Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Graeme Allwright

Graeme Allwright

IL FAUT QUE JE M’EN AILLE…

 

 

Celui qui commença à chanter au midi de sa vie. Celui au nom imprononçable, l’improbable français de Nouvelle Zélande Graeme Allwright, est parti pour une dernière tournée, pour chanter l’amitié l’amour la joie, ces mots que tout le monde comprend, qui n’ont ni langues, ni frontières.

 

Il ne chantait pas dans les zéniths de la gloire, mais dans le cœur des femmes et des hommes.

J’ai dans la discothèque de mon cœur, une place pour lui, pour cet album à la pochette en noir et blanc, ce vinyle usé par la chaîne hi-fi de ma jeunesse. Mille fois j’ai écouté cette voix particulière, ces mots inusables qui font sourire ceux qui sont seuls.

 

Il chantait Léonard, Bob et Georges, quand il chantait les nuages passaient.

 

Emmène-moi encore un peu avec toi, dans ta petite, vagabond de l’amour et de la joie, poète solitaire, chantre de l’adieu du passage du fleuve

 

Emmène-nous avec toi dans le vent, la réponse est dans le vent, et puisqu’il faut que tu t’en ailles, bonne route…

 

                                                            

Jean-François Guerry.

IL FAUT QUE JE M’EN AILLE…
IL FAUT QUE JE M’EN AILLE…
IL FAUT QUE JE M’EN AILLE…

 

Décès de Graeme Allwright, chanson douce et rebelle du voyageur

Graeme Allwright est décédé à 93 ans dimanche 16 février, a annoncé sa famille. Le musicien né en Nouvelle-Zélande et devenu français, père avec Catherine Dasté de quatre enfants, a marqué la scène folk par son humanisme engagé.

  • Robert Migliorini, 
  • le 16/02/2020 à 18:27

 

Il faut que je m’en aille... cette célèbre chanson de Graeme Allwright est tristement devenue d’actualité dimanche 16 février avec le décès à 93 ans du chanteur folk français d’origine néo-zélandaise dans sa maison de retraite, en Seine-et-Marne.

 

La Croix vous explique, avec lumière et clarté, le monde qui vous entoure, afin que vous puissiez bâtir votre opinion.

Les plans de carrière ? Graeme Allwright n’a jamais pratiqué. Le fils d’un chef de gare, né en Nouvelle-Zélande, a toujours aimé prendre de nouveaux départs. Enfant, il chante dans les églises et en famille. C’est à 40 ans que Graeme Allwright décide de tenter sa chance dans la chanson. À Paris, en France, le pays où il s’était installé en famille avec sa femme Catherine Dasté (la petite fille de Jacques Copeau, célèbre homme de théâtre), rencontrée à Londres.

Tour à tour comédien, constructeur de décors, apiculteur ou encore employé en hôpital psychiatrique, Graeme Allwright aime en musique le jazz et adapter en français avec sa guitare des chansons du folksong anglais et américain. Un premier concert à la Comédie de Saint Étienne lui a donné le goût du récital.

Au répertoire des feux de camp

Au milieu des années soixante l’heure est à la contestation. Avec son troisième disque Le jour de clarté (un titre adapté du trio Peter, Paul and Mary, le succès grand public est au rendez-vous. Des chansons comme Petites boîtesIl faut que je m’en aille, Petit garçon, Jusqu’à la ceinture, entrent tout de go au répertoire des feux de camp et des humeurs rebelles propres à la jeunesse.

Graeme Allwright s’impose alors également comme traducteur et interprète de Leonard Cohen dont il adapte de grandes chansons - L’étranger, Suzanne - alliant mysticisme et sensualité. Une connivence qui durera au fil des années. De même qu’une passion pour les chansons de Brassens chantées en anglais sur une traduction d’Andrew Kelly

 

Au Quesnoy, Graeme Allwright était sur ses terres

 

 

Dépassé par ce premier succès Graeme Allwright décide alors en 1969 de partir vers d’autres horizons. Le voyageur qui chante sur scène les pieds nus vit d’abord au milieu des gens en Éthiopie, puis en Inde (à Bombay il vivra un mois dans la rue) à Auroville, et encore à Madagascar ou La Réunion. La vie d’artiste en France, ponctuée par des disques et des concerts, alterne avec des longs séjours à l’étranger.

Parmi les rencontres qui ont marqué l’auteur de La ballade de la désescalade ou de Lumière, celle du religieux dominicain Maurice Cocagnac s’est traduite en quelques chansons comme Au cœur de l’arbre où s’expriment les leçons de sagesse d’un artiste sensible aux spiritualités du monde.

Une Marseillaise moins guerrière

Soutien de l’association « Partage », combattant pacifique, Graeme Allwright a promu, à la suite d’autres personnalités comme l’Abbé Pierre, un texte moins guerrier de La Marseillaise. Au début de chaque concert, il en distribuait le texte. Soucieux aussi en ces concerts singuliers de partager du bonheur avec le public venu reprendre des refrains entraînants et partager des idées de fraternité et suggérer de nouveaux styles de vie.

Sa chanson de l’adieu, sur un poème de Luis Porquet, en indique les couleurs et les espoirs : « Adieu amis, courage. On peut vaincre l’orage. Et terrasser la peur. La forteresse tremble. Et les vents se rassemblent. Sur les derniers rameurs. Sous le poids des souffrances. Se lève l’espérance. Et l'arbre de douceur. »

Journal La Croix.

 

Accueil

Actualités A F P

 

Graeme Allwright, l'âme des "protest singers" en France

Chanteur humaniste au parcours atypique, Graeme Allwright, décédé dimanche à l'âge de 93 ans, a fait découvrir aux Français les "protest singers" (chanteurs contestataires) d'outre-Atlantique, en adaptant Pete Seeger, Woody Guthrie ou Leonard Cohen dans la langue de Molière.

"L'impact positif d'une chanson peut être extraordinaire. Il me donne de l'espoir, et la foi" pour faire "face aux injustices, aux guerres, aux famines, à l'indifférence qui s'installe", confiait-il en 2014 au journal La Croix.

Né à Wellington, en Nouvelle-Zélande, le 7 novembre 1926, Graeme Allwright a découvert le jazz, les crooners et le folk en écoutant les programmes radios de la base militaire américaine installée dans la capitale néo-zélandaise.

A 22 ans, il obtient une bourse pour suivre des cours de théâtre à Londres, dans l'école fondée par Michel Saint-Denis, voix de l'émission "Les Français parlent au Français" sur les ondes de la BBC et neveu de l'homme de théâtre Jacques Copeau.

Le jeune homme est recruté par le prestigieux Royal Shakespeare Theatre. Mais, amoureux de la fille de Jacques Copeau, Catherine Dasté, il décline l'offre et le couple part s'installer en France, près de Beaune.

Graeme Allwright exerce une multitude de métiers: ouvrier agricole, apiculteur, machiniste et décorateur pour le théâtre, professeur d'anglais, maçon, plâtrier, vitrier...

- Hymnes de mai 68 -

Ce Néo-Zélandais, qui ne connaissait pas un mot de Français, apprend peu à peu la langue de Molière et les subtilités de son argot, qu'il utilisera abondamment dans ses adaptations.

A mesure que son français s'améliore, il renoue avec la scène, jouant notamment dans la troupe de Jean-Louis Barrault.

Ce n'est qu'à 40 ans qu'il se lance dans la chanson.

"L'idée a peut-être germé dans mon esprit lorsque j'ai interprété quelques chansons de Brassens et Ferré, au cours d'une tournée avec une pièce de Brecht trop courte, racontait-il (...) j'ai pris ma guitare et je suis parti chanter des +folksongs+ américaines et irlandaises au cabaret de la Contrescarpe (au coeur du Quartier Latin à Paris, ndlr), sept soirs sur sept pour des clopinettes".

La chanteuse Colette Magny remarque sa voix, teintée d'une pointe d'accent, et le présente à Marcel Mouloudji, qui lui conseille d'écrire une trentaine d'adaptations et produit son premier 45 tours "Le trimardeur" (1965).

