Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Prendre un autre chemin, faire une digression sans retour, connaître l’aventure merveilleuse de l’initiation, en suivant la huppe de Salomon dans les vallées mystérieuses de la connaissance. C’est l’invitation du soufisme, de l’islam ésotérique spirituel. Pour une vision plus pure de la connaissance suprême qui relie les hommes dans leur recherche d’unité après le déluge des incompréhensions et des fanatismes, prendre son envol vers l’universel.
« J’ai survolé longtemps les plaines et les mers
J’avançais pas à pas, la tête dans les cieux
J’ai franchi les montagnes, les vallées, les déserts
J’ai parcouru un monde dans le temps du déluge »(1)
Tous les mendiants de l’amour, de l’harmonie s’unissent dans une recherche commune, celle qui élève l’homme au-dessus de lui-même, ils voyagent sur les ailes de la huppe, ils sont plus radieux que jamais.
S’initier aux mystères pour parfumer sa vie, la rendre plus belle, se rapprocher de sa sœur, de son frère, lui tendre la main, être plus humain. Se libérer peu à peu des pelures de l’illusion qui encombrent notre marche.
Faire les trois premiers pas, hésitant, trébuchant dans l’ombre, puis voir l’étoile flamboyante en parcourant le monde, puis mourir pour renaître avec l’espérance de l’acacia, car rien ne meurt vraiment dans les vallées de l’esprit.
Regarder, étonné, la spirale qui monte du vase de l’alchimiste, cette spirale que rien n’emprisonne, elle glisse par le soupirail, par la porte basse, elle courre comme un rayon de lumière qui monte vers les terres célestes sans fin. Puis elle redescend en rosée, dans le jardin où pousse les roses, elle glisse sur la crête de la vague qui naît dans la brume, elle se dissout dans l’air, dans la lumière du soleil au point du jour.
Suivre à nouveau le vol de la huppe, regarder autour de moi, dans ma loge tous les symboles, leurs significations spirituelles, leurs beautés cachées, qui se révèlent, dans la lumière de l’unique.
Rechercher l’être suprême, l’improbable architecte des mondes aux mille noms, derrière le voile, au sommet de la montagne, dans la profondeur de notre caverne.
Saisir la clé d’ivoire pour espérer pénétrer dans le saint des saints.
Je sais pourquoi maintenant, un matin d’été dans le jardin de mon âme j’ai été fasciné par le vol de la huppe. Plus l’âge avance, plus je regarde ce que je ne faisais qu’apercevoir, je ne voyais pas la beauté, la légèreté de l’oiseau, la douceur de son plumage, la puissance de ses ailes, la force de son chant, qui résonne maintenant en moi comme un écho sans fin.
Jean-François.
(1) Distiques 705-706 du Cantique des Oiseaux de Attâr traduction du Persan de Leili Anvar.
Pierre Tanguy, avance ses pas de l’ombre vers la lumière, sur les chemins côtiers où au milieu des landes, là ou le souffle monte lentement des herbes folles jusqu’au ciel, dans sa Bretagne natale.
Il parle et écrit pour les vivants, en consultant ceux qui sont passés de l’autre côté du miroir, il y a autant d’ombre que de lumière dans ces poèmes.
Il n’y a pas de fracture mais une continuité, ceux qui sont absents momentanément sont toujours présents dans nos cœurs.
François de Cornière un autre rêveur de mots, de sa Normandie a écrit la préface de ce Chant parmi les ombres. Cet agnostique voit dans le récit de ce croyant plus de lumière que d’ombre. Il écrit à propos des poèmes de Pierre Tanguy :
« Son texte s’élève alors au niveau du chant, dans cette quête d’un paradis ‘dispersé sur toute la terre’ dont il importe selon le poète Novalis de réunir ‘les morceaux épars’. »
Dans ce recueil les mots sont ciselés comme dans les haïkus. On touche à l’éternité en prolongeant la conversation avec ceux qui se sont éloignés.
Jean-François.
