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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Thierry Didier
DE L'HARMONIE

DE L’HARMONIE

Le 3 janvier 2025, Thierry Didier, contributeur du blog, écrivait à propos de « l’harmonie cachée ». Je vous propose une relecture de sa réflexion, en forme d’introduction à d’autres articles sur la théodicée, dont Alain Finkielkraut a dit :  C’est un plan d’ensemble qui conduit l’humanité.
Thierry Didier parle, à propos du Rite Écossais Ancien et Accepté, « d’optimisation, d’harmonie ». Nous pouvons y voir un itinéraire pour le Chevalier de l’Esprit, celui-ci se rapprochant de la Grande Lumière et sortant « du centre des ténèbres ».

Nos réflexions ne pourront pas faire l’économie d’un regard approfondi sur Gottfried Wilhelm Leibniz, inventeur du mot « théodicée ». Leibniz, qui fut la fierté de l’Outre-Rhin, comme le fut René Descartes chez nous. Il apprit, paraît-il, le latin tout seul à huit ans et intégra l’université à quinze ans.

Sa Théodicée, comme le Rite Écossais Ancien et Accepté, nous propose de nombreuses entrées, susceptibles de constituer un substrat pour un centre d’union, une association des contraires. On y trouve la matière pour une réflexion « sur la bonté de Dieu, la liberté de l’homme et l’origine du mal », ainsi qu’une autre réflexion sur les vérités gnostiques contenues dans un degré initiatique considéré comme le nec plus ultra de l’initiation écossaise.
 

C’est une gageure que de concilier, d’accorder l’existence du mal avec les perfections infinies de Dieu. Cela déroute aussi bien les rationalistes que certains croyants, au rang desquels Thomas lui-même, parfois assailli par le doute malgré son engagement apostolique.

                                                           Jean-François Guerry.

LEIBNIZ

LEIBNIZ

De l’Harmonie cachée

 

 

Il existe en astronomie un postulat qui prétend que l’Univers serait constitué non seulement de ce que nous observons à travers le télescope, mais également de ce qu’on appelle, faute de mieux, la matière noire, et ce qui en découlerait, l’énergie sombre. Sa présence n'est détectée qu’indirectement, sur le papier, d’où les qualificatifs qui lui sont attribués et qui dénote de l’herméticité de ce concept. Ce postulat a été émis parce qu’il corrobore certaines théories actuelles de l’astrophysique, et qu’il rend compte de la nécessité de la présence massive de cette matière hypothétique (environ 33% de l’Univers visible) pour corroborer diverses hypothèses sur la structure du tissu interstellaire tel que nous le supputons aujourd’hui. Cette théorie de la matière noire, comme tout postulat, est combattue par d’autres scientifiques, ce qui est là le propre de la science, le caractère « évasif », imprécis au moins de son appellation témoignant à la fois de nos carences actuelles et d’un certain aveu de faiblesse de la part des sachants.

Ce qui est très formateur pour les scientifiques, et ils n’en ont pas forcément conscience, est qu’en travaillant sur ce « manque » de matière, ils questionnent en sous-main le manque, dans toute son ampleur philosophique, symbolique et psychologique. Cet aveu de faiblesse est aussi ce qui fait la grandeur de celui qui sait s’accommoder desdits manques : nous retrouvons là l’esprit Écossais, qui permet de ne rien s’interdire, et qui y voit l’occasion de sans cesse se remettre en question pour continuer à avancer. Et cela colle très bien, avec ce que nous, maçons, percevons de l’Univers, que ce soit sur le plan symbolique, métaphysique ou existentiel, et qui nous amènera, nous y reviendrons, aux concepts, pour le philosophe, de l’Harmonie cachée, et pour le franc-maçon, de la Parole Perdue. Car ce qui manque de visible à l’Univers finit aussi par nous manquer à nous-même.

Il s’agira alors d’observer une véritable herméneutique du manque, et d’y voir l’occasion non pas nécessairement d’accéder à ce manque, mais simplement en avoir conscience, pour au moins en intégrer la dimension, et n’y voir qu’une complétude à éprouver. Les scientifiques élaborent en effet des concepts que la métaphysique leur avait « soufflé » précédemment, tout simplement parce que l’intuition humaine et la philosophie ne réclament pas les mêmes prérequis, les mêmes moyens et les mêmes preuves qu’on est en droit d’exiger, s’agissant de faits rationnels qui doivent être, eux, reproductibles à l’envi. Ainsi également la théorie du Tout, travaillée sur le plan scientifique par Stephen Hawking, consiste à embrasser la totalité de l’univers par l’unification des 4 grandes forces cosmiques connues aujourd’hui, que sont la gravitation, les interactions faible et forte, et l’électromagnétisme. Souvent un organisme, quel qu’il soit, se reconnait au travers de ses actions : c’est sans doute le cheminement que tenta d’éprouver Hawking, en partant d’une fin supposée, ces 4 forces manifestées, pour en remonter le fil jusqu’à sa source, une forme de « tout », comparable, dans l’esprit, à l’Univers complet dont l’intelligibilité sanctionne le 30ème degré du REAA. Cette totalité-là fut déjà pensée quelques siècles plus tôt par les alchimistes, avec l’appui, cette fois, des 4 éléments, globalisés au sein de l’Ether, sorte de bain symbolico-métaphysique qui constituait à la fois l’union de ces 4 éléments en une seule valeur, mais également le domaine d’expression concomitante desdits éléments. Une hypothèse voisine consistera à assimiler la centralité résultant de ces 4 éléments à l’Amour, entendu dans le sens qui intéresse le 18ème degré du REAA, c’est-à-dire une onde unificatrice qui se propagerait de proche en proche et définirait la Charité et le partage. Cette vision-là, plus confessionnelle que celle, métaphysique, de l’Ether, aura pour vertu d’introduire une coloration morale, donc plus incarnée, mais aussi pour inconvénient de limiter à sa propagation son influence générale, là où l’Ether considérait la totalité de l’espace disponible.

