Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
e qui est remarquable, est ce qui mérite d’être remarqué. Vendredi j’ai avec quelques frères, trop peu nombreux à mon goût, participé et non assisté aux obsèques de Monique la belle-mère de Jean-Jacques, la mère de Muriel. Nous étions réunis croyants ou non dans l’église bondée de ce village du Morbihan. Monique à 88 ans a rejoint son époux, elle avait exprimé le souhait de le rejoindre le même jour où lui était parti pour le même voyage quelques temps avant, à un jour près elle y parvenue sans doute la volonté de ne pas être séparée de lui trop longtemps, la volonté de vouloir encore communier avec lui.
Je ne connaissais pas du moins physiquement Monique, par contre je connais sa fille Muriel et son mari Jean-Jacques, tous les deux la vie ne les a pas épargnés, ils portent chacun leur croix en silence avec une remarquable dignité. Ce qui est de nos jours remarquable, ils sont loin des jérémiades de beaucoup d’entre-nous.
Suivant le désir de Monique, sa vie n’a pas été relatée comme c’est l’usage au cours de la plupart des célébrations religieuses. Je ne connais donc pas les détails de sa vie, mais l’abondance des hommes et des femmes ce jour-là dans cette église de village en a fait un Temple de la Vérité pour son dernier hommage cela suffit à démontrer que sa vie a été remarquable donc remarquée.La présence de sa famille : de ses trois enfants, de ses seize petits-enfants, de ses onze arrière-petits-enfants, plus un disparu toujours présent dans les cœurs, enfin ses sœurs, ses beaux-frères, belles-sœurs, neveux et nièces… Rendent aussi remarquable sa vie nous n’avions pas besoin de mots !
Monique ne voulait pas mettre en avant sa vie, par ce geste d’humilité remarquable elle me fit sur l’instant penser à la devise des Templiers : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tu da gloriam. (Non pour nous, Seigneur non pour nous, mais pour la gloire de ton nom.) Et bien je vous le dis, Monique a laissé bien plus que quelques mots ! Elle nous a laissé sa fille Muriel et son mari Jean-Jacques que certains d’entre-nous ont la chance et le privilège de connaître. Même si je n’ai pas eu le bonheur de te connaître Monique, je te remercie pour tes actes remarquables qui dépassent toutes les paroles et tous les mots.
Jean-François Guerry.
Il existe des gens que l'on ne connaît pas et qui pourtant éclairent nos vies.
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Dans la brume automnale qui masque le fond du parc, me parvient, ce matin, le son de la corne de chasse d'une battue ; mon braque, sensible à la proximité de la meute du piqueux, manifestait sa nervosité. J'aime ces traditions que stigmatisent les rurbains fraîchement implantés dans mon village.
La paysannerie fond et ce qu'il en reste, se transforme en producteurs de blé ou de viande, en utilisateurs de machines. Les paysans que décrivait Balzac, représentaient-ils un type humain supérieur à celui de nos agriculteurs, capables de calculer le budget de l'entreprise et de s'adapter au marché ? Les employés, les cadres d'aujourd'hui, sont-ils victimes du progrès ? Réaction, le progrès qui réduit le nombre des cols bleus et augmente celui des cols blancs, qui multiplie le nombre des salariés-bourgeois, ceux qui manient des chiffres et des signes, et réduit le nombre des salariés-ouvriers, ceux qui se collettent avec la matière ? Ces hommes ordinaires, de quel droit les mépriser ? Qui a le droit de les mépriser ? Face à ces sortes de questions, je me sens paralysé. Médiocrité du plus grand nombre, bien entendu, disent les uns. L'humanité sera sauvée par le petit nombre, dit l'autre : je préfère la sagesse du paysan aux demi-cultivés qui attrapent au passage des bribes d'idées, les mots favoris des journalistes, discutent de l'avenir du monde. Il exista toujours, dans les civilisations, une aristocratie de la pensée, sinon d'établissement, et aujourd'hui, ce sont les savants qui constituent, avec les grands artistes, l'aristocratie de l'aristocratie. Mais ces aristocrates n'offrent pas un modèle d'être homme que les autres tenteraient d'imiter. Quant à ceux qu'entoure la clameur de la popularité et qui passent pour les privilégiés par excellence, depuis les chanteurs, les acteurs de cinéma ou les écrivains jusqu'aux chefs d'entreprise ou aux ministres, ils permettent à des millions de fans de vivre en pensée des existences prestigieuses, ils n'ont presque rien en commun et ils n'enseignent pas la même leçon.
Nuit d'automne
Ce qui me gêne le plus dans cette description à la Tocqueville, c'est que je m'interroge sur les deux affirmations posées comme évidentes. En quel sens les hommes de nos sociétés se ressemblent-ils plus les uns aux autres aujourd'hui qu'hier ? Ignorent-ils davantage leurs semblables, leurs voisins, leur patrie que nos ancêtres ? L'instruction universelle a refoulé les dialectes. Les habitudes des villes se répandent dans les campagnes et les citadins achètent les vieux meubles que les villageois remplacent par du Ikéa. Cette sorte d'homogénéité de langage, entretenue par la diffusion des mêmes mots, des quelques idées à la mode, dissimule des existences tout autres. Les villageois étaient-ils plus différents les uns des autres que ne le sont les employés d'un bureau ? Les habitués de la cour de Louis XIV tels que Saint-Simon nous les transmet, valaient-ils mieux que les courtisans du Président de la République ou du P.D.G. ?
Dans les fermes de mon village, où la fée électricité n'est apparue qu'en 1947, les lueurs de la ville ne polluent pas le ciel nocturne. Je ne sors guère le soir aux étoiles, entouré de chauve-souris, sans être saisi par l'énigme muette de la destinée. Mais ce que je ressens surtout c'est un besoin de paix, une sorte d'appel vers je ne sais quelle hauteur d'où je pourrais juger à la fois de la terre et du ciel, des hommes et de moi-même et percevoir le sens de ma vie. C'est pourquoi je me tourne vers le vieil enseignement des sages quand ils prétendent que l'humanité doit vivre selon ses rites.
Il n'est pas interdit de réfléchir avec Tocqueville et Voltaire. C'est ce que Yann l'impertinent pertinent nous propose. Ne sommes nous pas à l'origine des strates administratives que nous déplorons, de ce retour des baronnies version bureaucratie ?
L'émiettement des décisions favorise t'il au final l'action et une vision d'ensemble un cap porteur d'avenir pour tous ?
À force de vouloir en même temps plaire à tous le monde ne risquons nous pas de plaire à personne?
Nous avons un bel exemple de centralisation et de décentralisation accrocher vous aux panneaux!
Il faut rouler à 80km c'est bon pour la sécurité routière, c'est bon pour la planète, c'est bon pour l'économie d'énergie.
Ceux qui habitent en ville et travaillent pas trop loin sont ravis, ils disposent en plus des transports en commun, circulez il n'y a rien à voir.
Tant pis pour les autres ! Le désir de simplifier et le refus de voir la complexité du monde mène à une incompréhension. Ah zut !
