Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Jean-Jacques Rousseau : Une passion pour la Justice et la Vérité.
Les Francs-maçons vouent une passion à la Justice et à la Vérité. Ils ont choisi le symbolisme de la construction pour exprimer leur idéal d’un monde reconstruit, plus juste et véritable. La figure du Roi Salomon considéré comme un exemple de Roi Juste, est au centre des rituels maçonniques.
La Justice illumine la Vérité, s’impose face à la barbarie de la vengeance. L’homme juste et véritable ne craint rien pas même la mort, les grands initiés en sont le témoignage, comme Socrate, Hiram, Jésus…
Le siècle des Lumières a placé sa confiance en l’homme, en sa capacité de perfectionnement, Jean-Jacques Rousseau voyait en l’homme la bonté, et se défiait de la société. Je vous propose une promenade onirique avec ce rêveur solitaire.
Est-ce la faute à Voltaire si Gavroche est tombé par terre, est-ce la faute à Rousseau s’il est tombé dans le ruisseau, ou à la société bourgeoise que Rousseau dénonçait. Rousseau fût critique vis-à-vis des Lumières, non pas de l’esprit des Lumières, mais de l’avènement de cette société trop techniciste et matérialiste, il ne craignait pas Lumières mais les conséquences des Lumières qui indéniablement ont permis à l’homme de sortir de l’obscurantisme, du dogmatisme, de s’affirmer de penser par lui-même. Il regrettait ce qui fit la société de ces Lumières, une société dépendante de l’économie, faisant de l’intérêt son ciment, cet intérêt qui mène à l’égoïsme et l’individualisme qui nourrissent les inégalités et les injustices. Était-il un visionnaire ?
Il aimait à dire : « Ma fonction est de dire la Vérité, mais non de la faire. » Sa devise était Vitam impendere vero (La vie pour la vérité). Il ne fut pas, comme la plupart d’entre nous irréprochable ! Ce qui l’amena à l’écriture de ses Confessions, en forme d’expiation de ses manquements à la Vérité et à la Justice. Il souhaitait néanmoins être un Emerek, c’est-à-dire un homme vrai en toutes circonstances.
Il écrit : « La Vérité due est celle qui intéresse la justice et c’est profaner ce nom sacré de Vérité que de l’appliquer aux choses vaines dont l’existence est indifférente à tous, et dont la connaissance est inutile à tout… »
La Justice et la Vérité était donc pour lui, les deux mots de l’homme vrai. Il dira encore : « J’ai plus suivi dans la pratique les directions morales de ma conscience que les notions abstraites du vrai et du faux. » C’est donc par l’élévation de sa conscience que l’on peut espérer parvenir au Vrai, au Juste et au Bon l’ensemble étant couronné par le Beau.
Il pensait : « Il est donc au fond de toutes les âmes un principe inné de Justice, sur lequel, malgré nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d’autrui comme bonnes ou mauvaises, et c’est à ce principe que je donne le nom de conscience. » C’est aussi, ce que recommande la Franc-maçonnerie à ses adeptes, l’écoute respectueuse dans le silence des opinions, pour se faire ensuite la sienne. Façonner ses idées avec le ciseau de la morale et la Force du maillet, les soumettre à la balance de sa conscience et décider librement. Rousseau qui faisait plus confiance à l’homme Juste, Vrai et Bon qu’à la société ou du moins son gouvernement était-il une sorte d’anarchiste libertaire avant l’heure, prêt à donner sa vie pour la liberté. Vitam impendere vero.
Jean-François Guerry.
GAVROCHE À DROITE SUR LE TABLEAU
LA FAUTE À VOLTAIRE
Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau Je ne suis pas notaire, c'est la faute à Voltaire Je suis petit oiseau, c'est la faute à Rousseau
Il est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau Si tu n'es pas notaire, c'est la faute à Voltaire Tu es petit oiseau, c'est la faute à Rousseau
Je suis tombé sur terre Meme Dieu ne sais pas comment Je n'ai ni père, ni mère Qui m'reconnaissent leur enfant Je m'suis fait une famille Avec ce qui n'en ont pas Joyeux drilles en guenilles Avec un coeur gros comme ça
Il est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau Joie est ton caractère, c'est la faute à Voltaire Misère est ton trousseau, c'est la faute à Rousseau
Je suis un va-nu-pieds Mais, nu, le pied va quand même Je prends ce qui me plaît Pour payer, pas de problème Je fais des pieds de nez Aux marchands et à leurs dames
Et pour te rattraper Il leur faut plus qu'un gendarme
On me connaît partout De Clignancourt à Belleville Je suis aimé par tous Sauf par les sergents de ville Je vis de ce qui vient Et de ce qui ne vient pas Sans savoir à l'avance Menu du prochain repas Misére est mon trousseau
C'est la faute à Rousseau On est laid à Nanterre
C'est la faute à Voltaire
Et bête à Palaiseau
C'est la faute à Rousseau
Si tu n'es pas notaire
C'est la faute à Voltaire
Tu es petit oiseau
C'est la faute à Rousseau
Il est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau Si tu n'es pas notaire, c'est la faute à Voltaire Tu es petit oiseau, c'est la faute à Rousseau Tu es petit oiseau, c'est la faute à Rousseau
Paroliers : Herbert Kretzmer / Alain Albert Boublil / Claude Michel Schonberg / Jean Marc Natel
COMMUNIQUÉ DE JEAN-CLAUDE SITBON
Mes TCF,
J’ai le plaisir de vous annoncer que serais présent à Toulouse et dans sa région pour y présenter plusieurs conférences.
Le vendredi 18 novembre à 20h00 à Toulouse, conférence dans une Loge de la GLTSO sur le thème : « L’idée plurielle de Grand Architecte de l’Univers dans la Franc-Maçonnerie aujourd’hui »
Le samedi 19 novembre à partir de 9h30 à Aucamville, deux conférences ouvertes à toutes et à tous pendant la journée consacrée au Rite Ecossais Rectifié et organisée par le Cercle Willermoz d’Occitanie. Les conférences données par Jean-Claude Sitbon le seront sur les sujets suivants : à 10h00 « La colonne brisée, emblème de l’homme dégradé du Rite Ecossais Rectifié » puis à 14h00 « Le 4ème grade du Rite Ecossais Rectifié et son bijou ».
Si vous souhaitez participer à une ou plusieurs de ces conférences, des détails vous sont fournis dans les deux fichiers joints à ce courriel. Il est prudent de s’inscrire.
Christian Bobin a écrit de sa première rencontre avec Pierre Soulages :
« Je sais sur quel carreau je me suis immobilisé en entendant cette voix. Au centimètre près. Les voix sont un trésor que les gens vous donnent, mêmes les plus avares. Ce que la mort ne pourra capturer…car une voix ce n’est pas que le souffle, les paroles, ni même les silences. Une voix, c’est le monde entier repeint par la personne. » (1)
Je n’ai bien sûr pas rencontré Pierre Soulages, comme Christian Bobin, j’ai entendu sa voix comme vous, j’ai reçu cette énergie cathodique. J’ai vu comme beaucoup ses Outrenoirs à l’Abbaye de Conques. Je souviens de m’être appuyé sur une colonne, comme pour résister en vain à la Force de la Lumière, ses lumières noires éblouissantes.
