqueux, une subtilité et une sensibilité dont la capacité divinatoire est la manifestation la plus évidente. Cette faculté d’interprétation des songes, doublée d’une forme de naïveté, et également de supériorité décomplexée dans la manière de présenter ces visions à ses frères (Gen. 37,7 : « Elles (les gerbes de ses frères) se prosternèrent devant ma gerbe » contribueront à la mise de côté de ce frère.  Joseph, au-delà de cette capacité divinatoire, et de quelque part son incapacité à la rendre au commun, ne pourra pas se permettre, pour survivre, de demeurer dans le monde des individus ordinaires : cette inflation-là peut expliquer la pompe qu’il mettra dans le récit de ses songes, et dans l’arrogance niaise de sa déclamation. C’est cette attitude décalée qui va énerver ses frères et leur donner l’énergie de la rage et de la jalousie nécessaire à la perpétration de leur crime.

Car il est fondamental de comprendre que, sur un plan ésotérique et donc dénué de morale, l’acte de livraison de Joseph aux intercesseurs madianites, puis aux ismaélites réclamera une « énergie de rupture », plus importante que celle du déroulé ordinaire du récit. Le caractère martial des intervenants (frères rustres et jaloux de Joseph, l’origine peu reluisante (pour des scribes judéens) des marchands madianites, d’origine arabe, qui vendirent (traite d’humains) Joseph à des ismaélites. Puis enfin ces ismaélites, descendants d’Ismaël, le fils qu’Abraham eut avec sa servante Agar, et donc moins noble qu’Isaac, fils de Sarah, porteur de la lignée patriarcale dont seront issus Juda David et Salomon, formeront une « articulation du Mal » apte à provoquer le passage de Joseph. Dans l’« Histoire de Joseph », Gen. 37 à 50, les « basses œuvres » responsables du transit de Joseph seront donc accomplies par une forme de lie de la société orientale, dans laquelle les fils de Jacob ne se saliront pas les mains, et ne porteront pas la responsabilité bassement pécuniaire de la transaction.

Consécutivement à cela la séparation des milieux canaanite et égyptiens s’objectivera essentiellement, nous le verrons, par une différence de culture, de sophistication et d’ouverture d’esprit, mais aussi par l’existence d’un dépositaire divin, voire d’un Dieu fait homme, Pharaon, là où les hébreux en seront encore au stade tribal, avec ce manque de centralité souveraine utile à l’union des divers. Je rappellerai ici 2 exemples tirés du REAA, celui de Johaben, qui prend la forme, au 6ème degré du REAA, d’une « incomplétude cognitive » et donc d’une curiosité incisive, qui fera effraction entre les 2 rois Salomon et Hiram de Tyr. Et au 9ème degré du REAA, par une forme de violence vengeresse et de transgression de ce même Johaben qui se séparera alors du bloc de ses compagnons. Tout comme Johaben devint l’élu parmi les 9, c’est-à-dire qu’il se distingua comme un agent différencié parmi une potentialité, de même Judas Iscariote fera partie du groupe prépascal des 12 apôtres (Marc 14,10 « l’un des douze »), et Juda, fils de Jacob, du groupe des 12 fils dudit Jacob. Ainsi, Judas Iscariote « s’en alla auprès des Grands Prêtres pour le livrer » là où Johaben décapitera sans autre forme de procès l’assassin Abiram.

À SUIVRE

Thierry Didier

Livre de Thierry Didier
JUDA ET JUDAS -Part IV
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Publié le par Jean-François Guerry

LE VERBE SACRÉ 2013- L’INCENDIE DE 913

ABATI LANDEVENNEG

 

L

’exil est un mot, un thème qui irrigue, féconde, les pensées de l’homme. Les exilés dans une société individualiste, matérialiste, mondialisée provoquent des fièvres éruptives, marquent des oppositions. Les exilés nous mettent face à notre capacité d’altérité de fraternité, à notre devoir de passer de la pensée à l’action. Aujourd’hui ils sont trop souvent les boucs émissaires, les alibis qui masquent nos renoncements, nos impuissances à faire de la fraternité un lien universel une reliance entre les femmes et les hommes. Est-ce une naïveté de croire que les hommes sont capables d’Amour les uns envers les autres ? Alors, que ces mêmes hommes envisagent de conquérir l’espace, seraient-ils incapables de se pencher, de se courber pour tendre la main à leurs semblables qui souffrent ? Cette altérité, cette fraternité offerte, ouverte, n’autorise pas tous les excès et les déviances de ceux qui la reçoive, pratiquer le déni de ces excès c’est donner une caution à la haine de ceux qui voient dans les exilés des étrangers c’est-à-dire littéralement des barbares.