Marche arrière, valse des panneaux ! Retour à plus d'autonomie de bon sens, le sacro saint bon sens radical !
Ce sera donc 80 ou peut être 90 selon débrouillez vous. Peut être que nous aurions pu consulter avant ? On ne va quand même pas faire comme les Suisses et pourquoi pas ? Dans une récente votation ils ont refusés la 5ème semaine de congés payés dans l'intérêt de leur économie, ils sont bizarres les Suisses avec tous leurs cantons ? Preuve que rien n'est simple.
Jean-François Guerry
Décentralisation dans une nation plurielle, la tapisserie de Pénélope.
"Un jour vient où les hommes pensent autrement que la veille. Pourquoi n'ont ils pas pensé la veille comme aujourd'hui ? C'est là un obscur et impénétrable mystère.
Sigmund Freud.
Rébellion des "gilets jaunes", colère des maires… la fracture territoriale qui affaiblit la France, nation plurielle, nous renvoie une fois de plus au débat sur la décentralisation. Ce débat n'est pas neuf : depuis des siècles, chaque génération le redécouvre avec passion et l'impression d'une originalité inédite pour aboutir ensuite aux mêmes impasses, à la même immobilité.
La France s'est faite par la centralisation dont l'œuvre est un long processus engagé par la monarchie dès le Moyen-Âge. Mais la nostalgie d'un âge d'or qui aurait précédé la dictature du centre n'en subsiste pas moins : il y aurait un droit naturel des collectivités territoriales à être elles-mêmes, que l'hydre de la centralisation aurait peu à peu totalement annihilé par son venin uniformisant, par sa bureaucratie paralysante.
"Marche de va-et-vient de nos révolutions… Au début invariablement une poussée vers la décentralisation … à la fin une extension vers la centralisation… En commençant, on suit la logique de ses principes, en finissant, celle de ses habitudes, de ses passions, du pouvoir. En somme, le dernier mot reste toujours à la centralisation qui, à vrai dire, se fortifie en profondeur alors même qu'on la diminue en apparence". Lumineux jugement de Tocqueville (L'Ancien régime et la Révolution, fragments et notes inédites, NRF, Gallimard, p. 343) sur les rééditions de la convulsion mentale, inutile et vaine, qui agite périodiquement l'opinion en France ainsi qu'en témoigne le petit florilège qui suit.
La Révolution vote des lois de décentralisation dès les 14 et 22 décembre 1789. L'Assemblée constituante, par volonté d'unifier l'anarchie administrative et afin de lutter contre la puissance des seigneurs, décide un découpage départemental qui démantèle les provinces et favorise l'émiettement communal. Elle refuse le projet de Sieyès et Condorcet sur les grandes municipalités. Nos débats sur l'intercommunalité trouvent déjà là leurs prémices.
Mais, malgré la légende, les Girondins n'ont pas été des décentralisateurs. Ils ont seulement voulu que leur gouvernement et l'Assemblée nationale soient protégés par une force publique issue des 83 départements parce que les Montagnards tiraient leur puissance des pressions exercées par la commune insurrectionnelle de Paris. Les Montagnards ont répliqué en les accusant d'être "fédéralistes", ce que les Girondins n'étaient pas, mais c'est la première diabolisation du concept, et elle permet de les envoyer à la guillotine avec le coup d'État du 2 juin 1793 qui déclenche en province un massacre d'élus locaux. Même l'abbé Grégoire réclame à cette occasion l'anéantissement des patois, afin que nul ne puisse échapper à la propagande de Paris. Cette peur que la province ne ressuscite l'Ancien Régime se termine par la dictature absolue et générale de Robespierre.
En 1969, le général de Gaulle propose un important projet de décentralisation qui prévoit d'inscrire la région dans la Constitution. "Ce que l'adoption du projet apportera, en notre époque qui est essentiellement économique et sociale, c'est donc, à l'échelon de la région, une emprise plus directe des Français sur les affaires qui touchent leur existence… (Allocution du 11 mars 1969). Pour lui, la décentralisation est à l'administration ce que la participation est à l'entreprise. On ne l'a pas suivi : le référendum du 27 avril 1969 refuse la réforme proposée par 52,41 % de non. Mais est-ce à cause de ce projet, ou parce qu'à 80 ans il donnait le sentiment d'avoir fait son temps ?
La dernière réforme territoriale sous le quinquennat Hollande relève encore de la décentralisation jacobine. Telles qu'elles ont été fabriquées, les 13 nouvelles grandes régions ne correspondent ni à une création historique, ni à une réalité géographique, ni même parfois à une exigence économique. On s'est cru obligé de fabriquer (c'est bien le mot qui convient) des régions abstraites, théoriques, technocratiques.
La décentralisation n'est si difficile que parce qu'elle s'en prend au cœur d'un système séculaire qui touche plus la réalité quotidienne du pouvoir que la vie immédiate des Français. Le centralisme avait vocation à permettre à la France d'être plus forte : elle est aujourd'hui plus fragile. En France, depuis toujours, tous les moyens de transports convergent vers Paris, au détriment de la province et aussi de la banlieue. Paris s'enrhume, la France entière est malade. Il suffit de paralyser Paris par quelques manifestations pour infléchir la politique de la France. Certes, la proximité géographique des différentes fonctions de la nation a permis bien des synergies. Mais aujourd'hui le risque est celui de la thrombose déjà annoncée par la circulation automobile, l'habitat inadapté, la durée des transports, les difficultés de l'intégration et, d'une manière générale, le mal de vivre que provoque la surpopulation d'espaces restreints. Pourtant, grâce aux technologies nouvelles, les distances peuvent se relativiser et les entreprises savent travailler dans un espace mondialisé.
Le principal obstacle est bien entendu la culture politique séculaire de ce pays. Le centralisme est une sorte de maladie de vieillesse des anciennes nations. Le pouvoir central a toujours profité de l'émiettement des collectivités territoriales et a su organiser l'administration entre fonction publique d'État et fonction publique territoriale à l'avantage de la première et de manière à ne pas permettre réellement le passage de l'une à l'autre. Les administrations centrales ont toujours eu beau jeu d'expliquer que les personnels des collectivités locales étaient loin d'avoir leur niveau de compétence.
La réforme de l'État, toujours réclamée et toujours repoussée, n'a de sens qu'avec la décentralisation. Mais une décentralisation engagée dans le désordre et la précipitation pour des raisons essentiellement idéologiques, ne risquerait-elle pas de devenir un handicap supplémentaire pour l'administration du pays et cela d'autant plus que, pour des raisons purement politiciennes, le pouvoir lui-même se sentira souvent obligé d'empêcher de fonctionner les mécanismes créés par lui ? Si une telle politique de la décentralisation devait se confirmer, la tentation serait en tout cas forte dans quelques années pour les citoyens d'en appeler au pouvoir central afin qu'il mette de l'ordre dans leurs affaires quotidiennes. Ainsi retrouverions-nous, lorsque la décentralisation aurait produit tous ses "effets pervers", les vertus de la centralisation si crûment mises en valeur par Voltaire :" Puisqu'il faut servir, je pense que mieux vaut le faire sous un lion... beaucoup plus fort que moi que sous deux cents rats de mon espèce" (Cité par Tocqueville. L'Ancien régime et la Révolution, Idées, Gallimard, p. 264)
Yann.