Extrait de : «Un chant parmi les ombres »
Tout s’est arrêté
même le cœur de battre
quand le chant dans l’église
a fait la louange
de tous ceux qui passent en ce monde
sans faire beaucoup de bruit
Elle avait été une mère
comme sont toutes les mères
quand elles font dans le calme
les gestes nécessaires
Ses enfants lui rendaient grâce
dans leurs mots malhabiles
sous le regard des saints muets
lumineux au cœur des vitraux
Pierre Tanguy.
Le chant parmi les ombres de Pierre Tanguy Editions La Part Commune ISBN 978-2-84418-385-9
LE MOT DE L'ÉDITEURUN CHANT PARMI LES OMBRES
Pierre Tanguy nous encourage à vivre pleinement chaque instant à travers ses poèmes. L'écriture de Pierre Tanguy est simple et à la portée de tous (même de ceux qui ne lisent jamais de poésie), elle permet d'y voir plus clair en dehors et en dedans de soi. Introspection de l'auteur : son rapport à la religion au travers des relations avec ses grands-parents, ses parents, le prêtre et aussi à travers ses lectures. Il évoque la découverte de la nature avec ses parents qui l'ont rendu sensible à la beauté de celle-ci puis, il rend hommage à la nature (arbres, oiseaux, mer....)
Dans notre société du bien-être individuel à tout prix, l’individuel a été dégradé en individualisme. Et pourtant notre pays est celui des associations de toutes sortes, elles sont le symptôme d’un manque de collectif d’humanisme. A y regarder de plus près elles sont claniques, signe de la pratique d’un entre soi.
L’humanisme matérialiste est en vente en kit de bien-être au prix tout compris, dans des officines, qui garantissent un résultat rapide en quelques semaines et en plus « Comme j’aime. ». La tyrannie du ‘Je’ jette aux oubliettes la fraternité du ‘nous’.
A force de tronçonner l’arbre de la communauté humaine, il ne reste que de la sciure.
Comment reconstituer, réunir ce qui est épars, concilier les contraires, faire se rejoindre ceux qui vivent côte à côte, sans vivre ensemble, faire humanité.
Les faire revenir au centre entre la rigueur de l’équerre et l’ouverture du compas. Il faut réconcilier l’homme avec ce qui le dépasse, ne plus opposer la raison à l’intuition, ne plus mépriser la transcendance, voie vers le mépris de l’homme.
Les stages de développement personnel, flattent l’ego qui prend le contrôle de notre vie, sans faire naître en nous une prise de conscience de notre place dans le cosmos, ils améliorent nos apparences, et nous empêchent de votre notre intérieur, nous restons dans l’ignorance de nous-mêmes comment dans ces conditions prétendre influencer le monde.
Sur les ronds-points de la colère, il est trop facile de ne voir que des barbares qui tournent en rond, il y a des femmes et des hommes à la recherche de la fraternité perdue dans le matérialisme.
On peut être un homme révolté, mais aussi, un homme de mesure.
L’humanisme individualiste est le scientisme moderne et sa forme la plus arrogante est le transhumanisme, dont le soi-disant progrès est réservé à une élite dominant la finance. Le transhumanisme non soumis à règle éthique et son intelligence artificielle brisent l’harmonie entre les hommes, leur avenir commun, au profit de l’individualisme.
L’harmonie ne peut se trouver dans au centre d’un cercle fermé, mais au-dessus de ce centre. Il nous faut préserver l’utopie de l’égalité, selon Mona Ozouf historienne de la révolution :
« L’égalité est une fiction. Mais une fiction féconde qui a fait bouger le monde, l’ingrédient nécessaire au progrès. »
La république a transformé l’humanisme en fraternité, les francs-maçons ont fait de celle-ci une des leurs valeurs centrales, un des leviers de leur chemin initiatique ou se rencontrent l’individuel et le collectif.
François Rabelais, de son vrai nom peut-être Alcofribas Nasier, le suceur gourmand de la substantifique moelle, nous invite à regarder derrière l’ombre des mots la lumière de l’âme.