Chercher la Vérité, c’est combattre l’ignorance par la Connaissance qui est Amour.

Certains rituels maçonniques font référence à l’exil des juifs à Babylone après la destruction du Temple, et au retour vers la Jérusalem…

Antoine Juliens l’alchimiste du Verbe Sacré dans son édition de 2013, fait vivre les ruines de l’Ancienne Abbaye de Landévennec qui fut détruite par les vikings en 913. Ces vikings sont-ils les héritiers lointains de Nabuchodonosor le Roi de Babylone. Antoine Juliens en s’inspirant des prophéties de Jérémie et avec la force du Verbe du prologue de l’évangile de Saint-Jean : au commencement était le Verbe… Fait retentir ce nouveau Verbe Sacré des ruines de l’Abbaye, comme un jet de lumière. Il est question du bien et du mal, mais surtout de l’espérance. De cette espérance évoquée dans les mots du Frère Jean-Michel Grimaud Abbé de Landévennec : « L’exil, de l’arrachement à l’espérance. »

Dans ce Verbe Sacré, des mots, des noms, s’élèvent des flammes de l’incendie ravageur de 913, pour faire face à son outrage. Jérémie le prophète et son contemporain Eschyle le poète grec, Wethenoc (St Guénolé) un invincible Prométhée, voleur du feu pour les hommes, Keben la femme qui pleure et croit en l’homme, Benoît le crieur d’humanité, Odalrik qui voulut conquérir la terre et brûler le ciel symbole de saccages, massacres et rapines.

Sont aussi cités dans ce Verbe Salomon (Salaün en Breton.) le protecteur de la Bretagne et Gradlon le Roi de Cornouaille.

Enfin dans un message universel Antoine Juliens souligne que : Dieu ou dieu, celui qui parle à chacun dans son intimité. Ce Dieu protéiforme que nous appelons principe créateur, Grand Architecte de l’Univers, ce génie créateur qui parle avec les hommes, nous parle en toute simplicité de l’Amour qu’il a pour nous. Les flammes de l’incendie de 913 deviennent par la magie de ce Verbe Sacré une grande lumière qui illumine les bords de l’Aulne à l’endroit où la terre tombe dans la mer, dans le Finis Terrae, une porte ouverte vers le ciel.

                                    Jean-François Guerry.

VERBE SACRÉ 2013- NEUF CENT TREIZE INCENDIE
VERBE SACRÉ 2013- NEUF CENT TREIZE INCENDIE
Auto portrait Antoine Juliens

Auto portrait Antoine Juliens

VERBE SACRÉ 2013- NEUF CENT TREIZE INCENDIE
VERBE SACRÉ 2013- NEUF CENT TREIZE INCENDIE
VERBE SACRÉ 2013- NEUF CENT TREIZE INCENDIE
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Publié le par Thierry Didier
Suite de l'article de Thierry Didier : Où il sera question de deux mondes et de l'équilibre, de l'harmonie, vers l'unique, vers l'unité. Et d'une approche du réel par l'intermédiaire des mythes...

 

Jean-François Guerry.