Voilà une affaire cousue de fil blanc. Dame Pénélope dont le prénom vient du grec :πηνέλοψ / oie, n’est certes pas une oie blanche, ni son époux un perdreau de l’année. La dame a de grands besoins pour être à la hauteur du standing de son époux, dernier prétendant au trône de Troie. Mais comment s’occuper quand tous vos emplois fictifs vous laissent un temps libre considérable alors que votre coquin, Prince des risettes, court les mers à la poursuite des sirènes du pouvoir ?
Il faudrait être cyclope pour parvenir à surveiller du bon œil la dame. Elle fait tapisserie, montre des airs de minaudière quand, de ses doigts crochus, elle se sert dans la poche de tout ce qui l’approche. La dame se rêve un grand destin ; elle le prépare en se brodant un voile cousu de fil d’or. C’est ainsi qu’elle s'imagine, parée de ce magnifique tissu, tenant son croisé, guerrier de la vraie foi, par le bras et montant les marches du palais d'Ithaque.
Hélas, c’est bien connu : à Ithaque on manque de tact. Pour acheter ses fils d’or, la belle tapissière a besoin de beaucoup d’argent. Le travail lui fait en outre si peur qu’il convient de l’en dispenser : il ne faudrait pas abîmer ses nobles mains ni la fatiguer outre mesure. Elle se doit corps et âme à son coquin. Son époux, partisan d’une journée de travail sans limite, ignore certainement que sa princesse est souffreteuse et que pour elle, il conviendrait de limiter ladite journée à moins d’une heure par jour.
Ne pouvant ainsi partager le travail, Ulysse préfère multiplier les sources de revenus pour que sa belle Pénélope œuvre à sa création sans se salir les mains. C’est donc de l’argent propre qu'il lui remet pour ses menus travaux d’aiguilles. Il monte de toutes pièces des emplois taillés à sa mesure. Le tailleur et la tapissière : il y aurait matière à fable si ce n’était qu’un conte de fées. Mais la dame se fait sorcière et son parangon joue les donneurs de leçons, de celles qui ne s’appliquent jamais à soi-même.
Homère a renoncé à évoquer cet épisode de l’Odyssée présidentielle. Il est vrai que les épisodes précédents étaient si invraisemblables, que notre poète a préféré ne pas les glisser dans son œuvre. Imaginez des galères venues de Libye chargées d’un trésor de guerre pour financer la bataille sous la direction d’un Pygmalion qui se demandait ce qu’il faisait là. Il est préférable d’inventer une Circé capable de transformer les hommes d’équipage en pourceaux que de narrer les exploits de gorets se prenant pour des chefs de guerre.
Il avait bien songé également à évoquer un certain Héraclès arrivant sur les côtes à bord d’un pédalo, en promettant à tous de tondre la Toison d’Or. Mais comme il n’en fit rien, bien au contraire et, qu’avec ses comparses, il continua de se servir au lieu de servir la cause des nations opprimées, Homère cessa d'ajouter foi aux belles paroles de ces guerriers à la petite moralité. Mais Pénélope, quant à elle, crut au mythe de la Toison d’Or et c’est ce qui la mit en action.
L’affaire cependant n’ira pas très loin. Dans ce royaume des princes corrompus et des aventures véreuses, elle ne risque rien. Qui donc irait lui chercher des noises alors que, peu ou prou, ils font tous la même chose ? Faire et affaires, c’est toujours de l’ouvrage et, tant qu’on parle de soi, on ne parle pas des autres. Ulysse l' a bien compris qui va tirer profit de ce bel éclairage.
L'épopée peut continuer. Tant que le peuple n’aura pas dissimulé à l’intérieur du cheval de Troie un Ajax incorruptible, capable enfin de laver plus blanc et de récupérer ce qui ressemble de plus en plus aux écuries d’Augias, nous ne serons pas au bout de nos peines et de notre désespoir. Ce joyeux bazar n’est donc pas près de s’arrêter et le prochain épisode sentira aussi mauvais que les précédents.
Pénélope a besoin de 7 500 euros par mois pour ses travaux d’aiguilles ; son cher époux, quant à lui, veut abaisser le SMIC, réduire le droits des travailleurs, les remboursements médicaux, augmenter la durée du travail et autres joyeusetés. Tout cela n’est que très logique en somme. Ces deux-là vivent dans un monde imaginaire et ignorent tout de la réalité. Il serait même question que nos joyeux drilles mettent en place, à titre expérimental, le revenu universel, cher à l’un des prétendants, uniquement réservé à leurs femmes, concubines, maîtresse, nièces, cousines et oies.
À moins que nous ne donnions un grand coup de pied dans la fourmilière, un autre, tout aussi vérolé, prendra la place. Homère, nous t'en prions, reviens et écris pour nous une belle épopée citoyenne, loin de ces maudits prévaricateurs !
Mythologiquement leur. SOURCE CLUB MEDIAPART
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force de faire de l’esprit, est-ce que je perds l’esprit, ou plutôt, est-ce que je me forme l’esprit, un certain esprit ou un état d’esprit ? Comme certains ouvriers qui construisent leur cathédrale intérieure, « Leur Citadelle intérieure » comme l’a écrit Pierre Hadot à propos de Marc Aurèle. L’empereur philosophe, guerrier, mais aussi grand exterminateur de Chrétiens dans les arènes ! Sa part d’ombre, aurait-il eu à certains moments l’esprit ombrageux ? À propos des Pensées de Marc Aurèle, Ernest Renan parlait pourtant de sagesse inépuisable, « d’Évangile éternel ». Voilà un homme qui après avoir fait la guerre toute la sainte journée, le soir seul méditait et écrivait ses pensées, rédigeait son journal intime en quelque sorte. Vous n’aurez pas besoin d’être grand esprit pour lire et comprendre ses Pensées, pas non plus besoin d’un dictionnaire pour le comprendre. Cet empereur a une forme de modestie dans l’écriture, mais ne vous y trompez pas ! Pierre Hadot écrit : Pour y retrouver accès (Aux œuvres des philosophes antiques et en particulier à celle de Marc Aurèle) il nous faudra pratiquer une sorte d’exercice spirituel, d’ascèse intellectuelle, afin de nous libérer d’un certain nombre de préjugés et de redécouvrir ce qui pour nous est presque une autre manière de penser.[1]Un autre état d’esprit en quelque sorte, pratiquer une sorte de Conversion de notre regard sur nous-mêmes et le monde. Je dirais de s’initier ! Un autre auteur contemporain Pierre Coïc disait à propos de : La vie maçonnique elle est une ascèse, c’est-à-dire qu’elle entraine à produire un effort visant à la perfection spirituelle par une discipline constante de vie.[2] Qu’est-ce qui rapproche donc le Maçon écossais de ce lointain empereur épris de philosophie, mais surtout de vie en accord avec sa philosophie, c’est déjà une bonne piste. Aujourd’hui peu d’hommes vivent comme ils disent qu’il faudrait vivre ! Ils parlent comme des livres, mais se sont souvent des livres fermés sur la vraie vie. Le Maçon travaille dans sa Loge à livre ouvert. On ne conçoit pas un Maçon qui parlerait de Maçonnerie à longueur de temps, même brillamment et qui ne viendrait jamais en Loge pratiquer ce qu’il dit et qui plus est dans le monde. Ce serait simplement un « théoricien de la Franc-maçonnerie », ou un professeur de Franc-maçonnerie, comme le sont les professeurs de philosophie, très savants en théorie et nuls en pratique, ce qui vous l’avouerez avec moi n’est pas très encourageant et convaincant pour leurs élèves. J’ai rencontré dans ma vie maçonnique quelques seconds surveillants qui donnaient à leurs frères apprentis des cours de maçonnerie, incapables de les écouter en « séance d’instruction ». Ce sont souvent les mêmes qui se proposent de changer le contenu des rituels, afin de les moderniser ou plutôt de les adapter à leur pensée. Épictète qui fût un référent pour Marc Aurèle disait : le philosophe authentique n’est pas celui qui disserte sur les théories et commente les auteurs.