L’harmonie est un concept qui attire, certes, les artistes et les philosophes, mais aussi les francs-maçons, hommes de construction spirituelle, qui y voient, à travers son étymologie, emprunté au grec harmonia, une cheville, un joint, un assemblage ou bien encore un accord, dont la finalité sera l’obtention d’un tissu, qu’il soit de nature biologique, cosmologique ou existentiel. L’harmonie est officiante en franc-maçonnerie au travers de sa déclinaison la plus épurée, à savoir la Beauté. Ce qui structure toute chose est au centre de cette chose : la Kabbale hébraïque nous renvoie ainsi à la Sephirah Tipheret, dénommée Beauté, et placée au cœur même de l’arbre séphirotique. Il n’en demeure pas moins que l’harmonie ne saurait se départir de cette binarité qui sied à tout initié désireux d’exploiter au mieux ce qui se présente à lui, par ce biais dual que constituent les voies exotérique et ésotérique. On pourrait penser que, compte tenu de sa nature et de son action, l’harmonie est une et indivisible : il n’en est rien car celle-ci s’attache autant à la forme des choses, qu’à la « forme » de l’observateur concerné, entendu dans son sens aristotélicien, c’est-à-dire son âme et son esprit.

L’harmonie visible est donc le point de jonction entre 2 occurrences, ainsi qu’un arrangement cohérent et une façon, pour l’initié, de valider cette cohérence. Il n’en demeure pas moins que cette harmonie n’apparaît pas spontanément, car elle n’est équilibre que dans le monde manifesté. A cet égard, l’harmonie visible est le fruit d’un long travail d’identification et d’assimilation, par l’initié, de ce qui l’entoure. Nous pourrions utiliser ici l’exemple de la longue chaine des degrés du REAA, dont le contenu intrinsèque voue ceux qui s’y penchent, à travailler encore et encore les liens sémantiques, symboliques et philosophiques qui les unissent, et qui sont le seul moyen d’approcher cette totalité qu’on appelle la Vérité. C’est pourquoi existerait, à côté d’une harmonie visible, une harmonie cachée qui permettrait, nous allons le voir, non seulement d’avoir une approche plus complète, mais qui, par ses extensions (la théodicée, ou jugement de Dieu, par exemple) nous révèle certains choix confessionnels ou philosophiques pour lesquels ont opté nombre de penseurs.

On peut se permettre d’affirmer que l’harmonie possède cette double face, par le simple fait que, comme dans la Bible, ce qui est nommé existe. Mais ce qui existe sépare. Selon les philosophes partisans de la théodicée de l'harmonie cachée, le mal que nous constatons dans l’humanité ne serait apparence de mal qu'à nos yeux alors qu'il est en réalité un bien. Cette vision très dualiste permet, en utilisant le biais du manichéisme, de ne rien s’interdire quant à une dualité invitant à la nuance, à l’équilibre et finalement à la poursuite raisonnée de la réflexion. Ca n’est pourtant pas ce que semble nous signifier Héraclite, qui affirme : « l’harmonie cachée vaut mieux que l’harmonie visible ». Cette orientation radicale assène un choix de valeurs à partir de 2 réalités préséantes : cela peut surprendre dans la bouche d’un philosophe réputé, mais la philosophie générale n’est ni la vie, ni l’initiatique. Cette citation fait donc la part belle à ce qui apparaît dans la vie comme caché, donc mystérieux ou énigmatique, et qui relèverait donc d’un « bénéfice du doute existentiel », recélant des trésors possibles, qui brillent néanmoins par leur absence ou leur invisibilité.

Car le caché peut aussi véhiculer une forme d’ésotérisme fumeux, laissant libre court, parce qu’occulté, aux imaginations débridées. Mais en même temps, l’inconnu attire, le mystère séduit. Lui est communément opposé le tangible, le rationnel, le concret qui, soit, conforte le vécu, mais porte fréquemment un déficit d’image, un biais d’estime, parce que ce qui est structuré et rationnel est par essence fini, aboutissant toujours à la dégradation, et portant par là même l’image de la mort, ou pire, de la décomposition : on appelle cela l’entropie. On pourrait penser que cette extrémité-là, la mort, soit assimilée, pour le croyant, à un retour vers ce chaos indifférencié que constitue l’Eden. Il pensera y trouver une forme de félicité confuse, à rapprocher donc de ce paradis édénique, défini ontologiquement comme une potentialité totale. Ces 2 milieux, celui de l’Éden, et celui du monde sensible sont donc quelque part reliés, d’une part par la Chute adamique, et son corollaire fonctionnel le péché, et d’autre part, en sens inverse, si je puis dire, par la mort physique, et son corollaire spirituel, l’élévation de l’âme.

Cette finitude n’est pourtant pas si évidente que cela, si ce n’est celle liée à la mort, basculement ontologique accouplé en permanence à la sensation d’exister. Cette peur de la mort est sous-jacente à toute pensée humaine, et le visible devient alors, même si certains s’en défendent, une forme d’agonie existentielle, promise à la disparition. L’harmonie visible n’échappe pas à ce diktat en ce sens que sa structure même est soumise à l’entropie, c’est-à-dire à une irrémédiable dégradation. L’harmonie a beau témoigner d‘une forme d’accomplissement structurel, il n’en demeure pas moins qu’elle est soumise à la finitude. Quel que soit notre confession, le bruit de fond de la chute adamique résonne et se propage chez tout judéo-chrétien, fut-il croyant, agnostique ou athée comme une sorte de pénitence existentielle, une forme de fardeau qui nous alourdirait, justifiant une « inculpation originelle » dont nous ne pourrions pas nous défaire. On peut rétorquer qu’Héraclite est un philosophe présocratique, et que donc ses propos ont précédé l’écriture de la Genèse.