 

Son répertoire contestataire, antimilitariste et profondément humaniste, puisé chez les "protest singers", résonne avec les aspirations de la jeunesse française de l'époque.

"Petites boîtes" (adaptation de Malvina Reynolds), "Jusqu'à la ceinture" (Pete Seeger), "Qui a tué Davy Moore ?" (Bob Dylan), "Johnny" (texte original) et surtout "Le jour de clarté" (Peter, Paul & Mary), son plus grand succès, deviennent les hymnes de la contestation en mai 68.

Touché par Cohen -

En 1973, il va voir Leonard Cohen à L'Olympia et en ressort profondément touché par le mysticisme et la sensualité du Canadien, dont il adapte de nombreux textes ("Suzanne", "Les soeurs de la miséricorde"...)

Il fait salles pleines dans ses concerts et se pose alors en premier concurrent d'Hugues Aufray, autre importateur du folk en France.

Mais le succès l'effraie. Celui qui est aussi connu pour "Sacrée bouteille" prend ses distances en parcourant l'Egypte, l'Ethiopie, l'Amérique du Sud et surtout l'Inde.

Entre deux voyages, il rentre en France où il reprend ses concerts. En 1980, il partage la scène avec Maxime Le Forestier, pour une tournée dont les bénéfices sont reversés à l'association Partage pour les Enfants du Tiers-Monde.

Il continue également d'enregistrer. Dans les années 80, il revient d'un voyage à Madagascar avec des musiciens qui donnent une nouvelle tonalité à sa musique. En 2000, il sort un premier album d'inspiration jazzy, enregistré avec The Glenn Ferris Quartet ("Tant de joies").

Depuis 2005, les concerts du chanteur aux pieds nus, qui continuait de sillonner l'Hexagone malgré son âge avancé, commençaient par un rituel immuable : une vibrante Marseillaise qu'il avait "adaptée" avec des paroles pacifistes. "Pour tous les enfants de la terre, Chantons amour et liberté", entonnait-il...

   

paroles officielles ♪ Il faut que je m'en aille Buvons encore une dernière fois ♪

Le temps est loin de nos vingt ans
Des coups de poings, des coups de sang
Mais qu'à c'la n'tienne: c'est pas fini
On peut chanter quand le verre est bien rempli
Buvons encore une dernière fois
A l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine, mais Il faut que je m'en aille
Et souviens-toi de cet été
La première fois qu'on s'est saoulé
Tu m'as ramené à la maison
En chantant, on marchait à reculons
Buvons encore une dernière fois
A l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine, mais Il faut que je m'en aille
Je suis parti changer d'étoile
Sur un navire, j'ai mis la voile
Pour n'être plus qu'un étranger
Ne sachant plus très bien où il allait
Buvons encore une dernière fois
A l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Je m'ennuie pas, mais Il faut que je m'en aille
J't'ai raconté mon mariage
A la mairie d'un p'tit village
Je rigolais dans mon plastron
Quand le maire essayait d'prononcer mon nom
Buvons encore une dernière fois
A l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine, mais Il faut que je m'en aille
J'n'ai pas écrit toutes ces années
Et toi aussi, t'es mariée
T'as trois enfants à faire manger
Mais j'en ai cinq, si ça peut te consoler
Buvons encore une dernière fois
A l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine, mais Il faut que je m'en aille

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
HISTOIRE DE BOUCS

HISTOIRE DE BOUCS

 

 

Les loups voyagent en meutes à la recherche de leurs proies. (Mes excuses pour les défenseurs des animaux.) Les hommes animés par l’instinct grégaire, ne deviennent souvent ni plus sages, ni plus intelligents, quand ils sont en bandes, comme des moutons.

(Confidence recueillie auprès de l’ami Georges Brassens, il paraît qu’à plus .. on est une bande de c…)

 

Les errances de la mondialisation, laissent de côté les plus faibles d’entre nous. Il faut de toute urgence retrouver du collectif, genre tarte à la crème du vivre ensemble, et pour les plus grandes âmes exemplaires redevenir citoyen du monde. Toutes ces mièvreries oratoires, qui ne font pas de mal et ne font pas avancer non plus, la réunification de l’Archipel de Jérôme Fourquet.

 

Ne chercher plus après avoir créé une commission ad hoc, un comité des tics et des tocs. Nous avons décidés d’utiliser une bonne vieille recette, c’est la meilleure, elle a fait ses preuves. C’est la théorie du complot, la faute de l’autre.

 

D’ailleurs on nous cache tout, on nous dit rien ! Il faut de la transparence, d’ailleurs moi, je n’ai rien à cacher enfin presque rien.

Il faut être transparent, il faut laver plus blanc disait le regretté Coluche, candidat à la présidence de notre république.

Dans le grand concours d’exemplarité, nous devons, enfin il faut que les autres deviennent des saints, que dis-je des dieux de la morale, de la bonne bien sûr, après tout quand même il faut être humain !

 

Bien sûr avec cette belle théorie du complot : l’enfer c’est les autres. Ceux qui sont différents de nous, enfin de moi ! Les ailes de l’avion de Saint-Exupéry tombent dans la mer boueuse de nos intransigeances, mais il faut savoir ce que l’on veut à la fin ! La morale doit être la ligne de conduite des autres. Quand cela par hasard ne marche pas, il faut des réparateurs, des sauveurs du collectif. J’ai nommé les fameux, les célèbres boucs émissaires. Ils ne sont pas plus coupables que les autres, mais ce sont eux qui vont porter la charge des fautes du groupe, c’est quand même bien pratique !

 

Plus sérieusement la Rabin Delphine Horvilleur nous propose une exégèse biblique sur ce thème du libre du Lévitique je cite :

 

« Imaginez vous un instant que vous êtes au temple, imaginez que c’est aujourd’hui Yom Kippour, le jour des expiations, le jour où chacun doit faire face à sa conscience, être en principe capable d’avouer ses fautes. Ce jour là, uniquement ce jour-là, avait lieu au temple une étrange cérémonie : le grand prêtre, tout vêtu de blanc, faisait venir à lui non pas un bouc mais deux, les deux mêmes boucs exactement, presque clones l’un de l’autre. Le grand prêtre tirait alors au hasard le rôle de chacun. Le premier était choisi pour être sacrifié à l’éternel, il était l’élu, celui qui allait pouvoir approcher le divin, et donc quelle-chance ! – pouvoir se faire égorger et griller sur l’autel. Quant à l’autre, il allait être libéré vivant dans le désert le pauvre, mais pas avant d’avoir entendu les mots prononcés à son oreille à son oreille par le grand prêtre (qui est celui qui murmure à l’oreille des boucs !) et le grand prêtre allait lui confesser toutes les fautes du peuple d’Israël pratiquement comme s’il les lui plaçait sur sa tête avant que la bête ne soit menée dans le désert avec un émissaire d’où son nom : bouc émissaire. »

Il y a donc deux boucs, lequel souhaitez-vous être ? En fait vous n’avez pas le choix, parce que l’on fera un tirage au sort, beau moment de justice et de justesse.

 

Delphine Horvilleur nous rappelle que cela vient en écho, en résonance avec un autre duo célèbre Caïn et Abel. Les deux frères apportant chacun une offrande à Dieu aussi au temple, sur le lieu des sacrifices, et Dieu arbitrairement choisi l’offrande d’Abel, injustice flagrante !

Avec un certain culot après tout c’est Dieu il dit à Caïn en pédagogue quand même :

 

« Je vois que tu souffres, mais maintenant je te demande que vas tu faire de cette souffrance, de cette injustice, qui t’a été faite ? Vas-tu aller malgré elle ou avec elle vers le Bien, vas-tu aller avec elle t’élever, ou au contraire vas-tu laisser la faute t’atteindre et entrer dans ton monde ? »

 

Caïn décide avec son libre arbitre de ne pas s’élever, il est incapable de résilience. À la question célèbre de Dieu : « Où est ton frère ? » il répond : « Suis-je le gardien de mon frère ? » Il a répondu par une autre question, il ne se sent pas responsable de son frère.