Marc Aurèle en toute simplicité a écrit : Mange comme un homme, bois comme un homme, habille-toi, marie-toi, aie des enfants, mène une vie de citoyen…Montre-nous cela, pour que nous sachions si tu as appris véritablement quelque chose des philosophes. [3] Cela me parait procéder d’un bon état d’esprit et donne matière à réflexion.
Jean-François Guerry.
[1] Pierre Hadot- La Citadelle intérieure. Introduction aux Pensées de Marc Aurèle- Page 8. Éditions Fayard 1992-1997.
[2] Pierre Coïc Parcourir Le Rite Écossais ancien et Accepté du 4ème au 30ème degré. Éditions Maia. www.editions-maia.com
[3] Marc Aurèle Pensées pour moi-même Livre III, 21,5
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ar la transition n’a pas d’existence avérée au-delà de ces bornes. La pensée est donc faite essentiellement de seuils, qui, ne pouvant se regarder eux -mêmes, constituent le plus épais des mystères ontologiques. L’homme est binaire, mais cette dualité est mouvante, irriguée par d’incessants courants qui vont la consolider en la nourrissant de continuels va- et- vient d’un tenant jusqu’à l’autre : c’est ce qu’on appelle la pensée ternaire. Au-delà de leur contenu propre, ces tenants définissent par défaut l’inévitable seuil qui les connecte entre eux. Ces seuils n’existent que par la fragilité de l’homme à se projeter dans un endroit, puis dans un autre : le seuil sera donc l’expression physique d’un réarrangement permanent de notre constitution physique et mentale.
Face à un espace liminaire, notre pensée risque d’être mise en danger, réduite à une simple dynamique perçue, faute de mieux, comme un « vide habité », vétuste, usé, d’une fréquentation consommée, portant les traces visibles d’une occupation passée. L’archétype visuel d’un seuil est un long couloir défraichi, ou une grande pièce vide, une agora dépeuplée, contrainte dans ses dimensions, souvent distribuée en espaces réduits et cloisonnés, dont le sol moquetté ou parqueté est vieilli, délavé , usé par une foule oubliée, les murs jaunis par la chaleur et la moiteur, évoquant un lieu où le passage d’humains fut intense, et qui ne conserve de ce passé qu’une forme d’atmosphère fantasmagorique renforcée par un éclairage jaune, vacillant et blafard.
L’exemple le plus parlant , artistiquement parlant, pour moi, est celui de l’agencement intérieur des couloirs de l’hôtel du film « Shining », à la fois vétustes , humides, vieillis , labyrinthiques ,offrant un vide dérangeant, un silence épais , des couleurs « passées », des plinthes et des boiseries fatiguées , portant l’empreinte organique de la sueur et de la souillure du tissu plaqué au mur et où, la nature ayant horreur du vide, toute irrationnalité est facilement offerte au témoin, tel un couple de fantômes.
Finalement le liminaire, c’est-à-dire le seuil s’oppose à la manifestation avérée, c’est à dire au phénoménal, et donc à l’appréciation personnelle d’une réalité objective. Là où le phénomène est une confluence, un rendez-vous entre un sujet et un objet, le liminaire sera une divergence, un moratoire existentiel. Ce liminaire apparait angoissant parce qu’il est un peu l’arrière-plan de la réalité, son antichambre : il nous montre notre vide à quantifier la nature autrement que par la dualité. C’est l’entrechoquement de cette dualité qui crée le phénomène, et qui suggère donc, par sa discontinuité, un effet de seuil.
Le souci , pour le profane, est que l’idée de passage se réfère à 2 tenants, dont l’un est connu, le passé, mais dont l’autre demeure inaccessible, le futur : le présent se dilate alors sous cet effet délétère, et vient projeter le passé sur un futur supposé. Cette compensation est loin d’être parfaite pour notre esprit puisqu’elle se contente de biais grossiers : elle se verra alors « guidée » et objectivée par des sentiments confus, des passions tristes, telles, la peur, la solitude ou la nostalgie. Tout comme la mélancolie, l’appréciation moderne de la nostalgie en minore la puissance, comme s’il s’agissait là d’un doux malaise. En fait la nostalgie est une algie, c’est-à-dire une souffrance, une douleur. La nostalgie sera l’occasion morbide d’occuper un espace-temps qui, pourtant, échappe au myste, puisqu’il n’est ni dans une phase de prémices, qu’il connut, et pas encore dans celle du résultat, par essence inconnue.
Or, la Cérémonie d’initiation au 1er degré est une suite de moments construits, ostensibles, statués, séparés par des moments de transition, dont le candidat va endosser la présence, en se voyant dénommé successivement impétrant, néophyte, récipiendaire, etc… On pourrait, si l’on se voulait forcer le trait, voir dans la cérémonie d’initiation une somme de seuils délimités, scandés par des textes, accentués par des postures et rythmés par des déambulations, épousant au mieux lesdits seuils afin de les rendre plus efficients et plus présents que jamais. Car un seuil n’est jamais aussi effectif que lorsqu’il est bordé, c’est-à-dire maitrisé par la raison et le prosaïsme, furent-ils symboliques.