Ce serait oublier que tout mythe embrasse une perception qui le dépasse et que de grands schémas philosophiques, tels la chute, l’avènement, le voyage, etc… jalonnent l’histoire humaine depuis un temps immémorial. Le caché est donc souvent plus flatteur que le déclaré parce qu’il laisse ouvert tout le champ des possibles, là où le déclaré peut finir par frustrer, décevoir ou décourager parce qu’il est toujours l’expression d’un choix, d’une volonté, c’est-à-dire d’une liberté fatalement discriminante. Alors bien sûr, l’harmonie évoque l’équilibre, la juste mesure, la bonne circulation de la matière et des idées bien qu’elle possède une parèdre, l’harmonie cachée, sorte d’empreinte, de négatif, au sens photographique du terme, qui porterait en elle tous les petits arrangements picrocholins qui accouchent, à un moment donné de cette forme épurée qu’on appelle l’harmonie visible. La Parole Perdue appartient à cette harmonie cachée. Son appellation même appuie sur cette ambiguïté à la façon d’un oxymore, d’une aporie signifiante qui nous invite à ne pas choisir entre le Verbe, déclaratif, incisif, lumineux, et la Parole Perdue, par nature tapie, sous-jacente, sombre.

A cet égard, la Parole Perdue n’est en aucune façon un pré carré réservé à quelques élus, qui seuls en possèderaient la clé. La Parole Perdue est plus qu’un simple pendant, qu’un exutoire ou qu’une forme dévoyée d’une réalité qui se voudrait toute puissante : elle est le témoin permanent d’un choix qui lui est consubstantiel, elle est l’« anti-Logos », entendu dans son sens étymologique de « anta », signifiant « en face de, en échange » , mais aussi « contre, et son dérivé ambigu , « tout contre ». La théologie négative, par laquelle on met en avant ce que Dieu n’est pas, nous apprend ainsi qu’un penseur baigné dans une civilisation structurée, comme peuvent l’être les mondes antique ou judéo-chrétien, ne peut pas en faire l’impasse, s’il désire se référer à une théodicée, c’est-à-dire une « justice de Dieu ». La théologie négative répond en franc-maçonnerie à l’outil symbolique qu’est le niveau, dont l’action se fait par une « contre-action » à l’autre extrémité de son corps, comme si sa nature profonde était, à chaque action induite, de générer un reflux, fut-il mécanique, symbolique ou philosophique.

Selon les philosophes partisans de la théodicée ontologique, la création d'un univers complexe et infiniment diversifié ne peut se faire sans défauts. Sans ces défauts, l'univers serait Dieu lui-même. Malgré, et sans doute grâce à l’existence et l’exploitation du mal, de l’absence et du non-dit, la majorité des phénomènes de l'univers deviennent optimaux, et mettent en avant une forme d’optimisation des contraires, que nous pouvons appeler l ’« Univers complet », comme le décrit le 30ème du REAA , et qui est l’apothéose de notre existence dans le meilleur des mondes possibles. L’apothéose doit être entendue suivant sa signification étymologique : apo-théose, qui relève, qui s'apparente à Dieu, ou à un contexte divin. Mais le préfixe apo-, signifiant à la fois « loin de », et « relatif à » qualifie parfaitement l’ambiguïté du terme de « séparé » appliqué au Chevalier Kadosch, terme au combien important, qui distingue tout en le reliant l’initié à l’ensemble de l’Univers.

 

Ce réarrangement est nécessairement une optimisation puisqu’il conduit à ne conserver de visible que ce qui est viable. Ce que le rituel nous précise à demi-mots : « Nous n’avons plus d’autre enseignement à vous donner […] Nous n’avons pas de mot d’ordre à vous donner […] Vous êtes désormais le soldat de l’Universel et de l’Eternel ». Ainsi l’« Univers complet » ne signifie pas que nous en percevons les limites, mais simplement que tout ce qu’on en connaît le définit comme une chose pleine et entière. Si une théodicée semble donc, à l’origine, formuler un discours théologique qui cherche à expliquer qu'une divinité permette l'existence du mal, nous venons de voir qu’il ne s’agit là aucunement d’un développement dogmatique, mais, comme le dit à sa façon Alain Finkielkraut, d’« un plan d'ensemble qui conduit l'humanité ». Ce plan-là est déjà, dans son expression géométrique, le croisement de 2 dimensions, portées ici en abscisse et en ordonnée par le Verbe et la Parole Perdue. Selon les philosophes partisans de la théodicée de l'harmonie cachée, le mal que nous constatons ne serait apparence de mal qu'à nos yeux alors qu'il est en réalité un bien.

Selon la vision plus globale des philosophes partisans de la théodicée ontologique, tels Leibniz, la création d'un univers complexe et infiniment diversifié ne peut se faire sans défauts. Sans ces défauts, l'univers serait Dieu lui-même. Malgré l'existence obligatoire de ce mal, la majorité des phénomènes de l'univers sont optimaux et nous vivons ainsi dans le meilleur des mondes possibles. Il ne s’agit pas là d’un optimisme béat, comme le jette Voltaire un peu trop rapidement, raillant le « candide » Leibniz, mais d’une optimisation, terme bien différent tenant compte à tout moment de tenants et d’aboutissants opposés. Comme quoi la lumière n’est pas toujours là on où pense la trouver… Et la franc-maçonnerie dite « progressiste ou positiviste » n’échappe pas à ce biais. Par contre, son caractère initiatique, qui sous-tend la prise en compte d’une totalité pas facile, d’ailleurs, à déterminer, a pourtant intuitivement défini précisément ce que serait l’harmonie cachée pour un franc-maçon. Ce postulat passe par un tryptique : Verbe ou Logos, Vérité, et Parole Perdue : il est possible d’expliquer simplement l’harmonie visible et cachée à partir de ces 3 termes associés, dont certains initiés font, à tort, grand mystère.