Depuis je crois savoir pourquoi dans ma loge les fenêtres sont occultées, le secret est là : elles nous protègent des lumières artificielles et elles gardent dans la loge la lumière du dedans, la lumière spirituelle qui illumine les Sœurs et les Frères. Nos lumières infimes, qui nous rapprochent de la Grande Lumière, les lumières qui brillent dans le noir et sont des avancées spirituelles. Discrètement nous les gardons, elles sont les germes de la création de notre être intérieur.
Pierre Soulages avait : « l’orgueil de ceux qui savent qu’il y a quelque chose de plus grand qu’eux » (2), il avait l’intuition de la lumière du grand, des choses qui illuminent l’endroit le plus noir des ténèbres, d’où surgit la lumière, c’est un chant d’espérance. Christian Bobin, termine son livre ainsi : « Il n’y a jamais eu qu’un seul pas entre nous et l’autre monde…le temps n’est en rien mesurable sinon par le cœur. Cinq minutes de nuit sétoise valent soixante années de théologie… » (3)
Jean-François Guerry.
Christian Bobin Pierre Éditions Gallimard Page 9.
Ibidem Page 16.
Ibidem Page 91.
À LIRE : Christian Bobin Pierre Éditions NRF Gallimard- 2019.
ARTICLE FRANCE INFO FRANCE CULTURE
Le peintre français Pierre Soulages, maître du noir et légende de l'art contemporain, est mort à 102 ans
C'est en 1979 que Pierre Soulages, dont on a appris la mort mercredi, avait inventé l'outrenoir qui a fait beaucoup pour sa renommée mondiale. Mais c'est bien plus tôt, lors d'un voyage de classe, que l'enfant de Rodez avait déclaré : "L'art sera la chose la plus importante de ma vie".
Pierre Soulages, au Louvre, à Paris, le 10 décembre 2019. (JOEL SAGET / AFP)
Le maître du noir est mort. Pierre Soulagesest mort à l'âge de 102 ans, dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 octobre. Une information annoncée par la mairie de Rodez (Aveyron) mercredi 26 octobre et qu'a pu se faire confirmer franceinfo. L'artiste à la renommée internationale est mort d'une insuffisance cardiaque à l'hôpital de Nîmes (Gard), a précisé à l'AFP Mohamed Kaoud, majordome des Soulages à Sète (Hérault) depuis vingt-sept ans.
Le père de l'outrenoir, l'une des figures majeures de l'art contemporain en France et dans le monde, a créé pendant plus de huit décennies. Il a travaillé jusqu'à la fin dans son atelier de Sète (Hérault) : trois des œuvres exposées dans l'exposition organisée par le Louvre pour ses 100 ans ont été peintes en 2019.
"Enfant, je préférais tremper mes pinceaux dans l'encre noire plutôt que d'employer des couleurs. On m'a raconté que je faisais de grands traits noirs sur le papier. J'aurais répondu que je faisais de la neige", racontait Pierre Soulages en 2009, lors de la rétrospective organisée par Centre Pompidou pour ses 90 ans. Il rendait ainsi le blanc du papier plus blanc en mettant du noir.
Pierre Soulages a toujours aimé le noir : "Ce fut la couleur de mes vêtements dès que j'ai pu les choisir. Ma mère était outrée. Elle me disait : 'Tu veux déjà porter mon deuil ?'", racontait-il à l'AFP en février 2019. Et c'est en noir qu'il s'est marié en 1942 avec Colette, dont il a partagé la vie pendant près de 80 ans. En 1979, Pierre Soulages a commencé à ne mettre que du noir sur ses toiles, inventant ce qu'il a appelé l'outrenoir, un autre "champ mental que le noir".
Pierre Soulages devant l'abbatiale de Conques (Aveyron) en 1994, année où ont été inaugurés ses vitraux (CUNILLERE / SIPA)
Pierre Soulages est né en 1919 à Rodez, dans l'Aveyron. Son père, un carrossier qui fabrique des charrettes, meurt alors qu'il n'a que 7 ans. Il est élevé par sa mère et sa sœur plus âgée que lui. Enfant, il s'évade en fréquentant les artisans de son quartier. Il en gardera un goût pour les outils, utilisant des pinceaux de peintre en bâtiment ou fabriquant lui-même ses instruments.
Le choc de Conques
Lors d'un voyage de classe, il visite l'abbatiale romane de Conques. Un choc esthétique. "C'est là, je peux le dire, que tout jeune j'ai décidé que l'art serait la chose la plus importante de ma vie", disait-il dans un entretien à la Bibliothèque nationale de France en 2001. Il créera les vitraux pour l'abbatiale des années plus tard Il peint régulièrement à partir de 1934 et va à Paris à 18 ans pour préparer le concours de l'école des Beaux-Arts. Il est admis, mais trouve l'enseignement médiocre. Il décide de retourner à Rodez.
La période de la guerre est mouvementée : il est mobilisé en juin 1940, démobilisé début 1941, il étudie à l'école des Beaux-Arts de Montpellier, puis travaille dans un vignoble sous une fausse identité pour échapper au travail obligatoire en Allemagne.
La carrière de peintre de Pierre Soulages commence réellement quand il s'installe à Courbevoie, en banlieue parisienne, avec Colette, en 1946. D'emblée, ses œuvres sont abstraites. Il combine d'épaisses lignes verticales, horizontales, obliques, comme des idéogrammes. Il peint sur papier avec du brou de noix, sur des verres cassés avec du goudron.
Soulages, ce n'est pas que du noir. Au-delà de Conques, il a été impressionné par l'art pariétal, dans lequel il puise ses couleurs. Des couleurs sourdes, de l'ocre au noir en passant par le rouge ou des bruns plus ou moins soutenus.
Peindre avec la lumière
A partir de 1951, Soulages pratique aussi la gravure, sur plaques de cuivre. Ses estampesde petite taille utilisent toutes ces couleurs, en contraste avec le noir. Il réalise plus tard des lithographies où il utilise des couleurs plus vives (rouge vermillon, jaune vif, bleu). Puis des sérigraphies (l'une d'elles est utilisée pour l'affiche du festival d'Avignon en 1996). Sur papier, il peint des gouaches où il introduit des bleus intenses et lumineux.
Dans ses peintures des années 1950-1970, il fait contraster des formes noires avec des fonds colorés, puis il fait apparaître les couleurs du fond en raclant le noir. Ou bien il fait contraster le noir avec le blanc.
Une toile de Pierre Soulages au Centre Pompidou en octobre 2009 (REMY DE LA MAUVINIERE/AP/SIPA / AP)
C'est en 1979 que Pierre Soulages invente l'outrenoir. En 2009, lors de la rétrospective du Centre Pompidou, il expliquait à l'historien de l'art Hans-Ulrich Obrist qu'il était né alors qu'il était en train de "rater une toile. Un grand barbouillis noir". Malheureux, il est allé dormir. "Au réveil je suis allé voir la toile", racontait-il. "J'ai vu que ce n'était plus le noir qui faisait vivre la toile mais le reflet de la lumière sur les surfaces noires. Sur les zones striées, la lumière vibrait, et sur les zones plates tout était calme." Un nouvel espace s'ouvre, pour lui, devant la toile : "La lumière vient du tableau vers moi, je suis dans le tableau."
Il se met alors à jouer avec la matière de la peinture noire, de l'huile jusqu'en 2004, puis de l'acrylique. Il la travaille avec des outils, créant du relief, la rendant luisante ou mate. La lumière produit des changements de couleur.