Dans les arbres les oiseaux chantent chaque matin, à l’aurore, au point du jour, un cantique que seuls quelques privilégiés écoutent et comprennent, ceux-là même, qui prennent le temps de comprendre l’autre, celui qui veille en eux.
Ils n’entendent pas grâce à leurs oreilles, mais à leur cœur qui gonfle d’émotion, quand le chant monte de la terre vers le ciel.
Nous ne sommes en réalité que de passage, nous n’habitons jamais ni la ville, ni la campagne, ni la terre, nous sommes en mal d’adresse, juste un pied posé dessus. Nous habitons un peu le ciel.
« Si la chair disparaît vite, c’est qu’elle a partie liée avec l’âme. Elle la suit, elle ne la perd pas de vue. Elles reviendront ensemble. »(1)
La preuve sur le mont l’acacia pousse déjà les larmes, dans la vallée où coule le fleuve de l’amour.
Jean-François.
(1) Christian Bobin.
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Il ne s’agit pas de souscrire à une mode, pour se mettre en lumière, dans la lumière, dans une société où pour certains la vie idéale se confond avec le désir de la célébrité.
« L’heure de ta gloire est l’heure de ta défaite. »(1)
Mais de changer de direction, comme le fait le chien du chasseur, quand il ne suit plus la trace de la bête. La bête en l’occurrence est la direction que l’on veut nous faire prendre, nous imposer dans ce monde des apparences, celles des leds ces lumières froides de la modernité. Ces lumières installées chez nous, dans nos vies, qui doivent être illuminés en permanence jusqu’à l’éblouissement. Etre célèbre, paraître à tout prix en toutes circonstances.
Le premier pas vers le temple de l’esprit, est un pas vers les ténèbres.
Un déchirement de notre image corporelle, les yeux recouverts du bandeau, pour regarder l’intime, la lumière intérieure, qui n’a jamais cessé de briller dans le secret du cœur.
Faire renaitre cette lumière oubliée, c’est comme un cadeau d’enfance, après la mort du vieil homme.
« La vérité est ce que serre un nouveau-né dans la minuscule pince à sucre de deux doigts roses : le jupon d’un nuage. »(2)
Puis prendre le flambeau du pèlerin, partir, revenir en soi à la recherche de son véritable soi, franchir avec l’aide de son frère la porte basse, découvrir au bout du tunnel la lumière éclatante, celle qui illumine le maître.
Etre sorti enfin, prendre son essor, comme un phénix nouveau, secouer ses ailes des cendres noires, et descendre lentement comme le vol majestueux du pélican de l’amour, se poser sur la crête de la vague, sans bruit, sans tambour, ni trompettes, aimer ses frères.
Disparaître du monde des ombres, des illusions, pour aimer l’homme, c’est tout, c’est rien, mais c’est tout. Rien n’est comparable à la joie du cœur.
Et puis en contre-pied regarder encore, dans le jardin de notre cœur, fleurir le printemps, des rameaux, des pensées neuves épanouies en corolle, bien plus puissantes que toutes les tours au béton fissuré par les ans, plus puissantes que toutes armes qui rouillent et pourrissent, sous les fleurs des parterres.
Nos fleurs de printemps font des taches de lumière, font contre-pied aux ténèbres de l’ignorance.
« Il y a au Creusot à peu près vingt cinq milles habitants, sans compter les milliers de fleurs d’acacias. » (3)
Jean-François.
Notes : (1),(2),(3) Christian Bobin extraits du numéro un du magazine ZADIG. Un livre magazine pour : Pour ralentir, réfléchir, aller plus loin. »Rendre la France lisible selon son créateur Eric Fottorino.
En vente dans les Kiosques au prix de 19 €- 190 pages.