Si nous partons de l’hypothèse de l’harmonie cachée, nous considérons donc que tout acte ostensible et déclaré ne représente qu’une portion d’une réalité plus générale, où tout ce qui a été mis de côté par l’acte déclaratif continue d’exister , en sous-plan :  ce postulat apparaît hautement envisageable, tout simplement parce que si l’on effectue une action, quelle qu’elle soit, dans notre univers, ladite action devrait déstabiliser ce fragile équilibre qu’on nomme cosmos: dans les faits, il n’en est rien : c’est donc bien que le cosmos se rééquilibre parallèlement à l’acte , en réorganisant le reste de l’univers. On me rétorquera peut être que l’effet papillon existe, mais celui-ci est inductif, et non séparatif : il n’est qu’un réarrangement horizontal des évènements. Cette réorganisation permanente, invisible pour une part à nos yeux constituera pour l’initié ce qu’on appelle la Parole Perdue. Pour un philosophe profane, cette théodicée, qui signifie littéralement « jugement de Dieu », se manifeste donc comme une optimisation de fait, dans laquelle la Vérité représente une totalité constituée pour partie par le logos, verbeux, déclaratif et solaire, et pour autre partie par la Parole Perdue. Ce terme de Vérité peut paraître excessif, il a cependant l’avantage de qualifier une globalité, une complémentarité qui la place en valeur absolue, au-dessus de la mêlée des querelles philosophiques inhérentes à sa qualification. Mis entre les mains des francs-maçons, la Vérité perd son caractère dogmatique, unilatéral ou doctrinaire. Dans ce contexte, elle devient suffisamment globale et fédératrice pour rassembler et non pour diviser.  On pourrait ainsi imaginer que la totalité de l’Univers tel que nous le vivons ne soit constitué, pour chacun d’entre nous, que de soi-même, et de l’ensemble exhaustif des « discours » que nous soyons capables de tenir avec chaque composante dudit Univers. Cette vision, bien que parfaitement nombriliste, a l’avantage de nous rapprocher de la notion de Logos, que je vois comme l’expression dynamique de l’Univers, adaptée à notre perception spatiotemporelle individuelle. Le Logos occupe par principe l’Univers visible, dont il est à la fois source, propagation et fin ultime, c'est-à-dire les trois fondamentaux que l’Homme est apte à reconnaître.

Le terme de Verbe est couramment substitué au terme Logos, ajoutant un aspect fécondant, incisif, lumineux, qui colle bien, dans l’esprit, à la vision judéo-chrétienne qui habite l’homme occidental. Le Logos est donc déjà à lui seul un support eschatologique. Ce simple fait suffit à nous faire prendre conscience que la perception de l’Univers passe nécessairement par le prisme de l’eschatologie : sans celui-ci, il est impossible d’avoir une vision intellectuellement viable de son immensité. Si l’Univers, pour paraphraser une sentence, est inaccessible à l’esprit humain, cette inaccessibilité n’en est pas moins un jalon, qu’il convient de ne pas négliger.  Comment, sinon, avoir un minimum de prise sur un système qui nous « échapperait » en permanence, aussi bien dans le temps que dans l’espace ? Alors, on pourrait cette fois me rétorquer, et ce n’est pas faux, qu’il existe déjà une harmonie visible, qui transparait dans l’usage ou le constat du nombre d’or : Le nombre d'or, également appelé section dorée, proportion dorée ou divine proportion, est un concept mathématique, un rapport de valeurs qui se retrouve absolument partout autour de nous.

Si l'on devait donner une définition du nombre d'or et l'expliquer simplement, on pourrait dire qu'il s'agit du ratio structurel de toute chose manifestée. Sa valeur numérique est d’environ 1,618. Toute la subtilité est dans le « environ », qui trahit, fort discrètement je l’avoue, là où se dissimule l’harmonie cachée, dans ce qui complète l’ « environ » pour en faire un univers complet. Le nombre d’Or est un nombre irrationnel, à la suite indéfinie de décimales : on pourrait donc considérer l’harmonie visible comme un « arrondissement », par l’intellect humain de la réalité. C’est donc cette incertitude, cette inexactitude structurelle de l’harmonie visible qui conduit à y trouver une complétude par le biais d’une harmonie cachée. Transposé dans notre Rite, le Logos est présent, en fait, dans tout acte ostensible que nous générons, paroles, objets, déambulations, supports variés, symboliques, légendaires ou autres : tout action que nous intentons fait passer dans le domaine de l’informulé ce que nous choisissons de ne pas garder.

Ce mécanisme est universel, et ne se limite pas à l’initiatique. Dans la vie profane, logos et Parole Perdue existent bien évidemment, ça n’est pas une spécificité de l’initiatique. La différence étant que dans notre vie quotidienne, nous avançons uniquement à partir de ce que nous avons créé : c’est tout à fait normal, et c’est l’essence de la vie progressive. La Parole Perdue existe, mais point n’est besoin d’en faire directement état. On parlera alors de libre arbitre et de déterminisme, c’est-à-dire qu’on définira des domaines inclusifs, corrélés à l’acte du logos lui-même. Dans l’initiatique, c’est différent, l’acte n’est que le sommet de l’iceberg existentiel, et le reste ayant pour vocation à réagir avec le déclaratif, c’est ce qui rend le parcours initiatique de chacun extrêmement variable, quant à la durée de l’apprentissage, et à la profondeur de cet apprentissage, car il est inféodé aussi bien au logos qu’à la Parole Perdue. La profondeur d’analyse de l’initié n’est pas indexée sur le volume de ses connaissances, mais sur sa capacité à « inviter » le caché, à convoquer l’indicible dans une réflexion sans cesse en mouvement.

C’est pourquoi Leibniz parle de continuum de la pensée ou des idées : il y a nécessairement continuum car chaque idée émise, chaque geste formulé, chaque évènement suscité fera possiblement basculer son complément dans l’ostensible. En franc-maçonnerie, tout est optimisé, car rien n’est fait inutilement : chaque propos, chaque geste, chaque attitude sont déjà en eux même des finalités, desquelles furent écartées tout ce qui pouvait apparaître comme inutile ou superflu ; c’est d’ailleurs à ce prix que le contenu d’une tenue perdurera dans le temps et l’espace calibrés des travaux. C’est aussi pourquoi il existe des rituels et des instructions, qui, pour les premiers, cantonnent à une fonctionnalité déjà épurée, et pour les secondes habillent de mots et de circonstances le vécu de l’initié. Le libre arbitre et le déterminisme, déjà cités, seront en fait les 2 mamelles du choix que nous effectuons à tout instant. Ce choix actera une initiative, quelle qu’elle soit, mais surtout fera passer le reste du champ des possibles dans un bain informulé qu’on appelle donc la Parole Perdue.

Ce bain est en contiguïté permanente avec ce qui est sorti de l’ombre, il colle à ce déclaratif, simplement en étant là, j’oserais dire « à disposition ». Ces notions de Parole Perdue, de logos, et d’une vérité qui en serait l’union, rend extrêmement difficile l’installation d’une pensée initiatique, qui se doit de prendre en compte une globalité des effets lorsqu’on la met en avant. C’est là où le symbolisme agit, il est une façon mimétique de se représenter ce que l’on qualifie à partir du symbole et du symbolum : ces 2 parties représentant mimétiquement ce qui est choisi et ce qui est mis de côté. En greffant sur ce modèle universel une pensée calibrée, c’est-à-dire, en fait, en travaillant spirituellement, le franc-maçon ne s’interdit rien, ne choisit rien, n’évacue rien, En résumé, la mécanique symbolique correspond à une « empreinte » de la vie, qui n’est pas la vie, mais une « copie ternaire » formulée par l’homme. Dans cette optique, nous voyons bien que la Parole Perdue existe, qu’elle est le pendant naturel, le complément invisible, le bruit de fond initiatique qui libérera dans le manifesté, , la parole solaire qui est le germe grâce auquel croitra et embellira l’initié.

La Parole Perdue est une forme de mise en abyme du verbe, qui va venir occuper, par son caractère itératif, la totalité de la pensée disponible La Vérité devient ainsi la somme parfaite de cette imbrication que constituent à eux deux Verbe et Parole Perdue. Parfaite car faite de compléments, où l’un compensera, équilibrera l’autre en permanence.

Thierry Didier.

DE L'HARMONIE
LA GRANDE LUMIÈRE DE L'HARMONIE
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Publié le par Jean-François Guerry
LA DICTATURE DE L’AVENIR

LA DICTATURE DE L’AVENIR

 

Nous ne sommes jamais satisfaits : hier, c’était mieux ! À voir ? J’espère que demain sera mieux ! À voir ? Et si nous regardions, ici et maintenant, ce que nous pouvons vivre au mieux, faire au mieux ?

« Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes toujours au-delà. La crainte, le désir, l’espérance nous élancent vers l’avenir, et nous dérobent le sentiment et la considération de ce qui est, pour amuser ce qui sera, voire quand nous serons plus. Calamitosus est animus futuri anxius ». (Un esprit soucieux de l’avenir est malheureux) [1]

 

Faut-il pour autant être imprévoyant, Imprudent ? Mais il est vrai que nous vivons trop souvent sous le règne de la dictature de l’avenir. En ne regardant que le présent, en épicurien, ou en ne regardant que l’avenir, en stoïcien, projetant l’ouvrage de notre vie. En fait, il ne faut pas être hémiplégique.

L’espoir, quand il se transforme en désir permanent d’autre chose… Puis, à chaque fois que l’on possède l’objet désiré, nous en désirons un autre. C’est se soumettre avec constance à l’avoir, sans jamais prendre le temps d’être. Pourtant, est-il sage de ne rien faire, de ne rien envisager ?

 

En regardant cette calamité de la convoitise, j’ai pu constater qu’une fois passée le désir spontané de l’avoir, nous ressentons un bien-être. « Tant que nous n’avons pas l’objet convoité, le manque fait son prix. L’avons-nous obtenu ? C’est un autre aussitôt que visent nos désirs. La même soif de vie nous tient toujours béants ».[2]

La question reste posée : faut-il avoir pour être ? Facile, me direz-vous, de poser cette question quand on a presque tout ce que l’on désire.

En fait, je pense que l’être est dans le partage, la communion, le commun. Je ne suis jamais aussi « content et satisfait » que quand je partage avec les autres, ici et maintenant.

                                            Jean-François Guerry.

 

[1] Michel de Montaigne Essais I, 3 – il citait en fait Sénèque.

[2] Ibid Essais livre I.

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Publié le par Jean-François Guerry
MOURIR POUR VIVRE

MOURIR POUR VIVRE

 

Notre société incline t’elle à mourir ou à vivre ? La tentation du suicide, n’est pas nouvelle, depuis l’antiquité quand les hommes épris de sagesse ce sont posé les questions de la valeur de leur vie, de l’intérêt de leur vie.

Comment des hommes peuvent-ils envisager de se donner la mort et être qualifiés de sages dans l’accomplissement de ce geste ?  Les stoïciens, Socrate, Platon, pensaient que le sage dans telle ou telle situation pouvait se donner la mort. Socrate n’a-t-il pas bu volontairement la cigüe, il n’a pas fui son serment de respecter et défendre la justice. Certains, qui connaissent encore la valeur d’un serment préféreraient avoir la gorge tranchée plutôt que d’être parjure. Le Maître Architecte aurait pu rompre son serment et il aurait eu la vie sauve. Arnaud Beltrame aurait pu détourner le regard et renoncer à l’accomplissement de son Devoir pour sauver sa vie. La vie a-t-elle alors autant de valeur, de saveur, vaut-telle la peine d’être vécue ? Sénèque et sa femme choisirent de se donner la mort, un peu forcés il est vrai par Néron dont il fut le précepteur. « Que de fois nous mourrons de notre peur de mourir ».[1]La mort est associée à la liberté, méditer sur la mort, apprendre à mourir, c’est aussi apprendre à vivre, à revivre. La mort symbolique et initiatique est apprentissage de la vraie vie. Il est constant d’observer que nombreux sont ceux qui ne trouvant plus joie à vivre se laissent mourir. Diogène le Cynique aurait suspendu sa respiration, sans doute trouvant l’air trop impur ? Zénom de Citium atteint par le grand âge (belle formule) l’intégrité de son corps étant touché, se laissa mourir en cessant de manger. « Méditer la mort, c’est méditer la liberté ; celui qui sait mourir, ne sait plus être esclave ».[2] Sénèque justifie même le suicide : « On peut légitimement se suicider, pour sauver sa liberté, son honneur ou sa sagesse ».[3]  Cette tentation peut aussi être liée au tædium vitæ le dégoût de la vie. C’est pourquoi, il faut mourir pour vivre, vivre mieux, vivre autrement, s’initier commencer une nouvelle vie. C’est tuer le vieil homme. Les ténèbres de la mort, sont l’avènement de la lumière de la vie. Sénèque encore nous apprend que l’homme sage ne fuit pas la vie : « L’homme de cœur, le sage, ne s’enfuit pas de la vie ; il en sort ».[4] Quelle chance nous avons de pouvoir s’exercer à la mort de manière symbolique, grâce au Rite ! Nous apprenons qu’il ne faut pas toujours chercher à retenir cette vie : « Cette vie, il ne faut pas toujours chercher à la retenir, tu le sais : ce qui est un bien, ce n’est pas de vivre, mais de vivre bien. Voilà pourquoi le sage vivra autant qu’il le doit, non pas autant qu’il le peut ». C’est ce que nous permet l’initiation maçonnique : la possibilité de mourir pour vivre, pour vivre un peu mieux. Il ne faut donc pas regretter la vie qui est sans élévation spirituelle.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

[1] Sénèque.

[2] Sénèque

[3] Sénèque – de Beneficiis I, XI, 4 PV, p 417.

[4] Sénèque Lettres Lucilius 24,25,PV, p 663.

BLOG SENTIMENT OCÉANIQUE  Jean Dumonteil

 

« Les voies sûres du silence »

 « Il ne faut point parler, devant tout le monde, des choses importantes ou anciennes ; on ne le doit faire que par les voies sûres du silence. » Fénelon rapporte cette phrase qu’il attribue à Pindare[1]. J’aime cette formule qui peut surprendre car elle heurte notre temps, si prompt à tout dire, tout montrer, tout rendre accessible. Comme si la vérité devait circuler sans filtre, se livrer sans précaution, se dissoudre dans l’espace public. Et pourtant.

Il est des choses qui ne s’expliquent pas — non par obscurité, mais par excès de lumière. Des choses qui ne se donnent pas à celui qui les regarde, mais à celui qui s’y prépare. Des choses qui ne s’enseignent pas, mais qui se transmettent. Le secret n’est pas ici une rétention jalouse. Il n’est pas le privilège d’un petit nombre. Il est une discipline de la parole, et peut-être d’abord une fidélité au silence. Car parler trop tôt, c’est trahir. Parler trop vite, c’est affaiblir. Parler à tous, indistinctement, c’est souvent perdre ce que l’on croyait transmettre.

Les anciens le savaient. Certaines vérités sont voilées, non pour être cachées, mais pour être protégées. Elles ne refusent pas d’être dites. Elles refusent d’être profanées. Car toute parole suppose une écoute. Et toute écoute, une disposition intérieure. Ce que nous appelons aujourd’hui « secret » est peut-être d’abord cela : le respect du rythme de l’âme. Il ne s’agit pas de dissimuler. Il s’agit d’ajuster, en progressant degré par degré, sans court-circuit.

Et peut-être est-ce là le cœur de toute voie initiatique : apprendre à parler moins pour transmettre davantage. Non pour retenir, mais pour laisser advenir. Non pour taire, mais pour dire juste, après avoir parcouru les voies sûres du silence. 


[1] François de Fénelon, La Tradition secrète des mystiques ou Le Gnostique de saint Clément d’Alexandrie [1694], Arfuyen, 2006.

MOURIR POUR VIVRE

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Publié le par Jean-François Guerry

DESSINE TON ARBRE

 

               « Ne coupe pas l’arbre qui te donne de l’ombre ».

 

Parmi les psycho-test, celui du dessin de l’arbre est sans doute le plus fécond dans le florilège des interprétations possibles. Arbre de vie symbolisme de croissance, fécondité, de puissance, de mystère, d’élévation spirituelle, pommier des fruits de l’amour.

Dans une illumination mystique à 23 ans, le scientifique, le philosophe Descartes, à eu la certitude de découvrir les principes de la philosophie ; un peu comme le profane avant sa cérémonie initiation aux mystères de la Franc-maçonnerie, ou la nuit de recueillement qui précède l’adoubement du chevalier.

« C’est dans la préface de l’édition française des « ses principes de la philosophie », en 1647, que Descartes déploie l’image de la philosophie comme arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches sont toutes les autres sciences. À noter que la morale elle-même fait partie des sciences dans ce schéma. La philosophie est un arbre, en tant qu’elle est, pour Descartes, une organisation de connaissances ou de savoirs de diverses sortes ».[1]

Le Franc-maçon adossé, à l’ombre de son arbre, à l’ombre de l’acacia, médite. Il sent monter de ses racines les forces telluriques le long de sa colonne vertébrale du sacrum sacré, jusqu’au faîte de son esprit les yeux tournés vers la voûte céleste. Il est heureux auprès de son arbre et ne le quitte pas des yeux.[2] Sa compagne est la Franc-maçonnerie, il cueille ses pommes d’amour.

         Chaque fois que je frappe à la porte du Temple, je dessine de nouvelles branches sur mon arbre, la sève monte dans mon corps et mon esprit. La Franc-maçonnerie est un arbre de vie.

                                            Jean-François Guerry.

 

[1] Pod-cast France Culture : La philosophie est un arbre.

[2] Georges Brassens – Auprès de mon arbre.

L'Arche d'Alliance

L'Arche d'Alliance

HUMOUR -PAR UN LECTEUR DU BLOG : COURB...
DESSINE TON ARBRE
Ceci n'est pas un phare, c'est un arbre de lumière.
DESSINE TON ARBRE

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Publié le par Jean-François Guerry
RADIEUX

RADIEUX

C’était le premier jour de la semaine, au point du jour. Je me suis rendu sur un tertre à l’ombre d’un acacia. On avait enlevé de la terre, laissant apparaître un trou béant et vide. Il ne restait qu’un linge recouvert de sang. Je regardai incrédule. Alertant mon Frère Simon, celui-ci vit à son tour et cru. Au-dessus de nous passa un phénix, nous étions sous ses ailes. Moment irréel où la mort n’existe plus. Réminiscence de la vision d’Ézéchiel dans la vallée des ossements, la chair serait-elle revenue après avoir quitté les os ? Mystère de la vie qui ne meure pas ? Espérance d’une nouvelle vie aussi radieuse que jamais ? Preuve que rien ne meurt, que tout se transforme, que l’invisible peut devenir visible ? Alors, faut-il croire en confiance et en sérénité, croire sans avoir vu ?  Mystère de la foi ? Il n’y a pas de hasard, c’est le premier jour de la semaine ; lundi, jour lunaire, hors du commun, jour de méditation, jour de l’esprit.

Mes Frère Apprentis, lapins danseurs sous la Lune, insouciants, incrédules regardez la lumière va bientôt se lever à l’Orient et vous éclairer en plein midi source de vie. Vous pourrez ainsi dire à vos Frères, espérez en confiance la lumière finit toujours par percer les ténèbres, pour mettre de l’ordre dans le chaos. Quel radieux Lundi ! Bonne semaine.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

 

Note : Toute référence avec Jean 20, est possible.

 

RADIEUX

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Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Le Blog des Spiritualités.

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Publié le par Jean-François Guerry
SUR LE SITE DES JARDINIERS DU TEMPLE
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Malheureusement le livre "La Mystique du Jardin persan " est introuvable épuisé, si un lecteur le trouve je suis preneur. Me contacter à l'adresse : 
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Empédocle

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EXTRAITS

CHEMINS INITIATIQUES

 

Les chemins initiatiques de Thierry Didier, sont parsemés de pierres propices à notre réflexion. Il écrit : « Il est en effet compliqué de s’abstraire d’un environnement mental et physique dont nous sommes une quotité participante, c’est même impossible sans convoquer des leviers particuliers. Ces leviers sont bien connus, il s’agit pèle mêle du symbolisme, de la raison, et d’une spiritualité constituée, à laquelle nous devons croire pour éviter toute forme de noyade métaphysique.

Il n’y a donc pas de solutions au problème ontologique de notre existence ; tout au plus pouvons-nous espérer nous satisfaire de l’esquisse d’un début de réflexion, non sans avoir bordé de toute part nos sentiments ou nos intuitions par ce puissant dispositif qu’on appelle la raison ». L’auteur évoque Leibniz raillé par Voltaire, qu’il affuble d’un optimisme béat, il dit : « Non, Leibniz ne génère pas de l’optimisme, mais de l’optimisation ; il fut un formidable adaptateur de le pensée humaine, en la cantonnant à ce qu’elle pouvait « toucher », sans prétendre en faire d’avantage ».[1]

 

L’auteur précise et à propos de la tenue maçonnique : « Ainsi le moment sacré qui est celui de la tenue maçonnique est-il déjà, et à chaque fois qu’il a lieu, « Le meilleur des mondes possibles », où chaque mot, chaque geste, chaque mouvement, qu’il soit postural, déambulatoire, ou déclamatoire, est calibré et viendra créer un cas de figure, une situation contextuelle que l’on ne retrouvera plus jamais par la suite : seul variera alors le contenu propre à chaque idée exposée. (…) dans l’espace sacré, où tout se conserve ; les événements qui s’y déroulent ne sont pas soumis à la flèche du temps, ni à la propagation spatiale ».[2]   

 

[1] Thierry Didier – Chemins Initiatiques parcours balisé d’un Franc-maçon Page 28 Édtions LOL. 2026.

[2] Ibid 1- Page 29.

LE LIVRE DISPONIBLE EN LIBRAIRIE ET AUX ÉDITIONS LOL - 374 PAGES - 17,50 €
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Publié le par Jean-François Guerry
COMMENT DIRE ?
Photo de raychelsnr sur Unsplash

COMMENT DIRE ?

 

Moi, qui ne sais à peine qu’épeler, dire la première lettre est déjà un effort. Le Frère Goethe avoua avoir essayé de lire et d’écrire pendant plus de 80 ans sans être sûr d’y être parvenu. Comment à ma place, sur ma colonne, sur mon banc dans l’ombre d’un chêne bicentenaire, où dans le champ d’herbes folles du rivage d’un lac, improbable béatitudes de Tibériade. Comment exprimer cette foule de sensations fugitives, qui frappent à la porte de mon cœur. Elles sont murmures du vent, souffle de l’esprit dans le silence du désert. Privé de la vue, j’entrais dans le Temple, guidé par la main inconnue, dans un tumulte effrayant, j’avançais mal à droit, un peu gauche. J’entrais pourtant dans une forme de ravissement de l’inconnu, lâchant prise, loin du monde extérieur.

J’avais tantôt envie de me battre, tantôt envie d’être en paix, mon esprit s’égarais dans une destination inconnue, il faut peu de choses pour faire de grands rêves. Je savais qu’il suffit de suivre du regard un oiseau, s’élevant dans la Vallée de l’Amour vers la Lumière du ciel et descendant plongeant son bec dans l’eau du fleuve. À cet instant voyageur de l’inconnu, oiseau migratoire, je me laissais planer vers ces régions inconnues que le cœur demande, comment dire ? Sans savoir pourquoi, mais faut-il tant d’explications impossibles, alors que la Rose même splendide de beauté est sans pourquoi ?

Alors, vint une envie soudaine de crier : « Levez-vous vite, orages désirés, qui devez m’emporter vers les espaces d’une autre vie ! » [1] Je marcherais alors à grands pas, même de côté, ne sentant plus ni pluie, ni froid, ni peur. Simplement tourmenté par les battements de mon cœur. Je ne sais comment dire, sorti de ma torpeur, j’entendis une voie qui me disais : Relevez-vous mon Frère.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

[1] François René de Chateaubriand. Extrait de René, les Orages.

BANQUET SPIRITUEL
COMMENT DIRE ?


Samedi 30 mai 2026
Château Saint-Antoine
Marseille
19 heures



1ᵉʳ Banquet Spirituel

avec





Etty Hillesum



Une spiritualité universelle



 
 
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,

Nous avons constaté que, lors des conférences de l'Académie Maçonnique Provence, mais également lors des travaux en loge, de très nombreuses figures spirituelles occidentales et orientales sont convoquées avec force citations, par exemple, Maître Eckhart, Hildegarde de Bingen, Simone Weil, Angélus Silésius, Ramana Maharshi, Rûmi, François d'Assise,  Ibn Arabi, Milarepa, Louis-Claude de Saint-Martin, Sri Aurobindo, les grands maîtres du Taoïsme, les grands Maîtres Zen, les Pères de l'Église et bien d'autres encore...

Aussi, il nous est apparu intéressant d'aller à leur rencontre en compagnie de spécialistes de leur pensée et pour ce faire organiser un dîner-conférence au cours duquel le conférencier pourra présenter et développer la richesse spirituelle de "l'invité" du soir.

Ce diner-conférence aura lieu dans le Grand Temple du Château Saint-Antoine et, au cours du repas, cinq temps d'écoute sont prévus afin de découvrir la présentation faite par le conférencier ou la conférencière.
Il y aura également un temps d'échanges pour nous permettre de poser toutes les questions.

La soirée a pour but d'entrouvrir la porte vers ces grands esprits, libre à nous ensuite d'aller plus avant en leur compagnie.

Notre premier Banquet Spirituel sera dédié à la rencontre avec

 
Etty Hillesum


 
Jeune femme juive assassinée à Auschwitz, Etty Hillesum a découvert, au cœur même de la barbarie, une étonnante liberté intérieure et une joie de vivre.
Longtemps fragile et tourmentée, elle accomplit en quelques années un authentique chemin de conversion intérieure, d’un grand réalisme psychologique.
À travers son journal et ses lettres, elle devient une figure de « résistance spirituelle », refusant la haine et choisissant l’amour jusqu’au bout.


présentée par

Cécilia DUTTER, romancière, essayiste



Présidente de l’Association
des Amis d’Etty Hillesum

 
À partir de larges extraits de son journal et de ses lettres, Cécilia Dutter, auteure de trois essais consacrés à Etty Hillesum, en retracera les grandes étapes du chemin intérieur qui peuvent devenir aussi les nôtres :
- Se connaître soi‑même : accueillir sa part d’ombre, faire la paix avec son histoire, unifier sa vie intérieure.
- Rencontrer l’autre : sortir de soi, apprendre la vraie relation, développer une compassion active.
- S’ouvrir à l’Absolu : découvrir, au plus intime de soi, une Source de paix qui ne dépend pas des circonstances.
 
Le dîner-conférence est ouvert aux Frères et Sœurs de tous degrés ainsi qu'à leurs proches.
 
 

Le montant du repas (apéritif de bienvenue, entrée, plat, fromages, dessert, et boissons) est de 30 € par personne.

La capacité du Grand Temple en configuration repas est limitée à 90 places assises...

Pour vous inscrire, cliquez sur le lien ci-dessous :

 

 
Merci de diffuser cette invitation aux
Frères et Sœurs de tous degrés de ton entourage.

 

Bien fraternellement.
Alain Boccard
Président

 
 
 
 
 

Contact : academie.maconnique.provence@gmail.com
Téléphone: 06 ​42 26 75 95
COMMENT DIRE ?

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Publié le par Jean-François GUERRY
SACRIFICE

 SACRIFICE

 

Prendre un nouveau départ, sortir de l’isolement et partager. Mettre à l’entrée de sa maison un bouquet d’hysope pour accueillir l’étranger de passage, passer par-dessus nos différences. Faire une fête à la renaissance de l’épi de blé, partager ensemble l’agneau, le plus grand des dons. Boire le vin de la Connaissance, à la troisième coupe bénir l’agneau. Réparer, rejointer les pierres du Temple détruit qui suent sang et larmes. Sortir de nos ténèbres, de nos passions tristes pour fêter l’esprit lumière du réel, qui renaît aussi radieux que jamais.

Donner à manger à celui qui a faim et donner à boire à celui qui a soif. De même que nous rompons le pain, notre corps se partage et surtout notre cœur qui le fait vivre est donné à notre voisin et notre lointain. C’est un moment fraternel, d’altérité pure asymétrique sans attente de retour, une manifestation d’Amour. La Rose est au milieu de la Croix, elle est sans pourquoi. Comment pourrions-nous ne pas célébrer à notre manière, en toute liberté, sans aucun dogme ce sacrifice, mystère permanent de la vie spirituelle, jusqu’à la fin des temps ? [1] Rien ne meurt tout se transforme.

 

                                                     Jean-François Guerry.

 

[1] Évangile selon Matthieu- XXVIII, 20.

L'ÉTERNELLE LUMIÈRE 
SACRIFICE

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Publié le par Jean Dumonteil

À la fois seuls et reliés

Le cheval qui disparaît au tournant du chemin ou l’avion qui décolle, emportant l’être aimé. Nous n’avons pas changé. Ce sont toujours les mêmes émotions, les mêmes craintes qui surgissent au moment de se séparer momentanément. Elles demeurent, quelles que soient les époques et les transformations mécaniques.

Nous n’avons pas changé. Il suffit de faire de la place, de laisser le silence advenir, pour être rejoints par ce qui nous fait éternellement humains. Quand te reverrai-je ? Quels sont les dangers qui te guettent ? Et toujours ces trois piliers : espérance, confiance et amour. Et l’ouverture à une réalité plus grande que nos peurs, à cet Ultime Réel que l’on ose appeler Dieu.

Nous n’avons pas changé. Il y a, au fond de nous, cette intuition d’une Providence. Quelque chose de plus grand que nos existences et nos échanges prosaïques. Il y a, non pas nécessairement la peur, mais la conscience aiguë de notre vulnérabilité, de nos fragilités.

C’est cette réalité qui nous fait vraiment humains : reliés, à la fois seuls et reliés. Éternelle respiration, battement du cœur humain. Beauté de cette fragilité, de cet abandon au tournant du chemin ou au moment du décollage. Sans eux, l’espérance n’aurait pas de lieu où habiter.

RELIÉS PAR L'ESPRIT DE LUMIÈRE
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