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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

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Pour l'indice c'est Louveteau. Pour la réponse c'est la profession de foi des Éclaireuses et Éclaireurs de France.

 

Mouvement du scoutisme laïque, non confessionnel.
Un indice c'est une association dont certains jeunes portent le même nom en Franc-maçonnerie quand ils sont fils de ...
Nos 5 valeurs fondatrices

En affirmant le respect fondamental de l’homme dans sa diversité, la lutte contre toute forme de discrimination et d’intolérance, nous faisons le choix de la Laïcité

En s’éduquant réciproquement les un-e-s par les autres, en éduquant en commun les filles et les garçons, c’est pour nous l’affirmation de la coéducation.

En faisant le choix de relations égalitaires, en permettant à chacun-e avec ses droits et ses devoirs de participer à l’élaboration de projets communs et de prendre des responsabilités, en vivant la citoyenneté, c’est la volonté d’être une école de la démocratie.

En étant ouvert au monde et à l’autre, en développant un état d’esprit, d’échange, de partage, d’écoute, de construction commune, c’est faire vivre ouverture et solidarité.

En apprenant à connaître et à comprendre le monde, en agissant pour protéger et respecter équilibre et harmonie, c’est notre engagement écocitoyen.

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Tableau Ecole d'Athènes détail Pythagore par Raphaël

Tableau Ecole d'Athènes détail Pythagore par Raphaël

SAGESSE ANTIQUE POUR MIEUX VIVRE – PART -III

 

La philosophie comme la Franc-maçonnerie est un entrainement à penser par soi-même, à ne pas se contenter de réponses toutes faites à nos questions existentielles. C’est un exercice de l’esprit. Chaque jour faire œuvre de vie, chaque jour faire comme si c’était le premier et le dernier de nos jours. Un éternel recommencement, une initiation permanente, puisque s’initier c’est commencer.

Faut-il pour autant sacraliser les philosophes et les Francs-maçons, la philosophie comme la Franc-maçonnerie sont Force, Sagesse et Beauté, mais les hommes sont autres, ils sont grandeurs et faiblesses, mais aussi perfectibilité c’est leur espérance.

Les opinions humaines sont parfois difficiles à comprendre : Aristote voyait dans l’esclave un outil utile dont il fallait prendre soin, ramenant ainsi l’homme à un objet. Si l’on peut « adoucir » cette opinion en la recontextualisant, l’on s’aperçoit que Voltaire et Washington la firent leur des siècles plus tard, malgré leur attachement aux lumières, à la liberté, l’égalité, et la fraternité ; aujourd’hui leurs opinions sur ce sujet les mèneraient directement au tribunal pour racisme avéré. Nous-mêmes face aux crises de société comment réagissons nous ? Il suffit d’observer nos opinions lors de la dernière pandémie, il ne nous pas fallu longtemps pour catégoriser les activités, les commerces par exemple dits essentiels et ceux qui ne le sont pas, et les gens utiles et les inutiles, ceux qui ne sont rien ou presque. Ceux qu’il faut protéger et ceux que nous mettons sur des vélos sans protection pour les livrer de la nourriture à quelques courageux aisés qui ne peuvent faire l’effort de se déplacer. Cette ubérisation qui enrichis quelques-uns et faits d’autres les nouveaux esclaves modernes.

Je reviens à notre philosophie antique, faut-il la sacraliser, ou la diaboliser ? Ou avec prudence et vigilance s’inspirer du meilleur de ses valeurs et les faire nôtres. L’image du sage dans l’antiquité est l’image de celui qui en quête de la vérité, avec sérénité s’efforce de maitriser ses passions. On n’est proche de la formule maçonnique : maîtriser ses passions, fuir le vice et pratiquer la vertu. Formule qui résume à elle seule le but de la Franc-maçonnerie. C’est pourquoi il est des femmes et des hommes qui aujourd’hui encore se réunissent dans des lieux clos et couverts, loin de l’agitation et des turbulences extérieures. En vue de leur perfectionnement spirituel individuel, non pas par égoïsme ou égocentrisme, mais capable de se regarder dans le miroir, et de regarder   respecter le visage de l’autre, de l’absolument infiniment autre, qui n’est pas nous-mêmes, totalement nous-mêmes. Ces hommes sont à l’écoute de leur cœur qui bat, ils raisonnent aussi avec la rigueur de l’équerre et l’ouverture du compas. Ils veulent, vaniteux réaliser leur désir de mettre de l’ordre où il y a trop de chaos, ils cherchent des exemples dans le passé pour vivre le présent et éclairer l’avenir.