ACTUALITES
Dans quotidien le Télégramme
Yann-Fañch Kemener. L’hommage de Dan Ar Braz et Denez Prigent
Publié le 16 mars 2019 à 16h40
FRÉDÉRIC JAMBON
Yann Fanch Kemener
Ce samedi, Yann-Fañch Kemener, 61 ans, s’est éteint des suites d’une longue maladie. Dan Ar Braz et Denez Prigent ont tenu à rendre hommage à cet artiste à la voix singulière et bouleversante, à ce gardien et ambassadeur du chant breton sous ses diverses formes.
Dan Ar Braz. « Un passeur de mémoire »
« Je suis allé le voir récemment parce que je tenais à lui dire merci. Pour ce qu’il avait apporté à l’Héritage des Celtes, bien sûr, mais pas seulement. Après les années 70, portées par la vague Stivell, la Bretagne s’était retrouvée complètement occultée par les médias nationaux. C’est grâce au travail de gens comme Yann-Fañch Kemener lors de la décennie suivante, que le renouveau des années 90 a pu avoir lieu. Il a contribué à maintenir la langue et enrichir la culture bretonne, notamment au sein du groupe Barzaz, Pour moi, Yann-Fañch était un passeur de mémoire, doté d’une des plus belles voix de Bretagne. C’était aussi quelqu’un de drôle. J’appréciais son humour, ses coquineries qui me faisaient rire. Je suis heureux d’avoir pu croiser sa route ».
« Yann Fañch Kemener avait une dizaine d’années de plus que moi. Il a grandi dans un lieu où les traditions étaient encore très vivantes et a pu avoir accès à des représentants de l’ancien monde où les gens chantaient toujours dans les veillées. Il a eu conscience du trésor que constituait leur répertoire et a fait un énorme travail de collectage pour lui donner ses lettres de noblesse, en montrant qu’il s’agissait d’un art majeur, dans des albums d’une grande qualité. George Sand parlait des « diamants du Barzaz Breizh », Yann Fañch Kemener a révélé ceux de ces chants populaires. Il s’est trouvé à une période charnière, et, sans lui, un nombre important d’entre eux aurait disparu. Son action me rappelle celle de La Villemarqué au XIXe siècle. On lui doit beaucoup ».
Le printemps, la lumière, je laisse tomber mon stylo, près de la page, à la deuxième syllabe d’un mot inachevé. Je sors en courant, je traverse la rue, j’entre dans la cathédrale, la lumière du rayon vert brûle le marbre du labyrinthe.
Je renais. Une vieille femme allume un cierge, elle me donne un sourire d’enfant. C’est tout.
Jean-François.
RECENSION : L’HUMANISME EN QUESTION
En première de couverture du deuxième Cahier de L’Alliance édité par La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, on découvre le regard de la Joconde. Il est proposé aux chercheurs de Vérité, de Lumière, un voyage vers l’humain, transcendé par le divin.
Francis Bardot
Françis Bardot ouvre le bal des idées, il pose d’emblée le problème : Humanisme et crise d’identité de l’humain.Responsable de la formation à la G L A M F, il trace les lignes de la carte d’identité de l’humanisme, de cet humanisme relié au divin, qui est d’abord une action qui dépasse toute idéologie et ne peut-être qu’universel.
L’humanisme de l’action se façonne dans un parcours spirituel sur le socle de la tradition et l’ouverture à une transcendance.
Christophe Calame
Christophe Calame membre de La Grande Loge Suisse Alpina, défini dans son article Qu’est-ce que l’humanisme ?Le chemin qui part de la renaissance, la rencontre de l’universel, du monde, de Dieu, de l’homme.
Il passe en revue les variations sur l’humanisme, de l’antihumanisme théologique, puis l’hyperhumanisme des lumières, précédant le parahumanisme des philosophes du soupçon qui dissout l’homme dans la nature, puis vient le sur humanisme postromantique qui propose de dépasser l’homme, à qui succède le posthumanisme qui prône le retour aux sources du miracle grec, une réflexion sur les origines, l’être et le divin. Les subhumanistes qui recherchent dans le retour du tragique un dépassement de la sagesse. Christophe Calame conclut par le trans humanisme, lié au développement technologique et à la révolution numérique, qui réduit l’âme, l’esprit, le psychisme. Le cerveau tombe dans le Smartphone, c’est un scientisme moderne : qui est censé offrir l’immortalité à quelques pharaons de la finance. Il se développe grâce à l’inégalité croissante de nos sociétés.
