Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Voici quelques mots sur un mini-livre que je viens de découvrir dans la collection "Petits carnets de philosophie"chez Vuibert. :
"Pensées sur la morale"
André Comte-Sponville
La collection porte bien son nom. Il s'agît en effet d'un carnet de soixante quatre pages au format 11 x 17, où l'auteur, qu'il est inutile de vous présenter, a rassemblé les pensées sur la morale, des plus grands philosophes.
Avant de nous livrer les mots de ces philosophes qui ont marqué et marquent encore l'histoire de la pensée, de Blaise Pasal "La morale se moque de la morale"à Saint-Augustin "Aime et fais ce que tu veux",en passant par Marc Aurèle, Michel de Montaigne, Emmanuel Kant et bien d'autres, André Comte-Sponville, en quinze page de présentation, répond avec beaucoup de simplicité aux questions premières que nous nous posons sur la morale.
Qu'est-ce que la morale ? Que dois-je faire ? et non pas que doivent faire les autres ! Y-a-t-il autant de morales que d'individus ? Faut-il un fondement pour légitimer la morale ?
Le propos est limpide, les mots simples et justes.
Le tout se lit en moins d'une soirée mais vous maintiendra évellé au moins tout l'hiver.
Une aide précieuse pour ceux qui rédigent des planches et autres morceaux d'architecture.
Elle [la morale] est cette exigence universel, ou en tout cas universalisable, qui nous est confiée personnellement. C'est en faisant bien l'homme, ou la femme, qu'on aide l'humanité à se faire.
André Comte-Sponville
Poche:64 pages
Editeur :VUIBERT;
Édition :édition revue et augmentée (12 octobre 2012)
Crypte du Fort de Penthièvre Presqu'île de Quiberon
LE TONNERRE ET L’ARC-EN-CIEL
Si le tonnerre est l’expression du verbe, de la voix et l’arc-en-ciel vu par Noé après le déluge celui de l’alliance que fit le Grand Architecte avec les hommes.
Nous aurons bientôt besoin de la force de ces deux symboles pour redonner de la vigueur et de la vision à notre Europe envahie par les marchands du temple. Il est temps de revenir à l’ambition de ses fondateurs, à sa dimension fraternelle et spirituelle sans dogmes, dans le respect des différences et des consciences, de continuer à en faire un havre de paix.
Régulièrement j’accompagne mes petits-enfants vers une crypte creusée dans le roc du fort de Penthièvre qui domine l’isthme de la presqu’île de Quiberon, cette crypte ruisselle toujours du sang versé, d’abord par les émigrés, les chouans de Cadoudal et les républicains du général Lazare Hoche, là, eu lieu l’épilogue sanglant des guerres de Vendée.
Les nazis ont repris ce funeste flambeau lors de la dernière guerre, en massacrant au même endroit 54 jeunes hommes qui avaient le malheur d’êtres des Français. Cet assassinat eut lieu en mai 1945 presque un an après le débarquement de Normandie.
A l’entrée de cette crypte des témoignages écrits des photos rappellent cette horreur. La dernière lettre d’un père à son fils, inspire au-delà de nos divergences combien est précieuse la paix mise en place en Europe.
Le mois prochain notre mémoire devra guider notre choix de citoyen européen.
Jean-François.
À MON PETIT GARÇON CHÉRI…
En ce jour anniversaire de la mort de ton frère, mon petit gars, ton père t’écrit pour la dernière fois du fond d’une cellule dans une prison.
Je vais mourir mon petit, je vais mourir pour la France, comme ton oncle Marc est mort tous les deux nous avons été assassinés par les mêmes bandits sans honneur et sans scrupules.
Le 12 de ce mois je suis passé au tribunal et condamné à mort : j’attends mon recours en grâce, mais je n’ai aucun espoir, ta maman aussi est en prison, elle souffre.