D'une toile en trois panneaux (Peinture 222 x 449 cm, 30 septembre 1983) qu'il avait observée chez lui à Sète, près de la Méditerranée, et qu'il présentait au Centre Pompidou en 2009, Pierre Soulages a dit : "Certains matins, elle est gris argent. A d'autres moments, captant les reflets de la mer, elle est bleue. A d'autres heures, elle prend des tons de brun cuivré (…). Un jour, je l'ai même vue verte : il y avait eu un orage et un coup de soleil sur les arbres qui ne sont pas loin de là."
Voir Soulages, à Rodez et à Conques
Les vitraux de l'abbatiale de Conques, une commande publique, sont une des grandes œuvres de Pierre Soulages. Elles lui ont demandé sept ans de travail, entre 1987 et 1994. Pour les 104 verrières, il a imaginé un verre particulier, créé avec le maître-verrier Jean-Dominique Fleury. Il utilise l'opacité et la transparence qu'il a réparties pour faire varier les intensités lumineuses en fonction de l'heure du jour. Cela a donné des effets de couleurs inattendus. Des lignes fluides, obliques légèrement courbes, courent sur le verre.
Autre lieu qu'il faut visiter pour rencontrer Soulages, le musée Soulages de Rodez a ouvert ses portes en mai 2014. Il possède le plus important ensemble de ses œuvres. L'artiste en a accepté l'idée à condition qu'il soit ouvert à d'autres artistes : des expositions temporaires y ont été consacrées à Yves Klein, aux femmes artistes abstraites dans les années 1950, à Le Corbusier, à Calder, à Claude Lévêque...
Le musée Soulages à Rodez (Aveyron), le 4 octobre 2021. (PATRICE THEBAULT / AFP)
Soulages a fait une donation de 500 pièces au musée dont de nombreuses gravures, des gouaches, des encres, des brous de noix, des huiles sur toile et tous les travaux liés à la création des vitraux de Conques (notamment les cartons). Il y a ajouté 14 peintures dont un outrenoir de 1986.
Notre société matérialiste, consumériste s’est progressivement désacralisée. On entre dans les Temples, les Chapelles, les Cathédrales, dans tous les édifices religieux, le mot religieux étant pris dans le sens de Religare qui signifie relire ou relier, relier à quoi et comment. L’ambition de Bernard Rio dans cet ouvrage est d’apporter des réponses à ces questions. Faire un guide, pour le pèlerin, le voyageur, qui désire voyager avec ses jambes mais aussi avec son esprit, Bernard Rio met entre nos mains une méthode, il créé en quelque sorte un rituel pratique. On ne visite pas ces édifices sacrés comme des musées, avec leurs expositions temporaires. Ces édifices sacrés, ont été implantés et consacrés pour des raisons particulières, pas pour passer le temps, ils recèlent une richesse spirituelle et des fonctions pratiques, qui traversent tous les temps, ce sont ces mystères que Bernard Rio met à notre portée, pourvu que nous ayons soif de connaissance.
« Les portes du Sacré » font suite et ouvrent encore plus notre esprit que son précédent livre « Le cul bénit, amour Sacré et passions profanes. »
Le Sacré présent derrière ces portes s’inscrit dans l’espace géographique de la Bretagne, ses sources sont archéologiques, mythologiques, architecturales. Comment ont été réalisées ces constructions et pourquoi ? Bernard Rio lève les voiles qui dissimulent les forces telluriques et célestes, un regard, notre regard qui va du bas vers le haut pour faire une même chose. C’est le désir de spiritualité, d’élévation de l’esprit qui a de tout temps permis de réaliser des œuvres monumentales dans le but de relier les hommes à plus grand qu’eux à Dieu ou à un principe supérieur premier, ces édifices permettent de passer du profane au Sacré.
C’est un continuum qui permet l’accès à la Connaissance, des pierres levées aux flèches des cathédrales, la Lumière spirituelle régénère et éclaire sans cesse les hommes. C’est sans tabou et sans dogme que Bernard Rio nous emmène sur le chemin du Sacré. Son exploration va du néolithique au récent christianisme, géométrie et architecture Sacrée trouve leur place dans cet ouvrage.
Afin d’approcher et d’explorer le Sacré et ses manifestations dans toutes ses dimensions, Bernard Rio s’est adjoint le concours du Docteur Loïc Pierre Garraud, ainsi que de Alain Perrot et Jean-François Le Roux. Ces recherches ont permis de comprendre, de mettre en évidence des cohérences loin des coïncidences, sur le choix des lieux de construction des édifices Sacrés.
Le rôle de ces édifices inspirer les hommes, les mettre dans un état propice à leur transformation, leur métamorphose intérieure. Ce n’est donc pas par hasard que Bernard Rio fait référence à Marie-Madeleine Davy et son ouvrage Initiation à la symbolique romane.
L’on discerne bien sûr le rapport entre ces édifices Sacrés et les Temples Maçonniques sacralisés rituellement en Loge. On découvre, ou l’on re découvre en suivant les pas de Bernard Rio la transversalité dans le temps du symbolisme universel, dont ceux des éléments eau, terre, air, et du feu-lumière. L’alchimie est aussi présente avec le langage des oiseaux.
Bernard Rio nous montre que les Portes du Sacré, sont celles qui sont basses et qui sont au-dedans et il nous invite à les ouvrir pour abreuver notre soif de connaissances.
En fin d’ouvrage, l’on trouve un glossaire très détaillé, un index des noms propres, une bibliographie générale conséquente, une bibliographie des lieux pour les voyageurs, une bibliographie Géobiologie, ses Remerciements. L’ouvrage se termine par la liste des contributeurs où j’ai retrouvé sans réelle surprise plus d’une vingtaine de mes ami(e)s et connaissances. C’est donc avec enthousiasme que je vous recommande ce livre qui j’en suis sûr fera référence et surtout vous permettra de franchir les Portes du Sacré, et au cours de voyages de tirer profit et contentement de vos visites dans tous ces lieux que vous verrez autrement.
Vu la densité de l’œuvre j’aurais l’occasion d’y revenir.
Jean-François Guerry.
À LIRE : Bernard Rio Les Portes du Sacré Éditions Ar Gedour Embannadurioù. ISBN : 978-2-9565987-7-0 sur 502 Pages avec de nombreuses illustrations en couleurs. Couverture cartonnée. Prix 42€.
« Les Portes du Sacré » de Bernard Rio
€42,00
NOUVEAUTE !!!
Comment visiter une église ? Par quelle porte entrer ? Dans quel sens déambuler ? Où se trouve la pierre des morts ? Pourquoi les fonts baptismaux sont-ils placés au nord-ouest ? Comment interpréter l’ornementation des lieux, par exemple la figure de l’acrobate ou celle de la sirène qui peut représenter à la fois une allégorie de la femme de l’autre monde, un archétype mythologique et un indicateur d’un courant d’eau souterrain !
Nous avons été obligés de modifier la forme des VIIIes Rencontres de l'Académie Maçonnique Provence en raison des incertitudes d'approvisionnement en carburant qui régnaient ces dernières semaines.
C'est pourquoi toutes les conférences seront des vidéoconférencesaccessibles à tous les Frères et Sœurs Maîtres Maçons de toutes les obédiences et le thème est inchangé :
Voies d'ici, voies de là :
rencontres d'ailleurs
La prochaine conférence aura lieu via ZOOM le samedi 12 novembre à 10 heures et nous recevrons
Né en 1958, Rémi Boyer a commencé très tôt l’exploration du monde des avant-gardes, de l’initiation et des philosophies de l’éveil. Il travaille depuis à une nouvelle alliance entre philosophies de l’éveil et avant-gardes artistiques.
Considérant la littérature comme une forme de métaphysique, il s’est inscrit activement dans le mouvement des revues dès les années 80, notamment par l’expérience exceptionnelle de la revue de traditions et d’avant-gardes, L’Originel, dirigée par Charles Antoni puis, plus tard, au sein de Pris de Peur et Mange Monde, revues de la Maison des Surréalistes de Cordes-sur-Ciel.
Il a aussi collaboré ou collabore à diverses revues en Europe dont L’écho des poneys, Supérieur Inconnu, Place aux sens, La Soeur de l’Ange, Cahiers chroniques, Initiera, Historia occultae, Les Cahiers de l’Ailleurs, Quaderno del Collage de ‘Pataphysique, L’Humanité,Cultura Masonica, etc.
Il contribue depuis 2007 aux magazines électroniques Vendémiaire et La faute à Diderot. Rémi Boyer anime, depuis 1992, la revue L’Esprit des Choses, spécialisée dans la philosophie de Louis-Claude de Saint-Martin, le martinisme, la franc-maçonnerie et, depuis 1996, la chronique littéraire La Lettre du Crocodile.
Il fut directeur de collection chez Kiveli (Athènes), maison dirigée par Triantaphyllos Kotzamanis et chez Rafael de Surtis (collection Grimoires). Après avoir assuré l’édition de l’œuvre de Claude Bruley, il a publié différents textes de Lima de Freitas et surtout sa correspondance avec Gilbert Durand (chez Arma Artis), sous l’égide de La Société d’Etudes et de Recherches sur le Cinquième Empire (Urzy/Mafra).
Auteur d’une trentaine d’essais traduits en plusieurs langues, plus particulièrement en espagnol et en portugais, il est aussi auteur de nouvelles, poèmes, contes philosophiques et de textes destinés à l’animation de discussion philosophique avec les enfants.
Citons parmi ses nombreux ouvrages
Lettres aux Amis de l’Esprit. Sylvie Boyer-Camax & Rémi Boyer.
Éditions de la Tarente, Marseille, 2022
La voie des sans maîtres. Éditions de la Tarente, Marseille, 2021
L'Ordre des Francs-jardiniers. Rituels. Sous la direction de Rémi Boyer et Howard Doe. Éditions de la Tarente, Marseille, 2019
Masque, manteau, silence. Le martinisme comme voie d'éveil. Préface de Serge Caillet. Éditions de la Tarente, Marseille, 2017
Le Régime Écossais Rectifié, de la Doctrine de la Réintégration à l’Imago Templi. Préfaces de Serge Caillet et José Anes.. Éditions de la Tarente, Marseille, 2015
La Franc-maçonnerie, une spiritualité vivante.
Éditions Le Mercure Dauphinois, Grenoble, 2012
Tous les ouvrages de Rémi Boyer sont en vente au Comptoir du Livre au Château Saint Antoine ou sur le site internet.
Marc Halévy, Construire Dieu, construire le monde, Préface de Jean-Jacques Zambrowski, Grand Maître honoris causa de la GLDF Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?
Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram
La recherche de la Connaissance, de la Vérité, et de la Beauté est la préoccupation de celui qui a demandé la Lumière. Placé sur son chemin comment l’initié peut-il l’espérer ? Parce qu’il est libre de bonnes mœurs. Parce qu’en toutes circonstances, il préférera les Vertus aux vices, la Justice et l’Amour à la haine. Cette recherche suppose l’implication du ternaire Corps, Âme, Esprit. L’entrée de l’initiation se fait par le Corps, réveille l’Âme et sublime l’Esprit. Avant de subir l’initiation, il est posé la question : dans quelles dispositions est le profane ? En clair quel est son état d’esprit, est-il prêt à subir les épreuves initiatiques, son Corps et son Esprit seront bientôt sollicités, il lui faudra une Âme pure, capable de soutenir son Corps et son Esprit. Quel bonheur disait Plotin de pouvoir contempler cette Âme sortie de son corps, même pour un court instant. Personnellement, je pense qu’il vaut mieux renforcer le ternaire Corps, Âme, Esprit, c’est la recherche de l’harmonie.
Notre Corps est le premier sollicité lors de l’initiation, il ne pourra pas subir les épreuves sans les Forces de l’Âme et de l’Esprit. L’Âme de l’initié, dès le point du jour gravira les échelons qui mènent aux sommets pour atteindre la Beauté de la Vérité, quand elle atteindra le zénith en plein midi, là, où la Vérité illumine toute chose. L’Âme régénérée par le Feu Lumière redescend vers les hommes quand sonneront les douze coups de minuit, elle brillera même au plus profond des ténèbres jusqu’à minuit plein. À quoi sert d’avoir désiré et reçu la Lumière, si c’est pour être à nouveau plongé dans les ténèbres ? Parce que : « Quand la Lumière brille dans les ténèbres, alors on la perçoit. À quoi bon la Sagesse et la Lumière si les hommes n’en font usage ? C’est dans les ténèbres ou dans la peine que grandit le besoin de voir la Lumière. » (1)
C’est parce qu’il était dans les ténèbres que l’homme a désiré la Lumière. C’est parce que son Âme était endormie qu’elle s’est réveillée et a pris son essor. Le grain tombé en terre, ne se développe qu’avec l’air, l’eau et le feu du soleil.
« Ami où que tu en sois, de grâce n’en reste pas là ! Tu dois passer d’une lumière à une autre lumière. » (2)
Mettre son Âme sur le chemin pour qu’elle passe, d’une faible lumière, des ténèbres au point du jour, quelle se tourne comme le coq qui chante le retour de la lumière, le jour neuf tourné vers l’Orient, jusqu’à l’Orient éternel là où est la mystérieuse et Grande Lumière. Aller vers où la Grande Lumière commence à paraître, c’est aller vers soi-même, vers son Maître intérieur. C’est aller vers son Âme au centre de soi-même, « Celui qui s’est choisi le centre pour demeure embrasse d’un seul regard toute circonférence. » (3)
Quand l’esprit domine la matière il affirme la maturité et la souveraineté de l’Âme. Les yeux du corps brillent et l’œil du cœur brûle d’amour. Dans Phèdre Platon parle de l’Âme qui se régale de vérités. L’homme raisonnable de Platon reconnait la souveraineté de l’Âme, qui n’est pas seulement contemplation mais aussi action.
L’initié, à la recherche de la Connaissance guide son Âme dans la verte prairie de la Vérité, là, où, « provient précisément la pâture qui, on le sait, convient à ce qu’il y a dans l’Âme de plus profond, c’est de cela que se nourrit la nature de ce plumage d’ailes auquel l’Âme doit sa légèreté. »(4)
L’Âme ne s’élève pas avec des nourritures matérielles, mais avec des nourritures spirituelles qu’elle atteint sa maturité, la plénitude de l’harmonie, qu’elle approche la pureté. Les Âmes rassasiées de nourritures célestes fortifiées, elles peuvent s’élever vers les hautes sphères de la spiritualité là, où l’Âme est en paix.
