Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
La loge LES MEGALITHES à Auray a eu les honneurs de la presse régionale, elle organise la première édition des "Rencontres Maçonniques de Kerdréan" en français le manoir de la pierre, à l'hôtel les abbatiales au Bono.
L'invité Charles Bernard Jameux, poète, écrivain, franc-maçon à la Grande Loge de France, spécialiste de l'histoire de la franc-maçonnerie spéculative du siècle des lumières, développera sa thèse sur l'origine de la franc-maçonnerie telle qu'elle est pratiquée dans les loges plus de 300 ans après sa naissance en Ecosse, sa relation avec l'art de la mémoire.
JF
Cette conférence est gratuite, ouverte à tous sur inscription à l'adresse mail suivante:
Le dernier jet de lumière de lumière de Christian Bobin, l’homme retranché dans son Creusot natal et en lui, grand voyageur de l’esprit et chair immobile. Loin des bruits de la ville c’est une invitation vers l’âme.
Il ouvre son livre avec l’Apocalypse de Jean XVI-, 17 : « Le septième a versé son bol dans l’air. Alors du sanctuaire une voix forte a dit : ça y est. »
Christian Bobin nous propose un voyage à Conques au IIème siècle qu’il situe après notre siècle. Il ouvre les sphères de la haute spiritualité, avec ses mots ciselés, aigus, épurés, purifiés, magiques, ce sont des étoiles magiques, qui brillent éternelles dans notre cœur.
Blotti dans sa chambre de l’hôtel Sainte Foy avec vue sur l’abbatiale, il ouvre son livre de chevet : « Mon projet était d’en lire une dizaine de pages, puis de glisser mon âme sous la couverture délicieusement fraîche de la voie lactée. »
Cet homme-là, sait lire dans la puissance des mots, boire leur sève. Il est un homme de foi, qui ne donne pas de nom à Dieu, son esprit n’a pas besoin de cela, il sent sa présence. Il sait lire dans les grands mystères de la vie, toujours béat devant la nature. « Les siècles et les étoiles étaient des moucherons que, bouche ouverte, je gobais. »
Cet homme-là, a aussi des « yeux d’acacia »ils sont imputrescibles, il est comme l’aveugle qui voit son âme.
Son chemin de Conques est une aventure spirituelle, sans dogme, une aventure qui relie, sans religion, l’homme et son âme et celle-ci à celles des autres, véritable célébration de l’esprit, de la beauté en toute humilité et douceur.
La vie de Christian Bobin se lève avec le soleil : « Au matin j’ai bu le lait de la lumière. » Pourquoi cette demande de lumière, cette persévérance de la douceur, dans un monde de violence, cet épuisement vers le beau ?
« Si lire et écrire épuisent ma vie, c’est parce que je veux voir dès maintenant ce que voient les morts. C’est possible, il suffit de regarder un pré au printemps : les couleurs y sont suspendues au-dessus des fleurs. Elles sont leur âme qui commence à nous quitter et s‘élève, déjà sanctifiée. »
Pour Christian Bobin les temples de pierre, semblent presque inutiles, son temple intérieur se marie avec le temple sans limites de la nature. Il voit la spiritualité dans le vert de la moindre feuille, dans le vol de la coccinelle. Il a les yeux globuleux de ces statues romanes qui semblent embrasser l’univers en entier et voir le fond de notre cœur.
Les phrases, les mots de Christian Bobin sont des monuments vivants : « Il faut qu’une phrase apparaisse comme un mégalithe dans un champ. Qu’on ne pense pas à ceux qui ont dressé cette affirmation de granit, qu’on soit possédé par le regard et que jamais on ne se soucie de l’auteur du miracle. (…) Je taille une phrase jusqu’à ce qu’il n’en reste rien, et que ce rien chante comme la feuille d’acacia quand on la tend entre les doigts pour souffler dessus. Je mourrai au onzième siècle, pas avant, et que l’on dise de moi : c’était un idiot très profond, un architecte de souffles, un gars de l’abbatiale. »
Il y a peu de temps j’accompagnai en compagnie de mes frères, Raymond pour son voyage vers l’orient éternel, à l’entrée de l’église, un jardinier avait oublié sans doute ou pas, des branches d’acacia fraîchement coupées. Je n’ai pu m’empêcher d’en saisir deux rameaux pour les donner à mes frères les plus proches.
Christian Bobin a déposé ses mots dans la Nuit du Cœurcomme des milliers de lumières de l’âme, ses mots traversent les vitraux noirs de Conques, leur beauté tombe en douceur dans notre cœur.