Aussi mon petit garçon quand elle sortira et quelle apprendra cette chose terrible, il faut la consoler, sois doux et gentil avec elle ainsi qu’avec tes grands-parents qui n’ont plus que toi à compter pour leurs vieux jours.
Il faudra me remplacer auprès d’eux, les chérir, comme ils le méritent ta mère t’expliquera pourquoi ton oncle et ton père sont morts, pour quel idéal et quand plus tard, tu verras la France forte et belle et débarrassée de ces brutes, tu pourras te rendre compte de la grandeur de notre sacrifice.
Je suis peut-être un martyr, mais d’autres ont souffert plus que moi. Certes je souffre de me séparer de ta mère, de toi mon petit. Ainsi que de mon père et de ma mère. Sois courageux devant eux, puise dans le malheur qui te frappe la force nécessaire pour me venger quand tu seras grand et fort. Plus tard quand tu comprendras bien pourquoi je suis mort, pourquoi ton oncle est mort, il faudra tout faire pour éviter ces maudites guerres qui font tant de victimes. Il faudra aider ton pays, c’est-à-dire la France, pour qu’elle devienne forte et pour qu’avec d’autres pays aussi loyaux qu’elle puisse imposer au monde ses volontés de paix.
Je souhaite que cette guerre soit la dernière, que plus jamais les peuples s’entretuent et c’est pour cela qu’il faut croire en mon idéal, c’est pour cela qu’il faut que la France soit forte et elle compte sur toi comme sur toute la jeunesse française : quand le fascisme sera mort et détruit, le monde entier pourra vivre librement et sans guerre.
Quand tu liras cette lettre, tu ne comprendras pas bien, car tu es jeune, mais plus ta rd, quand tu auras appris, tu sauras, que mon sacrifice n’auras pas été vain.
Depuis le 12 j’attends la mort vois-tu c’est pour cela que le plus dur est d’être enfermé dans une prison et que la sortie pour moi sera l’exécution. Devant le peloton je serai brave et ces brutes verront une fois de plus comment va mourir un français.
N’abandonne jamais ta mère mon petit, fais des sacrifices pour elle car elle le mérité et, ce que je te souhaite plus tard, c’est d’avoir une compagne comme elle ; aussi mon petit ne sois jamais ingrat pense aux autres qui souffrent sans espoir.
Je vais te quitter et quand dans la vie tu auras des moments de découragements lis cette lettre, tu puiseras des forces pour lutter car la vie est ainsi.
J’aurais voulu une dernière fois te serrer dans mes bras, mais je sais cela impossible, crois et fais aux dernières volontés de ton père qui va mourir et qui souffre de te laisser orphelin, je penserais à vous jusqu’au dernier moment.
Notre Dame brûle , ce sont nos coeurs qui saignent. C’est une tragédie.
Au 13 ème siècle des architectes et des compagnons de génie ont bâti cette merveille.
Nous assurons les catholiques et les chrétiens de toutes nos pensées.
Nos pensées accompagnent également Paris et les parisiens, dont Notre Dame est l’image dans le monde entier.
Mais au delà Notre Dame appartient à l’histoire.
Elle porte en elle l’universel.
Elle est le symbole de la connaissance et du génie humain.
Elle est le témoin, vivant, au delà des flammes, de ce qui rapproche les hommes et les femmes, quelles que soient leurs origines ou leurs confessions,
Nous assurons tous ceux qui sont attachés à ce monument, et à ce qu’il porte d’humanité, de notre émotion et de notre immense tristesse.
Chacun d’entre nous, et la Grande Loge de France dans son ensemble, passé le temps de la douleur et du deuil, participerons à la reconstruction de Notre Dame.
C’est notre devoir devant l’histoire.
Pierre-Marie Adam
Grand Maitre de la Grande Loge de France
COMMUNIQUÉ GLNF
Difficile de trouver les mots pour traduire l’horreur qui étreint nos cœurs devant le spectacle de Notre-Dame en flammes.