Jacques Branchut
Jacques Branchut, dans son article En humanité avec Érasme, nous décrit avec quelques réserves, une des précurseurs de la franc-maçonnerie spéculative, qui apparaitra environ deux siècles plus tard. Le rejet de la scolastique, le placement de l’homme et de ses propres valeurs au centre : connaissance intérieure et libération vis-à-vis des dogmes, avec une référence à la cité Utopia de Thomas more. C’est la mise à bas des idéologies, le rassemblement des hommes dans leur diversité. Pour clore son article Jacques Branchut cite Stefan Zweig : « Que le devoir suprême de l’humanité est de devenir plus humaine, plus spirituelle, plus compréhensive. »
Richard Bacin poursuit avec Rabelais un humanisme initiatique et drolatique.Qui incite à chercher l’humain, l’humanité et surtout vous-même !
Passer de la bouteille à la dive bouteille, passer de la pierre à la pierre philosophale, rompre l’os et sucer la substantifique moelle.
La parole est donnée ensuite à Jean Staune, philosophe des sciences, fondateur de l’université interdisciplinaire de Paris. Il intervient sur L’humanisme du XXIème siècle et l’avenir de l’espèce humaine.
Extrait de l’introduction de son article (…) le développement exponentiel de l’intelligence artificielle interpelle nos définitions de la conscience et de l’homme lui-même. Dans de nouveaux termes, la question fondamentale de l’unité de l’humanité est aujourd’hui posée.
Les paragraphes de son article :
Les trois formes de transhumanisme.
Le grand remplacement de l’espèce humaine.
Le jour où les robots…
L’intelligence artificielle pourra-t-elle réellement éprouver tout ce que nous éprouvons ou seulement imiter à la perfection ce que nous éprouvons ?
Jean Dumonteilresponsable du pôle dialogues, recherche, spiritualité à la G L A M F. Donne les repères pour une maçonnerie humaniste.Il évoque successivement :
La filiation humaniste de la maçonnerie ?
L’humanisme sous le feu de la critique.
L’humanisme au risque de l’hubris
L’humanisme sous la critique de Guénon.
La nécessaire humilité.
Le risque du dogme humaniste.
Il conclut par le courage d’être un homme.
Jean-Michel Menca-Huertaprésident de l’atelier national d’instruction du Rite Français à la G L A M F.
Jette son regard sur l’humanisme moderne au prisme de la tradition.Il traite de l’évolution de l’humanisme, de l’arrogance du transhumanisme, des dérives de l’humanisme contemporain : après la mort de Dieu, celle des hommes, de l’humanité. Il conclut sur une question : que reste-t-il de l’humanisme ?
Christian Uglo
Ce deuxième Cahier de l’Alliance se ferme sur ce qui devrait dès maintenant rester ouvert en permanence à notre esprit, l’humanisme et l’écologie, dernier article est donc écrit par Christian Uglo avocat, docteur en droit, co-directeur du Jurisclasseur environnement.
Il affirme :la crise écologique sans précédent qui s’annonce ne peut trouver une solution, que renforcer le rattachement des hommes aux valeurs de l’humanisme.
Je ne puis, que recommander, vivement la lecture de ce Cahier de l’Alliance qui ouvrira la réflexion de tous, maçons ou non, sur notre avenir personnel et sur l’humanité entière. Sur le sens que l’on veut donner à sa vie, nos rapports avec la nature et les autres êtres vivants. Des questions sont posées, des réponses esquissées avec le prisme de la franc-maçonnerie, mais aussi plus largement, car les francs-maçons ne s’imposent aucune limite à leurs recherches, pour le bien, le bon, le juste, le vrai, ils ont le devoir de l’action, dans leurs loges et aussi dans la cité, par leur exemplarité, êtres humains simplement.