 

Delphine Horvilleur perçoit là un écho à bien des débats de société, qui sont les maux d’aujourd’hui, lorsque que nous nous demandons à qui la faute ? Il est plus facile de se choisir un bouc émissaire. Qui est capable de dire aujourd’hui je suis responsable ?

Et vous pensez-vous ?

 

Jean-François Guerry.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
LA NATIVITÉ DU PRINTEMPS

LA NATIVITÉ DU PRINTEMPS

 

 

Tout à une fin, assènent les plus déterminés d’entre nous, la vie est un éternel renouvellement affirment d’autres. Je suis sceptique. Le printemps qui s’annonce bien tôt sous l’effet du réchauffement, démontre que tout se régénère, que rien ne meurt, que la graine plantée en terre donnera encore ses fruits.

 

Celui qui ouvre et qui ferme les portes, tel Janus, annonce la croissance de la Lumière. Le temps cyclique est re naissance, perpétuelle. Je vois votre sourire, il glose comme le bon Lapalisse.

 

Je ne puis cependant m’empêcher de m’émerveiller à chaque renaissance du printemps, bien sûr la sève monte, mais dans cette sève est comme la boisson des dieux, un nectar qui parfume notre esprit, élargi notre joie. Le printemps sera bientôt là. Ce maître radieux des horloges, qui lève les premières fleurs, qui sonne à travers les clochettes du muguet.

Je crois qu’il n’y a rien de plus beau, que la nature, elle nous inspire le bien, la simplicité.

C’est une belle, qui se pare sans cesse, on attend son retour, avec impatience, dans l’espérance, en regardant les arbres, en regardant le flot continu des vagues.

 

Christiane Rancé qui accompagnait récemment François Cheng dans l’émission la Grande Librairie, a succombé aussi au charme du printemps dans sa chronique hebdomadaire du journal La Croix, parue sous le titre Aux premières jonquilles. Elle ne résiste pas au charme du printemps elle cite Victor Hugo :

 

« Jeanne, George, accourez, puisque voilà des fleurs. Accourez, la forêt chante, l’azur se dore. Vous n’avez pas le droit d’être absents de l’aurore. »

 

Aujourd’hui, demain, renoncez aux tablettes, aux écrans, aux smartphones, allez embrasser les jonquilles, elles vous attendent, elles sont revenues, plus belles, plus radieuses que jamais.

 

Jean-François Guerry.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
CONVERSATION : Des pensées de Marc Aurèle au Cabinet de Réflexion.

 

Conversation : Des pensées de Marc Aurèle au Cabinet Réflexion Maçonnique.

 

Marc Aurèle dans pensées pour moi-même - Qui a vu ce qui est dans le présent a tout vu, et tout ce qui a été de toute éternité et, tout ce qui sera dans l'infini du temps.  Tu as subsisté comme partie du tout. Tu disparaitras dans ce qui t'a produit, ou plutôt, tu seras repris, par la transformation, dans sa raison génératrice. - La mort est la cessation des représentations qui nous viennent des sens, des impulsions, qui nous meuvent comme avec des cordons, du mouvement de la pensée et du service de la chair. - Tout est éphémère, et le fait de se souvenir, est l'objet dont on se souvient. Tout ce qui arrive est aussi habituel et prévu que la rose au printemps et les fruits en été ; il en est ainsi de la maladie et la mort, de la calomnie, des embûches et de tout ce qui réjouit ou afflige les sots. - Ne suppose pas, si quelque t'es difficile, que cette chose soit impossible à l'homme. Mais si une chose est possible et naturelle à l'homme, pense aussi qu'elle est à ta portée. J'ai retrouvé un de mes vieux texte archivé de 5982, sur la pensée. Je pense à notre Cabinet de réflexions)

La pensée peut se soustraire au regard du soleil. La pensée bien qu'aucune serrure ne l'enferme, demeure cachée, impénétrable à toute créature ; la pensée se sont les ténèbres où ne pénètre aucune lueur. Mais la divinité à le pouvoir de tout éclairer; son éclat rayonne à travers les parois du cabinet de réflexions, enveloppé par les ténèbres, d'un esprit émanant du monde profane. On peut comparer ces remarques au symbole du Bouddha, dont le nom signifie l'éveillé. L'être humain enveloppé, enfermé dans sa pensée, attend qu'un rayon de la lumière divine vienne l'éveiller. Cet être humain choisi et récipiendaire, en pensée, est prisonnier de la MAYA, c'est à dire l'illusion. La lumière divine fait disparaitre l'illusion et donc la souffrance. C'est aussi le stade auquel devait parvenir les vrais Cathares, ceux qui des purs deviennent des parfaits.  

C.Galinier

CONVERSATION : Des pensées de Marc Aurèle au Cabinet de Réflexion.

Les pensées de Marc Aurèle, sont un peu pour moi, mon cher Claude comme un testament philosophique permanent, un tribunal de ma conscience, ou un exercice spirituel récurrent, ces exercices spirituels de la philosophie antique bien décrits par Pierre Hadot. Comme sont aussi nos tenues maçonniques.Chaque jour qui se lève, déchire le voile des ténèbres et accueille la lumière.

 

C’est le paradoxe apparent du cabinet de réflexion maçonnique. Quand je ferme la porte aux tumultes profanes, aux lumières artificielles du monde de la matière, et que j’ouvre la porte du cabinet noir, la porte des profondeurs de la caverne, là d'où monte la vraie lumière, celle qui illumine tout homme jusqu’au plus profond de son être intérieur.

 

Alors le chemin, l’initium, l’entrée dans la Lumière, dans la vraie lumière commence.

 

Comme Marc Aurèle qui recommandait chaque soir d’écrire ce que nous avions fait de bien, quand le soleil finissait sa course quotidienne. Le profane devant la feuille blanche de son testament philosophique, au midi de sa vie, dans la pleine lumière du cabinet noir, (l'Outrenoir de Pierre Soulages, qui est en fait une ode à la lumière) se pose la question du pourquoi de son engagement, du pourquoi de sa participation à un ordre initiatique et fraternel, de ses devoirs envers les autres, de ses devoirs envers lui-même, du sens de sa vie, de la vraie vie.

 

Marc Aurèle disait qu’il faut prendre soin de soi, de son soi, ce n’est pas autre chose que de construire, de se construire. Il disait encore que l’on prend trop de soin des choses matérielles, et que l'on se néglige.

 

C’est pourquoi chaque jour il faut écrire son testament philosophique, dis autrement vivre le jour présent, comme si c’était notre dernier jour. La fréquentation, la pleine conscience de la mort est un hymne, un chant pour la beauté de la vie. L’éveil du cabinet de réflexion, le choc initiatique, prémisse d’une nouvelle vie, celle de la beauté de l’esprit, qui peu à peu grossira en nous et dominera la matière, le maître intérieur apparaîtra alors plus radieux que jamais.

 

Cette conversation mon cher Claude sur notre vécu  individuel, personnel, et à la fois semblable est une relation d’esprit à esprit, possible par le vécu, par le lien du rituel initiatique, ce que Marc Aurèle recommandait dans son livre VI avec sa pensée 54 :

 

« Habitue-toi à écouter attentivement les paroles d’autrui ; entre autant que possible, dans l’esprit de celui parle. »

 

C’est tout le génie du rite initiatique maçonnique, qui régénère en nous, ce que nous avons vécu, à chaque cérémonie initiatique nouvelle. Montaigne disait : parce que c’était lui, parce que c’était moi.

 

Jean-François Guerry.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
RÉFLEXION : DIEU
RÉFLEXION : DIEU
RÉFLEXION : DIEU
RÉFLEXION : DIEU
RÉFLEXION : DIEU

RÉFLEXION : DIEU. 