Des siècles de travail de ces obscurs maçons attelés à une tâche qui dépassait leur propre vie. Des vies entières offertes à Notre Dame. Des prières. Des siècles de piété.
Leur élan vers le ciel tragiquement brisé.
Une mémoire inestimable qui disparaît sous nos yeux. Tous les francs-maçons de la Grande Loge Nationale Française partagent profondément la peine de tous les Français meurtris dans un de leur plus chers symboles. Pétrifiés par ce spectacle insoutenable, ils adressent à l’Eglise de France et à tous ses fidèles leurs douloureuses condoléances.
Alors que l’incendie dramatique ravage encore la cathédrale Notre-Dame, les évêques de France expriment leur immense tristesse et assurent Monseigneur Aupetit, archevêque de Paris de leur proximité et de leurs prières pour son diocèse.
Ils sont bien conscients que le rayonnement de Notre-Dame de Paris dépasse le cadre de la capitale et qu’elle restera un symbole majeur de la foi catholique et un lieu où tous, croyants et incroyants, peuvent se retrouver aux moments importants de l’histoire de notre pays.
En ce début de semaine sainte, ils invitent les catholiques à être toujours davantage les pierres vivantes de l’Eglise en vivant du mystère de la mort et de la résurrection du Christ, source de notre espérance.
Réunion de ministres pour préparer un «plan de reconstruction»
Une réunion de ministres, dirigée par Édouard Philippe, devait commencer à 11 heures à Matignon afin de préparer un «plan de reconstruction» de Notre-Dame de Paris. Elle rassemblera les ministres Franck Riester (Culture), Gérald Darmanin (Comptes Publics), ainsi que le secrétaire d'État Laurent Nuñez (Intérieur) et la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, a précisé Matignon.
Incendie à Notre-Dame de Paris : LVMH et la famille Arnault annoncent un "don de 200 millions d'euros"
Quelques heures auparavant la famille Pinault avait annoncé débloquer 100 millions d'euros pour participer à la reconstruction de Notre-Dame de Paris. "C'est une tragédie qui nous a tous touchés. J'ai vu ma fille de 17 ans pleurer devant les images", a raconté François-Henri Pinault au micro de Nikos Aliagas mardi matin. "Cela nous a pris aux tripes avec mon père. On a voulu réagir tout de suite. On a ressenti ça comme une absolue obligation de devoir reconstruire cette cathédrale. Par les temps qui courent, c'est aussi un geste très symbolique", a-t-il expliqué.
Notre Dame de Paris, défigurée mais encore debout, sera "rebâtie" promet Macron
Immobile, quand le soleil se couche soudain, il monte sur les bords de la Seine un ouragan de feu, la nuit devient rouge feu, les larmes des hommes qui coulent des gargouilles ne suffisent pas à calmer l’ardeur des flammes qui montent sur la flèche qui s’effondre, Notre-Dame souffre sur son bûcher.
Au-delà du temple de pierre, c’est le temple de l’esprit qui crie en nous, nous brûlons avec elle, notre grande dame de l’île Saint- Louis. On entend pleurer les compagnons, les outils déposés à leurs pieds, les plans des maîtres d’œuvre sont déchirés, un voile noir recouvre le chef-d’œuvre, les pierres tremblent et gémissent.
Puis au matin le Phénix vole entre les deux tours, et l’espérance renaît, nous sommes à nouveau à l’œuvre, rien ne meurt dans le cœur des hommes.
Je dormais à l’ombre de l’acacia, la piqûre du soleil ouvrit mes yeux. Egaré à l’endroit où le fleuve bleu se jette dans les bras du fleuve blanc.
Au loin, là, où la terre semble se confondre avec le ciel, sur la crête passait la caravane de la Reine de Saba.
Le bâton en main je repris ma marche le long du fleuve sacré, mon pas s’enfonçant la terre noire de la rive, la terre des limons descendus de la montagne nubienne, cette terre qui se transforme en or, étrange et magique maturation dans l’œuf.