Il y avait paraît-il, il y a longtemps, un précurseur, un homme qui vivait à Crotone dans le golf de Tarente en Italie, cet venait de Samos, ancêtre de ce fameux visionnaire Jean de Patmos. Il n’avait semble t’il qu’un but s’élever vers les espaces célestes, comme l’aigle de Jean du tétramorphe. Cet initié de Crotone, méditait en silence, regardait le monde avec l’œil du cœur, infatigable chercheur des secrets et mystères de l’univers, c’est à peu près la description de Pythagore faite par le poète Ovide dans ses Métamorphoses, celle d’un homme sujet à ses propres métamorphoses intérieures, un initié comme l’on en connaît peu aujourd’hui. Il vouait un culte à la tétraktys, ce modèle universel des nombres divins, ce delta rayonnant qui illumine les loges maçonniques. Celui qui ne regarde qu’avec les yeux de l’esprit, ne voit en Pythagore que l’inventeur supposé d’un théorème qui l’a rendu célèbre. Je reste persuadé que cet initié de l’antiquité ne cherchait pas la célébrité, il savait : que bien loin des soucis de la vie matérielle s’ouvre le vaste champ de la pensée et de l’action. Cet enseignement est partagé par la philosophie et la Franc-maçonnerie.

                                    Jean-François Guerry.

Jardin du Musée Miro Palma Majorque.

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Publié le par Jean-François GUERRY

ERRATUM

Dans l’article d’hier : « Sagesse antique pour mieux vivre Part I ».

Il fallait écrire et donc lire : La philosophie moderne à un côté poussiéreux, celui des livres de bibliothèques, où d’heureux passants, jettent parfois un œil à la recherche d’une bonne formule… »

Le tableau illustrant l’article est bin sûr celui de L’école d’Athènes et non de L’Académie.

Avec mes excuses c’est sans doute la chaleur !!!

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Publié le par Jean-François GUERRY.
École d'Athènes Raphaël

École d'Athènes Raphaël

L'art de s'étonner !

SAGESSE ANTIQUE, POUR MIEUX VIVRE -Part II-

 

Nous l’avons la philosophie dont je veux vous parler, n’est pas celle du connaître pour le connaître. Mais celle du mystère et du miracle, celle qui jaillie de l’âme quand nous nous penchons sur nous-mêmes, quand nous regardons le visage de l’autre, quand nous nous arrêtons pour méditer et regarder le monde.

Pierre Vesperini (Chercheur au CNRS, Agrégé de philosophie, philosophe, historien, spécialiste de l’antiquité, et auteur de nombreux livres.) est souvent iconoclaste concernant les philosophes de l’antiquité. Il refuse les idées communes, toutes faites, et ne prend pour bonnes et véritables celles qu’il a auparavant passées sous le ciseau de sa pensée et de la raison. Ainsi il s’oppose à la thèse selon laquelle les philosophes de l’antiquité seraient les héros de la raison. Il appui sa thèse en étudiant les premiers ‘sages’ que furent Thalès et Pythagore, dont on sait maintenant que leurs découvertes emblématiques dans le domaine des sciences ne sont que des reprises d’inventions bien antérieures à eux. Ils s’inscrivent selon lui dans une filiation ésotérique. La philosophie antique aurait été réservée à une élite d’initiés, l’élite pensante de chaque époque. On sait que Socrate errait dans les rues à la recherche d’un auditoire, seulement un citoyen sur mille était à son écoute. On sait aussi que les élèves de Pythagore à Crotone ses ‘apprentis’ devaient étudier en silence pendant cinq ans, ils étudiaient l’ordre du monde en fonction des nombres sacrés, des nombres d’Or. Épicure dans son ‘Jardin’ l’on célébrait sa personnalité comme un maître de sagesse, il se prenait pour un dieu.