Thierry Didier- JUDA ET JUDAS - Part III

E

n effet, le mode de fonctionnement humain est foncièrement binaire, et les 2 mondes dont je parle sont simplement la manifestation de 2 pôles, dont la préexistence conditionnera l’action de passer. En toute loi physique, une différence de potentiel génère un flux allant d’un pôle à l’autre pôle, ceci pour équilibrer la matière par des échanges incessants, qui contribuent alors à une forme d’équilibre dynamique. Ce flux est bien sûr transposable symboliquement et sera avéré dans les textes quand Joseph passera, dans l’Ancien Testament, d’un monde brutal et martial, celui, tribal, de la Terre Promise, à un monde plus sophistiqué, royal, tel que l’est l’Egypte à cette période. Il en ira de même, dans le Nouveau Testament, lorsque Jésus, passera, lui, de la vie au trépas, puis à la vie renaissante. La qualification de ces 2 exemples diffère dans la Lettre, mais dans l’Esprit la notion de passage reste la même. C’est aussi pourquoi il est nécessaire, dans une recherche initiatique telle qu’est la propose la franc-maçonnerie, de caractériser un templum, qui, dans l’antiquité était un espace carré délimité dans le ciel par un augure, afin qu’il tranche avec la vie profane ; à l’intérieur de ce templum il interprétait des présages. De la même façon aujourd’hui, il n’est pas proposé au maçon contemporain de définir, dans la sphère de son vécu ,2 mondes véritablement différents.  

Le maçon opère en effet factuellement dans un univers unique, et seule la sacralisation d’une portion d’espace et de temps sera de nature à créer cette séparation, fût-elle artificielle. Ce terme de sacré n’impliquera pas que nous aurons affaire à quelque chose de fatalement plus subtil que le profane. Ce qualificatif proviendra simplement de la séparation de fait qui existe entre les 2 mondes que l’on a définis auparavant. Ces 2 Judas utiliseront, comme bon leur sembleront, les leviers nécessaires à cette transition, avec toute la puissance que peut représenter dans l’esprit de l’homme les valeurs de trahison, de vénalité et de violence. Ces principes auront la vertu d’être considérablement amplifiés par le caractère amoral qui leur est associé, engendrant chez le lecteur avisé une énergie de sidération, de colère ou de frustration propres à entrainer violemment ledit lecteur dans un narratif où il prendra place : cette énergie ne pourra être dénichée que dans des gisements moraux, dont l’effet de levier sera fondamental : ce sera le principe du gnosticisme, dont nous toucherons deux mots en fin de texte.

La légende initiatique n’a que faire de l’éthique ou de la vérité du moment : elle prend ses racines et exerce son action en dehors des préceptes de la moraline. C’est ce qu’on appelle un mythe. Les mythes, tout comme les rêves, reproduisent des processus mentaux internes à l’initié. Ainsi, tous les actes commis et tous les intervenants d’un récit mythique représentent des parcelles de notre intellect. Le mythe apporte donc un éclairage cru, en fragilisant et en mettant en porte à faux des attitudes, comportements, des mécanismes de la pensée qui confortent habituellement l’homme dans ce qui le tranquillise. Ce qui fait la force initiatique d’un récit mythique, c’est que celui qui veut bien s’y investir va trouver à disposition tout un panel de circonstances, à même de l’impliquer totalement. On va par exemple pouvoir se reconnaître en Juda, en Judas Iscariote, en Joseph ou en Jésus, tous patronymes ouvrant étymologiquement à la déité, c’est-à-dire à un niveau de conscience particulier, nécessaire à l’avancée progressive du franc-maçon.

Ces passeurs que seront les 2 Judas pourront être considérés comme des psychopompes, mais psychopompes d’un genre particulier car guide, non pas des âmes, comme Hermès, Appolon ou Thot, mais plutôt un passeur des « enfers », comme Charon. La recherche initiatique aura cette vertu, par rapport à l’exégèse classique, de développer à côté de la voie exotérique, indispensable mais insuffisante, une voie ésotérique qui permettra d’envisager des versants plus subtils, plus sombres parfois. Á cet égard, il sera toujours déclamé un sens premier au mythe, qui sera là pour servir d’amorce simplifiée ; cette amorce sera ici la trahison, par la livraison à autrui. Pour infléchir le destin intimement lié du récipiendaire et du mythe, on aura recours à une rupture d’attitude, par la violence des actes commis : tout cela va mettre le récipiendaire dans des dispositions permettant d’expliciter cette rupture et de le plonger plus facilement dans l’histoire. Littéralement Joseph et Jésus qualifient, à l’image d’Hiram Abi, quelqu’un d’omniscient, une sorte d’ordre personnifié au niveau duquel tout semble cohérent, structuré, infaillible et lumineux.