Cette notion de seuil est un révélateur puissant de notre incapacité à conscientiser entièrement le réel, et à voir les impasses dans lesquelles s’engouffre ce qui peut nuire à notre équilibre vital. Je parle de réalité perturbante, car nous savons bien, ne serait-ce qu’inconsciemment, que nous ne vivons et ne ressentons qu’une faible part d’une réalité plus générale, plus universelle. Le texte du rituel permet de nous raccrocher provisoirement à une forme maitrisée de la vie. Mais dès qu’il faut avancer, une maitrise s’efface avant d’en retrouver une nouvelle, toute aussi partielle et transitoire. Entre les 2, ce sont les affres du néant, et nous n’avons rien trouvé de mieux que le seuil pour habiter un tant soit peu ce vide sidéral. Le seuil est en fait un curieux mélange de vide et de matière, d’où ce sentiment, je le répète, de mélancolie et de nostalgie fréquemment associé à cet évènement, et assimilable à une « philosophie de l’abrasion, de l’usure et de la corrosion ». Le rituel du 1er degré, en nommant les seuils, les actualise en permanence, les vidant de leur poison en les référant à la réalité bien tangible du fait et de l’action : le postulant, par exemple, qui succède au profane, chasse le vide en le remplissant d’intentions : le myste « postule », c’est-à-dire qu’il détermine une volonté positive dans laquelle la ligne de fuite trahit une occupation par le mouvement.
Ce à quoi va répondre le rituel, car c’est cela son rôle, en intentant une action « ad personam » vis-à-vis de ce turbulent postulant, celle des épreuves. En effet, comme signifié dans le rituel, dès la prise en charge par l’Expert du profane, celui -ci lui demande nommément et individuellement hors l’espace sacré s’il est toujours d’accord pour devenir postulant en lui bandant les yeux. Le vouvoiement et l’interpellation du VM et de l’expert sous le vocable de monsieur « un tel », seront de rigueur durant tous les seuils vécus par le candidat. Tant que le postulant n’a pas pénétré physiquement dans la loge, il n’est pas, symboliquement, pleinement identifié. D’où la frappe en profane, signalé par le couvreur puis le second surveillant, puis l’identification du profane Monsieur « un tel », qui conduit à lui établir son statut de postulant.
C’est l’état d’esprit du postulant qui le distingue de celui de candidat : le postulant est volontaire, il est dans une phase active, là où le candidat se présente comme « offert » à ses initiateurs. Il est passé, dans son esprit, de quelqu’un de soumis à la décision de ses pairs, à quelqu’un de demandeur, apte à effectuer des démarches afin de réclamer, de solliciter son admission selon un statut qui pour le moment, lui échappe. C’est le sens étymologique de postulare, « demander, souhaiter ». Nous sommes ici dans le domaine initiatique, et l’on peut difficilement concevoir le candidat postulant comme pouvant émettre a priori une revendication : il s’agit plus ici de considérer le changement de posture d’un homme dont les prétentions vont l’amener à se confronter à de futures épreuves, à l’aune de ses prétentions et de sa volonté farouche, par la rudesse du battement de la porte de la loge à laquelle il frappe violemment, par à la porte basse, par l’acutesse de la pointe de l’épée.
La cérémonie se « règle », si je puis dire, sur les spécificités du postulant : s’il émet une posture demandeuse, plus agressive, la cérémonie de l’initiation lui répondra en regard, par des épreuves d’une intensité comparable, suivant le principe des équilibres complémentaires. En fait, cette dynamique se reproduira plusieurs fois au cours de la cérémonie d’initiation : chaque fois que le VM prendra la parole afin d’acter une épreuve, de prononcer un texte ou un serment, de qualifier d’un statut nouveau le candidat, nous nous trouverons dans un espace liminaire, dont l’objectif premier, pour le rituel, sera de ne pas laisser le candidat se complaire dans cet univers transitoire ou de s’y trouver perdu. Se complaire car il ne faut pas négliger la propension que peut avoir un candidat à demeurer l’« éternel petit dernier », bien protégé derrière son statut de « victime supposée » : la franc-maçonnerie n’est pas une pouponnière, et le nouveau frère se devra, même sur la colonne du nord, d’assumer dès les 1ers instants une volonté d’autonomie mâtinée de respect. Le postulant rentré est soumis une nouvelle fois au questionnement, cette fois du VM, sur sa volonté à se présenter aux portes de la loge : à cette injonction au statut de postulant va succéder celui de récipiendaire. La « postulation » ( usité vers 1200), devient une demande, une supplication, une sollicitation qui nous ouvre au troisième temps défini au début, celui de la réincorporation, validée par le statut de récipiendaire, provenant de sa qualité à être reçu dans l’institution désignée. Ce mot dérive du latin (17ème siècle) recipiendus « qui doit être reçu ». Cette réception avalise le myste en lui conférant un statut qui est celui de la légitimité acquise. Là où le postulant était, lui, dans un mouvement de réclamation, le récipiendaire est lui dans un mouvement de reconnaissance. C’est cet entérinement qui le rendra apte et solide face à la solennité des principes fondamentaux du REAA, face aux perturbantes épreuves de la Coupe d’amertume, de la violence physique des 3 voyages élémentaires, et de la bouleversante prestation de serment.
Le récipiendaire est beaucoup plus mobile que le postulant : c’est son statut qui lui confère cette motilité. En tant que récepteur, la « surface » du récipiendaire, symbolique comme physique, s’est considérablement accrue : en effet, la durée et la déambulation importante de ce qui sera vécu par le récipiendaire sera conditionnée par lui-même, apte qu’il est maintenant à développer une aptitude, une capacité, une force tranquille lui permettant de recevoir sans chocs, sans heurts excessifs les vifs et âpres assauts des éléments alchimiques. La formule du serment par le VM déterminera le seuil entre l’encore récipiendaire, et le futur néophyte. Ce mot est issu par voie orale du latin classique sacramentum, symbolisant une forme de caution en cas d’irrégularité. Mais serment porte aussi, et c’est très important, le principe d’une action personnelle et volontaire, accentuant la singularité du myste, avec une visée, sinon religieuse, au moins initiatique par opposition au latin jusjurandum désignant un serment collectif.
Le candidat assermenté devient donc un néophyte, ce qui correspond, au 17ème siècle, au latin d’église neophytus « nouveau converti », dérivé de « nouvelle pousse » (phuein : « faire croitre », ou phuton, « ce qui pousse »). Nous sommes donc passés progressivement du verbe postuler, et son caractère centrifuge à celui de recevoir, et son caractère centripète. En somme, en ayant vécu successivement les 2 grands mouvements de la vie, ceux-ci vont se conjuguer en cette sorte de Rebis alchimique qu’est le néophyte, destiné à croitre et évoluer. Le néophyte possèdera alors, à son échelle, toutes les prérogatives lui permettant de « voir » symboliquement les frères par le retrait du bandeau : il voit le corps du parjuré, les épées, qui à la fois protégeront, mais pourront aussi le trucider s’il trahit.
Le terrain va reprendre ses droits : les ennemis possibles de la vie ordinaire sont fortement évoqués, le pardon nécessaire, la reconnaissance du prochain, par l’intégration dans la Chaine d’Union, et au bout du compte l’acceptation de soi-même (miroir) vont constituer les préalables nécessaires à jurer serment et être créé, constitué et reçu apprenti Franc maçon par le VM. Le myste devient un frère apprenti maçon, apte à recevoir l’instruction du 1er degré. Même si le rituel écrit le qualifie toujours de néophyte, l’entretien oral entre les officiers et le nouvel apprenti le qualifie maintenant de frère. La réincorporation prend alors la forme d’une légitimation : la destruction des enquêtes et du Testament Philosophique seront là pour prouver notre confiance à notre nouveau frère ; l’incorporation à la chaine d’union, l’accolade fraternelle, la transmission des mots de semestre, l’instruction du grade viendront également appuyer cette reconnaissance.
