Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Quelques mots, un souffle qui comme une ombre courre dans le désert, presque rien, plus rien, qu’un murmure lointain, incompréhensible. Un rameau d’acacia toujours vert, qui sans cesse renaît, avec une simple goutte d’eau, une flamme ardente dans un buisson sec, la vie éternelle qui palpite en nous.
La connaissance de soi s’acquiert dans la nudité, attentive à refuser toute pensée susceptible d’accueillir l’égoïsme et toutes ses manifestations. Indifférent à la louange comme aux injures, le connaissant marche seul dans un désert aride. Heureux des rencontres, il ne les sollicite point ; il n’a pas à être rassuré sur l’importance de sa démarche, aucun encouragement ne lui est nécessaire. La lumière dont il entend l’appel lui suffit : le reste est bourdonnement.
Face à la violence, ouvrir une fenêtre l’espace d’un instant regarder le ciel, le laisser pénétrer sur la terre, notre maison commune, juste un peu de ciel et d’air pur, quelques chants d’oiseaux au point du jour.
Croire un instant, un moment seulement comme le plus humble des charbonniers, le plus grand des savants, croire que rien ne meurt, que l’espérance demeure, croire en une puissance supérieure ordonnatrice, un horloger, un géomètre, que sais-je ?
Quelque chose de plus grand, de plus beau, de divin, une infinité, sans nom, peu importe elle a tous les noms, croire sans savoir, sans dogmes, mais sentir, répondre au message d’amour, ce message qui rend tout possible ouvre toutes les portes.
Ce message qui flotte sur toutes les mers, qui vole entre terre et ciel, qui passe les cimes de montagnes géantes, qui coule comme un torrent dans la rivière de la vie qui passe, qui courre dans le vent comme une plume blanche.
Ce message qui rougit nos yeux étonnés de larmes de joie, qui coulent sur l’enfant souriant à peine né, ces larmes de douceur, ces larmes de l’homme qui pleure d’un amour qui le dépasse.
Jean-François Guerry.
« Habité par la pierre et sa langue universelle, toujours plus convaincu qu’il est dans le cosmos des mécanismes régulateurs, je commence à m’entretenir avec les forces invisibles. »
Communiqué de la Grande Loge Traditionnelle de France
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Installation d’un nouveau Grand Maître à la Grande Loge Traditionnelle de France
Comme il est maintenant de coutume de le faire pour l’installation d’un nouveau Grand Maître,la Grande Loge Traditionnelle de Frances’est réunie en Tenue de Grande Loge le samedi 11 janvier dans le cadre prestigieux de la salle du conclave du Palais des Papes en Avignon.
En présence de 500 Frères, 9 délégations de Grandes Loges amies parmi lesquelles la Grande Loge de France et la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, Yvon Couve, Grand Maître descendant de charge, ouvrit les travaux avec une certaine émotion puis fit un rappel de la vie de l’Obédience depuis sa création.
Il procéda ensuite à l’installation de son successeur, le Très Respectable Frère Mario Piromalli, qui fut son Député Grand Maître pendant toute la durée de son mandat. Ce Breton, maintenant à la tête d’une Obédience comptant plus de 1.800 Frères dont plus de la moitié dans le sud, a basé son mandat sous le double signe du mérite Maçonnique et de la fierté d’appartenance à la Grande Loge Traditionnelle de France.
Il a rappelé que les échanges maçonniques sont l’un des principes fondateurs de la GLTF qui, en restant une Obédience strictement masculine, souhaite multiplier les échanges avec les Grandes Loges amies. Propos repris et confirmés par Michel Brewer, 1er Grand Maître Assistant de la Grande Loge de France et par Pierre Le Bas, Député Grand Maître de la GL-AMF.
Le nouveau Grand Maître procéda à l’investiture de son Député, de ses Assistants, du Grand Collège et des 5 Grands Maîtres Provinciaux.
Cette belle journée se clôtura par un dîner de gala au Palais de la Bourse à Marseille, partagé par quelques 200 Frères et leurs épouses.
