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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Le Blog des Spiritualités.

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Publié le par Jean-François Guerry
LA BANALITÉ DU MAL

LA BANALITÉ DU MAL.

 

Le mal n’est jamais radical il est seulement extrême, il ne possède ni profondeur, ni dimension démoniaque. Il peut tout envahir et ravager le monde entier précisément parce qu’il se propage comme un champignon.

                                                     Hannah Arendt.

 

Ce thème de travail a été traité il y a quelques mois dans les travaux d’une de mes Loges. Le conférencier a fait référence à de nombreux auteurs qui se sont exprimés sur le sujet citant entre autres : Paul Ricœur et le Mythe Adamique, Emmanuel Kant et le Mal Radical, Jean-Jacques Rousseau Le Mal sur Terre, Saint-Augustin le « néoplatonicien » pour qui le mal est une faiblesse de la volonté et est dû à notre orgueil, nous pourrions en guérir en menant une vie ascétique, l’on dit que l’initiation maçonnique est une ascèse. Machiavel qui voit le mal en l’homme, mal auquel échappe le principe se situant au-delà de l’humain. Ou encore Baruch Spinoza qui voit le mal à la jointure entre l’essence et l’existence, selon Steven Nadler (Spinoza sur le bien et le mal) ce qui rend une chose bonne au sens le plus juste et le plus complet du terme, c’est qu’elle améliore la puissance d’un individu au point de le rapprocher de la condition idéale de sa nature. L’on peut dire dès lors que le bien améliore l’homme, le fait plus humain ou fait de lui un humain, le sage ami du bien serait un modèle un exemple ; et celui qui vise à son perfectionnement son amélioration s’initie au bien, au bon, au juste, au vrai. C’est Hannah Arendt qui a théorisé la banalité du mal, elle fût souvent mal comprise dans sa théorie en particulier lors du procès en 1960 d’Adolf Eichmann le principal acteur de la Shoah quand elle parlait de banalité du mal, elle ne parlait pas de banalisation du mal. L’aveuglement des hommes suscité par les régimes totalitaires, dictatoriaux, les dogmes des extrémistes renforcent la banalité du mal. Plus insidieux le faux choix qui nous est proposé entre sécurité et liberté nous verse du côté du mal. La guerre enfin annule toute moralité et fait de l’homme un loup pour l’homme comme le disait l’empiriste Thomas Hoobes soumis à la puissance des sensations. Paul Ricœur avec le meurtre d’Abel ou pour nous celui d’Hiram souligne la tyrannie de l’ego, cette bête qu’il faut sans cesse combattre en tentant de retrouver ou pour le moins plus humblement de se rapprocher de l’unité, c’est combattre sans cesse la banalité du mal. On ne peut pas sacrifier la vérité et la liberté à notre quiétude, notre sécurité, en mettant un voile sur nos yeux, ou en trouvant des arguties politiciennes pour refuser de voir le mal en face, il est de notre responsabilité individuelle et collective d’affronter le mal. On ne tue pas des femmes, des enfants, des hommes impunément. Renoncer de voir la vérité crue du mal, c’est faire descendre notre esprit et notre âme dans la matière la plus immonde, la plus inhumaine. La matière est non être disait Plotin, pour le Franc-maçon le chemin initiatique est le travail qui ouvre la possibilité de passer de l’avoir à l’être, de la matière à l’esprit, de la banalité du mal à la banalité à l’habitude du bien.

Le totalitarisme est une philautie de la recherche inconditionnelle du surhumain, un sacrifice sans raison au surhumain. Le totalitarisme politique ou religieux est un cercle de fer qui écrase et enchaîne l’homme, c’est le mal qui sélectionne les hommes comme l’on trie des objets oubliant que les hommes sont irrémédiablement, infiniment, éternellement des sujets. Le totalitarisme vise l’essence de l’homme son humanité, jusqu’à lui ôter sa liberté de penser par lui-même. Face au mal, à la banalisation du mal nous ne pouvons baisser la tête, il ne peut y avoir de mais et de si. Les récents massacres perpétrés en Israël par des terroristes sont des crimes non seulement envers les juifs mais aussi envers l’humanité.

Jean-François Guerry.

LA BANALITÉ DU MAL
LA BANALITÉ DU MAL
LA BANALITÉ DU MAL
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Publié le par Jean-François Guerry
Sagesse, Force et Beauté

Sagesse, Force et Beauté

LE BILLET D’HUMEUR DE THIERRY DIDIER.

 

Thierry Didier reconnu comme tel, est écrivain, il est l’auteur de La Passion Écossaise en cinquante stations et huit personnages. Éditions Symbolon- Collection – La Franc-Maçonnerie dévoilée. Il livre aux lecteurs du Blog un billet d’humeur sous le titre interrogateur : Sommes-nous de bons ancêtres ?

L’association des mots bons et ancêtres incline d’emblée à l’admiration, au respect, à la vénération du passé. Pourtant l’auteur nous parle d’humilité. Je le cite : « La progressivité maçonnique est ainsi une fusion entre les éléments du passé, et ce qu’on en ressort face à l’exercice du présent. » La vénération de la tradition et de l’institution maçonnique ne sera donc pas confondue avec la vénération de tel ou tel membre de cette institution. En appui de cette réflexion je me souviens des paroles de Jean-Noël Dubart chirurgien ancien Grand Maître de la Grande loge de France au cours d’un repas, qui disait en toute humilité à peu près : en réalité on ne se souvient de rien ou presque concernant les anciens Grands Maîtres, et c’est bien ce qui compte c’est que l’on se souvienne de l’institution pour quelle se pérennise.

Je suis en parfait accord avec cette réflexion, la hiérarchie d’honneur, n’est pas la hiérarchie spirituelle.

L’exemplarité même des grands initiés, n’est louable qu’au regard de leur action et de leur pratique des vertus, les deux étant souvent pratiquées avec discrétion et en silence.

Thierry Didier en souligne l’importance dans son billet je le cite à nouveau : « … la bonne santé d’une loge dépend également de sa capacité à ne pratiquer vis-à-vis des figures du passé, le culte de leurs personnalités, car ce culte peut alimenter fantasmes et diktats préjudiciables au bon développement du jeune Maître… »

Thierry Didier toujours dans son billet éclaire remarquablement la notion de Tradition et l’esprit du « dogme » qui doit être : « …inspiration, guidance et consécration… transcender les époques pour mettre en exergue l’initié. »

En conclusion de son billet, il répond selon lui à la question que faut-il transmettre et comment le transmettre ?

Je vous laisse à la lecture de ce billet instructif, mais surtout inspirant pour les bons Maîtres en général, et les seconds et premiers surveillants pour leur mission « de formateurs » des jeunes maçons en particulier.

                                                   Jean-François Guerry.

Caïn - Tableau de Fernand Cormon. Grand Palais Musée d'Orsay. Illustration des premiers vers de la conscience de V.Hugo

Caïn - Tableau de Fernand Cormon. Grand Palais Musée d'Orsay. Illustration des premiers vers de la conscience de V.Hugo

Sommes-nous de bons ancêtres ?