Thierry Didier.
FIN
Première partie de la réflexion de Thierry Didier parue le Jeudi 2 octobre sur le Blog, partie deux le Lundi 6 octobre, partie trois hier mardi.
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ourtant, l’effet de seuil, qui est donc si important dans l’initiatique, a bien du mal à trouver son public dans le monde profane, car il s’agira là de qualifier un moment par essence intermédiaire qui n’est jamais une zone de confort, et qui demande à celui qui s’y penche une bonne dose d’introspection. Car si les notions de seuils, d’interface, de passage sont incontournables dans la construction de notre réflexion, force est de constater que c’est surtout la finalité qui prime. Seules la pensée et l’action compteront et subsisteront factuellement dans un monde qui fait peu de cas des sensibilités et des susceptibilités individuelles.
Ainsi, on dira d’un profane qu’il est devenu initié au grade d’apprenti, mais non pas qu’il fut auparavant postulant ou récipiendaire. Nous, humains, ne sommes pas de purs esprits, et donc même dans l’initiatique, la pensée commune est plus conclusive que préliminaire. Pourtant ces passages de seuil sont fondamentaux : ils permettent de ménager les transitions, de remettre l’église au milieu du village, c’est-à-dire de reconstituer à chaque épreuve l’intégrité du candidat, en mettant de l’huile dans des rouages qui sont adaptés à la vie initiatique mais pas forcément à la vie ordinaire.
C’est pourquoi la pensée profane a tant de mal à circonscrire ces seuils, ces passages, qui mettent en avant une forme d’abstraction, d’entre-soi qui semblent s’opposer au but poursuivi, à savoir statuer, construire et perdurer. L’initiatique, c’est d’abord et avant tout une gestion de ces seuils, passages obligés, étroits et obscurs, qui vont coller à la nature humaine. C’est pourquoi le rituel nomme et singularise ces seuils, identifiés à l’homme qui les traverse. Ces seuils sont des instants dont la précision et la puissance sont telles qu’ils deviennent incontournables au niveau du myste. L’humain est fragile, et sa soumission à cette « violence organisationnelle » que communique le rituel demandera un palliatif, un viatique, un accessit à la hauteur de l’enjeu.
D’où l’indispensable utilité des seuils, et ce, dès le passage par le Cabinet de Réflexion ou la porte basse de la loge. Par contre, parce que l’imaginaire a toutes les difficultés du monde à les particulariser, ces seuils, lorsqu’ils se trouveront déplacés dans le monde profane, pourrons altérer durablement le tissu de la vie ordinaire. J’utiliserai comme métaphore la chimiothérapie, qui, si elle devait être administrée à un être sain, en pulvériserait la structure générale, alors qu’elle sera bénéfique dans le cadre de cellules localisées et anarchiques. La notion de seuil est de ce tonneau : consubstantielle à l’initié, elle sera différentialiste, voire discriminante chez le profane. Si donc nous sortons le seuil de son contexte initiatique, la pensée se figera, l’attention se délitera et le discernement se dénaturera car il n’y aura plus de référents évidents qui délimiteront la fonction et l’existence dudit seuil. Ce qui n’est pas le cas du rituel, qui soutient et instruit en temps réel le candidat sans jamais le laisser « libre dans la nature », ou seul avec lui-même. C’est une des raisons de l’extrême densité des textes et du rythme soutenu des évènements d’une cérémonie. Ceux-ci vont servir à « border » et à jalonner les espaces liminaires vécus par le myste. Si nous raisonnons par l’absurde, et si cet accompagnement rituel cesse d’exister, comme c’est le cas dans le monde profane, c’est tout le psychisme et la cognition de l’individu qui se verront possiblement biaisés, décontenancés, cherchant des échappatoires par des exutoires spécieux, voire morbides. Je vais donc maintenant longuement définir ce que le seuil n’est plus, lorsqu’on le replace dans un contexte non initiatique, ceci afin de montrer la puissance discrète qu’une initiation instille chez un être humain.
Le seuil est donc appelé dans la pensée commune un espace liminaire, ou liminal. Ce terme se rattache au limon, c’est-à-dire au seuil d’une porte. Cet adjectif, emprunté au latin liminaris, signifie « relatif au seuil » et en même temps « placé au début ». Cette double qualification est un peu contradictoire, puisqu’elle caractérise à la fois une origine et un franchissement. Cette antinomie des fonctions crée, chez le profane, un malaise qu’il conviendra de dépasser. Définissons ce malaise, et donc imaginons un seuil en essayant de l’isoler de ce qu’il y a avant et après : c’est ce que fait, en architecture ou en décoration intérieure, l'esthétique graphique Internet, qui nous présente des espaces liminaires, c’est-à-dire des seuils présentés comme des lieux virtuels ou physiques, vides ou abandonnés, empreints d’étrangeté et de surréalisme, où l'on peut avoir l'impression d'être observé.
EXEMPLE D’ESPACE LIMINAIRE
Le caractère « étrange ou surréaliste » qui teinte psychologiquement le seuil pour un profane sera le biais d’attribution qu’utilisera l’esprit pour caractériser un déficit d’image et de réalisation. La prise en charge mentale d’un lieu, d’une personne ou d’une situation est en effet plus facile lorsque l’objet de notre attention se voit d’emblée déconsidéré par l’absurde, le bizarre ou l’insensé. Car le coût moral et psychique devient alors minimal, lorsque nous affublons ces endroits improbables de ces passions tristes que sont la déréliction, le dépérissement ou l’altération. Ces considérations sont facilement mobilisables, car le traitement moral et sincère d’une information coûtera toujours plus, en temps de cerveau, que la peur, la folie, la colère ou la nostalgie. Ce sentiment de malaise dénotera donc d’une impuissance du profane à caractériser pleinement un processus, un passage, sans le soutien d’une forme de dualité qui vient épouser les 2 bornes d’un seuil, et que constituent pour le franc-maçon les temps forts de l’initiation.
Thierry Didier À SUIVRE...
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LIVRE DE THIERRY DIDIER
LE PHARE DU PASSAGE DE LA TEIGNOUSE
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utant le grade est l’objectivation d’un degré, autant les seuils n’ont de « compte à rendre qu’à eux même ». Ils appartiennent au candidat et non au rite, rite qui se contentera d’en gérer les atours. Si l’on admet cette progression en degrés comme étant sériée et linéaire, en plus de cette construction « horizontale » émergeront des moments « transversaux » du rite de passage, structurés autour de 3 temps, à savoir : 1°) La séparation de l'individu par rapport à son groupe. 2°) La liminarité, ou effet de seuil, que l’on va développer plus avant, c’est-à-dire la période du rituel pendant laquelle l'individu n'a plus son ancien statut et pas encore son nouveau statut. Et enfin 3°) La réincorporation, c’est-à-dire le retour de l'individu parmi les siens avec un nouveau statut.