À force de mettre en avant les excès, l’on jette selon l’expression populaire le bébé avec l’eau du bain. Ainsi l’on nous dit à l’envie qu’il faut absolument rejeter les communautarismes, qui clivent, séparent la société, modifient notre mode de vie, mais quel mode de vie ? Celui de l’uniformité, de l’horizontalité, du mondialisme, il faut de l’égalité à tout prix, cette égalité se transforme aussi en égalitarisme, c’est le règne d’une pensée unique qui nous menace, pour répondre à nos problèmes quotidiens nous avons les mêmes applications sur nos Smartphones, bientôt nous aurons des applications répondant de manière uniformes à nos questions existentielles, des réponses taillées sur mesure par le ciseau de la raison, qui pénétrerons en nous sous les coups de maillets incessants de GAFAM relayés par des médias gagnés par l’uniformité.
Le mondialisme : c’est l’utopie du bonheur matériel pour tous, par la consommation débridée. Cet impérialisme social refuse l’idée même de communautés, si ce n’est des communautés de consommateurs addicts.
Pourtant les communautés apportent le faire ensemble, le construire ensemble, où seraient nos cathédrales sans les guildes de bâtisseurs ? Où seraient toutes les traditions artisanales sans le savoir des corporations de métiers, comment construire des avions européens sans la communauté Airbus ? Il nous faut plus de communautés, pour plus de collectif. Les ronds points ont recréés du lien social, le manque d’écoute rapide a ouvert la boîte de Pandore de la colère, puis de la vengeance.
Les communautés rassemblent plus quelles ne fracturent, sous prétexte de faire corps l’on limite les cultures régionales, l’on empêche la pratique des langues qui font les identités régionales. Les communautés ne fracturent pas leur but est la préservation de traditions, leurs pratiques visent à l’amélioration individuelle de leurs membres et collective par l’amélioration de l’homme en général. Il faut simplement quelles soient ouvertes, accueillantes, sans prosélytismes, quelles respectent les choix et les libertés individuelles, et surtout quelles soient des lieux où se pratique l’amour fraternel. Je suis d’une communauté pour partager des valeurs qui sont en moi, les faire vivre mieux.
Leurs portes d’entrées et leurs portes de sorties des communautés doivent êtres constamment ouvertes à l’inverse des sectes.
Ce qui manque donc, c’est de faire communauté, de faire vivre le collectif, de savoir par un élan fraternel oublier raisonnablement son plaisir individuel, pour donner du sens à son désir du bien collectif.
La possession sans limites de biens matériels au détriment de la collectivité vit ses dernières heures dans les catastrophes générées par notre impact sur la nature, le rêve Californien ou Australien part en fumée, notre côte d’azur est recouverte régulièrement par les eaux.
La cité du bonheur n’est plus dans les hauteurs de l’empire state building, mais peut-être dans les cimes pures du Bouthan.
Nos plus grands biens sont ceux construits par des communautés, spirituelles, sociales, ce sont les biens immatériels qui restent dans nos mémoires et sont la mémoire de notre humanité, ces biens que l’on partage de génération en génération.
Nous sommes sans doute au seuil d’une nouvelle manière de vivre, moins consumériste, plus respectueuse de notre environnement et de nous-mêmes, alors pourquoi ne pas faire vivre les communautés, comme vivent les associations et les rassembler dans des fédérations partageant des valeurs communes, faisant du commun, en commun, pour faire passer le bien être avant le bien vivre individuel.
Si chacun apporte un peu d’amour fraternel, de compassion à l’autre, il ne manquera presque rien, juste un peu de volonté pour que nous puissions vivre sans violence en harmonie, dans une grande communauté humaine, respectant les différences, c’est cela qui nous manque….
Jean-François Guerry.
Texte extrait de l’Héritage des Lumières. À propos de la modernité. de Antoine Lilti.