 

- Le mot Dieu n'est pour moi rien de plus que l'expression et le produit des faiblesses humaines, la Bible un recueil de légendes, certes honorables mais primitives qui sont néanmoins assez puériles. Aucune interprétation, aussi subtile soit elle peut selon moi changer tout cela. Einstein. Dans leur lutte pour le bien moral, ceux qui enseignent la religion doivent avoir la stature de renoncer à cette source de crainte, 

 

et  d'espoir qui dans le passé a mis un si vaste pouvoir dans les mains des prêtres. Dans leurs travaux, ils devront se servir de ces forces qui sont capables de cultiver le bon, le vrai et le beau dans l'humanité elle-même. C'est bien sur, une tâche bien plus difficile mais incomparablement plus noble. Après que les professeurs en religion aient accomplis ce processus d'affinement indiqué, ils ne manqueront pas de reconnaître avec joie que la vraie religion a été anoblie et rendue plus profonde grâce à la connaissance scientifique. Plus l'évolution spirituelle de l'humanité progresse, plus il me semble que le chemin de la religiosité authentique ne se trouve pas dans la peur de la vie, la peur de la mort, ou la foi aveugle, mais dans l'effort pour la connaissance rationnelle. En ce sens, je crois que le prêtre doit devenir un enseignant, s'il veut rendre justice à sa noble mission éducative. Einstein

Pourquoi m'écris-tu Dieu devrait punir les Anglais ? Je n'ai aucune connexion particulière ni avec l'un ni avec les autres. Je vois seulement avec de grands regrets que Dieu punit nombre de ses enfants à cause de leurs innombrables stupidités, pour lesquelles lui seul, peut être tenu pour responsable. De mon point de vue, seul sa non-existence pourrait l'excuser. Einstein. 

C.G 

Dans le prolongement de cette réflexion, l’émergence de l’esprit des lumières, nous as fait sortir de l’obscurantisme, mais pas forcément de nos ténèbres intérieures. Notre appétence pour la liberté et la vérité, nous as remplis de courage pour penser pas nous-mêmes, acquérir notre autonomie intellectuelle et spirituelle, c’est la conquête du penser par soi-même,l’Aufklärung, le Sapere aude.

 

C’est le travail initiatique qui agit comme une révélation des lumières et la volonté de se transformer, se métamorphoser pour devenir un honnête homme, plus incliné vers les vertus que vers les vices. Ce courage d’aller vers la vérité est un véritable héroïsme intellectuel, qui suppose une action immédiate sur soi, ici et maintenant, sans l’espoir d’un monde meilleur dans l’au-delà, donner et faire sans rien attendre en retour, aimer pour la joie d’aimer. (Thème musical en fin d’article) 

 

Avoir la force de son auto critique permanente.

Socrate en son temps dans ses dialogues ne faisait pas autre chose, le questionnement permanent de soi, était absent de la plupart des penseurs et intellectuels des lumières, à l’exception de Rousseau.

 

Le gouvernement de soi s’impose avant de vouloir gouverner les autres, et comment transmettre la Lumière au plus grand nombre ? Si ce fut l’ambition des lumières, ce fut aussi celle de la religion du plus grand nombre qui refusa « les sectes », les hérésies des premiers chrétiens par exemple, de ces pères du désert porteurs pourtant des plus belles vertus, parce que les plus simples. 

 

Les lumières n’échappent pas à ce processus en voulant atteindre le plus grand nombre elles prennent le risque de se dogmatiser. C’est par exemple le laïcisme dogme de la laïcité.

 

C’est donc la recherche de la voie du milieu, de l’harmonie qui demande le plus de courage, ne pas rejeter les traditions à cause des errances de leurs prêtres, pour en conserver les valeurs, les vertus, qui tendent à l’universel. C’est penser à une religion naturelle des lumières, ou primordiale de René Guénon, celle qui surplombe, les autres, qui n’a pas de limites, qui va de l’occident à l’orient et pourquoi pas du nadir au zénith, puisqu’il y a paraît-il une correspondance entre le bas et le haut, le fil à plomb est toujours présent dans nos loges maçonniques. On peut lire pour extrait dans le chapitre I de la constitution de la Grande Loge de France : La Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité. Elle constitue une alliance d’hommes libres et de bonnes mœurs, de toutes origines, de toutes nationalités et de toutes croyances.

 

Dans la recherche constante de la vérité et de la justice, les Francs-Maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite.

 

Les quelques lignes tracées par Carl Gustav Jung abondent le propos de C G sur le concept de Dieu dégradé par certains de ses clercs :

 

« J’ai souvent été obligé, dans ma pratique thérapeutique, de dispenser un enseignement élémentaire d’histoire des religions, pour commencer par soulager de leur dégoût des choses religieuses les gens qui n’avaient jamais eu affaire qu’à des prédicateurs et à des annonciateurs de la Bonne Nouvelle. L’homme aujourd’hui veut comprendre, il ne veut pas entendre des prêches. » (1952)

 

Jean-François Guerry.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
LE 5ème Cahier de L'Alliance Maçonnique
LE 5ème Cahier de L'Alliance Maçonnique

       VÉRITÉS et VÉRITÉ – 5ème CAHIER DE L’ALLIANCE

 

 

Le 5ème Cahier de L’Alliance, la revue d’études et recherche Maçonniques de la Grande Loge de L’Alliance Maçonnique Française est paru. Comme de coutume il est de grande qualité, par l’intérêt du thème abordé, la diversité et la culture des intervenants qui par leurs réflexions enrichissent la nôtre. Le thème est passé sous les prismes : de la philosophie antique, de l’histoire, des traditions, et bien sûr de la spiritualité en général et maçonnique en particulier, offrant au lecteur un large spectre, une ouverture, comme le dit le sous-titre de cahier Un chemin pour qui la cherche.

 

Le sujet des vérités et de la Vérité est traité dans toutes loges maçonniques, ces deux occurrences figurent dans les rituels maçonniques, comme des portes ouvertes aux sœurs qui sont des chercheurs de vérités de la Vérité, de la Lumière et de la Parole créatrice.

 

Les multiples vérités peuvent elles se rejoindre se confondre dans une Vérité Unique, en évitant l’écueil du dogmatisme ? Doit-on refuser l’unique sous prétexte du multiple ? Le franc-maçon, free mason  homme libre est sorti des ténèbres obscures, pour recevoir les lumières mais aussi l’ultime grande lumière. Comment concilier le Sapere Aude (penser par soi-même) d’Horace repris par Kant, comment passer par les différences connaissances, vérités, lumières, pour atteindre la Lumière et la Vérité projet ambitieux inatteignable, peu importe il faut être sur le chemin.

 

Le culte de la raison humaine est-il à la hauteur du projet ? Quelle est la part de l’âme dans la Vérité, l’intelligence du cœur chère à nos loges est-elle une voie ?

 

L’apparence des vérités, n’est pas la Vérité, cette Vérité, est peut-être, l’harmonie qui se trouve au centre de ce cercle, entre cette équerre et ce compas lieu où se trouve le maître, ou dans le centre du triangle corps, esprit, âme, ou dans l’œil du cœur.

 

Si la franc-maçonnerie est un chemin d’éveil pour extraire, tailler, polir, marquer et poser les pierres spirituelles, que sont les vertus humaines, pour la réalisation de l’homme spirituel, par le travail de son maître intérieur, l’homme de Vérité construira ainsi son temple intérieur et deviendra lui-même un temple de l’esprit.

 

Il s’attachera lentement à rendre ce temple le plus parfait possible, comme le dit le Roi Salomon en contemplant le temple de pierre achevé : tout est juste et parfait. Le Maître parfait du 5ème degré du rite est sur la voie de son perfectionnement, il lui reste encore beaucoup de travail pour construire le temple spirituel

 

Si l’on croit en la perfectibilité de l’homme la franc-maçonnerie est un chemin de réalisation, un chemin pour accueillir la Jérusalem céleste de l’apocalypse, pour que celle-ci vienne en soi, ou plutôt qu’elle se révèle en soi, il suffit de chercher, de frapper, de demander, d’abord à la porte du temple, puis, à la porte de son cœur.  Alors il est possible qu’un rayon de cette lumière éternelle qui brille à l’Orient, que ce rayon de Lumière de Vérité parvienne jusqu’à notre cœur.