Les sophistes encore se livraient à des joutes verbales désuètes moyennant finance, bien éloignées de la quête de sagesse et de vérité. D’où un essor de la dialectique et de la rhétorique selon Vesperini. On peut souscrire à cette thèse en regardant la philosophie antique telle que pratiquée par les romains, en particulier par Cicéron qui fit une synthèse des écoles et s’efforça d’appliquer les valeurs de chaque école de manière plus pragmatique, plus humaine. Il s’éloigna des discussions théoriques sur les problèmes et les questions existentielles qu’il jugeait comme insolubles. C’est dans ces conditions que fût favorisé la scission entre la philosophie et la religion qui en introduisant des dogmes, à un moment propice se développa, en particulier la religion chrétienne. Ce qui abonde encore la thèse de Vesperini c’est que la philosophie antique après être un temps oublié, resurgira, renaîtra à la Renaissance avec l’encyclopédiste Pic de la Mirandole surnommé le Phénix de la Renaissance et adepte de l’école néoplatonicienne de Florence ou il fréquenta entre autres Marsile Ficin, ainsi que de nombreux alchimistes et hermétistes, qui mettront en avant l’ésotérisme de la philosophie antique. Ce fût aussi le temps des combats contre l’église de Giordano Bruno, Copernic et Galilée.

La Franc-maçonnerie quant à elle se réfère à de grands initiés comme Socrate, Pythagore, Confucius, et des prophètes comme Jésus. Elle prône aussi l’étude des arts libéraux au rang desquels se trouve la rhétorique, l’art du bien parler, de bien dire. Mais quand le Franc-maçon conclut ses propos par « j’ai dit », il a seulement dit ce que lui pense, il a seulement dit et encore rien fait ! Les discours théoriques si beaux soient-ils ne dispensent pas de faire. La vraie philosophie, comme la vraie Franc-maçonnerie, se rejoignent (pour moi) dans cette hiérarchie spirituelle qui place les discours oraux et intérieurs avant ceux qui sont écrits. Les premiers Francs-maçons en étaient conscients, en effet les premiers rituels maçonniques étaient transmis oralement, de cœur à cœur, d’âme à âme. Les rituels n’ont été écrits que pour faciliter une transmission plus large, en philosophie les écrits n’étaient que des notes en bas de page, rédigées par des élèves écoutant leurs maitres.

La vraie maçonnerie est liée à la vie à la manière de vivre, donc à la pratique. Cette maçonnerie est exercices spirituels quotidiens, silence méditation, dialogue, contemplation du beau, action pour le bien et le bon. Autant d’exercices et travaux qui visent à la métamorphose de l’être intérieur, à l’ouverture de l’œil central, celui du cœur, pour vivre autrement, pour convertir son regard. Un travail exigeant, sans fin.

                                            Jean-François Guerry.

Jardin de l'habitation Clément Martinique

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En s’éduquant réciproquement les un-e-s par les autres, en éduquant en commun les filles et les garçons, c’est pour nous l’affirmation de la coéducation.

En faisant le choix de relations égalitaires, en permettant à chacun-e avec ses droits et ses devoirs de participer à l’élaboration de projets communs et de prendre des responsabilités, en vivant la citoyenneté, c’est la volonté d’être une école de la démocratie.

En étant ouvert au monde et à l’autre, en développant un état d’esprit, d’échange, de partage, d’écoute, de construction commune, c’est faire vivre ouverture et solidarité.

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Découvrez en cliquant ici l'ensemble du programme des Entretiens d'été 2022 du 23 juin  au 1er septembre sur le thème :
 
Nous vous souhaitions un très bel été et vous embrassons bien fraternellement.

Alain Boccard
Président
 

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Publié le par Jean-François GUERRY
L'ACADÉMIE DE RAPHAËL

L'ACADÉMIE DE RAPHAËL

SAGESSE ANTIQUE – POUR MIEUX VIVRE – PART I.

 

Y a-t-il aujourd’hui et maintenant un besoin de sagesse ? Si oui, est-ce encore cette sagesse recherchée par les philosophes de l’Antiquité ? Et comment la pratiquer, où la pratiquer ? Est-elle encore nécessaire ?

« On peut vivre sans la philosophie, comme on peut vivre sans la Franc- maçonnerie mais moins bien. » (Jean-François Guerry- Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie- Éditions Ubik 2021.