« La modernité fut longtemps considérée comme l’affirmation de la supériorité de la raison. Celle-ci se déployait dans plusieurs domaines : lutte contre les préjugés religieux, défense de la science et des savoirs, autonomie morale des individus. Le projet moderne issu des Lumières était pensé comme un processus de rationalisation, pour le meilleur et pour le pire. Il débouchait sur un monde sécularisé, efficace et raisonnable, mais aussi désenchanté et froid, dominé par le calcul et l’utilité. »
Il y a je pense deux formes de ventriloquie, une qui enferme l’esprit dans un seul corps, l’expression d’un narcissisme égocentrique et vaniteux et l’autre qui libère l’esprit vers l’infini en faisant parlez en soi le mystère de la vie, cette dernière rapproche du divin.
De la première frome l’on peut dire que c’est une fausse ouverture d’esprit, on fait mine, voir bonne mine, l’on contemple son image dans l’autre non pas parce que c’est ma sœur ou mon frère, mais pour affirmer un moi dominateur. On encercle l’esprit de l’autre pour le ramener à son moi, conforté son image, c’est comparable à un enfermement dogmatique. L’on veut convaincre pour se rassurer, il y a une frome de prosélytisme de sa pensa propre pensée, l’on s’appauvrit en refusant les différences.
Par une forme de suffisance, on empêche toute ouverture d’esprit, au lieu d’écouter l’autre on le soumet à la dictature de sa pensée. Par une forme aboutie d’hypocrisie l’on veut faire parler l’autre avec ses propres paroles. L’on veut se faire reconnaître comme tel et non pas être reconnu comme tel.
Cela conduit à une pensée uniforme sclérosante, à une interprétation unique de l’universel. C’est oublier que les symboles sont vivants et peuvent inspirer des interprétations personnelles donc différentes. S’il y a une sorte de catéchisme des symboles, l’essentiel reste les valeurs qu’ils inspirent et qui elles peuvent prétendre à une sorte d’universalité.
L’important n’est donc pas de créer des sortes de ventriloques, mêmes si ce sont des perroquets parés de belles plumes, mais de favoriser l’éveil d’hommes différents qui se retrouvent ensemble dans des valeurs communes. Il y a tant rameaux dans l’arbre de la vie. La force et la beauté sont dans les différences, et la capacité de se rattacher ensemble pour former un ensemble harmonieux.
Ventriloquie :
« Le premier enfant de la beauté, le premier enfant de la beauté humaine, de la beauté divine, c’est l’art. En lui l’homme divin se rajeunit et se renouvelle. L’homme veut avoir conscience de lui-même; alors il donne à sa propre beauté une existence en dehors de lui. C’est ainsi que l’homme a créé ses dieux. Car, dans l’origine, l’homme et ses dieux ne faisaient qu’un; l’éternelle beauté, inconnue à elle-même, existait seule. – Ce que je dis est un mystère, mais ce mystère est une réalité. »
L’Alya, est l’élévation spirituelle pour les juifs, ce n’est pas que la fuite vers Israël pour pouvoir vivre en paix et être reconnu comme un citoyen de la république. Changer de lieu, fuir pour pouvoir pratiquer en paix et vivre sa religion, c’est ce que ne permet plus dans certains quartiers de France notre république laïque, plus prompte parfois a dénoncer les signes ostentatoires religieux qu’a assurer la liberté de culte, on en vient à tolérer l’intolérance religieuse.
En associant les lumières à laïcité que l’on veut consubstantielle à notre république, une forme de douceur à la française, qui oublierai les opprimés minoritaires.
Les francs-maçons fidèles à la tradition dans leurs loges s’interdisent toutes polémiques, discours politiques ou religieux en principe !
Pour autant ils ne s’interdisent pas suivant leurs convictions personnelles, leurs sensibilités propre de se référer, à la doctrine, l’enseignement, je vous laisse le choix, du plus humble de tous qui donna sa vie pour assurer à jamais la libération des opprimés, défendre les droits des plus faibles, anéantir les tyrannies, cette doctrine doit s’imposer à toutes les consciences.
Même le frère Voltaire initié tardivement, figure emblématique des lumières et de la liberté déclarait :
« Je ne suis pas contre les juifs mais contre le type de piété dont ils sont les inventeurs et qui trouve dans le christianisme sa forme la plus aboutie. »
Il est libre de sa pensée, mais aussi garant de la tolérance des lumières dont il se revendique. On a souvent tenté d’édulcorer sa pensée en le déclarant anticlérical, mais pas contre les religions, quand même ! Je lui concède qu’il ne fut pas un athée stupide, mais quel écho aurait aujourd’hui de tels propos ?
Saint-Jean Chrysostome dont l’exemple et même le patronyme a été repris par plusieurs loges maçonniques, martèle dans ses sermons en parlant des juifs :
« Ce peuple de chiens à la nuque raide dont les synagogues sont des tanières de bêtes impures. »
Il est difficile de trouver plus de haine.
Plus près de nous en pleine affaire Dreyfus le journal La Croix se proclama avec force et fierté le journal le plus anti-juif de France. A noter qu’il vient d’être consacré comme le meilleur journal de France en 2019.
Voilà des exemples de haine anti juifs, haine qui touche la société et les religions. Pourtant le peuple de l’ancienne et la nouvelle alliance, sont frères il y a l’ainé, et le cadet.
Les rituels maçonniques qui font référence au symbolisme de la construction du temple de Salomon et l’ancienne alliance, puis avec la Jérusalem céleste de Jean de Patmos à la nouvelle alliance sont conformes au désir de spiritualité et de tolérance des sœurs et des frères.
C’est donc pour être en conformité avec leurs serments que les francs-maçons sont également amis des pauvres et des riches pourvus qu’ils soient vertueux et s’imposent d’accueillir dans leur loges toutes les femmes et les hommes sans ostracisme, sans distinctions par rapport à leurs convictions religieuses ou non et politiques à l’exception des extrêmes qui divisent, la franc-maçonnerie restant un de seuls centres de culture de l’amour fraternel.
La tolérance n’empêche pas la force de la justice, l’actualité récente interroge sur notre capacité de républicain laïque à protéger sans distinctions tous les citoyens. Quand l’Alya n’est plus seulement un retour vers plus de spiritualité, mais une fuite Israël pour trouver un refuge, quand des juifs de plus en plus nombreux sont poussés en dehors de leurs communes de France par l’intolérance et la haine.
L’affaire Sarah Halimi renforce cette incompréhension, s’il suffit d’être consommateur occasionnel ou régulier de substances pour pouvoir crier sa haine et tuer, sans risquer même d’être jugé, en étant déclaré irresponsable par un expert. Il ne s’agit pas de renoncer à la notion d’irresponsabilité mais au moins de laisser la justice fut-elle humaine faire son travail, ne doutons pas que cet état de fait fera jurisprudence, et imaginons un instant une telle résolution pour les accusés du procès de Nuremberg ! Qui suis-je pour juger me direz-vous, je me refuse simplement à regarder ailleurs, pour éviter que nous soyons bientôt peut-être tous obligés de faire notre Alya.
Jean-François Guerry
Je n’ai rien dit...
« Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai rien dit, je n’étais pas juif
Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai rien dit, j'étais protestant...
... Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait plus personne pour dire quelque chose »
Pasteur Martin Niemöller
Président des Eglises réformées de Hesse-Wassau. Partisan de l'arrivée d'Hitler puis résistant. Déporté à Dachau de 1938 à 1945
Impérialisme, d’emblée le terme semble à la fois provocateur et paradoxal. Mon propos n’est pas de réduire l’esprit des lumières, ni la libération des dogmes, encore moins les progrès des sciences et des techniques qui ont contribués a donner plus d’espace à la culture qui enrichi l’homme, en le sortant de la gangue des préjugés. Non pas non plus de réduire ces quelques lignes à un combat contre la raison déifiée.