Premier temps : La séparation, qui n’est pas une coupure absolue : elle marque simplement un écart, une distinction du candidat par rapport à ce qui l’entoure, afin de lui faire vivre pleinement l’initiation sans affecter son intégrité. En fait, la séparation a pour but de délier le candidat des contraintes culturelles qui pourraient entraver sa transformation (par exemple, son métier, sa religion, son idéologie). Si l’effet de seuil caractérise une séparation, c’est qu’il définit un passage qui est tout sauf une coupure ou un clivage entre 2 épisodes de la cérémonie. Cet effet de seuil permettra les zones de passage et se justifiera afin de donner de la souplesse, de la mobilité à cette résistance, à cette raideur qu’a toujours un candidat à se départir de sa zone de confort, car ce qui est nouveau est par nature inquiétant.
Il s’exposera alors à un autre seuil, ce mécanisme liminaire se passant autant de fois que nécessaire pendant la cérémonie. En fait, la séparation permettra à l’initié de s’individualiser, mais aussi aux frères initiateurs de ne pas être influencés par l’enveloppe médiatique dudit profane, quel que soit l’empreinte qu’il ait dans la vie quotidienne. Le travail d’abandon des métaux se devra donc d’être effectif aussi pour les frères initiateurs, à savoir, par exemple, ne pas surprotéger quelqu’un perçu, à tort ou à raison, comme fragile, ou ne pas être extatique devant une trop forte personnalité. Nous savons trop combien en franc-maçonnerie le culte de la personnalité est une déviance majeure des loges « malades » …
Des éléments séparatistes rituels se manifesteront, afin de renforcer la personnalité du candidat et d’éviter ces déviances : par exemple l’individualisation des questions de confiance, des requêtes et des volontés des initiateurs face au candidat : il sera en effet demandé plusieurs fois audit candidat s’il souhaite poursuivre son initiation : en plus de se voir confirmée, cette interrogation circonscrira le candidat, elle renforcera le fait que celui-ci demeure unique et singulier. L’individualisation du candidat passera aussi par la distinction posturale (pantoufle, bandeau, claudication, torse dévêtu etc…). Quand la séparation sera effective, le candidat plongera alors dans la phase intermédiaire, eaux troubles s’il en est, où il sera accompagné en permanence par le rituel, qui qualifiera toujours et de façon évolutive le « franchisseur » de ce seuil, à savoir le candidat, puis le postulant, récipiendaire, etc…
Deuxième temps: La liminarité est un moment crucial du rituel. C'est une étape transitionnelle caractérisée, en milieu profane, par son indétermination. Le rituel maçonnique, qui est didactique, se devra de limiter, chez le candidat, cette indétermination, ce vide qui se manifeste, lors de la cérémonie d’initiation par des « vagues » de sentiments divers, propres à éventuellement submerger ledit candidat. La meilleure façon de gérer un espace liminaire sera de le nommer : il perdra ainsi son caractère singulier pour s’inscrire dans un fil qui va inciter le myste à évoluer. De plus, c’est uniquement à ce grade d’apprenti que les différents « effets de seuil » seront nommés distinctivement, sans doute parce qu’il s’agit avant tout ici de « protéger » le novice des épreuves qu’il subira, en lui maintenant une certaine intégrité physique, morale et psychologique. A tous les autres degrés du rite, lors de la cérémonie d’initiation, ces espaces liminaires existeront aussi, bien entendu, mais on estimera alors que cette protection par le nom ne sera plus utile, et que donc les passages de statut pourront être vécus sans encombre. Au sens large, le terme espace liminaire est utilisé pour décrire un lieu ou un état de changement ou de transition ; cela peut être physique (par exemple une porte) ou psychologique (par exemple l’adolescence, un deuil, une naissance, etc…).
L’imagerie graphique, sur Internet par exemple, représente souvent ces espaces liminaires comme des lieux de transition (tels que des cages d’escalier, des routes, des couloirs ou des hôtels) troublants et dépourvus de personnes. Cet entre-deux est profondément troublant pour un profane, car il se situe alors dans un milieu intermédiaire, où il peut avoir le sentiment d’une déshumanisation. Le sentiment réalisé par le témoin sera celui de l’« étrangeté », c’est-à-dire d’un jugement posé qui poussera la personne à se mettre en retrait, c’est-à-dire à se protéger d’une forme de solitude intérieure susceptible de la perturber.
En fait l’espace liminaire est un point fragile dans l’évolution de l’humain, car il s’insère entre les 2 pôles de notre dualité constitutionnelle. Or nous n’avons ni la chair, ni l’esprit à pouvoir habiter cet endroit intermédiaire. C’est là toute la subtilité du rituel de la cérémonie d’initiation au 1er degré, où le novice n’est jamais laissé « sans dénomination », ce qui le structure et l’aide à passer ces moments particuliers que sont les seuils. Si l’espace liminaire angoisse, c’est parce qu’il est désincarné et générateur de névrose, c’est-à-dire qu’il favorise une forme de décalage entre qui nous sommes et ce que nous faisons. Ce sera toute la gageure de la cérémonie d’initiation, de savoir lier intimement des univers distincts, symboliques et matériels, afin de rasséréner et de sécuriser le myste.
Fondamentalement, le mot « seuil » désigne, en latin, le plancher, la base, le fondement. Il signifie « début de quelque chose » ou « limite permettant le passage à un autre état ». Dans la nature, les transitions sont progressives, parce que l’individu se fond dans le décor et l’effet de seuil est donc pratiquement inexistant. Dans la nature, cette unicité structurelle empêche donc les à-coups puisque nous et notre environnement appartenons à une même mouvance. Par contre, lorsque cette limite est instaurée artificiellement, comme dans la méthode rituélique du rite, les étapes participeront à un indéniable effet de seuil.
L’approche pédagogique que prônera le REAA installera des normes nécessaires, qui ne seront pas forcément universelles, mais qui colleront au plus près à l’esprit lacunaire d’un initié. Ces normes seront artificielles, dans son sens latin artificialis, « conforme à la bonne méthode ». C’est ce petit différentiel entre l’expérience personnelle éprouvée par un candidat Lambda et la nécessité de la généraliser à tous, qui créera un décalage que matérialisera cet inévitable seuil. Le seuil consistera alors en une « réappropriation », un réglage du myste par rapport à ce qu’il vient de vivre. Cette réappropriation sera indispensable, afin de permettre, dans les meilleures conditions, la poursuite harmonieuse de l’initiation.
Il n’y a, en effet, qu’un seul rituel, face à potentiellement une infinité de personnalités possibles. Ainsi, pour rendre ce rituel plus généraliste, plus universel et adaptable à chacun, la seule technique sera d’utiliser un texte universel, mais dont l’acutesse et la puissance se lisseront et s’adapteront à chacun grâce à la multiplicité des seuils. Clairement, plus le rituel sera, en quelque sorte, morcelé, égrené, ventilé, moins l’impact de chacune de ces parties sera violent : c’est ce à quoi vont servir les différents seuils : la nature du message ne changera pas, seule la distribution des formes et des actions adoucira la perception qu’en aura le candidat.