Genou à terre je contemple les merveilles de l’œuvre du trois fois grand, la terre et le ciel célèbrent leurs noces, s’unissent.
Le pélican aux larges ailes, trace une ombre sur la voile immaculée de la felouque qui glisse devant la pyramide.
Les huit génies d’Hermopolis jaillissent des flots, l’ordre succède au chaos, c’est la régénération du monde d’en haut. La plume du scribe a tracé ce rêve, il vit encore dans la bibliothèque de Nag Hammadi à toi de le découvrir.
Ce qui frappe le nouvel initié, c’est d’abord le visage de la mort, ensuite, il ouvre les yeux sur une forêt de symboles. Dans les loges de Saint-Jean, la Bible est ouverte au prologue de l’évangéliste.
L’initié découvrira sur son chemin, la révélation, l’apocalypse, cette partie si particulière de l’évangile ésotérique de Jean de Patmos, celui qui vit l’apparition d’un monde meilleur. Les symboles présents dans l’apocalypse ils illustrent de nombreux édifices sacrés, ils sont présents dans des formes variées : des mosaïques, des icônes, des peintures, des tapisseries, ils composent tout un monde qui suscite l’imagination, ils donnent à penser, ils sont des traceurs de vie. La vision de Jean de Patmos est une vision d’espérance.
Saint-Jérôme au IVème siècle affirmait :
« L’apocalypse contient autant de mystères que de mots. C’est encore trop peu de dire ; vu le mérite de ce volume, toute louange est insuffisante ; en chacun des mots se cachent des sens multiples. »
Statue du Thanatos Grec
Dans l’évocation de cette Jérusalem céleste descendue sur terre, la mort tient une place importante, nécessaire, salvatrice, elle est le sacrifice pour la vie.
Mais de quelle mort s’agit-il ? Cité plus de dix-neuf fois, il s’agit de Thanatos, cette mort mythique grecque. Le message de la mort est double puisqu’elle concerne celui :
« Celui qui fut mort et qui vit encore. »
A la mort de la matière a succédé la vie de l’esprit. Il fallait donc mourir pour renaître, comprendre la mort, c’est s’épargner de la mort spirituelle.
Le quatrième et dernier cavalier de l’apocalypse porte le nom de la mort : ho thanatos, il sera englouti dans un étang de feu. De ce feu régénérateur renaitra la vie, la vie spirituelle.
Par facilité, l’on cède à l’incontournable de Saint-Exupéry :
« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. »
Il semble aujourd’hui que les différences exacerbent les rapports humains, et qu’elles n’enrichissent pas tout le monde au sens propre comme au sens figuré ! Il y a dans l’air comme un parfum de révolution, à l’orée du joli mois de mai on regarde l’année 1968, ou encore juillet 1989.
Dans une société de comptables et de financier (je n’ai rien contre ces professions), on regarde des lignes de chiffres, en baissant la tête sans jamais voir, ni les hommes, ni le ciel. On range, on compte, on catégorise au mieux, et les fêlures deviennent des fractures ouvertes. On oppose les riches et les pauvres, les vieux et les jeunes, ces vieux qui mangent trois fois par jour et parfois prennent un goûter, n’à pas hésiter à déclarer dans un élan d’humanité une élite du nouveau monde. Nous demandant ensuite de participer au Vivre ensemble.
Je fais partie de cette cohorte coupable des nantis, de tous ceux qui sont nés juste après la dernière guerre, quand tout était merveilleux ! Quand nos parents bouchaient les trous béants des bombes, creusés par l’ignorance et le fanatisme. Il leur en a fallut du courage et de l’espérance pour oser me faire venir au monde !