C’est une simplement une réflexion sur la lecture partielle du livre de Antoine Lilti L’Héritage des Lumières et son sous-titre évocateur du contenu Ambivalences de la modernité. (J’ai été un peu déçu de l’émission Répliques de France Culture de samedi dernier que je vous recommandais, où Alain Finkelkraut recevait précisément Antoine Lilti et Roger Pol Droit sur ce sujet des lumières et qui fut trop axée sur les attentats de Charlie Hebdo.)
Dans l’instant le livre d’Antoine Lilti est à mon chevet, il contient une histoire, une analyse de ce siècle des lumières, siècle où la raison est venue libérer notre civilisation occidentale de l’obscurantisme des dogmes religieux, imposés par les religions du livre, non pas cette religion des pères du désert, ni celles considérées par Rome comme des hérésies, mais de celle imposée pour rassembler le plus grand nombre, en réduisant la foi à une représentation exotérique, imposant une foi incontestable, cette religion qui après avoir réalisé une captation, assimilation du miracle grec de la philosophie antique, a digéré celui-ci.
Quand la religion a atteint les limites de son prosélytisme en occident, les lumières sont apparues, avec la force de la raison, l’anticlérical Voltaire en est le symbole, alors que Rousseau s’affranchissant par rapprochement avec la nature de la faute originelle, et sa foi en la bonté de l’homme, rejetant sur la société tous les maux affranchissant l’homme par sa naïveté de toute responsabilité, l’homme étant bon par nature.
Il ne s’agit donc, non pas de contester le progrès des lumières, mais de voir avec recul leurs ambivalences, et leurs ambiguïtés. Il aura fallut beaucoup de temps par exemple aux hommes des lumières pour reconnaître les horreurs de l’esclavage et l’abolir, la notion rousseauiste de bon sauvage a aussi quelque chose de méprisant vu sous notre temporalité pour les autres peuples, la classification des différentes couleurs de peau, des différences culturelles, mettant en scène l’image du bon sauvage.
Si les lumières se sont imposées d’emblée en Europe, ce ne fut pas le cas dans l’ensemble du monde, l’universel était plutôt européen. Dans l’enthousiasme est né l’idée d’un peuple européen chef de file puissant, dominant, juste, qui s’est voulu détenteur de la vérité unique et législateur de celle-ci.
Dans de nombreux passages de son livre Antoine Lilti évoque les idées de Volney, qui en écrivant : « Ruines. » à été une des figures de cet universalisme de la raison. Une grande utopie qui de toute bonne foi, opère une réduction des autres civilisations, au profit d’une civilisation européenne unique, une douce dictature des lumières, voulant faire le bien de ceux qui ne demandent rien, si ce n’est de vivre leurs différences, leur civilisation propre, dans leurs différences dans leurs diversités.
Comme les jésuites qui voulaient évangéliser la Chine, les lumières voulurent se propager aussi en Asie et dans le nouveau monde. L’universalisme des lumières ne reste qu’une grande théorie, l’envolée lyrique de Volney dans Ruines témoigne de cette ambition :
Alors un cri immense s’éleva de toutes parties de l’Assemblée ; l’universalité des peuples par un mouvement unanime, témoignant son adhésion aux paroles des législateurs : « Reprenez, leur dirent-ils, votre saint et sublime ouvrage, et portez-le à sa perfection ! (…) Mais que ce ne soit plus pour une seule nation, pour une seule famille : que ce soit pour nous tous sans exception ! Soyez les législateurs de tout le genre humain, ainsi que vous serez l’interprète de la même nature (…) et enseignez-nous, après tant de religions d’illusions et d’erreurs, la religion de l’évidence et de la vérité. »
La mise en place de l’utopie de cette religion unique, est un beau projet, une voie pour la paix dans le monde, on ne peut y qu’y adhérer, sur le plan de la volonté et du chemin, le côté législatif est plus contestable. On assiste là au désir d’un véritable espéranto, d’une langue véhiculaire, mettant fin à la mythique Babel.
On veut européaniser tous les peuples, la civilisation européenne se veut et se décrète universelle, le mot même de civilisation n’est plus polysémique.