Thierry Didier

Thierry Didier- JUDA ET JUDAS - Part III
Ce que l'on peut emporter... Par SAÂDI -Le Jardin des Roses.

 

À ta mort, tu n'emporteras que ce que tu auras donné.
Thierry Didier- JUDA ET JUDAS - Part III
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Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Le Blog des Spiritualités.

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Publié le par Jean-Dumonteil Jean-François Guerry
Étiquette Journal Sud-Ouest Notre -Dame de Paris

Étiquette Journal Sud-Ouest Notre -Dame de Paris

CE QUI MANQUE LE MOINS…

 

 

C

e qui manque le moins, c’est le désir de spiritualité, le désir du spirituel. Chacun de nous plus ou moins intensément, plus ou moins régulièrement à des exercices spirituels parfois sans le savoir.  Il fait des exercices spirituels qui n’ont rien de religieux, ils pratiquent la foi en l’homme. Cela n’empêche pas la foi religieuse, sur un autre plan. Vos exercices spirituels sont de formation et d’application : la lecture, l’écriture, le silence, la méditation, le dialogue avec sa conscience, le dialogue avec les autres, le respect de leur dignité et de leurs opinions. Les activités spirituelles de chaque femme, de chaque homme, sont comme des flambeaux qui brillent sans cesse dans le monde et l’éclaire. Ces flambeaux lumineux sont des flammes de l’éternelle espérance, qui nourrit la fraternité.

Depuis le début des temps, du moins depuis que l’homme est debout et regarde les autres. L’homme essaye de percer les mystères de la nature, il veut communiquer avec l’invisible, ce qui le dépasse. Il a besoin de sacré et d’espaces sacrés. Il sacralise les sommets des montagnes, les vallées verdoyantes où coulent les rivières qui brillent sous le soleil, il sacralise les forêts dont les colonnes vertes puisent leur énergie dans la terre et se tendent vers le ciel, les forêts où les oiseaux volent de branche en branche à la poursuite du vent qui froisse les feuilles.

Ce qui manque, ce qui manque vraiment c’est le sacré, les lieux communs, les lieux du commun pour communier. Communier avec qui vous voulez, votre Dieu, les dieux, la nature, mais toujours communier tous avec les autres. Ce qui sort l’homme de sa peur, de ses ténèbres, c’est la communion avec les autres. C’est le moment où l’homme échappe parfois brusquement comme une révélation, souvent lentement comme un dévoilement, c’est quand il s’élève plus haut que sa condition, toujours avec humilité conscient de sa condition. Ces moments de fraternité décrits par Regis Debray. Prennent vie dans les espaces sacrés. C’est la grâce, la bienveillance de ces lieux sacrés qui stimulent notre feu intérieur, qui brille et nous sert de lumière pour aller vers les autres.

                                   

                                    Jean-François Guerry.

Le silence de Michel Alexandre Neuwels . Expo musée de la FM rue Laeken Bruxelles

Le silence de Michel Alexandre Neuwels . Expo musée de la FM rue Laeken Bruxelles

UN BLOG À SUIVRE QUI RÉPOND AU BESOIN DE SPIRITUALITÉ.

Sentiment Océanique de Jean Dumonteil.

LA GRÂCE, LA BIENVEILLANCE  DES LIEUX SACRÉS

Lire sur le blog ou le lecteur
SENTIMENT OCÉANIQUE
La grande pitié des églises de France

L’arbre de la restauration de Notre-Dame ne doit pas cacher la forêt de la misère des églises de France. La grande majorité des églises sont mal entretenues et surtout souffrent d’un entretien irrégulier. Le débat, voire la polémique, dans la France laïque du XXIe siècle n’oppose plus cléricaux et anticléricaux. Il porte sur les budgets de restauration et la protection des œuvres, sur les conditions d’utilisation des églises. J’ai décrit par ailleurs cette évolution.

Comme il y a en France des déserts médicaux, il y a des déserts religieux. Ici, ce ne sont pas les médecins qui ont disparu mais les curés qui étaient en charge depuis des millénaires de la santé des âmes. La chute de l’affiliation religieuse ne doit pas être assimilée à un effondrement de l’aspiration spirituelle qui est une dimension essentielle de l’être humain. Les églises de France constituent une immense bibliothèque spirituelle mais nous sommes devenus des illettrés et devons réapprendre ensemble à lire, et surtout apprendre à écrire le récit d’une nouvelle aventure de la vie retrouvée dans toutes ses dimensions. 