N’aie pas peur d’élargir les marges, de faire de la place au vide dans ta vie. Pourquoi faudrait-il être comblé ? Cette épithète est un mot dangereux. On comble un trou, une faille. Dès lors, devons-nous être comblé ? La vie n’est pas faite pour le comblement. Seule la fosse dans laquelle on nous enterrera un jour sera comblée. La vie aime le vide et l’incomplétude, l’ouverture, les espaces de liberté toujours à conquérir.
Écoute cette histoire : récemment, des chercheurs ont passé au scanner le célèbre tableau de Vermeer, La Laitière. Ils ont découvert que l’artiste avait d’abord peint en arrière-plan une série d’objets qui cernaient son sujet principal. Vermeer a ensuite choisi de les supprimer définitivement sous un à-plat blanc. Ce mur blanc, ce vide donne toute la force au tableau. Aimons les murs blancs de nos vies. Jamais comblés.
N’aie pas peur du manque. Pas de quatrième colonne, contemple l’espace vide devant toi, ouvert comme tout mystère. Combler, c’est boucher comme on bouche la vue, comme on fait barrage à l’inattendu. Tous les comblés, tous les gavés sont bien encombrés. Fais de la place à l’inconnu qui toujours te rejoindra si tu sais l’accueillir. La plénitude n’est pas le comblement. C’est une respiration, un souffle. Aspire. Et contemple.
C’est d’abord prendre conscience de son existence, partir à sa recherche, trouver son lieu de résidence, se mettre en chemin vers elle. Pas si simple, quel véhicule prendre pour espérer l’atteindre, quelle nourriture lui donner ?
La porte d’entrée de l’âme pour moi est celle du corps, plus précisément du cœur, des sentiments qui l’habitent, les cœurs purs, les cœurs tendres, atteindront plus facilement leur âme, la mettront en beauté, jusqu’à sa pointe. L’esprit qui emprunte le chemin du cœur rencontre facilement l’âme. On ne peut espérer voir son âme qu’avec l’œil du cœur. Celui qui fait mieux que voir, l’œil qui regarde. Ceux qui ont les yeux grands ouverts ne voient pas toujours leur âme. Ils sont comme ces femmes ou ces hommes échoués sur une plage qui n’ont comme horizon que l’extrémité de leurs pieds. Ils sont éblouis par la lumière des apparences qui cache, la Vraie Lumière. Seul un regard neuf, nouveau, permet de voir plus loin, plus haut, en gardant de la démesure Rien de trop dit l’oracle, prendre la mesure de toutes choses, garder Raison. Mais est-ce raisonnable que de vouloir contempler la beauté de l’âme qui est sans limites ? Corps, Âme et Esprit s’entremêlent donnant l’intuition de l’Unité, le Graal de la Connaissance. On croise parfois des êtres rares, illuminés, qui ont trouvé leur voie, ils marchent corps et âme éclairés par leur esprit, ce sont des grands initiés. Ils ont appris à faire vivre leur âme et la faire grandir. Dans notre société souvent sans âme, on entretient sans mesure son corps, il y a partout dans nos villes des salles de sport (pardon de Fitness). On sculpte son corps, on le peaufine, on le cosmétise, on le muscle, on le montre. On oublie trop son âme, par une espèce de pudeur on la cache. On n’entend jamais aujourd’hui, j’ai fait une belle marche, une belle course avec mon âme, les marathoniens de l’âme sont ceux qui vivent d’abord par la force de leur esprit.
Dès le début de notre vie et au fur et à mesure l’on ressent le désir de vie et le désir de beau, du point du jour au midi de notre vie. Jusqu’à ce jour mystérieux où l’on frappe à la porte du temple, un premier coup avec son corps, un second avec son esprit, un troisième avec son âme. L’on perçoit l’âme du monde qui se mêle à notre âme, il y a du beau et du bon dans l’âme, sinon comment parler de bonté d’âme.
J’ai le sentiment comme l’écrit François Cheng, que les femmes sentent mieux leur âme, sans doute parce qu’elles enfantent, qu’elles donnent la vie. Quand les hommes sont incapables de faire la paix, se souvent les femmes qui se sentent responsables de leurs enfants et des autres en général, elles sont nos médecins de l’âme.
« Chez elle (La femme) peut surgir un mouvement d’éveil qui la pousse à passer du paraître à l’être, à remonter jusqu’à la source, là où la beauté ne se fige pas dans une forme déjà donnée, là où elle est toujours le désir même du beau et l’élan vers le beau. Autrement dit, la femme est habitée par la nostalgie de relier sa beauté à une beauté infiniment plus grande et plus pérenne qu’elle. (…) C’est-au-delà de cet horizon qu’avec un vrai rayonnement, celui de l’âme, qui révèle une autre lumière. » (1)
Le profane qui cherche, qui erre dans les ténèbres, qui demande et qui reçoit la lumière, a déjà le pressentiment, l’intuition du ternaire Corps, Âme et Esprit. Il franchit le seuil avec l’humilité de son corps entravé par ses préjugés, ses certitudes trébuchant d’un pas incertain, balbutiant ses mots, aveuglé par le bandeau des apparences. Il cherche à se libérer de ses archaïsmes, il tend les mains dans la pénombre vers les ailes de l’espérance qui le porteront grâce à la force de son esprit vers son âme, le faisant passer de l’avoir à l’être.
Son âme endormie se réveille, s’éveille, c’est le miracle de l’initiation, la possibilité de faire grandir lent,ement un peu son âme entre les deux colonnes et les deux premiers mots.
Jean-François Guerry.
François Cheng De l’Âme- Première Lettre page 17 et 18 Éditions Albin Michel.
Le seul danger serait en effet de se réveiller un jour
Avec une âme qui n’aurait jamais servi,
Une âme ensevelie de précautions,
Soigneusement amidonnée,
Repassée et pliée en quatre,
Mais qui tombe en poussière faute d’usage.
Car ce qu’il y a de pire,
C’est d’avoir une âme habituée,
Une âme tellement encroutée,
Tellement imperméabilisée,
Que la grâce roule sur elle sans rien mouiller,
Comme des gouttes d’eau sur la toile cirée.
Pascal Baudiquey Extrait de Méditations sur la Vie- Page 42 Éditions Gründ.2016.
Dans un monde où le matérialisme est présent partout. Il nous reste la liberté de penser, la liberté de l'esprit, son envol, c'est à ce voyage que nous invite Christiane Mercier. Souvenons-nous que les poètes nous disent la Vérité, sur eux-mêmes, sur le monde et sur nous-mêmes. Chaque ligne écrite avec le coeur est une respiration pour l'esprit. Lisez, lisez des poèmes, ils sont des vases où germe la paix et l'harmonie, la beauté, c'est penser le monde autrement, ces "Pensées d'un autre monde" de Christiane Mercier mettront de la joie dans vos coeurs.
Le monde est en plein « chaos » de par son égoïsme, son besoin de pouvoir, de matériel, mais simultanément, il n’a jamais été autant en recherche de « Spiritualité », d’Amour, de Sérénité. Par « Spiritualité », Christiane Mercier n’entend pas parler de religion à base de dogmes humains mais de recherche de sens, de but et de direction. En passant par la poésie, le langage du cœur, elle souhaite intéresser, interroger et engager le monde dans sa quête intérieure. Un réveil des consciences est en cours. Avez-vous envie d’y prendre part ?