Jean-François.
Les Cahiers de l’Alliance – Le numéro 2 L’Humanisme en question, de la renaissance aux défis du XXIème siècle.
La franc-maçonnerie est un ordre initiatique et fraternel. La notion d’ordre s’entend au premier degré (pas celui d’apprenti), comme une organisation cohérente, avec ses règles. Elle a aspect administratif pour faire court, les différentes loges qui se reconnaissent par leur pratique initiatique adhérent, se regroupent volontairement, en un tronc commun, constituant un corps maçonnique. Le système de fédération de loges permet à celles-ci de maîtriser leur autonomie de gestion. Elles se soumettent à une pratique initiatique commune, elles pratiquent un rite à l’aide de rituels identiques.
L’individuel, pas l’individualisme, rejoint l’universel, c’est la garantie de la transmission du rite dans sa pureté. Les frères peuvent alors se reconnaître entre eux comme tels. C’est la voie du deuxième degré de l’ordre qui succède au chaos.
C’est dans ce cadre que s’exerce la fraternité, qui n’est pas naturelle, elle exige un travail permanent, travail individuel et collectif, elle combat l’ego.
J’ai promis d’aider mes frères avec lesquels je forme corps. Non pas seulement ceux de ma loge, mais aussi tous les frères des loges qui m’entourent, sans cela ma démarche n’aurait aucun sens, et, comment pourrais-je prétendre répandre dans le monde une infime partie de ce que j’ai reçu en loge.
Il ne peut donc y avoir de concurrence entre les loges d’un même corps maçonnique, ni d’ailleurs concurrence entre les corps maçonniques entre eux.
Quand j’ai connaissance d’une loge en difficulté en conscience, je fais tout mon possible pour l’aider. En commençant si j’ai connaissance de profanes désireux de frapper à la porte du temple de les orienter vers la loge la plus proche, de même si ce sont des profanes venant d’une autre région en raison de leur parcours de vie, sauf avis contraire de leur part. C’est à mon sens un devoir de vie et de fraternité. Agir autrement par intérêt particulier est nier mon serment d’être fraternel.
J’ai promis de faire mon possible pour développer et aider la franc-maçonnerie en général, et ensuite ma loge en particulier.
Ainsi que l’ont fait nos ancêtres Nos petits-enfants partiront C’est dans l’espoir de se connaître Qu’on tourne en rond On fait des pas, des mots, des gestes On chante pour cacher sa peur On part pour apprendre qu’on reste Au bout du coeur Ton coeur qui fait tourner la terre Qui bat pour rencontrer les siens C’est le musicien solitaire Le plus ancien Il cherche encor la mélodie Qui mettrait les coeurs en accord Et l’âme toute en harmonie Avec le corps Puis nous deviendrons des ancêtres Je vois déjà nos descendants Savoir enfin naître et renaître Aux mains du temps Le chant est dans la poésie Ainsi que les fruits dans les fleurs Et les vendanges de la vie Au bout du coeur Ainsi que l’ont fait vos ancêtres Vos petits-enfants partiront C’est dans l’espoir de se connaître Qu’on tourne en rond On fait des pas, des mots, des gestes On chante pour cacher sa peur On part pour apprendre qu’on reste Au bout du coeur
Une mélodie qui courre sur la lande et le granit, puis jette son ancre au fond de notre coeur, nos lèvres tremblent, de nos yeux grands ouverts coulent la rosée des larmes.
S’initier en loge, partager. Cette semaine dans ma loge, plus de 70 frères en silence ont partagé, des moments de lumière, ils ont construit une partie de leur temple intérieur.
Chacun fût à l’œuvre en silence, rassemblant en lui les bienfaits des énergies collectés chez les autres, il montait de la loge en volutes vers la voûte étoilée un encens parfumé de spiritualité, la loge flottait entre la terre et le ciel. Les frères montaient et descendaient le long du fil à plomb, en un mouvement fraternel et ordonné, chacun aidant l’autre, à ouvrir ses yeux pour découvrir la lumière intérieure.