La situation des églises de France témoigne d’un passé qui ne passe pas, d’un présent fragile, complexe et d’un futur qui appelle une fidélité à ce patrimoine. Signe et trace. La trace, pierre vivante ou pierre morte que la vie a quitté mais qui reste encore visible ou quelque chose à suivre à la trace, qui montre une piste, un chemin ? Une empreinte du sacré ? Quelque chose qui vient de loin. Dans le dernier texte qu’il a écrit, Antoine de Saint-Exupéry lançait un appel qu’il nous faut entendre aujourd’hui, plus que jamais : « il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous. »

Jean-Dumonteil. jeandumonteilmecom

Sentiment océanique : 

LA GRÂCE, LA BIENVEILLANCE  DES LIEUX SACRÉS
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Publié le par Thierry Didier
Thierry Didier : JUDA ET JUDAS Part II.
Dans la suite de l'article de Thierry Didier, une lecture des textes de l'ancienne et la nouvelle loi, qui selon la lecture que vous en faites ; vous mènera vers le Nec plus ultra de la fourberie ou vers une épreuve initiatique de transgression...

Bonne lecture

Jean-François Guerry.

L

’ambiguïté sera ici à son comble, et le narratif biblique jouera à plein cette ambivalence, selon que l’on se place dans la trahison, voie exotérique, ou dans la transmission, voie ésotérique. Les 2 testaments mêlent la signification des 2 mondes, profane d’un côté, abordable par une lecture textuelle, et sacré de l’autre côté, abordable par une lecture symbolique : ces 2 mondes sont donc accessibles dans des lectures différenciées, mais ne sont pas tranchés une fois pour toutes. Ils définissent, pour le lecteur avisé, l’existence d’un curseur de compréhension placé, suivant l’individu, entre un aspect purement littéral, où les textes sont la Parole directe de Dieu, et un aspect moins convenu, symbolique et abscons, bâti sur une Parole plus hermétique, plus cachée. En plus de la lecture possible des testaments, l’Ancien Testament épousera dans ses textes l’idée générale d’une transcendance de la déité et du sacrificiel qui en découlera, là où le Nouveau Testament exposera une immanence de cette même déité, et du miséricordieux qui en découlera.

C’est ce pourquoi l’histoire de ces 2 judas diffère et en même temps se ressemble, suivant la perspective humaniste et philosophique que l’on adoptera. Rarement un nom propre aura suscité dans la langue une appréciation à la fois si unanime et si spontanée à l’entendement et au jugement humain. Un Juda est ce qu’on appelle en linguistique une antonomase. Ce nom barbare qualifie une caractéristique forte de l’esprit, déclinée sous la forme d’un nom propre, bien caractérisé dans la culture humaine, qui en porte de façon directe et rapide la qualité. Quelques antonomases bien connues : un Cassandre, pour déterminer un prophète de mauvais augure ; un Harpagon, pour désigner un avare ; un Tartuffe, pour signifier un hypocrite, un Torquemada, pour caractériser un inquisiteur ou un apparatchik, et donc un Juda, pour qualifier un traître. Ces antonomases ont pour vertu d’accélérer l’appréhension d’une qualité particulière, en en liant le sens à un personnage haut en couleurs. Vous remarquerez aussi que ces formules de style vont souvent dans un sens que la morale et la bienséance réprouvent. En un mot, ce sont des failles ou des défauts qui sont ainsi mis en évidence, sans doute parce que la compréhension d’un concept ou d’une spécificité bien humaine est plus rapide, dans notre esprit, qu’une qualité, qu’il convient, avant de l’accepter, de passer au tamis intellectuel de l’orthodoxie, de la morale ou de la bienpensance. Nous pourrions ainsi dire, que, cognitivement, il est plus rapide, et sans doute plus marquant, d’utiliser la voie morale du mal, très directe et sans ambages, que celle du bien, qui réclame donc le passage par ces différents pare-feux que sont convenance, doxa ou bienséance.

Cela dit, le nom Juda ne se limite pas à cette connotation profondément négative qui en est le lieu commun, et où les sentiments qu’il provoque sont parmi les plus vilipendés. Car être fourbe, déloyal, félon ou insidieux peut être considéré comme le Nec Plus Ultra de la vilénie. Cette dernière posture, nous le savons, existe dans le monde profane, contribuant à placer la victime du traître en position vulnérable, soumise à tous les vents de la perfidie. Mais ce comportement permettra aussi à ladite victime de rebondir, sans doute parce qu’il conduit la victime de ces exactions à être démunie dans son essence même, à être nue et donc fatalement offerte à ce comportement délétère. Une fois débarrassé de sa coloration morale, ce dénuement, lorsqu’il devient symbolique, sera fréquemment le protocole d’action destiné, en franc-maçonnerie, à exposer le candidat à des circonstances codifiées, afin de le faire évoluer dans un sens didactique diligenté par le rite et le rituel. Les épreuves initiatiques seront ainsi là pour évaluer, mordancer, récoler un récipiendaire qui aura été, au préalable, mis dans une position favorisant cette exposition transitoire.

Le nom de Juda est répandu dans la Bible, mais 2 plus particulièrement attirent l’attention, par leur capacité à transporter le myste ou l’initié d’un monde vers un autre monde, selon un flux qu’on appelle pour nous, initiés, la spiritualité. La faculté à se projeter nécessitera un indispensable différentiel de valeurs et de nature entre ces 2 mondes, communément appelés monde exotérique, ou ouvert, et monde ésotérique, ou caché. Ces épithètes auront l’avantage à la fois de bien les distinguer, mais aussi, de bien les caractériser l’un par rapport à l’autre, car ce qui est caché l’est à l’œil du visible, et ce qui visible l’est comme ombre du caché. Cette spiritualité est assez difficile à définir : nous retiendrons qu’elle est d’abord, de par sa dynamique un élan, un momentum entre 2 milieux, 2 histoires, 2 attitudes. Il ne s’agira pas ici de créer un diktat symbolique, mais simplement de produire les conditions d’une « différence de potentiel » entre ces 2 modes d’existence.

Thierry Didier.

Thierry Didier : JUDA ET JUDAS Part II.
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Publié le par Thierry Didier
Thierry Didier : JUDA ET JUDAS
Merci d'abord à Thierry Didier pour ce nouvel article original. Il vous sera restitué en plusieurs chapitres compte-tenu de sa densité initiatique. Aujourd'hui en introduction il sera question : de la vie profane et la vie initiatique deux vies complémentaires. De cette vie initiatique fécondante pour le développement de l'esprit et l'élévation de son niveau de conscience. Il sera question aussi des qualités de Juda à la fois traitre et passeur. Bonne lecture.

 

Jean-François Guerry.

Thierry Didier : JUDA ET JUDAS

JUDA et JUDAS

 

 

D

’un point de vue général, nous, êtres humains, sommes égaux devant l’existence, c’est-à-dire que nous naissons, vivons et mourront tous, sans exception. Le court laps de temps entre les 2 bornes indéfectibles de cette existence peut néanmoins être entendu, occupé et embrassé d’au moins 2 manières, ce que l’on nomme vie profane et vie initiatique. Loin de s’opposer, ces 2 approches peuvent se mêler, et les méthodes qui en découlent se compléter. La vie dite profane n’est en rien critiquable, elle représente le soubassement indispensable à notre vécu. On parlera alors de vie végétative, dans le bon sens du terme, où la fonction et l’organe, c’est-à-dire la Vie et le Vivant avancent de concert, en suivant la flèche du temps. A partir de là, cette vie profane peut constituer tout ou partie de ce qu’on considère comme ontologiquement important, afin que l’on puisse se sentir au mieux avec nous-même et avec les nôtres. Si cette vie semble ne constituer pour certains qu’une partie, c’est qu’il doit bien exister quelque part la possibilité d’un îlot de conscience un peu différent, un peu singulier, que l’on pourra alors chercher dans une confession, dans une philosophie et/ou dans une recherche qualifiée d’initiatique.