L’axiome de base est que la philosophie antique était théorie et pratique, et que la philosophie moderne est théorie. La philosophie moderne a un côté poussiéreux, celui des livres quelques fois ouverts et qui le reste du temps dorment bien rangés dans les bibliothèques, où deroeux en repassant, jette parfois un œil à la recherche d’une formule pour enrichir un cours magistral il faut bien quelques bons mots pour éveiller l’intérêt des étudiants qui rêvent d’obtenir un diplôme. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement on informe, plus que l’on ne forme dans nos écoles et nos universités. Les étudiants en philosophie ne s’étonnent plus de rien. En 1929 le philosophe Alfred North Whitehead affirmait que toute la philosophie « se résume à une série de notes de bas de page à Platon. » On ne peut que faire le constat que la philosophie antique en Occident s’est développé dès le premier millénaire parallèlement avec les mouvements religieux et spirituels d’Orient. C’est le substrat de la spiritualité encore présente de nos jours même si elle se dégrade sous l’empire de l’homo economicus. Nous sommes encore aujourd’hui à essayer de comprendre pour mieux agir. Vous l’avez compris, au-delà des écoles philosophiques avec leurs dogmes, leurs erreurs, mais aussi leurs vérités le plus important est ailleurs.

C’est peut-être là le Miracle grec dont avait conscience Ernest Renan. Cette soif de connaissances, c’est envie de savoir, non pas de connaître pour connaître comme le disait Pierre Hadot. Mais de comprendre pour mieux agir, de changer notre regard sur nous-mêmes et sur le monde, de convertir notre regard. Il y a des lieux aujourd’hui, ou peut se réaliser cette conversion du regard. Certains d’entre nous ont le bonheur de les connaître ce sont les loges maçonniques.

                                                     Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE…

GOZO -MALTE

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

De la fraternité à la solidarité Part VI.

 

Selon Levinas, la fraternité n’est en rien une question importante pour soi. « Car la fraternité excède toute réciprocité ou égalité ». Ce qui est le propre de la solidarité. C’est ce qui constitue par excellence son éminence et son irréductible à la persévérance des étants dans leur être. La fraternité est la dignité de l’être, comme manière de se tenir dans la trace de l’infini. La fraternité nous assigne à une responsabilité pour autrui, je suis définitivement le gardien de mon frère. Elle précède et surplombe ainsi le sens et les engagements de la liberté. Sa place dans la devise républicaine devrait donc être avant la liberté et l’égalité, puisque rattaché au commandement tu ne tueras point. « Elle témoigne de la bonté du bien au-delà de l’être en « dénudant » sous le mois de chacun, non pas comme un point commun, mais un point d’extrême vulnérabilité à la souffrance d’autrui, du frère donc, un point d’où sourd, sans se tarir, l’exigence de la responsabilité pour lui. » (E Levinas) Le travail de la fraternité nous apparaît comme le passage du Je au Nous. Acte de solidarité, mais est-ce assez fort pour parler de fraternité ? Levinas écrit « le ‘tu’ se pose devant ‘nous’. Être nous, ce n’est pas se bousculer ou se côtoyer autour d’une tâche commune », où nous serions solidaires, « la présence du visage l’infini de l’Autre est dénuement, présence du tiers entre parenthèses c’est-à-dire de toute humanité qui nous regarde). Plus loin il précise : « que tous les hommes soient frères ne s'explique pas par leur ressemblance, ni par une cause commune dont il serait l’effet comme des médailles qui renvoie au même coin qui les a frappées. » d’où provient ce mystère de la fraternité ? « C’est ma responsabilité en face d’un visage me regardant comme absolument étranger et l’épiphanie du visage… Qui constitue le fait originel de la fraternité. » nous en arrivons sur les traces de la pensée de Levinas, à penser, la fraternité, autrement que par les ressemblances entre les êtres humains, l’idée du genre humain regroupant les diverses familles. La fraternité de Levinas est plus individuelle, responsable, unique, singulière au-delà d’une communauté de genre. La fraternité n’est pas symétrie mais asymétrie elle est plus exigeante que la solidarité. « Autrui qui me domine dans sa transcendance est aussi l’étranger la veuve et l’orphelin envers qui je suis obligé. » Sans succomber dans un trop facile syncrétisme. Je constate que la franc-maçonnerie nous oblige à voler au secours c’est-à-dire à nous élever, pour aller vers la veuve et l’orphelin. Cette veuve-t-on nous sommes aussi les enfants. Enfin le stade ultime de l’initiation maçonnique, le nec plus ultra nous commande d’aller seul dans le monde comme un soldat de l’universel. D’aller vers l’autre, plein d’une fraternité comme séparé de notre ‘je’ et de notre ‘moi’ pour passer au ‘tu’ et au ‘nous’. Si l’on s’en réfère à ce qui a pu apparaître comme une fraternité collective lors des événements de 2001 à New-York et 2015 à Paris, ce n’était en fait qu’une solidarité contre les intégrismes et les fanatismes. Même Edgar Morin quand il nous propose des appels à la fraternité,  nous indique la direction, le sens, pour l’atteindre alors que Levinas la place déjà au sommet de la montagne. La fraternité ne saurait être que des appels constants sans faits. Catherine Chalier spécialiste de Levinas illustre bien cette prépondérance de la fraternité dans notre devise républicaine quand elle écrit : « qu’est-ce que l’égalité qui n’est pas rachetée par la fraternité, sinon une nouvelle forme d’oppression ? Et qu’est-ce que la liberté, si elle induit la fortune autour de soi et s’accommode de l’indifférence au sort d’autrui, sinon l’alibi de la violence ? » En définitive la fraternité relève plus de la philosophie première, de la métaphysique que des sciences humaines et sociales. La science croit plus à la solidarité, plus concrète plus palpable, plus probable dirait Cicéron l’humaniste. La fraternité reste un mystère, elle a un lien avec l’originel. Nous avons sans doute souhaité associer la fraternité à la liberté et l’égalité pour donner un supplément d’âme à notre devise républicaine, ambition réduite au minimum au regard de ce qu’est réellement la fraternité. La fraternité est une véritable épreuve pour l’homme, puisqu’elle est amour inconditionnel et infini de l’autre. Épreuve parce qu’elle suppose que l’on doive aimer l’autre sans même le connaître, sans même se retrancher devant l’alibi de sa méconnaissance, de l’ignorance. Levinas ira encore plus loin avec son altérité préconisant la fraternité sans l’obligation d’humanité, qui induit sans amour une tolérance méprisante. Je vais conclure ces réflexions sur la fraternité et la solidarité qui laissent encore en suspension plus de questions que de réponses, je suppose pour vous comme pour moi.