Chercheurs de la Vérité, de la parole perdue, de la Lumière Véritable qui est en réalité l’unique, qui ne demande qu’à se révéler en tout homme, pourvu qu’il consente à voir dans l’autre le meilleur de lui-même et de faire alliance avec lui.
Ils prennent alors ensemble, le chemin de la sagesse, vers le bon, le bien, pour contempler le beau, pour métamorphoser leur être.
L’initiation maçonnique ne peut se réaliser que par la pratique dans le creuset de la loge. Cette médecine de l’esprit s’administre par le partage. Seul je ne puis rien…
Jean-François.
AIMER, PARTAGER
Un homme se présenta devant la porte de sa Bien-Aimée et frappa.
Une voix demanda : « Qui est là ? »
Il répondit : « C’est Moi. »
La voix dit : « Il n’y a pas de place pour Moi et Toi. »
La porte se referma.
Après un an de solitude et de privation, il revint et frappa.
Jacques Marchais (1935-2006) est une des plus belles voix de la chanson des années 60-70. Il a enregistré plusieurs albums de textes poétiques signés Aragon, Dimey, Chaulot, Ferré, Vasca etc. ...
HUMEUR : Sur l’avenir du christianisme en question
Jean-François Bouthors, écrivain, journaliste au journal La Croix, signe un éditorial dans le journal Ouest-France du 18 mars 2019, sous le titre : sur l’avenir du christianisme en question.Le pré-texte en est la condamnation du cardinal Barbarin et les dérives le mot est faible, des actes commis par certains des plus hauts représentants de l’église catholique Romaine, démontrant une fois de plus que selon le proverbe chinois : le poisson pourri toujours par la tête.Notre éditorialiste dénonce du bout des lèvres cet état de fait. Il nous enjoint en forme de morale de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, si cela peut s’avérer facile pour les chrétiens, c’est plus dur pour les non chrétiens et les victimes de ces actes odieux, faits aux hommes et à Dieu.
Pourtant notre éditorialiste jette aussi le bébé avec l’eau du bain en quelque sorte en amalgamant tous les courants du christianisme à celui de l’église catholique Romaine., tous les chrétiens n’ont pas leur chapelle à Rome !
Depuis la réforme, il existe des chrétiens qui vivent bien leur foi, dans la paix, dans l’harmonie de la cité, ils ont des pasteurs bons pères de famille. Dans un passé qui au regard des religions l’on peut qualifier de récent, aux siècles des lumières, les luttes entre l’église d’Angleterre et Rome ont posé les pierres d’une nouvelle église.
Voltaire et Newton n’étaient pas des fervents papistes et pourtant des hommes éclairés.
Il est des milliers de chrétiens respectables qui fréquentent nos loges maçonniques et leurs prêtres aussi. Ils savent que dans nos loges nous défendons, et pratiquons, des valeurs et des vertus communes avec celles du christianisme. On peut s’étonner que les francs-maçons soient encore frappés d’excommunication par la curie Romaine.
La deuxième partie de l’éditorial de JF Bouthors sauve si j’ose dire la première, il parle de ces valeurs chrétiennes qui sont avec d’autres le substrat de notre société contemporaine, elles ont leur juste place dans la vie de la cité en harmonie avec les autres valeurs, d’autres traditions.
Il met en exergue les errements, la responsabilité des hautes instances de l’église catholique et de son entre soi. Il plaide pour l’ordination des femmes et le mariage des prêtres, comme un signe d’apaisement, auquel il faudra ajouter l’indispensable retour aux valeurs d’amour, d’humilité, de fraternité, d’exemplarité, vécues par les premiers chrétiens, au rang desquels l’ont trouve les pères du désert.
Puisse le Grand Architecte de l’Univers inspirer les instances les plus hautes de l’église catholique, de nombreux chrétiens ont déjà dans leur foi fait une place à l’humain, dans le respect de leurs valeurs ils se sont ouvert au monde d’aujourd’hui, et non pas pour autant perdu leur foi.