Pour ma part je pense avec mon humble prisme d’européen, que si les ambivalences des lumières ne lasseront d’interroger, les lumières restent essentielles par leur impulsion, leur mouvement, c’est-à-dire leur esprit qui est une conquête pour la grandeur de l’homme, une affirmation de sa perfectibilité individuelle et de l’humanité en général, pas étonnant que les lumières furent séduisantes pour de nombreux francs-maçons.
C’est cette affirmation de la perfectibilité de l’homme qui a été exprimée d’une façon rigoureuse par Condorcet dans son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, où il affirme cette perfectibilité de l’espèce humaine, encouragement pour les enseignants en général.
C’est cet esprit des lumières qui permet à l’homme de s’affranchir du barbare, de l’ignorant, du fanatique, conquérir sa liberté de penser, de réaliser en lui la paix et de l’harmonie, qui jaillira comme une humble lumière dans un monde devenant plus juste.
Si les lumières ont été égocentrées sur l’Europe avec leurs déviations, servant de terreau à la naissance du colonialisme ou d’un impérialisme économique, qu’il faut certes combattre sans être dans une posture de culpabilité éternelle. Elles furent aussi par leur l’esprit une victoire d’un homme nouveau !
Européens dans notre siècle, nous avons encore au regard des montées de l’obscurantisme, des intégrismes, beaucoup a nous nourrir de cet esprit des lumières, à combattre pour la justice, contre tous les dogmes, les dictatures, même quand elles ne sont que matérialistes, diffuses et voilées, l’universel des lumières, n’est pas la mondialisation marchande, ni non plus l’unicité culturelle. Comment mieux faire que nous rassembler autour de notre devise nous français de tous les horizons, et la faire vivre cette utopie républicaine : de Liberté, d’Égalité et de Fraternité ?
Cet esprit des lumières qui balbutie dans de nombreux pays qui entourent la méditerranée, ces pays qui commencent a épeler les lettres, qui n’ont pas encore les mots de passe, ni les mots sacrés, mais dont le souffle venant parfois d’un désert de liberté, attise les braises de nouveaux printemps. Printemps où les peuples inspirés par nos lumières aspirent à trouver les leurs, spécifiques pour faire régner chez eux la liberté et la vérité.
Le plus grand écueil des lumières serait sans doute, de tomber dans une forme de radicalité de leur l’héritage, une radicalité de la raison excluant toutes les traditions suspectées de dogmatisme, en oubliant quelles furent le véhicule de valeurs universelles qui sont aussi, des sources de lumières. Le champ des lumières est infini, sans limites.
L’homme qui se revendique de l’esprit des lumières, doit travailler à se perfectionner pour réduire : sa radicalité, son orgueil, son ambition. Défendre avec force la justice, sans arrogance avec humilité, surtout pas dans un face à face avec les autres civilisations, mais dans un cheminement parallèle, pour faire passer le seul message universel qui existe au-dessus de tous les autres le message de l’amour fraternel, ce message de paix qui réunis tout ce qui est épars en nous et dans le monde sur tous les horizons, et qui nous faits plus humains.
Jean-François Guerry.
Source wikipédia Condorcet et le droit des femmes
Il prend en outre une part active à lacause des femmes, en se prononçant pour ledroit de vote des femmesdès 1788 dans Les lettres d'un bourgeois de New Haven puis dans le Journal de la Société6, et en publiant en 1790 De l’admission des femmes au droit de cité. Jamais un État démocratique n'a réellement existé selon lui, puisque « jamais les femmes n'ont exercé les droits de citoyen7 ». En se référant à La Déclaration des Droits (1789), il dénonce le viol du principe de l'égalité en droits dont les femmes sont victimes. Il déconstruit toute l'argumentation commune qui vise à écarter les femmes des droits de cité : il n'y a pas de femmes de génie ? C'est parce que les femmes n'ont pas accès à l'éducation ; en outre, la plupart des citoyens ne sont pas des génies et il existe des femmes plus intelligentes que certains hommes auxquels on ne songe pas à retirer les droits civiques. Quant aux différences entre les deux sexes, elles ne sont pas « naturelles » mais construites socialement par l'éducation et des lois iniques. Dominique Godineau note qu'il est difficile de mesurer l'écho rencontré par ces prises de position, « il n'est pas impossible que, sans être explicitement cité, il ait influencé les écrits « féministes » postérieurs (Gouges, Aelders, Guyomar...)8 ». Il est en tout cas un des maîtres à penser des jeunes nobles libéraux comme lechevalier de Pange ou André Chénier.