Je conclus donc par un message d'espérance universelle auquel je crois encore, naïvement sans doute : qu’un jour tous les hommes seront frères. Comment y parvenir me direz-vous en reprenant peut-être les mots du poète Pindare (518 av. J.-C. 4 38 av. J.-C.) « Deviens ce que tu es, … quand tu l’auras appris. » plus fraternel.

                                                     Jean-François Guerry.

Bonnes Vacances

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ – PART -V- Réflexions sur la solidarité.

 

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication et la solidarité visant un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. »

                                                              Françoise Dolto.

 

« La solidarité fait retomber le mal des uns sur les autres, comme elle étend aussi le bien de chacun à tous et de tous à chacun. Elle oblige par là même la société à trouver un remède pour tout mal qu’il inflige à l’individu parce que ce mal tend à devenir social. »

                                                              Alfred Fouillée.

La fraternité est peut-être trop pure, trop belle, trop idéale si bien qu’elle a du mal à trouver sa place dans un monde ordinaire, réel ? Même dans notre société où l’on voudrait qu’elle la locomotive qui tire les wagons de l’égalité et de la liberté, elle manque de puissance. C’est sans doute pourquoi certains ont voulu lui substituer une valeur plus à notre portée : la solidarité. Cette solidarité, qui est moins prétentieuse, moins vaniteuse, moins globale, moins universelle. Cette solidarité de groupe, plus identifiable, plus pratique, c’est l’expression du coup de main passager pour faire face aux difficultés de l’individu, qui est alors soutenu par son groupe. J’ai promis d’aider mes frères. Je suis solidaire, mais serais-je fraternel jusqu’à donner ma propre vie ?

Au Solidarisme de Léon Bourgeois inspiré par le positivisme d’Auguste Comte, sur lequel nous reviendrons plus loin, Albert Fouillée a développé une pensée originale conciliatrice entre positivisme et idéalisme, liant à mon sens solidarité et fraternité. Il a associé la science comme mode de connaissance, au besoin de spiritualité de l’homme, à ses aspirations spirituelles inaccessibles dans leur totalité par la seule science. Le débat du choix entre solidarité et fraternité ayant perdu ainsi son sens, puisque qu’il y a plus opposition mais complémentarité entre ces deux valeurs, il ne reste qu’un débat sur la graduation de l’une par rapport à l’autre.

La fraternité, d’une grandeur insaisissable, peut provoquer de l’angoisse même de la culpabilité, la solidarité qui met en pratique le fait fraternel, apaise grâce à son expression matérielle, concrète. La fraternité poussée jusqu’à sa complétude est le fait d’êtres quasi mystiques, de grands initiés, chacun peut cependant faire œuvre de fraternité à son niveau. Plus la fraternité est cultivée, plus elle impose comme totalité et infini c’est alors l’altérité décrite par Emmanuel Levinas, cette altérité eidétique (Cf. E Levinas dans Totalité et infini). La sagesse aimée des philosophes antiques, par la connaissance des savoirs est dépassée dans le sens d’une élévation par la sagesse de l’amour : « Philosophie comme amour de l’amour, sagesse qu’enseigne le visage de l’autre homme ! » (E Levinas Totalité et infini. Préface à l’édition allemande Janvier 1987. Page IV- Biblio Essais).

Si j’évoque avec émotion souvent Levinas, et sa fraternité liée l’altérité, j’oublie volontairement le nom d’un philosophe qui a écrit : « la fraternité c’est bon pour les chrétiens, les francs-maçons et les imbéciles. » Cela fait beaucoup de monde quand même et peut-être lui-même dans le groupe des imbéciles bien sûr. (Avis personnel).

Charles Gide, professeur au collège de France, économiste, l’oncle de l’écrivain André Gide a écrit : « la fraternité, on laisse à ceux qui y croient encore le soin de la démontrer par des embrassades, mais les gens sérieux ne lui donnent pas plus de place dans la science que dans les affaires. » Il aurait complété : « la fraternité est un mot sonore… la solidarité un fait. »

Nous sommes aux environs des années 1870 -1880, les mots de Charles Gide auraient put êtres prononcés par nombre d’hommes politiques de l’époque, c’est le temps de l’idée de solidarité, les hommes pensent économie, cette économie liée aux progrès des sciences et techniques. L’état d’esprit des années 1880, n’est pas si éloigné de celui de 2022, qui pourrait nous dire aujourd’hui que la fraternité est en marche, qu’elle marche bien ? Les baisers fraternels des Frères et des Sœurs en maçonnerie paraissent bien incongrus à la plupart des gens. La fraternité semble être une affaire intime, la preuve d’une conscience morale élevée, une idée que l’homme est bon perfectible capable de grandeur d’âme. Pratiquer la fraternité vraie universelle et sans limites apparaît comme une religion. Alors que la solidarité fait plus société, et encore elle commence elle aussi à se diluer, se compter, se dégrader.

On ne peut pas judiciariser la fraternité la mettre en forme de lois, où alors elle perd son sens. La seule loi de la fraternité, c’est la loi d’amour, essayez donc de judiciariser l’amour ! Au fait a-t ’elle un début et une fin, totalité et infini ?

Il est plus facile d’introduire dans le droit la solidarité, que l’on peut rendre obligatoire par exemple avec l’impôt, la sécurité sociale, les organismes sociaux, les institutions mutualistes, les syndicats, les corporations. Ainsi la fraternité perd un peu de son aura, de son éclat au profit de la solidarité accessible au plus grand nombre.

La solidarité induit un rapport d’intérêt, un espoir de retour. Être solidaire c’est donner, c’est faire dans le but de recevoir une compensation, ou d’être assuré de la possibilité de recevoir. La fraternité c’est le don, le sacrifice sans attente d’un retour, c’est donner pour donner et de plus sans ostentation comme nous le recommande la Franc-maçonnerie.

Au début du 19ème siècle, les sciences et les techniques prennent leur essor, en même temps que les sciences humaines et sociales qui prennent le pas sur la philosophie, la métaphysique, les traditions, les religions. On célèbre la république laïque, plus solidaire, plus humaine. De nombreuses loges qui travaillent ou pas à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, optent dans leur patronyme le mot Solidarité. On voit fleurir des loges comme la Solidarité Bretonne, la Solidarité Mançoise, la Solidarité Normande etc…Parmi leurs fondateurs il y a de nombreux hommes politiques, souvent radicaux, aussi des enseignants, des membres de mutuelles. Les penseurs référents de la solidarité sont ceux qui croient en l’homme et le place au centre de tout, l’homme juste et bon comme pour Rousseau ou encore Locke qui prône la séparation des pouvoirs pour affirmer la démocratie. Avec son ouvrage majeur son essai sur L’Entendement humain, l’homme est capable de découvrir toutes les idées par l’usage de ses facultés naturelles. Ainsi l’on pensait auparavant que seule la fraternité pouvait être associée au règne de la justice, par son idéal de perfectionnement de l’homme. Peu à peu la solidarité prend sa place se substitue à elle.