JF.
A LIRE : La Nuit du Cœurde Chritian Bobin Éditions Gallimard sur 203 Pages. 18 € ISBN : 978-2-07-274218-7
NOTE EDITEUR :
Tout a commencé à Conques dans cet hôtel donnant sur l'abbatiale du XIe siècle, où l'auteur n'a fait que passer une nuit. Mais il a regardé comme personne et vu ce que, aveuglés par le souci de nous-mêmes et du temps, nous ne voyons pas : la lumière particulière que dégagent les choses et les êtres les plus simples, les plus humbles. De retour chez lui dans sa maison du Creusot, perdue dans les arbres et la solitude, le poète recense et interroge une à une toutes les merveilles « rapportées » de Conques : des rêves, la vision des anges, l'idée et le désir de la phrase pure, et le chemin en lui d'un grand et beau livre comme une lettre d'amour, La nuit du coeur. C'est ainsi, fragment après fragment, que s'écrit au présent, sous les yeux du lecteur, cette lettre dévorée par la beauté de la création comme une fugue de Jean-Sébastien Bach.
Aveuglés par nos petits problèmes et pour faire face à nos tourments, ne faudrait-il pas réapprendre à s'émerveiller ? Pour mieux voir toutes les beautés qui nous entourent, le poète Christ...
L’initiation maçonnique, puise ses sources dans le mythe de la construction du temple de Salomon, construire un temple à l’éternel, construire une arche pour y mettre les secrets de la vie bonne, construire son temple intérieur, être enfin soi-même un temple de l’esprit.
Travailler, persévérer, avoir sans cesse recours au levier de sa volonté, pour soulever des montagnes, jusqu’à en oublier sa condition humaine, de poussière dans le cosmos. Être conscient d’être unique, sans oublier que l’on est sans importance, que l’on est presque rien, au regard de l’immensité de l’univers, et de la puissance de la nature, être une force de la nature, sans avoir la vanité de la dominer.
On oublie enfermés dans nos villes de regarder le ciel et les arbres que l’on enferme dans le béton. Alors l’on se prend à rêver d’être un planteur d’avoir la main verte, sur nos pauvres jardinières de balcon où l’on emprisonne nos plantes vertes, les privant d’espérances folles.
Initiation Eunoto chez les Maassaïs
Il faut partir en forêt, planter un arbre, comme le font encore quelques rares Maassaïs. Planter un arbre, puis le soigner certes mais aussi admettre qu’il nous échappe, que nous ne maîtrisons pas son rythme de croissance, les aléas de la météo, les soubresauts du vent. Notre arbre nous invite à la vigilance et à la confiance dans sa croissance en toute humilité. Il nous apprend la patience en ancrant dans le présent, il nous incite à faire avec ce qui est, a oublier l’égoïsme des « je veux »momentanément, à faire une grande parenthèse dans le présent, sans l’angoisse de l’avenir. Prendre le temps d’observer la pousse de ses rameaux, de ses feuilles verdissantes d’espérance.
Vivre, avec et dans la nature, s’initier avec elle. Planter un arbre c’est aussi se construire, être constructeur et planteur, ne pas choisir tout prendre.
UNE BRANCHE À LA FENÊTRE (Gilles Vigneault) Une branche à la fenêtre M'a rappelé qu'à renaître L'amour ne se lasse pas Et qu'à traverser l'espace Tout oiseau laisse une trace Plus vivace qu...
Une branche à la fenêtre M’a rappelé qu’à renaître L’amour ne se lasse pas Et qu’à traverser l’espace Tout oiseau laisse une trace Plus vivace que mes pas
Rien n’est jamais vain, ni l’herbe Ni cette extase du Verbe Qu’on avait pris pour un lit Ni cette horloge, ni l’heure Ni cette ombre qui m’effleure Le temps d’un geste aboli
Jamais les fleurs du temps d’aimer N’ont poussé dans un coeur fermé La nuit, le jour, l’été, l’hiver Il faut dormir le coeur ouvert
Quand tu traverses la chambre La lumière de septembre Fait revivre sur ta peau L’ambre des amours anciennes Assez pour que j’en retienne Les mouvements les plus beaux
J’observe un vol de paroles Qui me frôle et puis s’envole Avant de prendre ma voix Je les voulais les plus belles Mais comme un peu de leurs ailes Tremble encore autour de toi
Il ne s’agit pas ici de promouvoir un arpent ou un cépage quelconque, mais de rappeler le passage de la Genèse dont les francs-maçons s’inspirent dans leur démarche initiatique, à savoir l’apparition du soleil après le déluge, à la sortie de l’arche de Noé, faire régner l’ordre après le chaos. Le passage IX de la genèse : « Le nouvel ordre du monde. » L’ordo ab chao.