98 pages 14€ disponible dans les librairies.
Pour un contact avec l'auteure:
Kristo.fr13@wanadoo.fr
Christiane Mercier Poétesse Auteure
Avec mes excuses pour la qualité de la Photo.
Christiane Mercier a eu plusieurs vies, très difficiles certes, mais
enrichissantes spirituellement. D'un milieu très modeste, grâce à
une bourse de l'Éducation nationale, elle obtiendra un Baccalauréat
Mathématiques Élémentaires à l'époque où peu de filles le tentaient
et entrera au CNRS « sur un pari ». Jusqu'à sa retraite, elle
poursuivra sa carrière en autodidacte dans différentes disciplines,
l'obligeant à être totalement polyvalente et performante. Elle sera
même journaliste dans une radio pendant 10 ans. Son site pour le
réveil des consciences : www.unnouveaumonde.org. Dès son
arrivée à Marseille en 1985, elle s'impliquera dans les Fédérations
de Parents d'Élèves et le bénévolat associatif. Présidente fondatrice
de plusieurs associations, la dernière étant « Rebondir Ensemble »
qui aide les femmes dans le cadre de la reconstruction du cancer du
sein.
Depuis 2012, les équipes de Nombre7 Éditions accompagnent les écrivains pour la réalisation, la promotion, la diffusion et la distribution de leurs ouvrages.
Christophe Lahondès et Gilles Arnoult ont choisi Nîmes pour implanter leur mai- son d’édition et développer leur modèle centré autour de l’auteur avec pour objectifs : la visibilité des œuvres, la mise en place d’un circuit court et le respect des écrivains et des libraires.
S’initier commencer à prendre le chemin vers soi-même, c’est choisir un itinéraire inconnu et difficile, il faut pourtant donner du sens, un sens à sa vie, le pèlerin ne marche pas pour passer le temps, il construit sa route en marchant. Le Franc-maçon, pénètre, ni nu ni vêtu, courbé dans le temple par la porte basse. Le pèlerin, pieds nus pour recevoir les forces telluriques, fait à genoux son parcours dans le labyrinthe jusqu’à son centre à la recherche de la Lumière de l’Orient.
C’est seulement après avoir vu son visage dans le miroir que le chemin pour passer de l’avoir à l’être s’illumine. Un chemin qui serpente dans cette forêt où les arbres qui nous soutiennent sont les mains de nos Sœurs et de nos Frères.
Quel bonheur de pouvoir répondre à l’injonction « Deviens ce que tu es ». Cette injonction du poète antique Pindare, a été reprise par tous les hommes en quête de connaissance, malgré la diversité de leurs pensées. Sculpter son soi, faire de sa vie une œuvre d’art pour se rapprocher de l’Un, de l’unité, de l’harmonie afin de pouvoir à défaut de l’atteindre, le contempler ne serait-ce qu’une fois, un instant dans sa vie, c’est ce que préconisait Plotin avec la voie de ses hypostases. Tous les chercheurs de vérité ont emprunté la voie de la connaissance de soi, en faisant des pas de côté. Michel Onfray l’hédoniste avec : La sculpture de soi, Jacques Attali avec son Devenir soi.
Le Franc-maçon avec sa démarche métamorphose spirituelle, vise son ouverture à la connaissance de lui-même, pour s’ouvrir à la Fraternité dans le but de construire une humanité améliorée. Le parcours initiatique est parsemé de morts symboliques, qui ponctuent des cycles de progression vers la recherche de l’Unité, de la Vérité, de la Vraie Lumière de la Connaissance. Le Franc-maçon apprend dès lors que rien ne meurt, tout se transforme, chaque mort symbolique contient en elle le germe d’une nouvelle vie, la promesse d’une renaissance avec un peu plus de Lumière. Le symbolisme des cordes qui nous attachent aux préjugés et qui finiront par de délier et se transformer en des liens auxquels sont reliés des ancres de miséricorde lancées par nos Sœurs et nos Frères quand nous sommes dans la détresse, c’est l’instinct de Fraternité qui domine alors notre esprit. Les cordes, deviennent des arches, des ponts qui nous aident à franchir les murs de l’indifférence et de la haine, prenant conscience que nous sommes, que nous serons définitivement toujours les gardiens de nos Sœurs et de nos Frères.
L’enfer, ce n’est pas les autres, c’est souvent nous-mêmes, si l’on n’a pas la volonté de devenir ce que l’on est réellement.
« Ce deviens qui tu es ». Est la porte d’entrée vers la Liberté. Je crois me souvenir que Cocteau mesurant la difficulté d’être, a écrit à peu près : C’est la difficulté d’être qui mène à la mort symbolique des apparences pour regarder dans le miroir l’être véritable celui qui se délivre de l’avoir pour accueillir l’autre soi-même son être réel. Comment y parvenir sans la fraternité des autres qui est le commencement de la liberté. Il ne s’agit pas d’une thérapie de l’homme malade mais de l’éveil et de l’élan vers le réel.
Ce qui viens confirmer que l’initiation maçonnique n’est pas une thérapie censée mettre fin à des dérèglements de l’esprit, mais simplement une reconnaissance de son soi, de son être véritable et de son essor. C’est une extraordinaire espérance de perfectionnement de son être, à sa mesure « Rien de trop » nous rappelle l’oracle antique, en étant toujours conscient des limites de notre condition humaine, ses limites expliquent la difficulté d’être et l’immensité du travail à faire pour y parvenir, c’est pourtant notre devoir, pour que la joie soit dans nos cœurs.
En reparcourant quelques textes de Cocteau, dont je ne suis pas lecteur habituel, j’ai relu cette poésie écrite dans sa jeunesse sans aucun doute inspirée par celle de Rudyard Kipling : « Si »
Je ne résiste pas à la joie de vous en faire profiter.
Jean-François Guerry.
Ne sois pas trop intelligent Car tu verrais quelle indigence ! Tu serais partout en exil, dans la lente enveloppe humaine. Tu penserais aux lacs, aux pays, aux îles Où tu pourrais vivre à la fois Au lieu d'aimer ta ville Et ton royaune étroit. Tu te dirais : il y a des coeurs et des visages. Si je les rencontrais, Toute ma peine, tout mon effort, Se coucheraient devant eux Comme le lion aux pieds de Daniel. Que de ciels, que de paysages Perdus avant la vaste mort ! J'écris ceci, je pense cela, Mais je pourrais aussi faire autre chose. Ne sois pas trop intelligent Car tu verrais quelle solitude ! Savoir l'indifférence des gens, Savoir ce qu'ils veulent atteindre, Et leur course aux faibles ambitions, Et ce qu'ils peuvent fournir de plus, Et leur adresse à feindre, Et leur supérieure incompréhension, Et qu'ils sont tous, et toi aussi, Le fruit d'une erreur de la nature, Des premères nébuleuses du monde ; Qu'ils sont, parmi les doux végétaux Et la tendre race animale, Un monstre qui ne fait que le mal Et qui croit être sûr De découvrir les causes profondes, Et meurt trop tôt.