C’est Léon Bourgeois, qui fût député, puis Président du Conseil, qui obtint le Prix Nobel de la Paix, il sera le ‘Pape’ du solidarisme. Il voulait associer le socialisme et le solidarisme comme en témoigne son ouvrage au titre de Solidarité de 1896, dans lequel il conceptualise un contrat entre les hommes quasiment inhérent à notre nature et la solidarité. « La solidarité est la règle suprême de la vie commune. » Un précurseur du fameux Vivre ensemble ou du spot de la Ville de Rennes Vivre en intelligence. Léon Bourgeois voulait absolument substituer la solidarité à la fraternité, il a été inspiré par le positivisme d’Auguste Comte héritage des lumières amplifié d’une manière rigoureuse s’attachant seulement aux connaissances découlant des faits. Ainsi la solidarité n’est pas une idée abstraite, mais se révèle réellement dans les faits. Pourtant je décèle un paradoxe, quand Léon Bourgeois affirme : « Les hommes sont solidaires par nature. » Emporté par son élan, voulant rendre la solidarité supérieure à la fraternité, il veut la sacralisée, en faire une vertu donc quelque chose qui se cultive et non inhérent à la nature de l’homme sinon de manière embryonnaire, c’était sans doute le fond de sa pensée ?

Je poursuis son raisonnement si la solidarité n’est pas une vertu, qu’elle ne se cultive pas, alors la métaphore qui consiste à la comparer au corps humain dont les membres sont solidaires et tiennent les uns par rapport aux autres devient complexe ?

Léon Bourgeois ira jusqu’à écrire concernant le mot solidarité à propos de la devise républicaine : « Je souhaiterai qu’on puisse la placer en premier, parce qu’en théorie et en fait, il précède tout, et c’est là que naît toute société. »

On pourrait avoir le même désir avec le mot fraternité. Mais la fraternité lui semblait sans doute trop difficile à atteindre, trop métaphysique, trop incertaine, réservée à des initiés qui ont appris qu’elle n’est peut-être pas totalement innée mais seulement embryonnaire, à l’exemple de Caïn et Abel, qu’elle demande efforts, travaux constants sur nous-mêmes, de plus même le travail n’est pas synonyme de réussite en ce domaine, et pourtant il faut le faire.

Pour conclure temporairement cette Part V, deux thèses s’opposent celle des positivistes, des solidaristes qui pensent que la solidarité active affaiblie la fraternité qui ne serait qu’une idée, un concept. Inversement ceux qui prônent la fraternité pensent qu’elle est mère de la solidarité. Je pense (donc subjectivement) sous le prisme partisan de la Franc-maçonnerie que les deux sont liées, je penche pour l’idée que la fraternité est la mère de la solidarité, mais que serait une mère sans enfant, de même que serait un Franc-maçon pratiquant des vertus théoriques en loge et même pratiques avec ses Frères et qui serait incapables de les traduire dans une forme de solidarité humaine dans le monde profane. Pour moi enfin, la solidarité ne peut se priver de la fraternité qui est sans espace et sans bornes, qui n’attend aucune récompense, qui est totale et infinie, elle est un don, un sacrifice envers l’autre, celui que je connais qui est mon Frère, ou celui qui fait partie de mon groupe, mais aussi celui que je ne connais pas qui est lointain, parce que rien ne les sépare si ce n’est mon ignorance. N’est-ce pas un combat maçonnique que de vaincre l’ignorance ?

 

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l’ensemble des habitants de la terre. » (Albert Jacquard). Cette solidarité-là, a des airs de fraternité.

Bien Fraternellement.

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la fraternité à la solidarité Part VI- Un retour de la fraternité ?

Malte

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART -IV-

 

« Sans la fraternité la liberté conduit à l’égoïsme »

                                                               Paul Bert.