A l’instant où l’arc rempli le ciel de ses couleurs, le créateur scelle une nouvelle alliance avec les hommes. Le premier geste de Noé l’agriculteur est de planter une vigne.
Ayant bu le vin pur, il fut enivré, et il se dénuda. On pourrait hâtivement en conclure que Noé a subi les méfaits de l’alcool; il n'en est rien. Noé, est à la recherche du paradis perdu d’Adam, de l’Éden de l’esprit, du vin de la Connaissance. De cette Connaissance infinie, il s’abreuve pour être initié aux petits mystères et aux grands mystères.
L’ivresse de Noé est l’ivresse de la Connaissance du tout, il se dénude de l’inutile carapace, c’est pur, dans la profondeur de son sommeil qu’il aborde la terre de lumière. Tant pis pour ceux qui voient en Noé un simple ivrogne, ceux-là ne connaissent que l’ivresse physique.
Noé, lui, a fait alliance corps et esprit avec l’unique, c’est un acte d’amour, on est loin de la coupe des libations, le breuvage n’est pas amer, le vin de la Connaissance est une appellation d’origine contrôlée.
JF.
COMMUNIQUE : dernières inscriptions pour les Rencontres maçonniques de Kerdréan du 6 Mars
Pour réaliser un projet, il faut l’indispensable œil du Maître, celui qui est Maître es Art Royal.
Ce n’est pas dans les facultés, mais grâce à ses facultés humaines, son travail, sa persévérance, en étant fidèle et en faisant son devoir, que le Maître atteint le degré nécessaire à la réalisation de son œuvre qui n’est pas faite de matière, mais d’esprit, c’est l’œuvre de sa vie.
C’est la construction de son homme intérieur qui passe avant tout par la prise de conscience de l’intelligence de son cœur, de sa grandeur d’âme.
Dans les loges symboliques la représentation de l’œil dans le delta lumineux parle au franc-maçon, diffuse la lumière sur les colonnes, de l’orient à l’occident, elle permet la transcendance de l’être.
Puis un jour, le jour du dévoilement, de l’apparition de la grande lumière, l’œil quitte le delta pour se retrouver sur le tablier de travail, plus proche du franc-maçon, recouvrant son plexus sacré à l’endroit qui redonnera une nouvelle force à sa marche, à l’entrée, au départ d’un nouveau cycle, d’une nouvelle spirale ascendante.
Accrocher au niveau de son cœur la clé d’ivoire, lui ouvrira la porte d’une nouvelle aventure spirituelle, de son perfectionnement. Il pourra circuler librement dans le temple de l’esprit qui n’a pas de limites.
L’œil du Maître doit être ouvert pour aborder les plus hautes sphères de la spiritualité, après avoir construit des cachots pour les vices et tressé des couronnes pour les vertus, reconnu comme tel, il sera couronné lui-même du laurier et de l’olivier dans le secret de sa loge. Il pourra alors se déplacer dans le temple, comme dans l’œil, le cœur d’un cyclone où paraît-il règne un calme absolu, au-dedans lui-même.
Le franc-maçon a-t-il l’obligation de prolonger son chemin initiatique au-delà du grade de Maître ? La réponse est non. A chacun son chemin, à chacun sa route, le maçon est un homme libre, de cette liberté bien précieux, à condition qu’elle n’empiète pas sur la liberté d’autrui.
La poursuite du chemin vers les hauts grades, les degrés de perfectionnement, ne sont que le désir de plus de spiritualité et non la vanité, liée à reconnaissance de ses prétendues capacités, seuls mes frères me reconnaissent comme tel.
Photo Nick Karvous Greece
Faut-il pour être membre d’une loge de perfectionnement avoir un âge dit respectable, une tête chenue est-ce un sport pour retraités oisifs ! Ce serait méconnaitre le travail demandé dans ces ateliers. Plus l’on veut accéder aux degrés supérieurs, plus le travail sera intensif. Comment pourrait-on prétendre aborder le seuil d’une plus haute spiritualité sans travailler sur soi-même, le chemin vers la sagesse est long, inatteignable, il est donc urgent de travailler et persévérer.