 

J’ai à me perfectionner, aussi j’ai hâte de prendre connaissance de ce 5ème Cahier de l’Alliance, et de revenir vers vous avec une modeste recension, une humble pierre à mettre dans notre édifice commun.

 

Jean-François Guerry.  

Pour s'abonner aux Cahiers de L'Alliance:

GL-AMF - Cahiers de l'Alliance- 8 rue Gesnoulin 92110 Clichy.

ou : gl-amf@gl-amf.net

3 numéros pour 48,00 €

 

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Thomas lecteur du Blog nous propose sa réflexion documentée dans le prolongement de l'article, nouvelles radicalitées vertes.

Avec ma demande d'excuses pour la qualité des photos

Jean-François Guerry.

 

 

 

Bonjour Jean-François,

    J'avoue être réservé quant à l'influence de ce type d'action, la loi du nombre arithmétique majoritaire induit le résultat or nous sommes "poussière".

    Vaste programme aurait dit "Mon Général"...les Chinois depuis 18 mois pour soutenir la croissance intérieure ont ré-orienté les subventions destinées au renouvelable et ne sortiront du charbon que en 2050 (peut-être)

Car ils continuent de construire en Chine un nombre impressionnant de centrales charbon (si ma mémoire ne me fait pas défaut un nombre équivalent à ce qui existe aux USA) , actuellement financent en Bosnie Herzégovine deux centrales aux limites des frontière U.E. ...qui achète et achètera l'électricité carbonée hors nos frontières car nos capacités face à notre consommation sont insuffisantes....je n'évoque pas le bilan économique et écologique des voitures électriques marché dominé par la Chine pour les batteries aujourd'hui...demain l'automobile à l'image de leur domination dans le photovoltaïque?

Ne parlons ni des USA ni de l'Inde ni de la Pologne...

    Je te joins 2 articles + la dernière de couverture du dernier rapport Meadows à l'origine pour le Club de Rome qui s'est empressé de l'archiver.(a été édité en France en 1974 si j'ai bonne mémoire, puis vérifié et confirmé deux ou trois fois, cette couverture est celle de la parution en Français en 2014...en son temps j'ai lu chaque édition pour ne conserver que la dernière.

 fin 70 ou début 80, je ne me souviens plus très bien, Edmond Maire (CFDT)est intervenu au congrès national de la JCE, les conclusions Meadows lui ont été présentées afin d'obtenir son opinion, celle-ci a été parfaitement limpide (ce n'est pas du mot à mot, mais l'esprit y est)"il faudrait que nous stabilisions la progression de notre niveau de vie et donc de consommation afin que les pays en voie de développement nous rattrapent plus facilement....mais nous ne savons pas comment procéder et garder un contexte social serein "Ces propos m'ont été rapportés par un membre du bureau national.

 

    Je t'avoue une profonde inquiétude sur l'avenir de nos Petits-Enfants.

Thomas.

 

PROLONGEMENT DE L'ARTICLE NOUVELLES RADICALITÉES VERTES
PROLONGEMENT DE L'ARTICLE NOUVELLES RADICALITÉES VERTES
PROLONGEMENT DE L'ARTICLE NOUVELLES RADICALITÉES VERTES

                                                                                                                 1970

 

                                                                                                    1980

 

 

                                                                1990

   

        2000

 

 

   2010

 

      

  2020

PROLONGEMENT DE L'ARTICLE NOUVELLES RADICALITÉES VERTES

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Une recension sur un livre curieux et intéressant sur Les Lumiéres.

 

Retrouver Benjamin Lay, pour une histoire populaire des Lumières

Deborah Cohen

 

 

A travers la biographie de Benjamin Lay, l’historien Markus Rediker livre le récit fascinant d’un acteur central mais oublié du siècle des Lumières. Usant de tous les moyens d’action pour ébranler les conventions sociales de son temps, Lay défendit très tôt l’égalité des humains, tout en dénonçant les dégâts et les faux besoins produits par le capitalisme naissant.

A propos de Marcus Rediker, Un activiste des Lumières. Le destin singulier de Benjamin Lay, traduit de l’anglais (États-Unis) par Aurélien Blanchard, Seuil, 2019 .

Marcus Rediker, Professeur à l’Université de Pittsburgh, est né en 1951 dans le Kentucky, dans une famille de mineurs et d’ouvriers. Lui-même travaillera en usine durant trois années. Ayant ensuite rejoint le monde universitaire, il est cependant toujours resté fidèlement en contact avec l’univers des prolétaires, des dominés, des opprimés. Il a été au cœur de nombreux combats pour la justice et la paix, et s’est particulièrement engagé contre la peine de mort. Il se définit lui-même comme « d’ascendance galloise, écossaise, hollandaise et cherokee, d’éducation sudiste, appartenant à la génération de la New Left et citoyen du monde par élection »[1].  C’est sur l’Atlantique du 17e au 19e siècle, comme lieu de naissance du capitalisme mondialisé, que portent tous ses travaux. Minutieux travail d’historien sur des passés disparus, ses ouvrages sont aussi éminemment politiques et pensés pour aujourd’hui. Marcus Rediker refuse ce qu’il appelle un « terracentrisme [5] [6] [7] [8] »1, c’est-à-dire une recherche centrée sur les territoires non maritimes, oublieuse de l’océan, et qui, orientant le regard vers les espaces et les individus bénéficiaires du nouveau commerce, occulte les conditions de production et d’échange2. L’historien préfère quant à lui suivre sur les eaux océaniques les marins, les esclaves, les pirates, les foules portuaires multi-ethniques (ce qu’il appelle « l’équipage bigarré ») qui ont été les travailleurs et les marchandises de ce nouveau marché, qui à bien des égards est encore le nôtre. Ses ouvrages pensent ensemble le travail « libre » et le travail des esclaves, persuadé qu’ils relèvent d’une commune marchandisation3.

 

LE RÔLE POLITIQUE DU CONTEUR

            Marcus Rediker ne cesse de nous offrir des récits rendant compte de cette réalité protéiforme ; il est l’un de ceux qui écrivent l’histoire de la manière la plus singulière aujourd’hui, et c’est surtout un merveilleux conteur, un passeur d’histoires. Dans un contexte mémoriel et historiographique qui a longtemps oublié, marginalisé, voire criminalisé, les figures historiques les plus radicales et rebelles, il travaille inlassablement depuis trente ans à faire entendre les voix de celles et ceux qui ont ancré leur parole dans une expérience du travail, de la révolte et de la lutte atlantique. Contre l’histoire officielle, Marcus Rediker écrit une « histoire d’en bas » : il nous raconte ce qu’ont subi et ce qu’ont accompli des anonymes ou des oublié.e.s, en les donnant le plus possible à voir et à entendre, cherchant les textes, les poèmes, recourant même à la mémoire orale4. Reprenant à son compte les analyses de Walter Benjamin sur Le Conteur5, il considère que les histoires enracinées dans le peuple avaient « pour fonction fondamentale de permettre l’échange de l’expérience au sein d’un groupe »6. Par là, chacun de ses livres est une manière de faire justice de l’oubli7, mais surtout, chacun peut jouer pour nous le rôle d’un conte populaire : il nourrit notre imaginaires politique de la diversité des formes anciennes de résistance au capitalisme mondialisé. Son dernier ouvrage traduit en français, documentant la vie et les combats d’un quaker radical du début du 18e siècle, pourrait sembler anecdotique. Il n’en est rien ; par la méthode et par les thèmes abordés, il continue un chemin de recherche cohérent, obstiné[9] [DMC10]  et politiquement nécessaire.