Alors, oui, j’ai vécu comme tout le monde les trente glorieuses, celles que l’on nous reproche sans cesse. Qu’avons-nous fait de nos 40, 50 heures et plus de travail, nous avons construit notre vie, participer à la reconstruction de notre pays, nous avons élevé nos enfants, nous les avons aidés, nous aidons maintenant nos petits enfants quand nous le pouvons. Nous avons accepté le travail, sans discuter de la convention collective, des jours fériés, des jours de carence, des horaires, parce-que nous célébrions la gloire au travail.
Nous avons reçus et nous avons donné
Puis est venu, vers midi, le temps de construire une autre cathédrale, cette cathédrale intérieure, cette humble église romane, où la lumière ne pénètre que par rayons, et réchauffe les pierres qui suintent, qui pleurent, ceux qui sont montés au centre de la rose mystique.
Alors oui je suis devenu peu à peu différent, magie du chemin initiatique, j’ai rencontré un homme cet autre moi-même. Je suis passé progressivement de l’équerre au compas, sans oublier la rectitude et la justice.
J’ai eu un deuxième bonheur, celui d’équilibrer ma vie, de lui donner du sens. Dans ma vie profane après tout je n’ai fait que mon devoir moral, j’ai eu ma part et j’ai donné ce que j’ai pu à la société qui m’a accueilli quoi de plus normal, j’ai eu la chance de ne pas naître sur les trottoirs de Manille ou d’ailleurs,comme dit le chanteur.
Je fais donc mon deuxième parcours, plus lent, plus progressif, l’éveil à mon être intérieur. Je déchire le voile douillet de la conscience morale extérieure, j’essaye de détruire mon Ego, pour accéder à la conscience de mon être intérieur.
« Un éveil de plus en plus puissant de la conscience et son ascension à des niveaux de plus en plus hauts, une vision et une action qui s’élargissent sans cesse, telles sont les conditions de notre progrès vers cette perfection suprême, totale, qui constitue le but de notre existence. » Sri Aurobindo.
Ce chemin est long, jalonné d’une multitude de portes fermées qu’il faut ouvrir pour apercevoir la lumière. Je l’ai vu cette lumière dans les loges, dans les ashrams, sur les pierres des églises romanes, je l’ai vue courir sur les berges du Nil ou du Gange, je l’ai vu illuminer les montagnes du Tibet, mais surtout je l’ai vu dans les yeux de mes sœurs et de mes frères.
Dans ce monde intérieur tout est différent et le même à la fois.
Vous avez déjà flairé un livre neuf ? La reliure, les pages, les caractères... C'est comme l'odeur du pain frais quand on a faim. - Ray Bradbury (1920-2012), in "... mais à part ça tout va bien" -
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Quand le feu Lumière de l’esprit brûle en soi, le temps est proche, où l’esprit va dominer la matière. On ne peut plus retourner en arrière, c’est le temps de la liberté conquise par le franc-maçon le temple est achevé, construit. Il faut aller dans le monde, pour faire régner la justice et défendre les hommes bons et justes, devenir l’instrument du grand œuvre.
Oser le meilleur, être Don quichotte, être le chevalier naïf et pur, dépouillé des habits d’or, revêtu de lumière, la flamme Bausanne en main, axe entre la terre et le ciel. Humble et pauvre, pour voir le monde merveilleux, Chevalier de l’esprit.
Non nobis domine, sed nomini tua da gloriam.(1)
Jean-François.
(1) Psaume 115 113 B Attribué à David. Version Bible de Jérusalem. Non pas à nous, Yahvé, non pas à nous. Mais à ton nom rapporte la gloire, pour ton amour et pour ta vérité !
Le temps presse, il nous presse, jusqu’à la bousculade. Nos pas hésitants, d’abord par trois, puis par cinq de droite à gauche, pour enfin enjamber le cadavre de notre orgueil à vouloir tout, tout de suite, aveuglé par l’ignorance et le fanatisme, jusqu’à la porte de l’orient éternel, qui s’ouvre sur la grande lumière.