 

Cette interrogation a bien sur quelque chose de singulier, faisant appel à l’anachronisme, comme si nous étions capables de définir par avance ce qui restera à terme de nos pensées et de nos actions. Et donc d’affirmer que nos valeurs contemporaines seront nécessairement bonnes pour nos descendants, quelle que soit l’évolution de la pensée critique. Néanmoins cette formulation présente 2 avantages : d’abord, elle est, soit, un biais, mais qui a le mérite de nous obliger à réfléchir hors des sentiers battus de l’immédiateté, et ensuite, elle remet à sa juste place ce qu’est le souvenir ou la Tradition, c’est-à-dire une émergence du passé repensée à l’épreuve du présent. « Sommes-nous de bons ancêtres ? ». Cette phrase n’est pas de moi : elle est tirée d’un ouvrage profane sur le court-termisme écrit en 2021 par un australien, phrase dont le caractère cocasse m’a titillé. Au vu du titre de ce texte, vous pensiez peut-être que j’allais vous parler de réchauffement climatique, ou bien des différentes pénitences auxquelles nous contraint la bienséance contemporaine : suis-je un bon père ? Un bon citoyen ? Un bon frère ? Eh bien non. J’ai donc essayé de la retravailler sous l’angle initiatique. Le choix de ce titre est volontairement déstabilisant, car l’adjectif « bon » est subjectif et se réfère aux normes du moment, alors que le mot « ancêtre » semble présenter une valeur indépendante de toute appréciation, comme si sa distance temporelle lui conférait une aura de légitimité absolue.  

Une question aussi ambigüe appellerait dans le monde profane à une réponse prudente, mesurée, relative et donc subjective, afin de ne pas se dévoiler, de ne pas être mis en porte-à-faux, et de ne s’interdire aucune échappatoire qui sauverait pour le coup notre honneur d’homme réfléchi. L’initiatique ne s’embarrasse pas de ces détails, il se renouvelle en permanence et réclame la force de la sincérité. Alors assurément, je répondrai : OUI, nous sommes de bons ancêtres ! Car la question posée ne doit pas nous faire oublier que nous ne sommes pas de purs esprits, et que toute question existentielle est avant tout posée par quelqu’un qui existe déjà, et qui a donc autorité à y répondre, fusse de façon lapidaire. Et donc autant faire court et s’inscrire dans une spirale qui, à défaut d’être forcément vertueuse, posera les bases d’une spiritualité qui sera d’autant plus efficiente qu’elle s’appuiera sur un socle solide, celui de nos certitudes : il sera toujours temps d’y renoncer plus tard…. Nous sommes donc de bons ancêtres : pour certains, affirmer la réalité d’un tel propos conditionne ce que l’on appelle une prophétie auto-réalisatrice. Cette prophétie n’est pas inutile, car elle vient appuyer une attitude qui, certes, n’est pas la panacée, mais qui a le mérite de servir de base, la flèche du temps se chargeant ensuite de remettre à leur juste place ce qui relève du fantasme et ce qui relève d’une réalité signifiante. Alors bien sûr, il ne s’agit pas d’élever une statue à celui qui pérore et bombe le torse à tout propos, car émettre une réponse affirmative n’est pas la garantie du succès ; elle permet toutefois d’amorcer un processus qui passe d’abord et avant tout par être convaincu par ce que l’on avance. « Sommes-nous de bons ancêtres ? » est une question alchimique, dans la mesure où le simple fait de se poser ladite question induit déjà et immédiatement dans notre esprit une réponse et donc un réarrangement de nos valeurs. Bien entendu, enfoncer le coin de la certitude ne va pas dans le sens du maçonniquement correct, car il est de bon ton de douter ou de relativiser. C’est oublier un peu vite que toute construction a besoin encore une fois d’une solide fondation pour être pérenne, et que la certitude de l’ascendant, si elle n’est pas invasive, fera la liberté et l’indépendance du descendant. Mais ce qui convainc sur le plan profane n’est évidemment pas suffisant pour illustrer le bien-fondé d’une telle interrogation sur le plan initiatique. Ce qui est intéressant avec l’option profane, c’est qu’elle n’est ni fausse ni même incomplète, elle correspond à une réalité qui à son échelle est totale. Ainsi la voie initiatique ne vient ni se substituer, ni même compléter la vision profane, elle est simplement autre chose. On pourrait s’arrêter là : ça n’est pas simplement une question de spiritualité, d’intellect ou de curiosité, car répondre oui à cette question est autant l’apanage du sage définitif que du quidam le plus primaire : seul le temps consommé, la voie explorée et la méthode utilisée modifieront la teneur d’un cheminement qui aboutira quelque part au même endroit : nous serons alors de bons ancêtres car nous nous serons posés un jour, à un moment donné, la question.

Alors bien sûr, l’impact sur autrui d’une telle certitude peut prendre un poids différent, suivant que le montreur d’exemple est narcissique et autocentré, ou bien empathique et soucieux de la liberté de l’autre. Un maçon égotique ne manquera pas de dire à son jeune frère qu’il va lui montrer ce que c’est qu’une bonne bonté, et que les canons de ladite bonté sont conservés en lieu sûr. Par contre, un maître véritable se contentera d’aiguiller sans l’influencer le jeune frère en question. Le qualificatif « bon », comme tous les épithètes, porte un élément de jugement : il est en cela tout à fait relatif, et n’a de valeur que par rapport à ces normes du moment qu’on appelle la morale. De plus, si la franc-maçonnerie est bien sur un travail individuel, c’est aussi un moyen de passer le relais sans oublier tout ce qui aura été conquis et assimilé par le collectif jusqu’au jour où ce fut à notre tour d’entrer dans l’arène. Cette vision d’un cumul est très importante, car elle permet à chaque nouvel initié de ne pas repartir de zéro, mais de bénéficier de l’acquis des générations précédentes. Ce cumul, bien réel, n’est pas visible : c’est en fait l’évolution de pensée de chaque maçon, à travers sa tenure, ses planches et ses prises de paroles, qui acteront discrètement cette progression à l’attention ensuite de tout un chacun. Le mot « ancêtre », qui est une sorte d’invariant de la culture humaine, est conditionné par la généalogie et la flèche du temps. Cet invariant intègre à l’individualité de la personne une dimension projective sur les générations futures. Bien entendu, cette projection est hautement imprévisible, puisque la trace que nous laissons dans l’histoire se modèle en fonction des choix qu’imposeront la vie en général, et l’état d’esprit du descendant en particulier. Le mot ancêtre nous renvoie ainsi à la querelle générale des Anciens et des Modernes, ferment dual sur lequel se bâtit tout questionnement contemporain. Deux approches distinctes veulent résoudre cette querelle : celle qui voie le passé comme fatalement incontestable, puisqu’il a triomphé de l’oubli, et celle qui considère que le présent est la seule vérité, dans la mesure où il est ce qui agit au moment où l’on parle. Ces 2 approches sont tout à fait recevables, et l’initiatique a cette vertu de ne pas trancher, car il est, comme l’indique son étymologie, un recommencement perpétuel, permettant de se dégager en temps réel du passé en tant que passif, et du futur en tant qu’inachevé. Alors, bien sûr, ce travail sur soi est contre-intuitif, car rien ne nous pousse à subir cette forme de torture intellectuelle : c’est d’une certaine façon plus simple pour les croyants à qui l’on offre, dans le Coran et la Torah, un contenu juridique à respecter, ou, dans le Nouveau Testament une contrition codifiée et structurée par le péché.