Ne sois pas trop intelligent Car tu verrais quelle paresse ! Puisque tu es dans un rouage, Malgré l'erreur, Il faut profiter de ton âge, Des avidités de la jeunesse Et des espérances du coeur. Il ne faut pas te dire :«À quoi bon ?» Car si la plus modeste étoile Se disait :À quoi bon ? au ciel, Et s'arrêtait de graviter, Il n'y aurait plus rien de ce qui a été. Il y aurait le grand chaos universel Ne sois pas trop intelligent. Garde ta place, Et ton devoir, Et tes enthousiasmes, Crois à ton rôle. Supporte, comme Atlas, La terre entre tes deux épaules. Et si tu crées, Ne deviens pas un spectateur, Porte n'importe où Ton dépôt secret et sacré, Avec la foi du missionnaire Qu'on torture Chez les Papous. Surtout, surtout, sois indulgent, Hésite sur le seuil du blâme. On ne sait jamais les raisons, Ni l'enveloppe intérieure de l'âme, Ni ce qu'il y a eu dans les maisons, Sous les toits, Entre tes gens. Ô mon enfant, Il y a le plaisir et l'étude. Et les plaines fertiles, Et le rire de la santé. Ne cours jamais autour de toi. Puisque l'homme peut se complaire Entre un néant et un néant Et ne croit pas et se résigne, À quoicela sert-il De respirer l'inquiétude Et les influences célestes, Et de se demander si on est digne ?
Profite donc de tout le reste !
Jean Cocteau, Poème extrait deLe Potomak(1913-1914), Stock, 1924.
COMMUNIQUÉ VIDÉO CONFÉRENCES
VIDÉOCONFÉRENCES
Samedi 22 octobre 2022
VIIIes Rencontres
Académie Maçonnique Provence
VOIES D'ICI, VOIES DE LÀ...
Rencontres d'ailleurs
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,
Comme tu le sais peut-être, trop d'incertitudes pesaient quant à l'organisation sereine des VIIIes Rencontres de l'Académie Maçonnique au Château Saint-Antoine et nous avons pris la décision d'en changer la forme.
Toutes les conférences initialement prévues en présentiel le 22 octobre auront lieu sous forme de vidéoconférences le samedi matin à 10 heures aux dates suivantes:
Samedi 22 octobre Marc Halévy L'Art royal pour construire la vie
Samedi 12 novembre Rémi Boyer De la dualité à la non-dualité
Samedi 3 décembre Serge Leclercq Histoires Chan, histoires Zen
Samedi 10 décembre Roger Dachez
La Maçonnerie de la Marque
Tout le monde peut s'inscrire très simplement.
Pour chaque conférence vous recevrez un lien d'inscription vous permettant ensuite de recevoir immédiatement le lien de connexion.
VIDÉOCONFÉRENCE
Samedi 22 octobre 2022
Vidéoconférence à 10 heures
Marc HALÉVY
GLRB
Physicien, philosophe, prospectiviste
L'Art Royal pour construire la Vie
Le Réel est un processus en marche, un vaste chantier où tout ce qui existe et évolue,a un rôle à jouer afin d'accomplir le Divin dans et par le Monde.
À la suite de ta demande d'inscription sur le site Zoom tu recevras dans la foulée le lien permettant ta participation à la vidéoconférence de samedi. Toutes les informations de connexion seront annexées à la confirmation.
Salutations très fraternelles, Alain Boccard
Président
Marc Halévy, Construire Dieu, construire le monde, Préface de Jean-Jacques Zambrowski, Grand Maître honoris causa de la GLDF Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?
Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram
Dans cette réflexion je m’adresse à tous ceux qui veulent dépasser leur moi pour aller vers leur soi en général et plus particulièrement aux pratiquants de l’Art Royal, car je pense en toute modestie et avec les plus grandes réserves que l’on ne soucie pas assez de son soi, et c’est un fait depuis l’antiquité.
Faire de sa vie une œuvre d’art, nécessite une forme d’ascèse spirituelle, ou au minimum la pratique d’exercices spirituels en vue de la conversion de soi à soi. Les exercices spirituels qui sont un concept de Pierre Hadot, qui donne une vision de la philosophie antique comme étant Théorie et Pratique. Ce concept a été repris par Michel Foucault dans ses derniers dits et écrits, mais avec une vision différente dans son Esthétique de l’existence. Je reviendrais sur ce qui différencie leur interprétation. Cette esthétique de Foucault n’est pas la production d’une beauté artistique, mais une tekhné au sens artisanal, peut-on voir une conjonction entre cette esthétique de Foucault et l’initiation maçonnique, ou plutôt les travaux maçonniques, le symbolisme de la construction, de la reconstruction de soi par soi. Le travail critique sur soi, permet-il de construire une œuvre d’art, de faire de soi-même une œuvre d’art, du moins plus humblement tenter de se sculpter, pour se trouver, se retrouver et trouver sa place dans la société ; sa place dans la société pour Foucault, sa place dans le cosmos pour Hadot.
L’esthétique de Foucault devient alors concrètement une éthique, les deux philosophes ont naturellement puisé dans leurs sources en étudiant les grecs.
Le but commun « être soi-même », comment par la pratique d’exercices spirituels, se gouverner. Le Franc-maçon dirait maîtriser ses passions, le préalable mieux se connaître, pour mieux s’appartenir et enfin mieux être. Pas dans un but essentiellement égotiste, mais en quelque sorte expérimenter sur soi, pour être en capacité de transmettre, pour mieux gouverner les autres dans la polis (la cité), faire que la vie soit plus belle, plus bonne, meilleure le souci de soi donc pas seulement pour soi, mais pour l’autre, les autres. C’est-à-dire pratiquer la Fraternité.
Si l’on a pu observer que la philosophie entre l’antiquité et nos jours, s’est peu à peu transformée en sciences humaines, sociales. Il semble que dans cette démarche alliant esthétique et éthique on revient à la pure philosophie naturelle, originaire, universelle comme le disait le Chevalier de Ramsay dans son célèbre discours qui est un des textes fondateurs de la Franc-maçonnerie. Un retour en quelque sorte de l’extériorité vers l’intériorité où plutôt de la reliance entre les deux ; on se rapproche là de l’œuvre de Emmanuel Levinas le philosophe de l’altérité et de sa relation entre le « Visage » l’extériorité et la construction de l’être intérieur, la liaison est faite entre esthétique et éthique, l’esthétique de l’existence, la sculpture de l’existence au moyen d’outils mis à notre portée (Les exercices spirituels) cela nous conduit à la réalisation d’une forme d’unité, il y a une fusion entre esthétique et éthique, j’imagine que les artistes, en particulier les peintres et les sculpteurs connaissent et vivent cette fusion.
Pratique et théorie entrent en résonance. Ce qui différencie Hadot de Foucault, c’est la transcendance extérieure perçue par Hadot qui insuffle la pratique spirituelle et l’ontologie pure de Foucault qui se rapproche ainsi de la pensée de Kant voyant la primauté, la liberté de l’homme, sans référence à un principe externe, la transcendance si elle existe est immanente, elle est dans l’homme.
Foucault voit une indifférenciation entre esthétique et éthique, force est de constater que notre société moderne où l’esthétique, le monde des apparences incite à une sculpture de soi uniquement pour satisfaire aux déesses « Célébrité » et « Matérialité » sonne le glas de l’éthique, cette aristocrate de la morale comme le dit André Comte Sponville.
Il reste cependant quelques îlots de résistance dans notre société ou l’on s’efforce, lentement de se sculpter pour tenter de faire de sa vie une œuvre d’art, pour pouvoir la placer modestement à l’extérieur ou à l’intérieur d’une cathédrale de lumière ouverte pour accueillir tous les hommes, la Franc-maçonnerie est un chemin vers cette cathédrale où s’unissent esthétique et éthique.
Nous sommes parfois malgré notre âge, toujours comme des enfants qui ne savent ni lire ni écrire à peine épeler. Plongé dans les ténèbres de l’ignorance, à la recherche de la Lumière. Pourtant nous avons à portée de main les outils nécessaires, mais nous n’avons pas le mode d’emploi. Ce mode d’emploi, c’est notre raison, c’est du moins ce que pensaient les hommes des Lumières au premier rang desquels figure Emmanuel Kant le penseur de celles-ci. Il compléta les pensées de Moses Mendelssohn et Gotthold Ephraim Lessing, cette trilogie de penseurs allemands met fin à la scolastique, et la métaphysique devient avec eux une science de l’entendement pur et de la connaissance rationnelle. On peut même aller jusqu’à dire que la philosophie se transforme en sciences humaines. Les Lumières étaient nées, il nous en reste l’esprit. Cet esprit en germe à la Renaissance, n’émergea véritablement qu’au XVIIIème siècle, apogée de la pensée de la Franc-maçonnerie spéculative.
Kant fait le constat que l’homme dispose d’une raison qui lui permet d’avoir accès, de découvrir des vérités par lui-même, mais qu’il ne peut accéder pleinement à ces vérités que par un travail d’éducation et de formation sur lui-même qui doit prolonger par une volonté d’application au genre humain. Apprendre, à se connaître, connaître le monde et diffuser ses connaissances dans le monde, démarche d’intériorité et d’extériorité. Si l’homme n’entreprend pas ce travail, il demeure dans les ténèbres de l’ignorance et ne parviendra pas aux vérités spirituelles : il restera comme l’enfant qui ne sait ni lire ni écrire, l’enfant qui n’a ni les mots, ni les gestes et ne peut commencer son travail de perfectionnement.
« La révélation avait conduit sa raison, et maintenant la raison illuminait soudainement sa révélation. » Lessing de l’Éducation du genre humain.
Tout semble avoir commencé ainsi, j’ai aperçu le postulant qui errait dans les ténèbres… Je l’ai interrogé : Que cherchez-vous ? Que demandez-vous ? Il me répondit : La Lumière ? Je lui ai dis frappez et l’on vous ouvrira… À l’est trois coups ont résonnés, un homme a dit que la Lumière lui soit donnée.
Après chacun sa Lumière, chacun sa Vérité, pour certains la Raison est majeure elle n’a pas besoin d’une révélation extérieure, elle est en nous et peut se mettre d’elle-même en relation avec les Vérités spirituelles, elle prend son essor avec le levier de notre travail, de notre éducation. Kant magnifiera cette Raison qui fera l’objet en quelque sorte d’un culte, cela nous rappelle le culte de l’Être Suprême, de la déesse Raison. Preuve qu’il faut à l’homme un Dieu, des dieux, un principe, ce désir dépasse l’entendement, la raison, l’homme a besoin d’horizon.
Pour Mendelssohn les Lumières sont : « Le penser rationnel sur les choses de la vie humaine selon leur importance et influence sur la destination de l’homme. » Mendelssohn Sur la question : Que signifie éclairer ? Revue XVIIIème siècle Tome X page 28.Kant ne fit qu’amplifier cette pensée, il répondit à la question qu’est-ce que les Lumières ? « Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. »
Cet état de tutelle est l’incapacité en quelque sorte de se servir de son entendement personnel, à juger par soi-même, c’est se soumettre à la conduite d’un autre. C’est pourquoi, il s’écria : « Sapere Aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. »
La Franc-maçonnerie, ne demande pas autre chose à ses adeptes : travaille, écoute les autres et juge par toi-même selon ton propre entendement. Travailler, c’est faire chaque jour des exercices spirituels pour être plus apte à juger par soi-même, être capable d’être juste en toute circonstances.
« Prendre son vol chaque jour au moins un moment qui peut être bref, pourvu qu’il soit intense. Chaque jour pour un exercice spirituel seul ou en compagnie d’un homme qui veut lui aussi s’améliorer aimer tous les hommes libres, s’éterniser, s’améliorer en se dépassant. » Georges Friedmann La Puissance et la Sagesse.
L’initiation maçonnique, c’est donc une activité qui allie théorie et pratique, une activité spirituelle pour la recherche de la Lumière et la Vérité pour atteindre la Liberté de penser.
Penser par soi-même, libère l’homme lui donne sa pleine autonomie. L’homme est responsable seul, devant sa conscience, son tribunal intérieur.
Le Franc-maçon, prononce ses serments vis-à-vis de l’Ordre, de ses Frères, mais surtout vis-à-vis de lui-même et en toute liberté. Homme courageux et véritable, il sait que cette Liberté est à la fois privée individuelle, et collective. Il est responsable de son Frère. Une grande question reste en suspens d’où vient l’autonomie de notre conscience ? De notre seule raison, de la Raison ? Où un principe a-t-il généré cette conscience en nous ?
Jean-François Guerry.
AFFAIRE À SUIVRE…
RECENSION : DEUX SIÈCLES EN GRANDE LOGE DE FRANCE. Jean-Pierre Thomas.
Cahiers N°3 Grande Loge de France.
C’est un livre document officiel de la Grande Loge de France, que ce Cahier N°3. En avril 2022 était paru dans la même collection Les Grands Maîtres de la Grande Loge de France, du même auteur, cela forme donc un continuum, après les hommes l’institution. La préface est rédigée à deux mains par Pierre-Marie Adam, passé Grand Maître et Thierry Zavéroni Grand Maître en chaire, la postface est signée par Jacques Rozen l’actuel Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France.
Le but de l’ouvrage est bien sûr la connaissance de l’histoire de la Grande loge de France, trop souvent négligée selon ces deux derniers Grands Maîtres, le rappel des dates permet une préservation de la vérité historique. Les différentes appellations permettent de situer l’influence de l’obédience et son rayonnement dans les tourments liés à la politique, l’histoire de cette vénérable institution ne fut pas un long fleuve tranquille. J’ai retenu que la première réunion des loges écossistes sous le nom de Grande Loge de France a eu lieu en 1743 pour s’interrompre en 1799, la deuxième Grande Loge de France a vu le jour en 1804 et sa forme actuelle date de 1822. Cette datation est l’objet du premier chapitre. Le deuxième chapitre commence à l’an 1822 sous le titre : L’année 1822, Berceau de la Grande Loge de France. Ainsi va s’égrener l’histoire de la Grande loge de France en quatorze chapitres, le dernier chapitre clôt l’ouvrage sous le titre : Une seconde commémoration, le 110ème anniversaire de l’installation de la Grande Loge de France rue Puteaux, à Paris.
Que ce soit l’initié ou le profane ce livre très documenté, permettra de connaître et comprendre à la fois la vie de la Grande Loge de France mais aussi le paysage maçonnique français des deux derniers siècles. Un petit regret le manque d’illustrations. Les Lumières du passé, permettent de vivre le présent et d’envisager l’avenir.
Jean-François Guerry.
À LIRE : Jean-Pierre Thomas DEUX SIÈCLES EN GRANDE LOGE DE FRANCE. 1822-2022.