A part pour les anachorètes, les moines et autres yogis, la portion profane de notre vie est très majoritaire, la vie initiatique ne représentant alors qu’une fraction minime de notre temps de cerveau disponible. Mais là où règne majoritairement dans la vie profane le quantitatif, régnera majoritairement dans la vie initiatique le qualitatif.  Il n’y a pas, dans ces propos, de visée morale mais simplement utilitaire, le temps considéré comme initiatique se devant d’être qualitatif afin d’exploiter au mieux la courte période que l’on peut y consacrer, compte tenu des impédimenta du quotidien. Les dispositions permettant d’accéder au temps initiatique sont bien connues : la délimitation spatiotemporelle du Sacré, qui amplifie, en réduisant l’Univers, notre prise de conscience et parfois le transcende ; la méthode symbolique, qui surfe sur le principe inaliénable d’analogie ; et enfin le contenu proprement-dit, fait des lettres et des mots des mythes, rites et rituels, aussi variés soient-ils.

La recherche initiatique est rapportée à une remise en cause permanente de nos standards de pensée et d’action (d’où l’étymologie du mot, référence à un commencement sans cesse renouvelé). Mais il ne faut pas s’y méprendre, l’initié n’est pas un pur esprit, et les différences perçues entre ces 2 vies profane et initiatique seront de toute façon subtiles. Il ne s’agira donc pas de s’imaginer que nous plongerons dans un univers parallèle insécable de celui de notre existence connue : NON, à partir du moment où sera posée l’occurrence de ces 2 mondes, il existera ce que les astrophysiciens adeptes du multivers appellent un « trou de ver », c’est-à-dire la possibilité et l’opportunité de passages entre les 2 vies, conditionnant alors l’existence d’un passeur et d’un passager.

Le baiser de Juda

La Bible a cet énorme avantage d’être la compilation livresque de légendes, de mythes et de prescriptions pouvant s’inscrire dans le temps immédiat du Sacré, mais aussi dans le temps de l’exégèse et de la simple lecture littérale. Sur le plan du narratif commun, la Bible relatera, dans ce qui nous intéresse ici, l’action de 2 Judas, que l’on verra exotériquement comme des traîtres, et ésotériquement comme des passeurs. Avant toute chose, je précise que j’appellerai dans l’Ancien Testament Juda, fils de Jacob, celui qui trahit Joseph, son frère, et dans le Nouveau Testament, Judas Iscariote, celui qui trahit Jésus, dont il est le disciple. Juda, 4ème fils de Jacob n’est donc pas l’ainé, mais est décrit, parmi la fratrie, comme le directeur de conscience, celui qui agit pour ses frères. Il est d’une certaine façon le guide du groupe et agira en conséquence, en prenant la décision de vendre Joseph à des marchands rejoignant ensuite l’Egypte. Par cet acte subsidiaire, Juda et son frère ainé empêcheront le premier choix de ses autres frères, qui était de tuer Joseph, ce qui, initiatiquement, aurait voué la trajectoire vertueuse de Joseph à l’échec, ce dernier ne pouvant pas, contrairement à Jésus, prétendre à la résurrection.

Pourquoi, me direz-vous, ne pourrait-il pas y prétendre ? Eh bien parce que nous sommes ici dans l’Ancien Testament, face au caractère transcendant et donc non incarné d’une déité qui ne s’appuie pas sur la chair et la miséricorde, mais sur le sacrificiel. Or, le sacrifice, conduit, contrairement à la miséricorde, à une sublimation, et pas, bien entendu, à une réapparition de la substance et de la matière. L’étymologie de trahison et de traitrise provient de tradere, de la racine trans, qui signifie « livrer, transmettre », et dare, « donner ». Ces actions, ontologiquement similaires, conduiront néanmoins à 2 objets fondamentalement opposés, l’instruction, la communication ésotérique d’une part, donc l’acte de donner quelque chose : ce sera le passeur, ou bien l’acte exotérique de « donner quelqu’un », c’est à dire de le dénoncer : ce sera le traître.

Thierry Didier.

LIVRE DE THIERRY DIDIER
Thierry Didier : JUDA ET JUDAS
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Thierry Didier : JUDA ET JUDAS
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