Volney Les Ruines de Palmyre
Chaque jour, je trouvais sur ma route des champs abandonnés, des villages.
Cette Syrie, me disais-je, aujourd'hui presque dépeuplée, comptait cent villes
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J’aurais pu dans ces quelques lignes vous parler du rapport de l’art en général levier de l’initiation. J’ai restreint volontairement ma réflexion à une seule forme d’art que j’affectionne particulièrement la poésie. La musique provoque également chez moi des émotions particulières, mais j’ai plus de mal à les traduire étant néophyte dans ce domaine, il y a un côté instantané à la musique qui submerge, elle s’envole et j’ai du mal à la saisir.
La poésie de mot à mot, de mots en mots, me permet une approche progressive de mon être intérieur. Comme la musique me met en joie, la peinture m’impressionne, la poésie guide mes pas, elle est un commencement perpétuel, un étonnement sans fin.
Dans l’initiation maçonnique ce que certains appellent un jargon, est un ensemble de mots symboliques, qui ouvrent des passages, des mots de reconnaissance, des mots qui mènent au sacré, des mots qui sont des signes vers les autres.
La parole est demandée, donnée, prise, dirigée vers soi et vers ses sœurs et ses frères, puis elle est perdue, recherchée, et sera peut-être retrouvée. La parole circule autour du mantra, du tableau de loge tracé sur le sol.
La parole maçonnique ouvre la voie du cœur.
Le livre des poèmes posés sur la table, invite sans cesse à la lecture, sporadique, aléatoire, hasardeuse. Le poème stimule l’imagination, la réflexion vient après-coup, après reçu la flèche d’un mot qui transperce le cœur, fait couler le sang qui rougit l’intérieur, embrase et illumine l’esprit. Les pages tournent alors au gré d’un nouveau souffle, c’est comme une fulguration.
Au delà du lire, le dire chuchote en moi, me mets en joie, je retrouve le poème récité dans l’enfance, il était resté en moi comme une pierre précieuse, qui brille d’infini.
La perlaboration par la répétition des émotions remplace la mémoire, elle est plus vivante. La poésie permet l’échange comme les Koãns Japonais, qui mène à l’éveil et favorise la méditation, ils ne font pas appel à la raison, mais à l’intuition. Ces Koãns révèlent les plus grandes énigmes, le comment et le pourquoi de la vie.
Siddharta Gautama selon la légende, peu après sa naissance, fit un geste bien connu en montant avec une main la terre et avec l’autre le ciel, il aurait dit :
« Entre les cieux et la terre je suis le seul vénérable. »
Est-ce le premier des Koãns ?
Nul doute en tout cas que la poésie permet l’élévation spirituelle et elle nous procure une forme de joie intérieure.
Jean-François Guerry.
Renaissance.
Sèche tes larmes
Dans ton cœur vierge
Coule un sang un peu plus amer
Enterre ce qui a été
Reviens à tes couleurs claires
Reviens à ta renaissance
L’ombre que tu croyais être l’amour
Le vent l’a déjà emporté.
Poème de Luigi Carotenuto un sicilien qui travaille à Milan à l’école primaire G Rodari de Nova Milanese. Il a publié : l’Amico di famiglia et Vi porto Via aux éditions Prova d’Autore (Catania). La traduction est de Irène Duboeuf.
LEO FERRE Les Poètes. Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume Ou qui ne vivent pas c'est selon la saison Ce sont de drôles de types qui traversent la brume Avec des pas d'oiseaux sou...