Thierry Didier À SUIVRE
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JF G
Grande loge de France
CRÉATION DE LA LOGE CONFLUENCE
Le Grand Maître de la Grande Loge de France Jean-Raphaël Notton. de passage à Rennes voir article de Ouest-France La Grande Loge de France est la plus ancienne des obédiences maçonniques en France a célébré un moment important à Rennes le Mardi 30 septembre 2025 une soirée exceptionnelle dont le but était l’intégration d’une nouvelle Loge Maçonnique à la Fédération des Loges de la Grande Loge de France, le Grand Maître était accompagné de plusieurs dignitaires de l’Ordre.
Un événement solennel, mais aussi porteur de joie dans les cœurs. Une Loge de plus qui vient enrichir le paysage maçonnique rennais. Ce qui porte le nombre de Loges rennaises de la Grande Loge de France à 7 nombre symbolique qui parle bien aux Francs-maçons. Ce qui fait que le nombre des Francs-maçons en Grande loge de France à Rennes approche les 300 Frères, la Région Ouest compte elle plus de 3700 Frères, cette dernière Loge compte 54 membres fondateurs tous Maîtres Maçons. C’est dire la vigueur de la Franc-maçonnerie en Bretagne, le Grand Maître a d’ailleurs déclaré : « Nous songeons à agrandir nos locaux. »
Cette nouvelle loge Rennaise s’est choisie le patronyme de Confluence ce n’est par hasard, le toponyme gaulois Condate désignant Rennes à la confluence de deux cours d’eau, l’Ille et la Vilaine. Elle s’est donnée comme devise Unir sans confondre, oser Fraternité et Spiritualité. La spécificité de cette Loge est qu’elle se veut être une Loge de recherche régionale, avec un ancrage à Rennes et des travaux dans la Région Bretagne. Les Maîtres Maçons pourront s’y retrouver, confluer, s’y ressourcer, s’enrichir dans la Connaissance initiatique en général et la connaissance de leur rite en particulier. Comme on l’habitude de dire les Maçons : faire de nouveaux progrès en Maçonnerie. S’enrichir spirituellement non pas égoïstement mais pour transmettre à leurs frères et dans la société les valeurs et les vertus cultivés dans le jardin de leur Loge, qui sont les fruits de leurs travaux. Parce que le fondement de la Franc-maçonnerie est la Fraternité. Fraternité dont Victor Hugo parlait ainsi à propos de la devise républicaine adoptée par toutes les Loges de La Grande Loge de France : « Notre devise républicaine comme étant les trois marches du perron suprême et que le mot le plus fort était celui de Fraternité ! Oui la liberté, oui l’égalité, mais il ne peut y avoir de sociétés où les uns et les autres se détestent ! » ou encore : « C’est par la Fraternité qu’on sauve la Liberté. » Cette déclaration malheureusement n’a pas pris une ride, dans un moment où le monde et les hommes se déchirent au lieu de s’unir en Fraternité comme le font les Francs-maçons dans leurs Loges. Le Grand Maître de La Grande Loge de France le rappelle dans son entretien avec le journal Ouest-France Les Francs-maçons se retrouvent pour un dialogue apaisé avec le souci de l’autre. C’est un privilège de connaître ces moments aujourd’hui, c’est un Devoir d’ouvrir les portes de nos Temples aux femmes et aux hommes de bonne volonté. La création de cette nouvelle Loge Confluence est donc un message, un symbole d’espérance.
Jean-François Guerry.
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Le Tarot et ses images a traversé le temps, c'est un langage universel, langue des oiseaux ? Il intrigue, passionne, dévoile... C'est un jeu, un jeu de rôle, mais pas que... Les spécialistes sont rares, Francis Lermenier en fait partie vous êtes à Quimper le 15 novembre prochain une occasion de le rencontrer pour vous inscrire à sa conférence utiliser le lien
Il n’y a donc pas les cailloux, les arbres, les animaux et les personnes, qui seraient des arbres mobiles ou des animaux plus astucieux. La personne n’est pas le plus merveilleux objet du monde, un objet que nous connaitrions du dehors, comme les autres. Elle est la seule réalité que nous connaissions et que nous fassions en même temps du dedans.
Emmanuel Mounier. Philosophe créateur de la Revue Esprit.
L
a matière nous voyons à peu près de quoi il s’agit : des éléments dont les quatre principaux rencontrés dans la nature, des objets façonnés par l’homme à partir des éléments naturels, des matières premières, puis des objets complexes conçus, créés, inventés, imaginés, des créations artistiques. Un chemin tracé de la pierre brute à la pierre polie, à la pierre taillée sculptée. Et puis plus complexe il y a l’esprit une substance incorporelle, immatérielle, un souffle spirituel propre à l’homme à la personne humaine. Suivant ses croyances il n’y a que l’esprit humain ou l’esprit peut être : saint, céleste, supérieur, démoniaque, ce ne sont pas les esprits qui manquent faites votre choix dans le magasin les étagères sont pleines en bas vous trouverez les mauvais esprits ceux que nous craignons, nous fuyons, au milieu les esprits raisonnables ceux qui ont de bonnes idées, en haut les bons esprits ceux qui sont ou se disent supérieurs aux autres.
L'esprit ou la matière grise
Vous voyez que nous ne manquons pas d’esprits, le dictionnaire Le Littré y consacre plus de dix pages. Pas étonnant dès lors que nombreux sont ceux qui veulent faire de l’esprit avec humour et aussi parfois avec ironie. Il est temps de reprendre nos esprits de souffler un peu et de revenir à l’essence de l’esprit au spiritus spiritum au souffle. Prenez une bonne aspiration que nos voisins grecs appellent pneuma, mais comme ils ont l’habitude de plusieurs mots pour nommer les choses (Je pense au mot Amour), et ce n’est pas une vue de l’esprit. Pour eux ils ont associé pneuma et spiritus quelle inspiration, c’est divin ! D’où l’âme et la personne, d’ailleurs l’on disait il n’y a pas si longtemps de ceux qui passait à l’Orient qu’ils rendaient l’esprit, ils perdaient le souffle. Maintenant l’on parle de rendre l’âme, en effet sans âme et sans esprit pouvons nous prétendre être des êtres vivants ? D’où l’importance de la présence de l’esprit, de la présence d’esprit, de pas perdre l’esprit ou du moins être capable de reprendre ses esprits. Sans pour autant tomber dans les bras d’un esprit malin, ce serait être faible d’esprit ! J’en conclu, que seuls les forts d’esprit sans rire, ceux qui travaille à leur élévation spirituelle peuvent espérer passer de la matière à l’esprit. A SUIVRE…
Jean-François Guerry.
LA LUMIÈRE DE L'ESPRIT
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