 

DES BIOGRAPHIES PAR LE BAS : LE RÔLE DES AFFECTS

            Benjamin Lay (que son biographe appelle souvent familièrement, et presque tendrement, Benjamin) fut l’un des tout premiers auteurs à appeler à l’abolition de l’esclavage. Pourtant, il a peu attiré l’attention des historiens. Écrire sa vie c’est poursuivre un travail de biographies par le bas, par lequel Marcus Rediker nous a déjà fait rencontrer (entre autres) Edward Barlow, marin autodidacte du 17e et auteur d’un journal marqué par une forte rhétorique de classe, Henry Pitman rebelle exilé par les forces royalistes en 1685 et vendu comme esclave, ou encore les héros des collectifs insurgés des bateaux pirates8 ou du groupe d’esclaves se libérant à bord de l’Amistad. Tant d’autres aussi, juste croisé.e.s, comme Dwight Janes, épicier de New London et important rouage de l’abolitionnisme des années 1830, comme Sarah, belle à fasciner les marins qui la virent sur le négrier de Liverpool qui la transportait en 1785 et où elle participa à une rébellion, ou ce jeune enfant fouetté à mort par le capitaine négrier Thomas Marshall en 17659. Donner à voir et à entendre des individus, c’est ne jamais édulcorer la violence derrière les chiffres (fussent-ils terrifiants et morbides comme le sont ceux produits par les historien.ne.s de l’esclavage), c’est ne pas se poser la question de la représentativité10 mais penser que toute action rebelle laisse une trace et ouvre une voie, c’est prendre en compte le fait que les combats politiques d’hier et d’aujourd’hui ne se nourrissent pas seulement de concepts et de démonstrations, mais d’images et d’affects.

            Cette conviction redikerienne qu’une meilleure compréhension politique du monde et de ses enjeux passe d’abord par le sensible et le vécu vaut à la fois pour les lectrices et lecteurs que nous sommes (et donc oriente la forme du récit) mais aussi et d’abord pour les acteurs de l’histoire passée (et présente). Le choix de la biographie est lié à l’idée que les formes de compréhension du monde, que les pensées, émergent de rapports pratiques à ce monde. C’est ainsi la vie même de Benjamin Lay qui lui permet de formuler, bien avant que le thème ne prenne[DMC11]  place dans un espace public légitime, des critiques radicales contre l’exploitation des hommes à travers l’esclavage, et contre celle des animaux. Devenu auteur et libraire aux États-Unis, Benjamin[DMC12] Lay[DMC13] est[DMC14]  issu d’une famille de l’Essex, région de longue tradition de radicalisme religieux ; il fut berger, réfléchissant aux rapports de protection envers son troupeau, gantier dans ce « commerce puant » et violent qui traite des peaux animales ; il passa par la Barbade, la plus grande société esclavagiste du monde à l’époque, fut marin familier du monde cosmopolite des navires et des docks, homme de petite taille en proie aux railleries des tenants d’une norme corporelle : la biographie de Benjamin Lay explique (sans déterminisme) son rapport au monde et ses convictions. Les idées naissent des pratiques. C’est la raison pour laquelle les travailleurs qui sont au cœur du système atlantique sont en mesure, plus que d’autres peut-être, d’en saisir les implications profondes.

            En collaboration avec Peter Linebaugh, Marcus Rediker avait déjà montré combien les circulations de l’expérience prolétarienne à travers l’Atlantique pouvaient être à l’origine des révolutions de la fin du 18e siècle11. La pensée des Lumières bourgeoises n’est pas tombée du ciel des idées, elle doit beaucoup à des récits et des colères venus d’en-bas et que les érudits recueillaient sur les docks12, à des révoltes qui ont permis des formulations neuves chez des auteurs (J. [DMC15] Philmore[DMC16] , Thomas Paine, Jefferson, Samuel Adams Jr) qui n’en auraient pas eu l’idée autrement. Il faut prendre la mesure de ce que déplace cette « histoire par le bas ». De même que l’histoire du genre est, au-delà de l’histoire des femmes, non pas simplement l’introduction d’un nouveau sujet dans l’histoire mais une autre manière de la voir, de même l’histoire par le bas telle que la pratique Marcus Rediker ne se contente-t-elle pas de donner à voir des pauvres tentant d’agir dans une histoire finalement quand même écrite par la répression et la domination : elle révèle d’intenses influences. Dans ce livre-ci plus encore que dans les précédents il s’agit de penser autrement que ne le fait l’histoire des idées traditionnelles : le titre même de l’ouvrage est presque une provocation, il y a donc des Lumières populaires, celle des activistes inconnus, des Lumières restées dans l’ombre en somme13. « L’abolitionnisme révolutionnaire » qui est celui de Benjamin Lay, suggère, nous dit Marcus Rediker, « une nouvelle généalogie de l’antiesclavagisme », non plus « associée aux seuls membres des élites », mais aux travailleurs ordinaires. Cela contribue aussi à en déplacer la chronologie pour faire démarrer l’opposition à l’esclavage non plus dans les années 1750 mais une vingtaine d’années plus tôt. À l’époque, Benjamin Lay fait partie d’une très petite minorité, mais il n’est pas seul. Marcus Rediker documente la vie et la pensée de Ralph Sandiford, marchand auteur d’un virulent réquisitoire contre l’esclavage et qui fut l’ami de Lay, parce qu’il partageait sa connaissance de la mer et du monde des marins, une vie en marge, un refus des lois iniques. Mais le destin de Sandiford, qui à force d’oppression sombra dans la folie, dit combien ces positions étaient dures à tenir à l’époque.

 

            Écrire est peut-être ce qui a empêché Benjamin Lay de sombrer lui aussi dans la folie. Se qualifiant lui-même d’ « illettré », Lay est pourtant bien « un homme de lettres » selon Marcus Rediker14. Il l’est parce qu’il possédait des livres qu’il lit et commente, et surtout parce qu’il est l’auteur de All Slave-Keepers That Keep the Innocent in Bondage, Apostates. L’ouvrage a un ton prophétique ; il est écrit dans un langage familier mêlant humilité et grandiloquence, voix de l’auteur et voix d’autres ouvrages ou d’autres individus rencontrés, pour aboutir à une sorte de grande compilation – forme ouverte et démocratique que prennent souvent les écritures populaires à l’époque. Écrit sans plan et sur le mode, nous dit Marcus Rediker, du « flux de conscience »15All Slave-Keepers témoigne de la propension de Benjamin Lay à l’ « enthousiasme », aux émotions fortes. L’ « enthousiasme » [DMC17] désigne pour les quakers une émotion potentiellement subversive, mais il est bien évidemment choisi par l’auteur pour engager une discrète polémique avec celles et ceux qui imagineraient encore les Lumières comme le triomphe d’une rationalité froide et hostile aux émotions (à l’encontre de l’usage que Kant lui-même fait de la notion d’enthousiasme16 ).

            Suivre Benjamin Lay, c’est aussi trouver au mouvement abolitionniste, et aux Lumières en général, une généalogie autre que celle habituellement tracée – notamment en France. À travers lui c’est une chaîne logique que l’on remonte, allant des premiers cyniques grecs au christianisme primitif et au christianisme radical de la Révolution anglaise. Cette généalogie valorise donc des figures de marginaux et de proscrits, de rebelles sociaux et non de penseurs aristocratiques. Il y a des pages très amusantes dans le livre où Marcus Rediker imagine la rencontre, supposément ratée de peu, entre l’incarnation des Lumières traditionnelles, Voltaire en exil à Londres, et Benjamin membre de l’assemblée quaker à laquelle le grand homme se rendit un jour.