L’ancêtre est aussi appelé ascendant, ce qui en fait le ressort incontournable de spéculations généalogiques. Cette dynamique de l’ancêtre présente l’avantage, ne nous en cachons pas, d’une forme de satisfaction, à l’idée que nous sommes momentanément au sommet de la progressivité maçonnique, ne serait-ce déjà que sur le plan quantitatif. Car en effet le nombre théorique d'ancêtres d'une personne est, multiplié par deux à chaque génération ascendante. En comptant en moyenne 25 ans par génération, une personne née en 1975 (soit génération 1) aurait 2 puissance 3 ancêtres, soit 8 à la quatrième génération nés vers 1900, et 2 puissance 7 (donc 128) à la huitième génération nés vers 1800. Eu égard à cette dilution, nous ne sommes donc pas si pesants que ça, ce qui doit nous rendre humbles par rapport à ce qu’on veut transmettre : cette « dissémination » de l’action de l’ancêtre nous disculpe et nous allège de notre futur, tant nous sommes nombreux à en partager la descendance. C’est pourquoi existe la Tradition, qui amplifie en les cumulant des parcours personnels, parcours personnels qui, individuellement, seraient voués à l’oubli. La progressivité maçonnique est ainsi une fusion entre des éléments du passé, et ce qu’on en ressort face à l’exercice du présent. Un bon ancêtre est aussi celui qui accepte, ou au moins tente de résoudre du temps de son existence des troubles liés à l’indigence de ses propres aïeuls. Mais la bonne santé d’une loge dépend également de sa capacité à ne pas pratiquer vis-à-vis des figures du passé le culte de leurs personnalités, car ce culte peut alimenter fantasmes et diktats préjudiciables au bon développement du jeune Maître : l’ancêtre doit rester à sa place, et ne pas devenir une légende urbaine, parée d’une aura aussi dangereuse que fumeuse. Ainsi, on ne dit pas « suis-je un bon ancêtre ? », mais plutôt le pluriel de celui-ci. Il y a compétition entre le temps présent où l’on se pose la question, et la fin en soi que génère le mot « ancêtre » en termes de conséquences pour l’avenir. Dans la vie ordinaire, cette généalogie n’est pas fraternelle mais familiale, elle comporte pour partie des savoirs et des attitudes que je qualifierais de constructifs, mais aussi pour l’autre partie ce que l’on appelle du terme évasif et sibyllin de « troubles transgénérationnels », sortes de sourds malaises issus d’un lointain passé, dont la nuisance est à l’aune de leurs dissimulations. Cette double empreinte, mêlée à l’expérience du vécu individuel va nous guider et nous faire agir dans un sens qui sera tout personnel. Mais la tradition se veut aussi solaire, c’est-à-dire placée en surplomb de notre individualité, conservant aussi que ce qui pourra nous être utile. La Tradition est le compromis permanent entre la mémoire d’une chose et sa commémoration, c’est-à-dire sa projection dans le monde d’aujourd’hui : c’est pourquoi la pensée ternaire est le mode d’action et de pensée du franc-maçon : mémoire et commémoration se mêlent alors en un ensemble original dont découlera un 3ème terme définissant le franc-maçon comme un être pétri d’oppositions, de biais contre-intuitifs, mais aussi de projets et d’initiatives.

Il est donc nécessaire la mettre la Tradition à distance, toutefois en s’y appuyant et en s’en inspirant. La Tradition devient donc grâce à sa nature collective, un atténuateur d’ego, un bain duquel n’émerge pas une tête plutôt qu’une autre, eu égard au nombre de descendants potentiels. La Tradition est donc pour le franc-maçon un modérateur, un régulateur à même de nuancer le passé vis-à-vis de tous ceux qui y ont participé. La Tradition, à cet égard, ne doit pas outrepasser sa fonction, auquel cas deviendrait-elle une sorte de dogme intouchable qui freinerait alors l’évolution de l’initié. Le dogme représente, dans une doctrine, un point précis de celle-ci, point défini comme fondamental, certain et unilatéral. Le dogme  porte aussi  l’idée d’ une valeur fondatrice ou d’une vérité première, libre à nous ensuite d’en tirer les enseignements qui nous conviennent le mieux, dont les préceptes suivants sont empreints d’une liberté  rendue possible justement par le « dogme » initial qui a été posé : c’est comme si un cadre avait été défini, et qu’ensuite la liberté régnait à l’intérieur de ce cadre On définit ainsi un bon ancêtre à la façon dont il s’approprie le passé, c’est-à-dire en évitant de le transformer en un passif qui clouerait sur place le malheureux descendant. Cet esprit est contenu dans le petit texte du VM en fin de chaine d’union : « qu’il inspire notre conduite dans le monde profane, qu’il guide notre vie, qu’il soit la lumière sur notre chemin » : inspiration, guidance et consécration : ce tryptique qualifie la fin

provisoire d’un parcours dont l’amorce et la conclusion seront portées par un homme prenant tour à tour l’habit de l’ancêtre, puis du descendant. Un Franc-Maçon doit sa fierté en répondant à cette double question : « suis-je le bon dépositaire de ce qui m’a été communiqué ? » Et serai-je un bon passeur ? Ce double questionnement est tendancieux, car il occulte potentiellement le présent de l’initié. Finalement toute pénitence est le fruit de cet agrégat contre nature que forme le passé avec le présent, et qui donc requalifie le passé : Napoléon était-il de droite ? L’Homme de Neandertal était-il sexiste ? Les favorites des rois étaient-elles féministes ? On se rend bien compte que ces assemblages sont voués d’avance à une mort certaine. La caractéristique principale de l’initiatique est de transcender les époques pour mettre en exergue l’initié, c’est-à-dire quelqu’un dont l’essence prime sur les circonstances du moment.Un ancêtre n’est donc « bon » que s’il n’entrave en aucune manière la légitimité et donc l’autonomie de celui qui lui succède.

Alors bien sur existent-ils des jalons, des principes et des occurrences incontournables, tels que le principe de construction, les outils ou la méthode symbolique, qui emmènent l’initié dans un monde d’analogie et d’introspection.« Sommes-nous de bons ancêtres ? » conduit à une double promesse : Pouvons-nous dès aujourd’hui que nous sommes déjà de bons ancêtres ?. Oui, nous sommes définitivement de bons ancêtres, perce que nous nous qualifions comme tels : peu importe, en vérité, que ce soit objectivement vrai, ce qui compte est d’éviter de faire porter sur les épaules de nos descendants le poids d’un fardeau qui ne leur appartient pas, et la force de l’ancêtre sera de savoir se faire « oublier », c’est-à-dire de transmettre des valeurs sans imposer le statut ou le culte de sa personnalité propre, qui n’intéressent personne. Être « bon » sur le plan initiatique, signifie, je le répète, être capable de léguer des postures ou des informations sans que ces dernières contraignent ou assujettissent le moins du monde la descendance.

C’est pourquoi il est au moins aussi important de transmettre une attitude, une posture, un comportement qu’un simple savoir, tout simplement parce que l’homme qu’on donne à voir aux plus jeunes sera perçu dans sa globalité immédiate, là où l’inculcation d’un principe requerra de passer par l’intellect qui est, lui, assigné à une certaine forme de relativité et est déjà le résultat fini d’un modelage dont les caractéristiques personnelles La tradition est un concept, voire une forme de pensée qui doit être maniée avec précautions, sans perdre de vue que les « accidents », c’est-à-dire les évènements qui semblent être en rupture avec l’orthodoxie participent, à la façon des mutations chromosomiques, à l’élaboration d’un futur qui n’est jamais que la fusion du passé et du présent. Un bon « descendant » fera toujours un bon ancêtre, dans la mesure où il montrera à ses ouailles une pensée cohérente avec son attitude.

Thierry Didier. 

BILLET D'HUMEUR de Thierry Didier : SOMMES-NOUS DE  BONS ANCÊTRES ?
Thierry Didier : La Passion Écossaise en cinquante stations et huit personnages. 

 

Éditions SYMBOLON - Collection La Franc-Maçonnerie dévoilée. 243 Pages -22€
www.symbolon.fr

 

La conscience
Victor Hugo

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l’espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes
L’oeil à la même place au fond de l’horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l’aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l’on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l’eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l’enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l’aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours ! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d’Enos et les enfants de Seth ;
Et l’on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d’enfer ;
L’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l’aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L’oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit :  » Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Victor Hugo

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Publié le par Jean-François Guerry
Envolez vous....

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LE NOBLE JEU DE L’OIE -Part IV.

 

Sortons un peu du labyrinthe en suivant le fil et revenons aux nombres. Dès que l’on parle nombre l’on pense à Pythagore de Samos, le maître de l’école de Crotone le premier ami du savoir et de la sagesse selon Cicéron. Il reste dans nos mémoires grâce au théorème dont il est maintenant avéré qu’il n’en fût pas le créateur. Peu importe d’ailleurs car il n’a rien écrit, comme Socrate ou Plotin et pourtant leurs pensées nous sont parvenues c’est dire la puissance du verbe ! Le génie qui parlait en Pythagore lui a révélé la puissance des nombres, l’on peut dire que sa philosophie est une cosmologie basée sur la valeur et la vertu des nombres. Sa Tétraktys est une véritable fontaine spirituelle, une arme brandie pointe en haut vers le ciel. Pour lui l’ordre du monde, son harmonie passe par la connaissance des nombres. Les nombres sont sacrés et mènent vers la transcendance, ils lui permettront l’élaboration d’une règle de vie, ils furent une source d’inspiration pour ses Vers d’Or. Ses Vers d’Or constituent une véritable propédeutique pour la mise en œuvre d’une éthique de vie, faite de justice et d’équité. Les Vers d’Or sont la maïeutique qui met en lumière son œuvre, ils sont la partie exotérique de sa pensée. Les nombres en sont la partie ésotérique, le langage secret, le langage des oiseaux ce qui nous ramène à notre jeu de l’oie.

Puisque le grand art, le grand œuvre est dans les nombres regardons les observations d’Augustin Berger dans la Revue Atlantis N°363 de l’automne 1990. Il relève que : « D’après le Vajasaneya Samhita (Texte des Vedas, en rapport avec les nombres utilisés dans les rituels ou les mantras) Pradjapati (Le père des créatures issu de Brahma le créateur) dans la littérature hindoue il est père des Vedas créateur des dieux et des démons. (Nous sommes en analogie avec Pythagore et ses nombres sacrés.) Pradjapati donc « le seigneur des êtres produits », manifestation principielle et expression directe de Brahma, réside au centre spirituel et créa l’univers en articulant les nombres impairs de 1 à 31. « L’examen des nombres qui plaisent aux dieux », c’est-à-dire les nombres impairs de 1 à 31, nous montre qu’il y en a 16 qui sont : 1-3-5-7-9-11-13-15-17-19-21-23-25-27-29-31, dont la somme est égale à 256=16=2. Notons la réduction hermétique. (C’est-à-dire la réduction parfaite obtenue par le feu qui fait fondre les bords du vase et le ferme, le rend clos et couvert.) La somme des chiffres composant le nombre 256 est égale à 2+5+6= 13, dont le renversé est 31, au sens où le Zohar parle des nombres qui se regardent face à face ». C’est ainsi que le couple formé de 13 et 31, marque un passage ou mort apparente d’un état à un autre état.

Dans le jeu de l’oie l’un remplace l’autre à la case 31. Cela fait immédiatement penser à la treizième lame du tarot (squelette faucheur), je vous épargne sa symbolique, l’on peut simplement dire que rien ne se meurt, tout se transforme. L’herbe fauchée repousse au printemps plus vivante et radieuse que jamais !

L’on remarque aussi que dans la Kabbale hébraïque la 31ème voie est appelée : Voie de l’intelligence perpétuelle. Ainsi la 4ème voie de la Kabbale celle de l’arithmosophie, qui permet de s’interroger sur la réalité de l’histoire telle qu’elle est racontée et dont l’adepte a découvert qu’elle est métaphorique et quelle porte un enseignement à décrypter, du moins s’il s’intéresse aux idées dissimulées sous les symboles. L’adepte sait qu’il ne pourra Savoir, Comprendre et Agir que s’il est capable de saisir la langue des oiseaux. Le jeu de l’oie à cet égard est un bon exercice pour accéder à cette langue mystérieuse.

                                                     Jean-François Guerry.

À SUIVRE…

LE JEU DE L'OIE -Part IV.

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Publié le par Jean-François Guerry
Attaque d'Israël

Attaque d'Israël

LE DUEL

 

One ne peut pas résumer, réduire, ou résoudre l’impossibilité de parvenir à la recherche de l’unification, réunir ce qui est épars en nous sans au préalable avoir pris conscience de la dualité qui nous est consubstantielle. Au préalable il nous faut distinguer la différence entre dualité et dualisme. Le dualisme, touche à l’irréductible l’impossibilité de réunir ce qui est trop différent, trop éloigné. La dualité elle nous habite comme deux atomes que nous voulons faire fusionner sauront nous trouver l’énergie nécessaire qui existe au fond de nous. Le désir est déjà un grand pas, c’est au-delà de tout quand l’espoir a disparu il reste l’espérance. C’est le combat, le duel de l’initié qui le conduit à la fois au centre de lui-même et sur le chemin qui serpente vers les plus hauts sommets ou il voit les neiges éternelles.

Jésus à la fête des Tentes - Ev de Jean.

L’apprenti franc-maçon, dès ses premiers pas hésitants en loge est confronté à sa dualité en marchant sur le pavé mosaïque, jusqu’aux injonctions de ses poursuivants noir et blanc. Mais c’est le cœur plein d’espérance et d’amour qu’il avance vers la lumière, vers ce feu sacré qui régénère et réduira peu à peu sa part d’ombre pour qu’il puisse voir re naître la Grande Lumière, la Vraie Lumière celle qui éclaire tout être. Comment y parvenir avec le secours des autres, car le maçon sait même les yeux voilés que ses frères l’attendent quand il sortira des ténèbres. Comment peut-il cependant faire les premiers pas seul, en faisant l’alliance entre sa part de temporel purifié et sa part spirituelle, c’est inconsciemment faire pénétrer la Lumière dans la matière. Plus il aura la volonté de mener ce combat, ce duel plus il sera couronné par le laurier et l’olivier dans le silence de sa nuit intérieure. Son combat est pour lui, mais plus humblement aussi pour les autres ses frères qui le reconnaisse comme tel et lui qui les reconnaît aussi. Il devient peu à peu ce qu’il doit être conformément à l’injonction du poète Pindare.

C’est aussi l’enseignement des philosophes antiques, qu’ils soient épicuriens ou stoïciens comme Marc Aurèle le philosophe empereur. Mais aussi comme l’apôtre Paul qui écrit : « Tout athlète se prive de tout, mais eux c’est pour obtenir une couronne périssable, mais nous une couronne impérissable. Et c’est bien ainsi que je cours, moi, non à l’aventure ; c’est ainsi que je fais du pugilat sans frapper dans le vide. Je meurtris mon corps au contraire je le traine en esclavage,  de peur qu’après avoir servi de héraut pour les autres, je ne sois moi-même disqualifié. » - Saint-Paul – Épitre aux Corinthiens IX- 25,26,27. Bible de Jérusalem.

Sommes-nous trop vaniteux, trop orgueilleux à vouloir être à la quête de l’Un, de l’infini, de l’absolu. Il nous faut sans doute réapprendre la vertu de tempérance et d’humilité, dans une société dont les idoles sont la célébrité, la réussite matérielle, l’individualisme. Nous sommes capables de connaître nos mauvaises passions, sans doute pas de les éradiquer de les tuer en duel. Mais plus surement d’apprendre à les maîtriser à en devenir Maître. L’humilité est notre meilleure alliée, la meilleure assurance d’espérer y parvenir. Il nous faut nous modifier, nous transformer peu à peu, c’est la conversion de notre regard sur nous-mêmes, les autres et le monde. L’on perçoit alors la Lumière éternelle, universelle celle qui brille à l’Orient et ne s’éteint jamais.

Ce duel initiatique est donc un duel intérieur d’abord avec soi-même, notre part d’ombre.

Nous ne pouvons prétendre par vanité annuler notre condition homme, mais devenir plus humain. Ce n’est donc pas un duel perdu d’avance ? Comment peut-il l’espérer interroge le Vénérable Maître ? Parce qu’il est ici de sa propre volonté, que ses intentions sont pures. Il dès lors prétendre connaître les mystères de la Franc-maçonnerie, se libérer de ses passions, échapper à leur dictature, simplement parce qu’il n’est pas raisonnable de demeurer en exil ; chacun aspire à la liberté.

Alexandre Lacroix Philosophe et écrivain directeur de la rédaction de Philosophie Magazine écrit, à propos de la maîtrise de nos passions : « Il y a deux manières d’envisager cette régulation soit je censure ou bloque mes désirs pour me conformer à une morale extérieure à moi, pour respecter des règles de vie qu’on m’a plus ou moins imposées, et alors, je vis un conflit mais il n’est pas intérieur, il se joue au contraire entre les élans que je ressens et les convenances sociales. Soit je les régule de manière autonome selon mon propre système de valeurs, et dans ce cas-là, toute défaite que je leur inflige est aussi une victoire personnelle non ? »

L’on peut à partir de cette réflexion élaborer une analogie entre la justice humaine, sociale nécessaire à la vie en société à l’équilibre même de la société, vécue parfois comme une contrainte, jusqu’au sentiment intime parfois de l’injustice, la justice humaine étant faillible. Et puis un cran au-dessus cette équité, cette éthique personnelle qui habite notre conscience et nous dépasse. L’une ne pouvant annuler l’autre. L’homme juste ne pourra qu’associer la justice à l’amour et la tempérance sinon il souffrira les affres de la haine et la vengeance sans connaître le souffle ultime du pardon. Une gageure à l’instant où ma plume glisse sur le papier s’achève la grande fête juive et commence la haine de la guerre qui détruit toute morale et toute humanité, en renonçant au sublime commandement divin tu tueras point des hommes agissent comme des bêtes renonçant à leur humanité.

S’il est clair que la deuxième solution proposée par Alexandre Lacroix est propice au règne de l’harmonie en nous et peut nous apporter l’ataraxie de l’âme tant recherchée et nécessaire pour nous rapprocher de l’Un, et réduire notre duel intérieur. Mais humblement, je dirais que le travail est immense pour l’homme juste qui a toujours à se perfectionner.

                                            Jean-François Guerry.

LE DUEL

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Publié le par Jean-François Guerry
Labyrinthe d'Amiens

Labyrinthe d'Amiens

LE NOBLE JEU DE L’OIE – Part -III-

 

Loué soit l’infini- Labyrinthe des effets et des causes. Qui, avant de me présenter le miroir. Dans lequel je ne verrai personne ou je verrai un autre, m’accorde la pure contemplation d’un langage de l’aube.

                                                                                 Jorge Luis Borges.

Dès que l’on regarde le jeu de l’oie, l’on pense au labyrinthe. Un labyrinthe à une seule entrée, comme emblématique du travail de l’œuvre et bien sûr ses deux difficultés majeures en forme de d’interrogation quelle voie suivre, pour atteindre le centre ? Ce centre lieu du combat de l’aigle du ciel et du lion de la terre qui se livrent un dur combat. La deuxième difficulté, est comment se sortir de ce labyrinthe ?

L’on remarque qu’il s’agit d’un labyrinthe semblable à ceux des cathédrales d’Amiens, de Reims, de Chartres ou d’Auxerre symboles du pèlerinage vers le centre. Au point d’intersection de la nef et du transept. C’est ce même labyrinthe appelé labyrinthe de Salomon, nous le retrouvons aussi dans le Château de Dampierre sur Boutonne haut lieu des Demeures philosophales décrit par Fulcanelli on peut lire à cet endroit la devise : Fata.Viam.Invenient. « les destins trouveront bien leur voie ». René Guénon dans Études Traditionnelles, parle d’un lieu secret réservé aux « élus ».

La Vérité sortant du puits

Le jeu de l’oie représente aussi l’image de la vie, son labyrinthe figure une chaîne initiatique. À la case 31 l’on voit un puits, la règle du jeu précise que celui qui y tombe doit y demeurer tant qu’une autre ne viendra pas le remplacer, prendre sa place, qui ne doit jamais être vacante. Un ouvrier remplace l’autre, un poste d’officier doit toujours être occupé, il faut assurer la continuité des travaux qui ne peuvent qu’êtres suspendus le temps du repos. Il faut protéger la vérité et la parole qui se trouve au fond du puits. L’on voit sortir la vérité du puits sous la forme d’une jeune beauté nue, l’homme est un puits de science.

Vous avez remarqué aussi que dans les églises gothiques il y a souvent un puits sacré, les eaux de ces puits sont des eaux de vie elles ont des vertus purifiantes et thérapeutiques, elles sont comme les fontaines de vie, les fontaines de jouvence.

Le noble jeu de l’oie est plein de sources et de ressources, il a encore beaucoup à nous dire. Par exemple sur l’activité du monde, les nombres. On sait que Jean le Baptiste commença à prêcher à l’âge de 30 ans, c’est au même âge qu’Ézéchiel commença à prophétiser, que Joseph sorti de prison pour gouverner l’Égypte. Dans la tradition orientale de l’Inde Brahma qui réside dans un centre spirituel, créa l’univers en articulant les nombres impairs de 1 à 31…

Brahma

 

Le monde est un labyrinthe de miroirs.

                  Frédéric Boyer – Des choses idiotes et douces 1993.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE…

LE NOBLE JEU DE L'OIE
RECENSION : vu dans Points de Vue Initiatiques de Septembre 2023. Page 111.
LE NOBLE JEU DE L'OIE

EXERCICES SPIRITUELS ANTIQUES ET FRANC-MAÇONNERIE.

 

Jean-François Guerry.

Académie Maçonnique Provence / Éditions Ubik

 

La méditation quotidienne des textes qui influencent notre pratique du Rite Écossais Ancien et Accepté a permis à Jean-François Guerry d’utiliser la philosophie antique comme support de réflexions qui touchent le franc-maçon. Les Vers d’Or de Pythagore reçoivent la part belle de cette méditation, mais Socrate, Platon, Aristote, Cicéron, Sénèque et Marc Aurèle montrent le passage d’une réflexion sur l’homme en construction, comme une idée en mouvement, jusqu’à l’homme en recherche du bien agir par l’apaisement intérieur. Une série de pensées sont liées à Plotin, que l’auteur à découvert par la lecture de Pierre Hadot.

Le principe d’unité interroge notre capacité à dépasser la dualité et à revenir au Un transformé. Le savoir stérile sans action réfléchie permet de méditer sur ce qu’est la Connaissance dans le quotidien de l’initié. Le dernier chapitre donne au lecteur des recettes pratiques pour imiter Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels appliqués à la pensée antique : chaque regard posé sur le réel, chaque pensée menée dans le silence de notre chantier intérieur, chaque mot couché stimule notre construction intime : ce sont autant de prétextes à « agir sur soi-même » pour « faire dans la société ».

                                                     Hugo Billard.

LE NOBLE JEU DE L'OIE

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Publié le
LES PORTES DU SACRÉ de Bernard Rio sont toujours ouvertes.
COMMUNIQUÉ

Bernard RIO
mer. 4 oct. 17:26 (il y a 2 jours)
   
À bernard
 
 
 
 
 
 

Bernard Rio en dédicaces au Festival du Livre en Bretagne à Carhaix le samedi 28 octobre et le dimanche 29 octobre sur les stands des éditions Ar Gedour et Yoran Embanne

 

Conférence « Les portes du sacré » avec Bernard Rio organisée le samedi 4 novembre à 17 heures pour les trente ans de la Galerie de Bretagne, 10-13 rue du Frout à Quimper

 

Conférence « Les portes du sacré » avec Bernard Rio organisée par la Société d’histoire et d’archéologie du pays d’Auray le samedi 11 novembre à 14h30 dans la salle municipale située 14 bis rue du Penher à Auray

 

Bernard Rio invité d’honneur de la 19e édition du Festival du Livre en Bretagne qui aura lieu à Guérande, les 18 et 19 Novembre prochains au centre culturel ATHANOR sur le thème « Bretagne imagée et imaginée ». 

 

Plus d'informations

Comment visiter une église ? Par quelle porte entrer ? Dans quel sens déambuler ? Où se trouve la pierre des morts ? Pourquoi les fonts baptismaux sont-ils placés au nord-ouest ? Comment interpréter l'ornementation des lieux, par exemple la figure de l'acrobate ou celle de la sirène qui peut représenter à la fois une allégorie de la femme de l'autre monde, un archétype mythologique et un indicateur d'un courant d'eau souterrain ! 

Jusqu'au XVIIIe siècle, aucun sanctuaire n'a été construit au hasard dans le paysage. Les bâtisseurs et imagiers ont édifié et décoré des chapelles en s'inspirant d'une légende fondatrice et d'une dédicace, mais aussi en les inscrivant dans une orientation solaire en harmonie avec les courants telluriques.

Cet ouvrage, réalisé sous la direction de Bernard Rio, veut être un guide pour le visiteur d'aujourd'hui et lui donner des clefs pour comprendre les spécificités de l'architecture sacrée telle qu'elle a été conçue par les bâtisseurs.

Quelles sont les thématiques abordées ?

L’ouvrage de plus de 400 pages se compose de deux parties. La première partie est généraliste, portant sur la géographie sacrée (orientation des édifices, positionnement, etc…) et nous invite à une lecture symbolique de ce qu’ont voulu les bâtisseurs des édifices sacrés anciens en Bretagne. Les auteurs se penchent ensuite sur l’exemple de 28 lieux, avec des explicatifs, plans et photos. 

Première partie :

  • La Bretagne sacrée

  • De la géographie sacrée à la géobiologie

  • L’esprit des bâtisseurs

  • Une église entre terre et ciel

  • Un plan en trois parties : nef, transept, chœur

  • Un lieu choisi

  • Le tour du monde

  • La course du soleil et le cours d’eau

  • Nord sud, gauche droite

  • A la porte du sanctuaire

  • De la terre, de l’eau, de l’air et du feu

  • Dédicace et consécration

  • Lecture symbolique

  • La légende fondatrice

 

Deuxième partie :

  • Le prieuré Saint-Jean de Béré à Châteaubriant (44)

  • L’église de Saint-They à Cleden (29)

  • La cathédrale saint-Samson à Dol-de-Bretagne (35)

  • La chapelle Sainte-Barbe au Faouët (56)

  • La chapelle Notre-Dame-des-Trois-Fontaines à Gouëzec (29)

  • La chapelle des Lieux-Saints à Guémené-Penfao (44)

  • La chapelle Notre-Dame du Manéguen à Guénin (56)

  • La collégiale Saint-Aubin à Guérande (44)

  • La basilique Notre-Dame de Bon Secours à Guingamp (22)

  • L’église Saint-Eloi à Iffendic (35)

  • L’église Saint-Pierre et la chapelle Sainte-Agathe à Langon (35)

  • La chapelle Sainte-Marie dit temple de Lanleff (22)

  • L’église saint Melar à Lanmeur (29)

  • La chapelle Sainte-Catherine à Lizio (56)

  • L’église saint Gwennolé à Locquénolé (29)

  • L’église Notre-Dame de Joie à Merlevenez (56)

  • La chapelle Saint-Marcellin à Mouais (44)

  • La chapelle de Prigny aux Moutiers en Retz (44)

  • La chapelle Saint-Gonnéry à Plougrescant (22)

  • La chapelle Saint-Nicodème à Pluméliau (56)

  • La chapelle Notre-Dame de Trémalo à Pont-Aven (29)

  • L’église Sainte-Croix à Quimperlé (29)

  • L’église Notre-Dame à Rimou (35)

  • La chapelle Notre-Dame du Haut à Trédaniel (22)

  • La chapelle Notre-Dame de Cran à Tréffléan (56)

  • La chapelle des Sept-Saints à Vieux-Marché (22)

  • L’église Saint-Malo à Yvignac-la-Tour (22)

 

Un ouvrage réalisé sous la direction de Bernard Rio, avec la collaboration de Loïc-Pierre Garraud (architecture et histoire), Alain Perrot (géologie et géobiologie) et Jean-François Le Roux (orientation et astronomie)

 

 

COMMUNIQUÉ

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Travail à la Chaîne

Travail à la Chaîne

LE RENDEMENT.

 

Des gens soutiennent que vous êtes un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. C’est exactement le genre qu’utilisent les régimes totalitaires, de Staline à Mao, en passant par Hitler, pour démontrer qu’une société vraiment rationnelle ne peut se permettre le luxe de la liberté individuelle. Les droits de l’homme sont, eux aussi, des espèces d’éléphants. Le droit d’être d’un avis contraire, de penser librement, le droit de résister au pouvoir et de le contester, ce sont là des valeurs qu’ont peut très facilement juguler et réprimer au nom du rendement, de l’efficacité, « des intérêts supérieurs » et rationalisme intégral.

                                                           Romain Gary. L’affaire d’homme.

Avec le règne de l’homo technicus-economicus, ce n’est plus l’homme qui domestique et se saisit des outils, mais les outils qui se saisissent de l’homme pour l’asservir et le rendre rentable.

Nous sommes invités à visser les boulons de notre imagination et notre liberté sur l’autel de la rentabilité. Les machines infernales doivent tourner 24/24 pour êtres elles aussi rentables. Notre cohésion sociale serait soumise à l’efficacité et au rendement des machines et à notre propre rendement.

Point de salut, d’avenir en dehors du rendement ! La preuve dans nos écoles on ne fait plus « nos humanités », on compte et on administre. Nous avons sacrifié la pensée au profit des prestigieuses écoles d’administration et de commerce beaucoup plus rentables. L’éducation se formate de plus en plus au profit du dieu rendement. On a oublié l’éducation donnée par exemple par les institutions compagnonniques alliant savoir et connaissance, temporel et spirituel.

On a oublié même la signification du mot éduquer, qui vient du latin tirer à soi et tirer au-dehors. Savoir tirer ce qu’il y a de mieux en nous vers l’extérieur. Éduquer ouvrir nos enfants vers le monde, les prendre par la main leur faire voir les étoiles qui brillent dans les ténèbres, les éblouir, leur faire toucher du doigt et de l’esprit l’infini beauté de l’immensité qui les entoure et dont ils font partie. Le rendement écrit à peu près Christiane Singer a tué :« La rampe de lancement qu’est l’initiation, elle s’est trouvée supprimée. La deuxième naissance à un univers agrandi est comme éradiquée du projet collectif. » Christiane Singer – N’oublie pas les chevaux écumants du passé. Les rites initiatiques hérités de nos anciens permettent la transformation de l’enfant, ce sont des messages que nous lui envoyons pour la transformation de sa vie, la réalisation de sa vie il pourra ainsi s’intégrer dans la société et intégrer la nature et les événements de sa vie la mort, la connaissance du sacré, s’étendre s’épanouir au-delà de son cercle familial et des conventions sociales. L’initiation est donc bien éducation.

Il ne suffit pas de remplir les cartables de livres encombrants, l’ouverture du livre de la vie réelle, vécue est bien plus riche. On se doit d’aider à révéler ce qu’il y a dans le cœur des enfants et des hommes, les aider à buriner, polir, tracer et construire leur vie révéler la spiritualité qui est en eux.

Compagnon du Devoir

Nos enseignants trop dévalorisés sont devenus des forçats de l’éducation chargés de toutes les tâches et qui doivent avoir pour seul objectif la rentabilité en renonçant à l’essentiel : l’éveil.

Ils doivent êtres les vecteurs et les otages du rabaissement du niveau, du renoncement à tous les paradoxes, à toutes les contradictions. Ils doivent mettre sous le boisseau le principe d’excellence sacrifié sur l’autel de l’uniformisation, de l’égalitarisme. L’excellence ne pouvant pas être pour tous, il faut donc qu’elle soit le plus discrète possible. À force de nivelé par le bas on érige la médiocrité en une banale normalité. À force de vouloir plaire à tous, on ne plaît à personne. Pire on enlève le rêve, la possibilité et l’envie de se dépasser, de sortir de ses limites sociales, familiales, intellectuelles, voir même physiques, on vole l’espoir et l’espérance de nos enfants, il faut qu’ils soient d’abord rentables pour l’économie. Cela entre d’ailleurs bien en correspondance avec l’impératif de profiter du présent, la pratique de l’hédonisme qui devient la loi et l’idole. C’est le règne du Nunc stans de l’éternel présent. Le Drive et le Mac Do sans saveur et sans surprise comme mode de vie.

Aux oubliettes la grandeur du temps, la sagesse des anciens, on formate, on calibre, des jeunes prêts à l’emploi, rentables tout de suite. Si l’on ne peut nier les bienfaits de la formation professionnelle, l’homme doit marcher sur ses deux pieds, il a un cerveau mais aussi une âme et un cœur. La formation professionnelle n’est qu’une branche de l’arbre de la formation générale. C’est bien la formation générale qui sera indispensable aux rebonds de la vie, à ses ouvertures, qui rendra les hommes plus aptes aux changements sans douleurs.

Il faut à mon sens donner aux jeunes l’envie du voyage de l’aventure de la découverte d’eux-mêmes et du monde avant l’envie du rendement. On ne peut pas vivre seulement pour le rendement, les normes, les chiffres et les dogmes économiques.

 

                                    Jean-François Guerry.

LE BLOG SENTIMENT OCÉANIQUE.

 

Jean Dumonteil.

Le presque resté sur le seuil qui ne sera pas franchi. 

Le presque de ce qu’on ne peut circonscrire ni enfermer dans les certitudes. L’insaisissable, l’entrevu. Le jamais atteint. Comme une trace, une nostalgie d’un jadis absolu. Comme une espérance.

Le presque comme des points de suspension. Trois points c’est tout. Quand il n’y aurait rien à ajouter sauf à rompre le charme, à être péremptoire, dans la bêtise à front de taureau. 

Le presque comme une paix ou une joie qui ne peuvent s’installer dans le confort paresseux du point final, du couvercle qui remiserait nos belles et tendres interrogations. 

Le presque comme une apostrophe, un fragile signe qui fait liaison. Seulement liaison sans devenir glue. Le presque aussi difficile à définir que le mot âme.

Le presque de la nuance qui approche, qui affleure, qui révèle la fragilité de toute vie, qui empêche l’absurde, qui donne sens et exorcise le néant.

Le presque, toujours sur le qui-vive, à la recherche du point d’équilibre, entre le presque rien et le presque tout qui résume l’essentiel du mystère de toute chose. Douceur et pudeur du presque.

Il faut aimer ce presque, oser un presque. Le contraire du bruit, du tonitruant. Ce presque qui émerge du silence. Il faudra en accepter la résignation, pas la frustration mais plutôt l’émerveillement. Le presque va avec la contemplation, une consolation qui nous fait humain, pleinement humain. Je te connais. Non je te connais presque. De ce que je sais de toi, de ce que tu connais de toi. Tu es le proche. Proche est le presque, dans la proximité qui empêche l’accaparement. 

Le presque de l’horizon que jamais on ne touche.  

Le presque de Moïse qui n’atteint pas sa terre promise. Qui tiendra la promesse ? Mieux que toute victoire, mieux que tous les Everest des conquêtes provisoires et illusoires. 

Le presque comme une danse, une souplesse, une légèreté d’allégresse, débarrassée de de toute aliénation. Liberté du presque. 

Le presque davantage évocation que définition. 

Le presque toujours allusif.

Le presque qui nous dit qu’aucun fossé ne sera comblé.

Le presque qui danse avec le peut-être de ce qui n’est pas encore advenu. Capacité, potentialité et puissance de ces presque et de ces peut-être, non comme un lâche relativisme mais comme la force de la confiance.

Le presque au goût d’inachevé parce que toujours en commencement. Presque, sans fin, toujours le non fini, l’in-fini.

Et puis, le presque comme une tangente. L’accepter et prendre la tangente dans l’art du presque. 

 
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Cancel Culture États-Unis

Cancel Culture États-Unis

L’INFINI RÉSERVOIR SPIRITUEL DE LA MÉMOIRE.

 

Quiconque n’a pas l’ivresse d’aller naviguer dans les cultures multiples, la profusion des témoignages et de leurs traces ne devra pas se plaindre quand passera le diable du dernier acte de Peer Gynt, une marmite à la main : il vient récupérer les âmes qui n’ont pas servi, qui n’ont pas su réinventer la vie ni l’honorer : les poltrons, les conformistes. Elles seront fondues comme les boutons de cuivre des culottes militaires.

Christiane Singer – N’oublie pas les chevaux écumants du passé- Éditions le Livre de Poche. Albin Michel 2005.Page 23. (1)

 

Les cris viennent de l’intérieur, nous tirent de l’oubli et nous obligent à la transmission aux générations futures, ils construisent notre présent et donne de l’élan à notre avenir.

Cancel Culture Ukraine

Les lumières du passé nous guident dans le présent, nous évitent de nous perdre dans le labyrinthe de l’erreur et éclairent notre avenir. (Rituel Maçonnique). Encore faut-il ne pas succomber à la mode de la Cancel culture. À un moment où les boussoles de la vie semblent devenir folles, faut-il renoncer à tout pour réparer nos erreurs, ou s’accrocher au risque de passer pour des réactionnaires ?

Dans un temps récent encore où la Cancel culture n’avait pas droit de cité Christiane Singer dans son livre : N’oublie pas les chevaux écumants du passé. Nous lance un cri qui vient de l’intérieur. Elle nous exhorte à ne pas confondre le passé avec ses désastres et ses faillites, à ne pas perdre l’accès à notre patrimoine si fertile et aux trésors inépuisables. Ne pas mépriser la langue de nos parents parce qu’ils ont été parfois inconséquents. Elle affirme : Tuer la mémoire c’est tuer l’homme. Nous devrions maçons jeter nos rituels au feu parce que certains d’entre-nous ont démontrés qu’ils plus dans le paraître et l’avoir que dans l’être le faire. Ce serait ignorer la majorité qui nous as légué, donné tant que nous craignons de n’avoir pas le temps de transmettre. Nous habitons les maisons de nos pères et nos mères et nous devons songer plus à nos trésors qu’a nos apories, nos problèmes. Christiane Singer nous rappelle cette citation emblématique de Paul Éluard : Le passé n’est pas ce qui nous retient en arrière, mais ce qui nous ancre dans la présence et nous insuffle l’élan pour avancer.

Christiane Singer rajoute : l’oubli est la fin de toute culture et l’invitation à oublier, le signal de la mise en servitude. (Ibid 1-)

Oublié le passé c’est être en exil et ne jamais envisager l’avenir, un seul psaume évoque l’exil de Babylone. C’est le psaume 137 attribué au prophète Jérémie et repris dans certains Rituels Maçonniques d’installation des Vénérables maîtres : Si je t’oublie Jérusalem, que ma main droite se dessèche ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie !

Le premier acte des despotes, des dictateurs, des intégristes, des fascistes est la destruction des monuments, des académies, des écoles, des musées, des livres et même des cimetières. Il leur faut effacer la mémoire, mettre partout la guerre qui abolit toute morale et permet de tuer tous les hommes.

Nous sommes même en dehors des conflits armés, dans un état de guerre permanent parce que nous devenons imperceptiblement des homo technicus-economicus. Les lumières occidentales nous ont apportées à la fois les bienfaits nous permettant de sortir des dogmes religieux et politiques, ainsi que les progrès techniques qui ont mis fin à nos tâches les plus ingrates. Mais ces lumières ont renforcé l’arrogance et la suprématie de l’homme sur la nature, le cosmos. Nous avons remplacé le fondamentalisme religieux par un fondamentalisme économique qui s’appelle le rendement. Ce dieu rendement a jeté aux oubliettes notre gratitude pour le passé et nos anciens et les dons de la création, car enfin tout, tout nous a été donné. La beauté du ciel, de la mer, des montagnes, les roses, les sourires de l’enfant à ses parents. Serions devenus incapables de louer, de rendre hommage à tous ces dons bénis qui nous ont faits plus humains. À nous retrancher, à nous soumettre à dans notre individualisme économique, nous nous asséchons. À refuser d’être de simples maillons d’une chaîne fraternelle éternelle, infinie nous redevenons des bêtes sauvages avides de proies. À ignorer cette loi du respect dû à chaque âme, le monde s’enfonce dans l’agonie. Chacun réclame et encaisse son dû, sans dire merci, les fesses et les mâchoires serrées, le cœur sec… la corruption généralisée, marque la rupture. Corrompre (co-rompre), c’est rompre ensemble l’alliance tacite de l’équité. (Ibid 1- Page 21)

Maçons nous avons promis de faire alliance avec les hommes, de transmettre les bienfaits reçus de nos anciens, de nous efforcer de pratiquer la vertu par préférence au vice. Malgré le conformisme, les à priori, les préjugés qui nous menacent, nous voulons humblement continuer d’espérer, de travailler pour faire régner la justice et l’équité. Nous voulons transmettre cette force reçue entre les colonnes du temple, nous voulons sortir notre esprit de toutes les torpeurs, persuadés que la transmission consiste dans la révélation pour chacun des forces de son esprit. L’homme s’élève en pensant au-delà de lui, chaque transmission est un tour sur cette spirale qui élève. Le sublime et prodigieux réservoir du passé, contenant l’esprit de tous les êtres, les civilisations, les expériences humaines qui nous ont précédées ; doivent nous permettre de changer peut-être un peu les choses, mais surtout essentiellement de changer notre regard, de convertir notre regard pour mieux voir le réel, l’éclairer et nous éclairer. Quiconque n’a pas le désir de connaître et reconnaître le meilleur du passé et non pas le jeter, s’expose à pas discerner le réel, le meilleur de la vie qui est enfoui et brille en lui-même.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

Source d’inspiration : Christiane Singer – N’oublie pas les chevaux écumants du passé. Éditions livre de poche Albin Michel - 2005      

RÉFLEXIONS: 

À quoi servirait-il de ressusciter l’Atlantide s’il ne devait en résulter aucun profit moral, aucun enrichissement spirituel. La Tradition, salut du monde.

                                            Paul Le Cour.

 

Les chercheurs qui auront les yeux tournés vers les sources mystérieuses des traditions sacrées. N’auront pas le souci dominant de la géologie ou encore de l’archéologie pures. Il n’est pas dit pour cela qu’ils doivent s’en désintéresser. Toutefois, l’étude des mythes et des symboles leur servira davantage et pour eux la vérité ne saurait prendre d’autre visage que celui de la Beauté...

Mettre en rapport les lois métaphysiques et les lois physiques, chercher les mystérieuses correspondances qui sont comme le lien vital des choses. Assembler les analogies par quoi l’on surprend les vérités éparses.

 

Note au lecteur : Texte de Philéas Lebesque. (J’ai changé la phrase suivante original de l’auteur : « seront ceux qui auront les yeux tournés vers la source mystérieuse de la tradition sacrée pré-chrétienne. » par : les chercheurs qui auront les yeux tournés vers les sources mystérieuses des traditions sacrées. Cela me parlait mieux, le reste du texte est inchangé.

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Publié le par Jean-François Guerry
LE NOBLE JEU DE L'OIE Part II

LE NOBLE JEU DE L’OIE- Part II.

 

Dans la grande Ennéade d’Héliopolis, nous découvrons un récit mythologique universel. La genèse est étroitement liée au récit égyptien de la création du monde : le ciel (Nout) étendu sur la surface de la terre (Geb) pour souvenir notre oie est posée sur la tête de Geb, mais l’air (Shou) se glisse entre eux, par l’air on entend aussi le souffle créateur. Ainsi, se réalise la séparation des éléments, on discerne ici l’alchimie à l’œuvre, l’alchémia des bords du Nil, du fleuve sacré. La séparation de l’épais et du subtil, Shou le souffle donne accès à l’élévation spirituelle. Ce qui est en bas est semblable, il est vrai, absolument vrai, à ce qui est en haut.

On remarque aussi dans les tablettes égyptiennes un hiéroglyphe désignant l’oie qui a pour signification ouverture, orifice, porte, bouche, parole, langage intérieur. Ce langage intérieur est celui de la langue des oiseaux. Les égyptiens ont aussi représenté le dieu Geb avec l’oie femelle le jars cet oiseau qui pond l’œuf soleil, c’est-à-dire le Verbe. Ce jars qui jargonne (jargon) est une personne fine et habile au maniement de la langue, qui maîtrise sa parole, un dicton populaire dit que cette personne est capable de conduire les oies, qu’il entend le jars, qu’il est un expert en jargon. Les Égyptiens appelaient aussi le dieu Geb, le grand caqueteur, nous sommes donc pleinement dans le langage des oiseaux avec ce noble jeu de l’oie, en plein Art Royal. Le langage des oiseaux sert à transmettre la connaissance qui s’intéresse à la structure de la matière, la matéria prima, composée de l’humus qui fait l’humain, mais aussi des métaux enfouis. L’on pense évidemment dès lors à Mircea Eliade avec des Forgerons et Alchimistes, à un certain Tubalcaïn transformateur de la matière, habile bronzier, expert dans l’art des métaux et leurs alliances.

Oyez ! Oyez ! mes sœurs et mes frères toutes les légendes pour comprendre le langage des oiseaux. Il nous ait rapporté que Saint-François D’assise pouvait se faire comprendre des oiseaux, il connaissait donc leur langue ? Il est dit qu’il obtenait le silence des hirondelles. Les occurrences au langage des oiseaux sont nombreuses à travers les siècles, ainsi Aristophane l’auteur des Nuées, à aussi écrit une comédie appelée les Ornithes (Les Oiseaux) dans cette comédie deux athéniens : Evelpidès (Bon espoir) et Pisthélairos (Fidèle ami) fuient la corruption d’Athènes guidés par un choucas et une corneille. Ils se réfugient dans la demeure de Térée ancien roi de Thrace transformé en Huppe (Cela nous rappelle la Huppe l’oiseau du Roi Salomon dans le Cantique des Oiseaux d’‘Attâr.) Ainsi nos athéniens fondent une cité « dans les airs », ils se sont élevés loin des malfaisants, des corrompus et des sophistes. Ils vivent entre ciel et terre, dans un lieu idéal, dans la béatitude des nuées.

Pas étonnant dès lors que nos contemporains volent avec les oies ! Le noble jeu de l’oie, n’a pas fini de nous surprendre.

 

                                            Jean-François Guerry.

 

À suivre …. Le labyrinthe du jeu de l’oie.

LE NOBLE JEU DE L'OIE Part II
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