Certains maçons glosent, ironisent sur les titres qu’ils considèrent comme pompeux utilisés dans les grades de perfectionnement, ils ont à la fois raison et tort, ils s’arrêtent aux apparences, de la même manière que certains s’enorgueillissent en les portant. Ce sont souvent les mêmes maçons qui considèrent leurs frères en fonction de leur rang social ou de l’épaisseur de leur portefeuille, oubliant que le franc-maçon est l’ami du pauvre et du riche pourvu qu’il soit vertueux. Ceux qui sont avides de titres, sont aussi ceux qui sont avides de grands tabliers et de magnifiques sautoirs, pas besoin d’être membre d’un atelier de perfectionnement pour cela.
Photo RAWPIXEL
Se qualifier du nom de Maître, n’est déjà pas forcément l’être, combien de Maîtres sont exigeants avec eux-mêmes, combien travaillent à ce degré, combien assument l’accompagnement des compagnons et des apprentis, combien sont prêts à servir leur loge en acceptant un office fût-il le plus humble ? Il des Maîtres plus prompts à recevoir leur grade qu’à assumer leurs devoirs, ce n’est pas le privilège des grades de perfectionnement.
C’est une vérité qu’il existe dans les loges de perfectionnement des frères qui donnent libre cours à leur connaissances profanes pensant éblouir avec leurs connaissances, dissimulant souvent derrière des termes abscons, censés donner de l’importance à leurs propos, un ego pas encore sous contrôle.
Ce n’est donc ni l’âge, ni les connaissances intellectuelles, qui ouvrent la porte des ateliers de perfectionnement, mais bien souvent le désir d’apprendre, et d’éveiller encore plus son être intérieur, c’est donc une preuve d’humilité. Ces frères savent que leurs savoirs ne sont qu’illusion sur le monde et sur eux-mêmes. « Le voile de Maya est ce qu’il y a de plus difficile à soulever. »
Photo Dennis Rachel Silhouette
Les titres pompeux dissimulent la sagesse de ceux que l’histoire a reconnus comme de grands initiés, incarnant des vertus immuables à travers l’espace et le temps, qui reviennent en cycle inspirer notre essor initiatique. Ces initiés légendaires cachent aux regards des profanes, ce qu’ils ont aperçu derrière le voile des illusions, ils ont fait serment de garder le secret, de ce qu’ils ont vu et reçu comme un bien Sacré, dont ils sont dépositaires dans leur cœur.
Ainsi, leur plus grande gloire est celle qu’ils vouent au travail, et leur capacité à se défaire de leurs titres et privilèges et comme des voyageurs anonymes de parcourir l’univers entier, et d’êtres présents toujours dans leur loge symbolique, pour y effectuer les plus humbles tâches au service de leurs frères, sans s’enorgueillir de titres ou de privilèges quelconques.
Ils sont maçons discrets, silencieux, au travail, ne mettant pas en avant leurs prétendues connaissances. Ils ne prennent pas les mots pour des idées. Ils sont des illustres apprentis, c’est leur plus beau titre, leur plus beau privilège.
A view of the Scottish country taken from across Scotland. Accompanied by the music Amazing Grace performed by The Royal Scots Dragoon Guards.from the Spirit Of The Glen Album. "Amazing Grace" is a
L’a franc-maçonnerie a fait de Noé le premier des francs-maçons, sans doute en référence au symbolisme de la construction de son arche. Noé fût un opératif, un esprit pratique, un technicien, charpentier de marine, agriculteur, mais aussi philosophe, il incarne à la fois le respect de la nature, du monde vivant et de l’homme faisant partie de ce tout. Il a scellé une alliance entre la nature et l’homme, était-il aussi le premier écologiste ?
Noé était panthéiste, sans doute polythéiste, il devint monothéiste en prenant conscience qu’une force universelle, une religion universelle, une tradition primordiale pouvait relier les hommes au lieu de les diviser. Ce qui frappe chez Noé c’est son sens du devoir, fût-il de surcroit le premier défenseur des droits de l’homme, qu’il voulut protéger ?
Homme de synthèse il a voulu réunir tout ce qui était épars, on ne peut donc s’étonner, qu’il soit considéré comme le premier des francs-maçons, il est le cultivateur de la régénérescence de l’esprit, l’incarnation de la re naissance, dans son arche des milliers de graines ont pris place.
Par son action exemplaire cet homme a sublimé la raison, il a éveillé l’ardeur qui manquait, c’est le fonds qui manque souvent. Travailleur discret, humble dans son atelier, il se construit lui-même et construit pour les autres, son arche est sans doute la première cathédrale conçue pour accueillir tous les êtres vivants.