 

VIES ET PROPAGANDES RÉVOLUTIONNAIRES

            La rencontre imaginaire, de deux hommes qui partageaient un semblable combat antiesclavagiste, souligne l’importance pour Marcus Rediker de la manière dont les idées s’incarnent. Profondément étranger au monde de l’aristocratique Voltaire, Benjamin Lay a choisi d’incarner et de vivre son mépris pour les riches et les exploiteurs17. Comme avant lui d’autres chrétiens radicaux (et notamment Thomas Tryon, protestant radical du 17e siècle anglophone, végétarien, antiesclavagiste), Benjamin est un bon connaisseur de la figure de Diogène et lecteur d’Épictète ; il choisit une vie simple, marquée par un idéal d’autosuffisance ascétique, sans interférence des biens créés et donc de faux besoins, tournant le dos à une économie de marché de plus en plus mondialisée. Se nourrissant exclusivement de fruits, de légumes, de miel, de lait et d’eau, tissant ses propres vêtements, passant la dernière partie de sa vie dans une caverne, ne se déplaçant jamais qu’à pied et non à cheval, Benjamin subvient donc à ses besoins vitaux sans qu’on puisse y trouver trace de la moindre exploitation de l’homme ou de l’animal. La connexion chez Benjamin Lay entre pratique végétarienne et lutte contre l’esclavage est intéressante, non pas seulement dans le refus de l’exploitation mais aussi parce que le langage raciste s’est appuyé sur un mépris pour les animaux, parce qu’il existe un lien entre suprémacisme blanc et suprémacisme humain : les Noirs ont été décrits comme des singes, les juifs comme des rats. L’animalisation visant à exclure du cercle de la moralité est possible, nous explique Florence Burgat, parce qu’il existe, depuis le 13e siècle, une définition ontologiquement dégradée de l’animalité18. Marcus Rediker fait de Benjamin Lay un quasi « vegan » et un écologiste, parce qu’il relie généalogiquement le souci contemporain d’un respect de la nature à l’intention chrétienne de Lay qui cherche à se conformer à une nature pensée comme divine.

            Dans cette pratique d’une philosophie par le bas, il ne s’agit nullement de voir un simple égotisme, une réduction de la politique à un style de vie19. En effet, au-delà de la mise en cohérence de leurs idées et de leur vie, les personnages que suit Marcus Rediker – et Benjamin Lay au premier chef – sont presque tous marqués par la volonté [DMC18] d’engager le combat pour changer non pas seulement sa vie, mais la société. Les vies des cyniques grecs et des quakers primitifs qui inspirent Lay sont autant d’adresses au peuple : « que nos vies parlent » disait un vieux dicton quaker20. Ce combat passe par des formes d’opposition publiques destinées à choquer, à heurter les habitudes paresseuses et à introduire à une « politique des petits choix »21. Ainsi, au grand scandale des présents, Benjamin organisa un jour de 1742, sur la place d’un marché particulièrement fréquenté de Philadelphie, la destruction d’un très joli service à thé lui appartenant. Il s’agissait de théâtraliser les enjeux liés à la consommation, et de marquer les consciences de celles et ceux qui ne pensaient pas forcément, en buvant leur thé, aux mauvais traitements des hommes et des femmes qui le récoltaient, ou au système esclavagiste aboutissant à la production du sucre qu’on y faisait fondre. Cette manière de s’attaquer à ce que Marx appellerait le fétichisme de la marchandise, en tentant de donner une visibilité au travail et aux souffrances que dissimulent l’usage, la beauté, l’évidence quotidienne de l’objet, a des résonances très contemporaines. Cela permet de rappeler que loin d’être le fait de « casseurs » irresponsables, décervelés et sans culture, un geste comme celui de briser des vitrines de banque s’inscrit dans une très ancienne tradition politique et philosophique. Le mépris auquel se heurte ce geste, Benjamin Lay l’a bien connu, lui qui fut désavoué et chassé par sa communauté quaker[DMC19].

            C’est que ces quakers, supposés prêcher l’amour, la paix et le respect de l’autre, sont très souvent eux-mêmes devenus propriétaires d’esclaves. Lay intervient dans leurs réunions pour les perturber, dénoncer collectivement et individuellement ceux dont la vie est en contradiction avec les paroles de l’Écriture sainte et leur interprétation par les premiers quakers. Cette même communauté quaker allait pourtant évoluer elle-même vers un rejet de l’esclavage. Ce que Benjamin Lay dut défendre à travers des méthodes provocatrices, qu’il concevait comme la guerre d’un David contre le Goliath des esclavagistes, devint – vingt ans après – une sorte d’évidence partagée. C’est donc de leur fondamentale efficacité à long terme que nous entretient M. Rediker quand il évoque des formes de propagande radicale. Parce qu’elles touchent aux émotions du public, les luttes pleines d’ « enthousiasme » ou de « zèle » sont, quoique souvent réprimées, loin d’être inutiles. Ayant travaillé sur l’impact des images du navire négrier sur le développement du mouvement abolitionniste au 19e siècle22, sur les usages d’une sorte de « guerilla Theater » par les révoltés de l’Amistad pour représenter l’horreur de leur traversée atlantique23, l’historien s’intéresse ici au travail de subversion symbolique que mène Benjamin Lay, qui fut particulièrement inventif en la matière – se couchant dans la neige pour mettre celui qui le relevait devant la contradiction de sa pitié ici exercée mais refusée envers les esclaves24, ou perçant d’une épée une bible évidée et remplie d’une poche gorgée de jus rouge sang, pour figurer la vengeance divine contre les propriétaires d’esclaves25. C’est à nos modalités de lutte et de propagation de convictions dans une société[DMC20]  du spectacle que M. Rediker s’attache à fournir des modèles et des encouragements, en insistant sur la nécessaire incarnation des idées et des concepts.

 

UNE AUTRE SOCIÉTÉ EST POSSIBLE

            M. Rediker ne se contente pas de documenter les formes d’opposition passées, il souligne également ce qui, dans les histoires qu’il nous raconte, pointe vers des possibles futurs. La plupart de ses héros partagent au moins trois caractéristiques permettant de reconstruire le monde autrement : l’antinomisme, la solidarité et l’égalitarisme.

            L’antinomisme est l’idée selon laquelle la conscience morale transcende la loi civile de l’État. L’esprit (divin) prévaut alors sur la loi humaine. C’est un des points d’appui du radicalisme religieux des années 1640-1650, que l’on trouve chez les Niveleurs ou les Diggers, par exemple, et chez un auteur comme William Dell, que Benjamin a lu et annoté. C’est aussi le cas de certains abolitionnistes que les actions de rébellion (celle de Tacky à la Jamaïque en 1760 ou celle de l’Amistad en 1839) confortèrent dans l’idée qu’une action en contradiction avec la loi positive doit être soutenue si elle est favorable à la cause de la liberté. C’est plus généralement le cas des pirates et de tous ceux qui correspondent à la définition du bandit social donnée par Eric Hobsbawm (envers lequel Marcus Rediker reconnaît une dette qui est évidente)26. Il y a, en somme, une « loi supérieure », loi de justice et d’humanité, supérieure à la loi instituée. Tous les collectifs analysés par Marcus Rediker se sont constitués en s’arrachant à la loi des États oppresseurs.

            La solidarité, mise en valeur par l’historien dans tous les collectifs qu’il rencontre, est le dernier élément nécessaire à la reconstruction de sociétés alternatives. Marcus Rediker l’analyse notamment dans le cas du navire négrier : face à l’entreprise de déshumanisation et d’acculturation menée par les capitaines et marchands d’esclaves, les hommes et les femmes à bord créent des collectifs unis par une forte solidarité : ils et elles deviennent « compagnons de bord »27, unis au point de créer des parentés fictives et, comme ce fut le cas pour les révoltés de l’Amistad, d’entrer dans un « processus d’ethnogenèse » qui aboutit à la création d’une entité nouvelle, d’un « peuple ». Chacun et chacune prend soin de l’autre28. Cette solidarité n’a pas seulement, dans les récits de M. Rediker, une valeur morale : elle a également une efficacité pragmatique, assez proche sans doute de celle que lui donne un Pierre Kropotkine29. M. Rediker a ainsi une analyse assez fascinante du destin de celui qui aurait pu être l’un des modèles de Robinson Crusoé : face à une historiographie qui fait de celui-ci un solitaire et un individualiste, l’historien montre que son modèle, Henry Pitman, ne put survivre que parce qu’il était membre d’un collectif insurgé et qu’il bénéficia de savoir-faire divers, venus de différentes personnes et coalisés.