Et pourtant oui le temps presse ! Le temps presse de prendre du temps pour l’essentiel. Préserver la moindre goutte d’eau pure tombée sur un monde d’indifférence, elle sera une vague dans l’océan, préserver le grain qui ne meurt jamais, l’acacia qui refleurit sur le tertre d’où monte la vapeur en volutes vers le ciel. Préserver l’enfant qui sourit à sa mère, préserver le regard bienveillant du vieillard courbé sur sa canne de pèlerin qui nous guide vers la porte qui est en dedans.
Garder en soi toutes ses réserves d’amour, pour les distiller lentement au fur et à mesure avec le pain et le vin à tous ceux qui ont faim et soif d’éternel.
Prendre le temps d’écouter résonner en soi les trompettes, quand le voile noir se déchire, oui le temps presse de prendre du temps., pour soi et pour les autres.
Jean-François.
PRENDRE LE TEMPS.
Or tout est bon à vivre, rien n’est médiocre et tout doit être aimé ; même la banalité, parce qu’elle n’existe pas, même l’effort, parce qu’il faut qu’il existe, même les alarmes que nous nous imposons, pour des bénéfices tardifs ou grevés d’incertitude. Notre corps et notre esprit sont à l’œuvre et peinent,mais l’espérance éclaire nos pas mieux qu’elle ne le fait encore de l’horizon. L’avenir, connais pas : nos projets ont déjà commencé, nos promesses ébauchent déjà les figures définitives. C’est tout de suite ou jamais.
France Quéré.
Extrait du livre : Méditations sur la vie de Christophe André et Anne Ducrocq. Editions Gründ.
France Quéré
BIOGRAPHIE: FRANCE QUERE
Fille du professeur Paul Jaulmes (qui fut le créateur au sein de la faculté de pharmacie de Montpellier du diplôme national d’œnologie), elle mène de front des études de lettres classiques et de théologie à la faculté de théologie protestante de Montpellier. Elle soutient en 1957 un mémoire de diplôme d’études supérieures en Lettres sur La Prédication morale dans le théâtre de Sénèque. Après un court passage dans l’enseignement secondaire, elle entreprend et publie des traductions des Pères de l’Église. Ce travail d’études patristiques lui donne le goût de l’exégèse, dont va résulter une série d’ouvrages plus spécifiquement théologiques.
Parallèlement, elle développe et enracine sa réflexion dans des préoccupations contemporaines : les évolutions de la famille, la place de la femme dans la société, les drames du handicap, notamment, qui vont la mener vers la sociologie et la philosophie. Ses travaux dans ces domaines lui valent d’être nommée dans plusieurs instances, notamment le Haut Conseil de la famille, le Comité consultatif national d’éthique où la vigueur de sa pensée lui vaudra d’être renouvelée sans interruption. Elle devient également présidente de « Votre école chez vous ».
Ses écrits rencontrent un vif succès tant dans les milieux protestants que catholiques, ce dont témoigne le tirage de ses livres, ses éditoriaux dans les journaux La Croix, Panorama, et Réforme, et de nombreux cours et conférences. Lors de la parution des recueils posthumes Au fil de la foi, le théologien jésuiteBernard Sesboüé rendra hommage à l'œcuménisme de France Quéré. « Émouvante quand elle parle de la prière et de l'eucharistie, sévère quand elle s'adresse à l'institution, F. Quéré, vraiment protestante, se sentait très proche du catholicisme, avec les représentants duquel elle a beaucoup travaillé, au point de dire que les deux confessions avaient exercé sur elle la même influence ».
Mariée à Yves Quéré en 1961, elle a eu trois enfants, David, Anne et Emmanuelle. Elle est morte le , des conséquences d'une crise d'asthme. Son époux, physicien, membre de l'Académie des sciences et professeur à l'École polytechnique, a édité un livre d'hommage posthume à France Quéré, intitulé La culture, hommage à France Quéré.