L’interprétation hébraïque de son nom signifie qui soulage, qui console. René Guénon dans son livre Symbolisme de la Science Sacrée, voyait dans le nom de Noé une arche verticale, pour lui la lettre Nûm en arabe correspond à ceci : « cette lettre est constituée par la moitié inférieure d’une circonférence, et par un point qui est au centre de cette même circonférence. Or, la demi-circonférence est aussi la figure de l’arche flottant sur les eaux, et le point qui se trouve à son intérieur représente le germe qui y est contenu et enveloppé. »
Nos sœurs et nos frères qui pratiquent le rite maçonnique Noachite sont instruit de la force de ce symbolisme, de sa puissance universelle, Noé et son arche voguent sur les flots du monde, pour ma part je vois cet homme doux et humble tenant dans une main, une ancre de miséricorde et dans l’autre la colombe de la paix, l’espérance qui s’envolera un jour pour parcourir la terre entière, quand les flots de la haine laisseront place à l’onde majestueuse de l’amour de la justice.
Quand un profane frappe à la porte du temple, il est à la recherche soit d’une vie plus spirituelle ou d’une vie plus humaniste. Dans sa recherche spirituelle, il cherche à mieux se connaître, il cherche la Vérité qu’il n’atteindra jamais, et la Lumière véritable, l’important n’est pas d’atteindre le but, mais d’être en chemin et de franchir les étapes, on ne monte pas au sommet d’une échelle sans s’être assuré de ses capacités.
Lors de sa cérémonie de réception ou d’initiation ses yeux seront bandés, il est donc dans une obscurité apparente, il ne voit plus la lumière extérieure, ce qui lui permet de voir sa lumière intérieure.
Il découvre souvent au midi de sa vie qu’il vit en pleine lumière, mais que cette lumière est artificielle, elle est celle du monde des illusions et des apparences ou s’exprime la vanité de l’Ego.
C’est en prenant conscience de ce paradoxe apparent, qu’il se positionne au seuil de la loge. Au-delà de la culture intellectuelle, des techniques et des sciences dont les vérités sont temporelles, éphémères, limitées. Il commence a voir briller la véritable Lumière celle qui illumine tout homme, celle de l’intelligence du cœur qui mène à l’amour fraternel, c’est cette Lumière et cette Vérité que recherchent les francs-maçons.
C’est en de rares occasions que je pénètre dans une église, un temple, à l’heure bonne du matin. C’est pourtant à chaque fois un moment magique, comme un chant qui monte doucement. Dans les minutes où la rosée de lumière tombe à travers les vitraux, elle est je ne sais pas pourquoi, plus pure, plus belle passée au tamis du maître verrier du maître de la lumière.
On dirait que le grand tout, l’architecte créateur, déverse sur nos yeux le nectar de ses rêves.
Alors nos yeux brillent de cette lumière de l’esprit ou de l’âme je ne sais ? Nos yeux pleurent de joie au point du jour, émerveillés, la lumière grandit à nouveau, elle glisse du cœur du vitrail jusqu’au centre du labyrinthe. C’est le ciel descendu sur terre le long d’un fil d’Ariane.
Je pars, je franchis la porte du temple, le parvis s’embrase, la grande lumière commence à paraître, tous les visages sont en feu.
JF.
PLACE DE LA REPUBLIQUE
Se souvenir
Charlie
J’ai pleuré, j’ai haï, dieu comme j’ai haï !
On a piétiné mes valeurs, mon droit de dire
Mon droit de dessiner et puis mon droit d’écrire
Saurai-je encore sourire, en étouffant mes cris ?
Des héros sont tombés sans qu’ils veuillent tracer
A la pointe du crayon, aucun sillon de gloire ;
Ils étaient animés par l’humour courroucé,
Et de l’impertinence, ils firent leur devoir.
Quand donc l’intolérance cessera-t-elle de mordre ?
La liberté vivra car nous y veillerons.
Et puis l’obscurantisme auquel nous dérogeons,
Disparaitra un jour, car à force de tordre
Nos valeurs et nos choix, les démons assassins
De l’amour, de la paix, entendront le tocsin
Retentir dans le monde, et nous nous lèverons
Pour clamer nos valeurs, sans arme et puis sans haine
Pour remettre l’humain au cœur de la raison,
Nous sècherons nos larmes, et briserons ces chaines,
Pour refuser enfin ce que toujours vous fîtes
Tenir le verbe haut, et quelque-soit le rite.
Que vous-dire ? Vous m’avez tant fait rire
Et tant tiré de larmes ; ces larmes sont amères
En ces instants de deuil, sur le chemin du pire.
Adieux donc saltimbanques, nous vous le promettons
Le combat continue, nous nous y engageons.