 

Paul Bert, médecin, homme politique, député radical, successeur de Jules Ferry au ministère de l’éducation nationale, anticlérical convaincu était pourtant persuadé de l’importance de la fraternité. S’il ne fut pas Franc-maçon, il fut proche de Jean Macè « qui en était !» Paul Bert  avait une vision particulière c’est un euphémisme de le dire de la fraternité, il participa à la diffusion de thèses racialistes et racistes, un extrait de ses ouvrages : « Les nègres ont la peau noire, les cheveux frisés comme de la laine, les mâchoires en avant, le nez épaté, ils sont bien moins intelligents que les chinois et surtout les blancs (…) Il y a des hommes qui sont vraiment inférieurs. » Certains ont voulu adoucir ses propos en vouloir voir en lui un anthropologue mais quand même ! On s’interroge sur la nature de la fraternité de ce laïque anticlérical et de surcroit ministre de l’éducation nationale. Pourtant aujourd’hui nombre d’établissements publics affichent son nom à leur fronton donc des établissements d’enseignement, des rues, des places partout en France, il y a même une station de métro à son nom à Lyon. On peut  penser que Paul Bert n’était surement pas un parangon de la fraternité, mais comme la fraternité est quelque chose qui nous dépasse, qui dépasse ce que nous sommes !

Régis Debray Photo Philosophie Magazine

Régis Debray a écrit : « On est frères en quelque chose qui nous dépasse…car c’est ce qui nous dépasse qui nous ressemble. » La fraternité il y a consacré un ouvrage sous le titre : Le moment fraternité. Il parle d’un défi crucial de notre temps, et que la fraternité est la source créatrice du « Nous » durable. Je dirais personnellement éternel. Il parle de cette fraternité qui fait référence à une sacralité séculière ou révélée. Il établit aussi une relation entre les droits de l’homme et la fraternité un droit qui s’exprime qui s’exprime dans la solidarité humaine. Personnellement je pense que si la fraternité est un droit (elle est inscrite dans la devise républicaine), elle est aussi un Devoir. Sans trahir sa pensée je pense quand sa qualité démontrée d’activiste, il aspire à une fraternité active dynamique. Qui soit autre comme il le dit qu’un « fumigène » brandit, une fraternité qui soit un labeur journalier, une exigence donc un Devoir.

La fraternité ne peut pas être une succession de moments alibis pour apaiser notre conscience, elle doit vivre à chaque instant dans nos rapports avec l’autre. En lisant Le moment fraternité de R. Debray, et en regardant notre société on ne peut qu’être d’accord sur sa nécessité. Il écrit : « Que l’économie seule ne fera jamais société. » rejoignant ainsi Antoine de Saint Exupéry quand il disait que les chiffres et les statistiques n’ont pas d’humanité, et que l’on « ne peut pas continuer de vivre en s’occupant de frigidaires, de politique, de bilans budgétaires et de mots croisés… »

On n’aime, ou on n’aime pas R. Debray pour ses positions politiques, mais l’on peut fraternellement reconnaitre « la force de son esprit contraire », qui le mène à avoir et vivre une fraternité avec ceux qui sont rejetés et qui sont nos frères en humanité. Il est « quelqu’un qui fait toujours pencher le balancier du côté opposé où ça tire. Non pas par provocation, mais pour garder l’équilibre. » En s’efforçant de s’attacher au concret, il s’attèle à la pratique de la fraternité au-delà des verbiages, il s’engage à faire fraternité parfois mal à propos qu’importe et que celui qui n’a pas fait d’erreur pendant toute sa vie lui lance la première pierre.

Persuadé que pour tenir une société debout et digne il faut ce ciment de la fraternité, quelque qu’en soit la source, que cette source soit révélée par une pratique religieuse ou pas, elle est sacrée et spirituelle. Il a dit « En laissant s’évanouir son sacré républicain la France s’effiloche en communautés propres à coup de lois mémorielles. » R. Debray Philosophie Magazine.

Pour ma part, je suis en accord avec cette formulation, les extrémistes et les intégristes de toutes sortes ont du mal à comprendre que la fraternité est le contraire d’une fratrie. Faire œuvre de fraternité c’est unir tous les hommes, remettre de l’ordre dans le chaos, c’est-à-dire combattre tous les despotismes pour faire régner la justice avec la force de son épée, la justesse de sa balance et sa loi d’amour pour les hommes de bonne volonté.

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la fraternité à la solidarité Part V, Brève réflexion sur la solidarité.   

Quiberon

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