 Cette solidarité ne peut réellement advenir que sur fond d’égalitarisme. On trouve celui-ci chez les pirates, ces « hommes sans chef » ou presque, pour lesquels l’autorité est toujours collective. L’égalitarisme est aussi bien analysé par Marcus Rediker comme étant ce qui permet au groupe des révoltés de l’Amistad de tenir après la prise du navire, et même en prison, par des décisions prises de manière toujours collectives (selon un modèle qui doit sans doute beaucoup aux « palabres » de leurs pays d’origine). C’est cette égalité de tous qui permet l’ « autogouvernement »30. Chez Lay l’égalitarisme s’exprime dans l’opposition à l’esclavage et par l’antispécisme. Mais Benjamin Lay, trop radicalement décalé par rapport à son époque, ne put jamais construire de communauté – c’est la différence entre lui et la plupart des autres figures étudiées par l’historien. Tout au plus Marcus Rediker suggère-t-il qu’il vécut probablement avec sa femme dans une relation d’équilibre et d’égalité, et qu’il ne renonça jamais à être réintégré dans sa communauté quaker – sans doute au nom d’une communauté rêvée qui serait un lieu d’égalité de tous et toutes.                      

Marcus Rediker nous le rappelle, les histoires des marins furent « cruciales pour la construction par en bas d’une communauté »31, de même l’histoire telle que lui nous la raconte est précieuse pour construire aujourd’hui des communautés de lutte qui se reconnaissent des ancêtres ou acceptent de partager des filiations (peut-être imaginaires) et des précurseurs. C’est à reconnaître Benjamin Lay comme l’un des nôtres et à puiser force et espoir dans son combat que nous appelle Marcus Rediker par son livre récemment traduit.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
NOUVELLES RADICALITÉS VERTES ?

NOUVELLES RADICALITÉS VERTES ?

 

 

A  contre-courant du mondialisme, du prêt à porter, des kits, des prêts à penser algorythmés. De nouvelles communautés radicales vertes s’installent dans nos campagnes désertées, elles seraient environ 1000, et en constante augmentation. Sont t’elles les héritières de l’esprit des lumières et du penser par soi-même, ou une résurgence du peace and love ?

Les jeunes qui constituent ces îlots se caractérisent par leur niveau intellectuel, leur culture, et la prise de conscience de l’urgence écologique.

Sont-ils des gaulois réfractaires au modernisme, ou des utilisateurs raisonnables des nouvelles technologies, leur téléphone portable les relie avec le monde, leur désir de communiquer avec le monde qui les entourent les différencient des communautés des années 1970. Ils ne veulent plus vivre simplement au rythme du CAC 40 ou du cours du blé mondial.

 

Leur objectif n’est plus seulement de gagner sa vie, mais de faire par soi-même sa vie et de lui donner du sens, ils voient plus loin que les autres. Ils veulent revoir leurs rapports avec la nature et les autres, non pas s’enfermer, mais s’ouvrir.

 

Ceux que nous considérions il y a quelques années encore comme de doux allumés, ont aujourd’hui le statut de lanceurs d’alertes. Ce sont eux qui investissent les jachères organisées dans nos campagnes comme substituts à la surproduction localisée qui ruine nos agriculteurs.

 

Alors ceux que certains considèrent comme des bobos écolos, des enfants gâtés, ne sont-ils pas tout simplement des précurseurs ? Ok boomer.

 

Ceux qui sont aujourd’hui considérés comme des marginaux, ne seront-ils pas dans 20 ou 30 ans considérés comme des précurseurs. Les utopies d’aujourd’hui sont souvent les normalités de demain.

 

 

On argumentera à leur sujet que l’on ne change pas le monde, en se retirant du monde, c’est refuser de voir qu’ils font déjà partie de notre monde, et c’est par leurs transgressions, leurs mutations, qu’ils font avancer le monde. Ils rêvent d’un autre monde.

 

Quand les sœurs et les frères se retiraient dans leurs loges, pour réfléchir, alors naissaient les idées de demain. Les communautés qui se retirent s’octroient du temps long, s’extraient des contingences, de la dictature de l’immédiateté, deviennent des marqueurs sur le chemin de l’avenir.

Ces jeunes se fédèrent en couvents écologiques, il y a dans leur recherche un aspect spirituel, ils sont sans conteste à la recherche de plus d’être et de moins d’avoir, de recherche de la vraie vie en vérité.

 

Ils sont je pense animés par l’intuition qu’il faut allumer la lumière dans les phares quand la nuit tombe ou quand les éléments se déchainent. Sous prétexte de rentabilité nous n’avons plus de gardiens de phare. Ces jeunes sont des lumières, fragiles, imparfaites, solitaires, ils sont des lumières verticales qui éclairent notre monde.

 

Jean-François Guerry.

« À l’aurore, lorsque tu te réveilles péniblement, aie toute prête cette pensée : « C’est pour faire œuvre d’homme que je m’éveille. Vais-je donc encore m’irriter, si je m’en vais faire ce pour quoi je suis né et ai été amené au monde ?(…) Est-ce donc pour le plaisir que tu es né ? N’est-ce pas pour agir ? Ne vois-tu pas les plantes, les moineaux, les fourmis, les abeilles faire leur besogne propre, apportant leur part à l’œuvre du monde ? Alors, ne veux-tu pas faire la besogne de l’homme. Ne vas-tu pas te presser d’agir conformément à ta nature ? »

Marc Aurèle – Pensées I – Livre V.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Les meilleures actualités maçonniques sont sur les sites :

 

QUELQUES ACTUALITÉS

 

VU SUR HIRAM BE SITE D’INFORMATION MAÇONNIQUE

WWW.HIRAM.BE

L’EUROPE ET LA JEUNESSE À PONTIVY LE 7 FÉVRIER

Publié par Géplu

 

Dans Divers

La loge du Grand Orient de France Au Centre de l’Union, de Pontivy, organise ce vendredi 7 février à 19h30 au palais des congrès, salle Pourleth, une conférence publique gratuite animée par Alain Geraudelle, ancien grand maître adjoint du GODF sur le thème de l’Europe et la jeunesse

 

Tous les détails sur le site hiram.be

 

NON AU RETOUR DU DÉLIT DE BLASPHÈME

Publié par Géplu

 

Dans Divers

Communiqué du Collectif Laïque National
.

NON AU RETOUR DU DÉLIT DE BLASPHÈME

La liberté laïque de critiquer les religions, ainsi que la liberté d’expression sont, aujourd’hui encore, attaquées de toute part.

Une jeune fille a été récemment injuriée, menacée de mort par égorgement et déscolarisée pour échapper à ces menaces parce qu’elle s’était insurgée, par une critique acerbe de la religion musulmane, contre un harcèlement sexiste et homophobe. Or, elle s’est vue mise en cause, accusée d’être en partie responsable de ces appels au meurtre, dans le contexte alarmant de l’absence de réaction des partis politiques progressistes ou de certaines associations des droits de l’Homme ou prétendument féministes, voire même du déni des atteintes ainsi portées à ses droits fondamentaux.

 

La suite sur le site hiram.be

QUELQUES ACTUALITÉS
PMA : FAMILLE ET FILIATION AU XXIE SIÈCLE

Publié par Géplu

 

Dans Divers

La loge Tetractys de la Grande Loge Mixte de France à l’Orient de Saint Germain-en-Laye organise le vendredi 6 marsune Tenue Blanche Ouverte sur le thème PMA – Famille et filiation au XXIième siècle : Venez dialoguer avec une loge maçonnique.

Lire la suite sur hiram.be avec une interview

QUELQUES ACTUALITÉS

SUR LE SITE G A D L U INFO à lire

 

Enlever l’image sulfureuse que l’on peut avoir de nous“: le Grand Maître de la Grande Loge de France veut démystifier la franc-maçonnerie

Source : Article “Var Matin” du 07 février 2020

Pierre-Marie Adam, Grand Maître de la Grande Loge de France, anime ce soir une conférence à Saint-Raphaël pour “démystifier” la franc-maçonnerie. “L’humain est au cœur du projet”, insiste-t-il

 

www.gadlu.info


 

Voir les commentaires

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog