Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Dans la troupe la meilleure façon de marcher, c’est surement la nôtre, c’est de mettre un pied d’vant l’autre et d’recommencer.
Au cas où vous l’auriez oublié pour marcher il faut d’abord avoir les pieds sur terre avant de regarder et d’aller dans les étoiles, enfin peut-être ? Aristote fin observateur du vivant en général et de l’homme en particulier le pensait déjà. Un chemin, une marche qui commence entre deux colonnes, entre les colonnes B et J. L’homme sorti des ténèbres marche avec force et fermeté. La meilleure façon de marcher de commencer sa vie, enfin une nouvelle vie, la même et différente à la fois. On se rappelle des cris de joie après les premiers pas d’apprenti du petit enfant, les pas hésitants salués par des hourras ! ou des houzzés ! les hauts-hisse des marins qui mettent les voiles pour aller plus loin, plus haut, on se souvient des hosannah ! qui montent vers la voûte étoilée. Je ne trie pas ce sont des cris de joie ! Comme les houzzai saluant Jésus qui entre dans Jérusalem.
Cette marche horizontale qui va ténèbres vers la Lumière, qui n’a que l’horizon pour limite finira-t-elle un jour ? L’homme qui marche se nourrit, croît et dépérit (1). L’homme ne marche pas seulement vers lui-même, il marche vers les autres. Il a mis ses pieds bien droits en équerre, avant commencer sa marche, le compas de ses jambes s’ouvre, sa colonne vertébrale bien droite repose sur son sacrum l’os secret, sacré. Ça va finir par lui monter à la tête, provoquer une raideur dans son cou. Il élève alors les yeux vers l’étoile encore inaccessible. Il fait un pas de côté, puis un autre pour mieux voir, pour avoir un meilleur éclairage, pas convaincu il revient au centre. Il fait une dernière tentative il lève pied, puis l’autre pour enjamber le cadavre de ses ambitions, de ses préjugés, de son ignorance. Il marche encore vers le centre, il se réveille enfin plus radieux au pied de l’échelle. Il recommence pose son pied sur un barreau, puis l’autre, il a houzzé pardon osé. Il élève sa marche de l’horizontale à la verticale. Parvenu en haut de l’échelle, à la dernière marche il est pris de vertiges, c’est alors qu’il a hoschée sa tête vers le bas et repris sa marche vers le bas de l’échelle pour éviter d’être brutalement précipité vers le bas. Il revient sur terre, il a compris qu’il faut garder les pieds sur terre, près de ses frères. Ainsi va la vie, bien penser par soi-même en solitaire et bien agir dans la cité avec ses frères, c’est la meilleure façon de marcher, est-ce le sens de la vie ?
Jean-François Guerry.
Note : Toutes les allusions avec l’initiation maçonnique est le fruit du plus pur des hasards. Toutes les fautes d’orthographe sont volontaires.
La Grande Loge de France est la seule obédience maçonnique qui avait l'honneur de compter parmi ses membres six Compagnons de la Libération. Ce qui est la conséquence logique de l'implication très forte - dès 1940 - des frères de la Grande Loge de France dans la Résistance, à commencer par celui qui doit donner l'exemple - le Grand Maître - Michel Dumesnil de Gramont , résistant de la 1
Quand la peur nous terrasse face à la barbarie, cette barbarie qui nous réveille de notre banalité du mal, que nous avions intégrée dans notre quotidien. L’on reprend conscience que la bête, l’animal qui sommeille en nous tapi dans l’ombre n’était qu’assoupi et peut bondir à tout moment.
Face aux propagateurs de haine et de terreur, les terroristes ; Iannis Roder professeur agrégé d’histoire en Seine-Saint-Denis écrit après vingt ans de combat et d’attente de solutions (Il avait participé en 2002 à la rédaction des Territoires perdus de la république – Éditions Fayard) il dit après l’assassinat de son collègue Dominique Bernard : Ras le bol des victimes qui écrivent ‘vous n’aurez pas ma haine’, ‘je n’en n’est rien à faire des nounours et des bougies’. (1)
Face aux terroristes qui sont les bras armés des théocraties, que nous nourrissons de pétrodollars, ces terroristes apparaissent comme les boucs émissaires que ces théocraties ont mis en place. C’est là que nous pouvons peut-être trouver un sens du sens à notre action. Encore faut-il réapprendre à être courageux. L’on sait pourtant, l’on voit qu’entre les deux sentiments de crainte et d’assurance, le courage se tient au milieu. (2)
Face aux catastrophes naturelles, nous avons su nous fédérer, nous assurer, nous épauler. Serions-nous incapables de nous fédérer contre ces catastrophes humaines, il n’y aurait définitivement que les biens matériels que nous ne pourrions assurer ? La vie de nos professeurs, de nos enseignants ne vaut pas quelques poignées d’euros ou de dollars ? L’humanité, la fraternité, ne seraient que des mots vidés de leur sens ? L’ambition, le fanatisme et l’ignorance nos fidèles mauvais compagnons sont toujours à l’œuvre. Nous ne saurions nous résoudre à encercler ce triangle de mort. Nous ne saurions que nous diviser et tomber sous la dictature, la souffrance de la vengeance déifiée en violence. Nous sommes en état de guerre nous devons en prendre conscience comme écrivait Emmanuel Levinas : L’état de guerre suspend la morale ; il dépouille les institutions et les obligations éternelles de leur éternité et, dès lors, annule, dans le provisoire, les inconditionnels impératifs. Il projette d’avance son ombre sur les actes des hommes. La guerre ne se range pas seulement- comme la plus grande- parmi les épreuves dont vit la morale. Elle la rend dérisoire. (3)
Notre refus de l’ordre juste et fraternel nécessaire pour faire société face au chaos. Nous nous enfermons, nous nous incarcérons, nous nous écroulons, nous individualisons volontairement, jusqu’à renoncer à nous reproduire, aurions perdu confiance en nous-mêmes, en l’homme en l’humanité ? Certains parmi les plus jeunes vont jusqu’au refuser de se reproduire par crainte de l’avenir, cet avenir leur fait office de bouc émissaire pour voiler leur égoïsme et leur individualisme ; qu’ils masquent sous le prétexte de leur liberté et de leur choix personnel. Faut-il vraiment renoncer au bonheur de la filiation, au bonheur des enfants, des petits-enfants qui deviendront des hommes, parfois de grands hommes c’est-à-dire en toute simplicité des humains. Ces partisans du renoncement à l’homme, mettent en avant le bouc émissaire de la planète qui s’écroule, ils ont oublié que la plus grande, la plus belle réalisation de la terre c’est l’homme qui vient de l’humus de cette terre, de la fécondité de cette terre, que l’homme honore cette terre. En refusant l’homme ils méprisent la terre, qu’ils disent vouloir protéger.
S’arrêter, limiter sa filialité et sa fraternité sous le prétexte d’une mauvaise expérience du passé, c’est arrêter de vivre, pire arrêter la vie. Le passé limite seul la vie de l’être, c’est naturel le passé limite l’infinitude de l’être et cette limitation se caractérise par sa sénescence. (4) Je pense que le refus de la vie face aux épreuves, c’est aussi perdre une partie du sens de la vie, qui est faite d’épreuves et de joies, d’ombres et de lumières, que la lumière sort des ténèbres. Ou peut-être que ces partisans de la non procréation, sans dans la crainte ignorant que dans la filiation : Le fils reprend l’unicité du père et cependant demeure extérieur au père : le fils est fils unique. (5)
C’est parce qu’il est à la fois relié et unique qu’il a droit à la vie, qu’il porte en lui l’espoir de donner du sens à sa vie et à la vie en société. Nous ne pouvons pas faire société seul.
L’amour maternel, l’amour paternel rapprochent de l’amour fraternel, de l’amour des autres. C’est cette fraternité qui donne du sens à la vie qui seule peut tenir le monde debout face à la barbarie qui doit devenir ce quelle est véritablement une étrange étrangère à l’homme pourvu qu’il soit pleinement humain. Cette barbarie n’est autre que l’ignorance de l’autre, du langage de l’autre, de cet autre qui est le même et pourtant différent. Les barbares terroristes doivent apprendre, savoir que l’homme est debout au centre entre la colonne symbole des lois naturelles, cosmiques et morales et la colonne de la loi d’amour qui est universelle. Il est un point de convergence au centre de ce triangle dont les côtés, sont la foi, la charité et l’espérance un triangle qui donne du sens à la vie.
Jean-François Guerry.
Iannis Roder- Entretien journal Marianne.N°1388 du 19 au 25 octobre.
Aristote Éthique à Nicomaque- Écouter le monde Philosophie Magazine N°174
Novembre 2023.
Emmanuel Levinas – Totalité et infini-
Ibid
Ibid
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Là-bas à l’Occident, à l’extrémité de la colonne de lumière, monte dans l’air une musique, un chant qui vient de l’intérieur Hallelujah ! Une harmonie qui déchire le voile du profane, quelques notes, quelques silences. Pour rapprocher les hommes. Quelques notes qui tombent sur le buvard de l’esprit, le transperce jusqu’à la pointe de l’âme. Hallelujah ! Le temps s’arrête un instant, le sang se fige, le souffle s’apaise puis gonfle à nouveau la voile de l’imagination. Hallelujah ! Le Maître de l’harmonie, notre bien aimé frère est le Roi de la musique, du chant qui pénètre à l’intérieur et ouvre l’œil du cœur. Hallelujah ! La porte de la Sagesse est la portée des notes et des silences. Hallelujah ! Les notes et les silences sont justes et parfaits. Hallelujah ! Le chant qui vient de l’intérieur est l’épiphanie qui illumine nos cœurs. Hallelujah ! l’esprit prend son envol et souffle sur les colonnes vivantes. Hallelujah ! Le chant qui vient de l’intérieur transforme les cris de détresse en cris d’amour, les lamentations en béatitudes. Hallelujah ! Le Chant qui vient de l’intérieur embaume nos cœurs.
Hallelujah ! Le chant qui vient de l’intérieur est la colombe qui porte que ses ailes les fous d’amour.
Jean-François Guerry. Pour mes Frères Maîtres d'harmonie.
La brèche dans la montagne, comme un passage, cette brèche de Roland qu'on dit ouverte dans la montagne pyrénéenne, par Durandal après Roncevaux. Brèche dans le temps de nos certitudes. Sans cesse chercher la brèche, toujours élargir l’horizon. Trouver une brèche et s’y glisser. Comme pour ouvrir le champ des possibles et partir à l’assaut des citadelles de nos enfermements. Rester sur la brèche, pour qu’elle ne se referme pas, et que le poids des habitudes ne vienne pas la colmater, la combler, la sceller, comme on ferme un tombeau. Ouvrir, toujours ouvrir. Attaquer ou défendre, mais ouvrir quelle brèche ?
La brèche qui délivre et rend possible l’évasion. Brèche dans le mur de nos aveuglements. Il faut aimer la brèche. Aimer toutes les brèches, aimer même une lézarde ou une fêlure qui laissent passer la lumière, fenêtres involontaires sur des horizons insoupçonnés. Accepter la rencontre de l’inattendu. Éloge de toutes brèches contre tous les blindages et les cloisonnements. La brèche comme l’offrande d’un passage.
La brèche fait signe. Faut-il se glisser dans la brèche au risque de se perdre ? Contempler la brèche sans forcément s’y engouffrer ? Savoir qu’elle existe, qu’elle me parle d’un ailleurs.
La brèche nous dit l’espérance, la seule, l’infinie, l’incommensurable espérance, pas celle de l’assouvissement de nos projections, l’espérance plus forte et inattendue que les vains espoirs nous avions formés et façonnés dans la coquille de nos conditionnements. Brèche-espérance pour aller à la rencontre du réel, du seul réel, que nous ne connaissons pas encore.
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Massacre du Hamas
DE L'OCCIDENT À L'ORIENT
Au moment où nos regards se tournent vers l'Orient où les barbares terroristes avancent au grand jour voulant plonger notre terre dans les ténèbres en terrorisant les plus faibles, les enfants, les femmes, leurs compatriotes, l'humanité entière.
Ils veulent que la peur règne, que le sang coule, que l'humanité s'écroule. Ils testent notre capacité de résistance, un mot trop souvent galvaudé par les extrémistes de tout bord.
Seule la Fraternité universelle peut nous faire tenir debout, inspirer le respect et la dignité pour tous les êtres humains.
Pas de Liberté et d'Égalité sans Fraternité. Les Chevaliers de l'esprit après voir allumé des cierges, chanter leur tristesse, épongé leur larmes.
Sauront prendre l'épée et la truelle pour reconstruire notre société, pour qu'un jour tous les hommes vivent d'amour et soient Frères, avant qu'ils ne soient morts.
Las si te t'oublie Jérusalem...
N'oublions pas non plus nos Frères d'Ukraine, ne les oublions pas !
Ne les laissons pas périr dans les ténèbres de l'hiver.
Malgré toutes ces épreuves il nous faut garder l'espérance, l'espérance d'une Fraternité nouvelle, retrouvée, cette Fraternité" qui est une épreuve, un combat pour les Chevaliers de l'esprit.
Je remercie Philippe Jouvert poète et fidèle contributeur du Blog pour son poème qui n'attend que d'être mis en musique au sens propre et figuré
Jean-François Guerry
Ukraine
Chanson pour l’Ukraine
La nuit froide est tombée, et le ciel s’illumine
Il fait faim, il fait soif dans cette immense cave
Où femmes et enfants que la douleur entrave,
Etreignent des souvenirs où les regrets dominent.
ET je cherche les mots pour te dire au revoir
Un je t’aime, un baiser n’apportent point l’espoir
Par-dessus la mitraille il y a un ciel bleu
Qui entend nos prières et nos matins heureux
Nous partirons bientôt, fusils en bandoulière
Rejoindre les amis sur le front qui se rompt
La nuit engloutira nos chants et nos prières
Et nous mesurerons le coût de leur affront
ET je cherche les mots pour te dire au revoir
Un je t’aime, un baiser n’apportent point l’espoir
Par-dessus la mitraille il y a un ciel bleu
Qui entend nos prières et nos matins heureux
La lumière s’est éteinte et je cherche ta main
Tu étreints notre fils qui ne peut pas pleurer
Nous demeurons muets, c’est déjà loin demain
Survivre jusque-là c’est un peu se leurrer
ET je cherche les mots pour te dire au revoir
Un je t’aime, un baiser n’apportent point l’espoir
La formulation peut choquer, ceux qui ne croient pas au ciel, on peut se considérer néanmoins comme tous Frères dans la communauté des hommes, et comme aspirants tous à devenir des humains.
L'actualité démontre que seule la conscience intime de chacun peut, nous rendre plus humains nous reconnaître à terme comme tels.
Cela n'est réalisable que pratique de la Fraternité, qui est une épreuve. Par la pratique de la justice qui s'élève en justesse avec le levier de l'amour.
Par lutte sans relâche contre tous les fanatismes religieux et politiques, contre toutes les dictatures ce sont des mots, des paroles qui semblent usées ou qui se heurtent sur le mur de la violence de notre société.
Mais existe-t'il un autre choix ? Si un jour nous voulons être un peu plus humain, presque des Frères et reconnaître comme le dit Egidio que nous sommes tous les enfants d'un même père.
Jean-François Guerry.
La descendance d'Abraham
Les enfants d’Abraham
Egidio Luz, d’Amiens (somme), se désespère de la situation en Israël et à Gaza, rappelant
l’origine commune des trois religions du « Livre » Judaïsme, Christianisme et Islam :
Depuis le 7 Octobre, j’éprouve un sentiment de profonde tristesse.
Les émotions se bousculent et mes nuits sont faites de prières et de réflexions.
Nous, croyants en Dieu, sommes les enfants d’Abraham, Héritiers d’un culte monothéiste qui
a fait émerger en tout premier le Judaïsme, puis le Christianisme et enfin l’Islam. Ces trois
religions sont connues comme étant les religions du Livre.
Chacune de ces religions est en effet codifiée sur la Bible.
L’Ancien Testament intègre les Lois Mosaïques dont les Dix Commandements, source du
Judaïsme.
Le Nouveau Testament intègre le message de Jésus et fonde le Christianisme.
Enfin, le Coran révèle à Mahomet, le sceau des Prophètes.
Avec lui, se clôt le message monothéiste à l’Humanité.
Nous, les enfants d’Abraham, avons oublié notre source commune, elle fait de nous des
Frères.
Ces trois religions condamnent unanimement le meurtre, tout en reconnaissant le droit de se
défendre, Indépendamment de cette origine historique et religieuses, Israéliens et
Palestiniens sont humains et paient le prix du sang dans les massacres qui, jour après jour ,
ajoutent morts, blesses et traumatisés dans un conflit s’éternisant et qui apparait se plus en
plus insoluble. Chaque camp à ses raisons, mais qui reconnaitra ses torts ?
L’Europe et les pays de l’OCDE s’instaurent en arbitre d’une situation qui sert des intérêts
politiques divers, mais surement pas l’intérêt des habitants ,pris au piège tendu par le Hamas
qui s’abrite derrière chaque Gazaoui et un siège terrible qui s’impose Israël, qui ferme plus
hermétiquement sa frontière avec gaza .Les responsables politiques trouveront -ils les voies
de la sagesse ?Les responsables religieux rappelleront – ils les liens de la fraternité et le
respect de la vie à tous leurs fidèles et condamnant le meurtre ? le silence des morts est
définitif, imposant, les cris des victimes, des orphelins, des mères qui voient leurs enfants
dépecés ,hanteront pour longtemps leurs nuits et leurs jours.
Nous , enfants d’Abraham, avons oublié un commandement fondamental pour nos vies et le
respect de Dieu : »Tu ne tueras point »Issus d’une même source, ou donc avons-nous appris
Quand les hommes vivront d'amour... (Raymond Lévesque 1956). Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois - Québec Superfrancofête 13 août 1974 Wikipedia http://bit.ly/1Xl1r6R Coub ...
Ne crains pas d'hésiter. Hésiter, non pas être pusillanime mais demeurer responsable, c’est-à-dire en capacité de répondre de ses actes. L’hésitation est aujourd’hui perçue comme une coupable faiblesse. Les mots s’usent et c’est le mauvais sort qu’on a fait à la notion de prudence, la première des vertus cardinales aux côtés de la justice, de la force et de la tempérance. La prudence est devenue une frilosité, un réflexe petit-bourgeois, alors que pour la pensée classique, la prudence est synonyme de discernement, ce que nos modernes juristes appellent le principe de précaution.
Hésiter, c’est penser, évaluer, anticiper, prévoir, autant de verbes plus glorieux, dotés d’une mâle assurance qu’a définitivement perdue le fébrile et fragile « hésiter ». Peut-être y a-t-il des mots en danger, menacés de déformation si ce n’est de disparition et qu’il faudrait protéger comme les espèces menacées ?
Comme l’écrit l’auteur japonais Shusaku Endo, dans son roman Silence, “le péché, ce n’est pas de voler et de mentir, c’est pour un homme de marcher brutalement sur la vie d’un autre, insoucieux des blessures qu’il laisse derrière lui“. Hésiter, c’est être soucieux de l’autre, inquiet de mon frère. Non, l’hésitation n’est pas une fuite, une lâcheté. Il faut de la force d'âme, du courage, pour ne pas réagir à toutes les stimulations, à toutes les passions mauvaises, qui vont abîmer et blesser. Hésiter, c’est savoir se taire avant de parler, oser faire un pas de côté avant de décider, mais ce n’est qu’un moment, une étape, un préalable, pour avancer et mieux entrer dans la confiance.
Une approche de la Connaissance ? Si vous voulez aller plus loin avec Thierry Didier. Il vient d'écrire un livre sur La Passion Écossaise en 50 stations et 7 personnages que je vous ai déjà recommandé.
Jean-François Guerry.
LA SCIENCE EST-ELLE GNOSTIQUE ?
Je m’aperçois, les années passant, que nombre d’éléments du savoir universel peuvent être étudiés simplement et sous l’angle auquel la franc-maçonnerie nous a habitué à travailler. Dans cette optique, quand il me paraît qu’un domaine puisse être utile à notre réflexion, je pense qu’il est important de le vulgariser et d’en tirer une utilité pratique. La gnose est de ces domaines, et ses déclinaisons en éclairent la signification. Par exemple, nous connaissons tous le terme d’« agnostique », qui désigne toute personne considérant l’absolu , et donc toute opinion religieuse certaine comme inaccessible à l’homme. L’agnostique, dont l’étymologie signifie « inconnu », ou mieux « inconnaissant », est sceptique par nature, il ne prend pas part, c’est son droit, et renvoie dos à dos croyant et impie. L’agnostique est à la mode, car sa tiédeur supposée, qui est compréhensible, donne à bon compte l’illusion que le mutisme rend sage et que le doute rend intelligent. Cela dit, le -a privatif placé devant gnostique ne reflète pas l’état d’esprit de l’agnostique, qui n’est pas un simple « inconnaissant », d’où l’intérêt d’approfondir le mot-souche, en l’occurrence ici le mot « gnose ». La gnose signifie Connaissance, empruntée au grec ecclésiastique gnôsis, issu d’une racine indoeuropéenne gno, connaître, que l’on retrouve dans le latin noscere, également « « connaître »: Connaissance de Dieu, ou Connaissance de soi-même, peu importe en fait le support qui fera le lit de cette Connaissance. La Connaissance, tout comme la Vérité ou la Parole Perdue, évoqués souvent en franc-maçonnerie, sont des concepts hautement personnels et en même temps parfaitement universels, qui ne supportent donc pas d’être amoindris par une signification limitative.
Les définir voire simplement les circonscrire ou même les discerner les détruit aussitôt, à la façon du photon de lumière qui n’existe que tant qu’il est en mouvement, et dont la tentative de capture et d’appropriation signe la disparition. Sans jeu de mots, dès qu’on décline ces concepts, ils déclinent, car c’est leur liberté de sens qui en fait leur substance. Le souci avec ces paradigmes n’est donc pas lié à leur nature même, qui est somme toute comparable à d’autres idées, mais aux tentatives de captation individuelle, qui risquent alors d’en faire des légendes urbaines de la maçonnerie, c’est-à-dire des valeurs-totems dont certains font grand mystère et qui, en les préemptant, les transforment en trésors pétrifiés, objets de toutes les craintes, peurs et fixations, et véhiculant une morale implicite, dénuée de tous fondements. La Connaissance est en fait un étrange mélange entre le savoir, au sens large, qui définit ce qui nous instruit, et la façon dont on accepte cette inculcation, le plus souvent à notre insu. Nous pourrions dire que l’on passe d’un savoir à de la Connaissance à partir du moment où ce savoir, quel qu’il soit, s’amalgame à notre personnalité du moment, permettant alors une Connaissance nouvelle, plus accomplie car plus étendue, mais toujours en devenir. La connaissance de Dieu pourrait ainsi se manifester par la Foi, qui est à la fois le creuset et l’outil d’un monde aussi varié qu’il y a de fidèles.On peut concevoir la Foi comme le vestige, le reliquat individuel d’une force de création subsistant à bas bruit et depuis l’origine des temps dans le cœur de chaque croyant. Ce souffle devient ainsi le viatique et le témoin d’un créateur que notre discernement propre considère alors comme immanent ou transcendant, c’est selon, suivant l’éducation que l’on a reçue, et donc suivant la vision philosophique qui en découle. C’est dans cette dichotomie que prendront langue la distinction et la complémentarité de la Gnose et du Gnosticisme, terme dérivé dont nous parlerons plus tard. La Connaissance commence donc par un savoir, au sens large, c’est-à-dire qu’on ne peut connaître ou se connaître qu’à partir d’aliments qui formaliseront à un instant T cette Connaissance. Dans un second temps, il y aura confrontation entre ce qu’on sait déjà et ce qui est nouveau. Enfin la fusion de ces deux mondes viendra se poser en miroir de notre personnalité, en faire une mise en abyme toujours évolutive (c’est son principe), un miroir se reflétant toujours dans un autre miroir. Plus l’image en perspective se reproduira, plus cette mise en abyme se développera, et plus la connaissance sera profonde, sans jamais se voir à un moment donné limitée dans son exercice. Et c’est là sa force et son secret, la Connaissance dépend alors étroitement d’un contenu, d’un cumul, d’une somme qui sont en temps réel modelés par la nature évolutive du contenant, c’est-à-dire nous-mêmes. Ce processus de perspectives sera l’essence symbolique de la triple ambulation du 24ème degré. La Connaissance est très à la mode dans notre milieu, flanquée, donc, du savoir qu’elle semble, dans l’esprit de certains, dominer. La gnose ou Connaissance est en fait une doctrine philosophico-religieuse selon laquelle le salut de l'âme passerait par l’expérience ou par la révélation directe de la divinité, ou, pour les incroyants, de l’Idée.
Nous dirions, nous maçons, par l’expérience d’une révélation, ce dernier terme validant simplement l’acquisition d’un savoir sans le truchement systématique de la Volonté. Sans être réducteurs, on peut donc voir dans la gnose une méthode générale, adaptable, une boite à outils permettant à chacun de se situer par rapport au monde qui l’entoure. Comme souvent avec les grands principes, au mouvement d’idées va se substituer une forme mimétique, plus commode mais incomplète qui en sera l’expression collatérale, forcément limitative, car cantonnée non pas à l’essence mais à la substance, non pas au structurel, mais au conjoncturel : ce sont les célèbres mots en « isme », qui dégradent souvent leur valeur directrice, en l’affublant d’artifices sémantiques ou d’habillages trompeurs prompts à en dévoyer le sens profond. Ainsi à la laïcité répond le laïcisme, à la liberté répond le libertarisme, à l’égalité répond l’égalitarisme, etc… Et d’une façon générale à l’Idée répondra l’Idole, et son cortège de poncifs, de raccourcis et d’éléments de langage que portent fièrement caporalistes et autres moines-soldats. Attention néanmoins, tous les mots en « isme » ne sont pas des approches dévoyées d’une réalité trafiquée. Ainsi à la gnose répond le gnosticisme. Le gnosticisme désigne certains mouvements du christianisme ancien qui relèvent d'une idéologie dualiste (croyance dans l’existence d'un Dieu du Mal et d'un Dieu du Bien) qui considère le corps et la vie terrestre comme une prison dont l'homme doit se libérer pour être sauvé .Or une des caractéristiques de l’initiatique est de savoir mettre à l’épreuve les invraisemblances , les apories et les non-sens, non pour prôner une forme d’anarchie qui serait préjudiciable à l’exercice maçonnique, mais pour forger par le fer et par le feu l’esprit critique du maçon : c’est par cette fusion alchimique que l’on façonne des convictions. Les initiés que nous sommes vont donc pouvoir utiliser cette doctrine séparatiste qu’est le gnosticisme à des fins d’approfondissement philosophique et symbolique. La force philosophique du gnosticisme sera de créer, à côté de l’immanence, un second milieu que d’aucuns baptisent d’inconnaissable et de transcendant, qui obligera alors l’initié à se regarder lui-même, n’étant plus totalement dans le monde physique, ni entièrement dans le monde du divin inconnaissable. Le gnosticisme est une forme particulière de gnose dans laquelle sont posés des invariants, tels que le bien et le mal, ou, d’une façon plus générale, un dualisme constitutionnel qui, au premier abord, peut sembler limitatif, mais qui, à l’usage, contribue à modeler celui qui s’y colle : le biais discursif de ce principe binaire va alors servir d’épreuve supplémentaire défiant, par son caractère clivant, les lois de la raison ou même de la croyance, pour mettre le doigt sur le seul objet qui vaille, celui de la nature profonde de l’initié et de sa meilleure compréhension de l’Univers. Le gnosticisme n’est donc pas une dégradation du mot-souche gnose ; tout au plus décrit-il une façon particulière de connaître, soumis à un principe divin bâti ici sur une forme de manichéisme. Le gnosticisme épouse et agrège d’une certaine façon la philosophie générale de l’Ancien et du Nouveau Testament, non sans égratigner au passage l’immanence et sa transcription particulière qu’est le Christ, expression d’un Dieu incarné. Car là où le bât blesse est que l’incarnation du divin sous-entend quelque part l’aliénation à la vie réelle dans ce qu’elle a parfois de détestable, de souffrance et de malheurs, là où la déité transcendante serait une forme de pureté inatteignable, de retour principiel au Paradis.
Pour nous, initiés, le gnosticisme peut et doit être abordé, comme souvent, de deux façons : d’abord par la voie exotérique, qui fait de l’homme quelqu’un de fatalement mauvais, car issu d’une déité immanente, appelée Démiurge, imparfaite, matérielle, symbolisant la Chute adamique, et la contrition systémique qui en découle. Cette approche fera la part belle aux séides de tous ordres, qui y voient un joug facile à exercer sur leurs gentils affidés. Démiurge dérive étymologiquement du grec dêmourgios, proprement « qui travaille pour le public », synonyme, pour Platon, de créateur, ou, pour Rabelais, de demiourgon, proprementle travailleur, pourdésignerle Diable (1546) : on voit bien ici la coloration bassement matérielle, dégradée que tente de lui attribuer le volet exotérique du gnosticisme, mâtiné de discrimination religieuse. Pourtant cette voie me semble assez proche du déisme tel que le conçoit le Rite Écossais Ancien et Accepté avec le Grand Architecte De L’Univers et son architecture universelle, la différence ici étant l’absence d’une gouvernance divine imposée. Mais on peut aussi aborder le gnosticisme par la voie ésotérique, dans laquelle nous, simples humains de chair, allons pouvoir nous confronter à l’indicible, l’ineffable, l’inexprimé d’un Dieu transcendant, dans une visée comparable d’ailleurs à l’en Sof de l’arbre séphirotique ou au Nec Plus Ultra de l’Échelle Mystique. Cette confrontation à l’ineffable aura le mérite de rendre encore plus exigeante notre recherche initiatique, dans la mesure où aucuns jalons, aucunes accroches ne sauraient nous arrimer à une quelconque échappatoire : nécessité serait alors d’aller jusqu’au bout pour ne jamais reculer. Cette approche exigeante aura la vertu de « renverser le regard ordinaire », par capillarité et par contiguïté avec ce monde inexprimable, d’emprunter à l’insondable sinon une méthode, du moins un trésor contre-intuitif, déstabilisant pour le profane, mais riche de promesses potentielles pour l’initié. Je vais illustrer cette dynamique de pensée, applicable à la science, par ce court exemple : en 1608, Kepler ,l’astronome , décrit un songe: sa mère et lui sont emmenés dans les airs par un démon pour aller regarder le système solaire depuis la lune, et poser ainsi la lune comme siège transitoire de l’ineffable : c’est l’illustration parfaite du gnosticisme : le démon est l’entité divine inférieure, apte à induire un voyage intellectuel nous emmenant hors des sentiers battus pour regarder en nous , ou plus haut que nous. Le gnosticisme repose donc sur une doctrine séparatiste dont il faut retirer, pour nous maçons, une méthode, une vision et une finalité, dans une optique de perfectibilité et d’élargissement de la Connaissance. Le gnosticisme fait déjà le travail de binarité, en adoptant d’emblée cette vision duale nécessaire à toute progression. En effet, le progrès s’obtient par des allers-retours incessants entre le monde que l’on connait, et celui que nécessairement on ignore, progrès effectués par la capillarité et la contigüité de nouveaux éléments transitant depuis l’informulé vers le formulé. Le gnosticisme a justement cette propension à créer des mouvements d’idées entre 2 pôles apparemment inconciliables, qui les placent à mi-chemin entre la doctrine et la méthode.Si l’on transpose en sciences physiques, la vision dualiste, ondulatoire et corpusculaire de la matière en général, témoigne en fait de notre incapacité à la définir autrement.
La preuve en physique quantique, où les grains, les quantas, constituants ultimes de la matière, sont définis non par une place déterminée, mais par une probabilité de présence qui trahit notre incompétence à réellement les situer : à un endroit précis se substitue un flux « probable » qui, transposé dans le gnosticisme, validerait les tentatives de jonction entre le monde tangible et celui que l’on subodore comme étant celui d’une déité transcendante. D’une façon générale, la science apparaît comme la validation sous forme d’axiomes et de postulats d’une réalité incomplète, toujours en devenir, dont la philosophie et le gnosticisme seraient le génie, au sens militaire du terme, c’est à dire des logisticiens, des émissaires, des éclaireurs, des prémisses. Transposée en sciences physiques, la preuve gnostique de l’impossibilité de relier les 2 mondes se traduit par l’incompatibilité apparemment fondamentale existant entre physique quantique et physique relativiste, c’est à dire entre les phénomènes régissant l’infiniment petit et l’infiniment grand. La physique quantique n’appartient pas spécifiquement à l’infiniment petit, c’est simplement là où on a été capable de la trouver. Même chose pour l’infiniment grand, siège le plus évident de la physique relativiste : il y a donc un clivage, qui ne sera dépassé que lorsque l’abord de ces 2 aspects de la physique ne sera fera plus l’un par rapport à l’autre, mais l’un avec l’autre, nous renvoyant, nous maçons, à la pensée dite ternaire, synthèse et donc résolution provisoire d’un dualisme qui est la preuve patente de notre incapacité transitoire à résoudre les contraires. Cette incapacité s’appelle en physique un « saut « quantique », qui est la validation empirique de ce passage incessant de l’onde au corpuscule, de la matière.
C’est aussi le bond qu’effectue le cherchant entre ce qu’il sait et ce qu’il espère, afin de se projeter et de saillir, dans son sens de féconder, d’inséminer une nouvelle réalité : nous avons là la définition même de la spiritualité.C’est aussi toute l’explication ésotérique de l’Enfer de Dante : « vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance »: il ne s’agit pas de se résoudre à disparaître , mais , en abandonnant toute espérance , de ne rien s’interdire , de ne pas se trouver « englué » dans la réalité tangible et d’ accepter de se colleter à l’ineffable, sans l’appui de cette Espérance qui appartient au monde réel, car si l’Espérance est un moteur du tangible, elle peut apparaître aussi comme une pesanteur, un frein ,un mur d’airain. Abandonner toute espérance allège le fardeau potentiel de celui qui reste envers et contre tout arrimé à sa matérialité. Le gnostique, tout comme l’astrophysicien, tout comme le poète de la Divine Comédie, va devoir abandonner la rigidité de cette espérance pour ne plus faire de l’Enfer un à-côté infréquentable, mais, sitôt passé la porte, y voir le triomphe de la Connaissance. En retour, cette spiritualité permettra de réinterpréter la matière et le tangible à l’aune et sous l’éclairage de cet élan spiritualiste. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est ce type de dynamique qui permet aux scientifiques de ne rien s’interdire. Je cite un grand astrophysicien contemporain, Carlo Rovelli, qui ne dit pas autre chose :« Ce qui me fascine avec la science, c’est qu’on observe, on compare, on réfléchit, et l’imagination parvient à nous projeter hors de notre vision du monde. Ce renversement qui ouvre à l’esprit n’est pas propre à la science, on le trouve aussi en philosophie, en littérature… ». Autant le gnosticisme peut être réducteur et étouffant lorsqu’il se souche sur une morale discriminante, autant la vision séparatiste qu’il induit peut être productive car elle oblige la pensée à se référer à un inconnaissable que nous ne toucherons jamais que du doigt, mais qui, par aspiration, nous aide à être meilleurs.
Il faut bien garder à l’esprit que le gnosticisme est un standard de pensée, et que, à cet égard, il n’est ni la vie, ni la vérité, et n’a gouvernance que sur ce qu’il croit exister et prospérer. Pris dans une optique totalitaire, il fait le lit d’une forme de coercition morale, de culpabilisation ontologique. Mais son dépassement proprement dit est déjà une forme de progressivité. Cela dit, toute progression ne peut se faire sans défauts, défauts qui q sont en tout cas l’expression maladroite d’une pensée toujours en voie d’amélioration, et qui laisse çà et là sur le chemin ce qui n’entre pas dans l’orthodoxie du moment. Cette approche par le défaut, douloureuse en termes d’amour propre bafoué ou de certitudes dépassées, a la vertu, s’il elle est utilisée, de rejaillir en retour sur le tangible en y ajoutant un supplément d’âme bénéfique à la Connaissance au sens large. Celui qui retourne dans la vie avec ce supplément d’âme va l’utiliser comme un germe à même de l’éclairer plus avant sur les phénomènes qui l’entourent, et d’analyser plus finement lesdits phénomènes. Selon les philosophes partisans de la théodicée ontologique, concept qui découle du gnosticisme, la création d'un univers complexe et infiniment diversifié ne peut d’ailleurs se faire sans défauts. Sans ces défauts, l'Univers serait Dieu lui-même. Avec ces défauts, il est le cosmos, c’est-à-dire une vision « articulée » de l’Univers perçu, imparfaite mais bien réelle. Ces défauts sont donc une preuve d’existence, et valident, par « défaut » justement, le socle de nos connaissances déjà acquises et de nos croyances. Autre exemple, il a été prouvé que la gravité est en fait la conséquence de la déformation de l’espace et du temps : elle en est donc quelque part le défaut. Le défaut a cet avantage qu’il peut être « sorti » du processus, afin d’être étudié en tant que tel : c’est ainsi qu’une formalisation particulière a permis de découvrir récemment des « ondes gravitationnelles », induisant l’ « autonomie structurelle » de ladite gravitation. On en vient à déterminer ce qu’on appelle la granularité du temps, de l’espace, et de sa modularité : quoi de plus tangible et d’aisément imaginable qu’un « grain » ? Et pourtant on affecte cette vision matérialiste à celle, moins aisément représentable, de l’espace et du temps. Ceci pour bien nous montrer que nos sauts, qu’ils soient quantiques ou spirituels, ramènent depuis l’inconnu une forme d’actualité que nous pouvons à ce moment-là reformuler à partir des présupposés que nous connaissons : le « grain » de temps et d’espace est de ce tonneau. En fait, le défaut est souvent le signal qu’un progrès est toujours possible, parce qu’il est sans cesse en cours et qu’il faut le chercher là où il manifeste son côté sombre, inaccompli. Par exemple, l’informatique quantique, qui est balbutiante, nous montre qu’à côté des calculs prodigieux qu’elle est apte à effectuer, de très nombreuses erreurs en perturbent pour l’instant le mécanisme : ces erreurs sont des défauts. Ils sont à ce titre autant des indicateurs précieux à l’amélioration du processus, que des obstacles transitoires au processus en question. En franc-maçonnerie, ces défauts portent un nom : ce sont les métaux, à la fois que l’on combat dans une visée perfectionniste, mais sur lesquels on peut aussi s’appuyer. Ces défauts civilisationnels et existentielles que sont les métaux sont toutes les attitudes, valeurs, concepts et principes qui nous ont permis de croître et d'évoluer depuis notre naissance jusqu’à notre entrée en loge.
Les métaux sont symboliquement des électrons libres : le fait, pour les effacer, de les modifier un tant soit peu, de faire vaciller leur superbe crée un appel d’air initiatique, qui permettra toujours d’apporter une pierre de plus à l’édifice. Dans « Dialogue sur les 2 grands systèmes du monde », Galilée cherche moins à prouver que la Terre tourne, qu’à démolir notre intuition profondément enracinée qu’elle est immobile. Cette intuition est tellement consubstantielle à l’époque qu’elle en est invisible à la raison discriminante. Galilée essaie de remonter le fil du « défaut » supposé, à savoir l’immobilité de la terre, afin de le transcender, en dépit d’une évidence qui semble incontestable. A partir du moment où l’on a « gouté » à l’ineffable, où l’on s’est ouvert au sacré, on s’est colleté en retour à une ouverture d’esprit forcément augmentée, et le retour au tangible se fera alors de façon moins radicale, plus fine, avec une prédisposition à mieux comprendre les rouages des évènements concrets, à saisir plus délicatement leur essence. Ainsi à partir du moment où l’on a compris que la gravité était le bât blessant d’une déformation, on peut l’isoler en tant que paramètre et en déduire que le temps s’écoule différemment selon l’intensité de la gravité. Cette méthode est bien sur troublante, car c’est une façon, pour les matérialistes, de lâcher la proie pour l’ombre, mais cet acte, périlleux s’il en est, nous invite à transcender la réalité du moment. Une masse, comme une planète, fait se courber l’espace et le temps autour d’elle, et c’est cette courbure qui a pour effet collatéral de faire chuter les corps. On ne baigne donc pas dans la gravité, qui serait un environnement souverain, car, si la gravité est une conséquence et non une cause, elle sera à terme représentable de façon isolée : et ce seront les « ondes gravitationnelles », découvertes il y a peu, visibles en cas d'événements extrêmes, tels que la collision de trous noirs, la fusion d'étoiles à neutrons ou l'explosion d'une étoile. Ces événements très violents produisent suffisamment d'énergie pour déformer l'épais et solide tissu de l'espace-temps en le dilatant et en le contractant. Il faut donc que les paramètres consubstantiels au tangible deviennent « limite » pour que se fasse jour un éclairage complémentaire nouveau : c’est aussi la méthode de la cérémonie d’initiation, qui nous donne à voir une réalité augmentée, celle des épreuves, afin d’emmener le récipiendaire dans une spirale vertueuse. Cet éclairage de notre conscience par la confrontation à l’ineffable balaiera d’un faisceau subtil les évènements tangibles, en mettant en évidence des liens intimes qui étaient auparavant indétectables par celui qui n’avait pu se colleter à l’ineffable, au transcendant.
Thierry Didier.
LE LIVRE DE Thierry Didier.
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